America’s Cup

L’America’s Cup est la plus ancienne compétition de voile au monde, elle s’est essentiellement courue sur des monocoques depuis la première édition en 1851.

Cette page ne présente que les éditions courues sur des multicoques.

 

 

1988 : 27èME america’s cup

Les américains détiennent le trophée, mais un défi néo-zélandais compte leur ravir en utilisant les failles du Deed of Gift (acte fondateur de la Coupe de l’America).
Les kiwis présentent donc un monocoque de 90′ à la flottaison (120 hors tout), le challenger est refusé par le defender, mais le banquier néo-zélandais initiateur du projet porte l’affaire devant la cour suprême qui lui donne raison.
L’équipe de Dennis Conner est alors contrainte de concevoir et de construire un bateau en moins de dix mois, afin d’affronter le maxi monocoque kiwi.
Ils choisissent d’opposer un catamaran de 60′ (18m) face au maxi monocoque .

Deux bateaux Stars and Stripes sont construits, l’un à gréement conventionnel (voiles souples), l’autre à aile rigide.

©Marshall Harrington

©Marshall Harrington

Dans des vents faibles, le catamaran « classique » s’avère plus rapide que le multi à aile, qui ne prend l’avantage que dans des conditions plus soutenues.
L’équipe chargée de développer le catamaran à aile rigide revoit sa copie et construit une nouvelle aile plus grande et plus solide afin de poursuivre les essais. C’est finalement cette deuxième version à aile qui est choisie pour disputer l’America’s Cup, malgré un nouvel épisode judiciaire lancé, et perdu par les néo-zélandais.

©Daniel Forster/Duomo

©Daniel Forster/Duomo

La coupe se joue en deux « non-matchs » les 7 et 9 septembre 1988, le catamaran surclassant très facilement le grand monocoque avec 18 minutes et 15 secondes d’avance puis 21 minutes et 10 secondes sur des parcours de respectivement 40 milles pour la première course puis 39 pour la seconde.

LEs bateaux

S1 : Stars and Stripes

Année de construction : 1988
Mise à l’eau : 24 mai 1988
Architecte : G.Morelli, John Marshall, Bruce Nelson, Dave Hubbard, Duncan MacLane, Britton Chance, Jr. et Bernard Nivelt
Construction (coques et mât) : Carbon-Nomex sandwich
Constructeur : RD Boatworks, Capistrano Beach, Californie
Longueur hors tout : 60′ soit 18.28 m
Longueur à la flottaison : 16.76 m
Largeur : 9.14 m (8,90m à la flottaison)
Tirant d’eau : 3.04 m

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Ce bateau ne sera donc utilisé que pour les essais, la version à aile lui ayant été préférée pour l’America’s Cup. Il est acheté par Steve Fossett qui l’engage sur différents records aux Etats Unis. Il passe ensuite entre les mains de différents propriétaires en Floride, le dernier en date semble être Steve Liebel. Il était en vente en 2014 pour 99000$.

H3/USA-1 : Stars and Stripes

Année de construction : 1988
Architectes : John K. Marshall (coordinateur), Bruce Nelson, Dave W. Hubbard, Duncan T. MacLane, Gino J. Morelli, Britton Chance, Jr., Bernard Nivelt.
Designers de l’aile : John Roncz and David Lednicer
Construction (coques) : Carbon-Nomex sandwich
Construction (ailes) : Carbone pour la structure, couvert par du Mylar et du Dacron
Constructeur des coques : RD Boatworks, Capistrano Beach, Californie
Constructeur des ailes : Scaled Composites, Inc., at Mojave, Californie
Longueur hors tout : 60′ soit 18.28 m
Longueur à la flottaison : 16.76 m
Largeur : 9.14 m (8,90m à la flottaison)
Tirant d’eau : 3.04 m
Surface de l’aile
: 176,50m²
Surface totale de voilure : 405 m²
Tirant d’aile : 32,61m
Déplacement : 2,95 tonnes
Skipper : Dennis Conner
Equipage : Louis B. Banks, John Barnitt, Carl Buchan, John Grant, Peter Isler, Cam Lewis, Duncan MacLane, Randy Smith, Bill Trenkle, John Wake, Thomas Whidden.

©Marshall Harrington

©Marshall Harrington

Le catamaran remporte très facilement la 27ème édition de la Coupe de l’America aux mains de Dennis Conner avec plus de 18 minutes d’avance sur les deux parcours.

Il est ensuite vendu en 1989 au mexicain Victor Tapia, il navigue alors au large de Mexico.
En 1992, le catamaran rejoint San Diego où il est exploité en charter dans le cadre de la 28ème Coupe de l’America. Il est ensuite aligné sur quelques courses en Californie.

En 2002, il est exploité pour le compte d’un hôtel de luxe de Mexico. Le bateau serait toujours au Mexique.

