Lionel Lemonchois règle ses comptes…

Lionel Lemonchois, brillant vainqueur de la Route du Rhum 2006 revient sur son éviction du Gitana Team en 2007 dans un entretien accordé à Ouest France, même si aucun nom n’est donné, il semble que l’ex skipper de Gitana 11 vise directement Loick Peyron alors directeur général du team et skipper de Gitana 80 sur lequel il avait couru le Vendée Globe.

Lionel Lemonchois cherche toujours un sponsor pour défendre son titre sur la prochaine Route du Rhum, l’objectif étant toujours d’allonger un 60′ ORMA, soit la solution qu’il avait lancé pour Gitana 11 avant son « départ » du team.

A lire sur le site Ouest Bateaux.

Francis Joyon au départ de la Mauricienne demain

Francis Joyon s’élancera demain en solitaire sur son maxi trimaran IDEC  vers 12h30 13h00 sur le record La Mauricienne qui reliera Port Louis (dans la rade de Lorient-Morbihan) à port Louis  (‘île Maurice). le skipper tentera d’établir un premier temps de référence sur ce parcours, qui sera homologué par le WSSRC.

©François Van Malleghem / DPPI / IDEC

©François Van Malleghem / DPPI / IDEC

Les explications du skipper :  « j’ai décidé de prendre cette fenêtre car un train de dépressions arrive de l’Ouest, donc autant l’utiliser dans le bon sens. L’idée est de profiter dès samedi de ce qui restera du vent d’est-nord-est, (15 à 20 noeuds) pour franchir vite le golfe de Gascogne et ensuite pouvoir profiter du vent d’Ouest afin de descendre le plus rapidement possible vers l’équateur que je pense atteindre en 7 jours et demi environ, ce qui n’est pas si mal. Bien sûr, il y aura une transition un peu délicate dimanche soir ou lundi matin, au près dans du sud-ouest en attendant la bascule à l’ouest qui permettra d’accélérer de nouveau. Sans être totalement idéale, la fenêtre est bonne. C’est en tous cas la meilleure du mois d’octobre qui était la seule période de tir possible, car il faut arriver à l’île Maurice tôt en novembre, avant la formation des cyclones ».

A suivre sur le site officiel de Francis Joyon.

Un circuit asiatique pour les Extreme 40 et de nouveaux concurrents à venir sur l’iShares Cup

OC Events, organisateur du circuit européen Extreme 40 : iShares Cup, a annoncé la création du circuit  Extreme Sailing Series Asia qui aura lieu entre Novembre 2009 et Mars 2010. Cette première édition comptera 3 étapes : Hong Kong du 20 au 24 Novembre, Singapoure du 11 au 15 Décembre et Muscat, dans les sultanat d’Oman du 1er au 5 Février, une quatrième étape pourrait être ajoutée au calendrier, l’objectif de l’organisateur est d’arriver à un championnat à 6 étapes en 2011-2012.

Cinq des catamarans ayant courus l’iShares Cup ont déjà quitté l’Asie pour ce nouveau circuit, dont les deux bateaux du team Oman Sail.

Concernant l’iShares Cup, Gilles Chiorri , directeur du circuit livre quelques éléments sur la saison à venir dans une interview au Télégramme, à lire ici. On y apprend notamment que la saison prochaine comptera encore plus d’étapes qui se dérouleront probablement dans de nouveaux pays hôtes : Autriche, Suisse, Portugal. Les étapes italiennes (probablement Venise), anglaise (Cowes), allemande (Kiel), espagnole (Almeria), hollandaise (Rotterdam remplaçant Amsterdam à priori) et française (Marseille, Toulon ou sur la côte altantique semble-t-il). De plus de nouveaux équipages devraient intégrer le circuit, dont un team Red Bull avec l’autrichien Roman Hagara à la barre, un équipage allemand et espagnol devraient compléter le plateau, l’objectif étant d’avoir 10 à 12 bateaux sur le circuit.

Musandam à vendre

Le team Oman Sail met en vente son trimaran Musandam, ce bateau est l’ex B&Q/Castorama d’Ellen MacArthur avec lequel elle avait battu le record du tour du monde en solitaire en 2005.

