The Bridge 2017 : Idec Sport et Macif s’échappent

Macif et IDEC SPORT se livrent bataille en tête de flotte de The Bridge, ils échangent la première place au rythme des classements.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC

Les deux équipages menés par François Gabart et Francis Joyon ont distancé Sodebo et encore plus Actual, ceci en ayant réussi à s’extirper des calmes hier soir, alors que leurs deux adversaires sont restés englués plusieurs heures.
Les deux leaders naviguent à plus de 32 noeuds ce soir, petit avantage de 6 milles pour l’équipage d’Idec Sport face à Macif, Sodebo pointe à 88 milles et Actual à 215.

Davy Beaudart (Actual) : « On est au près, on monte tranquillement au Nord pour aller chercher la bascule de vent de la première dépression. C’est ambiance « saute-moutons » sous un ciel gris avec quelques grains qui passent. On devrait virer dans le milieu d’après-midi (HF). On va alors toucher un flux de Nord qui va se renforcer gentiment entre deux dépressions. On va avoir 24 heures un peu toniques au reaching avec une mer un peu croisée. Ça va être une partie un peu plus rapide, mais aussi plus délicate à gérer. On adorerait profiter des transitions pour revenir sur nos trois camarades de devant, mais en vitesse pure, cela restera dur.  On va prendre ce qu’on peut prendre. On ne va rien lâcher jusqu’à l’arrivée. »

Yves le Blévec (Actual) : « Nous avons passé une journée un peu difficile hier dans la dorsale où l’on n’avançait vraiment pas vite. Là, nous sommes partis pour une vraie transat de près. Nous allons accrocher un premier petit front dans les heures qui viennent.
Actuellement, il y a une vingtaine de nœuds de vent avec des rafales : sur le pont il faut vraiment garder la main sur les écoutes car le vent est assez instable. Le jour est en train de se lever. On prend nos marques, chacun entre dans le rythme. Globalement ça va bien à bord, tout se met en place. »

Vincent Riou (Sodebo Ultim’) : « On  a passé un petit front cette nuit. Pour nous la situation est compliquée, c’est très désavantageux d’avoir du retard, mais on est toujours à l’attaque et on attend notre heure. Devant nous, on a une zone de transition avec du vent un peu faible qui va nous ralentir toute la journée beaucoup plus que nos adversaires. Il va falloir se battre pour ressortir au plus vite. Actuellement, nous sommes au près serré dans 12/13 nœuds de vent. On a eu jusqu’à 25 nœuds cette nuit au passage de front, et là, on repart dans un vent de 10 nœuds, voire moins pour la journée. Le choses ne sont pas super bien enchaînées pour nous, on a raté deux-trois petits coups et depuis on est un peu la peine. Cela s’est joué à peu de choses lors de la première nuit, c’est la vie des courses au large et la route est encore longue. »

Jean Luc Nélias (Sodebo Ultim’) :  « On a passé en fin de nuit le centre d’une basse pression. Il a plu un peu. On a viré vers l’ouest au lever du jour. On a fait des sauts de vagues en tribord amures. Le ciel est entre bleu et gris et le vent redevient faible et instable. Ça oscille autour de 14 nœuds. Nous avons fait des changements de voiles d’avant et de ris dans la grand-voile. Les quarts n’ont pas été trop perturbé. Le maximum de vent que nous avons eu c’est 23 nœuds.
Aujourd’hui nous passons une zone de transition entre deux basses pressions sans vent, ce qui va impliquer des manœuvres. Pour le moment on subit un peu la stratégie. C’est toujours meilleur pour ceux qui ont réussi à être devant en arrivant dans l’Ouest de la Bretagne. Il fait plus froid depuis ce matin. »

Sébastien Picault (IDEC SPORT) : « On est très heureux du départ et de la façon selon laquelle se goupille ce début de course. Nous avons mis nos quarts en place de deux, avec Francis qui vient de nous donner des coups de main et supervise tout ça. Nous avons un petit décalag au Sud par rapport à Macif, qui reste quand même très à l’aise en vitesse et on ne trouvait pas très judicieux de faire une route similaire. On fait notre petit chemin. La route est encore longue, avec des petits trucs à jouer. On essaye de faire les bords rapprochants au mieux. On essaye de bien tenir nos rythmes de quarts. Jusqu’à présent, on a réussi à se reposer correctement. Au départ, cela a été plus sportif. Lais à présent, plus au large, on essaye de choisir le moment le plus judicieux pour déclencher une manœuvre afin d’être cinq sur le pont. Pour l’instant, tout se passe plutôt bien, pour le bateau, comme pour les bonhommes. »