2010 : 33ème America’s Cup

 Cette 33ème Coupe de l’America devait se courir sur des monocoques de 90′, conformément au protocole établi par le Defender suisse Alinghi et le CNEV.
Les suisses avaient en effet choisi comme Challenger of Record le CNEV, un yacht club fondé de toutes pièces afin de conserver l’organisation de la Coupe à Valence.
Ce protocole fut très critiqué lors de sa publication par plusieurs concurrents et yachts clubs, puisque donnant un avantage net au defender.
Le GGYC et Larry Ellison déposaient donc leur propre défi et entamaient une action en justice devant la cour suprême de New York afin de faire invalider le CNEV en tant que Challenger of Record.
Les américains, au terme d’une longue bataille juridique obtenaient gain de cause et devenaient les seuls adversaires du défi suisse pour cette 33ème édition de l’America’s Cup.La Coupe se déroulera donc sur des multicoques de 90′, Alinghi choisissait de construire un catamaran ultra-léger, « dérivé » des multicoques du lac Léman, les américains d’Oracle lançaient un trimaran sur plan VPLP, plus polyvalent. Initialement doté d’un gréement classique, la version définitive était finalement grée avec une aile rigide.
Cette Coupe se déroula donc à Valence en février 2010, après une ultime bataille juridique, le Defender ayant tenté d’imposer le plan d’eau de Ras Al Khaimah, aux Emirats Arabes Unis. Ce choix avait été dicté par les conditions météorologiques sur le site émirati, qui offrait des vents faibles et aucun clapot, ce qui aurait favorisé le multicoque suisse.
Les bateaux étaient également dotés d’un moteur permettant de remplir et de transférer l’eau des ballasts et de régler les voiles et l’aile par des systèmes hydrauliques. BMW Oracle remporta très facilement les deux manches de ce compétition.
La première régate se déroulait le 12 février 2010 dans des vents faibles (8 à 10 noeuds), le catamaran suisse partait pourtant favori dans ces conditions.
Sur la phase de pré-départ James Spithill, barreur du trimaran BMW Oracle arrivait à imposer une pénalité à Alinghi 5. Cependant le bateau américain se retrouvait arrêté avant la ligne de départ qu’il franchissait 1 minute et 45s après son adversaire. Les suisses faisaient illusion sur le premier tiers du bord de près, mais perdaient du terrain sur le trimaran ailé qui dépassai alors  le catamaran suisse. L’avance ne cessera de se creuser en faveur des américains. Le trimaran avait un avantage en vitesse mais aussi en cap. Alinghi 5 terminait à plus d’un quart d’heure du trimaran américain sur ce parcours de 40 milles.

© Gilles Martin-Raget/BMW Oracle Racing

© Gilles Martin-Raget/BMW Oracle Racing

La seconde régate avait lieu le 15 février, nouvel avantage pour USA-17 sur le pré-départ puisque l’équipage d’Alinghi 5 écopait de nouveau d’une pénalité.
Loïck Peyron prenait ensuite la barre du catamaran suisse, et parvenait à prendre l’avantage au près  jusqu’à la layline de la première bouée. Alinghi 5 possèdait alors 600m d’avance, mais la cellule arrière suisse ne couvrait pas les américains, USA-17 passait la première bouée avec 28 secondes d’avance. Le bord de reaching anéantissait les espoirs suisses avec une avance de 2min44s pour les américains.  Une molle venait seulement ralentir le sacre des américains à un mille de la ligne d’arrivée, celle-ci  permettait aux suisses de réduire leur retard de moitié, mais le trimaran BMW Oracle franchissait la ligne avec 5min 26s d’avance. Les suisses réclamèrent tout de même à l’arrivée mais le jury ne donnait pas de suite et BMW Oracle devenait le nouveau détenteur de la Coupe de l’America.

 LES BATEAUX

BMW Oracle /USA 17/ BOR90

© Paul Todd / BMW ORACLE Racing

© Paul Todd / BMW ORACLE Racing                                                                                                   USA-17 Version 1.0 (étraves droites, foils en C, 3 safrans, dérive centrale, mât classique, voiles souples)

Skippers : Franck Cammas, James Spithill
Longueur : 27,42m pour la coque centrale (32m pour les flotteurs)
Largeur : 90′ (27,42m) non officiel
Hauteur de mât : 60m pour le dernier mât classique (lancé avec un mât de 50m puis 55m), 68m pour l’aile rigide
Surface de grand voile : 630m²
Surface de l’aile : 650m²
Surface de solent :620m²
Surface de gennaker : 780m²
Tirant d’eau : inconnu
Poids : inconnu entre 9 et 1§ tonnes
Chantier de construction : Core Builders/Anacortes
Architectes : Van Peteghem-Lauriot Prévost et BMW Oracle Design Team, Mike Drummond
Mise à l’eau : 26 août 2008
Nombre équipiers : 10
Port d’attache : San Diego
Palmarès :
– Vainqueur de la 33ème America’s CupVéritable OVNI dans le paysage des maxis multicoques, le bateau de BMW Oracle, surnommé DogZilla, a été construit pour la 33ème America’s Cup suite à la plainte de l’équipe américaine, contre le vainqueur suisse, il est l’oeuvre des architectes français Van Peteghem et Lauriot Prévost, en collaboration avec le team BMW Oracle.
Ne connaissant pas le plan d’eau de la compétition lors du lancement de la construction, l’équipe opte pour un dessin relativement classique.
Ce trimaran de 90′ à la flottaison est une extrapolation des 60′ ORMA survitaminé.
Le team américain s’entraine de longs mois aux Etats Unis, sans connaitre le dessin du bateau de leur adversaire. Franck Cammas participe activement à la mise au point et barre régulièrement le trimaran.
Une version modifiée du trimaran a été remise à l’eau début juillet 2009 à San Diego, le trimaran adopte de nouvelles étraves perce vagues,  des flotteurs allongés à environ 32m et un bout dehors modifié et orientable de 5m ainsi qu’un nouveau mât de 60m.
© Gilles Martin-Raget

© Gilles Martin-Raget                                                                                                                             USA-17 version 2.0 (étraves perce vagues, flotteurs allongés, nouveau bout dehors, mât de 60m, nouveaux daggers foils)

Les appendices étaient également sensiblement modifiés avec la disparition des foils en C pour des dérives de type dagger foils, la suppression du safran et de la dérive de la coque centrale, l’ajout de carénages aérodynamiques sur les bras de liaisons avants et arrières.
L’adoption du moteur permettra de supprimer les winchers pour ne garder que des régleurs, d’ajouter des ballasts de flotteurs et de supprimer une partie des filets. Le plus haut mât construit par le team cassera après quelques jours de navigation.
La dernière innovation visible sera l’adoption d’une aile rigide à la place du mât classique, tout en conservant la possibilité d’amurer une voile d’avant quelque soit l’allure. Cette configuration sera celle des deux manches de la 33ème America’s Cup, remportée facilement à Valence en février 2010.
D’autres innovations moins visibles étaient présentes sur le bateau, notamment un adhésif 3M diminuant la friction, mais également un système d’injection de polymères en amont et en aval des puits de foils. Ce système aurait apporté un gain de 1 à 2 noeuds en VMG, mais il ne sera pas utilisé en course du fait d’un problème de mise au point. A lire : ici.
© Gilles Martin-Raget/BMW Oracle Racing

© Gilles Martin-Raget/BMW Oracle Racing                                                                                                    USA-17 version définitive (aile rigide, safrans uniquement sur les flotteus, daggers foils, carénages aérodynamiques des bras de liaisons)

 Le trimaran sera rapatrié aux Etats Unis en 2011. En mai 2014, le trimaran rejoint le siège d’Oracle à Redwood Shores en Californie, où il est désormais exposé.

