Oracle Team USA pénalisé de 2 points

  • Le jury international a rendu son verdict concernant les modifications apportées par le defender ORACLE Team USA sur trois de leurs catamarans AC45 en 2012. Il a décidé de sanctionner le team américain de deux points au départ de l’America’s Cup et de 250000$ d’amende. Oracle Team USA débutera donc la compétition à -2 alors que le vainqueur de la Louis Vuitton Cup, Emirates Team New Zealand débutera avec 0 point au compteur, pour l’emporter le team américain devra remporter au minimum 11 points, la Coupe de l’America se jouant en 9 points gagnants.

© Guilain GRENIER

De plus trois équipiers, impliqués dans la modification des bateaux sont définitivement exclus de la compétition, Dirk de Ridder, le régleur de l’aile qui officie à ce poste depuis 2010, Bryce Ruthenberg, Andrew Walker, Kyle Langford n’écope que d’un avertissement et Matt Mitchell est exclu des quatre premiers duels de la Coupe.
Le jury a fait preuve de clémence, l’équipe américaine ayant coopéré à l’enquête, par ailleurs un marin de l’équipe navigante a été innocenté, mais son nom n’a pas été dévoilé.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Les explications de Christian Karcher sur cette affaire, et son point de vue sur l’impact de la décision du jury

Tricherie lors des America’s Cup World Series ?

L’équipe américaine et defender de l’Amaerica’s Cup, Oracle Team USA, s’est retiré à titre rétroactif des America’s Cup World Series courus la saison dernière.

En effet, des mesures effectuées par America’s Cup Race Management, ont mis en évidence un poids anormal des trois AC45 alignés par Oracle Team USA (les deux d’Oracle Team USA et celui de Ben Ainslie), ces mesures ont été faites avant la Youth America’s Cup qui aura lieu en septembre, cette compétition réservée aux jeunes équipages ayant pour support le catamaran monotype à aile rigide utilisés sur les ACWS.

Selon l’équipe américaine, une enquête interne a révélé une modification concernent l’ajout de lest au niveau de la martingale grâce à une résine, il semble que tous les AC45 du team américain (les deux bateaux Oracle utilisés lors des ACWS, celui de Ben Ainslie, et les deux autres catamarans ayant servi de plate forme pour le développement des dagger foils). Ces modifications auraient été faites par plusieurs membres du shore team et un membre de l’équipe navigante.

Ben Ainslie a tenu à souligner  que son AC45 avait été préparé par les Américains avant l’arrivée du skipper britannique, qui ignorait complètement la non-conformité de son multi.

© ACEA / photo Gilles Martin-Raget

L’équipe néo-zélandaise a vivement réagi, estimant que ces faits révélaient d’une tricherie de la part du defender et pas de modifications effectuées à l’insu du reste de l’équipe, comme le prétend le communiqué de presse américain.

Il semble en effet difficile de croire que des membres de l’équipe technique et navigante d’Oracle aient pris l’initiative de modifier cinq AC45 sans en référer au reste du team et que cette modification soit passée inaperçue au sein de la base.

 

 

Résultats en demi teinte pour Energy Team

Vendredi Yann Guichard et son équipage avaient de nouveau montré leur talent. Ils décrochaient une seconde place sur la première manche du jour et ce malgré une pénalité lors de la phase de pré départ, ils parvenaient ensuite à passer Luna Rossa Swordfish et terminaient derrière Oracle Team USA mené pat Tom Slingsby. Dans la seconde manche du jour, le skipper de l’AC45 français prenait un superbe départ et creusait l’écart, lors des trois premiers bords, sur ses poursuivants Oracle Team USA, Emirates Team New Zealand, et Luna Rossa Piranha. Slingsby et Dean Barker revenaient quelque peu sur le catamaran d’Energy Team, sans pouvoir réellement l’inquiéter cependant, les français s’imposaient sur cette manche et prenaient la seconde place du classement général provisoire des courses en flotte

Yann Guichard:
« Nous avons pris deux très bons départ et bien navigué ensuite, c’est une journée magnifique pour Energy Team !  Sur ces bateaux nous sommes toujours à la limite, particulièrement sur la phase de départ. Nous l’avons bien vu sur la deuxième course aujourd’hui, où quatre bateaux sont pénalisés au départ. On est super content car nous étions un peu frustrés du résultat du match-racing hier contre Ben Ainslie, où nous avions perdu après avoir fait un super départ. Aujourd’hui, après un gros débriefing et des changements de réglages sur le bateau, nous nous sommes très bien repris et ça c’est super bien passé! Je suis vraiment fier du team… »