Francis Joyon (IDEC SPORT) :« Nous avons eu le passage de front un peu plus tôt que Macif » explique Francis, « et avons viré de bord avant eux. Il va très vite dans notre nord. Nous surveillons aussi Sodebo qui a poussé son bord un peu plus nord pour bénéficier, j’imagine, d’un bon angle de descente aujourd’hui. Nous sommes heureux de pouvoir demeurer quelques heures sur un même bord tribord amure. Nous avons beaucoup travaillé depuis le départ, du fait de notre équipage réduit à 5 hommes. Nous commençons seulement à nous organiser en quarts de deux personnes sur le pont, prêts à réveiller les deux autres en cas de manœuvres lourdes. Je demeure hors quart, mais disponible pour tous en plus de mon tour de barre. Nous commençons seulement à récupérer mais par petites tranches de repos seulement, qui nous laissent un peu en dette de sommeil. La mer semble s’aplanir quelque peu. Il fait gris, mais avec peu de pluie. Tout le monde à bord est vraiment « au taquet », et Alex (Pella) n’a pas encore eu le loisir de nous raconter une de ses blagues coutumières. La course est tout sauf rectiligne. Pas de route directe en vue mais de nombreuses dépressions à négocier. Cela me rappelle mes Transats Anglaises… »

Macif suivi de près par Idec Sport sur The Bridge

Après un départ spectaculaire depuis Saint Nazaire hier, les quatre trimarans ultimes ont débuté cette course dans une dorsale anticyclonique, synonyme de petites vitesses.

© Thierry Martinez / THE BRIDGE

Les quatre équipages engagés n’ont eu que peu d’opportunités tactiques durant ces 24 premières heures et suivent une route nord comme l’explique Dominic Vittet, le consultant météo de la course : « Ce matin on voit que les quatre bateaux ont choisi l’option Nord. L’option Sud ne n’est pas révélée réaliste à long terme. Mais ils doivent d’abord travrser une immense zone de calmes qui s’étend de la pointe des Cornouailles Anglaises jusqu’au large de la Péninsule Ibérique ».

Demain, l’ambiance devrait être différentes sur les grands multicoques, qui vont toucher une dépression : « La nuit prochaine et les journées de mardi et mercredi s’annoncent bien meilleures et surtout plus musclées : plus les voiliers vont se rapprocher de la dépression, plus le Sud-Ouest va fraîchir (jusqu’à une vingtaine de nœuds) et basculer au Nord-Ouest.»

A l’heure actuelle François Gabart et ses cinq équipiers sur Macif mènent la danse devant Francis Joyon et ses quatre équpierssur Idec Sport. Ils ne sont qu’à 3 petits milles du leader, Sodebo pointe en 3ème place à 36 milles, Actual d’Yves le Blévec ferme logiquement la marche à 84 milles.

Francis Joyon (IDEC SPORT) : « Bien que très concentrés sur nos manœuvres hier soir, nous n’avons pu nous empêcher d’être émus par ce magnifique départ devant Saint-Nazaire. On voyait ce monde incroyable le long des jetées et des berges. Je crois que le spectacle était magnifique pour tout le monde, marins comme public. On s’en tire plutôt pas mal dans le petit temps, à vue de Macif, un bateau de la toute dernière génération. Notre voile d’avant très polyvalente fait des merveilles. On a joué un peu à l’entrée du golfe du Morbihan hier soir, et notre bonne connaissance des lieux, et des courants, nous a grandement servis. Nous faisons à présent route directe vers New York, à la recherche de cette dépression qui va nous mener dans l’ouest de l’Irlande. Il y aura plus de vent, plus de mer aussi. Pour l’instant, la navigation est très paisible, et le vent de sud-ouest nous réchauffe un peu. Notre équipage réduit à 5 hommes a beaucoup manœuvré depuis le départ. Nous étions tous sur le pont jusqu’à deux heures du matin. On commence seulement à s’organiser, tellement nous avons été sollicités par des manœuvres de voiles d’avant. Nous allons terminer cette course probablement très fatigués. »

