Gitana Team se sépare de Yann Guichard

Après Fred Le Peutrec, Lionel Lemonchois et Loick Peyron, c’est au tour de Yann Guichard de quitter le Gitana Team, tout comme les anciens skippers de l’équipe, Yann Guichard n’a pas à rougir de ses résultats avec deux places de dauphin sur les Extreme Sailing Series 2009 et 2010 et une quatrième place sur la Route du Rhum 2010.

Extrait du communiqué de presse du Gitana Team :

Pour la saison 2011, le Gitana Team souhaite confier la barre de ses différents bateaux à deux skippers distincts : un régatier pour mener l’Extreme 40 Groupe Edmond de Rothschild sur les Extreme Sailing Series et un navigateur pour initier l’histoire des Multi One Design, trimaran monotype de 70 pieds.
Cette évolution stratégique se base sur le programme de l’Extreme Sailing Series, qui verra s’affronter pour la saison 2011 de nouveaux compétiteurs de haut niveau et qui s’ouvrira plus largement à l’international. Dans le même temps, le lancement des Multi One Design demandera un investissement sportif et technique conséquent.
Le Gitana Team et Yann Guichard n’ont pas trouvé d’accord face à cette nouvelle organisation pour le nouveau programme sportif proposé.

© Yvan Zedda / Gitana S.A.


Les noms des nouveaux skippers devraient être dévoilés assez rapidement, puisque la saison des Extreme Sailing Series débute dès le mois de février, à noter également la vente du maxi catamaran Gitana 13 à un particulier, le bateau subit actuellement un refit à Lorient avant d’être livré à son nouveau propriétaire.

Mise à jour :Yann Guichard est revenu sur son départ dans un article du Télégramme du 16 décembre, il explique que le team lui a proposé la barre de l’Extreme 40 pour la saison 2011 mais pas celle du futur MOD 70, raison pour laquelle les deux parties ont cessé leur collaboration.
A lire ICI

Fred Le Peutrec : « J’ai rêvé d’une Coupe en multicoque »

Fred Le Peutrec a de nouveau accepté de répondre aux questions de Voile-Multicoques, apportant un éclairage sur sa nouvelle tentative sur le Trophée Jules Verne, sur la Coupe de l’America etc.

Tu es déjà détenteur du Trophée Jules Verne avec l’équipage de Groupama 3 depuis l’hiver dernier ; qu’est ce qui t’as poussé à repartir sur une nouvelle tentative cette année avec Banque Populaire ?

 

C’est tout simplement ce genre de navigations, qui sont très rares, associées à des bateaux comme Groupama 3 ou Banque Populaire V qui sont des protoypes uniques, donc j’en profite pendant qu’il y a des bateaux qui sont armés pour ce type de navigations.

 

 

Mais aussi parce que Pascal (Bidégorry) me l’a proposé. Après être revenu avec Groupama je me disais qu’il était dommage d’imaginer que je ne serai peut être plus amené à revivre un tour du monde sur ce type de bateaux, parce qu’évidemment des projets comme le Jules Verne avec des bateaux construits uniquement pour ça sont des projets coûteux et de longue haleine.

Je ne vois pas un projet naître rapidement après celui de Banque Populaire, donc je n’ai pas hésité longtemps après la proposition de Pascal.

 

Quels sont les différences entre ces deux maxis trimarans (Banque Populaire V et Groupama 3) ?

 

Banque Populaire 5 est un peu plus grand , un peu plus lourd, il a plus d’inertie, le bateau demande donc plus d’anticipation, plus de bras, avec des temps de manoeuvres un peu plus longs que ceux de Groupama 3.

BP5 a un gros potentiel, comparable si ce n’est un peu supérieur, au moins pour ce qui est d’entretenir une vitesse moyenne, c’est un bateau plus constant en vitesse que ne l’est Groupama 3, sans doute par un effet de masse et de longueur associée.

Le bateau a certes moins navigué, mais comme le cabinet d’architecture (VPLP) et de calcul de structures sont les mêmes, toutes les évolutions et les constats de faiblesse de Groupama 3 ont été transféré à Banque Populaire, le bateau a donc bien évolué depuis sa mise à l’eau même s’ il y a eu moins de navigations accumulées qu’avec Groupama 3.

