Thomas Coville et Lionel Lemonchois sur le départ

Thomas Coville et Lionel Lemonchois profitent tous les deux de ce qui sera probablement la dernière fenêtre météo de l’hiver pour appareiller.

Thomas Coville, le skipper du maxi trimaran Sodeb’O, quittera Brest dans la soirée pour se diriger vers la ligne de départ au large d’Ouessant. Le départ de cette nouvelle tentative de record autour du monde en solitaire devrait se faire vers minuit.

Les conditions seront musclées sur ce début de parcours avec environ 30 noeuds sur zone, associés à une forte houle.

Les explications du skipper :
« Ce n’est pas franchement les conditions rêvées. Partir de nuit au près dans de la mer devient vite compliqué en solitaire sur un bateau de 30 mètres. Mais il faut s’élancer avec le vent pour éviter de se retrouver coincé demain matin à Brest où on annonce moins de 7 nœuds de vent. La situation est différente pour Lionel (Lemonchois, skipper du Maxi80 Prince de Bretagne qui doit s’attaquer demain au record Port-Louis, en France – Port Louis, Ile Maurice). En partant de Lorient (80 milles – 150 km plus au Sud), il devrait échapper à ce coup de mou et aura encore 15 à 20 nœuds de vent demain midi. La fenêtre est tentante. J’aurais 12 et 14 heures de près dans du vent fort avant de traverser le front et de récupérer du vent Ouest-Nord-Ouest portant. Ensuite, ce sera une descente sportive dans du vent et de la mer. Au Portugal, on passe sous l’anticyclone des Açores qui est encore bien installé avec de l’alizé établi qui peut nous permettre de dérouler jusqu’au Cap Vert. »

 

De son côté, Lionel Lemonchois, sur son trimaran de 80′ Prince de Bretagne, partira de Lorient demain sur la Mauricienne entre Port-Louis en rade de Lorient et Port-Louis dans l’archipel des Mascareignes. Comme l’explique Thomas Coville, les conditions seront plus simples pour le skipper normand, qui empruntera la même route que son homologue sur le début de parcours.

Lionel Lemonchois :

« Du vent de secteur nord-ouest très fort (entre 45 et 50 nœuds) est annoncé dans la journée de dimanche au large du cap Finisterre. C’est pourquoi je pense, pour l’instant, partir dès vendredi midi si je veux rester devant la mer et la baston. Et la bonne nouvelle c’est que l’entame s’annonce sympa car maniable. Rapide aussi.  Dans les prochaines 48 heures, nous allons continuer de faire un point toutes les 12 heures afin de surveiller l’évoluer des systèmes puis mon équipe technique va annoncer au WSSRC (World Sailing Speed Record Council) notre intention de départ pour le record. Ensemble, nous allons également effectuer un tour complet du bateau, histoire de vérifier une dernière fois que tout est fin prêt pour éviter les surprises. Nous allons également valider les consignes de sécurité, charger le camion qui pourra ainsi être en mesure d’intervenir jusqu’aux balcons de l’Europe en cas de pépin technique et faire quelques courses pour le frais. Il n’y a aucun stress. Je suis prêt à partir depuis un moment et je suis content que cela se concrétise »

Les deux skippers iront cherché des chronos détenus par Francis Joyon sur Idec, 57 jours, 13 heures et 34 minutes pour le tour du monde et 26 jours 44 minutes et 29 secondes pour la Mauricienne.

Nouvelle course pour les multis océaniques avant la Route du Rhum

Prince de Bretagne poursuit son engagement en tant qu’organisateur de course, après une première édition réussie de la Route des Princes en juin dernier, l’entreprise lance le Défi du Prince.

Le concept de cette course est : une ligne de départ unique pour un début de course le 18 mai à 13h00 pour tous les concurrents, entre le phare du Minou et la bouée des Fillettes en rade de Brest, et un parcours adapté à chaque catégorie (4 à 6 jours) de multicoques, à savoir une boucle en Atlantique.

Cette course sera ouverte aux Ultimes, aux Multi 70 (MOD70), et aux Multi 50, les organisateurs laisseront à chaque classe le soin de décider de courir en solitaire ou en équipage réduit.

