Un peu plus de 2 mois après son arrivée victorieuse à Brest à l’issue du Trophée Jules Verne, le trimaran Groupama 3 a été remis à l’eau à Vannes au chantier Multiplast.Le bateau a été remis en état après ce tour du monde et adapté aux navigations en solitaire, en vue de la Route du Rhum 2010, à laquelle participera le skipper Franck Cammas.
Le plan de pont a été modifié de manière à ce que l’ensemble des manoeuvres de voiles et appendices soit à portée de chacun des postes de barre.La descente en carbone a disparu. L’intérieur de la coque centrale a été vidé et ne dispose plus que d’une couchette, et d’une table à cartes.
Les premiers essais en mer prévus sont prévus à partir du 10 juin prochain,d’ici là le trimaran sera doté d’un nouvel espar carbone construit au chantier Lorima et d’une taille inférieure à la version équipage.
Francis Joyon a remis son trimaran Idec à l’eau, après quatre mois de chantier dans le chantier Marsaudon à Lorient, le but était d’améliorer le bateau avant la Route du Rhum, que disputera le skipper.
La principale modification de ce chantier dhiver a été l’installation de foils, qui devraient améliorer sensiblement les performances du trimaran comme l’explique Francis Joyon : « globalement, le bateau ‘monte’ sur ces appendices, ce qui réduit le frottement et dans certaines conditions, le gain de vitesse est très important : 4 à 5 nœuds ».Thomas Coville, skipper de Sodeb’O, quasi sistership d’Idec a aussi adapté ces appendices à son maxi trimaran.
Autre amélioration côté voiles Idec disposera cette fois d’un jeu flambant neuf et d’une grand voile à corne permettant de gagner 30m² de toile
L’équipage du maxi trimaran Banque Populaire V s’est offert le record de la Méditerranée en 14 heures 20 minutes et 34 secondes à une vitesse moyenne de 33,24 noeuds ; améliorant le temps établi par Franck Cammas et ses équipiers sur Groupama 3 il y a presque 1 an jour pour jour de 2heures 47mn et 47s.
Pascal Bidégorry et son équipage avaient franchi la ligne de départ samedi 15 mai à 05 heures 56 minutes et 56 secondes, des vents soutenus ont permis aux hommes de Banque Populaire V d’aligner les milles en limitant les manoeuvres , alors que Groupama 3 avait du enchainer les empannages.
Banque Populaire V s’offre donc son 3ème record après celui de l’Atlantique Nord et des 24 heures.
La réaction du skipper Pascal Bidégorry à l’arrivée : « Ca fait excessivement plaisir. Comme on a pu le faire sur l’Atlantique Nord ou le record du monde à la voile en 24h, nous n’avons pas fait dans la demie mesure. Battre un record de la Méditerranée de 2h 47 m et 47 s, si on m’avait dit ça avant le départ, je n’y aurait pas cru. C’est très satisfaisant de naviguer sur ce bateau, on a vraiment une super équipe à bord. On a été bien aidés par une conjoncture de mistral et de tramontane associés à une petite dépression au nord de la Corse, ce qui nous a permis d’arriver à tout faire sur un seul bord (avec un empannage juste au départ), même si cela n’a pas été évident. En effet, sur les dernière heures, ça s’est fait à quelques mètres prés. Il a fallu qu’on renvoie beaucoup de toile pour arriver à glisser le long de la Tunisie pour arriver à rallier la pointe juste avant la baie à Tunis. A ces vitesses là, et surtout avec la mer qu’il y avait , au bout d’1H30 de barre, on était fatigués. On a essayé de faire des petites siestes de 20 minutes comme sur la Solitaire du Figaro. Autrement l’équipage était quand même présent pour toutes les manœuvres, les 12 hommes, puisqu’on a besoin de 12 pairs debras pour manœuvrer ce beau bateau. Cela a été excessivement intense. On a fait une pointe à 45 nœuds et des poussières juste avant de couper la ligne d’arrivée. Comme la mer était plus plate à l’arrivée, nous avons pris plus de vitesse. Ce qui n’a pas été le cas sur le reste de la traversée, car la mer méditerranée dès qu’il y a du vent, devient très courte avec des gros creux d’ailleurs. On a été bien aidés par la longueur du Maxi trimaran Banque Populaire. Pour conclure, ça fait vraiment plaisir et c’est du pur bonheur d’être entouré de gens aussi compétents. Ce sont des petites expériences comme ça qui forgent aussi une belle synergie de groupe, et j’en suis ravi »
Banque Populaire V a quitté le port de la Ciotat à 17h30 pour rejoindre Marseille, Pascal Bidégorry et les 11 membres de l’équipage vont se mettre en attente sur la ligne de départ virtuelle située entre l’ancien Sémaphore de Frioul et le Centre Nautique du Prado.
