Premières images de l’AC 72 d’Emirates Team New Zealand

Le bateau ne sera « officiellement » dévoilé que samedi au grand public. Malgré tout il est difficile de cacher un catamaran de 22 mètres de long et une aile rigide de 40 mètres de haut ; l’équipe technique d’Emirates Team New Zealand a donc sorti son catamaran du chantier et à gréer l’aile sur la plate-forme pour la première fois aujourd’hui, quelques photos ont filtrées.

© Chris Cameron/ETNZ

La structure du catamaran semble assez proche de celle d’Alinghi 5 avec une structure en V entre le pied de mât et les bras de liaison afin de reprendre les efforts du gréement, avec deux renforts parallèles aux coques. Le tableau arrière des coques semble être vertical, chacune possède semble-t-il deux colonnes de moulins à café. L’aile semble quant à elle assez classique dans sa conception et assez proche de celle d’Artemis.

© Chris Cameron/ETNZ

Les prochains AC72 à  être dévoilés devraient être ceux d’Oracle Racing et d’Artemis Racing.

Yann Guichard : « La motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team. »

Yann Guichard, skipper du MOD Spindrift racing, de l’AC45 de l’Energy Team et tacticien sur le D35 Ladycat a de nouveau répondu aux questions de Voile-Multicoques (interview réalisée lors de l’Open de Crans).

© Chris Schmid / Spindrift racing

Voile-Multicoques.com : Tu intègres l’équipage de Ladycat, qui participe au Vulcain Trophy avec un équipage remanié, qui s’est professionnalisé, quels sont vos objectifs ?

Yann Guichard : Dona Bertarelli, la propriétaire, prend les saison les unes après les autres, elle a voulu un peu de changement cette année, en prenant un équipage plus professionnel et avec des hommes.

Ceci permet de naviguer à six et non plus à sept comme avec les filles, ce qui simplifie les choses, avec un poste pour chaque personne.

L’objectif chiffré est d’essayer d’accrocher les troisième, quatrième ou cinquième place du championnat, ce qui est faisable mais difficile.

Alinghi, le CER (Realstone Sailing), et Artemis sont un peu au dessus du lot, mais le reste de la flotte est assez homogène, la course à la quatrième place risque donc d’être serrée.

Cette saison se court exclusivement sur le Léman cette année, quelles sont les spécificités de ce plan d’eau ?

Sur le premier grand prix, nous avons eu un vent de sud un peu instable, ce qui est habituel sur le lac, tout comme le petit séchard pour le second grand prix, les conditions sont toujours plus ou moins piègeuses, il faut être opportuniste, tout peut arriver jusqu’à la ligne soit coupée.

C’est aussi ce qui fait l’intérêt de ce type de plan d’eau, tout peut être remis en questions rapidement, les nouveaux parcours, plus courts que la saison dernière, et avec une porte au vent ouvrent également un peu le jeu, ce qui ajoute des opportunités pour revenir sur les bateaux qui nous précèdent.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces changements de format des régates, avec un raccourcissement des parcours et l’introduction de la porte au vent, ce format se rapproche de ceux qui ont été adoptés sur les autres circuits multicoques (America’s Cup World Séries, Extrême Sailing Series), penses-tu qu’il s’agit de la bonne formule pour courir en multicoque ?

Je ne pense pas qu’un type de parcours soit meilleur qu’un autre, tout dépend du type de bateau, et de l’objectif, comme on peut le voir sur les circuits tournés vers le public à terre.

L’introduction de la porte au vent en D35 ouvre le jeu, mais l’idéal serait d’avoir les règles de la Coupe de l’America en ce qui concerne l’engagement à la bouée, le tribord reste donc roi selon les règles ISAF avec des passages de bouées parfois un peu dangereux.

Ce format donne plus d’intensité, mais aussi plus de travail à l’équipage avec des manœuvres incessantes, ce qui change des longs bords calés que nous avons connu jusqu’ici sur le circuit.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Tu es le skipper du MOD Spindrift racing depuis quelques mois, quelles sont les qualités du bateau par rapport aux autres trimarans que tu as barré jusqu’ici (60′ ORMA, Gitana 11 sous sa forme rallongée) ?

