Trophée Jules Verne et grands records océaniques

Le Trophée Jules Verne

Le Tour du Monde en équipage sans escales et sans assistance

L’idée de partir sur les traces de Philéas Fogg, héros de Jules Verne dans le Tour du Monde en quatre-vingt jours, est née pour la première fois dans l’esprit d’Yves Le Cornec en 1984. Il vient en effet de boucler la Transat Québec Saint-Malo  sur le trimaran géant William Saurin d’Eugène Riguidel à 13 nœuds de moyenne, en extrapolant cette moeynne à une circumnavigation le temps tombe sous les de 80 jours, cependant aucun sponsor n’est séduit par ce rêve.

Il faudra attendre 1990 pour qu’un groupe de marins, réunis autour d’Yvon Fauconnier, relance l’idée de tourner autour de la planète en 80 jours à la voile. Ce groupe est constitué de Titouan Lamazou, Bruno et Loick Peyron, Florence Arthaud, Jean Yves Terlain le Néo-zélandais Peter Blake et l’anglais Robin Knox Johnston, ils décident ensemble des principes fondamentaux de ce défi.

Les règles du Trophée Jules Verne :

Préambule

Le « Trophée Jules Verne » est unique et récompensera le challenger qui aura amélioré le record du tour du monde à la voile. Il sera dépositaire du Trophée et le conservera jusqu’à ce que son record soit amélioré. Le Trophée dans ce cas sera transmis au nouveau recordman.

Parcours

Couper la ligne de départ définie par une ligne imaginaire, reliant le phare de Créac’h sur l’île d’Ouessant et le phare du Cap Lizard. Faire le tour du monde en laissant à bâbord le Cap de Bonne Espérance, le Cap Leeuwin et le Cap Horn. Recouper la ligne définie ci-dessus en sens inverse.

Date et pérennité

La ligne de départ est déclarée ouverte à la date de l’approbation officielle du règlement par l’IYRU/WSSRC.

Participants

Les navires seront propulsés par la seule force du vent et de l’équipage et toute sorte d’énergie non propulsive sera autorisée. Le Trophée est ouvert à tout type de bateau sans restriction.

 

 

Tentatives et records:

1993, le parcours initiatique, 3 partants:
  • Charal d’Olivier d’Olivier de Kersauson : trimaran de 27 mètres
  • Enza New Zealand de Peter Blake et Robin Knox-Johnston : catamaran de 25,90 mètres
  • Commodore Explorer de Bruno Peyron : catamaran de 26 mètres

 

L’un des accords du groupe initiateur du Trophée est rompu en 1992. En effet  il était prévu que les tentatives se feraient sur des bateaux neufs construits pour ce record. L’annonce d’Olivier de Kersauson d’une tentative en 1993 prend les protagonistes de court, ceux-ci ne voulant pas laisser ODK partir seul, ils préparent en hâte des catamarans existants, l’ex Jet Services V pour Bruno Peyron et l’ex Formule Tag pour Peter Blake et Robin Knox-Johnston.

Charal est le premier à s’élancer suivi à une semaine par Enza, lui-même suivi par Commodore, Bruno Peyron et son équipage parviennent à rattraper le bateau néo-zélandais dans la descente de l’Atlantique. Ils sont cueillis dans les 40èmes par une violente dépression qui les obligera à naviguer à sec de toile dans des vagues de 15 mètres. Peu après Olivier de Kersauson annonce son abandon suite à une collision avec un growler au sud de Cap Town, cet abandon sera suivi une dizaine de jours plus tard par celui d’Enza après une collision avec un OFNI.
La route est donc libre pour Commodore qui aligne des journées à 500 milles sur l’océan Indien et sur le Pacifique, la menace des glaces dérivantes est évitée, mais les six hommes du catamaran vont à nouveau faire face à une situation périlleuse près du célèbre Cap Horn. Une nouvelle dépression génère des vents de 80 nœuds, le bateau se retrouve à nouveau à sec de toile, l’équipage est contraint de se mettre en fuite devant les éléments déchaînés. La remontée de l’Atlantique est plus calme malgré des collisions avec des baleines qui restent heureusement sans conséquences sur l’intégrité du catamaran.

Bruno Peyron et ses hommes se présentent au large d’Ouessant après 79 jours et remportent le Trophée dès leur première tentative.

 

© Gilles Martin-Raget, avec son aimable autorisation Site web : www.martin-raget.com

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Bruno Peyron, Olivier Despaignes, Cam Lewis, Marc Vallin et  Jacques Vincent deviennent les premiers détenteurs du Trophée Jules Verne en 79 jours, 6 heures, 15 minutes et 56 secondes (moyenne de 11,35 nœuds).

 

 

1994, la revanche, 2 partants :
  • Lyonnaise des Eaux-Dumez d’ODK : trimaran de 27 mètres
  • Enza New Zealand de Peter Blake et Robin Knox-Johnston : catamaran de 25,9 mètres

Les deux adversaires partent tambour battant pour leur tour du monde, aucun des deux ne voulant céder à l’autre le moindre mille.
A ce jeu l’équipage anglo-saxon se montre meilleur grâce à des choix météorologiques judicieux. Cependant l’équipage français ne s’avoue pas vaincu et effectue une belle remontée et obtient un record de vitesse sur 24 heures, mais malgré leurs efforts le bateau néo-zélandais reste en tête.
La remontée de l’Atlantique sera difficile pour l’équipage d’Enza  et se terminera au large d’Ouessant dans une tempête impressionnante, le bateau franchissant la ligne d’arrivée à sec de toile à plus de 20 nœuds tout en traînant derrière lui des cordages et des chaînes pour le ralentir.

Enza

Peter Blake, Robin Knox-Johnston, Paul Stanbrigh, David Alan-Williams, Dod Whright, Ed Dandy deviennent les seconds détenteurs du Trophée Jules Verne en 74 jours, 22 heures, 17 minutes et 22 secondes (moyenne de 12 nœuds)

Le record est amélioré de 4 jours et 8 heures.

 

Olivier de Kersauson et son équipage breton passent la ligne quelques jours plus tard, ils battent le temps de Bruno Peyron de 2 jours, en bouclant ce tour du monde en 77 jours et 5 heures, ce qui ne satisfait nullement le skipper du trimaran.

 

1995, 1996 : le Trophée, l’obsession de Kersauson 1 partant
  • Sport Elec d’ODK : trimaran de 27 mètres

Olivier de Kersauson s’accroche à ce record qui lui échappe depuis plusieurs années, il multiplie les tentatives, en améliorant sans cesse son bateau, cependant les tentatives de 1995 et 1996 seront avortées du fait de conditions météo défavorables ne permettant pas de battre le temps d’Enza.

 

1997, le tour victorieux d’OdK, 1 partant
  • Sport Elec d’ODK : trimaran de 27 mètres

Olivier de Kersauson et son équipage s’élancent à nouveau à l’assaut de ce record le 6 mars, la descente vers l’Equateur est particulièrement laborieuse du fait de vents faibles.
Le retard sur le temps du record s’accumule de façon inquiétante, une fois l’équateur franchi la situation s’améliore. Le trimaran retrouve du vent et peut allonger la foulée et faire son entrée dans le Grand Sud. Une bulle dépressionnaire les contraint à plonger très sud, ils passent plus de 3 semaines sous la menace des glaces. Ils arrivent au Cap Horn avec une journée et demi d’avance sur le temps d’Enza, cette avance se fera et se défera dans la remontée de l’Atlantique, finalement le trimaran blanc du Brestois franchit la ligne avec plus de 3 jours d’avance sur le temps du record, offrant à son skipper le record tant espéré depuis 1993.

Olivier de Kersauson, Didier Gainette, Hervé Jan, Michel Bothuon, Yves Pouillaude, Thomas Coville, Marc le Fur deviennent les troisièmes détenteurs du Trophée Jules Verne en 71 jours 14 heures 22 minutes 08 secondes moyenne (12,66 nœuds).

