Transat Québec Saint Malo, victoire et record pour Spindrift 2 en ultime, Arkema vainqueur en Multi50′

Le maxi trimaran Spindrift 2 de Yann Guichard et Dona Bertarelli remporte cette transat Québec Saint Malo dans la catégorie Ultime. L’équipage  aura bouclé cette course en un peu plus de six jours, améliorant le record de l’épreuve jusqu’ici détenu par Loïck Peyron (7 jours 20 heures 24 minutes) à bord du trimaran Orma Fujicolor II en 1996.

Son seul adversaire en « Ultime », le MOD 70 Musandam-Oman Sail avait chaviré à environ 700 milles du Canada. L’équipage a été récupéré par un cargo et déposé à Terre Neuve.Sidney Gavignet, Fahad Al Hasni et Alex Pella ont rejoint leurs foyers respectifs, tandis que Damian Foxall et  Mayeul Riffet, tentent de mettre en place une opération de récupération du trimaran.

Arrivée de Spindrift TQSM 2016 from Transat Québec St-Malo on Vimeo.

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 :
« On est vraiment très contents de remporter cette course. On l’imaginait un peu au départ qu’on descendrait en dessous de 7 jours mais finir à 6, c’est un beau chrono. Toute l’équipe a fait un super travail. J’avais participé à la transat en 2004, malheureusement j’avais du abandonner au milieu de l’Atlantique, donc là de la finir et de battre en plus le record c’est génial. C’était assez incroyable la traversée du Saint Laurent. C’était très étroit au départ et les premiers 50 milles sont assez difficiles. Heureusement nous sommes partis au portant avec Oman Sail. Cela a été une belle bagarre avec des rebondissements : un coup nous étions devant, l’autre coup c’était eux. On a finalement réussi à s’échapper juste avant la bouée de Gaspé sur un petit coup tandis qu’il reste dans une zone sans vent. Les meilleurs souvenirs sont cette sortie du Saint Laurent et le passage de Saint Pierre où il y avait du monde qui nous attendait en début de nuit avec 40 nœuds de vent, c’était un moment assez incroyable. Tout s’est bien passé à bord, on avait trois nouvelles personnes dont deux anglais. Ils se sont tout de suite acclimatés et ont pris la mesure du bateau. L’esprit était fantastique, le bateau est en parfait état il est prêt à repartir demain pour refaire une traversée de l’Atlantique ou faire un tour du monde. Avec Dona nous avons réussi à créer une équipe qui nous ressemble avec des personnes qui sont passionnées de la mer et aussi de la performance et là on l’a bien prouvé avec le bateau que nous étions capables de le mener rapidement à travers l’Atlantique. Le programme c’est de rester quelques jours ici à Saint-Malo où l’accueil a été très chaleureux, puis de ramener le bateau à notre port d’attache de la Trinité-sur-Mer et le préparer pour le prochain objectif qui est le Trophée Jules Verne l’hiver prochain ».

Dona Bertarelli, barreur régleur à bord de Spindrift 2 :
« C’était fantastique sportivement et humainement. Cela faisait plusieurs années que je voulais faire la Transat Québec Saint-Malo. La course est magnifique, le départ à Québec, le Saint Laurent, passer toutes ces marques qui sont historiques et mythiques comme le rocher Percé, Saint-Pierre-et-Miquelon et le Fastnet et puis l’arrivée ici à Saint-Malo, il y a plusieurs courses dans la course. Nous avons navigué à une vitesse réduite dans le Saint Laurent car il y a même des endroits où il y a des limitations de vitesse pour protéger les Belugas et on a également fait très attention à tous les cétacés qu’il y a dans la zone avant de pouvoir accélérer dans l’Atlantique. Il y a une multitude de choses dans cette course qui fait qu’elle est très belle et très spéciale. Nous sommes très contents d’avoir battu le record de Loick Peyron. C’est difficile de battre les records quand c’est un départ de course car on ne peut pas choisir notre départ et on doit donc composer avec la météo qui se présente. On a surtout pas eu beaucoup de vent sur l’arrivée ! Maintenant c’est un très beau chrono et on est fiers d’avoir fait ce qu’on a fait aujourd’hui »

 

En Multi50′, les arrivées se sont enchainées cette nuit, Arkema, skippé par Lalou Roucayrol  remporte la Transat Québec Saint-Malo, dans la catégorie Multi50 en 9 jours 9 heures 00 minute et 58 secondes, à la moyenne de 13,6 nœuds (3 254 milles nautiques sur le fond, à la moyenne de 14,46 nœuds).

