Groupama 3 en avance à l’équateur

Franck Cammas et ses hommes ont passé l’équateur ce matin, avec un premier temps de référence solide, puisque la latitude 0 a été franchie après seulement 5 jours, 15 heures, 23 minutes et 11 secondes, soit quasiment 1 jour et demi d’avance sur le temps de référence d’Orange 2 (mené par Bruno Peyron en 2005), les hommes de Groupama 3 améliorent aussi le temps de leur précédente tentative d’une quinzaine d’heures, prochaine étape, négocier l’anticyclone de Saint Hélène qui pourrait être décaler vers l’est par des dépressions, ce qui favoriserait grandement la progression du maxi trimaran.

Les conditions actuelles, par le skipper : « Nous sommes maintenant dans les alizés de Sud-Est, des alizés plutôt soutenus puisqu’ils soufflent entre 20 et 25 noeuds : on vit penchés au près serré et ce n’est pas l’allure la plus agréable sur un trimaran. Le ciel est dégagé, avec une bonne chaleur, mais ce n’est pas très confortable : il faut attendre encore quelques heures avant de commencer à débrider, à choquer les écoutes, à accélérer… On a un clapot assez court avec des embruns : il faut se tenir ! Mais nous n’avons pas trop de manoeuvres à faire en ce moment, juste renvoyer la grand voile ou prendre un ris de temps en temps, selon la force des alizés. Cela ne sera pas la même chose d’ici une semaine dans le froid… On espère attraper un front du côté du Brésil pour descendre rapidement vers Bonne-Espérance, et c’est pour ça qu’on ne se relâche pas car ça peut se jouer à quelques heures près… »

© Yvan Zedda/ Groupama SA

Francis Joyon dans les calmes

Le skipper d’Idec est bloqué depuis hier dans un anticyclone, réduisant la vitesse de son maxi trimaran à quelques noeuds, le seul point positif est que Francis Joyon est désormais sur la route directe de Port Louis situé à 1250 milles au nord. La sortie de ce système météo est prévue demain.

Groupama 3 est parti pour le Trophée Jules Verne

Franck Cammas et ses hommes d’équipage ont quitté Brest jeudi pour rejoindre la ligne de départ du Trophée Jules Verne au large d’Ouessant, celle-ci a été franchie peu avant 17 heures.

Des conditions musclées attendaient l’équipage dès la sortie du goulet de Brest avec 25-30 noeuds de vent et des creux de 7 mètres au large, des conditions pas idéales pour un départ, mais l’objectif était d’accrocher les alizés au large du Portugal pour un passage de l’Equateur en moins de 7 jours.

© Yvan Zedda/ Groupama SA

Une partie du retard prise sur le temps de référence a déjà été comblée, et le trimaran vert devrait dès ce soir avoir l’avantage,  après avoir empanné pour faire route directe vers l’Equateur, les Canaries devraient être franchies ce soir par l’est ce qui permettra d’éviter les dévents provoqués par le relief des îles.

La cartographie de la tentative se trouve : ici.

Les vacations et les actualités de la tentative sur le site officiel.

Joyon dans les temps

Francis Joyon a passé l’archipel du Cap Vert cette nuit, le prochain objectif étant le passage du Pot au Noir dès demain, pour se faire, le skipper du maxi trimaran Idec a empanné, en s’écartant de la route directe, pour viser une zone de transition moins active qu’à l’est.

©François Van Malleghem / DPPI / IDEC

©François Van Malleghem / DPPI / IDEC

Le passage de l’équateur est toujours prévu en un peu plus 7 jours, ce qui est conforme aux prévisions de Francis Joyon et de son routeur Jean Yves Bernot.

Groupama 3 et Banque Populaire 5 bientôt en stand by pour le Jules Verne

Les deux équipages vont se retrouver en stand by d’ici quelques semaines, celui de Groupama 3 débutera le 1er novembre, alors que les hommes d’équipage de Pascal Bidégorry seront près à s’élancer autour du monde le 15 novembre.

Le précédant duel, sur l’atlantique cet été, avait tourné à l’avantage de Banque Populaire V, le bateau de Franck Cammas avait mis 3 heures de plus que son adversaire à effectuer la traversée entre New York et le Cap Lizard, ce défi hivernal sera autrement plus difficile pour les hommes et les bateaux qui devront effectuer le tour du monde en moins de 50 jours et 16 heures pour battre le record de Bruno Peyron sur Orange II.

Les deux skippers ont su s’entourer pour cette tentative de record, Franck Cammas a choisi la continuité, quatre nouveaux éléments par rapport à la tentative de 2007 (qui s’était arrêté au large de la Nouvelle Zélande sur casse) : Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Bruno Jeanjean et Stan Honey à la navigation, ces hommes ont tous une grosse expérience du multicoque et ont navigué sur le bateau cette année, le reste de l’équipage est constitué de Franck Camas, Stève Ravussin, Fred Le Peutrec, Loïc Le Mignon, Ronan Le Goff et Jacques Caraës.