Création d’un collectif Ultim par les armateurs des maxis multis solo

Banque Populaire, Macif et Sodebo, armateurs  ou futurs aramateurs de maxis multicoques solitaire ont annoncé aujourd’hui la création du Collectif Ultim. Leur but est de soutenir cette « nouvelle » classe et de la doter d’un programme de courses sur 4 ans réservé aux multicoques de 80 pieds et plus.

Ce nouveau Challenge Ultim prévu dès 2015 intégrera un tour du monde en solitaire en 2017 et au minimum une course intermédiaire, les autres années, celle-ci aurait pour format du solo ou du double.

Les bateaux éligibles à intégrer ce collectif devront être maniables en solitaire sans assistance électrique ou hydraulique devront s’aligner au moins au départ d’une course par an.

Les trois bateaux de Banque Populaire (Banque Populaire VII, ex Groupama 3, mené par Armel le Cléac’h), le futur Sodeb’O Ultime (ex Géronimo en cours de modification mené par Thomas Coville), et le futur Macif (mené par François Gabart) seront aligné sur ce circuit, reste à convaincre d’autres armateurs de les rejoindre.

© Yvan Zedda/BPCE

Yann Guichard espère pouvoir modifier son maxi trimaran de 140′, Spindrift 2 (ex Banque Populaire V), afin de l’adapter au solitaire et pourrait être un candidat convoité, mais aussi redouté du fait de la puissance de son bateau.

Francis Joyon et son sponsor possède un bel outil, mais même si le duo détient les quatre records majeurs en solitaire, le trimaran âgé de 6 ans, ne devrait pas avoir le potentiel de vitesse du futur Sodeb’O ou Macif.

L’actuel Sodeb’O (105′), quasi sistership d’Idec sera à la vente l’année prochaine et pourrait grossir les rangs de la classe, Lionel Lemonchois et Prince de Bretagne sont dotés d’un trimaran de 80′ mais celui-ci est plus adapté à des transatlantiques qu’à un tour du monde.

Marc Thiercelin cherche toujours un financement pour réparer l’ex Oman Air Musandam (sistership de Sodeb’O), tout comme Philippe Monnet qui possède l’ex B&Q Castorama (précédemment mené par Ellen MacArthur).

Le polonais Roman Paszke a déjà tenté deux tours du monde sur son maxi catamaran Bioton, mais a renoncé  à deux reprises au large de l’Amérique du Sud. Reste également disponible un catamaran qui pourrait être adapté au solitaire : l’ex Orange 2 de Bruno Peyron.

Thierry Bouvard, Responsable du Pôle Programmes Editoriaux et Sponsoring de Banque Populaire
« Banque Populaire est un acteur impliqué dans la voile depuis plus de 25 ans. Nous avons toujours été favorables à ce que les grands bateaux participent à des courses, et s’affrontent les uns aux autres dans un esprit de compétition et de partage des émotions. Nous sommes ravis de voir aujourd’hui les forces fédérées autour du Collectif Ultim pour offrir au public des moments forts de voile, d’aventure humaine comme nous les aimons tant. »

Jean-Bernard Le Boucher, Directeur des programmes de course au large du groupe Macif
« La Macif porte des valeurs de solidarité, d’innovation, de performance et de partage. Ces mêmes valeurs animent les armateurs qui fondent le Collectif Ultim. C’est une chance pour Macif de s’engager dans ce programme ambitieux à partir de 2015. Notre objectif est de repousser collectivement les limites de la Course au Large en solitaire, synonyme d’aventure et d’émotions pour un large public. »

Patricia Brochard, co-Présidente de Sodebo
« L’esprit pionnier et aventurier est toujours à l’origine de la réussite des entreprises qui, comme les marins, osent ou ont osé se lancer dans des paris audacieux. La création du Collectif Ultim est née de la volonté de plusieurs armateurs de construire ensemble un projet pour relever de nouveaux défis et le partager avec un large public. La liberté d’agir pour créer notre avenir nous anime au quotidien. »

Armel Le Cleac’h, skipper de Banque Populaire
« Je suis heureux de la dynamique qui est en train de naître, qui va permettra à ces formidables bateaux de se confronter et ainsi, de nous offrir de nouvelles aventures. »