Dans quelques heures ils s’élanceront sur cette tentative de record de 455 milles nautiques détenu par Franck Cammas depuis le 16 mai 2009 en 17 heures 8 minutes et 23 secondes.
les conditions semblent réunies pour battre ce record, comme l’explique le skipper : « Nous avons une opportunité intéressante : avec du vent de 30 à 35 nœuds fichiers, il va tout de même falloir être vigilant car cela va être puissant. Il faudra aller vite sans s’emballer ! Il y aura un petit empannage d’une ou deux heures à faire rapidement pour bien caler le bateau sur la bonne trajectoire. Le positionnement de départ va être capital pour la suite.»
Après son escale forcée à Dingle (Irlande), suite à une avarie de flotteurs, Yann Guichard a convoyé le trimaran Gitana 11 en solitaire vers sa base technique de Saint Philibert le 26 avril.
Le bateau est donc à nouveau entré en chantier, comme l’explique Cyril Dardashti, le team manager du team « Suite aux faiblesses détectées sur les flotteurs, l’équipe technique va appliquer le principe de précaution et procéder à l’inspection de l’ensemble des coques. Rien ne peut et ne doit être laissé au hasard et ces opérations nécessitent que Gitana 11 retourne en chantier ».
Les réparations seront menées selon les directives du bureau d’études du Gitana Team, du cabinet d’architecture navale VPLP et la société HDS, spécialisée dans le calcul de structure.
Le team n’a pas communiqué sur la date de remise à l’eau du bateau qui fait partie des favoris de la prochaine Route du Rhum.
La mise à l’eau de ce début de semaine a été celle de Sodeb’O qui a rejoint le port de la Trinité sur Mer hier, le trimaran géant de Thomas Coville a subi un gros chantier d’hiver qui a permis l’ajout de foils sur les flotteurs, le gain devrait être conséquent comme l’explique le skipper « si bien sûr les valeurs théoriques se réalisent, cette nouvelle configuration nous permettrait de passer sous la barre des 57 jours sur un tour du monde en solitaire ! Les foils vont nous permettre d’être moins archimédien, plus aérien. On devait avoir la culture du bateau pour « maturer » cette évolution avec laquelle le bateau va passer dans une autre ère. Grâce au mât basculant et aux foils, le Sodeb’O devrait être terriblement boosté : il va voler ! Reste à fiabiliser au maximum les pilotes automatiques qui vont être particulièrement sollicités. Nous avons intégré entre autres un compas gyroscopique utilisé par l’armée. Réactivité des vérins, du bras, tout a été développé en interne. »
Autre nouveauté, la décoration du bateau a été revue en profondeur pour le lancement du nouveau logo Sodeb’O et de cette nouvelle saison chargée pour Thomas Coville qui s’élancera sur le record de la Route de la Découverte, sur la Route du Rhum et autour du monde en fin d’année.
Interview Fred Le Peutrec par Olivier Clerc de Ouest France, le récent détenteur du Trophée jules Verne avec l’équipage de Groupama 3 revient sur le tour du monde, l’ORMA, le MOD 70, l’America’s Cup, les circuits D35, Extreme 40, les G Class…. au cours de cet entretien très complet.
Des résumés de la conférence l’Avenir du multicoque qui s’est tenue à Lorient il y a une semaine, sur le blog de Sensation Sailing Team qui et sur MonsieurJojo.net
A voir :
Résumé du Trophée Jules Verne victorieux de l’équipage de Groupama 3 en 13 minutes sur Sailing News
Au salon du multicoque de Lorient, VoilesetVoiliers.com dévoile le 60′ ORMA de croisière : Pardaoxe 60, construit dans les moules de Fujifilm par le chantier Marsaudon (en fin de vidéo, à 5:03)
Yann Guichard à la barre de Gitana 11 avait quitté la Trinité sur Mer le 13 avril pour une session d’entrainement en solitaire de 5 jours, après 72 heures de navigation, le skipper du trimaran pour la prochaine Route du Rhum a été contraint à une escale technique dans le sud de l’Irlande suite à une avarie sur le flotteur tribord.
Le multicoque de 77′ naviguait alors à proximité du Fasnet après un longbord de portant, l’équipe du Gitana Teama donc pris la décision, en concertation avec Yann Guichard de dérouter le bateau vers Dingle afin d’effectuer les réparartions nécessaires avant le retour vers la Bretagne.