Alinghi 5

 ©Carlo Borlenghi/Alinghi


©Carlo Borlenghi/Alinghi

Skippers : Alain Gautier, Loïck Peyron, Ernesto Bertarelli
Longueur : 27,42m pour la coque centrale
Largeur : 23 à 25m
Hauteur de mât : 50m pour le premier, 60m pour le second (utilisé pour la Coupe de l’America)
Surface de grand voile : 600m²
Surface de solent : ? m²
Surface de gennaker : 1000m²
Tirant d’eau : ?m
Poids : inconnu estimé de 10 à 13 tonnes
Chantier de construction : Alinghi/Decision (Villeneuve)
Architectes : Alinghi Design Team
Consultants: Nigel Irens (GB), Benoît Cabaret (FR) et Alain Gautier (FR)
Mise à l’eau : 8 juiillet 2009
Nombre équipiers : 14
Port d’attache : Valence
© Carlo Borlenghi/Alinghi

© Carlo Borlenghi/Alinghi

Ce catamaran est aussi atypique que son adversaire, le trimaran de BMW Oracle, dans le monde des maxis multicoques.
Le catamaran d’Alinghi a été construit en vue de la 33ème America’s Cup. L’équipe suisse a choisi d’extrapoler le concept des multicoques de lacs suisses pour ce catamaran de 90 (après des tests en Decision 35, et sur le Black, catamaran d’Ernesto Bertarelli, multiple vainqueur du Bol d’Or).
Le bateau a été dessiné pour un plan d’eau abrité et peu venté.
Les étraves sont de type perce vagues, la structure en Y de la plate forme permet de reprendre les efforts du pied de mât et de répartir ceux-ci sur les deux branches du Y. Ce qui permet de rigidifier la structure pour un poids minimal.
Chaque flotteur reçoit un safran et une dérive foil en S, permettant de sustenter le catamaran et de lui imprimer un effet de lift. Des dérives droites avaient également été testées.
© Carlo Borlenghi/Alinghi

© Carlo Borlenghi/Alinghi

Le catamaran était équipé d’un moteur permettant de remplir et transférer l’eau les ballasts, et de régler les voiles grâce à un  système hydraulique.
Le premier mât de 50m sera rapidement remplacé par une seconde unité de 60m.
Après les premiers essais sur le lac Léman, le catamaran a ensuite été héliporté par un Mi-26 vers le port de Gênes où l’équipe continua la mise au point de ce bateau.
Ce maxi mlticoque fut de nouveau convoyé ensuite en direction des Emirats Arabes Unis où devait avoir lieu la 33ème Coupe de l’America. Après un nouvel épisode judiciaire l’opposant à son adversaire, le bateau a finalement été transféré par cargo vers Valence où il a couru la 33ème America’s Cup.
Alinghi V sera très nettement dominé par USA 17, le trimaran de BMW Oracle, et s’incline donc lors de cette Coupe de l’America sur le score de 2-0.
En 2011, la mairie de Valence annonce qu’Ernesto Bertarelli, patron de l’équipe suisse Alinghi a fait don du bateau à la ville espagnole. Le catamaran devrait intégrer un futur musée consacré à l’America’s Cup.  Le projet n’a jamais abouti et le catamaran est à l’abandon sur un parking d’une zone portuaire.

© Gilles Martin-Raget / BMW Oracle

© Gilles Martin-Raget / BMW Oracle

2013 : 34ème America’s Cup

 Les américains ayant ravi la Coupe de l’America aux Suisses décidaient de poursuivre l’aventure avec des multicoques à ailes rigides. Ceci leur permettait de garder les acquis d’USA-17 et donc une partie de leur avance technologique sur leurs futurs adversaires.
Le Challenger of Record initial, Mascalzone Latino se retirait rapidement faute de budget. Le bateau était dévoilé  peu après il s’agirait d’un catamaran de 72′ à aile rigide, l’AC72.
Oracle Team USA tentait d’attirer les challengers en lançant une série de monotype et des pré régates permettant  aux équipes de se familiariser avec ces multicoques ailés et de possiblement séduire des sponsors qui les financeraient pour l’America’s Cup.
Le circuit était nommer America’s Cup World Series (ACWS), et le support était le catamaran AC45.

AC 45 : America’s Cup World Series

La série était lancée en 2011 avec 8 à 9 bateaux sur chacun des six Acts de cette première saison.
Les équipages s’affrontaient sur des régates en flotte mais aussi en match race.
© Gilles Martin-Raget/ACEA

© Gilles Martin-Raget/ACEA

Six équipes participaient à l’ensemble de cette première saison : le Defender Oracle Team USA avec deux bateaux, Artemis Racing (SUE), Emirates Team New Zealand (NZ), Energy Team (équipes française des frères Peyron) et Team Korea (KOR).
GreenCom, équipe espagnole et Aleph Equipe de France (menée par Bertrand Pacé et Alain Gautier) devaient renoncer après trois Acts, faute de budget. China Team était dans la même situation en fin de saison et devait faire l’impasse sur le dernier Act à Newport.
Luna Rossa engageait deux catamarans à partir du 4ème Act de ces séries.
Résultats de la saison 2011-2012 des ACWS :
1. Oracle Team USA Spithill : 102 points
2. Emirates Team New Zealand : 93 points
3. Artemis Racing : 82 points
4. Energy Team : 74 points
5. Oracle Team USA Coutts : 68 points
6. Team Korea : 66 points
7. Luna Rossa Piranha : 52 points
8. Luna Rossa Swordfish : 31 points
© Gilles Martin-Raget

© Gilles Martin-Raget

La seconde saison (2012-2013) se déroulait sur trois Acts seulement.
Les premiers AC72 étaient mis à l’eau fin 2012, et les équipages concernés par la Coupe et la Louis Vuitton Cup avaient logiquement priorisé la préparation de celles-ci.
Entre 9 et 11 bateaux participaient à la saison.

