Le calendrier des Extreme Sailing Series 2012 dévoilé

Mark Turner a dévoilé au cours du World Yacht Racing Forum les 8 étapes des Extreme Sailing Series 2012, les régates auront lieu sur 3 continents, avec un retour dans les pays du Golfe, en Europe et en Asie, et une première un Act en Amérique du Sud.

 


The 2012 Extreme Sailing Series Venues

Les Extreme Sailing Series débuteront à Mascate, dans l’émirat d’Oman avant une nouvelle étape en Asie à Quingdao puis un retour à Istambul. De juillet à octobre, les équipages enchaineront quatre étapes européennes avec Porto, l’Angleterre (très probablement Cowes durant la Cowes Week), puis des retours à Trapani et Nice.

La finale de la saison se jouera au Brésil, terre d’accueil des Jeux Olympiques 2016, du 29 novembre au 2 décembre. P

Mark Turner, président exécutif de la société organisatrice OC ThirdPole : « Le circuit continue de refléter l’évolution du monde dans son ensemble, avec un équilibre est-ouest, différentes cultures et différentes langues, et des conditions de navigation très variées. La valeur commerciale des épreuves pour les villes d’accueil augmente chaque année, et cela se voit dans les évolutions du circuit pour 2012″.


Fleet lining up for a start in Istanbul, Turkey © Lloyd Images

 

Des partenaires (autres que MarinePool et GAC Pindar) seront annoncés en début d’année prochaine parallèlement à la liste des participants qui réunira des marins d’une douzaine de pays différents. Le numérus clausus devrait être de 8 , auxquels s’ajouteront des wildcard’proposés à de nouvelles équipes préparant une saison complète en 2013.

OC ThirdPole, la société organisatrice à travailler sur les dates des différents Acts afin de faire en sorte que les dates des Extremes Sailing Series soient les plus cohérentes possibles par rapports au reste du calendrier nautique et principalement avec le calendrier des America’s Cup World Series. En effet durant cette année 2011 certains Act des Extreme Sailing Series se sont déroulés en même temps que des régates sur AC 45, réduisant la visibilité des événements et obligeant les équipes engagées sur les deux circuits à engager une équipe B sur les ESS.

Mark Turner, président exécutif d’OC ThirdPole : “nous sommes fiers de nous tourner vers une sixième édition et fiers d’avoir offert un tel niveau de compétition sportive dans un format qui permet en plus de créer le spectacle. Il est parfois difficile de répondre aux besoins des différents protagonistes, les villes d’accueil, les sponsors de l’événement, les équipes et leurs partenaires, les marins, dont certains sont parmi les plus titrés du monde, les passionnés de voile, et le grand public qui découvre parfois ce sport pour la première fois. Mais c’est un défi qu’une équipe relativement petite mais enthousiaste a pris le pari de relever, et nous avons hâte d’organiser une excellente saison 2012, une fois de plus à travers différentes langues, différentes cultures et différentes contrées. Début 2011, nous avons pris le contrôle de la Classe Extreme 40 afin de développer conjointement les règles de l’événement et du bateau et garantir des chances de victoire plus équitables, ainsi que pour réduire les coûts de participation des équipes. Je pense qu’il reste encore beaucoup de choses à améliorer et à créer, sur chaque épreuve et en termes de communication, même si nous avons pu constater une augmentation significative de la valeur média cette année à travers nos différents supports et plateformes, notamment pour une couverture TV de qualité. Notre budget est assez limité comparativement à d’autres grandes épreuves labélisées ‘Special Events’ par l’ISAF (America’s Cup, Volvo Ocean Race er World Match Racing Tour) et nous devons bien calculer. Nous avons fait d’énormes progrès en 2011, mais nous pouvons encore mieux faire, notamment d’un point de vue visuel, avec la vidéo, car nous avons ici un produit exceptionnel et de formidables acteurs ».

Calendrier 2012 :

Act 1 : Mascate, Oman, du 28 février au 2 mars
Act 2 : Qingdao, Chine, du 19 au 22 avril
Act 3 : Istanbul, Turquie, du 7 au 10 juin
Act 4 : Porto, Portugal, du 5 au 8 juillet
Act 5:  Royaume-Uni, août
Act 6 : Trapani, Italie, du 13 au 16 septembre
Act 7 : Nice, France, du 18 au 21 octobre
Act 8 : Brésil, du 29 novembre au 2 décembre

Spithill s’impose de nouveau en flotte, les français 3 et 4èmes

Après avoir remporté samedi le Match Racing Championship face aux français d’Energy Team, l’équipage de James Spithill s’est de nouveau imposé lors de la régate en flotte finale de dimanche et s’adjuge donc aussi la victoire du Fleet Racing Championship.

Les neuf équipages ont régaté hier dans un vent de 15 à 17 noeuds, avec des rafales approchant les 20 nœuds.


La course a été très disputée dès le départ, à la première marque, ETNZ passe en tête suivi d’Oracle Racing Spithill et des deux équipages français Aleph et Energy Team, pas de changement après le premier portant, à la porte, Energy Team choisit la droite du plan d’eau, tout comme Artemis Racing, ce qui s’avère payant puisque les deux bateaux pointent en tête au début du second portant, suivent Oracle Racing Spithill, Aleph, ETNZ et Team Korea ; Oracle Racing Coutts, pénalisé sur ce premier bord se portant se trouve relégué en dernière position.  Spithill trouve plus de pression au centre du plan d’eau et s’envole en tête, suivi par Team Korea et Energy Team qui semblait évoluer avec une voile de portant moins performante que les autres bateaux (code  0 assez plat), Artemis Racing passe en 4ème position mais le dernier empannage avant d’entamer le près s’avère catastrophique, l’AC 45 suédois est quasiment arrêté et le foc est twisté sur l’étai, les suédois enfournent ce qui libère le tour et leur permet de reprendre leur régate. Sous le vent Spithill passe en tête avec 30 secondes d’avance sur Team Korea, 35 sur ETNZ et une 40aine sur Energy et Aleph.

Avant le dernier portant Spithill a encore plus creusé l’écart avec 30 secondes d’avance sur ETNZ et Team Korea et 55s sur Energy Team, Aleph pointait à 1min15s, Team Korea perd plus de 200m suite à une manoeuvre ratée lors d’un empannage ce qui permettait aux deux équipages français se passer l’AC 45 coréen.

