Les six équipages engagés sur les Louis Vuitton America’s Cup World Series de Plymouth faisaient leur entrée dans la compétition officielle avec cette première journée de courses en flotte.
La compétition se déroule donc sur les AC45F, soit le même catamaran à aile rigide que sur les précédentes America’s Cup World Series mais désormais dotée de foils et mené par cinq hommes.
Les équipages ont disputé deux courses dans une quinzaine de nœuds de vent de sud-ouest, sur mer plate.
Le public anglais était au rendez-vous pour soutenir Ben Ainslie, le local de l’épreuve qui n’a pas déçu puisque LAND ROVER Ben Ainslie Racing terminait premier de la manche 1 et seconde de la 2ème.
Emirates Team New Zealand brillait également, les kiwis terminaient 3ème et 1er et pointent à 1 point du leader.
Le favori, le defender Oracle Team USA était un peu plus en retrait, avec une 2nde et une 4ème place, et sont 3ème du provisoire à 3 points de LAND ROVER BAR.
L’équipage sous pavillon japonais, Softbank,mené par le néo zélandais Dean Barker pointe en 5ème position à égalité avec l’équipage français de Groupama Team France mené par Franck Cammas.
Les français terminent dernier de la première manche sur un mauvais choix de voile de portant (les équipages embarquent une seule voile de portant sur la manche mais peuvent en changer pour la suivante), mais prennent une belle troisième place sur la seconde manche, leur permettant de se hisser devant les japonais au général provisoire.
La grosse déception vient de l’équipage suédois d’Artemis racing qui termine 5ème et 6ème, malgré une grosse préparation, puisque leur équipage navigue depuis février et s’entraine régulièrement avec Oracle.
Demain après-midi, deux courses en flotte sont de nouveau au programme, cependant les prévisions météos semblent mauvaises avec un vent de 25 à 30 noeuds qui pourrait contraindre le comité à annuler les régates.
Les régates sont retransmises en différé sur Canal + Sport et ne sont pas accessibles sur l’application AC+ qui ne propose qu’un tracker et les replays des régates pour la version française.
Résultats de la première journée de courses en flotte des Louis Vuitton America’s Cup World Series à Portsmouth :
Manche 1
1 Land Rover BAR
2 Oracle Team USA
3 Emirates Team New Zealand
4 Softbank Team Japan
5 Artemis Racing
6 Groupama Team France
Manche 2
1 Emirates Team New Zealand
2 Land Rover BAR
3 Groupama Team France
4 Oracle Team USA
5 Softbank Team Japan
6 Artemis Racing
Classement général provisoire des Louis Vuitton America’s Cup World Series :
1 Land Rover BAR 19 POINTS
2 Emirates Team New Zealand 18 POINTS
3 Oracle Team USA 16 POINTS
4 Groupama Team France 13 POINTS
5 Softbank Team Japan 13 POINTS
6 Artemis Racing 11 POINTS
Annonces en série pour les challengers de la 35ème Coupe de l’America. Land Rover a annoncé mardi son soutien à l’équipe anglaise de Ben Ainslie, qui devient Land Rover BAR.
Hier Franck Cammas, Michel Desjoyaux et Olivier de Kersauson ont pu dévoilé le nom de leur sponsor. A la surprise générale, Groupama, fidèle soutien de Franck Cammas poursuit l’aventure avec la Coupe de l’America. L’assureur fournira 80% du budget, soit 5 millions d’€ par an.
L’équipage devrait être majoritairement français. Bien que le futur AC48 soit grandement monotype, le Groupama Team France devrait faire appel pour le développement des foils et de leur système de contrôle à d’anciens membres de Luna Rossa. Une partie des données de l’équipe italienne qui s’est retirée de cette America’s Cup devrait permettre à Groupama Team France de combler une partie de son retard sur les autres challengers.
L’équipe française espère aussi l’organisation d’une étape des America’s Cup World Series en France en 2016.
L’annonce concernant la prochaine Coupe de l’America a été faite il y a quelques heures à New York.