Yann Riou (Macif) : « Nous sommes en train de traverser notre première dorsale. Le vent, qui n’a jamais été très fort depuis le départ a faibli petit à petit jusqu’à maintenant, où nous déplaçons sur l’eau à la vitesse de 6 nœuds. Lorsque nous aurons passé l’axe de cette dorsale, le vent forcira progressivement. Évidemment, le premier bateau qui retouchera du vent pourra creuser un peu l’écart sur ses concurrents. D’où l’importance de ce qui se joue en ce moment.
Bonne ambiance à bord. Hier, la journée a été sportive, avec plusieurs virements, dont certains sous J1, notre plus grand génois, et donc le plus long à reborder. Aujourd’hui c’est un peu moins physique, mais on reste très concentré pour sortir des calmes. On surveille IDEC SPORT qui est à vue, et SODEBO Ultim’ sur l’AIS (système de reconnaissance  et de positionnement). Le tout sous un léger fond musical – la « playlist » de François – qui sort d’une petite enceinte dans le cockpit. »

Samantha Davies (Actual): « cette première nuit fut superbe, une navigation de rêve ! Maintenant, ça commence à être plus compliqué, sans vent, ça va durer toute la journée avant que l’on retrouve de la brise, de l’autre côté de cette dorsale. Et après, ce sera moins drôle : on aura de la pluie, du vent, mais le positif c’est que l’on ira vite et vers l’ouest !»

A lire également, une interview de Francis Joyon  sur Le Télégramme, qui revient l’équipage très réduit sur cette course, ainsi que sur le Collectif Ultim, sur lequel le skipper se montre assez critique.

Emirates Team New Zealand remporte l’America’s Cup 7-1 face à Oracle Team USA

Emirates Team New Zealand vient de remporter un nouveau match face à Oracle Team USA et décroche donc la 35ème America’s Cup, sur le score de 7-1.

© ACEA 2017 / Photo Gilles Martin-Raget

Huitième victoire pour les kiwis, les américains n’auront remporté qu’un match face aux néo-zéds.
James Spithill et ses hommes avaient pourtant mieux débuté qu’habituellement avec un bon départ et le passage de la 1ère marque en tête.
Ensuite les kiwis virent en premier et mieux, ils reprennent la tête de la course et passent la porte avec 4s d’avance, les américains choisissent l’autre côté du plan d’eau.
Peter Burling et Glenn Ashby couvrent les américains qui ne parviennent jamais à refaire leur retard, malgré une bataille de virements.

© ACEA 2017 / Photo Sander van der Borch

Cette Coupe de l’America se termine donc sur une très nette domination kiwi que ce soit lors des phases qualificatives, mais aussi sur cette opposition au defender.
Les néo-zéds ont pris quelques risques au niveau des innovations sur leur bateau, alors que les autres challengers et le defender sont restés à des solutions classiques.
Celles-ci se sont avérées payantes et ont permis aux kiwis de remporter le pichet. La plus visible restera les quatre cadres de vélos et quatre marins qui pédalent pour fournir l’énergie hydraulique nécessaire à la bonne marche du réglage des foils, des safrans et de l’aile ; le fait que Blair Turke gère le rake des foils depuis son vélo est également l’une des raisons de la réussite, en libérant le barreur de cet tâche. Le système de contrôle de l’aile avec un système électronique, sans écoute est également une des innovations majeures, Glenn Ashby pouvait donc assurer cette tâche et aider au placement du bateau sur le plan d’eau, par ailleurs ce système facilitait grandement les manoeuvres. Sur Oracle Team USA et chez les autres équipes, le barreur devait gérer la manoeuvre de virement, l’écoute d’aile et le réglage des foils sur ces phases.

Félicitations aux kiwis pour cette victoire éclatante, reste maintenant la question de l’avenir de l’America’s Cup. Emirates Team New Zealand a les cartes en main pour l’organisation de la 36ème édition et le choix du bateau. Le second rôle a été accordé à Luna Rossa, l’équipe italienne de Patrizio Bertelli, patron de Prada, qui sera l’interlocuteur principal du nouveau defender et représentant des challengers.

Le lieu de la prochaine Coupe ne fait aucun doute, ce sera Auckland, reste à définir le choix du bateau, Bertelli semble favorable à un retour au monocoque.
Il semblerait qu’ETNZ lance une étude de marché et une concertation avec les équipes intéressés avant de dévoiler son choix.

N’en déplaise à certains, un retour à des bateaux non foilant serait un terrible retour en arrière, la Coupe de l’America ayant été historiquement la plupart du temps à la pointe de l’innovation et des nouvelles technologies dans le monde de la voile.