 

 

Concernant le comportement à la mer du trimaran et les performances pures, j’ai du mal à en juger, il faudra attendre d’être en « situation réelle » .

Dans peu de vent et de mer, le bateau avance très convenablement, il n’y a pas de quoi rougir ou avoir un blocage psychologique par rapport aux performances de Groupama.

Dans le contournement d’anticyclones, je ne pense pas que le bateau soit aussi arrêté que ce que je pensais l’année dernière, bien évidemment ceci repose sur des valeurs relatives, il n’y a jamais eu de bord à bord avec Groupama 3,

Est ce qu’on se permettra de passer dans une mer plus formée, un peu plus vite avec ce bateau, là où nous étions « limites » avec Groupama 3 ?

Cette hypothèse reste à prouver, solliciter le bateau sur un tour du monde est toujours difficile étant donné qu’il s’agit d’une épreuve de longue haleine.

 

© Yvan Zedda

 

Le bateau est un peu plus haut sur l’eau, le cockipt plus protégé, Banque Populaire 5 sera-t-il plus « confortable » que ne l’était Groupama 3 pour un tour du monde?

 

Vraisemblablement, la hauteur du bateau et les protections de cockpit vont dans le sens d’un peu plus de confort, ce qui nous permettra peut être d’attaquer un peu plus, mais le confort est très lié à la vitesse.

Comme ce sont des bateaux très rapides, il paraît justifié de se protéger parce que c’est sollicitant, mais ça ne sera jamais le confort d’un 4 étoiles.

 

Le multicoque revient sur le devant de la scène avec le passage de la Coupe de l’America sur des catamarans, penses-tu que ceci va relancer le multi (MOD, Multi 50′, Extreme 40, support olympique…) ou au contraire focaliser les teams autour de ce seul événement ?

A mon sens, ceci va surtout faire venir des gens aux multis, alors qu’ils étaient depuis longtemps concentrés sur un système de monocoques, je pense qu’une fois qu’ils auront mis le pied à bord, ils auront du mal à en débarquer.

L’épreuve reine médiatiquement et financièrement parlant devenant une épreuve en multicoques profitera à tout le monde, et peut possiblement favoriser le retour des multicoques aux Jeux Olympiques. Ce passage de la coupe de l’America au multi rendrait encore plus illégitime le fait de ne plus avoir de support multicoque aux JO.

 

© Gilles Martin Raget

 

 

Le fait que des marins formés à la Coupe de l’America depuis des années, et qui sont les vraies notoriétés mondiales de la voile, passent au multi va les convaincre définitivement, j’en ai fait l’expérience avec Grant Dalton sur The Race, il n’avait de cesse de dire à l’arrivée que c’était la plus belle navigation autour du monde qu’il ait faite.

Autant ils avaient peut être une réticence à venir dans un système qui avait évolué en France et dans lequel ils se sentaient probablement en retard, autant là, le multi va vers la Coupe et rejoint leur système avec de grosses équipes, du match racing etc. Selon moi, c’est un pas plus facile vers le multicoque pour eux.

 

Pour la course océanique, les Multi 50′ se développent en ce moment, le MOD pointe le bout de son nez, on verra comment ces séries vont se stabiliser, mais je pense que ceci sera favorable aussi pour ces bateaux,

Ce support permet d’entrevoir une autre manière de naviguer, d’utiliser la météo différemment, tout ça est logique, la voile reste un sport mécanique, je ne vois pas quel pilote auto ne rêve pas un jour de faire de la F1.

 

Que penses-tu des gréements des futurs AC72 et AC45 (des ailes rigides) ?

 

En terme d’aérodynamique, les ailes sont magnifiques, les bateaux qui en sont pourvus sont ceux qui sont les plus pointus à régler, les plus efficaces en rendement par rapport au vent.

On l’a vu lors la dernière coupe avec des vitesses réelles atteintes jusqu’à cinq fois la vitesse du vent pour BMW Oracle, dans des vents faibles, c’est colossal, c’est forcément beaucoup de finesse, de technologie, de plaisir, de précision, de développement et de mise au point.

 

 

© 34th America's Cup

 

Malgré tout les ailes rendent l’utilisation du bateau complexe, parce qu’il faut mâter/démâter tous les jours, ceci demande une logistique assez lourde, et donc du temps et des moyens pour développer plusieurs ailes, bien évidemment,

 

C’est intéressant, j’imagine que les voiliers ne sont pas forcément contents, d’un point de vue technologique les voiliers seront magnifiques, au sens propre, avec beaucoup de finesse, de légèreté, de précision, d’aisance.