James Spithill s’imposait donc assez facilement devant ETNZ, la lutte était magnifique entre les deux équipages français sur le court bord de travers, Yann Guichard s’imposait sur le fil avec une seconde d’avance, Aleph terminait 4ème devant Team Korea, le grand perdant de cette régate. China Team évitait de peu le chavirage dans une risée sur ce même bord, permettant le retour d’Artemis, qui coupe également la ligne 1s avant son adversaire et termine donc en 6ème position devant China, Green Comm et Oracle Racing Coutts.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

James Spithill (USA), skipper ORACLE Racing (USA) :
« Nous avons la meilleure équipe à terre. Les gars arrivent les premiers et quittent la base en derniers. Cela nous permet de nous concentrer sur la régate. Ici, nous avons eu tout un panel de conditions de navigation. Lorsque nous sommes arrivés à San Diego, nous nous attendions à avoir peu de vent, mais aujourd’hui c’est monté jusqu’à 17 nœuds et nous avons pu avoir une bonne vitesse. Nous avons réussi la « totale » [match racing and fleet racing] et maintenant nous voulons reproduire le scénario à Naples. »

Pierre Pennec (FRA), skipper Aleph (FRA) :
« C’est sympa de se retrouver avec mon équipier de 420 quand j’avais 15 ans sur une ligne d’arrivée d’America’s Cup mais Yann a un peu plus d’expérience en AC45 que moi. C’est la première fois que nous naviguons avec cette force de vent (16-17 noeuds). Nous avons fait plein de petites erreurs techniques donc cela donne envie de s’entraîner pour travailler la coordination à bord et pour pouvoir jouer avec les premiers. Le point positif c’est qu’avec aucun entraînement dans ces conditions, nous jouons quand même une bonne partie de la régate avec les teams qui connaissent très bien le bateau. »

Yann Guichard (FRA), skipper Energy Team (FRA) :
« C’est bien de finir comme ça avec Aleph. Les deux bateaux français ont fait une belle semaine de régates. Personnellement, je suis très fier de notre équipe, très satisfait du résultat et surtout d’avoir pu montrer aux autres teams qu’il va falloir compter avec nous. Biensûr je vais continuer avec l’équipe. Le résultat sur cet événement est incroyable pour nous : nous finissons seconds hier en match racing et troisièmes aujourd’hui – c’est une grande surprise. On est encore loin des grosses équipes mais nous progressons chaque jour et nous allons mettre à profit ces quatre mois sans régate pour nous entraîner afin d’être fin prêts pour Naples (7-15 avril 2012). »

Dean Barker (NZL), skipper, Emirates Team New Zealand (NZL) :
« San Diego fut un bel événement, avec des hauts et des bas pour nous, notamment une mauvaise demi-finale mais sinon, nous avons plutôt navigué. Aujourd’hui, nous étions au coude à coude tout au long du parcours. Nous espérions virer devant Energy Team mais nous n’avions pas d’issue alors un gros bras de fer a débuté. C’est bien de conserver la tête du classement des World Series mais il y a encore du pain sur la planche, nous devons nous préparer plus, comme nous aurions dû le faire ici mais, globalement, nous sommes assez satisfaits. »

Terry Hutchinson (USA), skipper, Artemis Racing (SUE) :
« Aujourd’hui, le génois s’est enroulé autour de l’étai lorsque nous repartions sur le bord de près. Nous avons essayé de revirer mais cela ne marchait toujours pas, nous avons donc abattu et la régate nous a échappée. Je dois sûrement des excuses à la TV car il y a eu des ‘bip, bip’ pendant un moment. D’un point de vue plus général, ce n’est pas le standard de qualité que nous attendons. Nous avons un très bon soutien logistique, un super design team mais nous n’arrivons à concrétiser nos efforts. Nous devons exiger encore plus de nous-mêmes et travailler dur pendant les prochains mois. »

Chris Draper (GBR), skipper, Team Korea (KOR) :
« Le futur s’annonce très prometteur pour Team Korea, nous avons beaucoup réfléchi à notre avenir cette semaine. Nous attendons avec impatience de savoir comment les choses vont évoluer et vers où nous nous dirigeons.  »

Charlie Ogletree (USA), skipper, China Team (CHN) sur l’arrivée à une seconde d’Artemis Racing :
« Nous avions nos chances mais Artemis a maintenu un sacré rythme. Au portant, j’ai été un peu lent pour border l’aile, le bateau a décollé sur une coque et ils nous ont mis un quart de longueur de bateau. Nous rentrons à la maison avec une longue liste de travail, et en profondeur. Nous espérons tous vous revoir à Naples. »

Vasilij Zbogar (SLO), skipper, Green Comm Racing (ESP) :
« Tous les jours, nous nous sentons mieux et nous pensons que nous pouvons pousser les choses un peu plus loin mais nous n’arrivons à mener assez proprement le bateau. Nous allons nous entrainer fort les quatre prochains mois et je suis sûr à 100% que vous verrez une équipe différente à Naples et Venice. »

Darren Bundock (AUS), skipper, ORACLE Racing Coutts (NZL) :
« Nous avons eu des hauts et des bas. Nous avons remporté la première manche mercredi et nous faisons derniers aujourd’hui. Nous allons nous attarder sur ce qui a mal fonctionné. Jimmy (Spithill) à remporté les deux titres, nous avons donc une excellente référence. Nous avons encore beaucoup à faire si nous voulons continuer à pousser fort Jimmy. »

Résultats – San Diego Fleet Racing Championship

1. ORACLE Racing Spithill
2. Emirates Team New Zealand
3. Energy Team
4. Aleph
5. Team Korea
6. Artemis Racing
7. China Team
8. Green Comm Racing
9. ORACLE Racing Coutts

Oracle racing Spithill s’impose face à Energy Team

Yann Guichard et ses équipiers d’Energy Team se sont inclinés hier soir face à James Spithill sur Oracle Racing lors de la finale du Match Racing Championship

Lors de la première manche, les américains effectuent une manoeuvre limite lors du pré-départ, sans écoper de pénalité, les français partent cependant lancés et passent la première marque en tête, ils contrôlent ensuite leur adversaire sur le premier tour, James Spithill et ses hommes perdant quelques secondes sur chaque bord. Le tournant du match survient lors du 2ème près, Yann Guichard rompt la couverture de son adversaire et lui laisse la gauche du plan d’eau, ils virent de bord avec plus de 700m de décalage latéral, lors du croisement des deux AC45, Oracle Racing Spithill croise devant Energy Team, les français repassent le catamaran américain mais Spithill les bloque avant la marque au vent et les empêche de virer, le bateau français est très nettement ralenti et perd une centaine de mètres, ils réduiront l’écart sur le portant mais Oracle Racing coupe la ligne en tête.

Le second duel sera moins disputé, James Spithill passe la ligne et la première marque en tête, il couvrira ensuite son adversaire sur tous les bords, empêchant tout retour des français qui s’inclinent 2-0 face aux américains.