Samedi la journée de régates était moins souriante aux français, en effet le catamaran Energy Team ne prenait pas le départ de la première manche du jour (la 5ème en tout) suite à une avarie sur la martingale du bateau. Le départ de la seconde est moins percutant qu’à l’accoutumée avec une 7ème position à la première marque. Yann Guichard choisissait cependant le bon côté du plan d’eau et gagnait trois places sur le bord suivant. Luna Rossa Swordfish et Oracle Team USA parviennent à passer le bateau français qui termine finalement 6ème de cette manche.  Les français pointaient à la cinquième place du provisoire à l’issue de cette journée marquée par la démonstration d’Emirates Team New Zealand qui gagnait les deux manches et prenaient la tête des Fleet Races devant Oracle Team USA Slingsby, JP Morgan BAR et Luna Rossa Piranha.

Aujourd’hui, le plan d’eau de Naples était le théâtre du super Sunday, les français débutaient bien tout comme Oracle Team USA qui se partageaient le leadership jusqu’à la cinquième marque, où ils sont passés par les italiens de Swordfish qui continuent sur leur lancée et doublent Tom Slingsby. Yann Guichard écope d’une pénalité au passage de la dernière marque et se voit coiffer par le second bateau italien et termine quatrième de cette manche et sixième de cet America’s Cup World Series de Naples.

Luna Rossa Swordfish décroche l’étape grâce à sa victoire sur cette ultime course, à égalité de points avec Oracle Team USA Slingsby, le podium est complété par Emirates Team New Zealand, Luna Rossa Piranha est 4ème devant JP Morgan BAR. Artemis White mené par de jeunes suédois est 7ème devant les américains de HS Racing et China Team.

En match race, Ben Ainslie qui avait éliminé les français a été éliminé par Slingsby du Team Oracle USA en demi finale, l’autre demi voyait s’opposer les deux bateaux de l’équipe italienne Luna Rossa qui avaient battu ETNZ et Artemis White au tour précédant. En finale Francesco Bruni sur Swordfish s’inclinait face au bateau américain qui s’aduge donc l’étape en match race.

Bruno Peyron :  » A l’évidence, il y a eu du bon et du moins bon pour ce « Super Sunday ». Encore un superbe départ de Yann qui monte ses stats avec plus de 80% de départ canon, puis une bagarre intense contre Oracle Team USA. On prend la tête au 3eme bord puis le mauvais coté durant 30 secondes et ça ne pardonne pas à ce niveau. La pénalité à la dernière marque est en revanche plus difficile a expliquer mais ca fait partie du jeu et il faut l’accepter. Nous aurions aimé finir sur une performance plus conforme à nos ambitions mais il faut accepter notre décalage avec les Top Teams. Le groupe a montré qu’il avait le niveau pour se battre au plus haut niveau dans ces World Series. Encore faut il pouvoir se donner les moyens de ses ambitions. Ce sera la prochaine étape : donner a cette équipe les moyens de se battre, pas seulement en faisant des miracles de temps en temps, mais en construisant la solidité sur la durée ».

Franck Cammas vise la 35ème Coupe de l’America

Le skipper aixois, Franck Cammas, lié depuis 15 ans à son sponsor Groupama et récent vainqueur de la Volvo Ocean Race, a dévoilé hier au salon nautique son souhait de participer à la 35ème Coupe de l’America.

Le sponsor, en difficulté financière, accompagnera néanmoins Franck Cammas jusqu’en 2015 sur des projets moindres que les précédents avec le Tour de France à la voile en 2012, une participation à la Petite Coupe de l’America en 2013 avec un class C qui sera conçu par le bureau d’études du team (l’équipe a également acheter un class C d’occasion afin de débuter les entrainement sur ces catamarans de 25′ à aile rigide).