Ces bateaux sont difficilement comparables, le choix d’un bateau monotype fait que les coefficients de sécurité sont plus importants, le bateau est donc plus costaud, plus raide, à un plan de voilure un peu moins puissant par rapport aux autres bateaux que j’ai pu barrer.

Dans les petits airs, le bateau est un peu plus difficile à faire avancer qu’un 60′ ORMA, du fait d’un rapport poids/puissance un peu moins favorable, mais ce bateau est très intéressant, la monotypie a été très bien respectée, comme nous avons pu le constater sur les régates courues jusqu’ici avec des écarts très serrés, il faut aller chercher quelques centièmes de nœuds face aux adversaires pour s’imposer. Ce qui promet de belles régates inshores, mais aussi sur l’Atlantique dès cet été.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Certains skippers ont déjà evoqué une participation à la Route du Rhum 2014 sur les MOD, l’envisages-tu et quelles seraient les modifications à apporter au bateau pour l’adapter au solitaire ?

Le bateau semble plutôt adapté, il y aurait bien sûr un second pilote à installer et quelques modifications mineures.

La course aura lieu dans deux ans et demi, l’objectif immédiat reste bien sûr le Multi One Championship, mais il est clair que je participerai à la course sur ce bateau, nous verrons si une classe MOD sera créee pour la course ou si nous participerons dans la classe Ultime. Il serait dommage que ces bateaux restent à quai pendant la Route du Rhum, ce type de course permettrait aussi de mettre en valeur la classe.

Les deux premières confrontations avec tes concurrents ont été très serrés cette année, que ce soit sur le Tour de Belle Ile ou l’Armen Race, où se sont jouées ces courses ?

Pour le Tour de Belle Ile, nous avons pris une option au départ qui n’était pas la bonne, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild ont donc été devant dès le début et nous n’avons fait que lutter pour revenir sur eux, ce que nous avons fait petit à petit.

Sur l’Armen Race, nous étions en tête sur le retour, mais nous avons eu un problème pour hooker la GV, ce qui a permis à Foncia de revenir et de nous passer, les bateaux ont été au contact pendant toute la course, la moindre erreur fait que le copain passe devant, il faut donc être irréprochable sur les manœuvres. Nous avons fait quelques erreurs, c’est le métier qui rentre, nos adversaires ont un peu plus d’expérience sur ces bateaux et nous progressons de jour en jour, nous allons donc poursuivre nos entraînements dès la semaine prochaine.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces entraînements, quelles informations sont partagées avec les autres teams, avez-vous des debriefings communs, quelles informations partagez-vous ?

Avec Foncia, nous partageons en live les réglages à la VHF quand nous sommes sur l’eau, nous ne faisons pas de véritables debriefs, nous discutons des réglages de manière informelle.

Ces sessions permettent de progresser dans la connaissance du bateau grâce à ces échanges, en naviguant seuls le feeling est rapidement bon, et on pense être champion de la baie, la confrontation permet de faire des progrès exponentiels, je pense que ces entraînements sont indispensables pour bien figurer face aux autres.

De notre côté nous avons choisi, et eu l’opportunité, de nous entraîner avec Michel Desjoyaux, ce qui est une excellente expérience, je pense que Foncia est une des grosses équipes en MOD 70, c’est donc super de pouvoir mettre des choses en commun avec eux.

Passons aux America’s Cup World Series, Energy Team termine sur trois belles performances, que ce soit avec toi, ou Loick Peyron à la barre, quelles sont les forces de cette équipe qui a pourtant un déficit d’entraînement par rapport aux top teams (Oracle Racing, Artemis, Emirates Team New Zealand et Luna Rossa) ?

Etape après étape, nous avons réussi à poser des bases qui font qu’aujourd’hui notre équipe est solide à terre et sur l’eau.