Yann Guichard (FRA), skipper Energy Team (FRA) :
« C’était vraiment difficile aujourd’hui, car le vent était très irrégulier. Nous prenons un bon départ lors de la première manche mais je fais une erreur par la suite et ils en profitent pour nous doubler. Dans le second duel, nous n’avons aucune opportunité de revenir. Jimmy a été le meilleur aujourd’hui mais je suis satisfait. Nous avons fait du bon travail toute la semaine en restant constants. Je suis très content de finir second de ce Match Racing Championship. Nous avons créé la surprise et progressé jour après jour, jusqu’à arriver en finale aujourd’hui. L’équipe a vraiment accompli un excellent travail. »

James Spithill (AUS), skipper ORACLE Racing (USA) :
« Suite à notre dernière régate, nous avons travaillé dur sur notre match race. Avec l’équipe à terre et les voiliers, nous avons vraiment mis un point d’honneur à notre préparation et c’est génial de pouvoir les récompenser par la victoire. Energy Team a une très bonne vitesse et a vraiment bien navigué. Nous avons su rester denses et très proches et dès qu’une opportunité s’est présentée, nous l’avons saisie sans regarder ensuite en arrière. (…) Il n’y pas de doute, nous voulons le beurre et l’argent du beurre (gagner le Match Racing et la Fleet Race). Nous voulons être les premiers et remporter les deux titres et nous allons tout faire pour gagner. »

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Les petites finales ont également été courues hier, ce qui a permis à Aleph de remporter brillamment un nouveau un match contre  ORACLE Racing Coutts barré, ici, par Darren Bundock. Les Français s’imposent au départ et déroulent ensuite leur match avec une excellente tactique et un bon placement sur le plan d’eau, ce qui leur permet de décrocher une belle cinquième place.

Déclaration de Pierre Pennec, skipper d’ALEPH : ‘Fantastique journée pour ALEPH, on gagne contre Oracle Racing 5 pour la deuxième fois. On avait décidé, avec Bertrand Pacé, notre directeur sportif d’être assez agressifs sur la ligne et c’est ce qui a payé car nous avons pris un super départ et nous sommes restés devant grâce au super travail de l’équipage. Demain, on reprend les courses en flotte, il va falloir bien se placer lors des départs et optimiser la vitesse’.

Et Thierry Fouchier, le régleur des voiles d’avant d’ALEPH ajoute :  ‘Le départ était très serré avec Oracle Racing 5 ainsi que durant le reste du match avec un plan d’eau très ouvert en terme de risées mais nous sommes restés très sereins et concentrés jusqu’à la fin’.

Sur les autres duels de ces ‘petites finales’, Team Korea bat les Espagnols de Green Comm Racing malgré une pénalité au départ, Emirates Team New Zealand l’emporte assez facilemnt sur Artemis Racing et prend la troisième place.

Classement final du San Diego Match Racing Championship
1. Oracle Racing Spithill
2. ENERGY TEAM
3. Emirates Team New Zealand
4. Artemis
5. Aleph
6. Oracle Racing Coutts
7. Team Korea
8. Green Comm Racing
9. China Team

Nouvelle démonstration d’Energy Team

Yann Guichard et son équipage ont de nouveau malmenés un top team hier lors des America’s Cup World Series – San Diego. Ils ont remporté leurs deux matchs contre les Suédois d’Artemis Racing lors des demis finales et se sont donc qualifiés pour la finale ce soir, ils affronteront ORACLE Racing Spithill, l’équipage américain qui est probablement le plus expérimenté sur multicoque à aile rigide.

Le format des demis- finales se faisaient au meilleur de 3 manches, ORACLE Racing Spithill et Energy Team se sont imposés face à Emirates Team New Zealand et Artemis Racing en deux manches à zéro.

La première demi-finale opposait deux des grand favoris : Emirates Team New Zealand et ORACLE Racing Spithill, qui pointent en tête des America’s Cup World Series 2011-2012. Dans la première manche, l’équipe de Spithill gagne le départ et réussit à maintenir les Kiwis dans leur tableau arrière jusqu’à la fin de la régate.

Le second match a été plus serré, Dean Barker gagne le départ mais James Spithill et son équipage reviennent sur les néo-zélandais et réussissent à passer le catamaran kiwi sur le troisième bord à la faveur d’un choix favorable sur la gauche du plan d’eau.

La seconde demi-finale opposait les Français d’Energy Team et Artemis Racing, les français perdaient les deux départ face aux suédois mais réussissaient à passer l’AC 45 Artemis sur le premier bord de portant grâce à une excellente vitesse et des relances impeccables. Yann Guichard et son équipage creusaient ensuite l’écart avec une bonne tactique, empêchant tout retour des suédois.

Les réactions de l’équipage d’Energy Team
Yann Guichard (FRA), skipper  Energy Team (FRA) :
« Nous avons pris à chaque fois les bonnes décisions et aujourd’hui l’ambiance à bord était vraiment bonne. Le but était de ne pas prendre de risques sur les départs. Nous étions vraiment confiants quant à notre vitesse et notre tactique. Nous sommes partis derrière mais dans une bonne position pour revenir sur le premier gybe (empannage). Le vent était vraiment irrégulier et nous avons peut-être eu un peu de chance parfois mais nous avons bien navigué. C’est une super journée, nous avons pris beaucoup de plaisir et je suis tellement content pour l’équipe. »

Christophe André (FRA), équipier d’avant, Energy Team (FRA) :
« Nous ne nous attendions pas à gagner aussi « rapidement », c’est-à-dire en deux manches. Demain, contre James Spithill, nous voulons juste faire du bon boulot, simple et efficace, avec des manœuvres propres et des départs appliqués. »

La finale sera donc à suivre en direct ce soir à 22h 10 sur le site officiel, tout comme les ‘Petites finales’ qui opposeront :
Green Comm Racing vs. Team Korea (7e/8e)
Aleph vs. ORACLE Racing Coutts (5e/6e)
Emirates Team New Zealand vs. Artemis Racing (3e/4e) 


Jeudi soir l’équipage Aleph s’était également fait remarqué en remportant successivement trois matchs races face à China Team, Team korea et Oracle Racing Coutts.

« La première rencontre contre les Chinois était un peu le match « à pression » du jour. C’était une épreuve éliminatoire donc il nous fallait absolument les battre. Cette première victoire nous a mis en confiance pour la suite. » expliquait Nicolas Heintz, n°1 d’Aleph.

Pierre Pennec et ses hommes étaient ensuite opposés à Artemis Racing, les français écopaient d’une pénalité lors du pré-départ mais parvenaient à passer les suédois, cependant cette régate était annulée suite à des problèmes techniques sur les zones d’exclusion. Un nouveau départ est donc donné quinze minutes plus tard, Terry Hutchinson inflige de nouveau une pénalité au skipper français lors du pré-départ, Aleph arrive malgré tout à recoller et accuse un retard de 7 secondes au passage de la 5ème marque, sur le dernier bord, Artemis négocie mieux les effets de site et Aleph tombe dans une zone sans vent, les suédois s’envolent vers la victoire et l’emporte avec 38 secondes d’avance.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Pierre Pennec : « Après trois matchs, nous étions bien chauds, et les régates se sont enchaînées comme un stimulant. Nous menions le premier duel avant son annulation puis nous avons été pénalisés sur le second départ mais nous avons bien joué les bascules jusqu’à la dernière marque. Nous avons fait peur à Artemis Racing, une grosse équipe de match racing, une très bonne journée pour Aleph. »

Energy Team leader à San Diego !