Du côté de Banque Populaire, Pascal Bidégorry, le skipper a choisi de s’entourer de ses équipiers habituels mais aussi de membres techniques du team Banque Populaire, l’équipage sera constitué de : Pascal Bidégorry, Ronan Lucas, Yann Eliès, Emmanuel Le Borgne, Yvan Ravussin, Ewen Le Clech , Pierre-Yves Moreau , Erwan Tabarly , Florent Chastel , Xavier Revil , Billy Besson, Kevin Escoffier , Marcel van Triest, Sébastien Duclos.

Lionel Lemonchois règle ses comptes…

Lionel Lemonchois, brillant vainqueur de la Route du Rhum 2006 revient sur son éviction du Gitana Team en 2007 dans un entretien accordé à Ouest France, même si aucun nom n’est donné, il semble que l’ex skipper de Gitana 11 vise directement Loick Peyron alors directeur général du team et skipper de Gitana 80 sur lequel il avait couru le Vendée Globe.

Lionel Lemonchois cherche toujours un sponsor pour défendre son titre sur la prochaine Route du Rhum, l’objectif étant toujours d’allonger un 60′ ORMA, soit la solution qu’il avait lancé pour Gitana 11 avant son « départ » du team.

A lire sur le site Ouest Bateaux.

Francis Joyon au départ de la Mauricienne demain

Francis Joyon s’élancera demain en solitaire sur son maxi trimaran IDEC  vers 12h30 13h00 sur le record La Mauricienne qui reliera Port Louis (dans la rade de Lorient-Morbihan) à port Louis  (‘île Maurice). le skipper tentera d’établir un premier temps de référence sur ce parcours, qui sera homologué par le WSSRC.

©François Van Malleghem / DPPI / IDEC

©François Van Malleghem / DPPI / IDEC

Les explications du skipper :  « j’ai décidé de prendre cette fenêtre car un train de dépressions arrive de l’Ouest, donc autant l’utiliser dans le bon sens. L’idée est de profiter dès samedi de ce qui restera du vent d’est-nord-est, (15 à 20 noeuds) pour franchir vite le golfe de Gascogne et ensuite pouvoir profiter du vent d’Ouest afin de descendre le plus rapidement possible vers l’équateur que je pense atteindre en 7 jours et demi environ, ce qui n’est pas si mal. Bien sûr, il y aura une transition un peu délicate dimanche soir ou lundi matin, au près dans du sud-ouest en attendant la bascule à l’ouest qui permettra d’accélérer de nouveau. Sans être totalement idéale, la fenêtre est bonne. C’est en tous cas la meilleure du mois d’octobre qui était la seule période de tir possible, car il faut arriver à l’île Maurice tôt en novembre, avant la formation des cyclones ».

A suivre sur le site officiel de Francis Joyon.

Musandam à vendre

Le team Oman Sail met en vente son trimaran Musandam, ce bateau est l’ex B&Q/Castorama d’Ellen MacArthur avec lequel elle avait battu le record du tour du monde en solitaire en 2005.

Le bateau avait rejoint le sultanat d’Oman en 2008 avant d’effectuer un tour du monde en équipage réduit avec départ et arrivée dans le sultanat au début de cette année.

© Lloyd Images/ Oman Sail

© Lloyd Images/ Oman Sail

Le trimaran est désormais disponible à la vente, il pourrait être l’un des concurrents de la prochaine Route du Rhum si il trouve acquéreur.

Interview de Yann Guichard

Voile-Multicoques.com vous propose une interview de Yann Guichard, qui a commencé sa carrière en équipe de France Olympique en Tornado en 1997, il intègre ensuite rapidement le Gitana Team en tant que tacticien et co-skipper de Gitana 11, son palmarès compte aussi quelques records sur l’Atlantique (Orange II en 2006, Groupama 3 en 2007), en 2009 il se voit confier la barre de l’Extreme 40 du Gitana Team et devient  skipper de Gitana 11 nouvelle version.
L’interview a été réalisée lors de la conférence de presse de lancement du MOD 70.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

Voiles-Multicoques.com : Vous étiez présent avec d’autres membres du Gitana Team à la conférence de presse de lancement du MOD, un engagement du team est-il envisageable ?

Yann Guichard : Le Gitana Team est intéressé, le team est impliqué dans le multicoque depuis 10 ans, et après la Route du Rhum il n’y a plus vraiment de circuit de multicoque océanique à travers le monde. Je pense que c’est un beau projet, qui a beaucoup d’avenir. En tant que marin c’est très attirant, naviguer autour du monde avec ces bateaux devrait être sympa, maintenant j’espère que le projet va prendre forme.

Aujourd’hui il y a beaucoup de courses en monocoques (Volvo Ocean Race, Vendée Globe etc.), mais rien en multicoques, alors que ce sont des bateaux extraordinaires, il y a une place à prendre, j’espère que ce circuit-là pourra la prendre.