Nous avons bien travaillé sur l’eau, les manœuvres et la communication se déroulent très bien, l’ambiance est excellente au sein de l’équipe. Même après de mauvais résultats la motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team.

Nous avons aussi beaucoup travaillé sur les voiles avec Incidences, ce qui nous donne un petit plus en vitesse, surtout dans le vent médium et le petit temps, comme sur les dernières étapes. Cet avantage est une des clefs du succès dans ces régates serrées, où il ne faut rien lâcher.

Les grosses équipes gardent un avantage dans le gros temps car ils ont plus d’entraînement. Dans les vents faibles ou modérés, toutes les équipes manœuvrent bien et les petites équipes rattrapent leur retard sur les détails de réglages.

De notre côté, nous avons réussi à gommer toutes les grosses erreurs, ce qui resserre forcément le jeu. Les régates deviennent donc de plus en plus intéressantes avec des vainqueurs différents à chaque Act.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Il ne reste qu’un Act avant la fin de la saison, avez-vous prévu des navigations sur d’autres supports afin de continuer la préparation à la possible participation de l’Energy Team à la 33ème Coupe de l’America ?

Tout dépendra de la suite, si nous décrochons le financement pour l’AC 72, il y aura des entraînements en commun qui pourront se faire sur le MOD 70 pour préparer l’équipage.

En attendant, nous conservons tous nos programmes différents et assez complets pour tous les membres d’équipage de l’AC45.

Arnaud Jarlegan et Devan Le Bihan naviguent avec moi sur le D35 Ladycat, ce qui permet de parfaire les automatismes sur l’AC45, ces passages sur différents supports sont aussi une force, même si nous n’avons pas l’opportunité de nous entraîner sur l’AC 45.

Est ce que les parcours des régates des America’s Cup World Series, à proximité immédiate des côtes, sont adaptés à l’AC45 ? Ou est ce que ces bateaux mériteraient-ils un terrain de jeu plus vaste ?

Les formats sont parfaitement adaptés pour le public, mais aussi pour nous, on s’éclate sur l’eau, il faut seulement intégrer les limites virtuelles, ce qui est difficile au début. Tactiquement ces limites sont intéressantes, elles resserrent le jeu et gomment le défaut du multicoque, du fait du manque de manœuvrabilité de ces bateaux, nous avions tendance à aller sur les extrêmes, ce format permet de recréer du contact entre les bateaux.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Le format des régates reste parfois assez obscur, avec certains Acts où les match-races se déroulaient en une seule manche contre deux manches gagnantes sur d’autres Acts, est ce que les équipes participent à la prise de décisions concernant l’organisation des régates ?

Les équipes ont leur mot à dire, mais au final Oracle Racing définit les règles avec le retour de différents teams. Il est vrai que le format à une manche gagnante pour le match-racing est un peu dur.

Un autre petit reproche que je ferai concerne le fait que la l’America’s Cup se court en match-race, alors que les ACWS se courent en grande partie en flotte, mais il faut aussi prendre en compte l’aspect télévisuel, et là je pense que suivre une course en flotte est plus sympathique pour les téléspectateurs et le public.

Au final l’équilibre est assez bon, que ce soit pour les compétiteurs ou les spectateurs qui semblent satisfaits.

Energy Team s’associe à Oracle Racing

Le Challenger français pour la Coupe de l’America,  Energy Team, dirigé par Loïck et Bruno Peyron, a annoncé aujourd’hui un accord technologique majeur avec le Defender américain ORACLE RACING dirigé par Russell Coutts.

Celui-ci porte sur un transfert technologique de tous les développements architecturaux et technologiques réalisés par ORACLE, pour la construction de son AC72. L’équipe française bénéficiera donc des plans de la plate forme de l’AC 72 du defender et de son aile, ceci permet à Energy Team de gagner un temps considérable et lui garanti un bateau abouti dès sa mise à l’eau, en effet cet AC72 sera la seconde version du catamaran américain qui a prévu de construire deux bateaux.