Thierry Bouchard et son équipage parvenaient à accrocher la seconde place dans la catégorie sur Ciela Village en 9 jours, 10 heures, 42 minutes et 30 secondes, à la moyenne de 13,45 nœuds (3 214,60 milles nautiques sur le fond, à la moyenne de 14,18 nœuds).

Gilles Lamiré et ses hommes prenaient la 3ème place en Milti 50 à cinq minutes de Ciela Village seulement avec un temps de 9 jours, 10 heures, 47 minutes et 53 secondes, à la moyenne de 13,45 nœuds (3 272,65 milles nautiques sur le fond, à la moyenne de 14,43 nœuds).

Arrivée de French Tech Rennes Saint-Malo (VNR) from Transat Québec St-Malo on Vimeo.

 

Lalou Roucayrol, skipper d’Arkema :
« Une Transat extraordinaire! L’Atlantique en 4 jours, c’est fantastique pour nos Multi50 qui sont finalement des gros tris de sport. Très content pour l’équipage aussi. On a monté cette équipe avec César Dohy avec qui j’ai fait la Transat Jacques Vabre et Etienne Carra qui est mon préparateur et mon convoyeur. Il fallait quelqu’un à la navigation pour faire le lien. C’est Karine Fauconnier qui s’y est collée. Le bateau n’est pas facile et il fallait beaucoup de cohésion car c’est plus un bateau de solitaire. Je retiens la première victoire du bateau en transat, mais aussi ce beau travail d’équipe. On a des images plein la tête, les baleines de la Gaspésie, le passage magique à Saint Pierre et Miquelon. La passe à Henry est un goulet très étroit. On s’y est trouvé empétolé, sous la lune et les étoiles avec  des milliers d’oiseaux qui pillaient… étonnant. J’ai aussi eu une rencontre avec une baleine qui est sortie de l’eau 50 mètres devant le bateau. J’ai poussé la barre pour l’éviter, mais quelle belle vision. L’Atlantique a été très favorable, avec des conditions de record. On était en avant de la dépression, avec le vent qui rentrait sans avoir encore levé la mer. Cette Classe Multi50 est formidable. On est arrivé dans un mouchoir de poche au bout de 9 jours très intenses. »

 

Thierry Bouchard, skipper de Ciela Village :
« Pas du tout déçu, bien au contraire de cette deuxième place. La course a été magnifique, très engagée, très sportive, avec une arrivée super serrée. Gilles Lamiré était dans le rétro. Lalou était le plus rapide. La classe est homogène, malgré les architectes très différents. Ce sont les hommes qui ont fait la différence. Cette transat est extraordinaire. Du côtier dans le Saint Laurent, avec les courants, les vents très difficiles. L’Atlantique a été clément, et la Manche, comme d’habitude, très compliquée. Les trois bateaux battent le record, preuve de l’intensité de la course. J’ai adoré la régate au contact dans le Saint Laurent. »

Gilles Lamiré, skipper de la French tech Rennes Saint-Malo :
« Je suis fatigué. Je n’ai pas dormi depuis 36 heures. On s’est bagarré à couteaux tirés, entre marins qui s’apprécient. Les bateaux sont différents mais marchent superbement. Ces bateaux sont magiques, fantastiques. La Classe mérite de se développer davantage. On a eu de très belles conditions météos, pour tous battre le record. Personne n’a jamais rien lâché. Tous les passages de marques ont été magiques, Gaspé notamment. On a pris la tête dans la baie de Gaspé, au milieu du souffle des baleines. Incroyable. Je navigue avec des amis. Yvan Bourgnon est un grand marin qui nous fait progresser. Le projet continue de progresser depuis 10 ans et on va continuer ainsi… »

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Les mots de Thomas Coville à l’arrivée de The Transat bakerly

Thomas Coville à l’arrivée au ponton : « On a rêvé de bagarre comme celle-là en multicoque, et bien ça y est ! Il a fallu oser et félicitations au Collectif Ultime qui a su prendre les bonnes décisions, et aujourd’hui cela prend vie. Des batailles au contact avec des bateaux de trente mètres, qui réduisent les distances avec un temps de course d’une semaine pour traverser l’Atlantique en solitaire, cela donne des ailes pour une course autour du monde en solo… Une nouvelle histoire s’écrit.