Le bateau avait rejoint le sultanat d’Oman en 2008 avant d’effectuer un tour du monde en équipage réduit avec départ et arrivée dans le sultanat au début de cette année.

© Lloyd Images/ Oman Sail

© Lloyd Images/ Oman Sail

Le trimaran est désormais disponible à la vente, il pourrait être l’un des concurrents de la prochaine Route du Rhum si il trouve acquéreur.

Masirah remporte l’étape d’Alicante et l’iShares Cup 2009

Une fois de plus tout se sera joué sur les ultimes régates de l’étape pour connaitre le vainqueur. Masirah skippé par Pete Cumming s’impose une fois de plus avec 3 petits points d’avance sur Gitana Extrême- Groupe LCF Rothschild dont l’équipage se sera battu jusqu’au bout pour tenter de ravir la victoire d’étape et le championnat aux hommes de l’Oman Sail.

© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events

© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events

Malgré une victoire lors de la dernière manche, Yann Guichard et ses hommes n’accèdent qu’à la seconde marche du podium de cette étape et du championnat.

Les deux autres équipages français ont aussi fait forte impression sur cette étape ibérique avec une 3ème place pour Franck Cammas et ses hommes sur Groupama 40 et une 4ème place pour Luna, skippé par Jean Christophe Mourniac, ce qui constitue le meilleur résultat de la saison pour l’équipage d’Erik Maris.

© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events

© Th.Martinez/Sea&Co/OC Events

Loick Peyron, barreur du second bateau de l’Oman Sail, Renaissance a manqué de régularité sur cette étape et ne finit que cinquième, néanmoins Loick Peyron et ses hommes terminent 3ème de l’iShares Cup grâce à leur belle régularité sur l’ensemble de la saison (5 podiums sur 6).

Loïck Peyron : « C’est une belle journée pour l’équipe, en ce qui nous concerne on a un peu moins bien travaillé ! Nous avons manqué de régularité, ce qui n’est pas le cas de ceux qui sont devant nous et c’est normal, tout n’est que justice ! Masirah a fait un excellent boulot, et lorsque je les ai rencontrés et que j’ai eu la chance de m’entraîner contre eux j’ai bien vu qu’ils avaient une certaine avance et beaucoup de talent. Je veux féliciter toute l’équipe car les choses ont bien fonctionné, l’esprit est très bon… et on est sur le podium, ça aurait pu être pire ! En tous cas le circuit est très intéressant, on s’emporte parfois un peu sur des décisions tactiques et il faut accepter l’inacceptable quand ça ne marche pas du tout, c’est le jeu ! Ceux qui sont devant nous ont été excellents, je salue leur performance et je suis ravi pour Masirah. »

Au classement général, le Team Oman Sail place donc ses deux bateaux aux 1ère et 3ème place, un succès pour Masirah qui courait l’iShares Cup pour la seconde année consécutive (4ème en 2008) avec un équipage inchangé.

© Lloyd Images/ Oman Sail

© Lloyd Images/ Oman Sail

Yann Guichard, malgré une déception compréhensible est très satisfait de son équipage et une seconde place lors de la première année de participation laisse augurer de beaux résultats l’année prochaine…

Yann Guichard :  « On est contents, bien que forcément un peu déçus du résultat final, mais on s’est fait battre à la régulière par des gars plus forts que nous cette saison. On a rien à regretter, je crois qu’aujourd’hui on a tout donné, on a fait une belle journée complète à part une manche avec un petit départ prématuré qui nous coûte peut-être la victoire finale, mais c’est le jeu. Le fort de notre équipe, c’est de ne jamais baisser les bras et je voudrais donner un grand coup de chapeau à tout l’équipage (…) Il y avait un super niveau, et j’espère que l’année prochaine on sera là pour gravir une petite marche de plus sur le podium ! »

Classement du Grand Prix d’Almeria (après 16 manches)
1/ Oman Sail Masirah (Pete Cumming) – 132 points
2/ Gitana Extrême- Groupe LCF Rothschild (Yann Guichard) – 129 points
3/ Groupama 40 (Franck Cammas) – 112 points
4/ Oman Sail Renaissance – (Loïck Peyron)  96 points
5/ Luna (Erik Maris) – 96 points
6/ iShares (Shirley Robertson) – 83 points
7/ Holmatro (Mitch Booth) – 82 points
8/ BT (Nick Moloney) – 79 points
9/ Rumbo Almeria (Fernando Echavarri) – 73 points
10/ Ecover (Mike Golding) – 49 points