Pour les objectifs plus prestigieux, à savoir une participation aux America’s Cup World Series en 2013 et à la 35ème America’s Cup, Franck Cammas, qui est libéré d’une exclusivité avec Groupama, espère convaincre de nouveaux partenaires, l’engagement pour les ACWS étant estimé à 700000€, celui pour la Coupe à plus de 70 millions d’€.

Le skipper continue à apporter son aide à l’équipe de Luna Rossa dans la prise en main de son AC72 qui navigue à Auckland, le catamaran a été doté de nouvelles dérives foils lors des dernières navigations, ces nouveaux appendices sont visibles sur le site de Chris Cameron, le photographe officiel de l’équipe d’Emirates Team New Zealand.

Les kiwis, qui ont partagé quelques navigations avec les italiens, n’ont plus que deux jours d’entrainement autorisés sur leur AC72 n°1, qui ne devrait plus naviguer ensuite.

L’équipe néo zélandaise met à profit ses derniers jours d’entrainement pour naviguer dans des conditions musclées (30 noeuds établis, mer formée), avec des pointes à plus de 40 noeuds pour le catamaran.

© Chris Cameron-ETNZ

Energy Team devant la justice américaine

Les derniers America’s Cup World Series laisseront un goût amer à l’équipe française d’Energy Team, en effet les résultats sportifs avec une 6ème place en match racing et une 7ème en flotte n’auront pas été à la hauteur des ambitions du team, mais un second volet vient contrarier l’équipe avec une action en justice à leur encontre.

L’histoire commençait pourtant bien avec un plaisancier qui récupérait l’Ac45 d’Energy Team, alors que celui-ci se trouvait à la dérive en baie de San Francisco suite à la rupture de ses amarres, celui-ci était chaleureusement remercié et invité à être le 6ème homme à bord pour une manche, l’organisation prévoyait également de revoir les procédures de mouillage des bateaux suite à cet incident.

Malheureusement le plaisancier s’avère moins sympathique de prévu lorsqu’il a décidé de réclamer 200000$ à l’équipe pour le sauvetage du multicoque d’une valeur d’un million d’euros.

Affaire à suivre à la cour…

Yann Guichard : « Bien sûr je suis satisfait des résultats »

Yann Guichard, skipper du MOD70 SPINDRIFT racing, et barreur de l’AC45 de l’Energy Team a de nouveau répondu aux questions de Voile-Multicoques lors de l’étape marseillaise de l’European Tour 2012.

L’interview a été réalisée le vendredi 29 septembre à l’issue de la première journée des City Races de Marseille.

Voile-Multicoques : Peux-tu nous donner des nouvelles de ton état de santé après ta blessure (le skipper avait chuté lors d’un enfournement) sur la fin de la 4ème étape de cet European Tour ?

Yann Guichard : Je vais mieux, heureusement je n’ai rien de cassé (il souffre de déchirures des muscles intercostaux), c’était mon inquiétude initiale. Je prends un traitement anti inflammatoire et des antalgiques, mais il persiste malgré tout des douleurs, j’essaye donc de me ménager un peu, dans la mesure du possible.

 

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Tu as choisi de modifier ton équipage pour la dernière étape, quelles sont les raisons de ce changement ?

J’essaye de faire tourner l’effectif depuis le début de cet European Tour, avec un nouvel homme à chaque étape en offshore et en inshore ; l’objectif de ce roulement est de sélectionner l’équipage pour le tour du monde de l’année prochaine. Cette rotation est une bonne chose, même si certains concurrents comme Foncia ont choisi d’avoir un équipage fixe.

Les nouveaux apportent du sang neuf et un œil « extérieur », qui permet de remettre en cause les certitudes que nous pouvons avoir après un mois de course.

Vous pointez en seconde position de cette épreuve à l’issue de l’avant dernière étape, l’objectif est de finir devant Foncia, quelle va être la stratégie adoptée par rapport au seul adversaire direct restant pour la victoire ?

Nous avons huit points de retard sur Foncia, l’idéal serait de revenir à quatre points à l’issue des City Races, étant donné qu’une place de différence en offshore représente quatre points, mais ceci s’annonce difficile.

Les trois points du parcours côtier seront également très importants, peut être plus que ceux des inshores.

Le marquage de Foncia sur la dernière étape (entre Marseille et Gênes) n’est pas faisable, mais je pense chacun des équipages va regarder ce que fait l’autre, il est peu probable que nous prenions une option radicalement différente.