Sans surprise le plan d’eau des Bermudes a été préféré à San Diego qui n’obtient même pas une étape des America’s Cup World Series.
L’ensemble des challengers s’est montré soulagé de connaitre le plan d’eau afin de pouvoir faire plancher son design team sur le nouvel AC62. L’équipe néo zélandaise qui semblait la plus réticente devrait obtenir une épreuve importante (les phases qualificatives peut être).
La Youth America’s Cup est reconduite avec Red Bull comme sponsor elle se déroulera sur AC45, mais cette fois-ci dotés de foils.
Les Bermudes devraient offrir des conditions stables d’une quinzaine de noeuds, alors que la brise de San Diego était nettement plus aléatoire.
Deux autres équipes espèrent pouvoir intégrer les challengers.
Une partie du calendrier des America’s Cup World Series a été dévoilée :
Du 8 au 7 juin 2015, lieu annoncé sous peu
Portsmouth, Angleterre du 23 au 26 juillet 2015
Goteborg, Suède –du 28 au 30 août 2015
Hamilton, Bermudes du 16 au 18 octobre 2015
Harvey Schiller : « Aux Bermudes, nous avons le plan d’eau parfait pour montrer au monde entier tous qu’il y a de passionnant avec ces bateaux de la Coupe de l’America et tout ce que les équipes y apportent. Les conditions sont quasi parfaites. Le parcours dans la Rade est devant un amphithéâtre naturel avec de la place pour les courses et les spectateurs, et c’est dans un écrin magique avec les îles et les plages au fond. Et le Village de la Coupe de l’America dans le port naval sera au coeur de l’événement pour les équipes et les passionnés ».
Max Sirena (Luna Rossa) “On attendait cette annonce car jusqu’ici on travaille avec deux plans d’eau en tête mais désomais on est certain du choix”.
Jimmy Spithill sur la Youth America’s Cup (Oracle Team USA): “Il est primordial d’avoir cette épreuve en place pour offrir une porte d’entrée aux jeunes. Cela fonctionne, car le gars (Pete Burling) qui a gagné la dernière édition pourrait mener l’équipe néo-zélandaise”
Kevin Shoebridge (Team New Zeland) : “On est contents d’inviter des jeunes comme Pete Burling à retrouver des vétérans expérimentés comme Dean Barker. Maintenant que l’on a la confirmation du choix des Bermudes, on va s’approcher de nos partenaires et du gouvernement.”
Franck Cammas (Team France) : “Je ne suis jamais allé aux Bermudes! On va commencer à étudier les conditions, mais l’équipe travaille encore sur la partie financière pour le moment. On attend une confirmation. On espère pouvoir faire une annonce la semaine prochaine…”
Nathan Outerridge (Artemis): “Maintenant que l’on connaît le plan d’eau on va pouvoir dessiner un bateau pour ces conditions. Le vent est bien plus faible qu’à san Francisco où nous avons pu voler au près.”
Ben Ainslie (BAR) : « En tant que Britannique je suis heureux de ce choix. Je connaîs le plan d’eau ayant participé à la Gold Cup (dans le circuit de match racing). La Duchesse de Cambridge, notre marraine, va être de contente de pouvoir venir ici !»
La prochaine Coupe de l’America devrait avoir lieu en 2017, Larry Ellisson, patron d’Oracle et defender, devrait dévoiler le protocole à la fin du mois. Une interview de celui-ci et une autre du CEO du team américain, Russell Coutts, laissent craindre un changement radical du mode de sélection des challengers.