Classement du championnat 2009 après six épreuves
1/ Oman Sail Masirah – 53 points (4e, 1er, 1er, 1er, 5e, 1er)
2/ Gitana Extrême- Groupe LCF Rothschild – 52 points (1er, 4e, 2e, 4e, 1er, 2e)
3/Oman Sail Renaissance – 49 points (3e, 3e, 3e, 2e, 2e, 4e)
4/ Groupama 40 – 41 points (5e, 5e, 6e, 3e, 3e, 3e)
5/ iShares – 27 points (9e, 7e, 5e, 6e, 6e, 6e)
6/ BT – 26 points (6e, 6e, 4e, 8e, 8e, 8e)
7/ Luna – 26 points (7e, 9e, 7e, 5e, 7e, 5e)
8/ Holmatro – 24 points (8e, 8e, 8e, 7e, 4e, 7e)
9/ Ecover – 9 points (10e, 10e, 9e, 10e, 9e, 10e)

Interview de Yann Guichard

Voile-Multicoques.com vous propose une interview de Yann Guichard, qui a commencé sa carrière en équipe de France Olympique en Tornado en 1997, il intègre ensuite rapidement le Gitana Team en tant que tacticien et co-skipper de Gitana 11, son palmarès compte aussi quelques records sur l’Atlantique (Orange II en 2006, Groupama 3 en 2007), en 2009 il se voit confier la barre de l’Extreme 40 du Gitana Team et devient  skipper de Gitana 11 nouvelle version.
L’interview a été réalisée lors de la conférence de presse de lancement du MOD 70.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

Voiles-Multicoques.com : Vous étiez présent avec d’autres membres du Gitana Team à la conférence de presse de lancement du MOD, un engagement du team est-il envisageable ?

Yann Guichard : Le Gitana Team est intéressé, le team est impliqué dans le multicoque depuis 10 ans, et après la Route du Rhum il n’y a plus vraiment de circuit de multicoque océanique à travers le monde. Je pense que c’est un beau projet, qui a beaucoup d’avenir. En tant que marin c’est très attirant, naviguer autour du monde avec ces bateaux devrait être sympa, maintenant j’espère que le projet va prendre forme.

Aujourd’hui il y a beaucoup de courses en monocoques (Volvo Ocean Race, Vendée Globe etc.), mais rien en multicoques, alors que ce sont des bateaux extraordinaires, il y a une place à prendre, j’espère que ce circuit-là pourra la prendre.

Quelles sont vos impressions sur Gitana 11 après les premières navigations ?

Nous avons fait six navigations depuis la mise à l’eau, les premières impressions sont plutôt très bonnes, même si les conditions rencontrées ont été assez clémentes : vent de terre sans mer, mais nous avons eu du vent.

Je crois que le bateau garde toute la mobilité et l’énergie qu’avait un 60’ ORMA, en ayant même des petits plus dans les conditions légères, parce que le bateau n’a pas pris énormément de poids et a désormais des formes plus hydrodynamiques au niveau des flotteurs et de la coque centrale. C’est un beau chantier d’hiver, et je pense qu’au départ de la Route du Rhum c’est un bateau sur lequel il faudra compter.

Qu’est ce qui vous a conduit à effectuer ses modifications sur le bateau ?

A l’époque de l’ouverture de la Route du Rhum aux G-Class, nous avons travaillé par rapport aux bateaux confirmés : Sodeb’O, Idec et peut être Groupama 3. Nous savions que nous allions plus vite face à ces bateaux en dessous de 12-13 nœuds de vent, mais dès que le vent monte et que la mer augmente on avait un peu plus de mal.

Pour mieux passer dans la mer et dans le vent il fallait une longueur de flottaison un peu plus longue, pour moins enfourner en longitudinal et c’était l’objectif : donc allonger les flotteurs et la coque centrale,  ce qui demandait plus d’efforts à la structure du bateau, on a donc gardé les mêmes bras mais ils ont été renforcés, le plan de voilure est le même, puisque le bateau en rapport poids/puissance est au dessus de ses adversaires, on a juste rajouter une ou deux voiles supplémentaires, puisqu’il n’y a plus de limitation étant donné qu’on sort d’une jauge.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.