Artemis Racing, tout comme Luna Rossa et Oracle Team USA engageaient deux catamarans. Côté français la barre d’Energy Team était de nouveau partagée entre Yann Guichard et Loïck Peyron, Oracle recrutait le britannique Ben Ainslie et finançait sa saison d’AC45. China Team faisait son retour pour l’ensemble des Acts.

Oracle et Artemis n’engagaient qu’un de leurs deux bateaux sur le dernier Act à Naples, Team Korea en était absent et HS Racing n’était engagé que sur cette dernière étape. Le catamaran était mené par les autrichiens Roman Hagara et Hans Pieter Steinacher sous les couleurs de Red Bull.

© Gilles Martin-Raget

© Gilles Martin-Raget

Le même format de courses en flotte et de match race était reconduit pour cette seconde saison.

Résultats de la saison 2012-2013 des ACWS :
1. Oracle Team USA Spithill/Slingsby : 245 points
2. Luna Rossa Piranha : 191 points
3. J.P Morgan Ben Ainslie Racing : 181 points
4. Emirates Team New Zealand : 171 points
5. Energy Team : 160 points
6. Artemis Racing White :160 points 82 points Team Korea : 66 points
7. Luna Rossa Swordfish : 151 points
8. Team Korea : 105 points
9. Oracle Team USA Coutts : 98 points
10. Artemis Racing Red : 90 points
11. China Team : 73 points
12. HS Racing : 36 points

Red Bull Youth America’s Cup

La Red Bull Youth America’s Cup se déroulait en ouverture de la 33ème Coupe de l’America à San Francisco.

Cette compétition se disputait sur les AC45 utilisés pour les America’s Cup World Series, les équipages étaient constitués de marins âgés de 19 à 24 ans. Plusieurs équipages, ayant le soutien d’un des challengers, bénéficiaient d’un ticket d’entrée pour la compétition : deux équipages pour le defender (American Youth Sailing Force et USA45 racing), un pour les néo-zed (NZL Sailing Team with Emirates Team New Zealand), un pour les suédois (Swedish Youth Challenge) et un pour les français bien que le Team Energy n’ait pu finaliser son inscription (Next World Energy). Et pour une raison obscur aucune équipe italienne n’était intégrée via ce parrainage, alors que Luna Rossa était challenger.

Les autres équipages étaient sélectionnés parmi 12 sur des critères de compétences physiques, de cohésion de l’équipage et sur leurs résultats de régates en AC45. Cinq équipages étaient retenus par ce processus :  Objective Australia (AUS), STG-NRV Youth Team (GER), Full Metal Jacket Racing (NZL), ROFF Cascais Sailing Team (POR), TEAM TILT SAILING (SUI).

Huit régates disputées sur quatre jours étaient prévues, la dernière fut annulée du fait d’un vent supérieur à 18 noeuds. L’équipage soutenu par Emirates Team New Zealand avec Peter Burling l’emportait facilement devant l’autre équipage néo-zélandais et les portugais. Team Tilt représentant la suisse terminait au pied du podium.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Classement de la Red Bull Youth America’s Cup 2013

1. NZL Sailing Team with Emirates Team New Zealand (NZL) 2-RDG-7-3-1-1-4 – 57 points
2. Full Metal Jacket Racing (NZL) 7-1-4-6-6-3-5 – 45 points
3. ROFF/Cascais Sailing Team (POR) 3-6-1-8-8-5-2 – 44 points
4. Team Tilt (SUI) 8-5-2-2-9-7-1 – 43 points
5. American Youth Sailing Force (USA) 1-7-3-5-7-4-8 – 42 points
6. Swedish Youth Challenge (SWE) 6-2-9-1-4-6-10 – 39 points
7. Objective Australia (AUS) RDG-10-6-10-2-3 – 38 points
8. Next World Energy (FRA) 4-4-8-4-5-9-6 – 37 points
9. All In Racing (GER) 5-8-5-9-3-8-9 – 30 points
10. USA45 Racing (USA) 9-9-10-7-10-10-7 – 15 points


Les catamarans AC72

AC72 Emirates Team New Zealand n°1 (NZ)
© Chris Cameron

© Chris Cameron

Skippers : Dean Barker
Longueur : 22m
Largeur :  ?
Tirant d’air : 40m
Surface de l’aile : ?m²
Surface de solent : ? m²
Surface de gennaker : ?m²
Tirant d’eau : ?m
Poids : ? tonnes
Chantier de construction : ETNZ-Cookson Boat (Auckland)
Architectes :
Mise à l’eau : 21 juillet 2012
Nombre équipiers : 11
Port d’attache : Auckland

Emirates Team New Zealand a été le premier challenger pour la 33ème Coupe de l’America à dévoiler et à mettre à l’eau son AC72. L’équipe surprend les autre concurrents avec un vol stabilisé sur les foils (en « S ») du bateau lors de leur 6ème journée d’entrainement. La jauge des AC72 autorisait les foils, mais le defender ne pensait pas que le catamaran puisse déjauger complètement. Ce 1er AC72 navigua durant  la première phase de 30 jours autorisés sans incident majeur, permettant à l’équipage d’engranger de l’expérience sur le support.

Le catamaran entra ensuite en chantier pendant une dizaine de jours en novembre 2012, des carénages sur les poutres furent ajoutés afin d’améliorer l’aérodynamisme du bateau.
Des entrainements communs eurent ensuite eu lieu avec l’équipe italienne Luna Rossa.  Celle-ci partageait la même plate forme que les néo-zélandais, qui leur avaient vendu les plans de leur catamaran, les appendices étant par contre différents.
Le catamaran ne fut pas utilisé ni pour la Louis Vuitton Cup ni pour l’America’s Cup.

