L’actualité des maxis multicoques

  • Les deux adversaires d’Actual sur The Transat sont toujours amarrés à New York, Macif va subir un check up sur place avant une tentative de record sur l’Atlantique Nord en solitaire pour François Gabart, si une fenêtre se présente. Sodebo rentrera en France, comme Actual, Thomas Coville s’alignera sur une tentative de record autour du monde en solo cet hiver. Par ailleurs, la construction d’un nouveau trimaran n’est pas écarté par la direction de Sodebo, comme le rapporte le Télégramme, la décision sera prise à l’issue du tour du monde cet hiver. La solution alternative étant de modifier l’actuel bateau (issu de la plate forme de Géronimo), notamment de changer les flotteurs pour gagner du poids.
  • Yves le Blévec a bouclé The Transat bakerly cette nuit. Il aura effectué la transatlantique en course en 10 jours 12 heures 15 minutes 59 secondes à 2j 3h 21’ 20’’ du vainqueur.

    Yves le Blévec à l’arrivée :

    « La transition est assez brutale ! Cet après-midi, j’étais encore dans des calmes, en train de m’ennuyer en attendant le vent et là, arriver en pleine ville, c’est impressionnant… Belle transat : je me suis rendu compte que j’étais à la fois capable de dérouler tout le parcours heure par heure, et de comprendre que j’ai traversé l’Atlantique en dix jours ! Et même si ma trajectoire paraît assez droite, il a fallu enchaîner en permanence parce qu’il se passe tout le temps quelque chose. J’ai fait connaissance avec mon bateau parce que je n’avais pas beaucoup navigué avec, et encore moins en solitaire. C’était une belle mise en contact avec des conditions météo plutôt sympas : pendant deux-trois jours, on était plus près de la Guadeloupe que de New-York ! On a fait de belles moyennes, et mes concurrents étaient de toutes façons un poil plus rapides. En plus le jeu de la météo les a favorisé puisqu’ils ont pu couper le fromage, à un endroit où je n’aurais pas pu passer. Par rapport à un Multi50, c’est hyper confort ! Ma cellule de vie est de plain pied avec le cockpit de manœuvre, et je vois tout de ma bannette. C’est très sec, très agréable. Mais quand il faut sortir pour manœuvrer, c’est hyper fatiguant… On a eu deux passages de front où il a fallu renvoyer de la toile derrière rapidement : c’est éreintant. Une heure de sport ! Mon premier virement de bord, je l’ai fait il y a deux jours… Mais les empannages, j’en ai enchaîné. C’est beaucoup plus simple que de virer de bord où on fait souffrir le bateau. Les séquences de manœuvres sont assez fatigantes quand même ! Et il faut être attentif en permanence parce qu’il y a moyen de se faire piéger très vite ! Mais j’ai été prudent et je n’ai rien cassé… Je n’ai pas beaucoup dormi : je pense que je n’ai pas été très bon sur la gestion du sommeil. Mais moi, je n’avais pas la tension du combat au contact qu’ont connu François et Thomas. Et le jour où ils sont arrivés à New-York, je me suis complétement détendu : le côté compétiteur a basculé même si je n’ai pas baissé de rythme, mais j’étais plus zen. On va améliorer le bateau qui a tout de même dix ans d’âge : on va jouer sur le gréement en diminuant la hauteur de mât, en changeant la configuration de la voilure pour 2017. J’ai bien vu que le bateau va vite et reste facile quand il n’est pas chargé de toile… L’étude est lancée. J’ai eu de grands moments de plaisir à bord d’Actual ! C’est très différent d’un Multi50, mais c’est incroyable comment on peut aligner les milles faciles… »

     

  • Idec Sport a quitté la Trinité sur Mer pour une tournée de relations publiques en Méditerranée, avec une bonne partie de l’équipage ayant participé à la tentative de Trophée Jules Verne l’hiver dernier (Francis Joyon, Alex Pella, Bernard Stamm, Clément Surtel). Francis Joyon a également convié Jean Baptiste Levaillant, maitre voilier Incidences Sails et habitué des maxis multicoques. A son retour en Bretagne, le skipper envisage de débuter les navigations en solitaire sur son trimaran, et de tenter le record des 24h si des conditions favorables se présentent.

    CREDIT : IDEC SPORT

    CREDIT : IDEC SPORT

  • Spindrift 2 a été remis à l’eau hier à Lorient après une grosse révision suite au Trophée Jules Verne. Prince de Bretagne retrouvera également son élément mardi matin, suite au chantier post chavirage Transat Jacques Vabre.
  • Le plan Irens/Cabaret, ex B&Q/Castoramae est entré en refit au chantier Nauty Mor à Hennebont. Le trimaran passé entre les mains de Philippe Monnet entre autre était convoité par différents skippers pour un tour du monde contre vents et courants dominants (Yvan Bourgnon notamment).