Gitana 11 a été entièrement adapté pour le solitaire ?

Oui, avant les postes de barres étaient excentrés, on avait deux colonnes, et déjà à l’époque le bateau était bien adapté au solitaire. Maintenant on a une colonne centrale, les deux postes de barre ont été recentrés, l’objectif était d’avoir toutes les écoutes à portée de main, je n’ai plus à sortir du cockpit pour manoeuvrer Gitana 11.

Quel sera le programme après la Route du Rhum ?

L’objectif essentiel était la Route du Rhum et la Transat Jacques Vabre si elle avait été ouverte aux G-Class, ce qui n’est pas le cas.

Le bateau même si il a été allongé à 70’ est petit pour faire autre chose que traverser l’Atlantique, ce qui est envisageable avec ce bateau là ce sont les 24 heures en solitaire, ce que je vais probablement essayer de faire l’année prochaine et après pourquoi pas une traversée de l’Atlantique. Mais je crois que les records au delà de l’Atlantique ne sont pas envisageable parce que le bateau n’est pas assez haut sur l’eau.

Vous êtes second de l’iShares Cup avant la dernière épreuve, pensiez vous pouvoir viser le podium en début de saison ?

La session d’entraînement avec Oracle et Groupama a été très bénéfique, car tout le monde a bien joué le jeu, nous avons beaucoup  appris en une semaine de navigation. A Venise, nous ne connaissions pas du tout le niveau des autres mais nous nous sommes vite rendu compte qu’on était dans le coup et que podium était accessible.

Aujourd’hui nous pouvons gagner le championnat, il faut finir devant Masirah et en mettant Loick derrière nous, ça sera une belle bagarre.

A Almeria, nous pouvons avoir du vent comme de la pétole, les courses se dérouleront dans le port, tout peut arriver, donc ça va être chaud…

Un mot sur l’équipage qui est très régulier depuis le début de la saison.

Je crois que l’équipe que j’ai autour de moi connaît bien le multicoque et est très compétente, je savais que nous serion dans le coup parce que nous avions bien préparé le bateau, nous avons bien bossé sur comment faire avancer le bateau au mieux.

Une de nos forces vient du fait que l’on essaie de naviguer le plus proprement possible, par exemple à Amsterdam c’est frappant, nous n’avons pas fait une seule faute sur nos adversaires, pas de pénalité, le 2eme derrière nous a du faire au moins 7-8 fautes. C’est un gros avantage, nous essayons de minimiser la prise de risque, l’objectif est vraiment d’être régulier, on a plutôt bien réussi à le faire, et par rapport aux autres équipages nous aimons les conditions légères qui ont été assez fréquentes sur le circuit.

N’est-il pas dommage de limiter les Extremes 40 à de si petits parcours ?

C’est vrai qu’en tant que compétiteurs nous sommes parfois un peu frustré.

C’est important qu’il y ait ces courses là pour le public, mais pourquoi ne pas faire une où il y ait un peu de « large » : parcours en baie ou un vrai cotier.Le concept est comme ça, c’est vrai qu’on est à la limite du show, mais il ne faut pas perdre l’aspect compétition pour que les marins de haut niveau restent sur ce circuit.

Merci à Yann Guichard d’avoir répondu aux questions de Voile-Multicoques.com.

J-1 avant la dernière étape de l’iShares Cup 2009

La « finale » de l’iShares Cup 2009 commencera demain à Almeria (Espagne). L’enjeu est important pour le Team Oman Sail (Masirah et Renaissance) respectivement 1er et 3ème au classement provisoire et pour le Gitana Team, second avant cette dernière étape, ces trois bateaux se tiennent en seulement 2 points, Masirah et Gitana sont à égalité : 43 points, Loick Peyron et ses hommes en 3ème position ont 44 point au compteur.

