Groupama 3 en route vers le record

Groupama 3 s’est élancé comme prévu ce matin à l’assault du record de la Méditerranée, à 9h19 précisément.

Une fois la ligne franchie, dans des conditions déjà musclées, Franck Cammas et son équipage de choc se sont dirigés vers le nord de l’archipel des Baléares où ils ont empanné, ils ont ensuite pris une route sud est vers la Sardaigne dans des vents toujours soutenus (30 à 35 noeuds).

© Guilain GRENIER / Sea & Co

Actuellement Groupama 3 se trouve à 90 milles du but dans des vents faiblissants d’une vingtaine de noeuds, cependant les prévisions prévoient un renforcement à l’approche des côtes tunisiennes.

En toute logique, le trimaran devrait conserver une moyenne supérieure à 20 noeuds sur ces dernières dizaines de milles et l’équipage de Groupama 3 devrait s’emparer du record dans quatre à cinq heures.

© Guilain GRENIER / Sea & Co

Groupama 3 à Istambul

Franck Cammas et son équipage ont bouclé leur convoyage de Lorient à Istambul mercredi, le skipper est satisfait du bateau et de l’équipage :

« Nous avons longé les côtes une majorité du parcours, celles du Portugal, de l’Espagne, de l’Afrique nord, de l’Italie, de la Grèce et enfin de la Turquie. Ce parcours était très intéressant. C’était long comme une transat mais beaucoup plus technique. Il y a eu pas mal de changements de cap, de conditions de vents et de mer. Il a fallu manoeuvrer beaucoup. C’est très bien de commencer par une navigation comme celle ci pour se remettre en tête tout le bateau, les différentes manoeuvres. On n’a pas arrêté de régler le bateau, d’utiliser toutes les voiles. C’était très instructif. Ça c’est bien passé car on arrive vite et en forme !

Tout le monde était très heureux d’être sur le Groupama 3. Tout le monde a apprécié le comportement du bateau dans toutes ces conditions. Les nouveaux que l’on avait mélangés aux anciens dans les quarts, ont très vite appris. Ce sont des gens d’expériences et de talents qui se sont vites adaptés. Ils ont été ravis de Groupama 3 qui a démontré ses qualités.

Stan Honey est très professionnel. C’est un anglo-saxon qui a l’habitude de travailler tant sur la Coupe que sur la Volvo. Il connaît très bien son métier. Il l’exerce avec beaucoup de rigueur. Stan est en permanence en train de travailler le sujet, la météo, communiquer avec l’équipage, de faire marcher le bateau et de découvrir ainsi les instruments à bord, ce qui était un objectif de la navigation. Il a été très convaincu par le potentiel du bateau dès les 1er milles du Golfe de Gascogne. Il n’avait jamais vu un bateau comme celui ci avant, même s’il avait déjà navigué sur Playstation. Il a trouvé Groupama 3 d’une autre dimension en terme de performances. La communication entre nous n’est pas évidente quand il faut communiquer de loin entre son accent anglais et mon mauvais anglais ! Mais on a su trouver les bons mots pour se parler efficacement. C’est quelqu’un d’ouvert, jovial et enthousiaste. Ça fait plaisir d’avoir une personne comme ça à mes côtés !

On a commencé à faire des mesures avec tous nos nouveaux logiciels, tous ces nouveaux instruments. On a fait pas mal de mesures. Ces outils nous permettent d’analyser plus finement les performances du bateau dans toutes ses configurations. Ça nous permettra d’avoir une fiche d’utilisation du bateau plus précise et pouvoir toujours être dans la meilleure configuration possible. On a fait des mesures systématiques quand on changeait les réglages du bateau.
Yann Riou a été un appui important pour Stan Honey dans l’utilisation de tous les instruments à bord, dans l’électrique comme l’informatique. Son rôle va être d’analyser ces 8 jours de navigation intense avec des changements météos fréquents.

Tant que ça ne casse pas on est satisfait au niveau structure et fiabilité. Là, on n’a pas eu de souci structurel sur le bateau même s’il faut que l’on vérifie. On a tiré dessus tout le temps sans avoir de doutes. Avec Groupama 3 on a rencontré beaucoup de conditions difficiles. En Méd, ce n’est jamais évident dès que le vent se lève, la mer est courte. Ça tape beaucoup. Le flotteur s’engage facilement. La structure renforcée l’hiver dernier a été très sollicitée. Il va falloir aller voir dans les détails si quelque chose a bougé. Mais pour l’instant, tout va bien. C’était un super test pour la structure de Groupama 3 ces 8 jours de navigation.