François Gabart, skipper de MACIF
« C’est un nouveau défi à relever pour faire grandir nos rêves et les partager avec le plus grand nombre. »

Thomas Coville, skipper de Sodebo
« Cette dynamique collective est une chance unique pour promouvoir les fondamentaux véhiculés par la course au large : liberté, engagement, partage. »

Report de la Krys Ocean Race

Déjà privée de réel programme cette saison et après une première année difficile en 2012, la classe des MOD70 est de nouveau confrontée à une nouvelle déconvenue avec le report de la transatlantique, cette seconde édition de la Krys Ocean Race, prévue en mai 2014 est reportée en 2016.

L’organisateur avait déjà entamé des discussions avec les différentes classes de mulicoques océaniques et la course devait s’ouvrir aux Ultimes et aux Multi50′, ceci n’aura semble-t-il pas fédéré les armateurs qui n’ont pas répondu présents. Il est également prévu, si la course devait s’inscrire dans la durée de passer sur un cycle de 4ans, et qu’elle soit ouverte à tous les multicoques.

L’avenir s’assombrit donc encore un peu plus pour la classe monotype, seuls sept trimarans ont été construits, deux d’entre eux ne naviguent pas faute de budget (Race for Water de Steve Ravussin, et l’ex Foncia de Michel Desjoyaux), un autre a été acheté par un propriétaire (Orion Racing) et ne semble destiné qu’à des courses américaines, les quatre autres unités sont dotées de budget (Groupe Edmond de Rothschild, Oman Air Musandam, Spindrift racing et Virbac Paprec), mais sont privées de circuit et de courses.

En effet avec l’annulation de l’Ocean World Tour, un tour du monde par étapes l’année dernière, et de cette transatlantique, la classe perd sa substance, puisque les trimarans ne seront probablement armés que pour des courses côtières ou semi-hauturières. On pourrait voir quelques unités sur la Route du Rhum en novembre 2014, mais le programme des MOD 70 se résumera probablement à cet unique événement, Prince de Bretagne avait bien organisé un tour de l’Europe l’année dernière mais celui-ci n’a pas vocation à devenir annuel.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Qui plus est, le conflit entre armateurs des bateaux et l’organisation ne semble toujours pas réglé, le trimaran aux couleurs du Gitana Team a par exemple disparu de la liste des team sur le site officiel de la classe, certains concurrents avaient par exemple eu, la saison dernière, d’énormes difficultés à obtenir des pièces de la part de Multi SA.

Marco Simeoni, Président de MOD S.A. : « C’est avec une grande tristesse que nous avons pris la décision de reporter la KRYS OCEAN RACE qui devait pourtant s’annoncer comme un grand rendez-vous sportif au sein de la flotte des MOD70. Un contexte économique difficile conjugué à des choix stratégiques de certains partenaires et armateurs nous ont malheureusement contraints à devoir reporter l’évènement. MOD ainsi que ses partenaires Krys et la ville de Brest réfléchissent au format de l’édition future qui permettrait le plein succès de cette course autant sur un modèle sportif que économique».

Jean-Pierre Champion, Directeur Général de Krys Group : « Chacun a en mémoire les images de la 1ère édition : Ces « formule 1 » des mers, au pied de Manhattan, s’élançant pour rejoindre Brest en moins de 5 jours : une prouesse de chaque équipage qui fait écho à l’exigence quotidienne des 880 équipes d’opticiens KRYS. La 2ème édition se doit d’être encore plus ambitieuse et plus unique».

 

Départ reporté pour Thomas Coville

Thomas Coville, qui avait été contraint de renoncer à sa tentative de record autour du monde en solitaire, ne repartira pas ce lundi.

La réparation du balcon avant de son maxi trimaran a été terminée hier, mais après analyse des fichiers météos, les routeurs du skipper n’entrevoient pas un passage de l’équateur dans les temps du record de Francis Joyon (7 jours), ce pourquoi Thomas Coville reprend son stand-by à Brest.