Yann Guichard et son équipage ont marqué les esprits en se hissant à la première place à l’issue des trois régates en flotte courues hier.

Les équipes se sont affrontées sur un plan d’eau calme avec 9 à 13 noeuds de vent.

Photo copyright Bo Struye

La première régate était remportée par Oracle Racing Coutts avec une belle avance, l’équipage américain était suivi par Emirates Team New Zealand et Energy Team. ; Aleph terminait dernier dans le sillage de Green Comm. Sur la deuxième régate, Artemis, ETNZ, Energy Team et Team korea prenaient le meilleur départ, Energy Team restait longtemps au contact d’ETNZ avec qui ils luttaient pour la deuxième place, lors du passage d’une bouée Yann Guichard écopait d’une pénalité pour une gène à Oracle Racing Spithill qui faisait l’intérieur à la bouée. Sur la ligne, Artemis devançait Team Korea, ETNZ, Oracle Racing Coutts et Energy Team qui coiffait Aleph grâce à une meilleure vitesse.

La démonstration d’Energy Team se terminera par une victoire sur l’ultime manche du jour devant Oracle Racing Spithill et Green Comm (peu habitué aux podiums), Aleph ne pouvait faire mieux que 7ème.

Photo copyright Bo Struye

Au classement général Energy Team est donc leader avec 24 points, ETNZ a 23 unités au compteur, Oracle Racing Spithill 22, Artemis est quatrième devant Team korea, Green Comm, Aleph et China Team.

Les trois leaders sont qualifiés pour les demi-finales du Match Racing Championship disputées vendredi, tandis que les six autres s’affrontent ce soir en match race à élimination directe pour prendre place sur le quatrième siège encore disponible.

Pierre Pennec et son équipage devront donc remporter quatre match-race d’affilé – à commencer par China Team – pour atteindre les demi-finales et y défier l’autre équipage français.

Les réactions des barreurs à l’issue de la journée :

Yann Guichard (FRA), barreur Energy Team (FRA) :
« C’est une superbe journée pour Energy Team. L’équipe a accompli un travail fantastique en prenant d’excellents départs et en maintenant une bonne vitesse. Les petits teams, comme nous, progressent chaque jour. Je me sens de plus en plus à l’aise et je sens vraiment bien le bateau maintenant. Nous avons vraiment travaillé dur toute la semaine dernière, en particulier sur les départs, et aujourd’hui je peux me permettre de sortir la tête du bateau. Cela me donne la possibilité de faire de la tactique-stratégie et de ne pas être constamment rivé sur les manœuvres. Je sais que les gars suivent parfaitement et cela me met en confiance. Plus je suis confiant et plus je peux envoyer des manœuvres un peu plus ‘chaudes’. Arnaud Jarlegan, qui est à côté de moi et que je connais bien m’aide beaucoup : on a le même discours. Je suis très content. »


Dean Barker (NZL), skipper Emirates Team New Zealand (NZL)
:
« Cela n’a pas été facile. Nous avons eu un problème sur une pièce et nous n’avons pas pu bloquer la drisse du gennaker. Quand tu as un problème de cet ordre, tu en as pour la journée. Nous sommes donc contents d’avoir terminé seconds. Les gars ont fait un travail génial tout au long des manches mais nous étions trop concentrés sur les manœuvres et pas assez sur la tactique. »

James Spithill (AUS), skipper ORACLE Racing Spithill (USA):
« Nous avons eu du mal sur les ‘starts’, nous avons pris deux faux départs et terminé deux fois derniers au passage à la bouée au vent. C’est pourtant un point sur lequel nous nous sommes beaucoup entraînés. Je n’ai pas été bon aujourd’hui. Le bateau s’est allumé de toutes les lumières possibles : pénalités, faux départ…un arbre de noël avant l’heure mais sans les cadeaux ! »

Pierre Pennec (FRA), skipper, Aleph (FRA) :
« Je n’ai pas pris de bons départs aujourd’hui. En revanche, nous avons progressé en vitesse au près entre la première et la dernière manche car nous avons trouvé de nouveaux réglages, un point positif. Mais nous devons encore nous améliorer en manœuvres, surtout lors de l’envoi du gennaker. Ce qu’on a fait de bien aujourd’hui, on va essayer de le refaire demain lors du match race contre China team qui est un bon concurrent. Et ce sera intéressant car je n’ai pas fait beaucoup de match race et encore moins en multicoque ! »

Début du San Diego Match Racing Championship ce soir

Après deux jours de compétition non officielles ce week-end (les régates en flotte nommées Port Cities Challenge), le Match Race Championship reprend aujourd’hui à San Diego avec des régates en flotte qualificatives pour la phase de Match Race (le format de compétition est toujours aussi complexe que sur les étapes précédentes avec régates ne rentrant pas dans le classement et alternance de régates en flotte, en match-race et des runs de vitesse).

Ces deux journée du Port Cities Challenge se sont déroulées dans des vents faibles et sous une pluie battante pour la première, ces conditions ont permis un beau jeu tactique avec des remontées de certains bateaux qui ont joué avec les risées, comme sur la première manche où Artemis s’impose devant ETNZ alors que les deux AC45 étaient en queue de flotte en début de manche, la seconde manche a été remportée par China Team.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

La seconde journée sera excellente pour les deux équipages français qui signaient leur première victoire en flotte, Aleph mené par Pierre Pennec accompagné de l’équipage avec lequel il navigue en Extreme 40 remportait la première régate de la seconde journée, alors qu’Energy Team, barré par Yann Guichard, en l’absence de Loick Peyron, s’adjugeait la dernière, les deux teams tricolores prenaient les 4 et 5ème place de cette épreuve préliminaire, ETNZ remportait celle-ci devant Artemis Racing et Oracle Racing Spithill.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

L’écart face aux top teams s’est donc sensiblement réduit avec de belles performances des deux équipes françaises mais aussi de China Team et du Team Korea, seul Green Comm Racing semble peiner à élever son niveau.

Ces équipes seront donc à suivre dès ce soir à 22h05 pour trois régates en flotte et deux AC500 Speed Trials. Les résultats des courses en flotte déterminent l’ordre d’entrée de chaque équipe pour la journée de jeudi où elles s’affrontent alors en duels (match racing) à élimination directe en vue des demi-finales. Ces dernières ont lieu le vendredi tandis que la finale et la petite finale sont programmées le lendemain et couronnent le San Diego Match Racing Champion. Dimanche, les équipes courent deux nouveaux AC500 Speed Trials avant de s’affronter pour l’ultime grande course en flotte du San Diego Fleet Racing Championship.

A suivre sur le canal dédié YouTube, et sur le site de Canal Plus avec commentaires en français assuré par Loic le Bras.

A lire, un interview de Yann Guichard.

