
Banque Populaire V est parti pour le Trophée Jules Verne



B.STICHELBAUT/BPCE
La cellule météo du Maxi Banque Populaire V, composée de Juan Vila (navigateur embarqué), Marcel van Triest (routeur à terre), Ronan Lucas (directeur du Team) et de Loïck Peyron scrutait cette fenêtre depuis plusieurs jours comme l’explique le skipper : « Les fichiers météo reçus ce matin rejoignent les prévisions que nous avions. Il y a en effet un grand front, très étalé entre l’Irlande et le Portugal qui arrive et il serait fou de ne pas tenter de partir. Nous quitterons donc le port avant la tombée du jour, vraisemblablement vers 17h et attendrons tranquillement devant la ligne de départ. Car jusqu’aux environs de 20h, il y aura peu de vent et il ne sera pas assez bien orienté, nous allons donc attendre qu’il passe Nord/ouest et se renforce. Pour le moment, ce qui est certain, c’est que nous allons partir dans des conditions météo humides, avec un vent léger qui va très vite se renforcer au large du Cap Finisterre. Mais comme on ne peut pas tout avoir, ce vent fort ne sera pas parfaitement orienté, il nous faudra tirer des bords entre le Portugal et Madère.
L’anticyclone des Açores se décale bien, il devrait générer des alizés, pas forcément très forts, mais intéressants qui nous assureraient des moyennes relativement efficaces. Enfin, et comme je le dis depuis notre arrivée à Brest fin octobre, nous gardons à l’esprit l’éventualité d’un retour dans 2-3 jours si nous voyons que nous ne sommes pas dans les temps du record, car nous sommes encore en novembre, et avons par conséquent encore la possibilité de le faire. »
Loic Peyron et sa cellule météo ont pris la décision de ne pas prendre le départ du Trophée Jules Verne aujourd’hui, la situation encore favorable hier s’est dégradée sur l’Atlantique nord et sur les premières heures après le départ (vent faible et mer formée), ces conditions auraient provoqué un retard conséquent jusqu’aux Canaries, incompatible avec les temps du record, ce qui a poussé le skipper, son équipage et les météorologues à renoncer à un départ.

Loic Peyron : « Nous ne partons pas. Ce n’est pas une surprise dans le monde des chasseurs de records. Il faut être attentif et prêt à choisir la moindre proie et dans notre cas, la proie est de taille. Nous observons les évolutions météo depuis une semaine et nous étions prêts à prendre un petit risque, à partir dans des conditions pas favorables du tout ici au large de Brest, avec très peu de vent et une mer formée. Quitte à avoir du retard à l’Equateur pourquoi pas mais avec un Sud pas mal du tout. Il s’avère qu’ici ça s’est dégradé franchement et qu’il n’y a pas assez de vent pour décoller de Ouessant et trop de mer pour pouvoir démarrer et aller accrocher du vent assez intéressant au large. Dans ces cas là, ça nous met vraiment en retard aux Canaries et le fameux anticyclone des Açores est en promenade à Madère, ce qui nous obligerait à passer au ras des côtes et à arriver à un temps à l’Equateur qui n’est pas bon du tout. Tout l’équipage était prêt. Il faut être prêt tout le temps, c’est tout l’esprit d’un commando. On ne sait pas à quel moment on va pouvoir attaquer, mais pour le moment la paix subsiste ! Fort heureusement, les systèmes météo ne sont absolument pas figés en ce moment sur l’Atlantique et nous regardons déjà ce qu’il se passe dans les dix jours qui viennent. Si d’aventure nous ne partons pas dans un avenir proche, nous ferons une session d’entraînement. Nous avons convenu de nous retrouver tous les quinze jours pour naviguer s’il n’y a pas de fenêtre. Il ne faut pas oublier que nous ne sommes à Brest que depuis trois jours… »
Loick Peyron et son équipage ont convoyé leur maxi trimaran Banque Populaire 5 à Brest lundi, le multicoque ne devrait pas tirer longtemps sur ses amarres avant de s’élancer autour du monde, en effet, le skipper et les routeurs envisagent un départ demain avec un passage de la ligne de départ du Trophée Jules Verne au large de Ouessant dans l’après midi.

© B.STICHELBAUT/BPCE
Cette fenêtre ne semble pas idéale, mais devrait être tentée, ce qui permettrait à l’équipage de faire demi-tour si elle s’avérait insuffisante, les explications de Loick peyron, le skipper du maxi trimaran : « Nous avons décidé avec Ronan Lucas (directeur du Team Banque Populaire) de convoquer l’équipage à Brest, car nous observons depuis une semaine déjà une fenêtre de tir possible. Nous regardons très attentivement les systèmes météo dans l’Atlantique Nord et l’Atlantique Sud et constatons que les prévisions dans le Sud sont très bonnes à 10-12 jours mais qu’en revanche il y a une sorte d’irrégularité dans les prévisions de l’Atlantique Nord. Il y a encore quelques jours la situation était bonne, mais elle se dégrade au fil du temps. Notre problématique actuelle est la suivante : pour le moment nous n’avons que très peu de vent pour partir de Ouessant (alors qu’en général on part dans des conditions de brise pour un Jules Verne), et si nous n’arrivons pas à « décoller » assez vite de cette zone, nous nous retrouverons bloqués au niveau des Canaries. Maintenant, il y a tout de même une opportunité, un petit trou de souris à saisir, car si on arrive à « décoller » de Ouessant, on pourra réussir à attraper la dépression à temps et arriver à l’Équateur puis dans le Sud dans de très bons temps.