America’s Cup, Emirates Team New Zealand à un point de la victoire

Après une première victoire américaine hier, nous pouvions logiquement espérer de beaux duels entre Oracle Team USA et Emirates Team New Zealand, mais ceux-ci ne sont pas arrivés. James Spithill a de nouveaux manqué ses départs et les américains ont perdu leurs deux matchs du jour.

© ACEA 2017 / Photo Sander van der Borch

Emirates Team New Zealand mène donc 6-1 ce soir, et n’est plus qu’à un point de remporter cette 35ème America’s Cup. Peter Burling et son équipage ont parfaitement gérer ces deux duels et enchainant des manoeuvres parfaites et en piégeant Spithill sur les départs, notamment sur la manche 2. Les américains sont donc contraints de gagner cinq matchs d’affilé pour espérer revenir, ce qui semble hautement improbable tant les kiwis dominent tous les compartiments du jeu.

Sur le premier match, le vent était plutôt faible, autour de 8 à 9 noeuds. Les kiwis dominent de nouveau et partent avec une meilleure vitesse, le match se resserre à la 2ème marque, mais les néo-zéds touchent plus de vent de leur côté et augmentent leur avance. Les américains reviennent sur le dernier portant mais échouent à 12 secondes des kiwis.

© ACEA 2017 / Photo Gilles Martin-Raget

Sur la course 8, Spithill se montre plus menaçant sur le départ, les deux équipages se lançant quasiment dans un dial-up, mais les américains se font piégés sur un lof. Les kiwis parvenant de nouveau à partir lancés alors que le catamaran américain peine de longues secondes à retrouver de la vitesse et à remonter sur ses foils. Emirates Team New Zealand ne cessera de creuser une belle avance tout en contrôlant parfaitement son adversaire. ETNZ remporte cette manche avec 30 secondes d’avance sur Oracle Team USA.

Suite et probable fin des régates demain, sauf miracle dans le camp américain dans les 24 heures à venir.

America’s Cup : une première victoire d’Oracle face à Emirates Team New Zealand

Il aura fallu attendre la 3ème journée de course  et la 6ème manche de cette finale de l’America’s Cup entre le defender Oracle Team et le vainqueurs des séries qualificatives, Emirates Team New Zealand, pour voir une victoire américaine.

© ACEA 2017 / Photo Sander van der Borch

Le defender a bu batailler pendant ces cinq jours off pour combler une bonne partie de son déficit de vitesse et de cap face aux kiwis, qui dominaient largement jusqu’ici.

Les deux matchs d’hier ont donc offert plus de spectacle que les quatre manches précédentes où la domination néo-zéd avait été sans partage que ce soit au niveau de la vitesse,  ou des manoeuvres.

Sur la manche 5, Oracle se retrouve de nouveau trop tôt sur la ligne et écope d’une pénalité, les kiwis prenaient donc la tête de la manche. Sur le premier près, les américains faisaient jeu égal en vitesse et parvenaient à passer devant au premier virement, au second, les kiwis prioritaires repassent devant et chassent Oracle Team USA qui ne répond pas assez vite et écope de nouveau d’une pénalité.
James Spithill et ses hommes semblent alors complètement dépassés et enchainent des manoeuvres catastrophiques. Ils finissent à plus de deux minutes des néo-zéds qui menaient donc 4-0.

Sur la seconde manche du jour, et après un débrief, on retrouvait enfin un James Spithill plus agressif sur le départ, il parvenait à prendre le meilleur sur ETNZ et passait la première marque en tête. Oracle parvenait ensuite à contrôler son adversaire sur le portant avec un écart de 6s à la porte 1. Le match reste très serré, mais les néo-zéds ne parviennent pas à combler les quelques longueurs les séparant des américains sur le début de manche. Ils parvenaient cependant à passer sur une faute des américains, mais sur la fin de manche, Oracle profite d’une risée pour revenir et chasser les kiwis à la bouée. Les américains n’ont plus qu’à contrôler leur adversaire jusqu’à la ligne d’arrivée.
Oracle Team USA marque son premier point face à ETNZ qui mène donc avec 4 à 1.

Deux nouvelles manches sont prévues ce soir à 19h12 et 19h57.

 

 

35ème America’s Cup : reprise de la compétition demain et de nombreuses rumeurs

Emirates Team New Zealand, qui a gagné les sélections parmi les cinq challengers et Oracle Team USA, le defender américain, se retrouveront demain sur le Great Sound pour la reprise des hostilités.