 

 

Tu fais partie des spécialistes du multicoque, as-tu déjà des contacts avec d ‘éventuels teams pour cette 34ème Coupe de l’America ?

 

Des contacts directs non, j’ai des connaissances qui font partie des équipes, avec lesquelles elles sont en train d’établir un plan d’attaque, et je sais que de temps en temps elles pensent à moi, je sais qu’il n’y a rien d’acté.

Je suis plutôt concentré sur mon tour du monde avec Banque Populaire et on verra après.

 

D’ici là les équipes seront un peu plus organisées. Cela me plairait beaucoup de participer à un projet, dans un rôle proche de la performance, de la barre, ça représente une synthèse entre tout ce que j’ai fait.

 

J’ai rêvé d’une Coupe en multicoque, parce qu’originellement, c’est un défi entre deux bateaux les plus rapides de la planète, le système avait évolué par la force des choses vers quelque chose d’un peu archaïque avec des bateaux qui valaient des fortunes pour déplacer le plus vite possible 23 tonnes de plomb. Tout ça ne me paraissait pas cohérent avec la Coupe et encore moins avec ce que l’on vivait dans les grand prix en championnat ORMA, lorsque l’on était entre 11 et 13 bateaux au départ, ce qui me paraissait plus prometteur que la Coupe sur des ACC à l’époque.

 

Ma vision de la coupe ce sont des bateaux ultimes, très rapides, très efficaces pour faire de la régate, et le catamaran,dans la version qui a été retenue le sera forcément, j’en suis donc très content.

Je pense aussi que ça remettra le multicoque en selle pour les jeux (ce qui est quasiment assuré suite à une décision de l’ISAF qui prône le retour d’un catamaran de sport à équipage mixte).

 

 

Tu participais au Championnat Julius Baer l’année dernière sur le D35 SmartHome, il semble que les bateaux seront amenés à courir quelques épreuves en Méditerranée, que penses-tu de cette évolution ?

 

Ce ne sont certes pas des bateaux faits pour les grosses vagues, mais il y beaucoup de plans d’eau qui peuvent les accueillir en été. Le bateau navigue correctement avec un ris-solent jusqu’à 22-23 noeuds, il y a donc une possibilité de faire des régates en mer.

 

 

Tes projets pour l’année prochaine ?

 

Au retour de Groupama 3 l’année dernière, j’avais envie de régates au contact, je pense que ça sera encore plus le cas après le Jules Verne avec Banque Populaire, les projets viendront donc en fonction des opportunités qui me seront offertes.

Les systèmes qui existent actuellement, que ce soient les circuits Extreme 40 ou D35, s’inscriront forcément dans le programme des équipes qui participeront à la Coupe, pour faire naviguer les marins, les habituer au multicoque, apprendre des réflexes de positionnement tactique, de barre, de réglages etc.

Je pense que ces deux circuits verront arriver des équipages de Coupe de l’America l’année prochaine.

Il y aura aussi l’AC45, mais je pense que la plupart ne se priveront pas de venir naviguer le plus tôt possible sur les séries qui existent déjà, on l’a vu avec les néo-zélandais qui ont participé à la dernière étape des Extreme Sailing Series.

Clap de fin sur la Route du Rhum

Il ne reste à l’heure actuelle que quelques concurrents en mer, la Route du Rhum 2010 est donc quasiment terminée, le bilan est assez mitigé en classe Multi 50′ avec l’abandon de deux des favoris, Franck Yves Escoffier sur Crèpes Whaou 3! et Yves le Blévec sur Actual, ces deux skipper qui faisaient course en tête ont été contraints de se retirer de la course suite à la perte de l’étrave sur Crèpes Whaou 3 et à la casse sur le bras de liaison tribord sur Actual, les deux marins ont cependant réussi à sécuriser leurs trimarans avant l’arrivée de leurs préparateurs qui les ont rejoint pour consolider celles-ci et rallier la Guadeloupe.

