Alinghi 5 face à BOR 90

Les rumeurs quant à un second bateau en construction pour BMW Oracle étaient donc fausses, l’équipe américaine alignera bien son trimaran BOR 90 mis à l’eau en août 2008 et largement modifié depuis, cette information a été confirmée la semaine dernière lors d’une conférence de presse de présentation du team à San Diego.

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

Côté suisse, Alinghi 5 a quitté le lac Léman le 7 août pour rejoindre Gênes, toujours sous l’hélicoptère russe Mil Mi26, le seul capable d’hélitreuiller le catamaran helvète.

Le première navigation en mer a eu lieu le 15 août toujours dans des conditions très légères.

©Carlo Borlenghi/Alinghi

©Carlo Borlenghi/Alinghi

Par ailleurs, Alingi a dévoilé le lieu de la 33ème America’s Cup qui doit se dérouler en février prochain, il s’agit de Ras Al Khaimah, aux Emirates Arabes Unis, la météo semble très clémente avec une brise thermique faible (inférieure à 10 noeuds) et un plan d’eau abrité sans clapot, ce qui semble particulièrement favorable au multicoque d’Alinghi.

Alinghi 5 sous voiles

Le team Alinghi, defender de la Coupe de l’America, a effectué une première sortie sous voiles sur son catamaran Alinghi 5 hier en début d’après midi.

© Carlo Borlenghi/Alinghi

© Carlo Borlenghi/Alinghi

Le bateau a été remorqué au milieu du Lac Léman sous le regard de nombreux curieux, l’équipage a ensuite hissé la grand voile sur le mât d’une cinquantaine de mètres, avec difficulté semble-t-il du fait du moteur actionnant l’hydraulique récalcitrant, le bateau a ensuite tiré ses premiers bord dans un vent faible d’environ 5 noeuds.

Différentes configurations de voiles ont été testées, avec des pointes à 20 noeuds soit 4 fois la vitesse du vent et sur un flotteur….

© Carlo Borlenghi/Alinghi

© Carlo Borlenghi/Alinghi

Murray Jones en charge des essais :  « Nous sommes sortis ce matin avec une liste d’objectifs sur lesquels travailler : tester le bateau, vérifier la structure, effectuer quelques manoeuvres, et voir si les voiles sont toutes réglables. Et tout s’est très bien passé. Il y a beaucoup de systèmes assez compliqués et nouveaux sur le bateau, mais c’est vraiment génial. Faire voler cette machine au près et au portant sous gennaker était exceptionnel pour une première journée sur l’eau. Le catamaran est un hommage aux architectes et aux gens du chantier. Produire un bateau d’une telle complexité qui fonctionne aussi bien dès le premier jour est vraiment quelque chose d’impressionnant, de très, très impressionnant ».

Franck Cammas répond aux questions de Voile-Multicoques.com et VoileSportive.com

Franck Cammas, skipper du maxi trimaran Groupama 3, actuellement en stand by pour le record de l’Atlantique Nord, et de l’Extreme 40 Groupama 40 a accordé cette interview à VoileSportive et Voile-Multicoques au cours de l’étape hyèroise de l’iShares Cup.

VoileSportive.com : La tournée Méditerranéenne, le record de la Méditerranée vous ont ils conforté sur la fiabilité de Groupama 3 après le chantier post chavirage ?

Franck Cammas : En fait toute cette tournée en Méditerranée nous a obligé et permis de naviguer dans des conditions extrêmement variées ; de naviguer beaucoup puisqu’à l’arrivée à New York le bateau a environ 10000 milles de navigation, ça a été de superbes mois de mise au point, très intenses et dans des conditions que l’on ne rencontre pas en record.

VS.com : Tu avais un rôle de coach auprès de l’équipe américaine, BMW Oracle, qui défie Alinghi pour la prochaine coupe de l’America, aujourd’hui ce sont tes concurrents sur l’iShares Cup. Que penses tu tu niveau actuel de l’équipe en multicoque ?

FC : Ils sont très bons, individuellement ce sont des marins excellents ; pour le multicoque il faut apprendre, comme pour tous les bateaux.
Au sein de l’équipe américaine, il y a des gens qui apprécient beaucoup le multicoque comme James Spithill, qui s’investit sur ce support, d’autres apprécient  nettement moins la navigation sur multi et ont peur. Mais ils vont faire du bon boulot, ils ont su s’adapter.

Photo Paul Todd/ BMW ORACLE Racing

VS.com : Tu as navigué sur leur trimaran, BOR 90, pendant la phase de mise au point. Les rumeurs parlent d’un second bateau ou de grosses modifiacations pour faire face au multicoque d’Alinghi qui serait typé petit temps, selon toi BOR 90 est il trop “conventionnel” ?
FC : L’objectif était de mettre à l’eau un bateau  rapidement, puisque la première échéance était un an après le dépôt du défi face à Alinghi, ensuite il y eu les procédures juridiques qui ont retardé le processus.
Le defender a toujours un avantage qui est de choisir le plan d’eau, nous (BMW Oracle, ndlr)  avons donc essayé de faire un bateau qui était polyvalent avec des moyens de le typer rapidement pour le petit ou le gros temps. La plate forme  peut donc tout à fait s’adapter, évidemment avec des modifications pour que le trimaran progresse dans ce type de vent.
En ce qui concerne le bateau des suisses, nous aurons la réponse dans quelques jours, mais les bruits qui courent font état d’un multicoque typé petit temps, ce qui est normal, puisqu’ils savent parfaitement faire cela avec les D35 et les régates sur le lac Léman.