Les premières constatations laissent penser que cette avarie peut être consécutive soit à une rencontre avec un OFNI (Objet Flottant Non Identifié), soit aux chocs répétés d’une mer formée et casse-bateau (35 nœuds et 3 à 4 mètres de creux).
Quelques interviews post Jules Verne à découvrir :
Franck Cammas, interrogé par Axel Capron pour Sports.fr, qui revient sur ce tour du monde mais aussi sur l’engagement de Groupama sur la Volvo Ocean Race et sur la Route du Rhum qu’il disputera en solo sur Groupama 3.
Lionel Lemonchois, de nouveau sur Sports.fr, qui disputera lui aussi la Route du Rhum, dans la catégorie Multi 50′
Bruno Peyron , interrogé par Manon Borsi pour VoilesetVoiliers.com, à propos de The Race 2, le baulois dévoile ses projets pour l’ex Orange 2, les différentes « classes » susceptibles de participer à la course, la concurrence des MOD 70 et l’éventuel lancement d’une classe G100 (basée sur le modèle de la classe A100 développée par l’Oman Sail).
A voir, quelques projets :
l’Extreme 90, de Tornado Sport, catamaran de 90′ à foils, avec aile rigide, sorte d’hybride entre les deux multicoques ayant disputé la 33ème Coupe de l’America, imaginé suite à ce duel entre les 2 géants, et ayant donc peu de chances de voir le jour. A voir ici
Le M32, par Marstrom, catamaran à dérives courbes/foils, destiné au raid côtier, et transportable en container de 40′.
Après deux tentatives avortées sur casse (en 2008 et 2009), Franck Cammas et ses hommes : Fred Le Peutrec, Stève Ravussin, Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Loïc Le Mignon, Ronan Le Goff, Bruno Jeanjean, Jacques Caraës et Stan Honey ont décroché le Trophée Jules Verne hier à 22h40 en franchissant la ligne d’arrivée de leur tour du monde.
L’équipage de Groupama 3 a effectué le tour du monde à la voile en 48 jours 07 heures 44 minutes, améliorant l’ancien record d’Orange II de 2 jours, 8 heures 35 minutes.
Cette tentative n’aura pas été de tout repos pour ces 10 hommes, puisqu’ils ont rencontré à plusieurs reprises des conditions météo difficiles notamment entre le Cap Horn et l’Equateur avec un gros retard à combler, l’expérience de cet équipage, la fiabilité et les capacités du bateau ont permis aux 10 marins de décrocher le record le plus prestigieux et le plus difficile : 22 tentatives en 17 ans et seulement 7 succès.
Groupama 3 a donc parcouru les 21760 mn (route orthodromique soit la distance « officielle ») à la vitesse moyenne de 18.76 noeuds. Sur le fond, Groupama 3 a parcouru 26830 milles nautiques à la moyenne de 23.13 noeuds.
Les réactions d’anciens détenteurs du Trophée Jules Verne :
Olivier de Kesauson : « Bravo pour cette performance extraordinaire… Bravo pour n’avoir jamais baissé les bras ! Bravo pour avoir construit à leur tour, dans l’esprit de la plus belle et de la plus audacieuse des épreuves au Monde, une histoire magnifique. Bienvenue à Franck Cammas et à son exceptionnel équipage dans le Club des détenteurs du Trophée Jules Verne. »
Message de Bruno Peyron : « Bravo à toute l’équipe de Groupama pour ce parcours exemplaire autour du monde. Je sais la somme de compétences, d’efforts et d’engagement nécessaire à un tel résultat : le design team, l’équipe technique, l’équipe météo, l’équipage et aussi le sponsor dont il faut saluer la détermination et qui a su faire confiance à son équipe y compris dans les moments difficiles. Tous méritent ce succès construit avec méthode. Ils écrivent ainsi, ensemble, une nouvelle belle page de l’histoire du « Trophée Jules Verne ». Je suis fier d’avoir été battu par la meilleure équipe de multicoque océanique actuelle et j’ai hâte de relancer notre équipe pour la « reconquête ».