 

Pourquoi interdire Spindrift 2 de Transat Jacques Vabre ?

Au cours du Nautic, l’organisation de la Transat Jacques Vabre a dévoilé le format de la course en double entre le Havre et Itajai (Brésil), cette course sera ouverte aux Multi 50′ répondant à la jauge de la classe et aux Ultimes.

On pouvait légitiment s’attendre aux mêmes règles que sur la Route du Rhum 2014 concernant la classe Ultime, soit une absence de limitation de taille (sur la Route du Rhum, étaient admissibles les bateaux de taille égale ou supérieure à 60′).

Cependant, dans l’avis de course, sont admissibles dans la classe Ultime les bateaux compris entre 70 et 105′ de longueur hors tout, ce qui exclut le maxi trimaran Spindrift 2, sur lequel Yann Guichard a terminé à une belle seconde place sur la Route du Rhum 2014.

Comme en 2010 avec Franck Cammas et Groupama 3, les chances  de réussite du skipper en solo sur son trimaran de 40m étaient jugées faibles. Il a démontré que le défi était possible, on peut donc imaginer qu’une telle performance sur une course en double puisse être réitérée.

Yann Guichard, le skipper de Spindrift 2 avait d’ailleurs réagi sur son fil twitter :

Transat Jacques Vabre. Spindrift2 interdit de participation! Merci aux organisateurs

Si je comprends bien, pour participer à la je dois couper mon bateau de 8m. Très élégant comme réponse!

Le reste de la flotte est donc préservée, à savoir les Multis 70, et l’ensemble des autres maxis multicoques (le 80′ Prince de Bretagne, l’ancien Sodeb’O de 105′, son sister ship ex Oman Air, l’ex B&Q Castorama, le 97′ Idec Sport, le nouveau Sodeb’O Ultim de 102′, le Banque Populaire VII de 105′ et le nouveau Macif de François Gabart actuellement en construction de 100 à 105′).

Pourquoi une telle décision ?

L’organisation aurait pu justifier cette décision par le fait de vouloir réunir une flotte relativement homogène de gros multicoques plus adaptée au solitaire ou au double que le trimaran de 40 mètres. En effet Spindrift 2 de par sa taille et sa puissance pourrait être à son avantage sur cette transat Jacques Vabre qui se déroule majoritairement dans les alizés.

La communication a semble-t-il été défaillante du côté de l’organisation qui a répondu à Yann Guichard via twitter par ceci :

La accueillera la classe Ultime, si intègre le collectif est le bienvenu sur la course

 

Quel est donc le rapport entre le collectif Ultim et la Transat Jacques Vabre ?

A priori aucun, le collectif Ultim a été lancé en fin d’année dernière par trois armateurs de Maxis Multicoques destinés au solo, à savoir Banque Populaire, Macif et Sodeb’O qui ambitionnait de lancer un programme sur 4 ans à partir de 2015.

A son lancement, le communiqué de presse du Collectif Ultim précisait :

Le Collectif Ultim s’est donné pour objectif de travailler à la mise en place d’un programme sur 4 ans, appelé Challenge Ultim qui intégrerait un tour du monde en solitaire et au minimum une course intermédiaire, les autres années. Le format requis pour ces courses serait du solo ou du double. Rejoindre le collectif pour un armateur suppose que son bateau soit maniable sans assistance électrique ou hydraulique et puisse s’aligner au moins au départ d’une course par an.

L’objectif était donc de fédérer les équipes de maxis multicoques de plus de 80′ sans se substituer aux organisateurs de course.

A l’heure actuelle, le Collectif Ultim reste à l’état de projet, et aucun programme n’a été dévoilé.

Pourquoi l’organisateur de la Transat Jacques Vabre demande alors à Spindrift de rejoindre ce collectif, alors que la participation des bateaux plus petits n’est pas soumise à l’adhésion à celui-ci ?

L’objectif du collectif Ultim semble être de développer une « classe » de Maxis Multis Solo.  Les flotteurs du nouveau Macif ont d’ailleurs été construits  dans des moules femelles afin de pouvoir construire d’autres unités, il semblerait que Banque Populaire songe fortement à faire construire un nouveau trimaran dans ces moules pour la Route du Rhum 2018, le Gitana Team semble également réfléchir à cette option.