Jusqu’ici les équipes inscrites intégraient la Louis Vuitton Cup, et le vainqueur de cette compétition accédait à la finale de la Coupe de l’America face au defender. Il semblerait que ce mode de sélection change totalement, les équipes souhaitant participer aux régates de sélection devraient disputer un championnat en AC45 en 2015 et 2016, il y aurait deux divisions, une atlantique et une pacifique, avec une régate par pays participant. Seuls les deux premiers de chaque « divison » auraient accès à l’équivalent de la Louis Vuitton Cup (il est quasiment acquis que le géant du luxe français ne sponsorisera plus l’épreuve). Les équipes s’engageant sur le circuit AC45 ne seraient donc pas sûres de disputer les régates en AC60… Dans ce contexte, comment envisager qu’un sponsor puisse engager de grosses sommes, débuter des études sur le gros catamaran à aile (AC60), sans avoir l’assurance de construire ce bateau et de disputer les régates de sélection en 2017…
Trois défis de la zone « Europe/Atlantique » semble disposer d’un budget : Luna Rossa qui bénéficie du soutien de Prada à hauteur de 50 millions d’euros jusqu’en 2017, Artemis qui conserve ses marins (Outtridge, Peyron) et étoffe son équipe architecturale (Michel Kermarec, Thiha Win, Adam May, Nico Rousselon) et le Ben Ainslie Challenge qui semble disposer d’un budget de 90 millions d’euros. Avec le protocole « actuel », au moins une de ces équipes serait éliminée à l’issue des deux prochaines saisons, sans pourvoir disputer les phases finales de sélection. Côté Pacifique, les organisateurs espèrent des défis coréen, chinois ou japonais, en plus des actuels défis néozélandais, australiens et du defender américain.
Le lieu de cette 35 ème Coupe de l’America pourrait être Hawai, alors que San Francisco avait été un vrai succès côté météo et oragnisation.
La France était la grande absente de la 34ème Coupe de l’America et de la dernière Louis Vuitton Cup, plusieurs marins ont décidé de se regrouper pour maximiser les chances d’un futur défi hexagonal pour la prochaine édition.
Franck Cammas, Michel Desjoyeaux et Olivier de Kersauson ont donc lancé aujourd’hui le Team France. Stéphane Kandler, l’ancien patron du Défi Areva prend le poste de directeur de projet, plusieurs dirigeants de grandes entreprises soutiennent également le projet dont Bruno Bich, Bertrand Méheut, patron de canal plus, Bruno Luisetti ex pdg de Kraft, ou encore le banquier d’affaire Erik Maris.
L’objectif est de réunir 20 millions d’euros par an jusqu’à la prochaine édition, probablement en 2017, de s’aligner sur des circuits internationaux, comme les America’s Cup World Series et les Extreme Sailing Series.
Franck Cammas devrait s’occuper de la partie sportive et de la navigation, Michel Desjoyaux de la partie technique, et Olivier de Kersauson aura un rôle fédérateur d’ambassadeur.
Reste maintenant à réunir le budget et espérer également un ralliement de l’Energy Team mené par Bruno Peyron afin de maximiser les chances de ce projet.
L’équipage néo-zélandais a pris l’avantage sur le defender américain Oracle Team USA hier à San Francisco pour les premières régates de la finale de l’America’s Cup en remportant les deux régates courues dans 16 à 18 noeuds de vent.
Dean Barker remportait le 1er départ, James Spithill restait sous le vente de l’AC72 kiwi qui passait la marque 1 avec 4 secondes d’avance. Le 1er portant confirmait que le catamaran d’Oracle Team USA descendait mieux, mais était légèrement moins rapide dans ce range de vent que leur adversaire, les américains effectuaient donc moins d’empannages, malgré tout les kiwis maintenaient l’avantage.
Au passage de la porte, Oracle Team USA réussissait à recoller suite à un léger planté d’Emirates Team New Zealand, le delta restait le même. Sur le près menant à la porte 3, on observait également que le catamaran américain avait un petit avantage en cap, mais sa vitesse était toujours légèrement moins bonne que celle des néo-zéds, les deux équipages se livraient à un duel de virements au contact, le defender parvenait à prendre l’avantage sur une partie du bord avant d’être repassé et de concéder 25 secondes au passage de la marque. Le dernier portant ne permettra pas aux américains de revenir, les néo-zélandais remportaient cette première régate avec 36 secondes d’avance.