 

1998, le Tour du Monde au féminin, 1 partant
  • Royal and SunAlliance de Tracy Edwards : catamaran de 25,9 mètres

Tracy Edwards a décidé de repartir sur le mêmes bases que lors de sa Whitbread 1990 (ex Volvo Ocean Race, tour du monde en équipage avec escales sur monocoques), soit un équipage 100% féminin, cette formule semble efficace puisqu’elles arrivent à prendre une certaine avance sur le temps du record. Cependant leur bateau l’ex Enza démâte au large du Cap Horn, mettant fin à cette tentative.

2002, le duel breton, 2 partants
  • Géronimo d’Olivier de Kersauson : trimaran de 34 mètres
  • Orange de Bruno Peyron : catamaran de 33,50 mètres
    © Gilles Martin-Raget, avec son aimable autorisation Site web : www.martin-raget.com

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    Site web : http://www.martin-raget.com

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Bruno Peyron et son équipage prennent le départ le 14 février, hélas quelques heures après le passage de la ligne, la tête de mât se brise, malgré une préparation minutieuse.
Le même jour, le trimaran d’Olivier de Kersauson est mâté dans le port de Brest, Géronimo avait aussi perdu sa tête de mât au mois de novembre. Le catamaran Orange se dirige vers le chantier Multiplast qui effectue une réparation express.

Le trimaran gris ne s’attarde pas à Brest et part dès le 17 février pour améliorer le chrono de son prédécesseur, la partie nord l’Atlantique Nord est favorable et l’équipage aligne de belles journées. Le passage du Pot au Noir est beaucoup plus complexe étant donné l’étendue des calmes, il faudra 4 jours à Olivier de Kersauson et son équipage pour sortir de cette zone, ils atteignent l’équateur avec 48 heures de retard sur l’ancien chrono d’ODK. La tentative s’arrête peu après suite à un problème de cavitation sur l’unique safran de la coque centrale, la barre se bloquant à haute vitesse. La poursuite de la tentative s’avérant trop dangereuse, le trimaran fait demi-tour vers Brest pour résoudre ce problème.

Orange reprend la mer le jour de l’abandon de Géronimo, pour prendre le départ le lendemain matin, la première journée est agitée avec des vents de 40 nœuds sur le Golfe de Gascogne. La première partie de l’Atlantique Nord est avalée à un rythme élevé, le passage du Pot au Noir bien que moins douloureux que celui de Géronimo ne permet pas de battre le record intermédiaire Ouessant-Equateur qui reste la propriété d’Enza. L’Anticyclone de Saint Hélène lui aussi particulièrement étendu oblige le catamaran à allonger sa route, cependant il conserve une avance sur le précédent record et ce malgré une avarie de chariot de têtière de grand voile, qui nécessitera une réparation de quelques heures.

Le 18 mars, le catamaran franchit le Cap de Bonne Espérance, l’entrée dans les quarantièmes est musclée 45 nœuds de vent, mer croisée. La situation s’aggrave quelques jours plus tard le 24 mars, le bateau fait face à des vents de 65 nœuds dans une mer toujours aussi difficile, la priorité va à la sécurité d’où une mise à la cape de quelques heures pour préserver hommes et bateau. La tempête laissera des traces puisque qu’un délaminage de la poutre arrière est détectée, cependant la réparation permet au catamaran de poursuivre sa route, les performances sont à nouveau au rendez-vous avec des journées avoisinants les 500 milles.

La longitude du Cap Leeuwin est franchie le 31 mars avec une trentaine d’heures d’avance sur l’ancien chrono du Trophée.  Le Pacifique se montre plus clément que l’Océan Indien, avec une mer favorable et des vents maniables (25-35 nœuds).

Le Cap Horn est franchi le 13 avril avec 5 jours d’avance sur le record d’Olivier de Kersauson.

Le retour en Atlantique signifie le plus souvent la fin des ennuis, ceci ne sera pas le cas pour Orange, en effet une fissure est détectée lors d’une inspection de routine sur la rotule de mât. Yves le Blevec et Ronan le Goff réussissent à réaliser un manchon sur la pièce pour la consolider. Bruno Peyron, après consultation des architectes du bateau, décide de continuer la tentative, mais pour diminuer les efforts sur le mât, la route sera allongée, afin de ne pas trop solliciter la pièce.

Le bateau pointe ses étraves au large d’Ouessant le 5 mai après 64 jours, 8 heures, 37minutes et 24 secondes. Le temps du record est donc amélioré de plus d’une semaine.

 

© Gilles Martin-Raget, avec son aimable autorisation Site web : www.martin-raget.com

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Bruno Peyron et ses douze hommes d’équipage : Gilles Chiorri, Hervé Jan, Nick Moloney, Yann Eliès, Benoît Briand, Sébastien Josse, Roan Le Goff, Jean-Baptiste Epron, Florent Chastel, Vladimir Dzalda-Lyndis, Yves Le Blevec, Philippe Péché remportent le Trophée Jules Verne après 52000 milles à près de 14 nœuds de moyenne.

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Bruno Peyron est le premier skipper à s’emparer du Trophée pour la deuxième fois.

 

2003, Bretagne-Grande Bretagne : 0-0, 2 partants
  • Géronimo d’Olivier de Kersauson : trimaran de 34 mètres
  • Kingfisher 2 d’Ellen MacArthur : catamaran de 33,50 mètres
© Gilles Martin-Raget, avec son aimable autorisation Site web : www.martin-raget.com

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Géronimo s’élance sur ce tour du monde le samedi 11 janvier, la première partie de l’Atlantique est avalée à haute vitesse, l’équipage établit le meilleur temps intermédiaire entre Ouessant et l’équateur en 6 jours, 11 heures et 26 minutes. Le trimaran possède un jour et demi d’avance sur le temps établi par Orange l’année précédente.
Olivier de Kersauson et ses dix équipiers traversent brillamment le Pot au Noir puis choisissent une route orientée vers l’Amérique du Sud pour éviter un anticyclone, le détour ne sera pas trop pénalisant, Géronimo conserve un net avantage sur le temps de référence à l’approche du Cap de Bonne Espérance.

Le Cap de Bonne Espérance est franchi le 27 janvier, l’équipage bat à nouveau des temps intermédiaires : Ouessant-Bonne espérance et Equateur-Bonne Espérance, plus important le trimaran possède plus de 2 jours d’avance sur le record après avoir parcouru un quart du parcours.

Ellen MacArthur et ses treize hommes d’équipage quittent Lorient pour rallier la ligne de départ à Ouessant, alors que Gérnonimo passe le Cap de Bonne Espérance. Hélas un rail de grand voile arraché contraint l’équipage de l’anglaise à se dérouter vers Plymouth pour des réparations, reportant le départ de Kingfisher II (ex-Orange, détenteur du Jules Verne) de quelques jours.

Kingfisher II coupe la ligne de départ le 30 janvier, la jeune navigatrice compte bien faire aussi bien que Bruno Peyron qui avait battu le record l’année précédente sur le même bateau, elle peut compter sur un équipage très expérimenté.

L’Océan Indien se montre moins clément que l’Atlantique pour Géronimo, les conditions de mer sont difficiles, les cinquantièmes sont très hostiles à l’approche de la longitude du Cap Leeuwin, obligeant le skipper à remonter vers le Nord. Le trimaran est fortement secoué (60 nœuds de vent et une mer déferlante). L’avance au niveau du cap augmente encore et se porte à plus de 1000 milles soit environ 3 jours.

Ellen MacArthur et son équipage peinent au niveau de l’Equateur, ils franchissent la ligne imaginaire avec 3 heures d’avance sur le chrono de référence, mais avec 1 jour et 7 heures de retard sur le temps de Géronimo, les hommes de MacArthur vont devoir faire parler la poudre pour combler leur retard.