L’analyse des skippers :

Pete Cumming, Oman Sail Masirah (1er, 43 points):  « Amsterdam était vraiment difficile et nous avons manqué de chance également. Mais Almería devrait être complètement différent, avec un plan d’eau plus ouvert, plus de vent… Ce sont les conditions que nous préférons et dans lesquelles nous sommes meilleurs. Cette dernière épreuve devrait être passionnante. « Almería devrait être la version espagnole de Cowes, avec des courses le long des quais. Les facteurs clés seront vitesse des bateaux et gestion des manoeuvres. Le vainqueur sera sans aucun doute celui qui réussira à garder son sang-froid, à naviguer vite et surtout à se sortir des situations délicates. »

Yann Guichard, skipper de Gitana Extreme – Groupe LCF Rothschild (2ème, 43 points): “ C’est extrêmement motivant de nous retrouver à égalité de points avec Oman Masirah. Cette position relance la course au titre et je dois dire que compte tenu du retard que nous avions avant l’épreuve d’Amsterdam la situation qui se présente à nous est assez exceptionnelle. Cela donne d’autant plus envie à l’équipage de Gitana Extrême – Groupe LCF Rothschild de se surpasser ! La compétition a été acharnée tout au long de la saison et l’épreuve d’Amsterdam a su une nouvelle fois nous démontrer que sur un plan d’eau atypique et fermé, tout le monde a sa carte à jouer donc il faudra rester vigilant jusqu’au bout. En ce qui concerne le classement du championnat, Groupama 40 n’a rien à perdre ni à gagner et Franck et ses hommes viseront donc logiquement une victoire d’étape à Almeria. Ils pourraient ainsi venir jouer les troubles fête. Il faudra déjà naviguer proprement sans faire de fautes pour pouvoir figurer dans le haut du tableau et espérer remporter le championnat. Mais sur les terrains de jeu de l’iShares Cup il faut aussi appréhender et maîtriser les éléments environnants du plan d’eau pour s’en sortir ! « 
Loïck Peyron, Oman Sail Renaissance (3ème, 42 points): « Notre objectif? Faire de notre mieux, et essayer de faire mieux que second si possible. Cela devrait être dur pour nous, même si nous ne sommes pas loin d’Oman Sail Masirah en termes de points. Nous allons essayer de remporter la victoire de l’événement. En début d’année, il était impossible d’imaginer un podium si serrée. Gitana et Masirah sont très réguliers. À la fin de chaque événement, nous savons exactement où nous avons perdu et où nous avons gagné. Notre unique chance est d’accumuler les victoires de manches et d’éviter les soucis. C’est  ce que nous essayerons de faire ce week-end. »

A suivre à partir du demain sur le site officiel de l’iShares Cup.

Le MOD 70 relancé ?

La conférence de presse de (re-)lancement du  Multi One Design 70 s’est tenue vendredi à Lausanne.

Les principales informations délivrées au cours de celle-ci ont été :

  • Le lancement de la construction de 5 bateaux, la construction du 1er devant débuter début novembre pour une livraison prévue en octobre 2010. Les trimarans 2 à 5 seront mis à l’eau tous les 3 mois de janvier à juillet 2011.
  • Un programme de courses : European Tour en 2012 et 2013 puis Ocean World Tour en 2014 puis tous les 3 ans, une course océanique par an.
  • L’European Tour se déroulera sur 5 semaines en juin-juillet, les courses dureront 48 à 72 heures, les étapes dans les villes hôtes dureront 3 jours avec City Races et Pro-Am au programme.
  • L’Ocean World Tour aura lieu tous les 3 ans, chaque tour du monde devrait durer environ 6 mois, avec 6 étapes, soit 8 villes hôtes qui acceuilleront les bateaux pendant 15 jours.
  • Une course océanique par an au mois de novembre.
  • La Route du Rhum, la Transat Jacques Vabre pourront être courrues par les MOD 70 mais ne seront pas prises en compte dans le classement officiel.
  • Un numérus clausus de 12 bateaux pourra courir le Multi One Championship.
  • Un maximum de 4 équipages engagé par pays (selon la nationalité du partenaire de l’équipe)
  • Les objectifs de participation seront : de 5 équipages en 2011 qui participeront à des courses tests, de 8 en 2012 pour la première course officielle (European Tour) et de 12 en 2013-2014 pour le premier Ocean World Tour.
  • 6 membres d’équipage par bateau.
  • Pas de routage extérieur autorisé.
  • Monotypie stricte assuré à chaque étape de la fabrication : un seul fournisseur de carbone, pesée des pièces, poids identique de chaque bateau par ajout de poids au centre de gravité si besoin.
  • Objectif de fiabilité : assuré par le choix du cabinet d’architectes (Lauriot Prevost et Van Peteghem, auteur de la majorité des 60′ ORMA et des maxis multicoques), des efforts sur la structure comparables au effort sur un ORMA, un centre de gravité abaissé, un mât plus court que les 60′ ORMA (10%), coque centrale de 70′ pour éviter l’enfournement.
  • Objectif de longévité : construction en composite basse température sandwitch-mousse, mât en composite monolithique.
  • Un bateau performantet marin : foils courbes, mât inclinable , safran central relevable, ballast arrière de coque centrale,des performances égales ou supérieures aux 60′ ORMA dès 11 noeuds de vent, des bras réhaussés par rapport aux 60′ pour faciliter le passage dans la mer.
  • Souci environnemental : 100% d’énergie renouvelable sur le bateau (hydrogénérateur, solaire, éoliennes..), un investiisement de 10 millions d’euros par an en faveur de l’initiative « Multi One Attitude » consacrée à la problématique de l’eau.

