@SailGP Marseille : le Japon face à l’Australie en finale

Trois nouvelles courses étaient au programme de la finale du SailGP hierà Marseille. Les prévisions qui annonçaient de la pluie étaient exactes, pour le vent les orages les ont déjoués. En prévision du vent fort les F50 étaient pourvus ce samedi des petits foils et du petit foc, mais le flux perturbé par les nuages orageux n’aura pas été aussi fort que prévu. Le parcours était réduit sur la seconde manche, et sur la 3ème les bateaux naviguaient en mode archimédien avec une arrivée à la porte au vent.

Sans grosse surprise les équipages japonais et australiens ont trusté les premières places sur les deux premières journées et ce quelque soit les conditions. Ils s’affronteront donc en finale (qui se déroulera en match race) cet après-midi pour décrocher le million de dollars alloué au vainqueur de cette première saison du SailGP.

Seuls Phil Robertson et son équipage chinois ont réussi à obtenir une victoire de manche face aux vétérans de la précédente America’s Cup. Les autres manches revenant aux deux protagonistes

La troisième place est mathématiquement toujours possible pour les français mais ils devront pour cela laisser les américains, les anglais et les chinois derrière eux.

Billy Besson, barreur de SailGP France : « La communication à bord a été super. On est resté très concentrés sur la marche du bateau. C’est ce qui nous a permis d’avoir de bonnes phases de course. On a aussi essayé de jouer notre carte sur les manœuvres et là, on a été meilleurs qu’hier. On ne s’attendait pas trop à ce changement de vent. Nous nous étions entraînés toute la semaine avec les grands foils. Là, avec les petits, ça n’a pas été facile de trouver nos repères et on a eu beaucoup de mal à faire voler le bateau. Mais je suis ravi du comportement qu’on a eu aujourd’hui.

Pour demain, on espère qu’il y aura du vent ! Je me sens confiant dans le vent soutenu, je connais mon équipage, je sais qu’ils n’ont pas peur. S’il y a ces conditions et qu’on a la même attitude qu’aujourd’hui, je ne vois pas pourquoi on ne seraient pas devant. »

 

Stevie Morrison, cellule coaching : «  Ce qu’on souhaitait aujourd’hui, c’était rester stable en vol et voler plus haut… C’est ce qu’on a réussi à faire sur la première course. Pour la première fois, après cette manche, on a parlé tactique plus que technique ! Et puis le vent est tombé. On avait le petit foc, les petits foils et c’est la première fois qu’on se retrouvait dans cette configuration, donc on a eu du mal. Pour la dernière régate, on a dit à l’équipage : amusez vous et profitez. En tant qu’experts du catamaran, Billy et Marie savent faire marcher un bateau quand il est sur ses deux coques… On progresse, on progresse. En fait, le sentiment qu’on a maintenant, c’est qu’on peut gagner des courses !

C’est ce qu’on veut faire demain. Pour ça, il nous faut de bonnes conditions pour voler, sans trop de transitions. Il faut qu’on profite à fond de cette dernière journée. »

 

Baptiste Morel pour Voile-multicoques.com

 

Classement jour 2 Marseille après 6 manches

1- Australie, 56 points (2, 1, 2, 1,2, 2)

2- Japon, 56 points (1, 4, 1, 2,3, 1)

5- Chine, 45 points (5,3,5, 3, 1, 4)

3- Grande Bretagne, 42 points (3, 2, 3, 6, 4, 6)

4- France, 40 points (4, 5,4, 4,6, 3)

6- Etats Unis, 32 points (DNF, DNS, 6, 5,5, 5)

 

 

Général provisoire à la veille du dénouement

1- Australie, Tom Slingsby, finaliste

2- Japon, Nathan Outteridge, finaliste

3- Chine, Phil Robertson, 162 pts

4- Grande Bretagne, Dylan Fletcher, 162 pts

5- France, Billy Besson, 155 pts

6- Etats Unis, Rome Kirby, 155 pts

La finale du SailGP à Marseille

Depuis lundi, les F50 des six équipages engagés sur la 1ère saison du SailGP écument le plan d’eau marseillais.

Les français se sont montrés relativement à l’aise lors des manches d’entraînement hier en se hissant dans le trio de tête.