Géronimo a fait son entrée dans l’Océan Pacifique, les conditions de navigation sont meilleures et l’équipage conserve une avance non négligeable malgré une route plus nord et par conséquent plus longue. Hélas les conditions ne restent pas favorables longtemps, des growlers au sud et de fortes dépressions au nord obligent l’équipage à tirer des bords pour rejoindre le Cap Horn qui est franchi le 20 février, l’avance du trimaran est réduite à 1 jour et 10 heures, mais un nouveau record intermédiaire est à nouveau battu : Ouessant-Cap Horn en 40 jours et 16 heures.

Cette avance va encore se réduire dans le début de remontée de l’Atlantique Sud, en effet un système anticyclonique bloque le passage du trimaran qui va être obligé de traverser une zone de calmes très étendue.

Du côté de Kingfisher II, les nouvelles sont encore plus mauvaises, le catamaran a démâté le 23 février au sud est des îles Kerguelen alors qu’il naviguait sous grand voile haute et gennaker maxi, l’aventure s’arrête et le catamaran fait route sous gréement de fortune vers l’Australie.

Géronimo atteint l’Equateur le 5 mars, les calmes rencontrés par le trimaran ont eu raison de son avance, avec près de 5 heures de retard sur le record. Les jours suivants, l’équipage traverse le Pot au Noir, et réussi à gagner les alizés et à reprendre de la vitesse, le trimaran repasse en tête avant d’arriver au niveau de l’anticyclone des Açores.

Le 12 mars, Géronimo  passe entre les îles des Açores, leur route est plus directe que celle d’Orange qui avait du allonger le sienne pour soulager son mât, cependant rien n’est fait puisque la situation météorologique sur la partie restante est très perturbée.

Le 13 mars, la partie est quasiment terminée, le trimaran est retombé dans une zone de calmes, alors qu’Orange avait disposé de conditions favorables sur cette fin de parcours. Le lendemain le temps du record est dépassé alors que Géronimo continue sa progression dans des vents très faibles (3 à 5 nœuds).

Le 20 mars, au 68ème jour de mer, l’équipage de Géronimo franchit la ligne d’arrivée, le Trophée Jules Verne reste la « propriété » des hommes de Bruno Peyron.

2004 : l’année de la discorde : 2 partants, 3 prétendants au Trophée
  • Géronimo d’Olivier de Kersauson : trimaran de 34 mètres
  • Orange 2  deBruno Peyron : catamaran de 36,80 mètres
  • Cheyenne de Steve Fossett : catamaran de 37,90 mètres, sur le même parcours mais en dehors du « cadre » du Jules Verne

Cheyenne s’élance sur le parcours du Jules Verne sans y être inscrit, ce qui constitue une première. Jusqu’ici les participants ont tous payé des droits pour prétendre au Trophée, ces droits permettent de pérénniser le Jules Verne. Steve Fossett, pourtant milliardaire, a décidé de ne pas rentrer dans le cadre du Trophée. La première version étant que le skipper américain estimait que les droits pour une première participation étaient trop élevés (30000€, difficile à croire, pour quelqu’un qui réussit à armer un bateau tel que Cheyenne sans l’aide d’un sponsor). En fait Steve Fossett souhaitait sans doute, en cas de nécessité, pouvoir s’arrêter pour une escale technique, ce qui est interdit par le règlement du Trophée Jules Verne.

Le premier à s’élancer est Cheyenne le 7 février, suivi de près par OdK et ses hommes qui partent le lendemain, cependant après un bon début,le trimaran français est contraint de faire demi-tour au milieu de l’Atlantique Nord suite à des avaries sur deux de ses trois gennakers, voiles indispensables pour la suite de son tour du monde.
Chassé-croisé du côté français, OdK rentre à Brest pendant qu’Orange 2 s’élance à son tour le 18 février, mais Bruno Peyron sera lui aussi contraint de faire demi-tour après la rupture de la crash box d’étrave tribord le lendemain, là aussi l’avarie nécessite des réparations à terre.

© Gilles martin Raget

© Gilles martin Raget

La voilerie retravaille les voiles de Kersauson et peut les livrer 15 jours plus tard. Pendant ce laps de temps, Steve Fossett et son équipage continuent leur périple,malgré la rupture de l’étai (cable retenant le mât sur l’avant), l’équipage arrive à réparer en mer. Le catamaran américain est dans les temps du record (19 heures d’avance à Bonne Espérance), l’équipage rencontre un océan Indien idéal et coupe en passant très sud. Olivier de Kersauson et ses hommes repartent à l’assaut le 25 février, comme Bruno Peyron qui prend à nouveau la mer le lendemain après réparation de son étrave. Les deux bateaux entament un duel à distance, les vents sont faibles sur ce début de parcours et les français sont déjà en retard sur les temps du record à l’approche des îles du Cap Vert.

Nouveau rebondissement, le 3 mars l’équipage de Bruno Peyron tente une réparation à l’abri d’un volcan du Cap Vert, suite à une fissure dans le carénage de l’arbre d’hélice qui entraine une voie d’eau, la tentative sera vaine et le catamaran rejoindra sa base de Lorient pour de nouvelles réparations, remettant l’objectif Jules Verne à l’année suivante. Ce même jour Fossett et son équipage passent le Cap Leeuwin avec 3 jours et 17 heures d’avance sur le record de 2002.
L’océan Pacifique sera plus difficile pour Fossett et son équipage international, les vitesses du catamaran diminuent et un nouveau problème technique vient perturber la bonne marche du bateau, le 13 mars, le rail de grand voile commence à se désolidariser du mât, obligeant à nouveau à une réparation.

Du côté de Géronimo, l’équipage réussit à limiter la casse,  et passe le premier cap du parcours en avance sur le temps du record et sur celui de Cheyenne (31 minutes d’avance). La suite est plus difficile, le trimaran brestois navigue dans la brume et dans une zone où de nombreux icebergs peuvent être présents, cependant le trimaran allonge la foulée et son avance augmente considérablement.
Cheyenne passe le Cap Horn avec seulement  deux jours d’avance sur le record, son problème de rail de grand voile l’a semble-t-il beaucoup pénalisé

Géronimo est nettement ralenti à l’approche de la longitude du Cap Leeuwin, une zone sans vent l’empêche de progresser et fait fondre son avance, à la longitude du cap, le trimaran accuse un retard d’une journée sur le temps de Cheyenne, mais une avance de trois jours sur Orange, rien n’est perdu…. Sauf que la suite ne sera pas joyeuse, en effet après un passage dans la pétole et une plongée dans le sud pour couper au plus court, Kersauson et ses hommes rencontrent des conditions de mer difficiles et des vents forts, rendant  la navigation dangereuse, les conditions de glisse ne sont pas là et les moyennes s’en ressentent.

Cheyenne après une dernière frayeur,  une fissure dans la poutre avant, renforcée  en mer, s’offre le record du tour du monde en équipage le 5 avril , cependant  la performance (58 jours 9 heures, 32 minutes et 45 secondes) est ternie par la manière, Steve Fossett, avant son arrivée au large d’Ouessant tente une négociation pour accéder au « label » Trophée Jules Verne, contre un gros chèque, l’association « Jules Verne » refusera et Cheyenne continura sa route vers l’Angleterre dans un relatif anonymat avant sa mise en vente.

Géronimo passera le Cap Horn deux jours plus tard après près de 10 jours tenant plus de la survie que de la chasse au record, l’équipage reste en avance sur le temps d’Orange, mais a plus d’une journée de retard sur Cheyenne. La remontée de l’Atlantique sera longue et sans espoir, des vents faibles anéantissent toute chance de battre Cheyenne.
Maigre consolation, en coupant la ligne entre Ouessant et Lizard le 29 avril après 63 jours 13heures 59 minutes et 46 secondes, Kerauson et ses hommes reprennent le Trophée à Bruno Peyron en sachant néanmoins que le temps de référence pour les prochaines tentatives sera celui de Cheyenne.