Ceci permet également à l’équipe française de réduire sensiblement son budget, puisque la partie budget et développement n’aura pas lieu d’être, ce qui rend également son offre marketing très compétitive pour d’éventuels sponsors.


Bruno Peyron : « Cet accord va changer beaucoup de choses et il a trois conséquences immédiates pour nous. Il va d’abord nous permettre de rattraper d’un seul coup le retard technologique que nous avions sur les Top Team, dont certains travaillent depuis plus de deux ans. Si nous y arrivons, cet apport technologique peut désormais nous permettre de nous battre pour la phase finale avec un bateau extrêmement performant et abouti. Enfin, le gain de temps et l’économie réalisée en Recherche et Développement va nous permettre de proposer aux partenaires avec qui nous discutons, une offre extrêmement compétitive en termes de communication et de retour sur investissement. »
Le projet d’Energy Team est donc de construire un seul AC72 et de le mettre à l’eau le plus tard possible, afin de
bénéficier des ultimes développements de l’équipe américaine, avec un début de construction en juillet 2012, pour une livraison début mars 2013. Le chantier Multiplast à Vannes est déjà réservé pour cette construction, le multicoque devrait être transporté par avion  directement sur sa base d’entraînement à San Francisco en mars 2013, avec un programme d’entraînements intensifs de 3 mois, d’avril à juin 2013.

Le budget du team français est donc sensiblement abaissé avec un cout estimé à  15 M€, sur la période 2012 / 2013, soit au minimum trois fois moins que les autres équipes qui s’aligneront sur la Louis Vuitton Cup.

Russell Coutts, CEO Oracle Racing : « La prochaine édition de l’America’s Cup va réunir les meilleurs marins, les bateaux les plus rapides et vise un modèle économique accessible. Cet accord avec Energy Team permet de réaliser ces trois  objectifs. Loïck et Bruno ont réalisé de fabuleux exploits en multicoque. Avec le meilleur de la technologie mise à leur  disposition, ils ont le potentiel pour atteindre le plus haut niveau dans la Coupe de l’America.”
Bruno Peyron, CEO Energy Team : « Cet accord entre Oracle Racing et Energy Team démontre s’il en était besoin le changement d’époque et d’esprit que nous vivons actuellement avec l’America’s Cup. Je remercie Russell Coutts et Larry Ellison pour la confiance qu’ils nous accordent. Nous avons maintenant toutes les cartes en main pour nous permettre de réussir, voire même de créer la surprise. »
Loïck Peyron, Skipper Energy Team : « Cet accord historique exprime de manière on ne peut plus claire et symbolique la révolution culturelle qui anime l’America’s Cup. C’est un pas de plus dans une démarche novatrice qui démontre l’état d’esprit partagé par tous les acteurs de cette épreuve exceptionnelle ».
Thierry Reboul, Marketing Manager : « C’est un formidable accord car il va permettre à un ou plusieurs partenaires de rejoindre Energy Team pour l’America’s Cup 2013, dans le cadre d’une offre imbattable en termes de coût et de retour sur investissement. »

L’Energy Team des frères Peyron challenger pour la Coupe de l’America ?

L’information reste à confirmer, mais Ouest-France annonce que les frères Peyron devraient officialiser leur challenge pour la 34ème Coupe de l’America dans une quinzaine de jours.

Photo copyright Bo Struye

L’Energy Team devrait donc représenter la France face aux autres challengers Artemis Racing (SUE), Emirates Team New Zealand (TNZ) et Luna Rossa (ITA) et au challenger américain Oracle Racing, l’équipe disposerait d’un budget de 15 millions d’euros, bien loin de celui souhaité au départ et du niveau de leur concurrents estimé à 75 millions au minimum.

Les français devront se contenter du package AC72 vendu par ACRM basé sur une plate forme imaginé par le cabinet  d’architectes VPLP (spécialisés dans les multicoques et auteurs de la plupart des 60′ ORMA, des maxis trimarans, et de USA-17), de l’aile et des voiles réalisés par North.