Les news des America’s Cup World Series

  • Oracle Racing, qui dispose de quatre AC 45 a repris les entrainements en baie de San Francisco (les deux autres AC45 utilisés sur les ACWS sont arrivés par cargo à San Diego), avec une nouveauté, un des deux catamarans semble équipé de foils courbes, à la place des deux dérives droites utilisées habituellement sur le monotype, comme on peut le voir sur cette photo.

© 2011 Val Gillen

  • Aleph change d’équipage, après Alain Gautier, Bertrand Pacé, l’équipe intègre les hommes du Gitana Team, à savoir trois des quatre membres d’équipage de l’Extreme 40 Groupe Edmond de Rothschild, en effet, Pierre Pennec, Christophe Espagnon et Thierry Fouchier mèneront l’AC45 français lorrs des America’s Cup World Series de San Diego avec le Suisse Arnaud Psarofaghis qui conserve le réglage de l’aile et Nicolas Heintz qui officiera sur la plage avant ; Hervé Cunningham, le n°1 de l’Extreme 40 du Gitana Team, a dû décliner l’offre faute de disponibilités dans son planning.

Les réactions des directeurs généraux des deux équipes :

Cyril Dardashti, le Directeur Général du Gitana Team, se réjouissait de cette annonce qui s’accorde parfaitement avec la volonté de perfectionnement de son équipe sportive :« Nous avons la conviction d’avoir réuni un équipage fort sur l’Extreme 40 Groupe Edmond Rothschild. Les résultats de Pierre Pennec et de ses hommes sur les Extreme Sailing Series nous ont déjà largement conforté dans notre choix. Mais l’intérêt d’ALEPH – Équipe de France pour ces marins vient renforcer cela. En effet, l’équipe dirigée par Philippe Ligot et menée sportivement par Bertrand Pacé a souhaité pouvoir compter dans ses rangs notre équipage pour la prochaine étape des AC World Series. Cette demande s’insérant parfaitement dans le calendrier Extreme 40, et portant initialement pour l’ensemble des membres de l’équipage, le Gitana Team a souhaité y répondre positivement. C’est une très bonne opportunité pour Pierre, Christophe et Thierry. Elle va leur permettre de découvrir un support qui semble très intéressant du fait de l’aile rigide. Mais surtout, cette compétition en multicoque sur un format relativement proche des Extreme Sailing Series sera un excellent moyen pour eux de rester dans le rythme et d’acquérir encore plus d’expérience pour Singapour, où se jouera le titre 2011 que nous convoitons. Car, plus de six semaines sans navigation se seraient écoulées entre le Grand Prix d’Almeria et celui de Singapour s’ils ne participaient pas aux AC World Series de San Diego. Enfin, il est important de préciser que cette annonce marque un échange purement sportif et non financier entre le Gitana Team et ALEPH – Équipe de France.»

Interview de Philippe Ligot, Directeur Général d’ALEPH – Équipe de France : « Dans la composition de son équipe, Bertrand Pacé a souhaité étoffer l’équipage que nous avions formé pour les deux premières éditions des America’s Worlds Series en proposant à Pierre Pennec, Thierry Fouchier et Christophe Espagnon de nous rejoindre pour l’épreuve de San Diego qui se tiendra du 12 au 20 novembre 2011. Grâce à l’accord amical du Baron Benjamin de Rothschild et du Gitana Team, basé sur un échange pragmatique au service de la performance, cette initiative s’inscrit dans notre stratégie de bâtir la meilleure équipe possible pour représenter la France sur l’America’s Cup. Pierre, Thierry et Christophe sont talentueux et expérimentés, ils font briller le Gitana Team sur le circuit Extrême 40 et nous avons la conviction qu’ils contribueront à renforcer notre équipage. Nous sommes 6èmes au classement général des ACWS, c’est un bon résultat lorsque l’on connaît le contexte sportif et le niveau très élevé sur l ‘America’s Cup. Mais nous espérons qu’ALEPH – Équipe de France pourra ainsi améliorer son classement et préparer l’avenir de notre projet qui recherche un partenaire majeur pour poursuivre dans cette prestigieuse compétition. »

  • Luna Rossa revient dans la compétition pour la Coupe de l’America avec Prada comme sponsor, le groupe italien semble prêt à investir 40 millions d’euros pour tenter de remporter l’aiguillère d’argent, le défi italien a été accepté par le defender, l’équipage devrait se construire autour des hommes présent sur l’Extreme 40 engagé cette saison.

Luna Rossa Challenge a signé un accord de coopération avec Emirates Team New Zealand  jusqu’au 31 Décembre 2012, qui comprendra l’accès complet à tous les plans de conception d’ETNZ et aux données de performance pour cette période. Les coques de l’AC72 « Luna Rossa » seront construites en Italie et tous les autres éléments seront réalisés en Nouvelle-Zélande, en collaboration étroite avec le design team d’Emirates Team New Zealand. L’équipe néo-zalandaise produira donc les plans de son premier AC72 et de son sistership pour les italiens.

Yann Guichard :  » Le MOD est bien né « 

Yann Guichard, futur skipper du MOD Spindrift Racing, également engagé sur les Extreme Sailing Series avec Alinghi, et avec l’Energy Team qui prépare la prochaine Coupe de l’America revient sur ces différents projets dans cette interview pour Voile-Multicoques(réalisée pendant les Extreme Sailing Series de Nice).

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Voile-Multicoques.com : Tu viens d’annoncer ton engagement en MOD 70 avec la création d’une nouvelle société Spindrift Racing, pourquoi cet engagement sur ce circuit ?

Yann Guichard : Je fais du multicoque depuis près de vingt ans, c’est ma passion, je suis passé sur plusieurs supports en offshore et en inshore, avec une Route du Rhum dernièrement (en 2010 sur Gitana 11), ce circuit fait la synthèse de toute cette expérience, j’étais donc motivé et intéressé pour intégrer ce circuit.

Ce qui est fantastique dans ce projet c’est le fait de partir d’une page blanche, c’est la première fois que je peux construire un team à mon image, après avoir été équipier sur différents bateaux, puis skipper chez Gitana mais avec une équipe déjà en place.

Mon association avec Léo Lucet (directeur de Spindrift Racing) permet de partir sur des bases solides, puisqu’il a déjà géré ce genre de projet au sein du Gitana Team.

La vocation de Spindrift Racing est-elle seulement orientée vers le MOD ou souhaiteriez-vous intégrer d’autres projets multicoques ?

Le projet phare de Spindrift Racing est clairement le MOD 70, mais j’ai envie de partager mon expérience acquise en multicoque avec des jeunes.

Le multicoque revient comme support aux JO, donc pourquoi ne pas essayer d’aider des jeunes régatiers à travers notre structure.

© Yvan Zedda / Sea&Co / MOD S.A.

As tu déjà eu l’occasion de naviguer sur un des MOD  ?

Pas encore, je suis seulement monté quelques minutes sur Race for Water à Lorient, mais j’ai eu beaucoup de retours par des amis, qui seront peut être de futurs équipiers sur le bateau.