Ils auront cependant fort à faire face notamment aux équipages sous couleurs australiennes et japonaises, qui possèdent une belle avance sur le reste de la flotte, et qui devraient selon toute vraisemblance se disputer le million de dollars promis au vainqueur de cette finale. Ces deux équipes, dont une majorité de marins ont participé à la 35ème America’s Cup sur ces mêmes bateaux, semblent donc mieux armés face à des équipages moins expérimentés sur ce support.

Qui plus est cette finale s’annonce ventée, ce qui devrait avantager les teams plus aguerris sur ces F50. Cette journée de vendredi s’annonce idéale pour les catamarans qui devraient foiler dans un flux modéré. Le vent devrait cependant nettement se renforcer demain et encore plus dimanche. Si les courses sont maintenues pour l’ultime journée les marins devront probablement batailler dans des conditions proches des limites de leurs bateaux.

Billy Besson, Marie Riou, Matthieu Vandame, Devan Le Bihan, Olivier Herledant et Timothé Lapauw qui ont notablement progressé sur les dernières étapes espèrent briller à domicile.

Billy Besson, barreur de SailGP France « Nous ne réussissons pas encore tout à 100%, mais on commence à entrer dans les détails. Sur ces bateaux très technologiques, ce sont ces mêmes détails qui font la différence. Alors on cherche, on tâtonne, c’est le propre de la performance. On est toujours dans une phase de progression ».

Classement général provisoire du SailGP avant la finale de Marseille :

1- Australie, Tom Slingsby, 169 points
2- Japon, Nathan Outteridge, 165 pts
3 -Etats-Unis, Rome Kirby, 123 pts
4 – Grande-Bretagne, Dylan Fletcher, 120 pts
5 – Chine, Phil Robertson, 117 pts
6- France, Billy Besson, 115 pts

L’équipage australien remporte l’Act 2 du @sailgp, @SailGPFRA 5ème

La dernière journée de l’Act 2 du Sail GP San Francisco aura de nouveau été animée.

Photo: Lloyd Images for SailGP

Les deux courses en flotte permettaient aux anglais et aux australiens de s’imposer. L’équipage aux couleurs nippones figurait de nouveau en bonnes places avec une 2nde et une 4ème places. Les français terminaient quant à eux 5èmes des deux manches du jour, il manque encore quelques heures de vol à l’équipage tricolore pour capitaliser leurs beaux débuts de manches. Afin de parfaire les automatismes nécessaires à la parfaite maîtrise de ces F50, les franchies passeront par la case simulateur. Ceci semble avoir été particulièrement bénéfiques aux anglais, qui ont passé un cap grâce à cet outil.

Le duel en match race opposait  donc l’Australie et le Japon. Une manoeuvre ratée sur le bateau japonais au passage de l’avant dernière bouée offrait la victoire finale aux australiens après un beau combat.

Les réactions du team français :

Franck Citeau, l’entraîneur du France Sait GP Team :
« Aujourd’hui, c’était notre quinzième navigation sur le bateau. Nathan Outteridge, le barreur du F50 japonais en était à sa 250e. Quand on comprend ce delta, on comprend tout. On prend de beaux départs et puis on perd du terrain dans les transitions. Quand on passera tous les foiling tacks (virements de bord en vol), on sera davantage au contact. Ces bateaux sont de vraies usines à gaz et puis il y a la question de l’appréhension de la vitesse. Jusqu’à 12 nœuds de vent, ça va. Mais au delà, le bateau n’est plus le même, il faut passer cette appréhension, adapter les réglages, la puissance et le comportement à bord ».

Billy Besson, skipper du F50 tricolore :
« La solution pour nous, confie, est d’aller faire du simulateur à Londres – développé par les ingénieurs de l’équipe suédoise de la dernière America’s Cup, ce simulateur de F50 a déjà permis aux équipes de s’entraîner à manœuvrer au sec – .
Nous avons programmé deux journées là-bas avant New York et nous y repasserons 48 heures supplémentaires avant Cowes. Les Anglais y sont allés avant San Francisco et il semble qu’ils aient passé un énorme cran grâce à ça. En tout cas, on sait que chaque heure passée sur le simulateur ou sur le bateau est bonne à prendre. »

Prochain rendez-vous, à New York les 21 et 22 juin.