Nous sommes désormais certains de finir deuxième au pire, la bagarre pour la place de vainqueur s’annonce belle, tout comme celle pour la troisième place de cet European Tour.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Une seconde place ou une victoire sur cet European Tour, une victoire sur la Krys Ocean Race, les objectifs de l’équipe Spindrift racing sont donc atteints pour cette première saison en MOD70 ?

L’objectif reste de gagner le Tour de l’Europe, même si nous avons gagner la Krys Ocean Race, nous espérons poursuivre sur la lancée.

Nous ne ferons le bilan qu’à l’issue de cette course, mais bien sûr je suis satisfait des résultats. Nous avons malgré tout fait des erreurs sur les étapes trois et quatre, qui nous ont fait perdre des points sur Foncia.

Globalement nous progressons en apprenant à mieux connaître le trimaran, surtout dans le petit temps, où nous devons faire des progrès par rapport à d’autres équipages.

Nous avons peut être un petit avantage sur les City Races grâce à mon expérience sur d’autres circuits de régates en flotte, comme sur les America’s Cup World Series en AC45 (Yann partage la barre du catamaran à aile rigide d’Energy Team avec Loïck Peyron), ce qui permet d’être un peu plus à l’aise sur le placement du bateau lors des phases de départ.

Un mot sur les performances du jour (l’interview a été réalisé à l’issue de la 1ère journée des City Races de Marseille) ?

Nos performances sont très proches de celles de Foncia, nous sommes devant à l’issue de cette première journée, ce qui est pris n’est plus à prendre, mais rien n’est joué,. Il faudra continuer à prendre de bons départs, comme nous l’avons fait sur la 1ère et la 3ème manches afin d’assurer de bonnes places.

Ce circuit tient ses promesses au niveau sportif, mais peine à attirer des sponsors et des équipages internationaux. Que manque-t-il à la classe MOD70 pour arriver à ces objectifs ?

Effectivement nous avons montré que les bateaux sont bons, que nous pouvons faire de belles régates que ce soit en offshore ou en inshore.

Le plus important pour développer la classe serait l’arrivée d’un partenaire titre, idéalement une entreprise internationale.

Ceci permettrait aux nouvelles équipes de trouver des sponsors et d’attirer les skippers étrangers, beaucoup sont intéressés par les MOD70, mais la conjecture économique est difficile en Europe.

De notre côté, nous avons de bons résultats, un certain nombre de contacts, mais tout ceci reste en attente d’un partenaire titre pour le championnat, qui permettrait de pérenniser la classe avec un programme définitif pour plusieurs saisons.

Le trimaran monotype semble satisfaire les skippers au niveau des performances, qu’en est-il au niveau du comportement ? Tu avais émis le souhait d’un ballast arrière à l’arrivée de la Krys Ocean Race, peux-tu nous en dire plus ?

Ces trimarans sont bien nés, avec une monotypie parfaitement respectée, comme le prouvent les arrivées très serrées sur toutes les courses.

De mon côté je serai effectivement favorable à l’ajout d’un ballast à l’arrière, ce qui amènerait de meilleurs performances au portant dans le gros temps, mais surtout plus de sécurité dans ces conditions, en limitant l’enfournement. Cet aspect est important pour le tour du monde prévu l’année prochaine. Cette modification n’impliquerait pas de gros travaux, ni un chantier long, il suffit d’ajouter une cloison et un snorkel, j’espère donc que cette amélioration sera retenue.

Le Z-Drive (système de transmission permettant à l’hélice de pivoter) serait à revoir, car il entre en vibration à hautes vitesses (au dessus de 33-34 nœuds), le changement de ce système rendrait le trimaran plus agréable à la barre.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Comment sont prises les décisions concernant les modifications de la jauge au sein de la classe MOD70 ?

Les décisions sont prises par le collège d’armateurs en accord avec l’organisateur MOD, ces réunions se font en bonne entente entre les deux parties, chacun amène ses propositions et celles-ci sont discutées.

La prochaine réunion aura lieu en octobre et permettra de décider ce qui sera modifié sur les bateaux pour la saison prochaine.

MOD a bien fait les choses avec une vraie structure organisatrice et une hiérarchie, ce qui se révélera encore plus important quand nous serons huit ou neuf au sein de la classe.