D’ici leur participation aux éliminatoires de la Coupe, dans le cadre de la Louis Vuitton’s Cup, les français poursuivront leur préparation sur le circuit des America’s Cup World Series, avec espérons le autant de succès que lors de l’étape de San Diego ; Yann Guichard reprendra la barre de l’AC45, avec également l’arrivée d’Arnaud Psarofaghis sur le catamaran en remplacement de Peter Greenhalgh.

 

05/04/12 : Rectificatif : les frères Peyron et le Team Energy ont passé un accord technologique avec Oracle Racing, le defender américain, qui leur permettra de bénéficier des plans du 1er catamaran AC72 d’Oracle Racing, ils n’utiliseront donc pas le pack ACRM ; mais le pack du design team de l’équipe américaine qui planche sur le sujet depuis plusieurs années et qui a la plus grande expérience en ce qui concerne l’aile rigide.

1èrs bords du trimaran Artemis grée avec l’aile rigide

L’équipe suédoise Artemis Racing, challenger pour la 34ème Coupe de l’America, a navigué pour la première fois avant hier avec son trimaran de 72′ grée avec une aile rigide.

Ce multicoque est l’ancien 60′ ORMA Gitana 12, allongé à 72′, soit la taille des futurs catamarans AC72, qui seront utilisés l’an prochain pour l’America’s Cup, ce trimaran permet donc aux suédois de tester l’aile de leur futur bateau avant la fin de la construction et de contourner en partie les règles limitant le nombre de jours de navigation avec les AC 72.

En effet, chaque équipe dispose de 30 jours de navigation sur des catamarans de plus de 10 mètres autres que des AC45 en 2012 ; les teams utiliseront donc ces journées pour naviguer sur les AC72 qui pourront être mis à l’eau à partir de juillet. Artemis aura la possibilité d’utiliser son aile sur le trimaran durant cette période sans entamer ce capital.

© Sander van der Borch/Artemis Racing

La conception et la construction de ce gréement de 40 mètres auront demandé plus de 35 000 heures de travail, la surface de cette aile est de 260m² pour un poids d’un peu plus d’une tonne,

Paul Cayard : “Nous avons opté pour la stratégie à échelle réelle. Notre décision demandait certes plus de temps mais elle nous permet d’apprendre à manœuvrer cette aile si puissante. Et au-delà de l’objectif performance, la sécurité de notre équipe est primordiale. Régater dans la Baie de San Francisco sera inoubliable en juillet et en août”.

Toujours dans le domaine de la Coupe de l’America, le démenti de Philippe Ligot, directeur du team Aleph, concernant l’abandon de son équipe dans la recherche de sponsors, l’équipe française se donne jusqu’à fin mai pour trouver un budget, et espère également pouvoir s’aligner sur les America’s Cup World Series cette saison.

Une seule équipe française encore en lice pour la prochaine America’s Cup

Deux des trois challengers français pour la 34ème Coupe de l’America ont jeté l’éponge en une semaine, et ce à un mois de la nouvelle saison des America’s Cup World Series.

Si la participation d’All4One, dirigé par Stéphane Kandler, paraissait illusoire, après une année blanche, le retrait d’Aleph est plus surprenant après une saison en AC45 et des résultats encourageants sur la dernière épreuve à San Diego.

Stéphane Kandler, directeur général d’All4One, s’est expliqué dans les différents médias sur ce retrait, l’équipe a renoncé faute de budget suffisant pour être compétitif, et reste mobilisé pour monter un autre projet, à priori en multicoque : MOD 70 ou Extreme 40.Les interviews sur VoilesetVoilers et Ouest France.