Classement SailGP San Francisco :
1 Australie 47 pts
2 Japon 46 pts
3 Grande Bretagne 43 pts
4 Etats Unis 37 pts
5 France 28 pts
6 Chine 27 pts

Classement général après Sydney et San Francisco :
1 Australie, Tom Slingsby, 93 pts
2 Japon, Nathan Outteridge, 91 pts
3 Grande Bretagne, Dylan Fletcher, 79 pts
4 USA, Rome Kirby, 68 pts
5 France, Billy Besson, 61 pts
6 Chine, Phil Robertson, 60 pts

 

@SailGP : du grand spectacle en baie de San Francisco

La journée d’hier a été spectaculaire en baie de San Francisco avec les six F50 sur la ligne de départ pour cette première journée du second événement des SailGP.

Pour rappel, cette série, initiée et financée par Larry Ellison, double vainqueur de l’America’s Cup en 2010 et 2013, se courre sur les F50, des catamarans à foils et à aile rigide. Ces catamarans sont monotypes, ils ont pour base les AC50 de la 35ème Coupe de l’America, ils ont été reconditionnés pour les rendre strictement identiques et améliorés pour favoriser le vol stabilisé.

Photo: Lloyd Images for SailGP

Trois manches ont donc été courues, dans 15 à 2à noeuds de vent, avec des vitesses de plus de 30 noeuds au près et plus de 40 noeuds sur les portants.

L’équipage sous couleurs japonaises, mais mené par l’australien Nathan Outteridge a survolé la flotte avec trois victoires. Les Australiens ont également brillé avec deux 2ndes places et une 3ème, les anglais se sont également fait remarquer avec des places de 3,4 et 2.

Côté français, la journée aura été marquée par une accumulation de soucis, sur la première manche,  Timothé Lapauw, un des grinders se blessaient au membre inférieur lors d’un empannageet finissait difficilement la manche avant d’être remplacé par Nicolas Heintz.  Verdict pour le jeune français, déchirure partielle de l’ischio-jambier.

Sur les deux manches suivantes et malgré de bons départs, se sont des soucis techniques qui handicapaient les français ; avec des problèmes sur le système hydraulique de descente et de montée des foils.

Eloi Stichelbaut for SailGP

Les français pointent en dernière position, malgré de belles phases.

 

Classement provisoire après trois manches :
1 Japon 30 pts (1,1,1)
2 Australie 26 pts (2,2,3)
3 Grande Bretagne 24 pts (3,4,2)
4 Etats Unis 22 pts (4,3,4)
5 Chine 17 pts (6,5,5)
6 France 16 pts (5,6,6)

Trois régates sont prévues ce soir, deux en flotte dès 21h30 heure française, puis la finale entre les deux premiers en match race.
A suivre sur canal + sport ou sur l’application du SAIL GP

D35 : Alinghi remporte le Grand Prix d’ouverture devant Zen Too et Yliam Comptoir Immobilier

Le premier grand prix de la saison du D35 Trophy a été couru ce week-end au large de la SNG.
Ce sera l’ultime saison pour les D35, qui s’est imposée comme la série lémanique de référence depuis 2004. Les Decision 35 seront remplacés en 2020 par des catamarans également monotypes, à foils, les TF35.
Sept équipages sont engagés cette année, contre neuf l’année dernière, après les retraits de Phaedo et de Racing Django.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Six manches ont été courues vendredi au large de Genève, comme souvent, l’équipage d’Alinghi se montrait dominateur et très régulier, avec deux victoires et quatre places de second.
Samedi, trois manches étaient lancées, après une longue attente, faute de vent établi.

La hiérarchie de 2018 était respectée à l’issue de cette journée de régates, avec Alinghi largement en tête devant Zen Too et Yliam Comptoir Immobilier, le 2nd et le 3ème étant séparés par un seul point.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Dimanche, le comité a annulé la journée de régates, du fait d’une forte brise, au delà des vingt cinq noeuds, ce qui ne permet pas aux équipages de naviguer en sécurité sur ces catamarans très toilés.
Le podium était donc figé avec Alinghi en vainqueur devant Zen Too, et Yliam.

Le prochain Grand Prix aura lieu à Nyon du 17 au 19 mai.

