Alinghi remporte l’Open de Versoix et conforte sa place de leader du D35 Trophy

Alinghi s’est de nouveau imposé lors de l’Open de Versoix, la 2nde épreuve du D35 Trophy 2018.

Lors de la première journée, samedi, aucune manche ne pouvait être lancée faute de vent établi sur le plan d’eau. Dimanche les neuf équipages engagés en enchainaient six, lundi, quatre manches de plus étaient disputées.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

devant Swisscom et Ylliam – Comptoir Immobilier. Les D35 ont disputé dix manches dans des airs oscillants entre six et douze nœuds.

L’équipage d’Ernesto Bertarelli domine toujours le plateau, avec quatre victoires de manches et deux 2ndes places sur le week-end.
Alinghi pouvait se permettre de ne pas disputer la dernière manche lundi puisqu’ils étaient assurés de la victoire sur le grand prix avant celle-ci.

Le reste du podium est toujours très disputé avec cinq équipages en cinq points entre le second Swisscom et le sixième Okalys.
Ylliam-Comptoir Immobilier prenait la troisième place, à égalité de points avec Racing Django et Zen Too. Deux victoires de manches permettaient à l’équipage de Bertrand Demole de prendre l’avantage sur leurs deux adversaires pour le gain du podium.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Ernesto Bertarelli, propriétaire et barreur d’Alinghi : « Nous avons probablement mieux navigué ce week-end que le précédent. Nous avons fait deux manches avec des petites erreurs, mais autrement, d’une manière générale, nous avons très bien navigué. Je ne pense pas que nous avons une meilleure vitesse que les autres. Mais nous avons plus de constance, nous allons toujours à la vitesse optimum. La classe est très homogène, il faut être toujours juste, et c’est ce que nous arrivons à faire. »

Nicolas Charbonnier, tacticien d’Alinghi  : « Vendredi mis à part, nous avons eu de superbes conditions pour cet Open de Versoix. La clé de cet événement a été de grapiller des points au fur et à mesure des manches, et de ne pas baisser les bras, même après un mauvais résultat.
La flotte est très très dense, et toutes les erreurs se paient cash. Une fois, on passe 3e à la bouée au vent, et au final sur une erreur de placement on termine 7e. Une autre fois, c’est en perdant un peu de temps dans une manœuvre que l’on a perdu notre avantage sur un autre bateau, puis sur la flotte. Tout se joue sur des petits détails.
Pour le prochain grand prix, il faut simplement qu’on continue à naviguer à ce niveau. Et je ne dirai pas ce qu’on peut améliorer, pour ne rien dévoiler à nos concurrents  »

Julien Monnier, barreur de Swisscom :   « Nous sommes vraiment satisfaits, nous avons réussi à revenir dans le coup. Nous avons une bonne cohésion, l’équipage fonctionne bien. Nous sommes vraiment super-contents de notre vitesse, et ça joue un rôle énorme. Il faut toujours savoir saisir les opportunités au bon moment. »

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Mathieu Richard, tacticien sur Ylliam – Comptoir Immobilier : « Ça a rarement autant distribué, comme en dit. Il y a eu des hauts et des bas pour tout le monde. C’est vraiment très dense, avec un niveau très homogène. Pour nous, c’est plutôt une bonne surprise de terminer troisième. Les conditions sont difficiles, il faut réussir à rester serein et soudé. Mais nous avons toujours su nous remobiliser, c’est très positif. Ça prouve que nous sommes une équipe forte et soudée, c’est de bon augure pour la suite. »

Au niveau du classement général, Alinghi renforce sa première place avec deux victoires sur les deux premiers grands prix, Ylliam – Comptoir Immobilier est deuxième avec cinq points, devant Racing Django  troisième avec huit points. Swisscom fait une belle remontée avec sa seconde place et pointe en 4ème position avec neuf points,  talonné par Zen too (dix points). 

La prochaine étape se déroulera de nouveau à Versoix le 1er et 3 juin avec un format grand prix. La première classique lémanique, a Genève-Rolle-Genève, aura lieu le 2 juin entre les deux jours de régates au large de Versoix.

 

 

 

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Nice Ultimed : l’équipage de Sodebo Ultim s’impose devant IDEC SPORT

Après un peu plus de 3jours de course, et après plusieurs changements de leader, c’est finalement l’équipage de Thomas Coville sur Sodebo Ultim’ qui s’est imposé hier à Nice.

L’équipage de Francis Joyon termine à environ une heure de son adversaire, après l’abandon d’Actual-Grand Large Emotion et le forfait de Banque Populaire IX suite à son chavirage pendant son convoyage.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Les deux équipages auront connu des conditions variées sur ces 1109 milles du parcours, et les zones de pétales ont permis plusieurs retours. Par ailleurs cette confrontation entre les deux ultimes a confirmé un potentiel de vitesse proches pour les deux trimarans Sodebo et IDEC SPORT.

