Team Tilt, le succès de jeunes régatiers suisses

Team Tilt s’impose comme une équipe incontournable du paysage vélique suisse depuis plusieurs années, tout en poursuivant son objectif premier, la formation des jeunes marins helvètes.

L’équipe mise en place par Alex Schneiter n’a cessé de s’étoffer et de diversifier les supports de navigation, en maintenant d’excellents résultats au plus au niveau sur le bassin lémanique mais aussi sur la Red Bull Youth America’s Cup.

En 2016, le team prépare une seconde participation à la Red Bull Youth America’s Cup et se donne encore plus de moyens que lors de l’édition 2013. L’équipage mené par Lucien Cujean avait alors remporté les Selection Series et s’était classé quatrième de la compétition.
La prochaine édition de la RBYAC se disputera sur les AC45F (catamarans à aile rigide et à foils de 45’, actuellement utilisés sur les America’s Cup World Series), afin de préparer au mieux l’événement, Tilt s’engage cette année sur le GC32 Racing Tour (le GC32 étant également un catamaran à foils).

© Loris von Siebenthal

© Loris von Siebenthal

L’équipe poursuit également la compétition en D35. Sur ce support, la progression de l’équipe est notable, une 7ème place lors de ces débuts en 2013, une 6ème place en 2014, et une victoire sur le championnat l’année dernière, avec quatre grands prix remportés sur six et la première place sur le mythique Bol d’Or Mirabaud ; ce au nez et à la barbe d’équipes prestigieuses comme Alinghi, Spindrift racing et d’équipages professionnels engagés sur le circuit depuis de nombreuses années.

© Loris von Siebenthal

© Loris von Siebenthal

Un Flying Phantom servira également de support d’entrainement à l’équipe pour découvrir le foiling.

Tanguy Cariou, directeur sportif du team Tilt et tacticien sur le D35 et le GC32 revient pour Voile-Multiocoques.org sur les différents engagements de l’équipe :

© Loris von Siebenthal

© Loris von Siebenthal

« Nous n’avons pas d’objectif défini cette année sur le D35 Trophy, car il s’agit d’une année de croissance pour le Team Tilt ; avec un nouveau bateau et un nouveau circuit, le GC32 Racing Tour. Mais aussi une préparation olympique pour Sébastien Schneiter et Lucien Cujean, qui sont focus pour les jeux olympiques de Rio en 49er.
Nous avons donc moins de temps à consacrer au D35, au moins sur la première partie de saison.
Nous avons malgré tout l’envie de bien faire, et malgré le manque d’entrainement sur le catamaran nous restons compétitifs.
Nous n’avons navigué lors de la pré saison que cinq ou six fois, avec des rotations au sein de l’équipage.
Nous avons quand même réussi à jouer les premiers rôles en ce début de saison (5ème au GP Emil Frey Genève Acacias, 1er à l’Open de Versoix et 2nd au général provisoire), en naviguant d’une façon moyenne et en conservant une marge de progrès importante dans tous les domaines (départs, tactique, manœuvres, performance.
Le Decision 35 restera un support pour former de jeunes marins en vue de la Youth America’s Cup.
Pour ce faire, les rotations d’équipiers vont se poursuivre, nous essayons d’intégrer des jeunes, c’est délicat. Mais nous avons réussi depuis trois ans à mettre en place une base de fonctionnement solide, qui permet justement d’intégrer de nouveaux marins, tout en restant compétitifs.

Concernant la Red Bull Youth America’s Cup 2017, nous avons un groupe de douze jeunes, qui commenceront à être intégrés de façon importante à l’équipage du D35 en deuxième partie de saison.  
Actuellement nous avons déjà plusieurs d’entre eux susceptibles d’être sur l’AC45F qui sont à bord, Sébastien bien sûr mais aussi Jocelyn Keller, Jérémy Bachelin, Arthur Cevey qui navigue en tant que n°1, le ratio de jeunes sur le D35 pouvant participer à la RBYAC va augmenter prochainement.