Photo by Lloyd Images

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Et de l’intérieur, c’est exceptionnel à vivre, un plaisir immense de se bagarrer face à des athlètes comme François. Et je félicite ce grand vainqueur, ce très grand vainqueur qui nous avait déjà battu lors de la Transat Jacques Vabre en double. Sur un schéma météo qui n’était pas celui que nous attendions et qui ressemblait à la Transat Jacques Vabre, François (Gabart) a réédité : il a su avoir la maîtrise tout de suite en solitaire…

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Je suis évidemment déçu parce que j’avais envie de gagner, mais je ne suis pas déçu de la bagarre, de ce que j’ai mis comme énergie et comme accomplissement dans ce que j’ai fait. Je ne suis pas déçu de la trajectoire que nous avons suivie avec Jean-Luc Nélias et Sam Davies (routeurs à terre). Je peux juste regretter que Sodebo soit un bateau un peu plus lourd, un peu plus puissant que Macif : The Transat bakerly était sensée être une course de près, contre les vents dominants ! Et cette année, il a fallu faire une route Sud…

François est dans le bon timing : lui et son équipe ont une bonne projection de ce que va être leur objectif à deux, trois, quatre ans. Il faut tout de même imaginer, concevoir, réaliser et mettre au point des engins de trente mètres ! François est très bien entouré, mais moi aussi chez Sodebo ! Le bateau est arrivé à New-York en parfait état et ça, c’est le team qui a réalisé cette superbe préparation. L’aspect technologique est essentiel parce que ce type de programme n’aurait pas été envisageable il y a seulement quatre ans.

On n’a pas beaucoup dormi : ce ne sont pas des bateaux reposants ! Mais je ne suis pas fracassé et je suis assez content de mon état physique à l’arrivée. Ce qui ne veut pas dire que je ne me suis pas donné… Notre trajectoire a imposé plus de manœuvres que sur Macif et Jean-Luc (Nélias) est très exigeant : il m’a poussé dans mes derniers retranchements physiques et j’adore ça !

C’était assez atypique dès le départ et l’image qui me revient, c’est le passage du cap Finisterre à l’intérieur du DST : il y avait 35 nœuds de vent avec une grosse mer et il a fallu empanner… Macif avait déjà douze milles d’avance à Ouessant et il fallait bien tenter un coup pour le rattraper ! Et on a recollé. Mais quelles images, c’était irréel !

Au départ de Plymouth, on ne connaissait pas ce qui allait arriver sur la fin de parcours et c’est ça qui est intéressant sur cette transat anglaise. New-York est une zone de cyclogenèse et on peut avoir du petit temps comme cela nous est arrivé ou de la baston terrible comme cela pourrait arriver à Loïck Peyron… Ce n’est pas la même chose avec une Route du Rhum ou une Transat Jacques Vabre où on sait quasiment au départ comment on va finir de l’autre côté, dès le coup de canon.

Ce qui a manqué à Sodebo, c’est la réactivité dans les phases de transition, la vitesse dans les petits airs et les vents medium sur mer plate. En dessous de 15 nœuds, la masse de Sodebo est supérieure de près de deux tonnes ! Mais dans la brise, c’est équilibré voire à mon avantage quand il y a de la mer formée. Ce n’étaient pas mes conditions pour The Transat bakerly ! »

Victoire de François Gabart sur The Transat bakerly, Thomas Coville 2nd

Le skipper du trimaran MACIF, François Gabart a donc remporté The Transat bakerly cette nuit (HF) en 8 jours 8 heures 54 minutes et 39 secondes (Plymouth-New York), il a effectué cette transatlantique à 23,11 nœuds de moyenne réelle.

  (Photo by Lloyd Images)

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Son dauphin, Thomas Coville sur Sodebo, est arrivé en 8 jours 18 heures 32 minutes et 2 secondes, avec une vitesse moyenne de 22,11 noeuds et 9 heures 37 minutes et 23 secondes  de retard sur François Gabart. Le skipper de Sodebo n’a pas démérité sur ce parcours, exploitant au maximum son trimaran (qui présente indéniablement un petit déficit de vitesse face à Macif), afin de mettre la pression à son adversaire.

Yves le Blévec a encore 380 milles à parcourir avant la ligne d’arrivée, il bouclera sa première transat en solitaire sur son ultime Actual.