© Chris Cameron

© Chris Cameron

AC72 Artemis Racing n°1 (SWE)
© Sander van der Borch

© Sander van der Borch

Skippers : Terry Hutchinson 2012, Loick Peyron 2013
Longueur : 22m
Largeur :  ?
Tirant d’air : 40m
Surface de l’aile : ?m²
Surface de solent : ? m²
Surface de gennaker : ?m²
Tirant d’eau : ?m
Poids : ? tonnes
Chantier de construction : King Marine
Architectes : Juan Kouyoumdjian
Mise à l’eau : octobre 2012
Nombre équipiers : 11
Port d’attache : San Francisco

Le premier catamaran AC72 de l’équipe suédoise  était débarqué en août 2012 à San Francisco. La structure semblait assez proche de celui d’ETNZ, avec cependant une répartition des volumes des étraves différentes, celles-ci étaient pourvues de « strakes » qui devaient limiter le phénomène d’enfournement. La première navigation était retardée suite à la casse de la première aile lors d’un entrainement à Valence sur l’ex Gitana 12 (trimaran ORMA allongé à 72′). Le catamaran connaissait ensuite une première avarie lors de son remorquage en octobre, suite à une erreur humaine.
Les entrainements débutaient donc en novembre 2012, le bateau était grée avec une aile possédant 6 panneaux et 3 volets mobiles contre 4 panneaux et 2 volets chez ses concurrents, Loïck Peyron, le marin français, était venu renforcer l’équipage mené par Terry Hutchinson. Le team suédois avait fait le pari d’un catamaran plus conventionnel que celui d’ETNZ sans capacité de foiling.
Une seconde aile était développée et grée sur le bateau début 2013, plus simple et plus proche de celles des concurrents de l’équipe suédoise, avec 2 volets et 6 panneaux.
Le catamaran subissait plusieurs chantiers afin de palier à son déficit de performance, et de lui donner des capacités de foiling.

Au cours d’un entrainement en mai 2013, la structure du bateau se brisa, il semblerait que le flotteur se soit rompu en avant du bras de liaison arrière, entraînant le chavirage et la chute de l’aile rigide de l’AC72.
Ce chavirage entrainera le décès d’Andrew Simpson qui restera piégé sous la plate forme pendant plus de dix minutes, malgré l’assistance des bateaux du team et de ceux de l’équipe d’Oracle Team USA.

Le catamaran ne fut pas remis en état, la participation d’Artemis racing à la Coupe avait été suspendue, les suédois participèrentt néanmoins à la compétition avec leur second bateau.

Cet accident avait entrainé de nombreuses modifications des mesures de sécurité sur les AC72.

 

AC72 Oracle Racing Team n°1 : 17 (USA)

 © Guilain Grenier/ORACLE TEAM USA

Skippers : James Spithill
Longueur : 22m
Largeur :  ?
Tirant d’air : 40m
Surface de l’aile : ?m²
Surface de solent : ? m²
Surface de gennaker : ?m²
Tirant d’eau : ?m
Poids : ? tonnes
Chantier de construction : Core Builders
Architectes : Oracle Design Team
Mise à l’eau : 30 août 2012
Nombre équipiers : 11
Port d’attache : San Francisco

Oracle Team USA dévoilait en août 2012 un catamaran très abouti aérodynamiquement avec des bras de liaison carénés, l’absence de martingale sous l’aile et un système de barre inédit pour un bateau de cette taille avec une barre franche. La première sortie fut écourtée suite à la casse d’une des dérives. Le premier vol intervenait après quatre jours d’entrainement. Mais au septième, le bateau sanci ten baie de San Francisco, lors d’une abattée (bare away), l’aile fut entièrement détruite au cours de ce chavirage.

© Guilain Grenier/ORACLE TEAM USA

© Guilain Grenier/ORACLE TEAM USA

Le bateau semblait manquer de rigidité avec des déformations importantes des bras de liaison lors des navigations, et une tendance à marsouiner. Il fut remis en état puis servait à partir de février 2013 pour les entrainements du team américain, notamment pour sélectionner le barreur pour l’America’s Cup.