Quelles sont vos impressions sur Gitana 11 après les premières navigations ?

Nous avons fait six navigations depuis la mise à l’eau, les premières impressions sont plutôt très bonnes, même si les conditions rencontrées ont été assez clémentes : vent de terre sans mer, mais nous avons eu du vent.

Je crois que le bateau garde toute la mobilité et l’énergie qu’avait un 60’ ORMA, en ayant même des petits plus dans les conditions légères, parce que le bateau n’a pas pris énormément de poids et a désormais des formes plus hydrodynamiques au niveau des flotteurs et de la coque centrale. C’est un beau chantier d’hiver, et je pense qu’au départ de la Route du Rhum c’est un bateau sur lequel il faudra compter.

Qu’est ce qui vous a conduit à effectuer ses modifications sur le bateau ?

A l’époque de l’ouverture de la Route du Rhum aux G-Class, nous avons travaillé par rapport aux bateaux confirmés : Sodeb’O, Idec et peut être Groupama 3. Nous savions que nous allions plus vite face à ces bateaux en dessous de 12-13 nœuds de vent, mais dès que le vent monte et que la mer augmente on avait un peu plus de mal.

Pour mieux passer dans la mer et dans le vent il fallait une longueur de flottaison un peu plus longue, pour moins enfourner en longitudinal et c’était l’objectif : donc allonger les flotteurs et la coque centrale,  ce qui demandait plus d’efforts à la structure du bateau, on a donc gardé les mêmes bras mais ils ont été renforcés, le plan de voilure est le même, puisque le bateau en rapport poids/puissance est au dessus de ses adversaires, on a juste rajouter une ou deux voiles supplémentaires, puisqu’il n’y a plus de limitation étant donné qu’on sort d’une jauge.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

Gitana 11 a été entièrement adapté pour le solitaire ?

Oui, avant les postes de barres étaient excentrés, on avait deux colonnes, et déjà à l’époque le bateau était bien adapté au solitaire. Maintenant on a une colonne centrale, les deux postes de barre ont été recentrés, l’objectif était d’avoir toutes les écoutes à portée de main, je n’ai plus à sortir du cockpit pour manoeuvrer Gitana 11.

Quel sera le programme après la Route du Rhum ?

L’objectif essentiel était la Route du Rhum et la Transat Jacques Vabre si elle avait été ouverte aux G-Class, ce qui n’est pas le cas.

Le bateau même si il a été allongé à 70’ est petit pour faire autre chose que traverser l’Atlantique, ce qui est envisageable avec ce bateau là ce sont les 24 heures en solitaire, ce que je vais probablement essayer de faire l’année prochaine et après pourquoi pas une traversée de l’Atlantique. Mais je crois que les records au delà de l’Atlantique ne sont pas envisageable parce que le bateau n’est pas assez haut sur l’eau.

Vous êtes second de l’iShares Cup avant la dernière épreuve, pensiez vous pouvoir viser le podium en début de saison ?

La session d’entraînement avec Oracle et Groupama a été très bénéfique, car tout le monde a bien joué le jeu, nous avons beaucoup  appris en une semaine de navigation. A Venise, nous ne connaissions pas du tout le niveau des autres mais nous nous sommes vite rendu compte qu’on était dans le coup et que podium était accessible.

Aujourd’hui nous pouvons gagner le championnat, il faut finir devant Masirah et en mettant Loick derrière nous, ça sera une belle bagarre.

A Almeria, nous pouvons avoir du vent comme de la pétole, les courses se dérouleront dans le port, tout peut arriver, donc ça va être chaud…

Un mot sur l’équipage qui est très régulier depuis le début de la saison.

Je crois que l’équipe que j’ai autour de moi connaît bien le multicoque et est très compétente, je savais que nous serion dans le coup parce que nous avions bien préparé le bateau, nous avons bien bossé sur comment faire avancer le bateau au mieux.

Une de nos forces vient du fait que l’on essaie de naviguer le plus proprement possible, par exemple à Amsterdam c’est frappant, nous n’avons pas fait une seule faute sur nos adversaires, pas de pénalité, le 2eme derrière nous a du faire au moins 7-8 fautes. C’est un gros avantage, nous essayons de minimiser la prise de risque, l’objectif est vraiment d’être régulier, on a plutôt bien réussi à le faire, et par rapport aux autres équipages nous aimons les conditions légères qui ont été assez fréquentes sur le circuit.

N’est-il pas dommage de limiter les Extremes 40 à de si petits parcours ?

C’est vrai qu’en tant que compétiteurs nous sommes parfois un peu frustré.

C’est important qu’il y ait ces courses là pour le public, mais pourquoi ne pas faire une où il y ait un peu de « large » : parcours en baie ou un vrai cotier.Le concept est comme ça, c’est vrai qu’on est à la limite du show, mais il ne faut pas perdre l’aspect compétition pour que les marins de haut niveau restent sur ce circuit.

Merci à Yann Guichard d’avoir répondu aux questions de Voile-Multicoques.com.