Les mots du vainqueur François Gabart (Macif) :
« Mes premières impressions sont super bonnes, parce que c’est ma première transatlantique en solitaire ! Et le passage au solo, ce n’est pas rien : c’est un peu magique. Je suis vraiment content de ce que j’ai fait : le bateau a un potentiel extraordinaire et les sensations à bord sont incroyables. Il faut se donner à 100% parce qu’il n’y a pas le choix : sur ces machines-là, il y a tellement de choses à faire ! Et à découvrir : c’est super excitant…
Comparé à d’autres courses, le moment le plus dur fut celui où il a fallu traverser la dorsale, juste cet après-midi. Parce qu’on ne sait jamais trop comment ça va se passer. Ces bateaux vont tellement vite qu’en quelques heures, on peut perdre une trentaine de milles ! Ça va vite, ça va super vite !
Il y en a eu un paquet de moments difficiles : c’est aussi ce qu’on va chercher, mais c’est bon, agréable, enrichissant. L’effort physique est à la base dur, long, exigeant et plus on essaye de le faire bien, plus c’est sollicitant !

Photo by Lloyd Images

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Sur cette course, il y a deux aspects : le physique avec ces heures sans fin où on tourne les manivelles, et le mental pour gérer un bateau qui fait trente mètres et qui va à 35 nœuds pas loin de la moitié du temps… Mais il y a des moments magiques comme ce matin, sur mer plate, avant d’arriver dans cette zone sans vent : Macif était à plus de 35 nœuds sous pilote, en équilibre au dessus de l’eau, quasiment en vol ! Quelles sensations de glisse…
Je ne me suis pas fait peur, mais il y a des moments où j’ai senti qu’il n’en fallait pas plus. J’étais à la limite.
La bataille avec Thomas (Coville) a été super : cela fait des années qu’on travaille pour qu’il y ait des courses avec ces bateaux-là et aujourd’hui, on régate après la Route du Rhum, après la Transat Jacques Vabre… et on voit que le match est intense. Et qu’est-ce qu’on apprend ! Quel bateau ! Il n’y a pas le choix : il faut se dépasser, aller chercher au fond de soi des choses dont on ne se croyait pas capable. Et à chaque fois, on pousse le bouchon plus loin : comment arrive-t-on à dormir quand le bateau file à 35 nœuds ? Je ne savais pas que j’en étais capable…
C’est quand même unique de traverser l’Atlantique aussi vite sur un trimaran ! Ce n’est pas facile, mais quel bonheur même si je ne recommencerais pas tout le temps. C’est épuisant… Je ne suis jamais allé aussi loin en terme de fatigue : je suis totalement cramé. J’ai pu un peu me reposer, mais hier je ne savais plus où j’habitais : j’ai même eu des hallucinations. Et sur ces bateaux-là, on n’a pas le droit de partir en vrille. Heureusement, j’avais déjà vécu ça en Figaro et cela m’a permis de me recadrer. Mais les bateaux vont tellement vite qu’on n’a pas vraiment de pauses.
Le retour en mode record de la traversée de l’Atlantique en solitaire est toujours d’actualité, mais laissez-moi un peu de temps pour récupérer ! Je pense que le stand-by débutera début juin. Mais ce n’est pas le même format, le même engagement : sur un record, c’est d’abord plus court, plus simple en termes de manœuvres. Là sur The Transat bakerly, on en a fait des manœuvres, des empannages, des virements, des changements de voile, des prises de ris ! Sur un record, le jeu est différent : il y a moins d’engagement physique mais plus de stress des hautes vitesses en permanence… »

En Multi 50,  Lalou Roucayrol a signalé une avarie suite à une collision avec un OFNI, il est en contact avec son équipe à terre pour sécuriser son trimaran.

Fabienne Roucayrol :
” Suite à une collision avec un Objet Flottant Non Identifié, la dérive du trimaran est sérieusement endommagée. Lalou va bien mais part se mettre à l’abri pour constater les dégâts. Cela semble peu réparable en mer. Sans dérive, la navigation au près devient impossible. Karine Fauconnier et Eric Mas travaillent sur un schéma de route au portant pour que le bateau puisse rejoindre New-York en mode course. “

The Transat bakerly : François Gabart en route vers la victoire

Le skipper de Macif devrait franchir la ligne d’arrivée dans les heures à venir, il ne reste qu’une vingtaine de milles à parcourir avant une nouvelle victoire pour François Gabart et son trimaran MACIF. Son dauphin, Thomas Coville, attendu demain n’aura pas démérité et aura maintenu une forte pression sur le leader, qui ne cachait pas la difficulté de naviguer sur ces trimarans ultimes en solitaire.
Actual est ce soir à 500 milles du but. En Multi 50, Gilles Lamiré poursuit sur la route sud avec désormais une confortable avance sur Lalou Roucayrol.
Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