Une parade nautique clôturera l’événement à 14h, elle sera visible depuis la promenade de anglais.

Bernard Stamm, équipier sur IDEC SPORT  :
« Sans surprise, la Grande Bleue nous a dévoilé toutes les facettes de sa réputation d’inconstance. On a en effet connu un peu toutes les allures, toutes les mers, et toutes les conditions, depuis le fort vent lors de la descente depuis Marseille vers le sud Sardaigne, jusqu’à la franche pétrole Il faut désormais apprivoiser la bête. Le flotteur se lève plus vite que lors du Trophée Jules Verne. Les appuis du bateau sont différents. Il faut s’y habituer….»

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« Notre grande satisfaction réside dans la qualité des modifications effectuées cet hiver. Je suis heureux et fier que Sébastien (Picault) et Antoine (Blouet) aient pu profiter lors de Nice UltiMed de l’excellent travail qu’ils ont réalisé sur l’électronique et l’accastillage. Nos nouveaux plans porteurs sont un peu la cerise sur le gâteau. Nous n’avons guère eu le temps de les tester par le menu, et il est clair, à l’issue de cette première course, qu’il nous faut encore beaucoup travailler pour en saisir et en maitriser toutes les subtilités.  Ce format d’épreuve m’a replongé dans le passé, et dans ces Tours de l’Europe qui nous menaient ainsi, lors de courtes étapes de deux ou trois jours, dans les plus beaux ports Méditerranéens. »

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim :
« Nous faisons du sport pour ces moments-là  :  Ces moments de voile sont des moments rares et magiques. La Méditerranée ? C’est toujours plus dur que ce qu’on pense. C’est un terrain de jeu exigeant et difficile. Nous avons été ambitieux sans jamais rien lâcher. Sans des garçons comme ça et mes deux rocks stars Matthieu Vandame et Thomas Le Breton, c’est impossible de réaliser ce genre de combat. Ils sont tout le temps à l’attaque, ils sont quasiment hors normes. Ils se jettent sur les manivelles quand il faut manœuvrer, ils sont impressionnants. Gagner c’est toujours rare et c’est précieux d’y arriver.
IDEC Sport est la référence en course au large. C’est le bateau qui a le plus grand palmarès en France. A bord, Francis (Joyon) a réuni un équipage très expérimenté. On s’est livré une belle bagarre jusqu’à cette nuit. L’adversaire était redoutable. On a eu beaucoup de plaisir à régater contre eux.
C’est à la fois très physique et mental avec beaucoup de manœuvres et des émotions difficiles à canaliser. Avec nos multicoques de plus de 30 mètres de long, on passe des vitesses folles où on se laisse griser suivies par des frustrations énormes de voir le bateau arrêté dans la pétole. Ce que vous avez construit, vous pouvez le perdre en un rien de temps sans pouvoir rien faire. Il faut alors se concentrer sur ce qu’on peut modifier. »

Jean-Luc Nélias, équipier sur Sodebo Ultim :
« J’ai vécu cette course sans véritable stress mais avec une grande philosophie. Je savais qu’en Méditerranée, tu peux te faire rattraper et tu peux rattraper. Je ne me suis jamais étonné qu’un bateau puisse nous reprendre 40 milles et qu’on puisse lui remettre 10 milles en deux heures. Ce qui est important c’est d’être premier à la fin ! »

NiceUltimed : le duel se poursuite entre IDEC SPORT Et Sodebo Ultim

La remontée de la  Sardaigne et de la Corse s’est révélée plus  compliquée que prévue dans des vents très instables. La marque de Porto Vecchio a été supprimée par le comité de course du fait de ces vents faibles.
Les deux équipages, au contact après la remontée d’IDEC SPORT hier se sont livrés à un beau duel.
Thomas Coville et ses hommes étaient parvenus à reprendre la tête dans la nuit, mais se sont de nouveau fait passer par Francis Joyon en fin d’après midi.
Les deux équipages ont utilisé à bon escient leur AIS pour éviter de tomber dans les molles favorisés par les reliefs des deux îles, laissant parfois leur adversaire encalminé à seulement quelques centaines de mètres.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Ce soir IDEC SPORT mène la danse, après le passage du Cap Corse, les deux trimarans sont désormais au travers, en route directe vers Nice, la dernière boucle est encore à définir par le comité de course.