« Ces situations de départ sont parmi les choses les plus difficiles à gérer dans les records, la fenêtre qui s’était ouverte s’est refermée. Toute l’équipe a travaillé 24h/24h pour que le bateau soit prêt à repartir. Mais ce matin, en analysant les prévisions à 6/7 jours, c’est à dire notre horizon jusqu’à l’équateur, on constate que l’anticyclone des Açores s’installe sur les Canaries et nous bouche la route. Dès Madère, il n’y a plus de vent, ce n’est donc plus une fenêtre acceptable. Nous ne sommes que le 18 novembre donc toujours tôt en saison mais je me sens aussi impatient qu’un jeune premier qui a très envie de partir ! »

Thomas Coville fait demi-tour

Thomas Coville, le skipper de Sodebo a pris la décision de faire demi-tour hier suite à une avarie.
Celle-ci est survenue hier vers 15h30, alors que letrimaran naviguait au portant dans 23 nœuds de vent, le cordage d’accroche du petit gennaker a rompu. En se brisant, le bout a entraîné la perte du balcon avant. Continuer vers les mers du sud sans ce balcon remettait en cause la sécurité du skipper, ce pourquoi il a fait demi-tour vers Brest afin de réparer, avant de repartir sur ce tour du monde, dès qu’une nouvelle fenêtre météo se présentera, ce qui pourrait être le cas en début de semaine prochaine.

Thomas Coville s’attaque de nouveau au record de Francis Joyon

Thomas Coville s’est élance sur sa tentative de record autour du monde en solitaire aujourd’hui  à 14h33’08’’ (heure française) au large d’Ouessant, dans 25 nœuds de vent de Nord et avec un courant favorable.

Pour battre le record détenu par Francis Joyon à bord d’Idec depuis  janvier 2008 (temps de 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes), le skipper du maxi trimaran Sodebo devra rejoindre son point de départ avant le 9 janvier 2014 à 4h06’14’’ (heure française).

Le skipper devrait empanner cette nuit pour plonger au sud en direction du Cap Finistère, le vent devrait forcir dans les heures qui viennent, puis il devrait de nouveau empanner sous la Corogne.

© Yvan Zedda / Sodebo

Thomas Coville : « C’est un mélange d’impatience et forcément de beaucoup d’émotion. Celle de laisser ses proches et de quitter la terre pour entrer dans un autre monde. Une fois dans le goulet de Brest, et surtout à Ouessant, je suis dans mon univers. Il faut savoir s’extraire rapidement et se concentrer sur ce qu’on a à faire mais la mer vous l’impose vite ! On a une fenêtre intéressante pour rejoindre l’équateur en sept jours. C’est la nature qui nous offre la fenêtre et pas l’inverse. C’est ça qui est beau. Nous sommes assez tôt en saison, ce qui est optimal en terme de climatologie pour l’hémisphère sud. D’après les études statistiques, du 10 novembre jusqu’au 15 décembre, nous sommes dans la période idéale. C’est donc un timing excellent et de bon augure pour la suite.

Je vais avoir 48 heures difficiles et très physiques pour quitter le Golfe de Gascogne. Je n’ai pas été le seul à attendre qu’il se calme. Comme nous l’avons vu sur la Mini Transat et la Transat Jacques Vabre, beaucoup de dépressions sont passées et la mer résiduelle est forte. Après les Canaries, l’alizé reste un peu plus mou. D’un fichier à l’autre, c’est mieux ou moins bien. Au final, nous n’avons pas voulu nous arrêter à ça. La fenêtre idéale n’existe pas et si tu l’attends toujours, tu ne pars jamais. » 

Thomas Coville s’élancera pour un nouveau tour du monde demain

Thomas Coville, skipper du maxi multi Sodeb’O, quittera Brest demain pour rejoindre la ligne de départ de son record autour du monde en solitaire demain. Il tentera de battre le record détenu par Francis Joyon sur Idec depuis 2008 en 57 jours 13 heures 34 minutes.