François Gabart, skipper de l’ultime MACIF :

« Cela a été dur, je sais que j’ai fait une super course, je suis super content. Je suis fatigué et content d’arriver. Il y avait un dernier gros obstacle qui était la dorsale et à priori, je pense que je suis passé du bon côté, et là et cela devrait bien se passer. Je crois que c’est le truc le plus dur que je n’ai jamais fait dans l’engagement. C’est hyper exigeant. Il faut aller jusqu’au bout. Je ne me suis jamais autant impliqué physiquement. Je suis cramé.
J’hésite un peu à aller dormir. Je vais faire quelques siestes…. Je ne sais pas combien de temps je vais mettre à m’en remettre, mais il faudra du temps. Je ne suis pas capable d’en faire deux dans l’année des courses comme ça. Ça demande un tel investissement. Il faut faire attention, on approche des côtes. Je suis passé tout à l’heure juste à côté d’une bouée. J’étais à 38 nœuds juste à côté. En arrivant à New York, il va y avoir plein de cochonneries malheureusement. Je vais essayer de ne pas rencontrer des pêcheurs, des cargos. »

Jean-Luc Nélias, routeur à terre de Soedebo : « La route directe est face au vent, nous avons donc pris une option pour nous placer le mieux possible par rapport au vent et à la zone d’arrivée.

Thomas a été sur le pont toute la nuit, entre manoeuvres, changements de voiles, prise et lâché de ris… le vent était instable, mais malgré tout il a pas mal resserré l’écart au leader. D’ici New-York, ils vont rencontrer les mêmes conditions, mais en décalé car Thomas est un peu plus au sud. Ils seront confrontés à un anticyclone et risquent d’être successivement un peu ralentis.
Les derniers routages indiquent un passage de la ligne au petit matin (8h TU, 4h à New York, 10h heure française). François Gabart, lui, y sera plutôt dans la nuit. 
Les dernières heures seront difficiles, mais la perspective d’arriver et de conclure l’effort d’une semaine intense sont plutôt motivants ! »
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Yves Le Blevec (Ultime-Actual) : « Après la pétole de cette nuit, qui n’était pas simple à gérer, là c’est la guerre ! J’ai un ris dans la grand-voile et la trinquette devant, je vais à 30 nœuds en réel, mais à 25 – 26 nœuds seulement sur le fond à cause du Gulf Stream qui est contraire ! On jongle entre vent et courant avec Christian (Dumard, son routeur, ndlr), c’est assez complexe…
Ce n’est pas très drôle cette arrivée, on a beau dépenser beaucoup d’énergie et bien faire marcher le bateau, le gain au but est maigre. Mais le bateau va bien et moi aussi. L’objectif reste de ne rien casser d’ici l’arrivée. Il y a encore plus ou moins 48h de course et on n’est jamais à l’abri d’une bêtise. Je reste très attentif.
J’ai versé une petite larme ce matin pour mon dernier œuf-bacon… mais j’ai encore largement de quoi me nourrir ! Je continue à bien me reposer aussi : tout va bien, même si l’arrivée est longue…»
Gilles Lamiré (French Tech Rennes Saint-Malo) : « C’est une super course, je prends vraiment du plaisir ! J’essaye de bien me concentrer sur ce que je fais, je m’applique, parce que c’est dur. Et je me dis que si je fais tout bien, ça va continuer. On est très content de notre trajectoire. Yvan Bourgnon, qui me route, fait ça aux petits oignons et tout se déroule bien depuis le cap Finisterre. Quand il y a du vent, ça va bien, le bateau supporte bien la toile et peut tenir des cadences élevées. Le choix de cette route Sud a été mûrement réfléchi, ce n’était pas évident au début. Mais, on a pensé qu’au Nord, on n’éviterait pas le gros carton et surtout que les routages étaient peut-être un peu optimistes. Mais c’est vrai que je ne pensais pas faire une transat comme ça au portant au Sud des Açores, c’est incroyable ! »