Un nouvel Ultime innovant pour Sodebo et Thomas Coville

Le nouveau trimaran Sodebo Ultim 3 a été dévoilé ce matin, lors de sa sortie de chantier à Vannes. Sodebo Ultim 3 a été conçu selon la classe Ultim 32/23, soit ses mensurations (32 mètres par 23).
Ce nouveau multicoque dessiné pour Thomas Coville, toujours accompagné par son fidèle partenaire Sodebo, est l’oeuvre d’un collectif de spécialistes.
En effet, le skipper a souhaité fédérer différents talents plutôt que de confier la conception et la réalisation à un seul cabinet d’architecte et un seul chantier.
Le design team regroupait ainsi l’équipe de: Sodebo (Thomas Coville, Elie Canivenc, Yves Mignard, Valentin Hostettler, Jean-Matthieu Bourgeon, Johan Boutserin, William Fabulet, Jean-Luc Nélias, Frédéric Gastinel, David Gautier et Alexis Aveline), mais aussi Banuls Design, VPLP, Steven Robert, GSEA Design, Martin Fisher, Hervé Devaux, North Sails.

© Fred Morin / Team Sodebo

Les flotteurs sont issus des moules de Banque Populaire IX, tout comme le mât. La principale innovation vient de l’organisation du plan de pont. Les maxis multis avaient déjà connus une petite révolution avec l’arrivée des « cabanes » faisant office de cellule de vie et de zone de manoeuvres (Macif, Banque Populaire IX).
Le design team de Sodebo est allé plus loin en cherchant à centrer les masses et abaisser le centre de gravité. Ils ont ainsi opté pour une cellule de vie avec zone de manoeuvre située juste derrière le bras de liaison avant, avec le mât implanté derrière celle-ci. Ceci permettra d’avoir un effet de plaque de la grand voile, qui sera située au plus près du pont et de diminuer les poids dans les hauts, grâce à un mât plus court. Ceci amenant à réduire la trainée aérodynamique.

 

Le programme du bateau
• 14 mars mise à l’eau (date à confirmer en fonction de la météo)
• semaine du 18 au 22 mars : test statiques à quai
• dernière semaine de mars : premières navigations et tests en mer de l’instrumentation

Trophée Jules Verne, l’équipage de Spindrift2 contraint à l’abandon suite à une casse

Alors que l’équipage de Yann Guichard était dans les temps du record d’ides Sport, le skipper et ses hommes sont contraints à l’abandon sur cette tentative de Trophée Jules Verne.

© Chris Schmid/Spindrift racing

Cet abandon fait suite à la casse de la mèche du safran tribord. Sans cet appendice, la performance du trimaran Spindrift2 est moindre, qui plus est cette casse impacte aussi la sécurité des hommes avec des risques de décrochage à haute vitesse et d’éventuels dommages collatéraux.

Yann Guichard, skipper de Spindrift2 : « Ce problème technique nous contraint malheureusement à arrêter cette tentative de record du Trophée Jules Verne. C’est évidemment une déception pour tout l’équipage. Nous nous dirigeons vers la côte sud-ouest de l’Australie que nous devrions atteindre d’ici 4 jours.« 

Trophée Jules Verne, 6h43 minutes d’avance au Cap des Aiguilles

Yann Guichard et son équipage sur Spindrift2 ont doublé le premier Cap (cap des Aiguilles) de ce tour du monde la nuit dernière  à 2h40 UTC (3h40 heure française) après 12 jours, 14 heures, 58 minutes depuis Ouessant.
Spindridt2 possède toujours quelques heures d’avance sur le chrono de Francis Joyon et de son équipage sur Idec Sport. Cette avance était de 6h 43 min à l’entrée dans l’océan indien, celle-ci s’est progressivement réduite sur les derniers jours du fait de l’anticyclone de Sainte Hélène qu’il a fallu contourné pour accrocher des vents portants,  ajoutant 700 milles pour ce grand contournement.

© Chris Schmid/Spindrift racing

Les prévisions sont optimistes pour les prochains jours, le grand trimaran devrait pouvoir rester sur une route assez sud (200 milles par rapport à Idec) lui permettant de profiter du flux de l’anticyclone des Mascareignes.  La situation s’annonce moins favorable après les Kerguelen avec plusieurs empannages et la présence d’icebergs.