VS.com : En ce qui concerne la Route du Rhum 2010, as-tu pris une décision sur la bateau qui sera aligné au départ : Groupama 2, Groupama 2 allongé, ou Groupama 3 version solo ?

FC : Pour Groupama 2 allongé, nous avons dit non, ce sera Groupama 2 ou Groupama 3 version solo.
Pour Groupama 3, l’équipe réfléchie et travaille beaucoup sur ce sujet, j’espère partir avec Groupama 3 version solo, ce serait un beau défi.

VS.com : Ceci impliquerait des modifications sur la surface de voiles ?
FC : Bien sûr, un plan de pont un peu différent, un plan de voilure complètement différent mais une plate forme qui resterait extrêmement proche de l’actuelle.

©Guilain GRENIER / Sea & Co©Guilain GRENIER / Sea & Co

VS.com : Tu participes au championnat Julius Baer sur Zen Too (Decision 35), pourquoi avoir choisi l’iShares Cup plutôt que le circuit Decision 35 ?

FC : Ce qui est intéressant sur l’iShares Cup, c’est la découverte de nouveaux plans d’eau qui sont très différents les uns des autres, ce qui est un parfois dommage sur le lac Léman, c’est l’orientation petit temps, avec un plan d’eau très particulier.
Le circuit Extreme 40 permet aussi une confrontation  à des adversaires venant d’horizons différents, alors que le Décision 35 reste une série de spécialistes du lac Léman, l’arrivée de  nouveaux concurrents est donc plus facile que sur Decision 35. Le circuit est aussi plus orienté vers les marins professionnels et vers les médias, ce qui est bon pour notre sponsor.

VS.com : Comment expliques-tu le succès grandissant de l’iShares Cup ? Est ce que le format adapé au public participe à ce succès ?

FC : Les sponsors sont attirés par ce rapprochement vers le public, l’organisation est très clean, bien rodée, orientée vers les médias, ils travaillent beaucoup cet aspect, et avec des moyens suffisants.
Le show, il en faut mais pas trop, il faut trouver le juste milieu, de notre côté on a plus l’habitude de régates conventionnelles, ce n’est pas le cas sur le circuit, mais on conserve des bords de près et de portant, très courts, mais l’aspect tactique reste primordial.

VS.com : La classe ORMA a disparu, comment epliques- tu celà ?

FC : je ne sais pas si la formule était mauvaise, il y a eu un ensemble de circonstances qui n’ont pas aider la classe ; mais quand on voit ce qui se passe en monocoque IMOCA, le bilan de l’ORMA était aussi bon.
D’un point de vue spectacle, intensité des programmes, l’ORMA était bien au dessus de ce qui se fait à l’heure actuelle.
Sur le papier, la formule était excellente, maintenant il faut un nouveau souffle avec peut être un nouveau bateau pour intéresser les skippers.
L’image d’une classe difficile pour les marins a peut être joué aussi, avec des skippers qui n’osaient pas venir ou vendre un projet ORMA ; du fait de la difficulté technique avec la nécessité d’une grosse équipe pour suivre le rythme des programmes.

Merci à Franck Cammas et à l’équipe Groupama pour cette interview.

L’actualité du Team Groupama à suivre sur leur site officiel.

La 33ème America’s Cup en multicoques ! Probablement…

La décision tant attendue de la Cour d’Appel de New York est tombée hier après midi, celle-ci donne raison au défi américain BMW Oracle face au défender Alinghi.

Selon toute vraissemblance, et d’après l’attitude des deux parties jusqu’à présent, la prochaine America’s Cup devrait se courir sur multicoques, au plus tôt dans dix mois et dans un lieu restant à déterminer, il semblerait qu’Ernesto Bertarelli, président du défi suisse, ait déja contacté son homologue américain, Larry Ellisson pour évoquer ce duel.

Du côté américain, le trimaran, à l’eau depuis 6 mois, est actuellement en chantier à San Diego, il semble que l’essentiel du travail porte sur les flotteurs ou la coque centrale, les deux mâts étant toujours entreposés dehors depuis le début du chantier. Il semblerait aussi que des flotteurs soient en cours de construction pour l’équipe, s’agit-il de remplacer les flotteurs actuels ou s’agit-il de nouveaus flotteurs pour un second multicoque pour le Team BMW Oracle? L’avenir nous le dira.

Côté suisse, les différentes pièces du multicoque sont semble-t-il déjà construites et attendent maintenant le transport vers Valence avant l’assemblage du bateau. Les rumeurs font état d’un bateau de 115′, à priori un catamaran avec une coque centrale structurelle, sur le même principe que le Decision 35.

A suivre…

Photo Paul Todd / BMW ORACLE Racing