Ils ont tous des profils intéressants, à nous de constituer l’équipage complémentaire tant au niveau sportif que technique mais aussi au niveau des gabarits puisque les AC45F sont assez physiques.

Le règlement a un peu changé concernant les pays n’ayant pas de défi pour l’America’s Cup, il n’y aura plus réellement de sélection des équipages pour la compétition comme en 2013, mais une évaluation de la part de Red Bull. Nous somme dans les temps, cette évaluation aura lieu sur le GC32 probablement au mois d’octobre, après une semaine d’entrainement sur le bateau à l’issue de la saison.
Une partie des jeunes qui préparent la RBYAC seront aussi intégrés sur le GC32 au cours de la saison 2016.

Glenn Ashby nous accompagne avec un rôle de coaching à bord du GC32, son aide sera précieuse, du fait de ses connaissances du foiling. Ce partenariat avec Emirates Team New Zealand et Glenn nous permettra également de bénéficier de leurs infrastructures sur place aux Bermudes lors des phases de compétition de la Red Bull Youth America’s Cup. »

Les Extreme Sailing Series adoptent le GC32 comme nouveau support en 2016

Les Extreme Sailing Series se dérouleront comme prévu sur un multicoque à foils pour leur 10ème saison en 2016.

Les organisateurs ont finalement opté pour un bateau existant en adoptant le catamaran GC32. Ce monotype navigue depuis plusieurs années et a déjà démontré sa fiabilité et des performances spectaculaires.

Ce passage au foiler nécessitera une adaptation du format des Extreme Sailing Series qui se déroulaient jusqu’ici essentiellement en stade nautique. Le circuit incluera désormais des épreuves pro-am sur des parcours réduits et des épreuves sur plan d’eau ouvert quand la configuration des villes-étapes le permettra. Saint-Petersbourg, Cardiff et Sydney sont d’ores et déjà prévus au programme 2016.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

OC Sport a passé une commande de catamarans GC32 afin d’assurer la participation des équipes au circuit 2016.

OC Sport, l’organisateur des Extreme Sailing Series et The Great Cup, celui du circuit GC32 souhaitent  développer à moyen terme une série d’événements sur différents continents qui seront un vivier pour les Extreme Sailing Series qui constituera le circuit « élite ». Les deux sociétés souhaitent également organiser un Championnat du Monde annuel de GC32, accessible à tous les bateaux existants.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Andy Tourell, Directeur des Extreme Sailing Series explique : “le plan à moyen terme est d’organiser des circuits de GC32 sur les différents continents destinés aux équipes professionnelles et aux propriétaires privés, qui pourront ensuite accéder au circuit mondial des Extreme Sailing Series. C’est une période très intéressante pour les Extreme Sailing Series et les GC32. Nous avons toujours cherché des façons d’innover dans notre sport et une fois de plus, nous ouvrons de nouvelles portes dans le milieu de la voile, à la fois par le développement d’une pyramide sportive mondiale et en faisant régater ces bateaux à foils en flotte sur nos parcours en stade nautique, ce qui constitue une première”.

“OC Sport continuera de travailler avec les équipes et nos partenaires pour garantir le succès à long terme des Extreme Sailing Series, en portant notamment nos efforts sur la recherche et le développement. Les années à venir s’annoncent passionnantes pour notre sport, que ce soit pour les marins, pour les équipes, pour les sponsors, pour les chantiers de construction que pour nous en tant qu’organisateurs d’événements”.

Rien n’a été dévoilé concernant le plateau de la prochain saison, une partie de la flotte de la Bullitt GC32 Racing Tour devrait intégrer les ESS, comme Alinghi, ou Oman Sail (qui est en largement en tête des ESS 2015 et du circuit GC32) et qui pourrait poursuivre avec deux bateaux.

La situation est moins certaine pour d’autres équipes notamment pour les deux équipes françaises participant au circuit GC32 Spindrift racing et Engie dont la communication est plutôt tournée vers les pays frontaliers de la France.

Certains teams des Extreme Sailing Series devraient également poursuivre l’aventure en foiler, dont Red Bull, qui sponsorise déjà un circuit foiler, le Red Bull Foiling Generation (sur Flying Phantom).