Yann Guichard, skipper de Spindrift2 : « On a dû faire un grand détour pour contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène : il a fallu attendre le 40° Sud avant de commencer à tourner à gauche ! C’était assez extrême, mais nous n’avions aucune possibilité de « couper le fromage » : il a fallu prendre notre mal en patience surtout que nous avons eu un vent de travers avec une mer de face pas facile à négocier… Depuis trois jours, on allonge la foulée dans la bonne direction et cela fait du bien au moral : on vient de passer le cap de Bonne-Espérance et on reste dans les objectifs que nous nous étions fixés.
Il fait jour depuis deux heures et on sent bien qu’on est dans l’océan Indien ! On va bientôt passer le 50° Sud et il fait gris avec une mer à 2°C… Mais avec des albatros qui nous accompagnent : c’est magnifique ! On a donc de bonnes conditions pour aller vite vers les Kerguelen qu’on laissera dans notre Nord puisqu’on risque de descendre jusqu’au 53-54° Sud. Mais on va aussi avoir des icebergs devant nous à partir de mercredi : il va falloir veiller au radar et aux lunettes à infra-rouges. Cela s’annonce un peu tendu… On devrait longer l’anticyclone en se faisant propulser par les dépressions australes : c’est plutôt bien jusqu’aux Kerguelen, mais après, on va avoir plusieurs empannages à effectuer ce qui nous ralentira un peu. On devrait toutefois traverser assez vite cet océan Indien sans perdre trop de temps, en espérant ne pas être en retard à l’entrée du Pacifique, au Sud de la Tasmanie
»

 

Les prévisions du routeur à terre, Jean-Yves Bernot :

Spindrift continue sa descente vers 53 S. Il s’agit de se placer correctement dans l’Océan Indien pour garder du vent soutenu, synonyme de vitesses élevées. La situation météo est peu évolutive pour les prochains deux jours : toujours devant notre front froid rencontré en Atlantique sud. On l’appelle FF2. Nous sommes des familiers maintenant ! Vent de secteur W.NW 25-30 kt Houle de 5 à 6 m.
L’Océan Indien austral n’a pas très bonne réputation chez les marins. On l’appelle « le tunnel ». Les routes sont coincées entre l’anticyclone qui s’étale le long de 45 S et les glaces qui se promènent vers 53 S. Entre les deux règnent les dépressions australes avec leur cortège de vent de NW à SW associé aux passages de fronts froids teigneux. Le vent y est souvent fort, la mer croisée est pénible, le ciel couvert.
La température de l’eau est de l’ordre de 3 à 4° C, voire 2°C dans les remontées d’eau froide venant du sud, là où se plaisent les icebergs.

 

Banque Populaire annonce la construction d’un nouveau trimaran Ultim

La conférence de presse de Banque Populaire a confirmé les rumeurs qui couraient depuis quelques temps, le sponsor historique de la voile dans l’hexagone poursuit son engagement dans ce sport.
Ceci passera par la construction d’un nouvel Ultime, Banque Populaire XI, Armel le Cléac’h est confirmé au poste de skipper.
Ceci a permis de revenir sur les origines de la casse du Maxi Banque Populaire IX, ayant entrainé son chavirage pendant la Route du Rhum. D’après les expertises et les avis de l’équipe technique et navigante, il semblerait que la casse du bras de liaison avant ait entrainé la perte du flotteur et le chavirage. Ceci pourrait être lié à un choc avec un OFNI ayant eu pour conséquence un délaminage progressif et la rupture du bras.


La construction du nouveau trimaran démarrera au printemps, pour une mise à l’eau prévue fin 2020, début 2021.
Cette construction s’appuiera sur de l’existant, les moules de flotteurs et potentiellement de bras de Banque Populaire IX, avec cependant une structure différente pour éviter de nouveaux problèmes techniques. Le bateau sera donc l’oeuvre du cabinet d’architectes VPLP, avec l’appui de GSea Design pour la structure, en collaboration avec les ingénieurs du bureau d’études du Team Banque Populaire. Le design des appendices sera par contre nouveau, tout comme le positionnement de ceux-ci, ainsi que celui du mât.

 

© Yvan ZEDDA

Armel le Cléac’h, skipper du Maxi Banque Populaire IX et du futur Banque Populaire XI :
« Nous avons eu une année 2018 compliquée. Malgré cela, la confiance de Banque Populaire a été renouvelée pour repartir sur plusieurs projets et notamment repartir en Ultim. Je suis vraiment très content, malgré ce que j’ai vécu, malgré le stress de la casse et du sauvetage, je suis à 200 % et j’ai envie de naviguer sur ces bateaux. Nous avons la chance d’avoir la construction d’un nouveau bateau, le Maxi Banque Populaire XI, qui va se dérouler sur 18 mois avec une mise à l’eau au cours de l’hiver 2020 / 2021. On est très content avec toute l’équipe de repartir dans cette aventure. Il y a une vraie volonté d’y retourner tous ensemble 