 

©Thierry Martinez, avec son aimable autorisation site web : www.thmartinez.com

©Thierry Martinez, avec son aimable autorisation
site web : http://www.thmartinez.com

Steve Fossett, David Scully, Brian Thompson, Adrienne Cahalan, Guillermo Altadill, Mike Beasley, Fraser Brown, Mark Featherstone, Damian Foxall, Nick Leggatt, Paul Van Dyke, Jacques Vincent, Justin Slattery deviennent l’équipage le plus rapide autour de la planète en 58 jours 9 heures, 32 minutes et 45 secondes.

 

2005 : La démonstration de Peyron
  • Orange 2  de Bruno Peyron : catamaran de 36,80 mètres

Bruno Peyron et ses 13 hommes d’équipage coupent la ligne de départ le 24 janvier 2005, avec pour objectif de battre le temps de Steve Fossett qui est la référence absolue et celui d’Olivier de Kersauson pour réunir à nouveau les deux records en une seule référence : le Jules Verne.

L’équateur est franchi après 7 jours et 2 heures de mer, un temps assez bon qui permet à Orange 2 d’avoir plus d’une journée d’avance sur son concurrent virtuel Cheyenne. Cette avance va nettement s’accroitre les jours suivants grâce à une habile analyse météo et un passage de l’anticyclone des Açores très rapide. La suite reste constante, la puissance du catamaran permet à l’équipage de maintenir un rythme élevé et le Cap de Bonne Espérance est atteint après 14 jours 8 heures et 19 minutes, ce qui constitue un nouveau temps de référence, mais plus important qui porte l’avance d’Orange 2 sur Cheyenne à près de 4 jours !

L’entrée dans le grand sud pose quelques problèmes, des icebergs sont présents au large de l’Antarctique et empêchent une descente trop sud, le radar étant hors d’usage et une dorsale anticyclonique barre le passage au nord. Ce passage anticyclonique arrêtera le catamaran quelques heures, qui seront mises à profit pour effectuer un check up complet du bateau. Le catamaran retrouve ensuite un flux d’ouest favorable qui le poussera vers le Cap Leuuwin qui est franchi après seulement 21 jours et 13 heures soit 23 noeuds de moyenne depuis le départ, l’avance acquise jusque là est maintenue, l’état de la mer se détériore obligeant l’équipage à lever (un peu) le pied.

Le Pacifique sera avalé à une vitesse impressionnante, le bateau passe le Cap Horn le 26 février après 32 jours 13 heures et 29 minutes, pulvérisant tous les temps intermédiaires incluant le Horn depuis le départ. L’avance du catamaran sur le temps du record se porte alors à 7 jours et 2 heures.

L’entrée dans l’Atlantique est musclée avec un passage des Malouines « au ras des cailloux » et à plus de 30 noeuds, le sans faute de l’équipage et du bateau est brutalement suspendu le 28 février après une collision avec un cétacé au large de l’Argentine, toujours à plus de 30 noeuds, le choc s’est produit au niveau de la dérive et plus grave au niveau du safran babord. L’équipage profitera d’une accalmie quelques jours plus tard pour plonger et examiner les dégâts. Ceux-ci ne sont finalement pas trop importants et ne demandent aucune réparation dans l’immédiat.

Le catamaran repart donc à une vingtaine de noeuds vers l’Equateur qui est franchi le 6 mars après 40 jours et 19 heures, avec 9 jours d’avance sur le record de Steve Fossett! Le Pot au Noir est passé sans encombres, mais une zone de calmes étendue barre le passage du catamaran qui doit prendre une route nord ouest pour garder de la pression et se placer au mieux pour la partie finale du sprint.

La fin du parcours est idéale, un flux de 30 noeuds qui permet au catamaran d’exprimer toute sa puissance, Le chrono sera arrêté le 16 mars 2005 à 3h23, Peyron et ses treize équipiers en finissent avec leur splendide tour du monde.

Bruno Peyron, Roger Nilson, Lionel Lemonchois, Philippe Péché, Yann Elies, Ronan Le Goff, Sébastien Audigane, Jacques Caraes, Florent Chastel, Yves Le Blévec, Jean-Baptiste Epron, Nicolas de Castro, Ludovic Aglaor, et Bernard Stamm  deviennent les hommes les plus rapides autour du monde à la voile, ils réunissent le Trophée Jules Verne avec le record WSSRC, avec un temps de 50 jours 16 heures 20 minutes et 4 secondes, ils auront parcourus 26993 milles à la vitesse moyenne de 22,2 noeuds.

 

2008 : Arrêt brutal au large de la Nouvelle-Zélande pour Groupama 3

Groupama 3, le nouveau trimaran de Franck Cammas est aligné sur une tentative  en janvier, la descente de l’Atlantique se fait rapidement avec  une avance de près d’une journée à Bonne Espérance.
L’équipage est contraint de contourner une dépression avec une route assez nord à l’entrée dans l’Indien, ce qui allonge sensiblement la route du multicoque.
Le 18 février 2008, le trimaran chavire au large de la Nouvelle-Zélande, suite à la casse du flotteur bâbord, qui entraina une rupture des bras de liaison et le chavirage.

L’équipage fut hélitreuillé et le bateau remorqué en Nouvelle Zélande puis rapatrié par cargo en France

2009-2010 : Le duel n’aura pas lieu
  • Groupama 3 de Franck Cammas : trimaran de 31,50 mètres
  • Banque Populaire V  de Pascal Bidégorry: trimaran de 40 mètres
© Team Groupama

© Team Groupama

Les premiers à lancer les hostilités sont Franck Cammas et ses 9 équipiers  qui s’élancent pour une tentative de tour du monde début novembre, ils seront stoppés par une casse au niveau du bras de liaison arrière, au large de l’Afrique du Sud, après une descente rapide de l’Atlantique. Les hommes du team Groupama mettent en place un chantier au Cap pour réparer cette avarie, le convoyage retour permet un nouveau début de stand by début janvier.

Pendant ce temps, Banque Populaire V, skippé par Pascal Bidégorry patiente toujours à Brest, malgré quelques fenêtres intéressantes. Contre toute attente, et peu avant la fin de la période de stand by, Groupama 3 s’élance à nouveau sur une fenêtre extrêmement serrée et relativement médiocre. L’équipage parvient cependant à avaler l’Atlantique Nord à haute vitesse et s’offre le 2ème temps sur le tronçon Ouessant-Equateur, le Pot au Noir est traversé sans problème, mais la descente de l’Atlantique Sud est nettement plus compliquée et le trimaran passe le Cap de Bonne Espérance avec 7h30 de retard sur Orange 2.

A Brest, Pascal Bidégorry renonce à une tentative de Jules Verne pour cet hiver, et remet donc la première tentative du trimaran Banque Populaire V autour du monde à l’année suivante.

L’indien permet de combler une partie du retard accumulé, le début du Pacifique est favorable avec des journées à plus de 30 noeuds, la fin de cet océan mettra de nouveau en difficulté l’équipage qui doit incurver sa route vers le nord pour éviter une dépression.

Cependant, le Cap Horn est passé avec quelques heures d’avance sur le temps du record mais l’entrée dans l’Atlantique Sud est de nouveau complexe. L’anticyclone de Sainte Hélène barre la route du maxi multicoque. L’équateur est franchi avec 26 heures de retard, l’atlantique nord sera plus favorable puisqu’une dépression mènera hommes et bateau jusqu’à la ligne franchie après 48 jours, 7 heures, 44 minutes.

Franck Cammas, Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Bruno Jeanjean, Stan Honey, Stève Ravussin, Fred Le Peutrec, Loïc Le Mignon, Ronan Le Goff et Jacques Caraës battent donc le record d’Orange 2 de 2 jours, 8 heures et 35 minutes, ils ont effectué le tour du monde à 23,16 noeuds de moyenne.