Francis Joyon, skipper d’IDEC SPORT :
« Pour le moment, ce sont surtout les contrastes qui nous frappent en cette mer : vent fort puis calmes une fois sous le vent de la Sardaigne, lumière intense dans le Mistral, puis pluie et grisaille près du centre dépressionnaire en début de nuit. Le jour se lève sur une nuit fertile en émotions durant laquelle nous avons repassé notre concurrent, puis l’avons vu repasser à moins d un mile de nous, à 20 nœuds alors que nous étions arrêtés ! Tout de suite, 1 nœud au speedo. En deux tours du monde sur IDEC SPORT, Bernard Stamm qui est à la barre n’avait pas connu cela ! On se met dans le filet avant pour décoller les fesses du bateau, on sifflote, l’espoir, c’est bien connu, aime ces petites attentions. Nous sommes tout près de la côte Sarde, belle et impressionnante, on apprécie cette nature qui semble intacte vue de la mer. »

Gwénolé Gahinet., équipier d’IDEC SPORT :
« C’est le yo-yo permanent avec Sodebo. Depuis ce matin, nous naviguons quasiment tout le temps à vue. En ce moment nous le voyons très bien ! Nous sommes pas mal accro à la carto et à l’AIS. Hier, cela nous a permis de passer devant : nous avons vu qu’ils étaient arrêtés, donc dans une zone sans vent. Nous avons alors opté pour une trajectoire différente et cela a payé. Globalement, ici en Méditerranée, il vaut mieux être rattrapant que rattrapé. Ce duel entre nos deux bateaux aux performances similaires est vraiment sympa, on se prend bien au jeu !

 

NiceUltimed : IDEC SPORT prend la tête devant Sodeb’O

Les équipages des deux multicoques encore engagés sur la NiceUltimed ont connu des conditions variées depuis le départ de la course hier. Après un après midi et une soirée à tirer des bords dans des vents faibles, les deux trimarans (après l’abandon d’Actual-Grand Large Emotion) ont paré la première marque au large de Marseille vers 3h la nuit dernière. Thomas Coville et son équipage menaient alors avec 28 minutes d’avance sur IDEC SPORT.

Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Les marins ont ensuite mis le cap au sud, au portant dans des vents forcissants et une mer forte, vers le Cap Spartivento (au sud de la Sardaigne), ce tronçon a été avalé en 12h à plus de 27 noeuds de moyenne.  Sodeb’O Ultim doublait cette seconde marque à 14h55, 1h45 avant IDEC SPORT.

Lors de la remontée le long de la côte est de la Sardaigne, Thomas Coville et ses équipiers tombaient dans une zone sans vent, les contraignant à un bord à 90° de la route. L’équipage d’IDEC SPORT bénéficiait dans le même temps de plus de pression et refaisait son retard. Peu après 20h, Francis Joyon et ses hommes passaient en tête.

La course est donc complètement relancée , les trimaran sont attendus à la marque de  Porto Vecchio entre 3 et 4h cette nuit, puis ils passeront au Cap Corse dans la matinée. La traversée entre Corse et le continent se fera au travers, dans un vent soutenu. Les équipages repasseront demain devant Nice, entre 11h et 16h (une estimation qui sera affinée au fil des heures). Ils entameront alors une deuxième boucle vers Marseille avant de revenir à Nice passer la ligne d’arrivée, samedi après-midi.

Vacation avec Bernard Stamm, équipier sur IDEC SPORT : « La descente au portant entre Marseille et le Sud de la Sardaigne a été très tonique, on a eu des claques à 40 nœuds de vent et c’est allé très vite sur une mer chaotique. Il a fallu empanner à plusieurs reprises pour se recaler. Dans un vent si fort, cette manœuvre n’est vraiment pas évidente sur un Ultime, alors on a bien fait attention pour ne surtout rien casser. Sodebo Ultim’ a pris les devants avant la marque de Marseille puis a été un peu plus rapide que nous au portant. Mais nous nous accrochons, nous restons concentrés pour tirer les bons bords et faire marcher au mieux le bateau. »

Plus que deux trimarans en course sur la NiceUltimed après l’abandon d’Actual-Grand Large Emotion

Le départ de la NiceUltimed a été donné à 13h02 aujourd’hui. Suite au chavirage de Banque Populaire IX, le plateau se réduisait à trois trimarans sur la ligne de départ le long de la promenade des anglais.
Les trois concurrents prenaient donc la direction de Marseille pour passer la première marque dans du tour petit temps.