The Transat bakerly : Macif en tête, attendu demain à New York

La Transat anglaise 2016 approche de son épilogue, celle-ci aura été atypique pour les ultimes avec une route sud au portant sur une bonne partie du parcours. Les trois skippers ont donc eu des conditions propices à la glisse, et à ce jeu, c’est de nouveau François Gabart sur le trimaran Macif qui s’en sort le mieux. Il a dominé son principal adversaire Thomas Coville sur cette route sud, l’écart est de 122 milles ce soir, et de plus de 400 sur Yves le Blévec (Actual).
Aujourd’hui, les trois solitaires ont dû enchainer les manœuvres pour passer un front puis batailler dans les petits airs. Macif a été le premier à s’extirper de cette zone de calme, Thomas Coville devrait suivre dans les heures à venir.
Les ETA s’affinent avec une arrivée de François Gabart prévue demain vers 18h (HF), Thomas Coville étant attendu mercredi à 5h et Yves le Blévec jeudi dans la soirée.
Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

Photo Vincent Curutchet / DPPI / MACIF

François Gabart (Ultime / MACIF) : « On est au près, ce qui n’était pas arrivé depuis le départ et ce qui, sur une transat anglaise, reste un scénario peu surprenant. Mais cela fait partie du jeu et on en aura à peu près jusqu’à la fin ! Il y a pas mal de vagues, c’est assez inconfortable. Ce matin en revanche au reaching, je progressais pleine balle et je faisais du saut de vagues. J’ai clairement ralenti le bateau. Cela ne m’arrive pas souvent, mais il y a des moments comme celui là, où tu arrives à la fin de la course, tu es en tête… et il ne faut pas prendre le risque de casser quelque chose à bord. Avec le vent qu’il y avait, ça pouvait monter à 35-38 nœuds, j’ai volontairement levé le pied. L’idée de finir, cela ne rajoute pas forcément de pression supplémentaire. Cette pression, on l’a depuis le début et c’est celle de naviguer sur le trimaran Macif : c’est un fabuleux bateau et il faut en prendre soin. Arriver au terme de la course, ça rajoute juste un peu de piment, d’autant que terminer la transat anglaise, ce n’est pas rien ! Là même si je suis en tête, on sait que tout reste possible dans les courses à la voile. Jusqu’à la fin, il peut se passer plein de choses. Il ne faut pas faire de bêtises ou de mauvaises manœuvres. »
Thomas Coville (Ultime / Sodebo) : « Depuis hier dimanche, c’est très physique ! La mer est forte, toute cabossée, ça tape bien et on navigue au près dans du vent fort. Au moment où je parle, Sodebo Ultim’ s’élève de toute sa hauteur, l’étrave décolle, la dérive sort carrément de l’eau et quand ça retombe, c’est impressionnant comme ça tape et ça vibre ! J’ai très peu dormi, jusqu’au bout ce sera très physique ! Quand tu es un compétiteur, tu joues pour la gagne. On fait un beau duel depuis une semaine avec François. Il reste encore un front à passer, il faut être prudent, faire attention au bateau, surtout ne rien casser. Une petite erreur peut vite arriver. La nuit dernière, c’était un peu la folle cavalcade, et on est revenu sur Macif… Il peut encore se passer des choses, alors je ne veux rien lâcher, ce n’est pas le moment ! »

Yves Le Blévec (Ultime – Team Actual) : « J’ai passé un front en fin de nuit : toute la garde-robe du bateau y est passée. Renvoyer deux ris d’un coup, c’est sport ! Au moins dix minutes de colonne de winch non-stop, il ne faut pas partir trop vite, sinon on n’arrive pas au bout. Là, en revanche, le vent est tombé, c’était prévu, mais ce n’est jamais agréable, d’autant que les deux autres Ultime n’ont pas eu ce passage-là, ils profitent de conditions plus favorables, c’est un peu frustrant, mais ce n’est pas si grave. Je ne cesse de me réjouir d’avoir le privilège de mener une telle machine à vent sur les océans. Plus je passerai de temps à bord, plus j’apprendrai. La mer est restée formée, le bateau bouge dans tous les sens… Ce soir, il y a un nouveau front avec 25 à 30 nœuds, il va passer vite. Et le vent tombe à nouveau ensuite. Je vois beaucoup plus clair maintenant dans la façon d’enchainer les manœuvres et de les anticiper, j’ai les schémas en tête, mais tous les enchainements ne sont pas possibles. Je continue à bien réussir à me reposer. Je mange bien, ce bateau est quand même beaucoup plus confortable que le Multi 50 dans la mesure où l’habitacle est sec et en hauteur. Le seul point noir c’est que je mangerai demain matin mes derniers œufs-bacon… »