 

2011 : Echec pour Banque Populaire V
  • Banque Populaire V  de Pascal Bidégorry: trimaran de 40 mètres

L’équipage de Banque Populaire s’élançait de nouveau en janvier 2011 à l’assaut du Trophée Jules Verne. Le trimaran passe l’Equateur avec une 1h 22 minutes d’avance sur le temps de Groupama 3. Cette avance se transforme rapidement en retard. L’équipage est contraint de prendre une route le long des côtes sud américains pour contourner l’anticyclone de Saint Hélène, allongeant beaucoup la route du maxi trimaran.
L’équipage allonge la foulées en arrivant dans le grand sud, mais l’avance est conséquente car supérieure à 400 milles. Qui plus est les glaces au niveau de Bonne Espérance sont très nord et le routage idéal les envoie très sud, les marins sont donc dans une impasse météorologique.

La tentative avorta au 12 ème jour suite à la casse de la dérive, après un choc. Celle-ci est très abimée et raccourcie, la réparation est impossible en mer à ces latitudes. Le trimaran reprenait donc le chemin de Lorient.

2011-2012 : Le triomphe du maxi Banque Populaire V
  • Banque Populaire V  de Loïck Peyron: trimaran de 40 mètres

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Pascal Bidégorry, skipper de Banque Populaire V a été débarqué suite au manque de résultats lors des dernières tentatives de Trophée Jules Verne. Le remplaçant, au poste envié de skipper du plus grand trimaran océanique revient à Loïck Peyron.

L’équipage s’élance le 22 novembre 2011 au large d’Ouesssant, l’équateur est franchi après 5 jours 14 heures, 55 minutes et 10 secondes de mer améliorant  le précédent temps sur le tronçon de 28 minutes et une seconde, l’avance sur le record de Groupama 3 étant d’environ 100 milles. La descente de l’Atlantique sud se fait très rapidement et sans encombre, le trimaran accroche une dépression dans les 40èmes et allonge la foulée.

Le passage du Cap de Bonne Espérance se fait en 11 jours, 21 heures, 48 minutes et 18 secondes. L’avance du trimaran bleu se porte désormais à 2 jours, 15 heures, 43 minutes et 25 secondes sur le record 2010 de Franck Cammas.

L’océan indien est également avalé à des vitesses ahurissantes, l’équipage atteint la longitude du Cap Leeuwin en 17 jours, 23 heures, 57 minutes et 18 secondes améliorant de nouveau tous les temps intermédiaires incluant ce Cap.  L’avance sur le temps du record se portant alors à 3 jours, 14 heures, 24 minutes et 36 secondes.

L’équipage est ensuite contraint de ralentir quelque peu la cadence dans le Pacifique du fait des conditions de mer difficiles. L’équipage s’adjuge le temps de référence de la traversée de l’Océan Indien ( Cap des Aiguilles – Tasmanie), en 8 jours, 7 heures et 23 minutes.

Les marins plongent ensuite très sud, au delà de 57°, afin d’éviter le plus gros d’une tempête, mais ils doivent quelques heures plus tard refaire une route assez nord afin d’éviter un champ de growlers laissant filer la dépression qui le propulsait vers le Cap Horn. Le trimaran reste bloqué dans une dorsale anticyclonique pendant quelques heures, perdant une partie de son incroyable avance, celle-ci se réduira dans les jours suivants à moins de 560 milles contre 2000 au Leeuwin.

Le Cap Horn est passé en 30 jours, 22 heures, 18 minutes et 48 secondes soit  1 jours, 6 heures, 15 minutes et 19 secondes d’avance sur le record de Franck Cammas.

Loïck Peyron et ses hommes bénéficiaient de conditions favorables dans la remontée de l’Atlantique sud, avec un anticyclone de Sainte Hélène très peu actif.

L’Equateur est passé après 38 jours, 2 heures, 45 minutes et 48 secondes de mer et une avance de 3 jours, 18 heures, 23 minutes et 12 secondes sur le temps de passage de Groupama 3 en 2010. L’équipage décrochait dans le même temps  le record Équateur-Équateur, et le partiel Horn-Equateur.

Le Pot au Noir est traversé sans difficulté et à haute vitesse, néanmoins l’équipage doit faire face à une dernière difficulté météo, le contournement de l’anticyclone des Açores, par le nord-ouest de l’Atlantique nord, étant donné l’étendue de celui-ci.

Loïck Peyron et ses 13 équipiers  passaient la ligne à Ouessant en 45 jours 13 heures et 42 minutes améliorant le record de Groupama 3 de 2 jours, 18 heures, 1 minute et 59 secondes.

Ils s’emparaient également de tous les temps intermédiaires au départ d’Ouessant.

Loïck Peyron, Juan Villa, Fred Le Peutrec, Ronan Lucas, Thierry Chabagny, Florent Chastel, Yvan Ravussin, Pierre-Yves Moreau, Emmanuel Le Borgne, Kevin Escoffier, Xavier Revil, Jean-Baptiste Le Vaillant, Brian Thompson, Thierry Duprey Du Vorsent décrochent le Trophée Jules Verne en 45 jours 13 heures 42 minutes 53 secondes de mer, les marins ont bouclé leur tour du monde après 29 002 milles à une vitesse moyenne de 26,51 nœuds.

2014-2015 : deux pretendants avec deux approches differentes
  • Idec Sport de Francis Joyon : trimaran de 31,50 mètres

     Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

    Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

  • Spindrift 2 de Dona Bertarelli et Yann Guichard : trimaran de 40 mètres
© Mark Lloyd

© Mark Lloyd

Les deux équipages s’élancent avec deux heures d’écart le 22 novembre. La descente de l’Atlantique se fait dans un vent bien établi avec un seul empannage jusqu’à l’équateur, passé dans un temps record pour Spindrift 2 en seulement 4 jours, 21 heures, 29 minutes et 2 secondes. IDEC SPORT améliore également le temps de Banque Populaire V sur le partiel Ouessant-Equateur mais présente un retard sur son concurrent de 40m.

Les équipages parviennent à conserver de la vitesse dans un front froid après le passage du Pot au Noir, cependant IDEC SPORT ne parvient pas à rester en avant de ce celui-ci très longtemps et est contraint de plonger au sud en attendant une dépression. Le retard s’accumule pour Idec, alors que Spindrift accompagne le front jusqu’à Bonne Espérance où le retard sur le temps du record n’est que de 15 minutes.

La partie se corse ensuite avec avec des hautes pressions au nord et des glaces au sud, le tout dans l’attente d’une dépression. Spindrift 2 voit son retard se creuser à plus de 300 milles. L’équipage passe ensuite quelques jours à buter sur des vents faibles jusqu’au Cap Leeuwin, paré avec un retard de 11 heures et 29 minutes et de 20h 40m pour Idec Sport.
Les deux équipages accélèrent ensuite, Spindrift 2 repasse en avance à la pointe sud de la Tasmanie, alors qu’Idec Sport n’ a plus qu’1h et 7min de retard.
Idec Sport s’adjuge le meilleur partiel sur l’Indien.

Les journées suivantes permettent aux deux bateaux de grapiller quelques heures sur le temps de Banque Populaire V, et tous deux sont en avance à l’antéméridien.
Les deux équipages naviguent ensuite de concert dans des systèmes variés et peu ventés, pendant quelques heures les bateaux sont même à vue l’un de l’autre.

Leur retard s’accroit dans le Pacifique, les deux équipages grapillent des milles à l’approche du Horn, Spindrift 2 pare le dernier grand cap avec 18 heures et 11 minutes d’avance sur le record, alors qu’Idec Sport a 3 heures et 28 min de retard.