© Guilain Grenier/ORACLE TEAM USA

© Guilain Grenier/ORACLE TEAM USA

© Guilain Grenier/ORACLE TEAM USA

© Guilain Grenier/ORACLE TEAM USA

AC72 Luna Rossa Challenge (ITA)
LR2
Skippers : Max Sirena
Longueur : 22m
Largeur :  14m
Tirant d’air : 40m
Surface de l’aile : ?m²
Surface de solent : ? m²
Surface de gennaker : ?m²
Tirant d’eau : ?m
Poids : 5,9 tonnes
Chantier de construction : Persico Marine-Italie
Architectes :
Mise à l’eau : 26 octobre 2012
Nombre équipiers : 11
Port d’attache : Auckland
L’équipe italienne Luna Rossa, avait dévoilé son catamaran fin octobre à Auckland, la plate forme de celui-ci était identique tout comme l’aile au premier bateau AC72 de l’équipe néo-zélandaise. Seuls les appendices (foils et safrans) avaient un design spécifique. Franck Cammas, le skipper français naviguait à Auckland afin d’assister et d’entrainer le team italien.
Des entrainements communs avec le bateau d’ETNZ eurent lieu en baie d’Hauraki, sur des formats identiques à ceux de la Louis Vuitton Cup.
Le bateau était ensuite transporté à San Francisco, où il participait à la Louis Cuitton Cup. L’équipage italien de Luna Rossa terminait 2nd de cette compétition, battu 7-1 par les néo-zélandais.
LR3
AC72 Emirates Team New Zealand n°2 : Aotearoa (NZ)
etnz1
Skippers : Dean Barker
Longueur : 22m
Largeur :  ?
Tirant d’air : 40m
Surface de l’aile : ?m²
Surface de solent : ? m²
Surface de gennaker : ?m²
Tirant d’eau : ?m
Poids : ? tonnes
Chantier de construction : ETNZ-Cookson Boat (Auckland)
Architectes :
Mise à l’eau : février 2013
Nombre équipiers : 11
Port d’attache : Auckland
ETNZ3 Le second catamaran d’ETNZ était une évolution du premier exemplaire, la structure  en Y était semblable. Le design team avait nettement amélioré l’aspect aérodynamique avec des carénages de bras et sous l’aile. Le bateau possèdait une réserve de flottabilité assez importante sur l’avant des flotteurs, permettant de limiter le risque d’enfournement mais au détriment d’une prise au vent plus importante. Le bateau atteignait 47,18 noeuds lors des régates. Le bateau se montra relativement fiable et les néo-zélandais possédait le plus grand nombre de jours de navigation face à leurs adversaires.
Sur ce catamaran, les néo-zélandais s’imposait sur les sélections de la Louis Vuitton Cup puis 7-1 en finale de cette compétition. Ils s’inclinaient cependant en finale de la Coupe de l’America 9-8 face au defender Oracle Team USA.
1
AC72 Oracle Racing Team n°2 : USA-17 (USA)
© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Skippers : James Spithill
Longueur : 22m
Largeur :  ?
Tirant d’air : 40m
Surface de l’aile : ?m²
Surface de solent : ? m²
Surface de gennaker : ?m²
Tirant d’eau : ?m
Poids : ? tonnes
Chantier de construction : Core Builders
Architectes : Oracle Design Team
Mise à l’eau : avril 2013
Nombre équipiers : 11
Port d’attache : San Francisco
Suite au chavirage du premier exemplaire après sept jours d’entrainements, le defender Oracle Team USA mit à l’eau son second AC72 en avril 2013, le dessin de la plate forme était assez proche de la première. Cependant le bras de liaison avant semblait plus avancé que sur le premier, et les foils étaient désormais situés en arrière de celui-ci. Le catamaran possèdait des entrées d’eau relativement fines, l’aérodynamisme était de nouveau très poussé notamment avec des cockpits profonds permettant de limiter la prise aux vents des équipiers. Malgré tout le volume sur l’avant des coques était un peu plus important que sur le premier AC72, afin de limiter l’enfournement et d’éviter un nouveau chavirage à l’équipe américaine.
© ACEA / RICARDO PINTO

© ACEA / RICARDO PINTO

James Spithill et ses hommes débutaient l’America’s Cup avec deux points de retard suite à une tricherie lors des America’s Cup World Series. L’équipage commeçait mal la compétition et était mené 8 à 1 avant un incroyable come-back et une victoire 9-8 face à Emirates Team New Zealand.

Le catamaran est désormais exposé  à l’America’s National Maritime Museum à Newport.

AC72 Artemis Racing n°2 : Big Blue (SWE)

© Sander van der Borch / Artemis Racing

© Sander van der Borch / Artemis Racing

Skippers : Nathan Outteridge, Ian Percy
Longueur : 22m
Largeur :  ?
Tirant d’air : 40m
Surface de l’aile : ?m²
Surface de solent : ? m²
Surface de gennaker : ?m²
Tirant d’eau : ?m
Poids : ? tonnes
Chantier de construction : King Marine
Architectes : Juan Koujoumdjian
Mise à l’eau : juillet 2013
Nombre équipiers : 11
Port d’attache : San Francisco

Suite à la casse de son premier bateau et le décès d’un des équipiers du bateau, la mise à l’eau du second AC72 prit un retard important, celle-ci n’intervenait que pendant les éliminatoires de la Louis Vuitton Cup. L’équipe suédoise ne faisait son entrée dans la compétition que pour les demi-finales (auxquelles ils accédaient directement du fait du faible nombre de challengers, 3). Ils débutaient la compétition avec seulement 8 jours de navigation sur leur catamaran. Contrairement au précédent, celui-ci avait la capacité de foiler. L’équipage sous couleurs suédoise était largement dominé au cours de ces demi-finales et s’inclinait 4-0 face aux italiens de Luna Rossa. Artemis aura cruellement manqué d’entrainement et de mise au point avant le début de cette compétition.

© Sander van der Borch / Artemis Racing

© Sander van der Borch / Artemis Racing

La compétition

LOUIS VUITTON CUP

Les rounds robins (phases éliminatoires) débutaient en juillet 2013. La compétition ne devait réunir que trois challengers : Emirates Team New Zealand (NZ), Luna Rossa Challenge (ITA), et Artemis Racing (SUE), mais l’équipe suédoise annonçait que son bateau ne serait près pour la compétition qu’à partir des demis-finales, suite au chavirage du 1er exemplaire et des phases de tests à mener sur le 2nd AC72.
Des mesures de sécurité avaient été mises en place suite au chavirage du catamaran suédois et au décès d’un des équipiers, Andrew Simpson.
S’ajoutaient à ce problème la décision des italiens de ne pas régater avant la décision du jury concernant des litiges les opposant à la direction de course.
Le premier duel entre Luna Rossa et ETNZ n’avait lieu que mi-juillet, les kiwis dominaient les italiens dans les manoeuvres et aussi en vitesse pure que ce soit au près et au portant. Sur le second duel, la drisse de solent d’ETNZ cède, le catamaran kiwi naviguait alors avec sa seule aile rigide jusqu’à la fin de la manche, sans que les italiens ne puissent revenir.  Les autres confrontations tournaient également à l’avantage des néo-zéds.

L’équipage d’Emirates Team New Zealand s’impose donc lors de ces rounds robins et obtenait une place en finale de cette Louis Vuitton Cup.
Luna Rossa et Artemis Racing étaient donc amenés à s’affronter en demi-finales, les suédois se présentaint avec une semaine d’entrainement sur leur AC72 alors que les italiens naviguaient depuis plusieurs mois.

Sur la première régate, Luna Rossa s’alignait avec sa première aile, perdait le départ mais reprenait rapidement la tête de la course et parvenait à s’imposer. Sur la seconde manche, Artemis s’imposait également sur la phase de départ mais perdait le leadership dès les premiers mètres du portant sans espoir de retour par la suite. Les deux dernières manches étaient également remportées par Luna Rossa Challenge qui s’imposait 4-0 sur ces demi finales de la Louis Vuitton Cup face à Artemis Racing. L’équipe suédoise manquait cruellement d’entrainement et de mise au point sur son second AC72 expliquant cet échec, qui plus est la disparition tragique d’Andrew Simpson avant la compétition  a probablement diminué moralement le team.