Je pense que ce bateau est bien né, ce qui est logique avec des gens d’expérience comme Franck David et Stève Ravussin aux commandes. Ils sont partis des 60′ ORMA avec le cabinet VPLP, qui a le plus beau palmarès en multicoque océanique.

Le trimaran est simple avec beaucoup moins de gadgets que sur les trimarans 60′ ORMA, ce qui correspond à l’objectif de fiabilité de cette classe avec un programme sur 10 ans comprenant un tour du monde.

Nous avons déjà eu un bel aperçu de ce que seront les courses sur ces bateaux avec la Fastnet Race où les deux MOD 70 ont terminé à trois minutes d’intervalle après 30 heures de course et 600 milles parcourus.

Le plateau reste pour l’instant assez franc-français, penses-tu que l’engagement des grands noms de la voile et du multicoque puisse attirer les teams étrangers courtisés sur ce circuit MOD ?

Il y a des contacts avec des teams étrangers sur le circuit MOD 70, deux équipes ont déjà signé Race for Water pour la Suisse et Oman Sail, nous espérons que les six engagements finalisés attireront des sponsors et des skippers.

Au delà de la conjoncture économique actuelle, le frein vient du fait que la classe « n’existe pas » encore réellement, la Krys Match puis la Krys Océan Race permettront d’inviter des skippers, des clients qui pourront visualiser le potentiel du circuit, ce qui pourrait déboucher sur d’autres projets.

Le MOD 70 a une place à prendre, il y a un tour du monde en équipage en monocoque, la Volvo Ocean Race, désormais il y aura un tour du monde en multicoque.

Pour Spindrift Racing, notre vocation n’est pas de trouver obligatoirement un partenaire français, loin de là, nous sommes en pourparlers avec différentes entreprises, mais tant que rien n’est signé nous restons humbles.

Nous devrions retrouver des équipiers français à bord de tous les bateaux, car à l’heure actuelle les meilleurs équipiers de course au large en multis sont français, il serait bête de s’en priver. De mon côté j’aurai au moins un ou deux marins étrangers sur le bateau.

Tu fais partie de l’équipage d’Alinghi qui est engagé sur les Extreme Sailing Series, actuellement en deuxième partie de classement, que manque-t-il à l’équipage pour mieux figurer ?

Sur le bateau le potentiel est là, nous apprenons à nous connaître, c’est de mieux en mieux, mais les résultats sont en dents de scie sur les différents Acts.

Nous sommes parfois en tête mais nous avons du mal à terminer, nous étions en tête pendant deux jours à Trapani sur les « Open Water », avant de terminer sixième, les « Stadiums » (régates sur des formats courts) sont plus difficiles pour nous.

Nous avons raté des journées ce que nous ne pouvons pas nous permettre sur ce circuit où la moindre petite erreur, le moindre manque de cohésion se paient cash.

Il reste trois grands prix, rien n’est terminé, nous allons continuer à nous battre régates après régates, l’important est de se faire plaisir à bord et les résultats suivront, mais le plateau est conséquent, le niveau très élevé, c’est donc logique que les résultats soient serrés.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Quel est la principale difficulté sur ce circuit des Extremes 40 ? L’exiguité des plans d’eau, le format très court des régates avec la nécessité de prendre de bons départs ?

Le départ est primordial, mais nous avons vu aujourd’hui que des départs moyens ne sont pas forcément rédhibitoires, les bateaux en retard sur la ligne peuvent prendre un côté du plan d’eau dans un vent frais, Gitana a pris des départs à droite en deuxième rideau, alors que nous étions tous bloqués sur la gauche, ce qui a été payant au final.

Cependant sur ce grand prix les conditions sont vraiment extrêmes avec un à quatre nœuds de vent, donc tout peut basculer sur une manche.

Tu as couru les deux derniers grands prix de D35 en Méditerranée, comment se comporte ce catamaran typé lac sur un plan d’eau ouvert ?

Tout s’est très bien passé pour nous, avec un beau grand prix à Beaulieu, de bonnes conditions pendant trois des quatre jours de régates, à Antibes nous avons eu un peu moins de vent, mais le bateau s’est bien comporté, ce qui limite ce bateau n’est pas l’intensité du vent, mais l’état de la mer, ce qui a d’ailleurs entrainé l’annulation d’une journée de courses à Beaulieu sur Mer.

L’expérience a été favorable pour toutes les équipes, je pense qu’une majorité souhaite renouveler ce type de navigations l’année prochaine.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Tu as navigué sur l’AC45 d’Energy Team, quels sont les plus grosses différences entre ce catamaran à aile et un multicoque à gréement conventionnel ?

L’aile rigide est très efficace, nous l’avons vu lors de la dernière coupe, elle diminue beaucoup le fardage, le bateau est donc plus évolutif, il vire et empanne mieux.

La gestion de la puissance est assez incroyable sur les AC45, c’est très précis, nous avons trois réglages sur l’aile: le traveller qui permet de régler toute l’aile, ce qu’on retrouve sur un gréement classique ; le camber, qui est l’équivalent de la bordure sur un multi classique comme l’Extrême 40 ou le D35, et qui permet de régler la profondeur entre l’avant de l’aile qui nous appelons le mât et les flaps ou volets sur l’arrière de l’aile ; le twist, qui permet d’enlever de la puissance sur les flaps, ce qui correspond au cunningham. Ces éléments ne sont donc pas complétement différents dans la façon de naviguer.

Le fait de gérer à volonté la puissance est assez formidable. ce qui permet également de régater dans des conditions musclées, comme à Plymouth, où les catamarans ont navigué dans 30 nœuds de vent, ce qui est rare pour des multicoques de cette taille.

Les flotteurs sont très volumineux, les safrans ont une grande surface, ce qui amène un bon contrôle, le bateau est donc très tolérant.

L’aile gomme les défauts du multicoque par rapport au monocoque, un mono est très évolutif, l’aile rigide apporte cette évolutivité, la diminution du fardage fait que le bateau ne s’arrête pas, ce qui est une difficulté sur les phases de départ où il faut gérer le timing à la ligne.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Energy Team a peu navigué par rapport aux top teams, est ce que des entrainements sont prévus pour combler ce retard ?

Le premier acte à Cascais était une phase de découverte pour toutes les petites équipes, avec une différence de niveau maximale entre les nouveaux teams et les autres (Oracle Racing, Artemis Racing et ETNZ), à Plymouth les coréens et Energy Team ont montré un beau potentiel, le retard s’est donc un peu comblé.

Pour atteindre le niveaux des tops teams, il n’y a pas de secret, il faut naviguer plus, les grosses équipes passent 200 jours par an sur l’eau.

Dans cette optique et avant le troisième acte à San Diego, nous allons naviguer une semaine à l’ENV (du 17 au 21 octobre) avec l’Energy Team pour faire du match race sur deux catamarans du Trophée Clairefontaine, nous allons nous entrainer avec Pierre Antoine Morvan, spécialiste français de match racing.