Le mode course était la règle donnée au départ. Il fallait pousser, tester le bateau, la structure, les mesures de performances. Il fallait pousser sur Groupama 3. Mais ça ne nous a pas empêché de regarder le paysage autour ! Là, on a été copieusement servi avec des paysages grandioses, notamment à l’approche de la Grèce, avec un super lever de soleil sur les îles ; c’était fabuleux. Pas grand monde à bord ne connaissait cette région. On a fait une navigation hier avant de rentrer dans les Dardanelles, qui était sympa : en Mer Egée, on empannait à 30 noeuds autours des îles. Impossible de fermer les yeux sur ce paysage. La Méditerranée offre beaucoup de beaux paysages à découvrir.

On a souvent approché les 40 noeuds mais on n’y est pas allé car on calmait le jeu. On a retrouvé les performances de Groupama 3 au portant. Au près, on a gagné quelques noeuds avec les petites évolutions apportées. On n’était pas en configuration course car très chargé en gasoil pour pouvoir faire fonctionner le moteur si besoin. Le bateau était très lourd au départ par rapport à une configuration de course. Malgré cela, le bateau a très bien fonctionné car nos moyennes ont souvent été supérieures à nos polaires d’il y a deux ans. On est plutôt très heureux de cette réussite.

On a eu un rythme de quart comme en régate. On arrive comme sur une semaine de record pratiquement. Nous allons apprécier notre journée de repos avant d’attaquer dès demain. »

Groupama 3 en route pour la Méditerranée

Groupama 3 a quitté sa base de Lorient hier matin pour prendre la direction de la Méditerranée pour une tournée de relations publiques dans les différentes filiales de l’assureur français. La 1ère étape sera Istambul.

Franck Cammas, le skipper du maxi trimaran ne s’attend cependant pas à des convoyages faciles, et espère bien mettre à profit ces navigations pour valider les hommes et le matériel : « Nous allons découvrir de nouvelles zones de navigation, notamment dans l’Est de la Méditerranée avec la mer Egée, les îles Ioniennes, le détroit des Dardanelles et enfin Istanbul. Cela va être un excellent entraînement pour l’équipage et un bon test pour Groupama 3 nouvelle version car l’image d’une mer Méditerranéenne calme est souvent trompeuse. La mer peut y être courte et méchante »

La base de l’équipage reste la même que pour les différents records, on retrouve néanmoins quelques nouveaux venus comme l’américain Stan Honey qui officiera à la navigation, Pierre Pennec au poste de barreur mais aussi Thomas Coville, ex adversaire de Franck Cammas dans la classe ORMA et désormais skipper de Sodeb’O qui rejoint l’équipage en tant que second barreur.

La liste d’équipage au complet :

• Franck Cammas Skipper / Chef de quart / Barreur
• Stève Ravussin Chef de quart / Barreur / Responsable vidéo, photo
• Frédéric Le Peutrec Chef de quart / Barreur / Boat manager
• Stan Honey Navigateur
• Loic Le Mignon Barreur / Responsable accastillage
• Ronan Le Goff N° 1 / Gréement et accastillage
• Jacques Caraës N° 1 / Responsable vidéo – photo
• Pierre Pennec Barreur
• Yann Riou Electronique et informatique
• Bruno Jeanjean N° 1
• Thomas Coville Barreur

© Yvan Zedda

Fred Le Peutrec : « il faut attendre, garder le coup de patte à la barre sur des projets de régates, continuer à travailler tous les facteurs de la discipline en attendant que quelque chose renaisse »

Voile-Multicoques vous propose, en association avec VoileSportive, une interview de Fred Le Peutrec, ancien tacticien et barreur de 60′ ORMA, vainqueur de The Race sur Club Med, barreur du maxi trimaran Groupama 3 lors de la tentative de Trophée Jules Verne l’hiver dernier et désormais boat manager du bateau.

L’occasion de faire un point sur la planète multicoque et sur le chantier de Groupama 3 à deux mois de sa remise à l’eau (interview réalisée le 19/12/2008).

© Yvan Zedda


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