Dans cette classe, le grand gagnant est Lionel Lemonchois qui s’offre un doublé suite à sa victoire en classe ORMA en 2006, il revient de loin puisqu’il était prêt à abandonner en début de course suite à la rupture de son lashing de grand voile et une montée en tête de mât, il a ensuite remonté la flotte pour s’adjuger la première place devant Lalou Roucayrol qui accède à un premier podium sur son bateau Région Aquitaine-Port Médoc, Loic Fequet prend la troisième place sur Maître Jacques (ex Crèpes Whaou 2!) pour sa première course en solo.

© Marcel Mochet

En classe Ultime, Franck Cammas sur Groupama 3 a dominé la course dès le départ, et a su conserver son avance sur ses poursuivants les plus dangereux, à savoir les deux spécialistes du solo sur leurs plans Irens : Francis Joyon (2nd sur Idec) et Thomas Coville (3ème sur Sodeb’O), Yann Guichard sur Gitana 11 n’a pas pu profiter du potentiel de son bateau et termine 4ème devant Philippe Monnet, Gilles Lamiré et Servane Escoffier.

© Yvan Zedda

A lire, l’avis de Fred Le Peutrec (skipper de 60′ ORMA, barreur sur Groupama 3 et Banque Populaire 5) sur le plateau de la Route du Rhum en classe Ultime, cette réponse est extraite d’une interview accordée par le skipper à Voile-Multicoques avant lé départ de la Route du Rhum et qui sera publiée dans quelques jours.

Le plateau de la Route du Rhum est assez hétéroclite en classe Ultime, qui te semble le mieux armé pour cette course ?

Le problème de cette Route du Rhum c’est qu’il n’y a pas deux bateaux comparables et qu’en fonction de la météo certains bateaux seront plus performants sur certaines séquences de la course, il ne faudra pas juger les performances instantanées. Ce n’est pas parce qu’un bateau dominera en sortie de Manche qu’il glissera bien dans les Alizés, ou dans un contournement d’anticyclone.

En dehors de l’aspect bateau il y a aussi le skipper qui le fait marcher. Ceux qui sont le plus expérimentés sur leurs bateaux, Thomas (Coville sur Sodeb’O) et Francis (Joyon sur Idec) ont une carte à jouer. Pour Franck sur Groupama 3, le bateau est absolument génial et désormais adapté au solo. Avec une grosse perte de poids, et son petit mât il est encore plus rapide qu’il ne l’était dans la brise, il y a moins de trainée. Si les séquences sont assez longues et ne demandent pas trop de manœuvres, je pense que Franck ira très vite en vitesse pure.

Pour Gitana 11, c’est un bon canot mais qui reste très étroit, qui monte vite sur une patte, il faudra donc gérer le latéral. Il faudra pouvoir barrer longtemps pour le maitriser, ce qui impliquera de l’épuisement. Le bateau me paraît très rapide dans certaines conditions, mais ce ne sont pas les conditions classiques d’une Route du Rhum, ce seront plutôt les conditions légères qui lui seront favorables.

Foncia remporte la Realstone Cup

La seconde étape du Challenge Julius Baer se disputait ce week end au large du Domaine Impérial de Gland, sur les bords du Léman.

Trois équipes ont occupés le haut du classement lors des 6 manches courues (4 samedi 2 dimanche) : Banque Populaire, Foncia et Alinghi.

Samedi Pascal Bidégorry, le skipper du D35 Banque Populaire raflait 3 des 4 manches, et prenait une 7ème sur la dernière manche. Dimanche c’est Alain Gautier sur Foncia qui s’est montré le meilleur avec une victoire de manche et une 2nde place, les trois places sur le podium lors des régates de samedi (3-2-1) permettent à l’équipage de Foncia de remporter cette Realstone Cup.

Alinghi d’Ernesto Bertarelli qui prend la deuxième position. Ils remportent la dernière manche d’aujourd’hui et enchaine les bonnes places (2-2-3-6-4-1).Pour Ernesto Bertarelli la régularité a payé: «  On comptant toutes les manches sans enlever une, je pense que nous sommes devant. Nous recherchons la régularité. Car dans des classes comme celle-là qui commence à se resserrer, il faut éviter les extrêmes au maximum. Pour nous, c’est la stratégie de la régularité qu’il faut suivre. »