Au 33ème jour, l’équipage de Spindrift décèle un problème de mât avec une zone de délaminage, le trimaran est mis au ralenti afin d’effectuer les réparations nécessaires, ceci s’ajoutant à l’avarie de foil survenu sur le début de l’Indien.

A l’approche de l’équateur Spindrift 2 prend un route ouest, alors qu’Idec Sport très en retard tente une option est afin de couper au plus court.

Au passage de l’équateur, Spindrift 2 compte 1 jour 10 heures de retard et 2 jours 12 heures pour Idec Sport.

Le delta s’annonce cependant rapidement rédhibitoire et Yann Guichard annonce au 43ème jour que le record ne sera pas battu.

L’équipage de Spindrift 2 coupe la ligne d’arrivée après 47 jours, 10 heures, 59 minutes et 2 secondes de navigation, Idec Sport en finira en 47 jours, 14 heures, 47 minutes et 38 secondes.

Le record reste donc la propriété de l’équipage de Banque Populaire V à l’issue de ces deux tentatives.

2016 : deux pretendants avec deux approches differentes

 

Tour du monde en solitaire sans escales en multicoque

 

Parcours

Le marin doit couper la ligne de départ définie par une ligne imaginaire, reliant le phare de Créac’h sur l’île d’Ouessant et le phare du Cap Lizard ou le phare du Petit Minou et la balise des Fillettes à la sortie du goulet de Brest. Puis faire le tour du monde en laissant à bâbord le Cap de Bonne Espérance, le Cap Leeuwin et le Cap Horn. Et enfin recouper la ligne définie ci-dessus en sens inverse.

 

2003-2004 : FRANCIS JOYON DECROCHE UN TEMPS DE REFERENCE EXCEPTIONNEL
  • Idec, trimaran de 27,20m, skipper : Francis Joyon
Francis Joyon s’attaque fin 2003 au record autour du monde en solitaire sur l’ex Sport Elec racheté à Olivier de Kersauson. Le trimaran n’est que peu modifié par rapport à la version équipage, le skipper change l’unique safran de coque centrale et modifie le plan de point afin de regrouper les manoeuvres au niveau du cockpit.
© F. Van Malleghem / Mer & Média

© F. Van Malleghem / Mer & Média

Le skipper réalise une superbe performance dès sa première tentative, il bat tous les records intermédiaires en solitaire et  termine son tour du monde en 72 jours 22 heures 54 minutes et 22 secondes, s’approchant à moins d’un jour et demi du temps réalisé par Olivier de Kersauson et son équipage sur le même bateau sept ans auparavant.
Francis Joyon est le premier skipper à réussir un tour du monde en solitaire en multicoque. Il signe cette superbe performance sans routage météo à terre.
2005 : Ellen MacArthur s’impose autour du monde
  • B&Q/Castorama, trimaran de 22,90m, skipper : Ellen MacArthur
La navigatrice anglaise s’élance pour son tour du monde en solitaire fin novembre 2004 sur un bateau parfaitement préparé par son équipe et conçu spécialement pour ce record et pour sa skipper, avec un routage météo sans faille.
ELLEN MACARTHUR START -NOV 2004
Malgré des difficultés techniques (générateur, tétière de grand voile), et physiques (elle arrivera très diminuée au terme de son record), la jeune anglaise effectue un beau parcours et grapille du temps sur le chrono de Francis Joyon, elle le battra de 32 heures et s’adjuge le record du tour du monde en solitaire en 71 jours 14 heures 18 minutes et 33 secondes.
2007 : Duel de (quasi) sisterships
  • Idec, trimaran de 29,70m, skipper Francis Joyon
  • Sodeb’O, trimaran de 32m, skipper Thomas Coville

Francis Joyon est le premier à s’élancer  en novembre 2007 suivi un mois plus tard par son adversaire Thomas Coville. Les deux marins partent sur des bateaux aux dessins très similaires, fruits de la collaboration entre Nigel Irens et Benoit Cabaret, le trimaran de Coville est un peu plus long et plus sophistiqué avec notamment un mât basculant.

Joyon bat un premier record intermédiaire avec un passage de l’Equateur en six jours, 16 heures et 58 minutes contre huit jours 18 heures et 20 minutes pour Ellen Mac Arthur. Il enchaine ensuite tous les records intermédiaires et ne cesse de creuser une confortable avance sur le temps d’Ellen MAcArthur. Il passe le Horn après seulement 35 jours de mer.

Le début de parcours de Thomas Coville est moins satisfaisant, il passe l’Equateur et Bonne Espérance en avance sur le temps du record de2005, mais en retard sur le temps de son adversaire Francis Joyon.  En approche des Kerguelen, il bat le record des 24 heures avec 619,13 milles, dépossédant le skipper d’Idec qui le détenait avec 616,03 milles.

Au 19ème jour de son record, Thomas Coville doit abandonner suite à un choc avec un OFNI. La crash box du flotteur tribord est arrachée, Sodeb’O se déroute vers Cap Town.

Francis Joyon poursuit sa remontée de l’Atlantique avec une très large avance, il est cependant contraint de ralentir quelque peu la cadence sur la fin du parcours après avoir découvert que la fixation d’un des haubans se desserre. Le skipper sécurise son mât après quatre montées à plus de 32m au dessus de l’eau.

Francis Joyon passe la ligne d’arrivée de son tour du monde en 57j 13h 34min et 6s, explosant le record d’Ellen MacArthur de  2 semaines, avec une moyenne 4 noeuds plus rapide, soit 19 noeuds sur l’ensemble de son tour du monde.
Francis Joyon s’adjugeait à l’époque le 2nde meilleure performance de tous les temps autour du monde, devant les équipages du trophée Jules Verne (Cheyenne de Steve Fossett en 2004, Géronimo d’Olivier de Kersauson en 2004, Orange de Bruno Peyron en 2002.) Seul Orange II alors détenteur du Trophée Jules Verne à l’époque pointait devant Idec.

L’exploit est superbe pour le solitaire qui avait accompli ce tour du monde sans énergie fossile, grâce à des panneaux solaires, une pile à combustible et à une éolienne.

 

2008 :  THOMAS COVILLE MALCHANCEUX AUTOUR DU MONDE
  • Sodeb’O, trimaran de 32m, skipper Thomas Coville

En novembre 2008, Thomas Coville s’élançait pour une nouvelle tentative autour du monde, le temps à l’équateur était de 7 jours, soit quelques heures de plus que Francis Joyon, la descente de l’Atlantique Sud fut moins favorable avec un contournement de l’anticyclone de Saint Hélène difficile.
L’entrée dans les mers du sud n’était pas meilleure avec un retard de 1200 milles peu après le passage de Bonne Espérance, Thomas accrochait ensuite une dépression qui lui permettait de battre son record des 24 heures en solitaire  avec 625,8 milles.
La suite de ce tour du monde ne souriait pas à Thomas Coville qui devait allonger sa route dans le grand sud du fait de la présence de glaces, Sodeb’O accusera 1300 milles de retard au passage du Horn, la remontée le long des côtes sud américaines relançait le suspense avec un déficit qui se comblait petit à petit, avec seulement 360 milles de retard le 2 janvier.
Thomas Coville concédera ensuite du terrain dans des zones de grains, il passait l’équateur avec 2 jours de retard sur le record, l’anticyclone des Açores ne laissera pas passer le skipper aussi vite qu’il l’aurait souhaité.

ll bouclait son tour du monde en 59 jours 20 heures et 47 minutes soit plus de 48h de retard sur le temps de Francis Joyon.
Le record n’était donc pas battu mais Thomas Coville devenait le troisième marin à effectuer un tour du monde en solitaire en multicoque sans escale, il prenait le 2ème temps en solitaire et le 4ème temps absolu (solitaire et équipage confondus).