Du côté d’Aleph, l’annonce du retrait a été faite par Loic Le Bras de Voiles et Voiliers, le défi d’Alain Gautier et Bertrand Pacé renonce aussi faute de financement, par ailleurs l’équipe n’a pas de budget pour la saison 2012 des America’s Cup World Series, et ne devrait par conséquent pas être présente à Naples dans un mois.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Ne reste plus qu’Energy Team en course pour la prochaine America’s Cup, mais là non plus la participation demeure incertaine, l’équipe des frères Peyron est assuré de poursuivre en AC45 grâce au soutien de Corum, mais le budget pour l’AC72 n’est toujours pas concrétisé, comme l’a expliqué le skipper à VSail.

 

Luna Rossa navigue en AC45

L’équipe italienne a débuté hier ses navigations en baie d’Hauraki, l’équipage était mené par Mark Sirena, qui barrait déjà l’Extreme 40 aux couleurs de Prada cette année.

© Luna Rossa

Luna Rossa est installé dans la base d’Emirates Team New Zealand, les deux équipes devraient collaborer pour la mise au point de leurs AC72, des entrainements communs sont prévus sur les AC 45 pendant la première quinzaine de février, le catamaran devrait ensuite être transporté à Naples pour la première étape des America’s Cup World Series 2012, l’équipe poursuivra alors ses entrainements sur d’autres catamarans, à foils cette fois-ci, les SL33, peut être ceux de l’équipe néo-zélandaise qui les a équipé d’ailes rigides.

Une nouvelle équipe sur les ACWS

Confirmation de la rumeur qui courait depuis quelques semaines ce matin, Ben Ainslie, triple médaillé d’or olympique, neuf fois champion du monde et d’Europe, s’engagera sur les America’s Cup World Series pour les saisons 2012 et 2013 avec sa propre équipe.

Cette équipe s’alignera sur le circuit des AC45 à partir d’août 2012, donc après les JO de Londres auxquels le marin britannique participera en Finn. L’objectif de ce nouveau team est en fait une participation à la 35ème Coupe de l’America.

En effet, ce nouvel équipage ne brigue pas de participation à la 33ème America’s Cup qui se déroulera à San Francisco en 2013, puisque Ben Ainslie est lié par contrat au defender américain Oracle Racing. Le marin britannique intégrera donc le team américain à la fin des ACWS pour participer au développement des AC72, les catamarans qui seront utilisés pour la Coupe.

Cette équipe des ACWS semble donc entièrement financée par Larry Ellison ou Oracle Racing, Russell Coutts, CEO d’Oracle qui était présent à la conférence de presse, a confirmé l’implication du team américain dans l’engagement de cette équipe.

Ben Ainslie : « L’objectif, pour le moment, est de constituer une équipe pour mettre un pied dans l’America’s Cup dans le but de devenir un vrai Challenger pour la 35ème America’s Cup. Les AC World Series ont prouvé qu’elles sont des événements formidables et qui offrent de nombreuses perspectives aux potentiels partenaires ainsi qu’aux régatiers comme moi. Les AC45 sont fantastiques à regarder et ils sont extrêmement exigeants lors des régates.  Et sans aucun doute, les courses produisent les meilleures images ‘télé’ que je n’ai jamais vues, c’est pourquoi je pense que les AC World Series satisfont totalement à la fois les régatiers, le public et les sponsors. « 

Fred Le Peutrec : « Banque Populaire V est un avion de chasse » (Interview)

Fred Le Peutrec, barreur du  maxi trimaran Banque Populaire V, détenteur du Trophée Jules Verne sur Groupama 3, a répondu aux questions de Voile-Multicoques.com sur son début de saison à la barre de Zen Too, la future tentative de Trophée Jules Verne de Banque Populaire V.

Voile-Multicoques.com : Tu barres de nouveau un D35 cette saison, Zen Too, vous êtes actuellement en 9ème position au classement général, quels sont les objectifs de l’équipage cette année ?

Fred Le Peutrec : Cette saison n’est pas évidente, je navigue avec des gens dont la voile n’est pas le métier, ils ont donc assez peu de temps à consacrer au D35. Les entrainements sont très réduits, nous naviguons seulement la veille des régates, l’équipage manque donc d’automatismes dans le fonctionnement pour s’affirmer dans le haut du classement.