Nous allons également modifier un peu l’équipage avec Christophe Espagnon qui sera au réglage de l’aile à côté de moi (Yann Guichard barrera l’AC 45 d’Energy Team à San Diego) et qui assurera aussi la tactique.

Ensuite nous allons planifier d’autres entrainements sur d’autres supports, le désavantage que nous avons par rapport aux grosses équipes est l’impossibilité de naviguer à deux AC45, Artemis en a commandé un second, Oracle en possède quatre.

Nous ne pouvons pas naviguer entre les actes puisque les bateaux sont en transit, et nous ne pouvons pas faire de speed tests ou de réels entrainements avec les autres équipes, ce qui complique la tâche pour le développement des voiles d’avant.

Des entrainements à deux bateaux permettraient de progresser de façon exponentielle, nous l’avons vu en naviguant avec le Team Korea à Cascais.

Concernant ces formats de courses assez courtes, est ce qu’une réelle communication est possible entre le barreur et le tacticien (ou skipper) sur ces circuits Extreme 40 et AC 45 ?

En Extreme 40 non, sauf sur les Open Water, mais en Stadiums la décision doit se prendre sur l’instant, donc le barreur gère également la tactique dans 80% des cas, nous n’avons pas le temps de discuter du timing d’un virement sans se mettre dans une situation difficile, avec ensuite des « options » qui sont subies et non choisies.

Avant la manche, nous avons malgré tout le temps de discuter pour choisir le positionnement sur la ligne et le côté du plan d’eau à choisir, c’est donc un travail d’équipe.

Sur l’Extreme 40, je pense que pour avoir de bons résultats, les trois équipiers doivent être capables de gérer tout les postes pour faire avancer la machine, le barreur est moins concentré sur la marche du bateau que sur d’autres séries puisqu’il gère également la tactique.

En AC45 les parcours sont peu plus longs, les bateaux vont plus vites, la limite virtuelle doit être intégrée, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire ; une aide à la tactique est donc essentielle.

Cet aspect nous a manqué sur les deux premiers rendez-vous, où nous étions plus en phase de découverte du bateau, nous devons passer sur un mode plus centré sur la performance.

Sur certains bateaux, la tactique est assurée par le numéro 2 qui gère les bastaques, sur d’autres c’est le régleur de l’aile ce qui me correspond plus ; nous fonctionnerons de cette façon avec Christophe Espagnon à San Diego.

Emirates Team New Zealand s’impose en match race, Oracle Racing Spithill en flotte

Vendredi et samedi, le plan d’eau de Pylmouth accueillait les duels comptant pour le Match Race Championship.

Aleph ouvrait le bal face aux Espagnols de Green Comm en quarts de finale, Bertrand Pacé et ses hommes effectuaient un bon départ, et établissaient une bonne tactique, jusqu’au dernier bord, où le gennaker passe à l’eau, ce qui permet à l’équipage espagnol de passer le catamaran français et de s’offrir une victoire.

Team Korea s’offrait facilement China Team lors du second quart, pour le troisième, Oracle Racing Spithill était également large vainqueur face à Green Comm.

James Spithill  devra s’incliner face à Chris Draper lors du quatrième quart. A la barre du bateau coréen, le Britannique s’accroche à son adversaire et repasse en tête à la fin du premier bord portant, le vent monte à 20 noeuds avec une mer qui s’agite, le Defender frôle le chavirage à la seconde marque sous le vent. Draper s’envole vers la victoire.

Le cinquième quart opposait Energy Team et Team Korea, Loïck Peyron signe un bon départ, enroulant la première marque en tête mais très vite Team Korea choisit le bon côté du plan d’eau et navigue avec une voile d’avant plus adaptée, permettant à l’équipage « coréen » de prendre la tête et de remporter le match.

La première demi-finale opposait Russell Coutts à Dean Barker au meilleur de trois manches. Sur le premier départ, une petite collision entraine une pénalité pour Russell Coutts qui part en retrait mais remporte la manche. Barker gagne ensuite la seconde et la dernière manche, s’offrant une place en finale.

Samedi, Chris Draper élimine Terry Hutchinson, en demi-finale. Team Korea a de nouveau gagné la première manche sur le dernier portant, lors de la seconde Artemis écope d’une pénalité pour être entré trop tôt dans la zone de pré départ, l’équipage de Terry Hutchinson réparait dès le départ lancé et revenait au contact dès le premier près mais cédait sa place de leader, malgré un seperbe retour, Team Korea s’imposait avec 15 secondes d’avance et s’offrait une finale face à ETNZ.

James Spithill survolait  son duel face à Loïck Peyron pour la 5e place. Lors du pré départ, Oracle loffe Energy Team qui s’arrête. Peyron et son équipe cravachent pour revenir avec quelques plantés spectaculaires. L’équipage américain s’impose avec plus de 2min 45′ d’avance.

Sur les deux autres petites finales, les Chinois passent la ligne devant Green Comm Racing mais sont disqualifiés pour avoir enroulé une bouée à l’envers. Et dans celle pour la troisième marche du podium, Coutts revanait au contact d’Artemis Racing sur le dernier près, mais écopait d’une pénalité après être sorti du cadre, offrant la victoire à Artemis.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

La finale opposait donc les Kiwis à Team Korea (composé de quatre britanniques et un néozélandais. Dean Barker empoche les deux points d’affilée face à Chris Draper, qui a offert une belle résistance à l’équipage d’ETNZ qui remporte donc ce championnat de Match Racing de PLymouth.

Les réactions des skippers :

Loïck Peyron (FRA), skipper/barreur, Energy Team (FRA) :
« Perdre contre une grande équipe ne me pose pas de problème si c’est avec panache mais là, nous avons fait tout ce qu’il ne fallait pas. Mauvais timing, nous avons coincé la bastaque dans l’aile, planté par deux fois, failli nous prendre une bouée. Il y a des journées sans. Les régates en flotte semblent mieux nous réussir, attendons donc demain. »

Chris Draper (GBR), skipper/barreur, Team Korea (KOR) :
« Nous avons fait quelques erreurs sur la première manche en finale et nous nous en sommes bien tirés sur la suite mais ETNZ n’a jamais trébuché. Nous avons beaucoup appris à Cascais et depuis. Nous sommes très heureux d’avoir su bien appliquer cela tous ensemble, espérons juste qu’il nous reste encore un peu d’énergie demain. »

Terry Hutchinson (USA), skipper/barreur, Artemis Racing (SUE) :
« Nous sommes déçus d’avoir perdu nos deux matchs contre Team Korea alors que nous menions à chaque fois à la marque sous le vent et malgré nos meilleurs efforts nous n’avons pas pu nous imposer. Nous avons le cerveau encore un peu encombré, nous pensons encore comme à la vieille école alors que nous devons être plus instinctifs. »