Tu poursuis les navigations au sein de l’Energy Team sur le circuit ACWS. Un nouveau système de classement a de nouveau fait son apparition pour cette saison avec le Super Sunday, que penses-tu de ce nouveau format ?

Le système était pire la saison dernière avec des coefficients quatre à cinq pour certaines régates, désormais il y a un vrai plus pour ceux qui finissent sur le podium lors de ces courses. Finalement ceci permet à certains teams qui ont de moins bons résultats de se rattraper, même si le plus souvent ce sont les mêmes en tête de la flotte.

Le fait que ces régates soient diffusées en live à la télévision joue également un rôle, il est plus facile pour le public de comprendre que celui qui gagne sur ces manches remporte l’événement.

Ceci apporte également une grosse intensité, sur un format court, d’une vingtaine de minutes, avec une bagarre au contact, c’est donc un grand plaisir de naviguer sur ces bateaux, quel que soit le format.

Energy Team devait construire le sistership d’USA-17 (le 1er AC72 d’Oracle Team USA) si le budget était décroché pour la 34ème America’s Cup, ce qui n’a hélas pas été le cas. Pourrais-tu nous donner ton avis sur ces catamarans AC72 ?

Nous ne pouvons que regretter de ne pas avoir obtenu le financement pour construire ce bateau au vu des images de navigation des AC72, ces bateaux sont magiques, j’aimerai bien sûr naviguer sur des bateaux qui « volent » après seulement quatre jours de navigation comme l’a fait Emirates Team New Zealand.

© ORACLE TEAM USA / Photo: Guilain Grenier

La progression sur ces bateaux est énorme parce que les équipes ont des moyens, et aussi les meilleures personnes à tous les postes, ces catamarans apporteront forcément aux multicoques de compétition dans le futur.

Le fait de ne pas avoir décrocher le budget pour Energy Team est d’autant plus dommage que le deal entre Oracle Team USA et notre équipe était excellent et permettait de disposer d’un bateau compétitif par rapport aux autres challengers, même avec des moyens plus limités.

Même si il n’y a que trois challengers la qualité sera là, lors des éditions précédentes, le plateau comptait dix ou douze challengers, mais seulement trois ou quatre étaient réellement compétitifs.

La Louis Vuitton Cup et l’America’s Cup devraient offrir de superbes régates, la baie de San Francisco est magnifique à naviguer avec des conditions soutenues, il faudra avant tout finir les courses sur ces machines incroyables, mais nous pouvons faire confiances aux marins qui se sont parfaitement adaptés aux multicoques.

Voile-Multicoques remercie Yann Guichard pour sa disponibilité, Astrid van den Hove, et Caroline Muller.

Première sortie pour l’AC72 d’Oracle Racing, premier vol pour celui d’ETNZ

Le defender de la Coupe de l’America, l’équipe américaine d’Oracle Racing a dévoilé son catamaran AC 72 la semaine dernière. Rappelons que celui d’Emirates Team New Zealand navigue depuis un mois dans le golfe d’Hauracki, alors que celui d’Artemis est à San Fancisco en attente de son aile (qui avait été endommagée à Valence alors qu’elle était testée sur la plate forme d’un trimaran ORMA allongé à 72′).

Si les deux multicoques néo-zélandais et suédois semblent assez proches dans les grandes lignes, celui des américains apparaît comme le plus radical. En effet le catamaran américain semble avoir bénéficié d’une  grosse recherche sur l’aérodynamique de la plate forme, avec des bras de liaison carénés, une « mini » coque centrale qui reprend les efforts (reprenant le principe de ce qui se fait sur les Decision 35), ce qui permet de se passer de martingale sous le catamaran. A noter également le système de barre surprenant pour un bateau de cette taille, puisque le skipper dispose d’une barre franche, avec un système de tringlerie qui court sur le bras arrière et permet au skipper de passer d’un bord sur l’autre sans lacher sa barre.

© ORACLE TEAM USA / Photo: Guilain Grenier

Côté appendices, les américains ont repris ce qui avait été testé sur les AC45 avec des dérives droites qui se terminent par un winglet,  donnant une forme de « L » à l’ensemble, pour les safrans, ils ont comme les néozéd choisi des profils en « T » afin d’apporter de la portance à l’ensemble combiné à l’effet des dérives qui agissent également pour faire décoller le bateau.