Un beau projet, parfaitement préparé, la problématique reste la même que lors de l’échec du même programme il y a deux ans, à savoir convaincre des sponsors et un partenaire principal qui sponsoriserait le projet.

Côté armateurs potentiels, l’international est visé avec des projets européens mais aussi néo-zélandais, des investisseurs suisses sont bien entendus intéressés avec quelques propriétaires de D35 présents, côté français, un seul team visible à la conférence de presse : le Gitana Team du Baron de Rothschild, avec son skipper, son directeur général et son attachée de presse, il semblerait que Groupama ne soit pas intéressé (voir le billet de Pierre Yves Lautrou).

La prochaine conférence de presse aura lieu en mars 2010, le nom du chantier qui construira le premier MOD 70 sera dévoilé ce mois-ci.

Interview de Fred Le Peutrec – Partie 2

Seconde partie de l’interview que Fred Le Peutrec, grand spécialiste du multicoque (3 prépartions olympiques en Tornado, Vainqueur de The Race sur Club Med, barreur des 60′ ORMA Bayer puis Gitana 11, barreur et boat manager de Groupama 3, barreur de Smart Home) a accordé à Voile-Multicoques.com.

Voici la fin de cette interview qui concerne le début de saison de Groupama 3, le Trophée Jules Verne à venir, la Route du Rhum 2010, l’America’s Cup etc.

© Yvan Zedda

© Yvan Zedda

Voile- Multicoques.com : Quel bilan tirez-vous du début de saison de Groupama 3 ?

Fred Le Peutrec : Nous aurions bien sûr préféré garder les deux records (Atlantique Nord et distance parcourue en 24 heures), mais l’objectif principal de cette année reste le Jules Verne. Les différentes navigations, tournée méditerranéenne et records, n’avaient pour but que de sélectionner et de souder l’équipage du Trophée Jules Verne, s’approprier le bateau, le connaître un peu mieux, le fiabiliser, parce que ce sont des machines sur lesquelles nous devons toujours continuer à travailler. Evidemment, il y a une petite frustration mais nous espérons prendre notre revanche cet hiver.

En ce qui concerne le record de l’Atlantique que nous avons effectué en même temps que Banque Populaire V, même si nous perdons deux records, les conditions de navigation étaient tellement exceptionelles que nous en garderons un excellent souvenir, cette traversée restera une navigation extraordinaire. Traverser l’Atlantique en un peu plus de 3 jours et demi était peu envisageable il y a quelques années, on est donc complètement satisfait du potentiel du bateau, il est sain, et  sera bien prêt pour le Jules Verne.

Nous savions au départ du record de l’Atlantique qu’étant donné les conditions, l’essentiel allait se jouer sur la puissance maximale du bateau, Banque Populaire V a plus de couple de rappel, nous savions qu’on allait souffrir, les conditions n’étaient pas idéales pour Groupama 3, mais sur le Tour du monde, il y a plus de zones de transition, ça se jouera sur toutes les allures, la descente sera au portant et pas au reaching, dans ces conditions là nous avons un bateau léger qui descend bien, le jeu devrait être plus ouvert pour nous.