Je leur souhaite de devenir la meilleure équipe en monocoque dans la VOR et j’espère qu’ils viendront nous rejoindre sur la ligne de départ de The Race II. En tout cas c’est un défi que je leur lance, non plus par chronomètre interposé mais … bord a bord ! »
Franck Cammas : «Une joie immense ! Je crois qu’avoir mis tant d’énergie et de temps sur ce projet et arriver au bout, c’est super. C’est le travail acharné d’une équipe et de notre partenaire Groupama qui n’a jamais lâché le morceau. C’est super que ça se termine de cette façon. La clé, c’est que quand il y a des échecs, il faut les utiliser, car c’est l’expérience, la connaissance et la fiabilisation du bateau. C’est ce qu’on a prouvé aujourd’hui. C’était beaucoup plus intense que je l’imaginais, mais on aime ça et évidemment c’était 50 jours d’émotions extrêmement fortes. On avait confiance dans notre bateau et dans le concept de trimaran. C’était une « dream team » et c’est une somme d’expériences et de talents. Parfois il fallait que je tranche avec mon feeling parmi les idées de tout le monde. J’ai appris énormément : c’était super. L’image qui restera, c’est le passage du cap Horn. On était comme des gamins…»
Fred Le Peutrec : « Ce Trophée, c’est un mélange de choses, une sorte de fondu enchaîné entre ce que j’ai eu envie de vivre quand j’étais gamin et la réalité ! J’ai toujours l’impression que ce sont d’autres qui l’ont fait, d’être désincarné, que ce n’est pas moi qui y était… Une émotion débordante, un moment hors du temps. Je l’ai rêvé en voyant les autres équipages partir et revenir. C’est concret et en même temps fuyant. Le parcours de Groupama 3 depuis trois ans a tout de même été semé d’embûches : décrocher le Trophée de cette manière, sur le fil du rasoir, dans les derniers jours de mer, alors que nous avions failli ne pas partir, c’est magique ! »
Lionel Lemonchois : « Arriver à Brest, c’est toujours génial ! On a fait du mieux qu’on a pu et c’est passé sur la fin. Super ! On a eu des conditions très variées et pas toujours favorables, et celui qui arrivera à enchaîner les bons systèmes météo d’un bout à l’autre, fera un carton… Mais je ne sais pas si cela est possible. Ce qu’il faut, c’est être constant, naviguer bien en permanence, et avoir un bon bateau : c’était vraiment le cas avec Groupama 3. L’équipage était super et cela rend les choses faciles : chacun était à sa place comme ce fut le cas avec Bruno Peyron. Ce qui est essentiel et motivant, c’est de monter une belle équipe et Franck Cammas a parfaitement réussi son casting ! 48 jours de mer, à dix enfermés dans un huis clos, ce n’est pas anodin : ce n’est pas que de la technologie, c’est d’abord du rapport humain. Le bateau était vraiment facile : c’est un petit voilier de 32 mètres ! À trois sur le pont, on pouvait presque tout faire. Avec des moments inoubliables comme lorsque nous avons piqué sur le cap Horn à plus de 40 noeuds, sous un ciel de traîne et huit mètres de creux… 48h extraordinaires. »
Thomas Coville : « On avait fait une première tentative, on avait cassé, on s’était arrêté à Cape Town. On sentait qu’on avait un groupe très fort, capable de se remettre en place dans des conditions pas forcément évidentes et faciles. Il y avait une véritable audace et une vraie envie d’en découdre. Un tour du monde, c’est quelque chose de global, c’est un raisonnement de terrien de vouloir le découper en morceaux ! On s’est fait un reaching vraiment poussé avec Stève Ravussin. On était rentrés dans l’euphorie… Le bateau volait littéralement et les gars sont sortis sur le pont pour nous demander si on n’était pas sur une autre planète ! Il avait la banane… Moi j’étais ailleurs… C’était fabuleux ! »
Loïc Le Mignon : « Sur la fin, c’était assez long car on n’a pas eu des conditions faciles depuis les Açores. On a eu des coups de mou, mais on avait un bateau polyvalent et formidable, en gagnant du terrain, on repartait de l’avant et le moral avec ! On n’a pas eu peur jusqu’au bout, mais ce n’était pas acquis ! Ce n’était pas facile, mais on a grappillé du temps sur la remontée. On a eu pas mal de plaisir ! »
Bruno Jeanjean : «La plus belle image, c’est celle de l’arrivée, avec le record à la clé, le public brestois et le beau temps de Bretagne. Surtout que moi, c’est mon premier tour du monde, je n’ai pas l’habitude d’avoir tout ça autour, c’est très agréable ! »
Steve Ravussin : «Cela fait toujours plaisir d’arriver, d’autant plus au bout de 50 jours. On est content, avec un public et un beau temps, c’est vraiment super sympa. On était une super équipe, soudée, on est content d’être sur ce bateau qui va toujours très, très vite. »