Voile-multicoques.com

Nous ne sommes pas très loin, la plupart du temps nous terminons à quelques longueurs des premières places.

L’objectif est avant tout de progresser, notamment sur les deux dernières manches en France.

Concernant les classiques courues sur le Léman (Bol d’Or et Genève-Rolle-Genève), quelles sont les difficultés de ces courses « longue distance » ?

La plus grosse difficulté réside dans les changements de systèmes météos, avec des effets de sites et beaucoup de transitions, qui ne sont pas systématiques.

Les locaux qui naviguent à l’année sur le Lac ont quelques automatismes qui permettent de déterminer des schémas, malgré tout, les effets de couloirs et de vents réservent beaucoup de surprises avec des vents différents qui se succèdent tout au long du Léman.

Voile-multicoques.com

Quel a été le programme d’entrainement de l’équipage avant le début du Vulcain Trophy ?

Nous avons eu seulement quelques sessions d’entrainement avec de belles conditions de vent en avril, ce qui représente 6 jours de navigation, sans confrontation aux autres équipages avant le début de la saison.

Deux grand prix seront courues en Méditerranée cette année, penses-tu que ces étapes peuvent changer la hiérarchie actuelle ?

Je ne pense pas que ces étapes hors du lac bouleversent le classement, les équipages au point resteront logiquement devant.

Le Léman est un beau stade pour naviguer, mais je crois que sortir de ce plan d’eau est une bonne chose pour la série puisque les bateaux naviguent uniquement sur le lac depuis plusieurs années avec des lieux de régates peu variés.

Le bateau en lui même n’est pas forcément très adapté à ce type de navigations, le catamaran n’aime pas la mer, mais en été et dans l’est méditerranéen de telles conditions de vagues sont peu probable.

Les D35 sont utilisés depuis 7 ans, penses-tu que les propriétaires s’orientent vers une nouvelle jauge ?

Tout dépendra de la direction vers laquelle les propriétaires veulent aller, puisque les décisions sont prises en assemblée générale. Cette série est avant tout un loisir pour eux, avec une ambition sportive plus ou moins importantes selon les propriétaires.

La donne est un peu différente désormais avec plusieurs séries de catamarans de 40′ et le passage de la Coupe de l’America aux multicoques, ce qui tire les différents circuits vers le haut.

Revenons à ta saison sur le Maxi Banque Populaire V, vous avez abandonné sur casse l’hiver dernier lors de la tentative de Trophée jules Verne, quel bilan tirez-vous de cette tentative concernant le trimaran ?

Ce bateau est un avion de chasse, qui s’inscrit dans l’évolution de Groupama 3, puisqu’il a été généré par le même cabinet d’architecte (VPLP), « il a le Jules Verne dans les jambes ».

Malgré tout, il faudra des conditions favorables pour réussir à battre le record, ce tour du monde est avant tout une histoire de trajectoires, le point primordial est de ne pas faire trop de route.

Le bateau a intrinsèquement un peu plus de vitesse que Groupama 3 dans certaines conditions, mais cet avantage ne permet pas de compenser en vitesse pure ce que nous pouvons perdre sur le contournement de l’anticyclone de Saint Hélène par exemple.

Banque Populaire V peut conserver des vitesses moyennes un peu plus élevées dans la mer formée, du fait de sa longueur et de sa masse.

Le trimaran semble donc plus à son avantage dans le vent médium et fort, qu’en est-il dans les vents faibles, que vous rencontrerez dans les zones de transition ?

Même en ayant navigué sur les deux bateaux, la différence est difficile à quantifier, il faudrait vraiment faire des speed-tests pour déterminer quel est le trimaran le plus rapide dans ces conditions.

Les comportements sont vraiment très proches, je pense que Groupama 3 est probablement un peu plus rapide dans la pétole, mais les différences ne sont pas substantielles.