Sur le second départ, James Spithill tentait d’infliger une pénalité à Dean Barker, mais celui-ci défendait bien sa position et n’était pas sanctionné par le jury, lui permettant de gagner de nouveau cette phase de départ, Oracle Team USA ne concédait que 2 secondes de retard à la 1ère bouée. A la porte 2, les américains perdaient du terrain suite à un planté, et Team New Zealand creusait le delta sur le près avec 46 secondes d’avance sur les américains, qui perdent encore un peu de terrain sur le portant et terminent à 56 secondes de l’AC 72 kiwi.
Les réactions des équipages :
Dean Barker, barreur de l’équipe néo-zélandaise : « Il est bien trop tôt pour tirer des conclusions, mais je pense qu’on a tous vu des bateaux incroyablement similaires en termes de performance. Les conditions étaient légères aujourd’hui et nous en testerons d’autres au cour de la série de régates à venir. Mais comme prédit, il n’y a effectivement que très peu de différences entre ces deux AC72 ».
Jimmy Spithill , barreur d’Oracle Team USA : .« Lors du premier duel, nous n’avons pas réussi à les marquer autant que nous aurions voulu. Lors de la seconde manche, nous étions surpris de ne pas les avoir pénalisé. Puis nous n’avons pas été capables d’accélérer aussi rapidement qu’ils l’ont fait. Et à partir de là, c’est difficile de revenir lorsqu’on est mené et sous contrôle. D’autant plus qu’ils n’ont commis aucune erreur par la suite. Demain sera un autre jour »
Glenn Ashby (AUS), régleur de l’aile d’Emirates Team New Zealand : « Je suis persuadé que nous assisterons à de belles batailles la semaine prochaine. Le jeu est ouvert. Pour deux bateaux aussi différents en terme de conception et de construction, c’est fantastique de les voir régater aussi près, au contact l’un de l’autre »
L’analyse de Christian Karcher
Résultats de la Finale de l’America’s Cup :
Emirates Team New Zealand – 2
ORACLE TEAM USA – 0 victoire (-2 points suite à la pénalité infligée par le jury pour tricherie)
Le jury international a rendu son verdict concernant les modifications apportées par le defender ORACLE Team USA sur trois de leurs catamarans AC45 en 2012. Il a décidé de sanctionner le team américain de deux points au départ de l’America’s Cup et de 250000$ d’amende. Oracle Team USA débutera donc la compétition à -2 alors que le vainqueur de la Louis Vuitton Cup, Emirates Team New Zealand débutera avec 0 point au compteur, pour l’emporter le team américain devra remporter au minimum 11 points, la Coupe de l’America se jouant en 9 points gagnants.
De plus trois équipiers, impliqués dans la modification des bateaux sont définitivement exclus de la compétition, Dirk de Ridder, le régleur de l’aile qui officie à ce poste depuis 2010, Bryce Ruthenberg, Andrew Walker, Kyle Langford n’écope que d’un avertissement et Matt Mitchell est exclu des quatre premiers duels de la Coupe.
Le jury a fait preuve de clémence, l’équipe américaine ayant coopéré à l’enquête, par ailleurs un marin de l’équipe navigante a été innocenté, mais son nom n’a pas été dévoilé.
Après l’abandon de Luna Rossa sur casse du système de relevage du foil, c’est Emirates Team new Zealand qui a abandonné hier.
Jusque là les néo-zélandais n’avaient connu aucun problème majeur sur leur catamaran, et avaient bouclé toutes leurs régates, malgré la perte d’une voile d’avant lors des Round Robins, et un enfournement impressionnant pour la 1ère manche de cette finale.
Les Kiwis menaient la course hier après un superbe départ de Dean Barker, qui ne cessait de creuser son avance sur le bateau italien, ils ont subitement ralenti sur le 3ème bord du parcours, la raison ne sera connu que plus tard, il s’agissait en fait d’un problème d’hydraulique.