2011 : NOUVEL ECHEC DE SODEB’O
  • Sodeb’O, trimaran de 32m, skipper Thomas Coville

Thomas Coville a fait évoluer son trimaran en 2010, en vue de sa participation à la Route du Rhum, le multicoque est équipé de foils, il termine la transatlantique en 3ème position.

Après un court check up  au retour, le skipper s’élance en janvier 2011.
La descente de l’Atlantique jusqu’au Cap Vert se fait à haute vitesse, mais le skipper peine à extirper son trimaran du Pot a Noir très actif et passe l’Equateur avec 9 heures de retard sur le temps de Francis Joyon. Il est également contraint d’allonger nettement sa route pour contourner l’anticyclone de Sainte Hélène, en flirtant avec les côtes brésiliennes.
Il peut allonger la foulée dans les quarantièmes mais passe Bonne Espérance avec quasi 2 jours de retard sur le temps de référence.
La situation dans l’Indien est complexe avec des zones de glaces à contourner l’obligeant à naviguer au près puis à plonger vers les 50èmes rugissants.
Il passe la longitude du Cap Leeuwin avec 2 jours et 10 heures de retard sur le temps du record. Le Pacifique permet au skipper de réduire son retard à 666 milles au passage du Horn.
Thomas Coville fait une remontée fantastique dans l’Atlantique Sud et arrive à passer devant son adversaire virtuel le  13 mars.
L’alizé faiblit en approche du Pot au Noir et le skipper reste bloqué dans la zone de convergence, passant l’Equateur avec 1 jour et 19 heures de retard. L’Atlantique Nord ne sera pas favorable au skipper, l’anticylclone des Açores est très étalé et les dépressions très nord.

Thomas Coville boucle un nouveau tour du monde en 61 jours 5 minutes et 5 secondes.

 

2013-2014 : THOMAS COVILLE CONTRAINT DE RENONCER
  • Sodeb’O, trimaran de 32m, skipper Thomas Coville

En 2012, Thomas Coville avait de nouveau modifié son trimaran avant une nouvelle tentative autour du monde. Les flotteurs avaient été avancés, ce qui devait modifier le comportement du bateau en le cabrant plus, le rendant plus sain à hautes vitesses et dans les mers du sud.

Le skipper s’élance le 12 novembre 2013, mais doit faire demi tour après 24 heures suite à la perte de son balcon avant.
Il reprend la mer pour une nouvelle tentative le 17 janvier 2014, la descente de l’Atlantique Nord se fait à grande vitesse, le skipper ne concédant que  3 heures de retard sur le temps du record de Joyon à l’Equateur.
La descente de l’Atlantique Sud est moins favorable avec un anticyclone de Sainte Hélène très étendu.
Le skipper avec ses routeurs à terre choisissent de traverser celui-ci, le contournement n’amenant pas le trimaran à Bonne Espérance dans les temps du record.
Ce coup de poker ne fonctionnera pas, le retard augmentant jusqu’à 900 milles. Le 30 janvier, Thomas Coville annonce la fin de la tentative.
Le routage pour la suite du tour du monde le faisant descendre sous les Kerguelen, par 60° sud dans une zone de glaces. Qui plus est une nouvelle zone  de calmes avant Bonne Espérance donnait un retard prévisible de 1600 milles au passage du Cap, soit 3 jours.
Le skipper se consacra à son retour à préparation de son nouveau trimaran (sur la base de l’ex Géronimo profondément remanié) pour la Route du Rhum 2014.

Record de l’Atlantique Nord : Ambrose-Cap Lizard

Le parcours :

L’Atlantique d’ Ouest en Est
le départ se fait du phare d’Ambrose au large de New-York avec une arrivée sur une ligne imaginaire entre le Cap Lizard (UK) et l’île d’Ouessant.

La météo :

Complexe autrefois, puisque les équipages devaient négocier au mieux le passage des dépressions successives pour arriver au large de l’Angleterre, avec des zones de calme entre le passage de deux dépressions successives. Depuis l’arrivée de la nouvelle génération des multicoques géants, la problématique est nettement moins compliquée, les météorologues cherchent une dépression qui traverse l’Atlantique et qui permettra de suivre au plus près l’orthodromie.
Le bateau effectue donc la totalité ou presque du parcours à des allures portantes, favorables à des performances élevées, les derniers records des 24 heures ont tous été battus sur ce parcours.
L’équipage s’élance au large de New York en queue de dépression, l’objectif étant de ne pas partir trop tôt pour ne pas se retrouver en avant de la dépression et donc de butter sur la zone de calmes qui la précède et de ne pas partir trop tard et risquer d’être décrocher de cette dépression et par conséquent de devoir attendre l’arrivée de la suivante pour reprendre de la vitesse.
Après le départ de New York, les bateaux se dirigent vers les bancs de Terre Neuve, dans des conditions de visibilité souvent difficilles, le brouillard étant très souvent persistant, l’équipage ne distingue parfois pas l’étrave du bateau, une fois les bancs dépassés, le bateau tente de filer droit vers le Cap Lizard si la météo le permet.

Historique :

1866 :
La première confrontation réelle sur l’Atlantique a eu lieu en 1866, elle opposera Vesta, une goélette de 31,5 mètres, Henrietta et Fleetwing. Un acte notarié fixe la date de départ au mois de décembre, quels que soient les conditions de vent et de mer.  Les frères Osgood, propriétaires de Fleetwing engagent Dick Brown, le skipper d’America qui avait ravi la coupe aux anglais en 1851. James Gordon Bennett Jr, propriétaire de Henrietta et héritier du fondateur du New York Herald, débauche quant à lui un capitaine de clipper célèbre : Samuel Samuels.
Le départ est donné le 11 décembre dans des conditions musclées, seul James Gordon Bennett embarque à bord de son bateau, les propriétaires des deux autres goélettes préférant le calme des salons new-yorkais à l’agitation hivernale de l’Atlantique.
Henrietta prend rapidement l’avantage, sous l’impulsion de son capitaine qui maintient une voilure conséquente malgré les conditions. Samuel Samuels qui avait accepté de prendre le commandement du bateau contre 10000$ était tout à fait confiant sur les capacités du navire et de l’équipage puisqu’il avait misé les 2/3 du montant de son contrat sur sa victoire.
Après trois jours à un rythme soutenu l’équipage se met à la cape, au 8ème jour de course, Vesta reprend l’avantage et pointe en tête.
Au 11ème jour, Vesta toujours en tête est talonné par Henrietta à moins d’une heure, cette avance ne sera pas suffisante et le bateau de  James Gordon Bennett remporte la première transatlantique en 13 jours et 21 heures 45 minutes. Fleetwing arrive second après la perte de 6 marins dans un coup de vent le 19 décembre, Vesta se classe troisième.

1887 :
Changement de parcours, sous l’impulsion de Rufus T.Bush, un magnat de l’immobilier qui lance son défi par voie de presse, la traversée de l’Atlantique se fera entre New York et l’Irlande, seul l’héritier de l’inventeur du Colt relève le défi. Il engage Samuel Samuels pour prendre le commandement de Dauntless, goélette rachetée à Gordon Bennett. Colt suivra les pas de l’ex propriétaire et embarquera sur son bateau alors que Bush suivra les performances de Coronet dans la presse.
Le départ est donné le 10 mars 1887, comme à son habitude Samuel Samuels impose un rythme élevé à son adversaire et Dauntless parcourt même 328 milles en 24 heures. Sur Coronet, la recherche de la performance est nettement moindre. Malgré tout, le bateau de Bush prend la tête de la course, alors que Dauntless fait fasse à de sérieuses avaries.
Coronet arrive en vainqueur à Cork avec trente heures d’avance sur le bateau de Gordon Benett qui présente deux trous percés à l’étrave au niveau de la flottaison, les pompes ayant fonctionnées une bonne partie de la traversée pour maintenir le bateau à flot. Samuels dénonce un sabotage organisé par son adversaire mais sans pouvoir fournir de preuves.
Bush s’empresse de vendre sa goélette avec une plus value de 50000$ par rapport à son prix de construction.