© Th.Martinez / Sea&Co. Trimaran ULTIM “ACTUAL”

© Th.Martinez / Sea&Co.
Trimaran ULTIM “ACTUAL”

En Multi50, l’option sud de Gilles Lamiré (French Tech Rennes-Saint Malo) reste toujours avantageuse avec un avantage de 175 milles sur Lalou Roucayrol (Arkema) revienne du diable vauvert, vu qu’il est encore phagocyté par les airs anticycloniques…

Transat bakerly duel Coville Gabart en tête de flotte

Deuxième jour de course sur The Transat bakerly, Thomas Coville et François Gabart bataillent en tête. Les deux solitaires sont sur des routes identiques avec une vingtaine de milles  d’écart en latéral.

MACIF et Sodebo filent vers les Açores, à 30 nœuds environ, avec en point de mire l’anticyclone à négocier puis une dépression ensuite.

François Gabar, skipper de MACIF : « Il y a pas mal de vagues, c’est un peu chaud, il faut faire attention. Tu passes ton temps à rattraper les vagues et à un moment, il y en a une un peu plus haute qui te bloque. Hier au passage du Cap Finisterre, comme il y avait du vent et beaucoup de vagues, j’ai passé trois heures à la barre. J’ai réussi à bien dormir depuis le départ, j’ai trouvé ma petite organisation entre les écoutes dans la main, les alarmes et en gardant toujours un œil un peu ouvert. Sur un tel bateau, il faut garder toute sa lucidité, on ne peut absolument pas se permettre d’être dans le rouge. C’est donc impératif de trouver du temps pour se reposer en enchaînant les petites siestes. En moyenne, je dors entre 3 et 5 heures par tranche de 24 heures. Etre aussi proche après deux jours de course, c’est exceptionnel. Le fait d’avoir Thomas à côté du trimaran MACIF me pousse forcément à aller vite, ça ne donne pas envie de mollir. C’est aussi la compétition qui permet de se dépasser, de trouver des solutions pour grappiller quelques nœuds par-ci par-là. Grâce aux classements et parfois à l’AIS, je comprends tout de suite si ce que je fais sur le bateau me fait gagner en performance, c’est génial pour progresser. »

Thomas Coville, skipper de Sodebo : « Il y a grosse bagarre ! Ça croise, ça recroise, ça tricote, on empanne… ça joue bien avec Macif depuis le départ ! L’écart s’est stabilisé, ce qui est bon pour nous. François a un léger avantage en vitesse. Grâce au travail à terre de Jean-Luc et Sam (Davies) à la cellule routage, nous avons réussi quelques coups stratégiques un peu audacieux, comme au passage du cap Finisterre où nous avons choisi d’aller chercher le vent fort en passant à l’est de la zone interdite au trafic. C’était payant puisque je suis bien revenu sur François. C’est comme si on était en Figaro au milieu de l’Atlantique mais le fait d’être à deux trimarans Ultime, ça permet de pousser sur le bateau et ça va super vite à 37 nœuds de moyenne ! On est loin de la dernière Transat anglaise où nous étions passés par la route nord ! Là, je suis au portant, le flotteur sous le vent touche à peine l’eau avec le foil qui pousse. Sodebo Ultim’ est bien calé et stable. Il y a un peu de mer et le bateau fait quelques bonds mais globalement il passe les vagues de crêtes en crêtes. C’est le paradis de naviguer dans ces conditions. Les vitesses du vent oscillent régulièrement entre 17 et 24 nœuds, on s’adapte. »

Yves Le Blevec sur Actual pointe en 3ème position, cette transat lui permet d’appréhender la navigation en solitaire sur son ultime : « J’ai bien dormi, je suis en forme ! Hier, il a fallu beaucoup manœuvrer. Là, je viens de faire encore un changement de voile : c’est du job ! Chaque manœuvre prend environ une heure : il faut rentrer la voile, la ranger, renvoyer l’autre, dérouler, régler, etc. À chaque fois, cela ralentit beaucoup le bateau. Sur le dernier changement de voile, j’ai réussi à relancer avant la fin de la manœuvre, c’était pas mal.Hier après-midi, après la première nuit blanche et la journée à manœuvrer, j’ai eu un coup de mou, ça n’a pas duré. Je suis bien dans mon rythme, j’ai une bonne « patate » ! Nous allons continuer sur une trajectoire assez sud. La route est bien sûr plus longue que la route directe, mais le bateau sera plus rapide, ça se présente bien… »

En Multi 50 Lalou Roucayrol a choisi une route plus nord que  celle de Gilles Lamiré, deux visions d’aborder la prochaine dépression pour les deux marins.
Erwan le Roux est arrivé en Espagne, aidé par son équipe technique pour l’entrée dans le port. Le skipper espère pouvoir mettre en place une réparation de fortune avant de convoyer son trimaran vers la Bretagne.
 