© ACEA 2017 / Photo Gilles Martin-Raget

Les deux équipages ont navigué durant la semaine afin d’améliorer leurs catamarans et parfaire leurs manoeuvres, les conditions s’annoncent similaires à celle du week end dernier à savoir 7 à 12 noeuds de vent. Peter Burling et son équipage se sont montrés redoutables dans ces conditions, avec une meilleure vitesse au près (près de 2 noeuds sur certaines séquences). Mais aussi de meilleures manoeuvres, probablement grâce au système de réglage de l’aile sans transfert d’écoute contrairement au bateau américain, mais aussi grâce à la puissance développée par les équipiers montés sur leurs vélos. Les américains ont d’ailleurs eux aussi installé un vélo sur leur AC50 avant les Qualifiers avant d’apporter un surcroit de puissance.
Par ailleurs James Spithill, connu pour ses départs agressifs jusqu’ici, ne fait pas forte impression sur cette finale avec peu d’engagement sur ces phases.

Les kiwis qui partaient avec un point de déficit, du fait de la victoire d’Oracle Team USA lors des Qualifiers, a fait jusque là un sans faute avec 4 victoires et un score de 3-0 en leur faveur.

Reste donc à découvrir si les américains trouveront une faille chez leur adversaire, ou s’il auront réussi à faire progresser suffisamment leur catamaran pour combler leur retard. Réponse ce week-end et peut être en début de semaine si aucune des deux équipes n’est parvenue aux 7 points nécessaires pour remporter la 35ème America’s Cup.

© ACEA 2017 / Photo Austin Wong

Concernant le futur de la compétition, de nombreuses rumeurs fusent ces derniers jours.

En cas de nouvelle victoire américaine, la compétition aura lieu comme prévu, par un agreement avec quatre des cinq challengers, en 2019, avec reprise d’un circuit de régates préliminaires.
La compétition pourrait faire son retour sur le sol américain, à Chicago. Les Bermudes, malgré un cadre superbe, n’auront pas attiré autant de spectateurs que l’édition courue à San Francisco, et les équipes se plaignent du coup élevé de la vie sur place. Artemis ou Land Rover BAR devrait être challenger of record en cas de nouvelle défense américaine.

Russell Coutts, CEO de l’événement, a renoué le contact avec Ernesto Bertarelli, qui ne cache pas son intérêt pour un retour d’Alinghi dans la compétition, à fortiori si les kiwis gagnent.
Patrizio Bertelli, patron de Prada, qui avait retiré son équipe suite au changement de jauge aimerait également faire son come back en cas de victoire néo-zélandaise, tout comme les australiens.
Bertarelli et Bertelli souhaiteraient devenir challenger of record en cas de victoire kiwi, mais l’italien semble tenir la corde, les deux équipes avaient travaillé de concert sur la 34ème édition.
La compétition dans ce cas de figure ferait son retour à Auckland mais seulement en 2021 ou 2022. Par ailleurs les néo-zéds lanceraient une étude marketing et une consultation des challengers afin de définir le futur bateau sur lequel se disputerait la compétition. Les marins du team feraient le forcing pour rester en multi, alors qu’un retour au mono pourrait être envisagé, soutenu par Patrizio Bertelli notamment.
Ils réintroduiraient également une règle de nationalité pour l’équipage avec 80% de marins locaux exigés sur le futur bateau.

Ces derniers élément ne sont que des rumeurs, et l’America’s Cup a réservé de nombreuses surprises et rebondissements au cours de son histoire, il faudra donc patienter jusqu’à la fin de la compétition pour avoir une idée plus précise du futur de la compétition.

 

 

Red Bull Youth America’s Cup, une finale à suspense : Land Rover BAR Academy s’impose sur le fil devant les kiwis et le Team Tilt, Team France Jeune 5ème

La Red Bull Youth America’s Cup s’est terminée il y 48 heures au terme d’une régate folle qui a redistribuée les cartes.

Les huit équipages finalistes de cette compétition opposant de jeunes équipages nationaux représentant les différents challengers de l’America’s Cup, mais aussi d’autres nations, se sont affrontés lors de six manches les 20 et 21 juin.
Les conditions étaient légères avec une dizaine de noeuds de vent, ce qui est conforme aux prévisions pour la saison aux Bermudes.