L’équipage mené par James Spithill a donc effectué une première sortie sur USA17 en baie de San Francisco, celle-ci a permis une première prise en main du bateau qui semble assez facilement décoller la coque au vent, cependant cette sortie a été écourtée par la casse d’une dérive, d’après les photos de SurfCityRacing, il semblerait que ce soit la dérive sous le vent qui ait subi des dommages, le bateau est donc retourné en chantier et ne devrait en sortir qu’après plusieurs semaines.

Côté néo-zélandais, l’équipage d’Emirates poursuit ses navigations en baie d’Hauracki, après quelques photos diffusées sur le réseaux sociaux où l’on pouvait voir le bateau en « vol », l’équipe a choisi de dévoiler officiellement les possibilités de son bateau lors d’un media day, où l’on peut voir le bateau déjaugé et naviguer uniquement sur le foil sous le vent et ses deux safrans équipés de plans porteurs, les équipages des AC72 ne disposent pas de système permettant de contrôler l’assiette du bateau, on peut donc penser que le positionnement de l’équipage sera primordial. Bien entendu les AC72 des autres équipes devraient être capable des mêmes performances, cette 34ème édition de la Coupe de l’America devrait donc être spectaculaire.

Copyright Chris Cameron / Emirates Team New Zealand

Quelques vidéos à voir : sur TVNZ, 3news.

Oracle Team USA triomphe en flotte et en match race, Energy Team 4ème

Les équipages de James Spithill et de Russell Coutts se sont affrontées hier soir pour la victoire en match race de cet America’s Cup World Series de San Francisco, c’est Russell Coutts, qui a pris l’avantage sur Oracle Team USA Spithill, dans un match extrêmement serré avec seulement 1 seconde d’avance sur la ligne et ce dans plus de 20 nœuds de vent.

James Spithill s’est rapidement remis de cette défaite pour se classer second de l’ultime régate en flotte avec un coefficient 4 pour ce ’Super Sunday’, ce qui permet à l’équipage du defender de remporter le classement en flotte.

Côté français l’équipage de Yann Guichard faisait parti des favoris après les bons résultats de la veille, leur départ est assez moyen en milieu de flotte, ils passent en sixième à la marque 1 puis perdent une place sur le premier portant alors qu’Artemis Racing White, Luna Rossa Piranha et Team Korea mènent la flotte. L’équipage de l’AC45 français effectue un superbe et gagne  de trois place, franchissant la marque 3 en quatrième position devant les deux catamaran du team Oracle. Sur le bord suivant l’équipage gagne encore une place mais Yann Guichard et ses hommes dépassent la limite virtuelle du parcours et écopent  d’une pénalité.

La flotte étant assez regroupée, cette pénalité coûte cher aux français qui rétrogradent  en neuvième position à la marque 5. Ils perdent encore une place sur l’ultime bord et finissent 10ème. C’est Luna Rossa Piranha qui gagne cette régate devant Oracle Team USA Spithill et Team Korea.

Yann Guichard : “90% de la manche s’est bien passée’ ajoute. On est bien rentrés dans le match après un départ au vent comme voulu et avec une bonne vitesse. Mais dans l’avant-dernier bord, alors que nous étions troisièmes à la bouée sous le vent, nous avons perdu sept places à cause d’un problème de vitesse quand le vent est monté. Pour couronner le tout, nous avons écopé d’une pénalité pour avoir franchi les limites de la zone de course. Tout ceci nous a placé dans le paquet des autres concurrents et la course s’est arrêtée là pour nous. Le bilan pour Energy Team concernant le championnat de course en flotte est tout à fait honorable. On termine 4ème, au pied du podium, après une très bonne semaine mais en ayant réalisé notre moins bon résultat aujourd’hui lors de la manche dotée du plus fort coefficient. Pour le spectacle, je pense que le ‘Super Sunday’ met effectivement du piment dans le jeu. En revanche, quant au match race, je regrette qu’un seul et unique match fut programmé car pour nous, le championnat s’est joué en moins de 10 minutes. ”

Au classement général des courses en flotte, Energy Team termine 4ème grâce à ses bons résultats de la semaine (et 5ème en match race), Oracle TEAM USA Spithill remporte cet acte devant Luna Rossa Piranha et Team Korea. Le second équipage de l’équipe italienne se classe 5ème, Artemis prend des décevantes 6 et 9ème places, comme ETNZ 7ème qui peine à retrouver son meilleur niveau.