Transat berkely J2 : Macif talonné par Sodebo, casse de flotteur pour FenêtréA Cardinal

Après une journée et demi de course,  deux des trois ultimes se détachent de la flotte, Macif mené par François Gabart et Sodebo de Thomas Coville qui talonne son adversaire à moins de 5 milles. Actual d’Yves Le Blévec ne peut pas lutter en vitesse pure face aux deux derniers nés des maxis multicoques et pointe à une soixantaine de milles au large du cap Finisterre. Les deux leaders ont mis de l’ouest dans leur route après le passage de ce cap.

En Multi50, la flotte était emmenée par Erwan Le Roux (FenêtréA-Cardinal) jusqu’à 19h, le skipper a alors averti la direction de course de The Transat bakerly d’une avarie. Le 50′ progressait au portant dans 25-27 nœuds de vent de nord-est à une soixantaine de milles au large du Cap Finisterre, lorsque le flotteur bâbord a cassé. Le skipper de FenêtréA-Cardinal a sécurisé son trimaran, il fait désormais route au 135° à allure réduite et cherche avec  son routeur Jean-Yves Bernot, un port sur la côte portugaise ou espagnole Portugal ou l’Espagne qu’il pourrait rejoindre en sécurité.

Erwan le Roux,  skipper du Multi50 FenêtréA-Cardinal,«  J’étais sous ORC, avec deux ris dans la grand voile. Il y a eu un premier gros choc. Je n’ai pas vu ce qui s’est passé car j’étais sur la caquette. Après ça, je suis parti au tas comme si j’allais chavirer. Il a fallu que j’intervienne tout de suite. Je suis allé rouler le gennaker et c’est là que je me suis rendu-compte qu’il manquait à peu près la moitié de la partie du flotteur située entre le bras avant et l’étrave »

 

Thomas Coville (Sodebo Ultim’) à la vacation du matin : « C’était un départ pas forcément facile à exécuter car la ligne était proche du break water et surtout, le départ s’est fait juste après un front. Il fallait faire le bon choix de voile avant de partir. Il y avait beaucoup de choses à anticiper avant ce départ. Je n’avais pas envie de prendre trop de risques. Je voulais faire ça proprement. François était un peu tôt sur la ligne, il a dû faire une petite abattée. On était l’un à côté de l’autre, un peu comme dans les livres. C’était magique. François, qui est un peu plus rapide à cette allure, m’a distancé progressivement mais rien de dramatique. En fait, depuis quelques jours, on voit que la route Sud est un peu moins exposée que la route Nord. Et surtout pour la fin, avec cette porte des glaces assez Sud qui oblige à redescendre si l’on part vers le Nord. Cette route Sud n’a que des avantages. On était à vue jusqu’à Ouessant avec François, à 5-6 milles l’un de l’autre et on a passé le Fromveur à plus de 30 nœuds. »

Yves Le Blevec ; skipper d’Actual Ultim : « Je viens de passer la dorsale (la limite sud de l’anticyclone, ndlr), j’ai donc retrouvé du vent et je peux commencer à faire cap à l’ouest. Je ne chercherai pas à descendre plus vers le Cap Finisterre, il y a beaucoup de pression là bas, avec une mer très formée, ce ne serait pas productif.
Nous sommes en train d’échanger avec Christian
(Christian Dumard, son routeur, ndlr) car même si tout le monde a choisi la route sud, le jeu stratégique reste très ouvert !
La nuit s’est bien passée, mais j’ai quand même traversé quatre zones réservées au trafic des bateaux de commerce ! Je n’ai donc pas beaucoup dormi… L’horizon commence à s’éclaircir de ce côté-là.
Les deux grands Ulitms s’échappent logiquement, je fais ma course. Tout va bien à bord, j’ai fait très attention à chaque manœuvre, j’ai pris le temps nécessaire pour que tout aille bien. Je suis pour l’instant sous gennaker et grand-voile haute, je suis très attentif à tout. »