Les fichiers météo de ce soir confirment e bonnes conditions jusqu’à l’équateur, le départ se fera à la mi-journée.
Thierry Briend membre de l’équipe de routage du team Sodebo : « Avancer le départ nous permet d’optimiser la trajectoire générale jusqu’aux Canaries,. Cela nous permet aussi de bénéficier tôt d’un bon angle de vent pour gagner rapidement dans l’Ouest et de nous dégager des côtes et de la mer difficile au large de La Corogne. Thomas partira de jour, ce qui simplifie également les manœuvres délicates dans une zone comme Ouessant. En début d’après-midi, nous serons en début de marée descendante ce qui aplatira la mer et Thomas bénéficiera d’un courant favorable. Pour la suite et nos doutes sur la force de l’alizé sous les Canaries, la situation n’évolue pas beaucoup mais les quatre premiers jours promettent un bel enchaînement. »
Thomas Coville :  « C’est une belle fenêtre même si elle n’est pas parfaite, c’est toujours une cotte mal taillée une bonne fenêtre météo. Il faut accepter que ce ne soit pas idéal et savoir se faire violence pour s’élancer. Le départ se ferait demain en fin de journée à Ouessant avec 25/30 nœuds de vent de Nord et de la mer de face. Les 24 premières heures devraient être viriles entre le Golfe de Gascogne et le Cap Finisterre. Ensuite, nous pourrions dessiner une jolie trajectoire entre le large du Portugal et l’équateur, presque sur un bord. En revanche, nous avons une période de vent plus faible entre les Canaries et le Cap Vert, nous souhaitons donc attendre les prochains fichiers pour voir comment cela évolue. »

© Yvan Zedda / Sodebo

Déroulé de la journée de départ
H-4 = 9h : Le maxi-trimaran Sodebo largue les amarres de Brest
H-2 = 11h Thomas Coville est seul à bord du maxi-trimaran Sodebo
Autour de 13 heures : top départ !

L’équipage de Spindrift 2 décroche son premier record

L’équipage de Spindrift 2 mené par Dona Bertarelli et Yann Guichard ont décroché ce matin le premier record sur leur maxi trimaran (ex Banque Populaire V), en traversant l’atlantique sud (Cadix-San Salvador) en  6  jours, 14  heures,   29 minutes, et 21 secondes, soit une vitesse moyenne de 24,5 noeuds (sur les 3885milles de la route orthodromique). Spindrift 2 a réellement parcouru 4 503 milles nautiques, soit une vitesse moyenne de  28,41 noeuds. Le précédent record, détenu par Franck Cammas et son équipage sur Groupama 3 est ainsi amélioré de 20 heures, 29 minutes et 32 secondes.

L’équipage après avoir passé le thalweg, entre les deux anticyclones il y a 24 heures, a bénéficié de vents forts sur les derniers milles, après avoir passé la ligne, ils ont mis le cap sur Miami pour un check up du bateau avant un retour en équipage réduit, afin d’évaluer la faisabilité d’une Route du Rhum pour le skipper Yann Guichard.

 

Dona Bertarelli :

Une dernière nuit musclée : « Passée la zone de transition marquée par de nombreux épisodes orageux, nous sommes entrés sans transition ou presque dans de forts vents de secteur nord est. On a eu toute la nuit entre 30 et 35 noeuds, et l’état de la mer s’est rapidement dégradé, avec des creux de 5 à 6 mètres et des vagues courtes et croisées. On se serait cru en Méditerranée! C’était assez usant. Le bateau accélérait fort en bas des vagues et le travail à la barre était assez stressant. Il fallait progresser vers l’ouest rapidement sans trop solliciter le matériel. On avait la toile du temps et ça accélérait très fort… »

Passage de ligne : « Ce fut un moment rare, un peu curieux car San Salvador est une petite île, bordée de plages. Nous avons dû nous approcher très près du rivage pour distinguer le bateau à bord duquel l’officiel du World Speed Sailing Record Council avait pris place. C’était un peu stressant à cause de la proximité des bancs de sable. Puis il y a eu explosion de joie à bord… un beau moment… « 

Record : « Nous avons réalisé une belle route, une trajectoire efficace. Je crois que ce nouveau record sera difficile à battre. On a le résultat que nous étions venu chercher. C’est une grande satisfaction… »

Emotions : « C’est énorme. L’émotion était au rendez vous au moment du passage de la ligne. J’ai pris un plaisir immense durant cette course, ma première traversée de l’Atlantique, en course, en record… avec un beau résultat à la clé. Tous les doutes que je pouvais avoir sur ce bateau ont été levés. La machine est extraordinaire, et combinée avec un formidable équipage, suite à une superbe préparation réalisée par l’équipe à terre, un choix de route judicieux, l’excellent travail de navigation réalisé par Erwan Israel, avec Richard Silvani à terre… « 

