Record de la Méditerranée ou iShares Cup pour Franck Cammas?

Code vert pour Groupama 3, le départ aura lieu demain dans la matinée, or demain commencent les premières régates de l’iShares Cup sur laquelle Franck Cammas est engagé.

© Yvan Zedda

Franck Cammas et l’équipage de Groupama 3 ne pouvant laisser passer une fenêtre météo favorable pour le record de la Méditerranée, le skipper de Groupama 3 et de Groupama 40 devra logiquement sacrifier la première journée de régates de l’iShares Cup pour tenter ce record. Le temps à battre est  de 17 heures 56 minutes 33 secondes (à la moyenne de 25,53 noeuds).

La fenêtre semble assez favorable, comme l’explique le météorologue Sylvain Mondon : « Pour vendredi, on note un changement de flux avec de la tramontane qui s’établit. Groupama 3 partira au tout début de ce nord-ouest afin de bénéficier du vent portant et d’une mer encore calme. Ce flux doit tenir jusqu’en Tunisie. Le créneau est court mais suffisant. L’angle du vent n’est pas optimal ; ce qui signifie qu’il y aura beaucoup de manoeuvres. Groupama 3 devra tirer des bords. Mais la force du vent devrait être suffisante pour battre le record. Les routages actuels donnent un temps autour de 16h00. »

L’équipage a été réduit à 7 contre 10 sur les records plus longs, dont cinq barreurs de talent : Franck Cammas, Fred Le Peutrec, Steve Ravussin, Lionel Lemonchois et Thomas Coville !

Un choix qu’explique le skipper Franck Cammas : « Pour avoir une chance de traverser plus vite que Bruno Peyron et son équipage (25,53 noeuds de moyenne), il faut que les conditions météo soient favorables tout au long du parcours, ce qui semble bien être le cas même si nous devrons tirer des bords sous genaker et donc nous rallonger la route. Nous avons optimisé Groupama 3 en ne gardant que le matériel indispensable et en naviguant à sept équipiers au lieu des dix habituels. La durée du record (17h56) nous permet en effet de tout faire d’une traite, sans avoir besoin de dormir. Notre équipage est excellent avec, notamment, l’arrivée de Lionel Lemonchois et celle de Thomas Coville. »



© Yvan Zedda

C’est donc Gildas Philippe, qui officiait en tant que tacticien sur le 60′ ORMA Groupama 2, qui prendra la barre de l’Extreme 40 aux couleurs de Groupama pour les premières régates de l’iShares Cup à Venise.

Cette éventualité avait été prévue de longue date et Gildas Philippe s’est entrainé avec le reste de naviguants de Groupama 40 à Valence en avril.

Gildas Philippe : « Ce remplacement ne se fait pas au pied levé. J’ai accepté de remplacer Franck dès l’hiver dernier et me suis organisé de manière à être présent en cas de besoin. Au niveau de l’équipe, nous nous connaissons tous et avons pas mal navigué ensemble déjà. En ce qui concerne l’Extrem 40 Groupama, c’est un bateau sportif que je découvre. Néanmoins, j’ai fait pas mal de Tornado, dont il est proche, et du multicoque 60 pieds. Ca devrait donc aller ! »

Les objectifs de Bruno Peyron : relancer Orange II et The Race

Bruno Peyron est toujours à la recherche d’un sponsor pour relancer son maxi catamaran : Team Explorer (ex Orange II), détenteur du Trophée Jules Verne depuis 2005. L’ainé des Peyron estime que le potentiel du bateau peut être amélioré de 10% et ce en quatre mois seulement en l’allégeant. Le bateau pourrait être utilisé pour un projet en équipage ou en solitaire, il dévoile d’ailleurs que la génération des catamarans de The Race (Club Med, Team Adventure, Innovation Explorer) avaient été conçus avec une possibilité de transformation pour un solitaire.

Il ne semble pas effrayé par la concurrence des maxis trimarans de Franck Cammas (Groupama 3) et de Pascal Bidégorry (Banque Populaire V), il estime que les trimarans seront plus rapides dans les vents faibles à médiums mais que le catamaran a un avantage à partir de 25 noeuds de vent.

Autre projet de Bruno Peyron : relancer la course qu’il avait créer en 2000, The Race, il semblerait que la course puisse être céder à un groupe de marketing international qui organiserait la prochaine édition, Bruno Peyron souhaitant se consacrer à la navigation.

A lire sur le Telegramme.com.

Début de stand by pour Groupama 3

Le stand by pour le record de la Méditerranée (Marseille-Carthage) a débuté aujourd’hui pour l’équipage de Groupama 3. Le temps à battre est la propriété de l’équipage de Bruno Peyron sur Orange II qui avait parcouru les 458 milles en 17 heures et 56 minutes.