Dean Barker : « Ces bateaux fonctionnent grâce à l’hydraulique. C’est ce qui permet de virer, d’empanner avec l’aile et d’ajuster les dérives. Sans hydraulique, le bateau est complètement bloqué ».
L’équipage d’ETNZ préférait faire intervenir son équipe technique pendant la manche, abandonnant de fait celle-ci. Luna Rossa continuait donc cette régate seul et égalisait à une manche partout.
Les néo-zeds espéraient pourvoir reprendre l’avantage lors de la seconde manche du jour, mais celle-ci était reportée du fait du dépassement de la limite de vent fixée à 20 noeuds, le problème technique de l’AC72 avait pu être solutionné sur l’eau : Ray Davies, tacticien du bord : « Le problème hydraulique d’aujourd’hui provient du circuit électronique qui a disjoncté, sans électronique le bateau n’est pas manœuvrable. Mais le problème est résolu. Nous avons remplacé les batteries à bord et nous aurions pu prendre le second départ, si le vent n’avait pas fait des siennes . Nous n’aurions pas pu réparer sans l’assistance de notre équipe technique en mer ».
L’équipage de Luna Rossa confessait également quelques problèmes à l’issue de cette manche avec un soucis sur l’aile.
Ce problème n’avait semble-t-il pas été correctement résolu, puisque l’équipage italien a abandonné ce soir pour ces raisons. Chris Draper, le barreur avait réussi à prendre un beau départ, les deux AC72 s’élançant sur la même ligne, Luna Rossa au vent, ce qui leur permettaient de talonner le cata néo-zélandais à la première marque avec un delta de 2 secondes, sur le 1er portant, l’équipage italien ne concédait que 20 secondes sur leur adversaire. Sur le bord de près Luna Rossa ralentissait et abandonnait finalement la course pour un soucis sur le système de réglage d’aile.
Les néo-zélandais d’Emirates Team New Zealand mènent donc 2 manches à 1 ce soir suite à un nouveau report dû au dépassement de la limite de vent fixée à 19,4 noeuds pour la seconde manche.
Le départ de la 1ère manche de la Louis Vuitton Cup entre Luna Rossa et ETNZ a été retardé de 20 minutes hier en raison du dépassement de la limite de vent maximale fixée à 19 noeuds, le comité lançait finalement la manche dès que le vent faiblissait. Ce petit délai était bienvenue pour le challenger italien, puisque le catamaran AC72 de Luna Rossa connaissait des problèmes sur le foil tribord. L’équipe technique parvenait cependant à réparer le système de relevage du foil avant le départ de la régate.
L’équipage d’Emirates Team New Zealand réussissait à glisser son catamaran au vent de Luna Rossa, les deux bateaux partaient lancés à plus de 30 noeuds, avec des vitesses à plus de 35 noeuds vers la 1ère marque, ETNZ franchissait celle-ci avec 8 secondes d’avance sur le cata italien.
Les espoirs des italiens s’évanouissaient quelques centaines de mètres après cette marque, avec une nouvelle casse sur le système de relevage de foil, comme l’explique le skipper Max Sirena : « Une pièce du système de relevage de la dérive a cédé. Nous avons effectué un peu de maintenance récemment sur la dérive pour optimiser ‘l’aéro package’. Cela faisait cinq jours que nous naviguions ainsi et aujourd’hui cet élément a cassé. Par chance, la rupture est survenue en navigant sur un bord de portant et non lors d’un empannage, sinon nous aurions également pu perdre le contrôle de notre AC72 ».
La suite de la course aurait du être un parcours de santé pour les kiwis, mais l’équipage de Dean Barker continuait à attaquer malgré l’absence d’adversaire, et à la 3ème marque du parcours, le catamaran enfournait violemment à l’abattée. L’AC72 passait de 40 à une dizaine de noeuds, dans la manoeuvre, deux équipiers étaient balayés par la masse d’eau et passaient par dessus bord. Ils étaient immédiatement récupérés par le bateau d’assistance du team néo-zélandais.