Pascal Bidégorry sur Banque Populaire monte sur la trosième marche du podium, après une première saison en demi teinte, le skipper des trimarans Banque Populaire montre qu’il sera l’un des outsiders de la série Décision 35 cette année :  » Nous avons fait une bonne journée. Nous essayons d’être constructif sur le réglages des voiles. J’ai de la chance de naviguer avec un équipage très talentueux qui s’adapte rapidement. Je pense que l’on a beaucoup de chose à apprendre, mais pour l’instant on essaie d’être les plus rapides. »

Alain Gautier :  » Ce week-end c’était un peu un duel franco-français puisque nous gagnons deux manches et Pascal Bidégorry en gagne 3, mais il ne faut pas oublier Alinghi qui fait de très bonnes régates comme à son habitude. Nous sommes dans le match ce début de saison. Mais nous savons que les autres vont progresser, que le niveau de la flotte s’élève et que ce sera dur pour la suite de la saison. »


Zen Too  qui prend la quatrième position de cette étape, Franck Cammas, le barreur habituel avait cédé sa place à Fred Le Peutrec (membre du team Groupama, et barreur du D35 SmartHome la saison dernière), à la cinquième place, il y a Ylliam.

Okalys-Corum barré par Nicolas Grange, en l’absence de Loick Peyron termine septième. Ils devancent Julius Baer de Philippe Cardis et Zoulou d’Erik Maris et Nickel.

Stève Ravussin sur Veltigroup prend la onzième position devant tLadycat et Zebra 7

Prochaine manche du Challenge Julius Baer à l’Open de Versoix le 4 et 6 juin, ainsi que le 5 juin pour la Genève-Rolle-Genève.

A découvrir

A lire :

  • Interview Fred Le Peutrec par Olivier Clerc de  Ouest France, le récent détenteur du Trophée jules Verne avec l’équipage de Groupama 3 revient sur le tour du monde, l’ORMA, le MOD 70, l’America’s Cup, les circuits D35, Extreme 40, les G Class…. au cours de cet entretien très complet.
  • Des résumés de la conférence l’Avenir du  multicoque qui s’est tenue à Lorient il y a une semaine, sur le blog de Sensation Sailing Team qui  et sur MonsieurJojo.net

A voir :

  • Résumé du Trophée Jules Verne victorieux de l’équipage de Groupama 3 en 13 minutes sur Sailing News
  • Au salon du multicoque de Lorient, VoilesetVoiliers.com dévoile le 60′ ORMA de croisière : Pardaoxe 60, construit dans les moules de Fujifilm par le chantier Marsaudon (en fin de vidéo, à 5:03)

La saison de D35 à 1 mois de la 1ère régate

Le très influent Ernesto Bertarelli avait lancé l’idée de régates en Méditerranée à la fin de la saison 2009 (voir ici), cette proposition n’a semble-t-il pas séduit les propriétaires de D35, qui régateront de nouveau exclusivement sur le Léman en 2010.

Peu de changement au programme donc, hormis des changements de dates des différents grands prix, qui auront lieu du 8 mai au 19 septembre :

8 et 9 mai Grand Prix Beau-Rivage Palace
21 au 23 mai Realstone Cup
4 et 6 juin Open de Versoix
5 juin Genève-Rolle-Genève
12 juin Bol d’Or Mirabaud
21 et 22 août Open de Crans
4 et 5 septembre Sogeti Cup La Réserve
17 au 19 septembre Grand Prix Corum

Côté concurrence, Smarthome a stoppé son sponsoring. Fred le Peutrec qui barrait le catamaran ne devrait donc pas prendre part aux régates de la saison 2010 ; le catamaran a été vendu à Erik Maris, qui change donc de support après une saison sur l’iShares Cup (Extreme 40), son équipage sera composé de Thierry Tiggeler, Bruno Jeanjean, et Thierry Fouchier.

Alinghi, qui engageait 2 bateaux en 2009, se sépare de l’un d’eux(SUI-6) qui sera désormais baptisé Ylliam et sera barré par Aranud Psarofaghis.

En toute logique, Alinghi, Foncia, Okalys feront figure de favoris pour la course à la victoire, Zen Too et Julius Baer pourraient jouer les troubles fêtes, tout comme Veltigroup (barré par Steve Ravussin) et Banque Populaire (barré par Pascal Bidégorry) qui entameront leur seconde saison sur D35.

Le Trophée Jules Verne pour l’équipage de Groupama 3 !