Ce qui m’est arrivé pendant la Route du Rhum reste pour moi une casse brutale et cela ne remet pas en cause mon envie et mon engagement. Il y a eu de la peur, l’accident a été soudain. On passe d’un moment où l’on maîtrise à peu près tout ce qui se passe et puis d’un coup, on se trouve en danger, avec un bateau en train de chavirer suite à la casse du bras. Ces événements en course au large et encore plus en solitaire peuvent arriver, le risque zéro n’existe pas, on le sait et on en a conscience quand on fait ce métier-là, même si toute l’équipe avait extrêmement bien préparé le bateau. On a longuement débriefé avec mon équipe et on travaille pour comprendre ce qui s’est passé et être plus en sécurité dans le futur. On a partagé avec les autres équipes dans ce sens car il y a une vraie volonté commune d’avancer.  »

A lire également, i’interview d’Armel le Cléac’h sur le Télégramme, et celle de Ronan Lucas, directeur du team Banque Populaire dans Ouest-France.

Record à l’équateur pour l’équipage de Spindrift 2

L’équipage de Spindrift 2, mené par Yann Guichard a franchi l’équateur aujourd’hui. Les hommes du bord décrochent un nouveau temps de référence entre Ouessant et l’équateur en 4 jours 19 heures 57 minutes (en attente de validation par le WSSRC).
Plus que le chrono c’est l’avance de 23 heures sur le chrono du tenant du titre du Trophée Jules Verne, qui importe. En effet, le routeur et les marins espèrent poursuivre sur la lancée de l’Atlantique Nord et arriver au Cap de Bonne Espérance avec un différentiel positif sur Idec Sport qui avait ensuite bénéficié de superbes conditions sur l’Indien.

© Chris Schmid/Spindrift racing

La passage du Pot au Noir n’aura été qu’une formalité, la zone de convergence n’étant pas très active actuellement, l’équipage a pu rejoindre les alizés mais il faudra probablement faire le grand tour de l’anticyclone de Sainte Hélène avant d’espérer accrocher une dépression qui les mènera dans le grand sud.

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 :
« On a commencé à rentrer dans le Pot au Noir vers 2°Nord : il n’était pas très actif, ce qui ne nous a pas facilité sa traversée avec très peu de brise… Même les grains n’étaient pas très ventés. C’était surtout sympa d’avoir la pleine lune au passage de l’équateur : nous avons même vu l’éclipse ! C’était magnifique pendant une bonne heure… Tout le monde a pris le rythme et la modification de la casquette est vraiment un bonus : on est nettement plus à l’abri. La descente jusqu’à l’équateur n’a pas été une route simple : il a fallu enchaîner les empannages et passer au travers des archipels des Canaries et du Cap-Vert. On a eu une mer assez difficile avant ces deux groupes d’îles.
On doit sortir complétement du Pot au Noir vers 2°Sud, et ensuite, nous allons devoir faire le grand tour de l’anticyclone de Sainte-Hélène qui se reforme dans l’Est : nous allons devoir faire du Sud pendant un bout de temps jusqu’au 37°Sud avant de tourner à gauche vers l’océan Indien. Cela nous rallonge la route, surtout que nous devrons traverser une zone de petit temps dans trois jours. Mais ensuite, nous toucherons du vent de Nord-Ouest favorable. Ce sera finalement une descente assez lente… mais nous devrions toujours être un peu en avance par rapport à Francis Joyon et son équipage au passage du cap des Aiguilles. »

 

Jean-Yves Bernot, routeur du trimaran :
« 
Le pot au noir s’est montré raisonnable : le « trou de souris » entrevu dès les Iles du Cap Vert ne s’est pas refermé.Encore quelques grains vers 1 S avant de toucher les alizés de sud-est, bien installés pour 15-20 kt. Ils sont accompagnés d’une mer jeune, nerveuse, 2 à 2,5 m qui se fait sentir à ces allures de bon plein.

Ce sera  le tarif jusque 20 S atteint Mercredi prochain. Ensuite, on parle de Sainte-Hélène, l’anticyclone bien sûr. C’est l’été dans l’Océan australe, et l’anticyclone prend ses aises jusque 35 S. Il n’y a guère d’autre choix que de descendre jusque 40 S en se faisant discret pour éviter d’éventuelles extensions sans vent vers la côte d’Amérique du sud.
C’est ainsi que se fâchent  les anticyclones : en engluant les bateaux à voile dans des calmes exaspérant… »