Classement général final, dimanche 26 août 2012 (à l’issue des 7 manches courues)
1. Oracle Team USA Spithill : 86 pts
2. Luna Rossa Piranha : pts
3. Team Korea : 65 pts
4. Energy Team: 55 pts
5. Luna Rossa Swordfish: 51 pts
6. Artemis Racing White: 48 pts
7. Emirates Team New Zealand: 43 pts
8. Oracle Team USA Coutts: 42 pts
9. Artemis Racing Red : 38 pts
10. J.P. Morgan BAR: 37 pts
11. China Team : 15 pt

Les prochaines régates des America’s Cup World Series de San Francisco auront lieu du 2 au 7 octobre. D’ici là les deux AC72 d’Oracle et d’Artemis devraient débuter leurs entrainements en baie de San Francisco.

Superbe journée pour Energy Team

Les français d’Energy Team  se sont illustrées la nuit dernière à San Francisco en remportant l’une des deux régates en flotte et en terminant 3ème de la seconde, ce qui leur permet de se hisser à la seconde place du classement provisoire des courses en flotte avant le Super Sunday d’aujourd’hui (une régate au coefficient 4).

La journée avait commencée par les deux demis finales, qui ont tournées à l’avantage de l’équipe américaine d’Oracle Racing, Russell Coutts remportant son match face à Artemis Racing White et James Spithill faisant de même face à Emirates Team new Zealand. La finale de ce soir consacrera donc les équipages d’Oracle Team USA.

En flotte, les français prenaient un départ relativement bon lors de la première régate, avec la quatrième place à la première bouée, ils gagnent un place sur le portant derrière Emirates Team New Zealand et Artemis Racing White, puis une autre sur la remontée au près, pointant en deuxième position à la marque 3, à sept secondes des leaders néo-zélandais. La surprise vient d’Oracle Team USA Spithill qui revient sur les leaders et prend la tête. A la marque 4, cinq secondes séparent les trois bateaux de tête, qui possède un bel écart sur le reste des concurrents.

Les français effectuent un superbe deuxième bord de près et passent Spithill, et parviennent à conserver le leadership jusqu’à la ligne d’arrivée. ETNZ termine 3ème devant les deux bateaux de Luna Rossa, Team Korea brillant hier termine 8ème de cette manche.

Energy Team poursuit sur sa lancée lors de la seconde régate avecun très bon départ, ce qui leur permet d’enrouler la première marque en tête, cependant l’équipage d’Oracle Team USA Spithill passe Energy sur le 1er portant. James Spithill creuse son avance alors que les français perdent une place à la marque 3, au profit de Team Korea qui revient dans le match. Les positions seront figées pour le podium jusqu’à la ligne d’arrivée.

Au général provisoire, Oracle Team USA Spithill creuse encore son avance, Enregy Team s’empare de la seconde place avec 3 points d’avance sur Team Korea et Luna Rossa Piranha.

Yann Guichard, skipper d’Energy Team : « C’était une course fantastique pour Energy Team. Après un départ mitigé, nous avons joué à fond sur nos réglages pour optimiser la vitesse puis nous avons enchaîné les bons bords. La victoire s’est jouée à rien mais on gagne devant les plus grosses écuries. Aujourd’hui, je pense que nous étions plus opportunistes voire plus agressifs lors des départs et peut-être plus en phase avec le vent qui était pourtant très instable. Nous étions aussi équipés d’une voile d’avant plus grande. La prise de risque au départ est déterminante. Demain, il faudra en faire de même ».