1905 :
Après l’échec d’une nouvelle transtalantique en 1903, Sir Thomas Lipton lance un nouveau défi aux autres propriétaires de goélettes, qui rencontre un joli succès.
Les engagés sont :   Thistle, 33m, propriété du commodore Tod (USA), Endymion, 41m (USA), Ailsa, 27m, plan Fife (USA), Apache (USA), Fleur de Lys (USA), Utowana, Atlantic, 56m,propriété de Wilson Marshall (USA), Sunbeam (UK), Valhalla (UK), Hamburg (ALL), et Hildegarde (ALL).

Le départ est donné le 17 mai 1905, la flotte reste groupée sur une route sud pendant les trois premiers jours, puis Atlantic s’écarte et monte au nord. Charlie Barr, le skipper conserve une voilure conséquente, ce qui s’avère payant puisque la goélette parcours plus de 300 milles par 24 heures, l’équipage Atlantic creuse une avance confortable et arrive en Angleterre en vainqueur après 12 jours 4 heures 1 minute.Ce record remarquable restera la référence sur l’Atlantique Nord pendant 75 ans !

1905 -1977 :
Aucune tentative n’a lieu pendant plus de 70 ans, Pierre English est le premier à s’attaquer en  au record d’Atlantic en 1977 ; la tentative sur le monocoque Ondine est un échec. Les tentatives se succèdent ensuite avec Chay Blyth (Great Britain II), puis Alain Gliskman (RTL-Timex) le trimaran chavire  les équipiers passent plusieurs jours à la dérive.  Olivier de Kersauson tente également l’aventure, mais son trimaran en aluminium Kriter IV perd un tiers de flotteur, le bateau est abandonné sur l’Atlantique.

1980 :
L’hebdomadaire français le Point et le Sunday Times s’allient en 1980 pour offrir un prix de 50000$ à l’équipage qui battra le temps de référence d’Atlantic, qui reste le temps de référence malgré de multiples tentatives. L’attente sera de courte durée puisqu’Eric Tabarly et ses trois équipiers battent très largement ce temps peu après, ils traversent l’Atlantique Nord sur le foiler Paul Ricard en 10 jours 5 heures et 14 minutes.

1980-1990 :
Les tentatives sur les grands multicoques se multiplient, en 1981, Marc Pajot et ses hommes améliorent le temps de Tabarly de 19 heures sur Elf Aquitaine.
En 1984, Patrick Morvan améliore le temps de Pajot de 24 heures sur Jet Services II.
En 1986, Loick Caradec et son équipage abaissent le temps du record à 7 jours 21 heures et 5 minutes sur Royale II.
L’année suivant, en 1987, ce temps est à nouveau battu par Philippe Poupon sur Fleury Michon VIII.
Serge Madec battra le record deux fois de suite en cette fin de décennie avec un temps de 6 jours 13 heures et 3 minutes en 1990 sur Jet Services V.

2001 :
Steve Fossett et son maxi catamaran de 38m, Playstation entrent en scène, dès la première tentative l’équipage rencontre des conditions extrêmement favorables et foncent sur la route orthodromique, le record est porté à 4 jours 17 heures et 28 minutes.

2006 :
Après la tentative ratée de 2004, Orange II, le maxi catamaran de Bruno Peyron s’aligne à nouveau sur la ligne de départ du record en août 2006. L’équipage attaque fort le début de parcours avec deux journées à plus de 32 noeuds de moyenne au cours desquelles ils améliorent leur propre record des 24 heures avec 766 milles. Cependant la bonne marche du bateau sera vite handicapé par une collision avec un OFNI qui arrache une bonne partie d’un des safrans, pour la sécurité des hommes, la vitesse est alors limitée, mais l’avance reste suffisante pour battre le record et le porter à 4 jours 17 heures 28 minutes.

2007 :

Franck Cammas et son équipage sur Groupama 3 commence avec le record des 24 heures et 794 milles au compteur lors de la première journée soit plus de 33 noeuds de moyenne.
La casse du foil bâbord handicape ensuite un peu le potentiel du bateau, le bateau est de nouveau mené au maximum de ses capacités après un dernier empennage, qui emmène l’équipage droit vers le cap Lizard alors qu’Orange II avait du effectuer deux empennages sur la fin du parcours lors de son record, ce qui l’avait considérablement retardé.

Le 24 juillet l’équipage passe la ligne en battant le record de Bruno Peyron et de son équipage sur Orange II.

Franck Cammas, Franck Proffit, Stève Ravussin, Frédéric Le Peutrec, Sébastien Audigane, Yann Guichard, Ronan Le Goff, Bruno Jeanjean, Loic Le Mignon, Pascal Blouin sont les nouveaux détenteurs du record de l’Atlantique Nord, ils ont traversé l’Atlantique Nord entre New York et le Cap Lizard en 4 jours 3 heures 57 minutes et 44 secondes, à la vitesse moyenne de 26,88 noeuds, améliorant le précédent record (détenu par Bruno Peyron et son équipage sur Orange II) de 4 heures et 26 minute

 

2009 :

Banque Populaire V et Groupama 3 s’élancent à quelques heures d’intervalle sur le même parcours, les deux équipages bénéficient de conditions parfaites pour leurs maxis trimarans. Pascal Bidégorry et ses hommes font parler la puissance supérieure de leur bateau et accélèrent. Ils décrochent le record de 24 heures avec 908 milles, ils se présentent également en premier sur la ligne d’arrivée avec un temps canon de 3 jours et 15 heures à près de 33 noeuds de moyenne sur un seul bord du départ à l’arrivée. Franck Cammas et ses équipiers sur Groupama 3 échouent à 3 heures de leur adversaire et sont dépouillé de leur record sur l’Atlantique Nord.

Les détenteurs :

 

  • En équipage : Pascal Bidégorry et son équipage sur Banque Populaire V en août 2009, en  3 jours 15 heures 25 minutes et 48 secondes. Moyenne : 32,94 noeuds.
  • En solitaire : Francis Joyon sur le trimaran Idec, arrivée le 16 juin 2013, en 5 jours, 2 heures, 56 minute et 10 secondes. Moyenne : 26 nœuds.

 

Route de la Découverte : Cadix-San Salvador

Le parcours :

L’Atlantique d’Est en Ouest
Le départ se fait à l’extrême sud de l’Espagne et l’arrivée de l’autre côté de l’Atlantique : à San Salvador, une des îles des Bahamas.

La météo :

La première partie du parcours, entre Cadix et les Canaries est souvent sous l’influence de vents de Nord Nord-Est favorable à la progression des bateaux, des régimes dépressionaires peuvent générer des vents de face, cette situation défavorable au niveau temps oblige alors les marins à reporter leur tentative. Ensuite le marin a deux solutions, continuer sur l’orthodromie au nord (la route la plus courte) ou partir au sud pour bénéficier des Alizés si ils sont établis, au niveau des 35°W le flux devient souvent instable et la météo dépend alors des anticyclones des Açores et de celui situé niveau des Bermudes, si ils sont bien établis, ils génèrent un alizé d’est favorable , si l’un des deux n’est pas établi de façon satisfaisante il faudra plonger au sud pour trouver un flux plus favorable à la progression vers les Bermudes.

 ©Th.Martinez/ BPCE.

©Th.Martinez/ BPCE.

Les détenteurs :

  • En équipage : Dona Bertarelli et Yann Guichard et leur équipage sur le trimaran Spindrift 2 :  en 6 jours 14 heures 29 minutes et 21 secondes depuis le 6 novembre 2013
  • En solitaire :  Armel le Cléac’h sur le trimaran Banque Populaire VII en 6 jours 23 heures 42 minutes 18 secondes depuis le 30 janvier 2014

 

 

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