Ce qui est probable, c’est que nous prenions du retard au début, car la situation en Atlantique Nord nous oblige à tricoter, mais nous sommes prêts à prendre ce risque car il peut en valoir la peine ! Enfin, nous gardons à l’esprit, comme je l’ai toujours dit, qu’un retour au ponton sans franchissement de ligne est possible, de même qu’après avoir franchi la ligne, nous pouvons constater que nous sommes vraiment trop en retard et que nous n’arriverons pas à attraper la bonne situation dans l’Atlantique Sud, nous déciderons donc de rentrer à Brest. Nous sommes début novembre, nous pouvons donc nous permettre de partir et revenir dans moins d’une semaine. »
Lionel Lemonchois et les représentants de la marque Prince de Bretagne ont détaillé le projet du futur Maxi trimaran hier, sans surprise, le choix du cabinet VPLP comme architectes et de Multiplast comme chantier ont été confirmés.
La construction, basée sur la plate forme du 60′ ORMA Sodeb’O devrait débuter dans les jours qui viennent à Vannes, comme le confirme le skipper dont le principal objectif est de remporter la Route du Rhum 2014.
Lionel Lemonchois : « En ce qui concerne l’architecte, choisir VPLP paraissait logique. D’abord parce que ce cabinet a construit le 60 pieds Sodebo, ensuite parce qu’en terme d’acquis, d’expériences et de résultats, il a fait ses preuves. Disons que s’engager avec eux, c’était minimiser les risques. Le chantier débutera le 2 novembre chez Mutiplast à Vannes pour une mise à l’eau en septembre 2012. Pour la longueur, nous partons sur un 80 pieds. Nous avons déterminé la longueur du Maxi à partir des analyses réalisées par les architectes par rapport à ce que je voulais dès le départ, c’est-à-dire à peu près le même déplacement qu’avait Sodebo au niveau du poids et de la masse, etc… Le but ? Pouvoir garder le mât, l’accastillage et ainsi ne pas partir dans une spirale de coûts délirante. Au final, nous aurons un 80 pieds pour moins cher qu’un 60 pieds il y a cinq ans. »
En ce qui concerne l’avenir du trimaran de la classe Multi 50′, aucune décision ne semble avoir été prise, Lionel Lemonchois et Prince de Bretagne ont à priori défini un programme sur le maxi trimaran pour 2013, le 50′ devrait donc être utilisé pour la saison 2012.
Emmanuel Descloux : « Notre décision n’est pas arrêtée (concernant le Multo 50′). Toutes les options sont encore possibles. En tous les cas, le résultat de la Transat Jacques Vabre n’influencera pas la décision finale. Pour commencer, nous devons avaler le gros morceau de la construction du Maxi. Nous nous sommes engagés à garder un budget constant entre le Multi50 aujourd’hui et le Maxi 80 demain. »
Il semblerait que Marc Thiercelin soit débarqué du programme de DCNS après la Transat Jacques Vabre qu’il disputera en double en 60′ IMOCA avec l’ancien skieur Luc Alphand, le skipper aurait acheté l’ex Oman Sail, le maxi trimaran mené par Sidney Gavignet sur la dernière Route du Rhum et sistership de Sodeb’O.
Marc Thiercelin serait donc à la recherche de sponsors pour terminer les réparations de ce trimaran, fortement endommagé après son chavirage de 2010 (coque centrale et bras de liaison tribord), et s’enger sur un projet de tour du monde par les deux pôles.
Loïck Peyron a dévoilé hier l’équipage qui l’épaulera dans la tentative de Trophée Jules Verne, dont le stand-by débutera à la fin du mois.
Pas de révolution au sein de l’équipage du maxi-trimaran, l’équipage sélectionné par Pascal Bidégorry l’année dernière est reconduit à l’exception de Jérémie Beyou, à la recherche d’un budget pour le prochain Vendée Globe et d’Erwan Tabarly, qui semble pour sa part avoir trouver un sponsor et un bateau (l’ex Foncia) pour ce Vendée Globe. Jean-Baptiste Le Vaillant qui avait intégré l’équipage lors du record de traversée de l’Atlantique Nord sera chef de quart alors que Thierry Duprey du Vorsent, qui avait effectué la tournée méditerranéenne du trimaran, aura un poste de régleur/barreur dans le quart de Fred Le Peutrec.
Juan Vila est reconduit au poste de navigateur embarqué, alors que Marcel Van Triest assurera le routage à terre du bateau.
Le temps de référence à battre sera de 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes pour décrocher ce Trophée Jules Verne.