© ACEA 2017 / Photo Gilles Martin-Raget

L’organisation a grandement communiqué sur cette foiling génération et a choisi d’utiliser les AC45F (les bateaux utilisés lors des LVACWS, donc à foils), cependant les conditions météos sont loin d’être adaptées aux catamarans utilisés qui ont du mal à foiler dans moins de 10 noeuds de vent. Des dates plus précoces pour les phases de sélection et de compétition auraient probablement permis d’avoir des régates plus spectaculaires avec des phases de foiling quasi permanentes.

Au terme de la première journée, les anglais menaient avec deux 2ndes places et une victoire, suivi par le Team Tilt, représentant la Suisse et le Team France Jeune.

La dernière journée a complètement chamboulé le classement, particulièrement la dernière manche.
Les kiwis qui avaient enchainé trois victoires pensaient remporter la compétition alors que les anglais poitaient à la 5ème position, mais à la dernière bouée, les suédois seconds, fermaient la porte aux allemands 3ème qui encastraient la bouée entre leurs coques. Les suédois écopaient d’une pénalité, alors que les allemands devaient se dégager de la bouée. La situation était donc confuse à cette dernière bouées, anglais, suisses et espagnols passaient en quelques secondes, les suisses écopaient d’une pénalité pour une faute sur les anglais, qui prenaient finalement la 2nde place de cette dernière manche, ce qui leur permettait de remporter la compétition devant les kiwis dépités qui devaient se contenter de la 2ème place.
Le Team Tilt qui finissait 4ème de cette manche parvenaient à accéder au podium. Les suédois terminaient au pied du podium devant les français qui seront complètement passer au travers de cette dernière journée avec des départs ratés et des manoeuvres approximatives.

Robin Follin, barreur de Team France Jeune :
« Ce dernier jour aux Bermudes marque la fin d’un an et demi de travail. C’est assez décevant de finir sur une 5e place et cela va nous prendre un peu de temps pour digérer cette défaite. Nous n’avons pourtant pas à rougir car nous avons été confrontés à un très haut niveau. Nous n’avons malheureusement pas réussi à naviguer à notre plus haut niveau aujourd’hui. En plus de prendre de mauvais départs, nous ne sommes pas parvenus à bien nous positionner au sein de la flotte lors des courses. Nous manquions de  vitesse et étions souvent moins bien placés que les autres équipes au portant. La Red Bull Youth America’s Cup est une compétition très rude puisque tout est concentré sur quatre jours de régates et la moindre erreur peut coûter très cher. Mais c’est comme ça. Les Néo-Zélandais ont été très impressionnants de régularité aujourd’hui. Cela n’a pourtant pas suffi à leur faire remporter la compétition face aux Anglais. Ces derniers, contrairement à nous, sont davantage habitués à naviguer en flotte et ils étaient certainement plus à l’aise que nous. Un grand bravo à eux. »

Land Rover BAR Academy et le NZL Sailing Team ont bénéficié du soutien des challengers engagés dans la 35ème America’s Cup, le Team Tilt est la seule équipe issue du processus de sélection externe accédant au podium.
Cette 3ème place récompense le travail du team débuté en 2013 afin d’amener ses jeunes marins au plus haut niveau. Team Tilt avait bénéficié lors de sa préparation de partenariat, notamment avec Alinghi qui avait mis à disposition Arnaud Psarofaghis pour quelques compétitions en GC32 et Emirates Team New Zealand, avec le concours de Glenn Ashby. Comme nous l’expliquait le skipper de Team Tilt, lors du la manche française du GC32 Racing Tour  fin 2016 ; l’objectif était certes d’être performant dès le début de la saison de GC32, mais également de bénéficier de l’expérience et de l’expertise de ces deux marins afin d’être rapidement autonome, afin de préparer la Youth America’s Cup. Etant donné le peu d’entrainements accordés avant la compétition de la RBYAC, le team avait également multiplié les supports d’entrainement, afin de parfaire ses capacités d’adaptation avec des navigations en GC32, en D35 et également en Flying Phantom.

 

Résultats Red Bull Youth America’s Cup 2017:

Classement général (après 6 manches) :

1)      Land Rover Bar Academy (Royaume-Uni) / 50 points
2)      NZL Sailing Team (Nouvelle-Zélande) / 48 points
3)      Team Tilt Sailing (Suisse) /42 points
4)      Artemis Youth Racing (Suède) / 37 points
5)      Team France Jeune (France) / 35 points
6)      Spanish Impulse (Espagne) / 34 points
7)      SVB Team Germany (Allemagne) / 33 points
8)      Team BDA (Bermudes) / 33 points