Après deux tentatives avortées sur casse (en 2008 et 2009), Franck Cammas et ses hommes : Fred Le Peutrec, Stève Ravussin, Lionel Lemonchois, Thomas Coville,  Loïc Le Mignon, Ronan Le Goff, Bruno Jeanjean, Jacques Caraës et Stan Honey ont décroché le Trophée Jules Verne hier à 22h40 en franchissant la ligne d’arrivée de leur tour du monde.

L’équipage de Groupama 3 a effectué le tour du monde à la voile en  48 jours 07 heures 44 minutes, améliorant l’ancien record d’Orange II de 2 jours, 8 heures 35 minutes.

Cette tentative n’aura pas été de tout repos  pour ces 10 hommes, puisqu’ils ont rencontré à plusieurs reprises des conditions météo difficiles notamment entre le Cap Horn et l’Equateur avec un gros retard à combler, l’expérience de cet équipage, la fiabilité et les capacités du bateau ont permis aux 10 marins de décrocher le record le plus prestigieux et le plus difficile : 22 tentatives en 17 ans et seulement 7 succès.

Groupama 3 a donc parcouru les 21760 mn (route orthodromique soit la distance « officielle »)  à la vitesse moyenne de 18.76 noeuds. Sur le fond, Groupama 3 a parcouru 26830 milles nautiques à la moyenne de 23.13 noeuds.

© Yvan Zedda / Marine Nationale

Les réactions d’anciens détenteurs du Trophée Jules Verne :

Olivier de Kesauson :
« Bravo pour cette performance extraordinaire… Bravo pour n’avoir jamais baissé les bras ! Bravo pour avoir construit à leur tour, dans l’esprit de la plus belle et de la plus audacieuse des épreuves au Monde, une histoire magnifique. Bienvenue à Franck Cammas et à son exceptionnel équipage dans le Club des détenteurs du Trophée Jules Verne. »

Message de Bruno Peyron :
« Bravo à toute l’équipe de Groupama pour ce parcours exemplaire autour du monde. Je sais la somme de compétences, d’efforts et d’engagement nécessaire à un tel résultat : le design team, l’équipe technique, l’équipe météo, l’équipage et aussi le sponsor dont il faut saluer la détermination et qui a su faire confiance à son équipe y compris dans les moments difficiles. Tous méritent ce succès construit avec méthode. Ils écrivent ainsi, ensemble, une nouvelle belle page de l’histoire du « Trophée Jules Verne ».
Je suis fier d’avoir été battu par la meilleure équipe de multicoque océanique actuelle et j’ai hâte de relancer notre équipe pour la « reconquête ».
Je leur souhaite de devenir la meilleure équipe en monocoque dans la VOR et j’espère qu’ils viendront nous rejoindre sur la ligne de départ de The Race II. En tout cas c’est un défi que je leur lance, non plus par chronomètre interposé mais … bord a bord ! »

© Yvan Zedda

Et celles de l’équipage du trimaran Groupama 3 :

Franck Cammas :
«Une joie immense ! Je crois qu’avoir mis tant d’énergie et de temps sur ce projet et arriver au bout, c’est super. C’est le travail acharné d’une équipe et de notre partenaire Groupama qui n’a jamais lâché le morceau. C’est super que ça se termine de cette façon. La clé, c’est que quand il y a des échecs, il faut les utiliser, car c’est l’expérience, la connaissance et la fiabilisation du bateau. C’est ce qu’on a prouvé aujourd’hui. C’était beaucoup plus intense que je l’imaginais, mais on aime ça et évidemment c’était 50 jours d’émotions extrêmement fortes. On avait confiance dans notre bateau et dans le concept de trimaran. C’était une « dream team » et c’est une somme d’expériences et de talents. Parfois il fallait que je tranche avec mon feeling parmi les idées de tout le monde. J’ai appris énormément : c’était super. L’image qui restera, c’est le passage du cap Horn. On était comme des gamins…»