 

 

Vulcain Trophy : Alinghi reprend la tête, Ladycat powered by Spindrift remporte le Bol d’Or

L’équipage d’Ernesto Bertarelli a repris les commandes du Vulcain Trophy avec sa victoire sur la Genève Rolle Genève, sur l’Open de Versoix et sa 3ème place sur le Bol d’Or.

Alinghi avait pris les commandes de l’Open de Versoix dès les premières manches avec deux victoires d’entrée de jeu, ils contrôlaient ensuite malgré une dernière place sur la dernière manche suite à une pénalité, ce grand prix se réduisait à une journée de régate et six manches faute de vent le lendemain. Ils s’étaient imposé la veille sur la première classique lémanique de la saison : la Genève Rolle Genève, celle-ci s’est courue dans des vents faibles à modérés, Alinghi et Realstone avaient pris la tête dès le début, Mobimo et team Tilt bataillaient pour la troisième place, c’était finalement Christian Wahl qui prenait celle-ci devant Tilt, Zen Too et Ladycat powered by Spindrift.

A noter sur ces deux rendez-vous la belle performance de Realstone, qui avait chaviré quelques jours avant ces régates et qui naviguait avec un mât de spare de Zen Too et une coque d’Artemis.

Sur la plus célèbre régate lémanique, le Bol d’Or, c’est Ladycat qui s’imposait, l’équipage de Dona Bertarelli et Yann Guichard choisissait de ne pas prendre d’option extreme dans une bise soutenue, ce choix stratégique payait puisque l’équipage s’imposait devant Realstone, Alinghi, Mobimo et Zen Too. Hydros autre bateau de classe M1 se classait 9ème (suite à la pénalité de Veltigroup) derrière 8 D35, à 30 minutes du vainqueur, le catamaran Flying Phantom, qui disputait la régate « hors classement » termine juste derrière le foiler de 35′. A noter la casse d’un foil du GC 32 engagé qui termine donc en 17ème position.

Dona Bertarelli, skipper de Ladycat powered by Spindrift racing « La stratégie était de rester au contact de nos concurrents et de ne pas prendre d’options extrêmes afin de pouvoir saisir toutes les opportunités et avoir des cartes à jouer. Nous sommes restés très concentrés pendant toute la course, car les conditions étaient vraiment difficiles et nous étions toujours à l’attaque et donc sur le fil du rasoir. Je suis très fière de mon équipe qui a bien navigué de bout en bout. C’est aussi un immense bonheur de remporter le Bol d’Or Mirabaud, surtout pour la seconde fois. Cette édition a une saveur particulière, car Ladycat powered by Spindrift racing porte les couleurs de Mirabaud. Je suis fière et émue de pouvoir partager cette victoire avec tous mes partenaires. Maintenant il faudrait qu’on réussisse encore à s’imposer sur la prochaine édition car pour remporter définitivement le challenge du Bol d’Or, il faut gagner 3 fois l’épreuve en 5 ans !»

©Loris Von Siebenthal

Yann Guichard « Nous avons un peu souffert au près. Nous avions fait le choix de régler le bateau pour des conditions très ventées donc nous n’avons pas pu bénéficier des avantages de cette option sur les premiers miles. L’objectif était néanmoins d’arriver dans le paquet de tête à la mi-parcours et nous avons réussi à prendre les commandes de la flotte à 150 mètres du Bouveret. Sur la fin, c’était vraiment très chaud, on était à pleine vitesse dans un mouchoir de poche avec Realstone et Veltigroup. Nous avons réussi à les doubler à 300 mètres de la ligne d’arrivée et ils terminent 50 mètres derrière nous. Le suspens a été jusqu’au bout ! Nous avons eu une bonne stratégie et vraiment un super travail d’équipe. Nous avions fait certains choix techniques et stratégiques qui ont payé. Pour ma part, c’est la première fois que je remporte le Bol d’Or Mirabaud. Cela représente pour moi une course mythique, une épreuve que je rêvais d’accrocher un jour dans ma carrière. Je suis vraiment super content ! »