Dean Barker (NZL), skipper/barreur, Emirates Team New Zealand (NZL) :
« Dure journée de bureau ! Après avoir observé Team Korea en demi-finale nous savions que c’était une équipe difficile à battre. Nous avons pu prendre deux fois l’avantage au départ mais ils sont revenus à chaque fois, nous donnant du fil à retordre. Nous sommes contents de gagner en match race après notre défaite de Cascais (face à Spithill) et ce serait bien de faire le doublé demain. Quel public ici, c’est vraiment génial. »

Loïck Peyron (FRA), skipper/barreur, Energy Team (FRA) :
« Perdre contre une grande équipe ne me pose pas de problème si c’est avec panache mais là, nous avons fait tout ce qu’il ne fallait pas. Mauvais timing, nous avons coincé la bastaque dans l’aile, planté par deux fois, failli nous prendre une bouée. Il y a des journées sans. Les régates en flotte semblent mieux nous réussir, attendons donc demain. »

Chris Draper (GBR), skipper/barreur, Team Korea (KOR) :
« Nous avons fait quelques erreurs sur la première manche en finale et nous nous en sommes bien tirés sur la suite mais ETNZ n’a jamais trébuché. Nous avons beaucoup appris à Cascais et depuis. Nous sommes très heureux d’avoir su bien appliquer cela tous ensemble, espérons juste qu’il nous reste encore un peu d’énergie demain. »

Terry Hutchinson (USA), skipper/barreur, Artemis Racing (SUE) :
« Nous sommes déçus d’avoir perdu nos deux matchs contre Team Korea alors que nous menions à chaque fois à la marque sous le vent et malgré nos meilleurs efforts nous n’avons pas pu nous imposer. Nous avons le cerveau encore un peu encombré, nous pensons encore comme à la vieille école alors que nous devons être plus instinctifs. »

Dean Barker (NZL), skipper/barreur, Emirates Team New Zealand (NZL) :
« Dure journée de bureau ! Après avoir observé Team Korea en demi-finale nous savions que c’était une équipe difficile à battre. Nous avons pu prendre deux fois l’avantage au départ mais ils sont revenus à chaque fois, nous donnant du fil à retordre. Nous sommes contents de gagner en match race après notre défaite de Cascais (face à Spithill) et ce serait bien de faire le doublé demain. Quel public ici, c’est vraiment génial. »


CLASSEMENT FINAL DU PLYMOUTH MATCH RACING CHAMPIONSHIP

1. Emirates Team New Zealand
2. Team Korea
3. Artemis Racing
4. ORACLE Racing Coutts
5. ORACLE Racing Spithill
6. Energy Team
7. Green Comm Racing
8. China Team
9. Aleph

Dimanche, les équipages se retrouvaient sur le plan d’eau pour une course en flotte pour le Plymouth Fleet Racing Championship (course comptant pour le championnat AC 45), les conditions étaient musclées avec 30 noeuds de vent et une mer qui se formait.

Lors du pré-départ, Team Korea évite de justesse un chavirage, le catamaran se retrouve arrêté suite à cet incident, Loïck Peyron dans le sillage des coréens évite la collision mais chavire, l’équipe technique intervient rapidement et peut redresser le bateau français avant le départ de la manche, avec cependant le haut de l’aile endommagé.
Au même moment, Aleph vient de toucher Green Comm (ESP) avec une étrave, collision sans gravité mais quelques mètres plus loin c’est l’étrave tribord d’Artemis Racing qui passe violemment sous la coque bâbord du catamaran l’Espagnol. Les bateaux restent enchevêtrés quelques minutes, Green Comm abandonne, son skipper étant légèrement blessé, Artemis parvient à repartir avec une étrave qui se délamine.

Au coup d’envoi, seuls Spithill, Coutts et Barker s’élancent au coup de canon. Team Korea, Aleph, China Team et Energy Team partent en second rideau devant Artemis.

Le bateau chinois se retourne dans une rafale avant le passage de la première bouée. Là aussi, le bateau est rapidement remis sur ses deux flotteurs et China Team peut continuer sa course, loin derrière les leaders.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Dans le pelotonde tête, la course était très disputée ORACLE Racing Coutts menait d’une courte tête devant James Spithill. Ce dernier réussit à reprendre la main au passage de la bouée au vent mais écopait d’une pénalité, réalisée immédiatement, Spithill revenait malgré tout et creusait l’écart sur les deux derniers bords tandis que Emirates Team New Zealand s’intercalait à la seconde place.

L’équipage de Bertrand Pacé (Aleph) effectuait une course prudent, contrôlant Team Korea et s’offrant une encourageante quatrièmeplace devant Team Korea. Energy Team termine 6ème devant China Team qui termine 9 minutes 54 après le vainqueur (et donc 6 secondes avant le temps limite), Artemis Racing chavire sur le dernier près et ne terminera pas la course.

Au classement America’s Cup World Championship, ETNZ mène avec 4 points d’avance sur Oracle Racing Spithill, Oracle Racing Coutts et Artemis sont 3ème ex-aequo, devant Team Korea, les deux équipes françaises sont également ex-aequo en 6ème position devant China Team et Green Comm Racing.

J-4 avant les America’s Cup World Series Plymouth, Green Comm chavire

Les équipages en lice pour les America’s Cup World Series de Plymouth ont repris les entrainements depuis quelques jours, aujourd’hui les conditions étaient musclées pour les AC 45, avec 20 noeuds établis.

Les Espagnols de Green Comm Racing en ont fait les frais  avec un chavirage qui n’a occasionné que des dégâts matériels sur le haut de l’aile rigide.

 

© Gilles Martin-Raget

Le skipper Vasilij Zbogar a expliqué que l’équipage était en train de travailler sur le gennaker sur la plage avant lors de l’incident :
« C’est bien venté aujourd’hui. Nous sommes sortis naviguer pour la première fois depuis Cascais et avec ces bateaux dans ces conditions, il faut être à 100% tout le temps. Certaines choses ont mal tourné et nous avons chaviré. « 

 » Bien sûr que cela fait partie du jeu mais il aurait été préférable que cela arrive en fin de la journée plutôt qu’au tout début de notre entrainement. Mais c’est une bonne expérience et nous avons ressalé le bateau plutôt rapidement, essayons maintenant de ne pas commettre la même erreur en course. »

Quelques changements d’équipage au sein des équipages, Bertrand Pacé prendra la barre d’Aleph à la place d’Alain Gautier, Mitch Booth est remplacé à la barre de China Team par Andreas Hagara, l’équipage sera renforcé par Charlie Ogletree au poste de skipper, changement notable également au sein d’Oracle Racing puisque Darren Bundock remplace Russell Coutts à la barre d’Oracle Racing 5.

L’organisation de l’America’s Cup a également annoncé une nouvelle ville étape des derniers America’s Cup World Series, Venise accueillera des régates d’AC45 du  17 au 20 mai 2012 et en avril 2013