© Yvan Zedda

Fred Le Peutrec :
« Ce Trophée, c’est un mélange de choses, une sorte de fondu enchaîné entre ce que j’ai eu envie de vivre quand j’étais gamin et la réalité ! J’ai toujours l’impression que ce sont d’autres qui l’ont fait, d’être désincarné, que ce n’est pas moi qui y était… Une émotion débordante, un moment hors du temps. Je l’ai rêvé en voyant les autres équipages partir et revenir. C’est concret et en même temps fuyant. Le parcours de Groupama 3 depuis trois ans a tout de même été semé d’embûches : décrocher le Trophée de cette manière, sur le fil du rasoir, dans les derniers jours de mer, alors que nous avions failli ne pas partir, c’est magique ! »

Lionel Lemonchois :
« Arriver à Brest, c’est toujours génial ! On a fait du mieux qu’on a pu et c’est passé sur la fin. Super ! On a eu des conditions très variées et pas toujours favorables, et celui qui arrivera à enchaîner les bons systèmes météo d’un bout à l’autre, fera un carton… Mais je ne sais pas si cela est possible. Ce qu’il faut, c’est être constant, naviguer bien en permanence, et avoir un bon bateau : c’était vraiment le cas avec Groupama 3. L’équipage était super et cela rend les choses faciles : chacun était à sa place comme ce fut le cas avec Bruno Peyron. Ce qui est essentiel et motivant, c’est de monter une belle équipe et Franck Cammas a parfaitement réussi son casting ! 48 jours de mer, à dix enfermés dans un huis clos, ce n’est pas anodin : ce n’est pas que de la technologie, c’est d’abord du rapport humain. Le bateau était vraiment facile : c’est un petit voilier de 32 mètres ! À trois sur le pont, on pouvait presque tout faire. Avec des moments inoubliables comme lorsque nous avons piqué sur le cap Horn à plus de 40 noeuds, sous un ciel de traîne et huit mètres de creux… 48h extraordinaires. »

Thomas Coville :
« On avait fait une première tentative, on avait cassé, on s’était arrêté à Cape Town. On sentait qu’on avait un groupe très fort, capable de se remettre en place dans des conditions pas forcément évidentes et faciles. Il y avait une véritable audace et une vraie envie d’en découdre. Un tour du monde, c’est quelque chose de global, c’est un raisonnement de terrien de vouloir le découper en morceaux ! On s’est fait un reaching vraiment poussé avec Stève Ravussin. On était rentrés dans l’euphorie… Le bateau volait littéralement et les gars sont sortis sur le pont pour nous demander si on n’était pas sur une autre planète ! Il avait la banane… Moi j’étais ailleurs… C’était fabuleux ! »

Loïc Le Mignon :
« Sur la fin, c’était assez long car on n’a pas eu des conditions faciles depuis les Açores. On a eu des coups de mou, mais on avait un bateau polyvalent et formidable, en gagnant du terrain, on repartait de l’avant et le moral avec ! On n’a pas eu peur jusqu’au bout, mais ce n’était pas acquis ! Ce n’était pas facile, mais on a grappillé du temps sur la remontée. On a eu pas mal de plaisir ! »

Bruno Jeanjean :
«La plus belle image, c’est celle de l’arrivée, avec le record à la clé, le public brestois et le beau temps de Bretagne. Surtout que moi, c’est mon premier tour du monde, je n’ai pas l’habitude d’avoir tout ça autour, c’est très agréable ! »

Steve Ravussin :
«Cela fait toujours plaisir d’arriver, d’autant plus au bout de 50 jours. On est content, avec un public et un beau temps, c’est vraiment super sympa. On était une super équipe, soudée, on est content d’être sur ce bateau qui va toujours très, très vite. »


Groupama 3 à pleine vitesse

Groupama 3 retrouve de la vitesse, après quelques jours difficiles à la poursuite d’un front de dépression. L’équipage aligne désormais les milles avec une belle moyenne de 31,8 noeuds hier.

L’optimisme est donc de retour, les 450 milles de retard sont oubliés, les hommes de Franck Cammas l’ayant déjà réduit de moitié. Celui-ci devrait être comblé à la fin du week end, ce qui devrait aussi correspondre au passage dans l’Océan Pacifique, avec très probablement le meilleur temps intermédiaire entre le Cap des Aiguilles (Afrique du Sud) et le cap Leeuwin (Australie).