Malheureusement, Yves Le Blévec contactait  la Direction de Course vers 16H, pour l’informer d’une avarie de gréement (vérin hydraulique  contrôlant la bascule du mât hors service) survenue sur Actual-Grand Large Emotion. Lors d’un virement de bord, le mât est parti sous le vent et l’équipage s’est rendu compte que le vérin commandant le système ne fonctionnait  plus son rôle, le mat restant basculé sous le vent. L’équipage a pu sécuriser  le gréement dans l’axe, et a rebroussé chemin vers Nice, tout en confirmant l’abandon du multicoque.

Photo : Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org
l’ex Gitana 11 qui disputera la Nice UItimed sous les couleurs d’Actual

 

Il ne reste donc plus que les équipages Francis Joyon (IDEC SPORT) et de Thomas Coville (Sodebo Ultim’) en course, les deux maxi trimarans naviguent actuellement au large de Porquerolles et sont au contact à 0,1 mille l’un de l’autre. Dans ces conditions légères, les deux multicoques ont des performances très proches.

Les deux trimarans devraient passer la première marque à Marseille dans la nuit et prendront ensuite un cap plein sud vers la Sardaigne dans des conditions nettement plus musclées avec une  mer forte et courte et des vitesses de l’ordre de 30 noeuds attendues.

La cartographie actualisée toutes les 5 minutes disponible : ICI

Banque Populaire IX est arrivé à Lorient

Le maxi trimaran Banque Populaire IX est arrivé en cargo à Lorient et a été déchargé de celui-ci.
L’expertise post chavirage va pouvoir débuter, la construction. d’un nouveau mât dans le moule du précédent a déjà été lancée chez  Lorima, le team espère disposer de celui-ci début septembre.
Le trimaran va être convoyé au chantier Multiplast à Vannes pour débuter les réparations sur la plate forme suite aux impacts du mât dans les heures qui ont suivi le chavirage.  Par ailleurs la casquette servant de protection à Armel le Cléac’h et de cellule de vie va être entièrement reconstruite et repensée.

L’objectif reste une remise à l’eau début septembre afin que le skipper bénéficie de 8 semaines afin de naviguer en solitaire et de se qualifier avant le départ de la Route du Rhum début novembre.

Ronan Lucas, directeur du Team Banque Populaire : « L’opération de déchargement s’est effectuée dans l’après-midi une fois que les conditions météo se sont améliorées car il y avait un peu de vent en Bretagne. Nous avons emmené le Maxi Banque Populaire IX à son ponton devant notre base pour le nettoyer. Nous partirons vendredi matin en convoyage en direction de Vannes et du chantier Multiplast qui va s’occuper de réparer la plateforme. Dans les jours qui viennent, parallèlement à la réparation du trimaran, la construction d’un nouveau mât devrait débuter dans le chantier Lorima. Nous remercions vivement ces deux sociétés pour leur réactivité qui devrait très certainement permettre au Maxi Banque Populaire d’être de retour sur l’eau avant la fin de l’été. »

Le Maxi Banque Populaire IX remorqué et retourné

Suite au chavirage survenu en début de semaine, le trimaran Banque Populaire IX a été remorqué après 48heures en mer. Il est désormais amarré à Casablanca.
L’équipe technique a pu procéder au retournement du multicoque aujourd’hui. Les dégâts sont importants tant au niveau de la coque centrale que des flotteurs, l’un des foils semble également atteint sur la partie haute.
L’objectif est désormais de rapatrier le trimaran à Lorient afin rétablir un diagnostic plus précis des avaries et de débuter les réparations.

Se pose également le problème du mât, cassé lors du chavirage. Sa construction avait demandé 10000 heures à CDK, la construction d’un nouvel espar à l’identique pourrait donc se révéler difficile au niveau du timing pour être sur la ligne de départ de la Route du Rhum.

Crédit photos : Team Banque Populaire/BPCE

Armel le Cléac’h, le skipper du trimaran sera tout de même présent à Nice, pour donner le départ de la Nice Ultimed.

Ronan Lucas,directeur du team Banque Populaire  :
« Le remorquage a duré 48 heures car nous avons été extrêmement prudents pour ne pas prendre le risque d’endommager davantage le trimaran.

Ce matin nous l’avons  remis à l’endroit à l’aide d’une grue. C’est maintenant l’occasion de dresser un premier bilan des dommages, on constate que de nombreuses parties du pont de coque centrale autour du pied de mât sont endommagées, de même concernant le pont des flotteurs et les carénages de bras ; une partie de la casquette a été emportée.

Nous avons d’ores et déjà pris les devants afin d’organiser les réparations du trimaran, examiner les différentes solutions pour l’équiper d’un mât et d’une bôme. L’objectif clair est de remettre le bateau à l’eau avant la fin de l’été et de permettre à Armel de se préparer dans de bonnes conditions pour se présenter au départ de la Route du Rhum à Saint-Malo. »