Loick Peyron : » Un chef d’orchestre doit savoir écouter, beaucoup, et si possible être extrêmement bien secondé par tous les solistes. Un équipage a besoin d’être guidé, pour bien jouer ensemble, il faut regarder dans la même direction. Mon rôle est donc d’imprimer un rythme, une ambiance, une confiance. Pour faire un bel orchestre, il faut de bons musiciens. La musique est belle, l’instrument est incroyable ».
Hors quart
Loïck Peyron, skipper
Juan Vila, navigateur embarqué, responsable électronique/informatique
Quart n°1
Jean-Baptiste Le Vaillant, chef de quart, responsable voiles
Kévin Escoffier, barreur/régleur, responsable vidéo et structure
Xavier Revil, barreur/régleur, responsable avitaillement et vie à bord
Florent Chastel, numéro 1, responsable médical et gréement courant/dormant
Quart n°2
Frédéric Le Peutrec, chef de quart
Emmanuel Le Borgne, barreur/régleur, responsable médical et composite
Thierry Duprey du Vorsent, barreur/régleur, responsable mécanique et énergie
Ronan Lucas, numéro 1, responsable sécurité
Quart n°3
Yvan Ravussin, chef de quart, responsable composite
Brian Thompson, barreur/régleur
Pierre-Yves Moreau, régleur, responsable mécanique et hydraulique
Thierry Chabagny, numéro 1, barreur/régleur, responsable accastillage et voiles
Marcel van Triest, routeur à terre
Le maxi-trimaran IDEC est arrivé en milieu de semaine à Lorient, avant de rejoindre le chantier Multiplast.
Francis Joyon et son équipage composé de trois marins ont convoyé le trimaran géant sous gréement de fortune des côtes américaines à la Bretagne, le bateau va désormais entrer en chantier afin de remettre en état la plate forme et le mât suite au chavirage survenu fin août lors de la tentative de record en solitaire de l’Atlantique Nord.
Lionel Lemonchois a mis à l’eau le trimaran de 60′ ORMA de Prince de Bretagne, à la Trinité. Son équipe a effectué cette manoeuvre avec l’aide de celle de Sodeb’O qui se sépare donc de son 60′ qui a connu de nombreux succès avec Thomas Coville à la barre.

© Marcel MOCHET
Le bateau a été mâté dans la foulée, il a ensuite passé une nuit au port de la trinité avant d’être convoyé à Lorient le lendemain. L’équipe de Prince de Bretagne va désormais lancer la phase d’études afin de transformer le bateau en maxi multicoque.
Forts de leur succès sur la Route du Rhum en Multi 50′, Lionel Lemonchois et Prince de Bretagne ont décidé de se lancer un nouveau défi, en effet ils ont décidé de racheté le 60′ ORMA Sodeb’O de Thomas Coville, afin de rallonger le bateau pour qu’il puisse courir en classe Ultime.
Lionel Lemonchois avait imaginé un projet similaire lorsqu’il était skipper chez Gitana, le projet avait abouti à Gitana 11 en version 77′, mais le double vainqueur de la Route du Rhum avait été débarqué avant la mise à l’eau du bateau.
Le 60′ sera dans un premier temps loué jusqu’à la fin de l’année afin de lancer les études en collaboration avec les architectes VPLP puis acheté avant la mise en chantier, pour une mise à l’eau prévue en 2012. Le skipper prévoit une nouvelle coque centrale ainsi que les flotteurs, en conservant le reste du trimaran qui devrait atteindre une taille de 80′.
Lionel Lemonchois : « Je suis vraiment heureux de partir sur un nouveau projet tel que celui-ci. Partir d’une page blanche, cogiter, créer et modifier un 60 pieds, c’est toujours très enrichissant. J’ai cette idée et cette envie dans la tête depuis déjà longtemps et je suis ravi que Prince de Bretagne m’accorde sa confiance aujourd’hui pour que nous nous lancions ensemble dans cette aventure. La confiance de son partenaire, c’est valorisant et important. Je n’ai jamais navigué sur le 60 pieds « Sodeb’O » mais je sais que c’est un bon bateau. Nous allons partir d’une bonne base et construire une jolie bête de course. »
Joseph Rousseau, président du Cerafel (Prince de Bretagne) : « Avec ce nouveau projet, nous renforçons notre engagement dans la voile. A l’issue de la Route du Rhum, nous avons eu ce souhait et cette réflexion en constatant deux choses. La première, que nous avions un ‘vrai chef’ à bord de notre multi50 et la deuxième, que l’on parlait beaucoup du grand gagnant de la course, toutes catégories confondues. Nous avons alors voulu donner les moyens à Lionel d’exprimer tout son talent. L’ambition est une valeur que Prince de Bretagne partage avec son skipper. »
Jean-François Jacob, secrétaire général de la SICA : « La classe Ultime est pour nous une évolution normale qui confirme notre intérêt et notre volonté de monter en puissance dans notre communication tournée vers la mer et vers la voile. Nous avons de belles échéances devant nous et notamment la Route du rhum 2014, sur laquelle nous viendrons jouer la grande victoire. D’ici là, le bateau naviguera sur un programme qui n’est pas encore défini entre les courses et les campagnes de record auxquelles un bateau de cette classe peut prétendre. »