Il y aura aussi une notion d’endurance technique qui jouera, nous partirons avec un trimaran profitant de plusieurs années de navigation et de fiabilisation.

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

Nous sommes impatients de partir, nous serons dans de bonnes conditions techniques, avec un équipage en béton, qui se connait bien, nous avons gardé la base de l’équipage présent sur le dernier tour du monde, et les marins qui ont embarqué cette saison (Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Stan Honey) sont des gens qui ont énormément de métier, et ça n’est que du plus pour l’équipage.

L’avenir de Groupama 3 semble être la Route du Rhum 2010 que Franck Cammas devrait courir, la décision de participer a-t-elle été prise ?

C’est en court de définition, nous essayons de préciser les choses : les différentes contraintes techniques et physiques qui seront rencontrées, et nous les mesurons exactement pour être sur que ce soit faisable en solitaire. Mais les chances de voir Groupama 3 au départ sont fortes.

© Guilain GRENIER / Sea & Co

© Guilain GRENIER / Sea & Co

Concernant cette Route du Rhum 2010, Gitana 11 que tu as barré pendant plusieurs années a été remis à l’eau après un allongement à 77’. Penses-tu que ce bateau puisse être un candidat potentiel à la victoire face aux maxis trimarans qui devraient être engagés ?

Assurément oui, c’est un bateau qui peut gagner, il est à la bonne échelle pour une personne seule. L’allongement a permis de retrouver de la stabilité, l’a assagie un peu. C’était déjà un des 60’ ORMA les plus marins, je pense que sous cette nouvelle forme ce trimaran reste un excellent bateau.

Le projet de MOD a refait surface cet été, les communiqués parlent du lancement de la série, s’agit-il seulement d’une annonce ou existe-t-il des bases solides pour cette série ?

Il y a des investisseurs qui sont prêts à définir le cadre, à mettre le pied à l’étrier à la série, tout ceci repose sur l’arrivée  d’une structure financière mise en place par Steve Ravussin et Franck David. Ensuite tout dépendra bien sûr du post élan, il faut que des partenaires entrent en jeu pour sponsoriser les trimarans.

Que penses tu de ce projet alors que les supports multicoques semblent se raréfier ?

Ce qui me plait c’est qu’un circuit de multicoques océaniques puisse renaître, je trouve cela vraiment désespérant dans le paysage de la voile qu’il n’y ait plus de multicoque aux jeux olympique. C’est symbolique mais ceci à des conséquences réelles sur l’activité nautique dans les clubs de sports, les écoles de voiles. Il y a toute une génération de gamins qui ont 15,16 ou 20 ans maintenant et qui s’étaient projetés dans l’idée de prétendre au meilleur un jour sur multicoque, bien entendu tout le monde n’y arrive pas, mais il y a toute une dynamique et une activité de voile légère qui a été ralentie à cause de l’abandon du support olympique multicoque.

Le fait qu’il n’y ait plus de multicoque océanique est dommageable, c’est totalement à contre temps que des bateaux aussi aboutis soient dans des hangars. C’est comme interdire la descente en ski ou la Formule 1 en automobile.

© Hans Berggren

© Hans Berggren

Au delà de la série qui s’arrête, c’est tout un système qui souffre qu’il n’y ait pas les machines les plus dingues, les plus extrêmes, sur l’eau. Les gens commencent à s’en rendre compte, et je pense que d’ici un an ou deux, ces séries manqueront réellement, je ne serai pas étonné que les journalistes, les médias ne trouvent pas un peu triste que ces bateaux là aient disparus et  soient rangé dans des hangars.

La Coupe de l’America aura lieu en multicoque, sur deux bateaux bien différents. Alinghi 5 est un catamaran semble-t-il axé sur le petit temps, BMW Oracle Racing alignera un trimaran plus proche d’un 60’ ORMA dans ses formes, que penses-tu de ces bateaux ? Crois tu que l’un d’entre eux possède un avantage ?

Je reste convaincu que le trimaran peut avoir l’avantage du fait du format de course: une montée et descente dans le vent donc VMG (Velocity Made Good) pur et une manche où la descente dans le vent se fait sur du largue abattu, ce n’est pas pour rien que la classe ORMA s’est concentrée sur cette formule. Les catamarans ne sont pas des bateaux aussi complets que les trimarans.