Un avis sur les catamarans monotypes AC 45 à ailes rigides qui naviguent depuis quelques mois, et qui seront utilisés pour les séries préparatoires à l’America’s Cup ?

Les bateaux paraissent vraiment excitants, l’idée de naviguer avec une aile intéresse forcément tous les gens qui viennent du multi et qui régatent.

Cette voilure impose une logistique importante, ces innovations ne sont donc pas utilisables en dehors d’un circuit professionnalisé et structuré.

Les services de communication ont tendance à diffuser des images spectaculaires avec des chavirages, mais d’après les images dont nous disposons, les catamarans semblent particulièrement véloces et évolutifs dans toutes les phases de contacts serrés.

Ces AC45 permettent d’imaginer les régates en 72′ dans la mer et la brise de San Francisco, puisque ce plan d’eau est assez venté, les régates sur les AC72 seront probablement très spectaculaires voir dangereuses parfois du fait des vitesses élevées et des engagements forts dans les phases de contact.

Évidemment, ce circuit m’attire, comme tous les régatiers venant du multicoque.

© Gilles Martin-Raget

Trois équipes françaises se sont déclarées, dont deux sont inscrites officiellement, ces divisions récurrentes des marins français ne sont-elles pas préjudiciables ?

Tel qu’est structuré le sport voile en France, ces « divisions » ne me paraissent pas choquante.

C’est le signe d’une bonne activité vélique avec un nombre importants de régatiers dans un petit pays, ce sport est très développée, par rapport à d’autres nations où il est concentrée au sein de yachts clubs, avec des institutions plus « rigides ».

Au niveau des financements, les teams français devront probablement trouver des fonds en dehors de l’hexagone pour accéder à la compétition.

L’essentiel du problème vient du fait que nous ne sommes pas assis sur une tradition de l’America’s Cup en France, tous les projets précédents étaient moins bien financés que les grosses équipes étrangères, sans permanence entre les différentes éditions.

Avec le passage au multicoque, beaucoup pensaient que les français seraient les mieux placés pour tenir la dragée haute aux autres équipes, mais il y a une structure, une culture du travail dans les grosses équipes qui est moins présente en France, ce qui explique la présence de trois équipes qui étaient déjà structurées lors de l’édition précédente.

Tu as navigué sur 60′ ORMA pendant plusieurs saisons, as-tu eu l’occasion de naviguer sur un des deux premiers MOD 70 ?

Non, pas encore, j’espère pouvoir le faire, nous partageons les mêmes pontons, nous naviguons sur le même plan d’eau, je reste très attentif à ce qui se passe sur cette série.

Point sur l’America’s Cup

La Coupe de l’America a toujours connu des rebondissements, la 34ème n’y échappera pas, avec le forfait de l’équipe italienne Challenger of Record (et qui a donc négocié le protocole de la compétition), Mascalzone Latino, Vincenzo Onorato, le patron du team avait pourtant trouvé des financements pour cette campagne, mais, selon lui, pas assez pour être compétitif (à savoir une centaine de millions d’euros).

Côté français, le flou règne également, les trois équipes en lice se répondant avec divers communiqués de presse, sans qu’aucune annoncé officielle ne soit faite, Aleph Sailing (Gautier/Pacé) serait toujours en négociations avancées, tout comme All4One(Kandler/Kersauson), certaines rumeurs prédisent également un budget permettant la construction d’un AC 72 pour l’Energy Team des frères Peyron…
CNN a d’ailleurs consacré une émission au projet Energy Team.
http://i.cdn.turner.com/cnn/.element/apps/cvp/3.0/swf/cnn_416x234_embed.swf?context=embed_edition&videoId=international/2011/05/19/mainsail.may.peyron.bk.c.cnn

Les tests en flotte des AC 45 sont désormais terminés, seul Emirates Team New Zealand  reste sur place pour poursuivre les entrainements, Artemis et le China Team ont envoyé leurs catamarans à Valence avant l’étape portugaise prévue en août, les bateaux du defender Oracle transiteront par les Etats Unis avant de rejoindre l’Europe.