Réaction de Bruno Peyron, CEO Energy Team : ” C’est une très belle journée pour Energy Team, avec cette victoire dès la première manche et une belle place de 3eme dans la seconde. Deux départs presque parfaits, une bonne vitesse comparée à celle d’hier, une bonne concentration, de bons réglages et plus de rigueur dans la lecture du plan d’eau. On commet juste une petite erreur dans la deuxième manche de ne pas ducker derrière Team Korea au lieu de repartir à gauche, mais globalement une journée superbe pour l’équipe. Essayons de faire aussi bien demain dans le fameux Super Sunday et son coeff 4 qui déterminera le classement final. Nous sommes ce soir 2e au classement général derrière James Spithill, c’est du très beau travail de la part de toute l’équipe que l’on ne peut que féliciter ce soir ”

Journée animée à San Francisco

La 3ème journée des America’s Cup World Series de San Francisco a débuté hier avec les deux derniers quarts de finale qui opposaient JP Morgan BAR à Emirates Team New Zealand et Oracle Team USA Coutts aux français d’Energy Team.

Ben Ainslie a mal débuté son match face aux néo zélandais en prenant le départ en retard suite à une erreur de décompte, ce qui a permis à Dean Barker et ses hommes de profiter d’une avance relativement confortable pour assurer le contrôle pendant cette mancher et d’accéder facilement aux demi finales de match racing.

Le second duel, opposait l’équipage français mené par Yann Guichard  au Team Oracle de Russel Coutts, les américains réussissaient à préserver l’intérieur à la première marqueet donc le leadership, cependant les français revenaient en tête grâce à un enchaînement de virements. Malgré tout, les américains repassaient le catamaran français et s’imposaient avec quelques longueurs d’avance.

Yann Guichard, skipper d’Energy Team, explique : ‘C’était un beau match au coude à coude face à Russell et son équipage. Nous avons perdu le départ contre eux, mais nous sommes bien revenus après à la porte sous le vent pour ensuite prendre temporairement la tête du match. Puis nous avons commis quelques erreurs stratégiques qui nous ont coûté cher sur un plan d’eau très tactique’.

Les deux équipages vainqueurs s’affronteront donc en demi-finale ce soir, l’autre match opposera Oracle Team USA Spithill à Artemis Racing White.

La journée s’est poursuivie avec deux courses en flotte. Le départ de la première sera « fatal » à ORACLE TEAM USA Coutts, en effet le skipper a tenté de s’engager entre le bateau comité et son coéquipier James Spithill, mais l’équipage percute de plein fouet le comité sur cette manoeuvre et abandonne pour le reste de la journée avec une étrave tribord sérieusement endommagée.

Russell Coutts : “Je pensais qu’il y avait assez de place et j’ai eu tort. J’ai cru qu’ils étaient sur le point d’abattre mais ils ont continué à lofer et la porte s’est refermée sur nous.”

Les français prennent un bon départ sur cette manche et passent la marque 2 en tête avant de connaitre des difficultés sur le bord de près suivant où ils perdent deux places. Emirates Team New Zealand, qui avait pris le meilleur départ,perd beaucoup de terrain en choisissant le mauvais côté du plan d’eau et terminait 5 ème de cette manche, mauvais manche également pour James Spithill qui prenait la 7ème place.La réussite était italienne pour cette manche avec un doublé de Luna Rossa, Swordfish s’imposait devant Piranha et Energy Team qui terminait donc à une belle troisième place, devant Team Korea.

La seconde manche était lancée dans la foulée, avec un excellent départ des néo-zélandais et des italiens, James Spithill effectue une superbe remontée, tout comme Team Korea, ces deux bateaux terminent aux deux premières places, le podium est complété par ETNZ, les italiens ont perdus quelques placent et terminent 5 et 6ème derrière JP Morgan BAR et devant Energy Team. Les deux équipages suédois d’Artemis ferment la marche devant China Team qui peine grandement et semble condamner à ramasser les bouées…

Nathan Outteridge, skipper de Team Korea : “Les conditions étaient musclées et nous étions souvent dans le peloton de tête. Quatrièmes et seconds, cela nous convient comme résultat tous les jours. La régularité est l’une des clé du succès même si l’essentiel consiste à tout donner lors de l’ultime manche en course du ‘Super Sunday’.”

L’équipage de Jimmy Spithill mène logiquement le classement en flotte avec deux victoires, une seconde et une septième place, Team Korea pointe à la seconde place devant Luna Rossa Piranha et Energy Team qui a effectué une belle remontée, l’équipage français a trois points de retard sur le 3ème et quatre sur le second. Les deux Ac45 d’Artemis se classent 5 et 6ème au provisoire, Oracle Team USA Coutts rétrograde en 10ème place avec ses deux manches non courues, mais reste devant China Team.