Le catamaran  est forcément bridé par son couple à un moment, où alors  il faut faire un cata très large mais qui perdra l’avantage dans le petit temps parce qu’il se mettra sur une patte très tard, et il sera handicapé dans les manœuvres. Pour jouer la carte du catamaran, il faut faire un bateau raisonnablement large, qui se mette sur une patte le plus tôt possible, auquel cas l’accélération est un peu moins bonne.

© Carlo Borlenghi/Alinghi

© Carlo Borlenghi/Alinghi

Pour les problèmes de puissance, ils sont essentiellement liés à la puissance du moteur une fois que le châssis est figé, il est tout aussi possible de faire un trimaran aussi performant dans le petit temps qu’un catamaran.

Je reste persuadé que la formule la plus polyvalente est le trimaran, Alinghi 5 est un bateau très intéressant, mais malgré tout je reste assez confiant dans les performances du trimaran.

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

De plus cibler un bateau pour une fenêtre météo extrêmement réduite peut être risqué, les conditions  météos sur les plans d’eau ne s’avérent pas forcément conformes aux statistiques, comme on l’a vu aux derniers JO.

La Coupe se jouera sur deux manches gagnantes, il suffit que ces jours là, il y ait un système de vent ou un thermique qui se lève un peu plus fort et qu’au lieu des 6 nœuds prévus il y ait 10 ou 12 nœuds, on aura alors des manches de brise, et je suis assez convaincu que le trimaran ira plus vite.

Cette épreuve devrait remettre les multicoques en valeur, penses tu que ceci puisse jouer en faveur des ces bateaux ?

Cette coupe va mettre les multicoques sous les feux de la rampe. Je serai très étonné que les marins qui vont courir cette épreuve, les observateurs, médias etc. ne soient pas  totalement emballé par le spectacle que vont offrir ces bateaux là en navigation, que ce soit au niveau des performances, de l’engagement. C’est bien que cette coupe se coure sur multicoques, c’est assez paradoxal que le système de multicoque océanique qui s’était  beaucoup développé en France se soit cassé la geule  au moment où les anglo-saxons réputés conservateurs sur leurs monocoques démarrent sur des multicoques pour la coupe. Il y aura forcément des retours après même si ces deux bateaux là vont probablement être « rangés » après la coupe, ce qui est dommage, mais ce sera difficile de se passer de ces bateaux après cet événement.

Merci à Fred Le Peutrec pour sa disponibilité

Francis Joyon s’attaque à un nouveau record

Idec, le trimaran skippé par Francis Joyon sera le premier à s’aligner sur la Mauricienne, ce record, homologué par le WSSRC reprend le parcours de la Route des Epices, sur lequel devait s’aligner Jean Luc Van Den Heede en 2005.

Francis Joyon tentera d’établir un temps de référence sur ce parcours de 9000 milles entre Port Louis (Bretagne) et Port Louis (Ile Maurice), les explications du skipper sur ce record :  » on va expérimenter une route qui présente une importante variété de difficultés. On va retrouver tous les ingrédients d’un début de tour du monde : les alizés, la traversée du Pot au noir, le contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène…  Ensuite, il faudra doubler la pointe de l’Afrique et trouver le bon compromis entre descendre vers des latitudes sud et raccourcir sa route, sachant qu’aux abords du cap des Aiguilles, il existe un fort courant contraire, des hauts-fonds… C’est une route vraiment intéressante, parcequ’il y aura du jeu et des options… De plus, la fin du parcours va me permettre de découvrir de nouveaux paysages maritimes, d’explorer de nouvelles sensations. Un dernier aspect intéressant de ce parcours réside dans l’étroitesse de la fenêtre météo : il est difficile de partir trop tôt dans la saison du fait des tempêtes tropicales dans l’hémisphère nord… Mais partir au delà du 15 octobre signifie qu’à l’arrivée on est dans le début des cycles de formation des cyclones dans l’océan Indien. Ça veut dire qu’il sera difficile de trouver la fenêtre de tir idéale, qu’il va falloir accepter de faire des compromis. »

©JM Liot/DPPI/Idec

©JM Liot/DPPI/Idec

Le stand-by de Francis Joyon débutera le 1 octobre.