Luna Rossa Challenge retrouvait donc Emirates Team New Zealand en finale de cette Louis Vuitton Cup. La première équipe à atteindre 7 points décrochait sa place en finale de l’America’s Cup face au defender Oracle Team USA.
Le spectacle était au rendez vous pour la première manche avec des conditions ventées, Luna Rossa était contraint à l’abandon suite à la casse sur le système de relevage de foil, malgré tout les néozélandais poursuivaient la manche et enfournaient violemment lors d’une abatée, deux membres de l’équipage passaient par dessus bord et une partie du carénage et du filet de l’AC72 kiwi étaient arrachés, ETNZ terminait malgré tout et glanait un 1er point.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Luna Rossa égalisait lors de la seconde manche, suite à l’abandon de l’équipe néo-zéd qui connaissait un soucis sur le système hydraulique du catamaran. Nouvel abandon lors de la 3ème manche, Luna Rossa se voyait contraint de renoncer suite à des problème sur le système de réglage de l’aile rigide. La suite de cette finale tournait très nettement à l’avantage d’ETNZ qui battait finalement Luna Rossa 7 à 1.
Cette victoire était logique, en effet les italiens disposait de la plate forme du premier AC72 kiwi, les néo-zélandais avait une version 2 améliorée, qui plus est les italiens avaient démarré tardivement la campagne et présentaient donc un déficit de navigation par rapport à leur adversaire.

Emirates Team New Zealand accédait donc à la finale de l’America’s Cup face à Oracle Team USA.

AMERICA’S CUP

Avant même le début de la compétition, le defender Oracle Team USA se voyait pénalisé, suite à la découverte d’une tricherie sur la monotype des AC45 pendant les America’s Cup World Series 2012-2013, les AC45 du team avaient en effet été lestés au niveau de la martingale afin d’en améliorer les performances.
Oracle Team USA  était donc pénalisé de 2 points avant le début de la compétition et partait donc avec un compteur à -2 alors que le vainqueur de la Louis Vuitton Cup, Emirates Team New Zealand débutait avec 0 point au compteur.
Pour l’emporter le team américain devait donc remporter au minimum 11 manches, la Coupe de l’America se jouant en 9 points gagnants.
Les deux premières régates étaient remportées par ETNZ dans 15 à 18 noeuds de vent, les kiwis remportaient les phases de départ et parvenaient à maintenir l’avantage sur leur adversaire, qui montrait néanmoins un meilleur cap au près et au portant, mais un déficit de vitesse face à l’AC72 kiwi.
La 3ème manche était remportée par les néo zélandais, qui était malgré tout malmené par les américains. Le defender remportait sa première victoire lors de la 4ème manche avec 8 secondes d’avance et réduisait donc le score à -1 à 3.

La 5ème manche était catastrophique pour les américains qui enchainaient les erreurs,  malgré un bon départ. John Kostecki, le tacticien lançait un virement très tôt après la bouée de la porte 2, et un gybing tack, qui consiste à virer haut sur les foils. La manoeuvre n’était semble-t-il absolument pas maitrisée par l’équipage, l’AC72 américain s’arrêtait quasiment, alors qu’ETNZ poussait un peu plus loin son bord et bénéficiait du cône sans courant crée par Alcatraz sur la droite du plan d’eau. Ceci permettait aux kiwis de réduire sensiblement leur retard, les américains enchainaient des virements approximatifs avec des vitesses de relance moitié moins importantes que celles de leur adversaire. La cellule arrière du défi américain semblait totalement dépassée, l’AC72 s’envolait vers une 4ème victoire. Dans la foulée, une seconde régate devait être courue, mais Oracle Team USA demandait l’annulation de celle-ci comme le règlement le permettait (ceci étant autorisée une seule fois sur la durée de la competition et seulement pour la 2ème manche du jour). Alors que les observateurs pensaient à une avarie sur USA-17, le barreur James Spithill l’infirmait en conférence de presse.

Le défi américain changeait alors de tacticien, John Kostecki était remplacé par Ben Ainslie. Les néo-zélandais remportaient malgré tout les 6 et 7ème régates et mènaient alors 6 à -1.
Les kiwis connaissaient alors une passe difficile avec la perte des deux régates suivantes, la première suite à un problème d’hydraulique. Sur un virement le système ne fonctionnait pas et l’aile restait à contre, avec un angle de gite montant dangereusement à 50°, heureusement le catamaran retombait du bon côté mais la régate était perdue, lors de la seconde manche du jour les kiwis étaient en tête mais la régate était annulée pour dépassement de la milite de vent .

Le lendemain les né zélandais concèdaient la 1ère manche du jour, le score passant à 6-1, le changement d’équipage et une modification des réglages semblaient apporter un regain de performances aux américains. ETNZ remportait la seconde manche de la journée avec un delta faible, 17 secondes, le score passait à 7-1.

Le 18 septembre Dean Barker remportait de nouveau son duel face aux américains en dominant assez nettement son adversaire grâce à des manoeuvres tactiques agressives, cependant en terme de performances pures le bateau américain semblait avoir désormais un petit avantage, notamment au près. Le score était donc de 8-1 à l’avantage des kiwis qui étaient à un point de la victoire.

Le 19, James Spithill remportait le départ, en obligeant Dean Barker à une manoeuvre avant la ligne, ruinant les espoirs de victoire des all blacks. Le score était de 8 à 2 en faveur d’ETNZ.

Le 20 septembre, Emirates Team New Zealand dominait très nettement la première manche du jour mais la régate était annulée à l’approche  de la quatrième et dernière marque de parcours pour dépassement de la limite de temps, de 40 minutes pour terminer une régate, empêchant les néo-zélandais de remporter cette manche et donc la Coupe de l’America.
Une seconde manche était lancée dans un vent un peu plus fort, elle était remportée par les américains, qui portaient le score à 8-3.