Sur le plan personnel…  » Au delà de l’immense plaisir et de la satisfaction du résultat, je crois avoir beaucoup appris sur moi-même. J’ai barré dans des conditions très dures, notamment la nuit dernière sur une mer vraiment désordonnée, et dans 35 noeuds de vent. Yann était à mes côtés car cela peut devenir très physique. Ce bateau dispose d’une puissance incroyable. La course est terminée. Nous rentrons sur Miami et je ne ressens pas la moindre lassitude. Je pense déjà au Trophée Jules Verne… « 

A propos de Yann Guichard : « J’ai découvert davantage encore Yann le skipper, Yann le meneur. Son sang froid, sa sérénité, son calme en toutes circonstances sont impressionnants. C’est un homme très structuré dont il émane beaucoup de confiance en soi et de pragmatisme… « 

L’équipage : « Nous avions constitué un savant mélange de compétences et d’expériences très diverses, issus de la Coupe de l’America, du Figaro, de la voile légère ou hauturière… et le mariage des compétences a merveilleusement fonctionné… »

Une femme et 13 hommes : « Il faudra demander à l’équipage son sentiment d’avoir eu une femme à bord. En ce qui me concerne, et peut-être parce que j’ai grandi dans un univers masculin, et que j’ai toujours navigué avec des garçons, cela ne m’a pas causé de problèmes particuliers. Très rapidement, on s’est tous retrouvés à partager les mêmes choses. On a appris à se connaître petit à petit, à tout partager, dans une ambiance vraiment amicale… »

Yann Guichard :

Chrono : « Nous sommes partis dans une belle fenêtre météo. On savait dès le départ de Cadix qu’il y avait moyen de réaliser quelque chose de grand. C’est fait, et bien fait, avec un super Chrono. Mais ce n’était pas joué d’avance. Nous savions que le dernier tiers du parcours serait compliqué. On a eu beaucoup de vent et beaucoup de mer sur le tronçon Cadix-Canaries, puis sur les dernières 24 heures. La traversée du col barométrique a été un moment stressant, quand des grains orageux nous ont arrêté à plusieurs reprises. On a terminé très vite, dans des conditions très dures pour les hommes et le bateau. C’était la première traversée pour Spindrift 2, pour Dona aussi. Nous sommes tous heureux et satisfaits. « 

Secret : « La recette est simple : un bel équipage, une belle fenêtre météo, une superbe route au plus près de l’ortho, une formidable machine très bien préparée. Et ne jamais se laisser dépasser par le bateau… On a tous très bien vécu ensemble, et cela donne envie d’aller plus loin avec ces hommes et ce bateau. »

En pensant à Colomb : « Cette arrivée est chargée d’émotions. On a beaucoup pensé à Christophe Colomb en approchant des îles. On essayait d’imaginer ces hommes arrivés là après plus de 70 jours de mer. On a ressenti un grand respect pour eux. C’est aussi cela la magie de ce record, cet ancrage dans l’histoire des grandes découvertes… »

Dona : « Dona est fière d’un travail bien fait. Je l’ai senti heureuse, très à l’aise à bord. Elle a beaucoup barré, et dans des conditions très difficiles…. »

 

335 milles d’avance pour Spindrift 2 et moins de 1000 milles à parcourir

Dona Bertarelli, Yann Guichard et leur équipage poursuivent leur record sur la Route de la Découverte avec une belle avance sur le record, celle-ci se porte ce soir à plus de 335 milles et ce avec moins de 1 000 milles de l’arrivée à San Salvador. L’équipage du maxi trimaran maintient depuis le départ une moyenne de quasi 30 noeuds  (environ 26 sur la route directe théorique).

Le trimaran se trouve actuellement dans le thalweg, zone de basse pression entre l’anticyclone des Açores et celui des Bermudes, l’équipage devrait passer cette zone dans la nuit et retrouver des vents soutenus au matin pour ensuite être accompagné par un flux supérieur à 20 noeuds jusqu’à l’arrivée.