© Team Groupama

Fred le Peutrec à la vacation d’hier :

« Nous sommes partis à ce rythme jusqu’à la Tasmanie, voir même jusqu’à la Nouvelle-Zélande. Nous aurons peut-être quelques empannages à faire pour se recaler, mais la trajectoire va rester très rectiligne, a contrario d’Orange 2 en 2005… Pendant 48 heures, nous allons toujours être poussés par ce vent de trente noeuds, puis cela va mollir un peu mais le flux de secteur Ouest nous accompagne jusqu’au Pacifique. Et si la dépression qui stagne sur l’île Auckland s’évacue, nous n’aurons pas de réelle transition à ce niveau-là : ça serait pas mal ! »

A suivre également sur le blog de Thomas Coville, barreur sur Groupama 3.

Duel sur le Trophée Jules Verne ?

Pascal Bidégorry, le skipper du maxi trimaran Banque Populaire V a annoncé le passage en code orange de son équipage (à savoir un départ possible dans les 48à 72 heures) hier. Une fenêtre météo se profile vendredi, les explications de Marcel Van Triest, navigateur et météorologiste à bord du maxi multicoque de Pascal Bidégorry :  » Aujourd’hui nous avons décidé de passer en code orange car il y a certes une fenêtre météo, mais que nous ne sommes pas sûrs de saisir tant elle est incertaine. Si elle évolue, elle peut être une bonne opportunité pour tenter ce record du Trophée Jules Verne. Ce qui peut être compliqué avec l’analyse météo, c’est que ce n’est qu’une question de probabilité et que les visibilités sont parfois très limitées. Aujourd’hui, j’ai plus de visibilité sur l’Atlantique Sud dans une semaine que sur Brest ce vendredi. Donc nous attendons pour voir si cela se précise. Nous aurons, je l’espère une meilleure idée d’ici ce soir ou demain. »


Franck Cammas, le skipper de Groupama 3,seul concurrent en activité de Banque Populaire V dans la classe des maxis multicoques menés par un équipage a aussi annoncé un départ possible ce week end, mais sans passage par le code orange, qui a été abandonne par l’équipage,qui passera directement en code vert (départ dans les 24 heures), si la fenêtre se confirme.Le trimaran quittera Lorient demain pour rejoindre Brest afin de se rapprocher de la ligne de départ du Trophée Jules Verne (entre Ouessant et le CapLizard).

La réaction de Fred Le Peutrec,chef de quart sur Grouapama 3 : « Nous avons hâte de prendre la mer, de nous retrouver tous ensemble, de vivre la même passion de la mer et de la vitesse. On a parfois tendance à l’oublier, mais les expériences passées nous ont rendu plus fort. Nous-nous connaissons bien et nous aimons naviguer sur Groupama 3. C’est un très bon bateau. A nous de le préserver pour qu’ils nous fasse faire le tour complet, sans problèmes majeurs »

© Guilain GRENIER / Sea & Co

Tout porte donc à croire à un départ groupé des deux trimarans qui arrivent en fin de stand by, en effet Banque Populaire V patiente depuis 2 mois à Brest, alors que l’équipage de Groupama a été contraint à un retour en France après une tentative avortée au large de l’Afrique du Sud sur avarie, qui plus est Groupama devra rentrer en chantier afin d’optimiser la plateforme pour le solitaire en vue de la Route du Rhum2010, comme l’explique Franck Cammas, qui confirme aussi les dangers d’un départ tardif : « Nous-nous donnons jusqu’au 5 février pour partir. Au delà de cette date, nous devrons renoncer pour deux raisons : la première c’est qu’il deviendra très aléatoire de naviguer dans les mers du Sud alors que l’été austral sera passé avec pour conséquences des vents violents, des nuits plus longues et des icebergs nombreux. La seconde raison tient au fait que nous devons équiper Groupama 3 en mode « Solo » en vue de la Route du Rhum. Il devra être prêt dès le mois de juin afin que je puisse m’entraîner dans de bonnes conditions »

Groupama 3 sur le retour

Le maxi trimaran Groupama 3 a finalement quitté Cape Town le 12 décembre, soit une semaine après la date prévue.

L’équipage de dix marins, mené par Fred Le Peutrec a bouclé la moitié de la remontée de l’Atlantique en franchissant l’équateur aujourd’hui. Une fois en Bretagne, l’équipage devrait à nouveau se mettre en stand by pour une nouvelle tentative, avec un affrontement possible avec Banque Populaire V qui patiente toujours à Brest en attente d’une fenêtre météo favorable.