Dean Barker : « Nous sommes surtout ravis que personne ne soit blessé. Toute le monde est encore sous le choc mais nous étions en course et à bord de ces machines nous savons que tout peut arriver. Avec le recul, les conditions n’étaient pas si extrêmes mais si vous ne faites pas le nécessaire quand il faut, les choses peuvent rapidement mal tourner. Et cet après-midi, nous avons visiblement raté la manœuvre. Nous allons analyser nos données. L’équipage va se remettre de ses émotions et ils seront à nouveau d’attaque demain ».
Le catamaran subissait quelques dégâts dans cette figure de style avec le carénage du bras de liaison avant arraché, tout comme le filet du côté babord.
L’équipage finissait sa manche avec deux équipiers absents, et remportait son 1er point lors de cette finale de la Louis Vuitton Cup.
Le defender américain de l’America’s Cup, Oracle Team USA, lançait également ses régates de sélection, deux équipages étant opposés, celui de James Spithill et de Ben Ainslie. Le match était très disputé mais c’est finalement Spithill qui s’imposait sur le second bateau du team américain. La seconde manche de ces defender series disputée ce soir a également tourné court avec la perte d’un safran sur le cata de Ben Ainslie.
L’équipage de Luna Rossa, mené par le barreur Chris Draper et le skipper Max Sirena, va rejoindre celui d’Emirates Team New Zealand en finale de la Louis Vuitton Cup. La première des deux équipes à empocher 7 points rencontrera le defender Oracle Team USA pour l’America’s Cup.
L’équipe italienne aura facilement disposé de son adversaire suédois en demi-finale avec un score de 4-0.
Artemis Racing manquait cruellement d’entrainement sur cet AC72, et restait marqué par la tragique disparition d’Andrew Simpson lors du chavirage de leur premier catamaran. Le skipper Nathan Outteridge n’aura pas démérité en prenant des départs agressifs lors de ces quatre matchs et en remportant trois départs.
La meilleure performance des suédois a été réalisée avant hier, malgré un départ perdu, l’équipage d’Artemis racing ne concédait qu’1 minute 18 secondes sur la ligne d’arrivée.
Hier les italiens ont remporté leur dernier match assez facilement, Artemis écopant de trois pénalités, une lors de la phase de pré-départ pour refus de priorité avec un contact entre les deux AC72, puis deux pour sorties de la zone de course. Le delta était de 2 minutes 11 secondes à la fin de la régate.
Les réactions des skippers :
Chris Draper : « Nous avons tellement appris depuis le début de l’événement, ce fut vraiment instructif . Le moral de l’équipe était bas, nous avons vécu des moments difficiles (après les round robins). Nous sommes parvenus à optimiser notre vitesse au près ainsi que nos manœuvres. Cette ultime manche fut à haut risque, nous étions tous nerveux. Je pense que nous avons vraiment progressé en régatant contre Artemis. Et cela sera évidemment très bénéfique pour la suite ».
Iain Percy : « Je suis vraiment fier de notre équipe, nous avons traversé une terrible épreuve. Mes pensées sont en ce moment avec tous mes co-équipiers ainsi qu’avec la famille de ‘Bart’. Il aurait été si fier de nous aussi. Au moment où il nous a quittés, aucun de nous n’aurait été capable de prédire tout ce que nous avons accompli ces dernières semaines. Nous avons apprécié chaque seconde à bord ».
Emirates Team New Zealand et Luna Rossa se retrouveront sur le plan d’eau de San Francisco samedi et dimanche pour les deux premiers matchs, puis le mercredi 21 et le 24 pour les deux suivants. Rappelons que les néo-zélandais ont très facilement remporté leurs matchs face aux italiens. Ceux-ci disposent le la même plate forme que le bateau n°1 des kiwis, qui naviguent quant à eux avec la version 2, optimisée. Ils ont par ailleurs effectués quelques améliorations sur ce catamaran à la fin du round robin.
Sauf surprise de dernière minute, les kiwis devraient donc s’imposer lors de cette finale et affronter Oracle Team USA lors de la 34ème America’s Cup.