Commençait alors une descente aux enfers pour le Emirates Team New Zealand, les kiwis perdaient les deux manches du 22 septembre et celle du 23, le score passe à 8-6.

Le 24 septembre, les kiwis s’inclinaient de nouveau deux fois face aux américains, Dean Barker écopant même de deux pénalités avant le départ sur la seconde manche du jour. Les deux adversaires se retrouvaient à égalité à 8-8 après cet incroyable come-back américain.

La dernière régate avait lieu le 25 septembre, le vainqueur de cette ultime manche remporterait la 34ème America’s Cup. Les américains étaient dans une spirale positive après avoir enchainé les victoires et retrouvé la vitesse sur leur AC72, alors que les kiwis semblaient de plus en plus en difficulté et mis en défaut par James Spithill sur les phases de départ.

© ACEA / RICARDO PINTO

© ACEA / RICARDO PINTO

Dean Barker, le barreur kiwi remportait le départ et domineait la régate sur le premier bord de portant. Sur le premier près le catamaran d’ETNZ partait à gauche alors que Spithill et Ainslie choisissaient la droite, USA-17 revenait progressivement sur son adversaire et passait en tête sur ce bord grâce à une meilleure vitesse et de meilleures relances sur les virements. L’AC72 néo-zéd perdait une à deux longueurs sur chaque virement, à la porte l’écart était déjà de 30 secondes en faveur des américains, l’écart se creusait un peu plus sur le dernier portant et Oracle Team USA franchissaitt la ligne d’arrivée en vainqueur, avec 44 secondes d’avance.

Oracle Team USA remportait donc cette 34ème Coupe de l’America et conservait la défense de celle-ci.

Cette édition sur ces catamarans fut exceptionnelle avec des multicoques foilant au portant mais également au près.

 

2017 : 35ème America’s Cup

AC62

Le protocole de la 35ème America’s Cup est dévoilé en juin 2014, la jauge adoptée pour la future compétition est celle des AC62. Ces AC62 sont de nouveau des catamarans volants à foils et aile rigide et devaient être menés par 8 équipiers.
Quelques polémiques naissaient concernant le lieu de la Coupe, qui n’était pas dévoilé avec la jauge, ou l’avantage du defender de construire deux bateaux alors que les challengers ne pouvaient en construire qu’un.

Source: Event media. Graphics by ACEA.

En juillet 2014, le Challenger of record, Team Australia annonçait son retrait de la compétition.
Le choix du plan d’eau des Bermudes pour la finale de l’America’s Cup n’était dévoilé qu’en décembre 2014.
En avril 2015, nouveau rebondissement, le defender Oracle Team USA annonçait un changement de jauge, après un vote des challengers engagés (Artemis Racing, Ben Ainslie Challenge, Team France et Luna Rossa Challenge), la Coupe de l’America allait donc être disputée sur des AC50 également à foils et à aile rigide.

AC50

Ce changement de jauge était donc imposé. Le defender faisant valoir un argument économique avec une large part de monotypie sur le catamaran qui permettrait un plus grand nombre de challengers.
Malgré cet argument, Luna Rossa se retirait de la compétition, le team italien travaillait sur l’AC62 depuis plus d’un an et perdrait le bénéfice de ses études avec une version quasi monotype. Les néo zélandais avaient de leur côté demandé un arbitrage concernant ce changement de jauge et la perte de la phase de qualification qui devait se disputer à Auckland.
Les américains estimaient que les performances du futur AC50 devraient être assez proches de celles des AC72, ils se basaient sur les performances des AC45 modifiés avec l’ajout de foils, et testés par leur équipe et celle d’Artemis Challenge.


Sur cette vue, en blanc la partie monotype, en bleu les éléments au design libre (à savoir les carénages aérodynamiques des poutres de liaison, les appendices : safrans à ailettes et foils), en rouge la partie de l’aile pour laquelle le design est monotype mais la structure et les système de contrôle sont libres.

LES CONCURRENTS

  • Le defender, Oracle Team USA

© ACEA 2017 / Photo Austin Wong

Le defender est le seul à pouvoir construire deux bateaux. Pour la première fois, le defender participe à la première phase de qualification de la Louis Vuitton Cup, ce pourquoi il s’est réservé le droit de sortir un second exmplaire pour la finale de l’America’s Cup.

  • Emirates Team New Zealand

© Hamish Hooper/Emirates Team New Zealand

Le design team d’Emirates Team New Zealand aura de nouveau été le premier à trouver une innovation, dans le cadre très limité imposé par Oracle Team USA. L’équipe kiwi a en effet remplacé les traditionnels moulins à café par des cadres de vélos, afin d’augmenter les capacités de ses équipiers à accumuler de l’énergie nécessaire au réglage des appendices et de l’aile.

Land Rover BAR

  • Softbank Team Japan

© ACEA 2017 / Photo Austin Wong

  • Groupama Team France

    ©Eloi Stichelbaut

  • Artemis racing

© ACEA 2017 / Photo Austin Wong

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5 réflexions sur “America’s Cup

  1. marc aumont dit :

    Très bon article! Je suis juste surpris que tu crédites Gino Morelli pour le dessin du Stars and Stripes de 88. J’ai toujours cru que c’était Joubert-Nivelt qui l’avaient dessiné.

    • voilemulticoques dit :

      Merci pour la précision, effectivement le design était du à un pool d’architectes et pas seulement à Morelli, il y avait également John Marshall, Bruce Nelson, Dave Hubbard, Duncan MacLane, Britton Chance, Jr. et Bernard Nivelt.
      Je corrige ça.

  2. marc aumont dit :

    Mc Lane et Hubbard, les créateurs des classe C Patient Lady, étant plus particulièrement chargés de l’aile.
    Et, sans vouloir être méchant, je ne crois pas que Britton Chance ou Bruce Nelson, spécialistes exclusifs des monocoques, aient apporté grand chose au dessin d’un catamaran. lol.

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