Reste à attendre une fénêtre météo favorable à savoir un mistral bien établi qui se prolonge au delà de la Sardaigne. L’équipage sera réduit pour ce run à 7 hommes d’équipage sans quart comme l’explique le skipper Franck Cammas :« Depuis notre départ de Lorient, le 17 mars dernier, nous avons parcouru près de 8.000 milles à bord de Groupama 3. L’équipage le connaît bien et nous sommes parés à largueur les amarres. Afin d’être le plus rapide possible, nous ne serons que sept à bord au lieu des dix habituels. La durée du record (17 heures) nous le permet car nous n’aurons pas de quarts à faire pour nous reposer. Il ne nous reste plus qu’à attendre un bon Mistral. C’est un record vraiment sympa qui part de là où j’ai commencé la voile il y a plus de vingt ans ».

A voir : les photos de Juan Pablo Cadario lors du passage de Groupama 3 à Venise détaillant les procédures de virement de bord, les différentes configurations de voile et l’aménagement intérieur du trimaran sur le blog Juanpa Cadario.

Groupama 3 à Marseille, chantier pour Banque Populaire V

  • Groupama 3 de retour en France, après dles étapes à Istambul, Athènes, Venise et Gênes,  le maxi trimaran skippé par Franck Cammas a fait son entrée dans le vieux port de Marseille avant hier. Le skipper et son équipage espèrent pouvoir profiter de cette escale pour tenter de battre le record de la Méditerranée en Marseille et Carthage, si le mistral le permet…

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  • Banque Populaire V est entré en chantier comme prévu, suite à l’avarie de flotteur tribord consécutive au heurt d’un OFNI, l’équipe a décidé de renforcer aussi  le flotteur babord au même endroit, pour éviter une nouvelle avarie de ce type. Le maxi trimaran de Pascal Bidégorry devrait retrouver l’eau fin mai avant de partir vers New York afin de se mettre en stand-by pour le record de l’Atlantique Nord.

Retour à la base pour Banque Populaire V et porsuite de la tournée méditerranéenne pour Groupama 3

  • Alors que la tempête médiathique concernant les banques et le nomination de François Pérol à la tête du groupe Banque Populaire/Caisse d’Epargne s’estompe, le team Banque Populaire a choisi de reconvoyer le maxi trimaran à Lorient, pour poursuivre sa préparation et le stand by pour la Route de la Découverte…
  • Du côté du concurrent, la tournée de relations publiques se déroule sans problème, après des navigations dans le Bosphore pour la filiale turque de Groupama, Franck Cammas et son équipage ont largué les amarres le 30 mars pour rejoindre Athènes où les opérations de Rp devaient commencer aujourd’hui.

© Yvan Zedda

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Groupama 3 à Istambul

Franck Cammas et son équipage ont bouclé leur convoyage de Lorient à Istambul mercredi, le skipper est satisfait du bateau et de l’équipage :

« Nous avons longé les côtes une majorité du parcours, celles du Portugal, de l’Espagne, de l’Afrique nord, de l’Italie, de la Grèce et enfin de la Turquie. Ce parcours était très intéressant. C’était long comme une transat mais beaucoup plus technique. Il y a eu pas mal de changements de cap, de conditions de vents et de mer. Il a fallu manoeuvrer beaucoup. C’est très bien de commencer par une navigation comme celle ci pour se remettre en tête tout le bateau, les différentes manoeuvres. On n’a pas arrêté de régler le bateau, d’utiliser toutes les voiles. C’était très instructif. Ça c’est bien passé car on arrive vite et en forme !

Tout le monde était très heureux d’être sur le Groupama 3. Tout le monde a apprécié le comportement du bateau dans toutes ces conditions. Les nouveaux que l’on avait mélangés aux anciens dans les quarts, ont très vite appris. Ce sont des gens d’expériences et de talents qui se sont vites adaptés. Ils ont été ravis de Groupama 3 qui a démontré ses qualités.

Stan Honey est très professionnel. C’est un anglo-saxon qui a l’habitude de travailler tant sur la Coupe que sur la Volvo. Il connaît très bien son métier. Il l’exerce avec beaucoup de rigueur. Stan est en permanence en train de travailler le sujet, la météo, communiquer avec l’équipage, de faire marcher le bateau et de découvrir ainsi les instruments à bord, ce qui était un objectif de la navigation. Il a été très convaincu par le potentiel du bateau dès les 1er milles du Golfe de Gascogne. Il n’avait jamais vu un bateau comme celui ci avant, même s’il avait déjà navigué sur Playstation. Il a trouvé Groupama 3 d’une autre dimension en terme de performances. La communication entre nous n’est pas évidente quand il faut communiquer de loin entre son accent anglais et mon mauvais anglais ! Mais on a su trouver les bons mots pour se parler efficacement. C’est quelqu’un d’ouvert, jovial et enthousiaste. Ça fait plaisir d’avoir une personne comme ça à mes côtés !

On a commencé à faire des mesures avec tous nos nouveaux logiciels, tous ces nouveaux instruments. On a fait pas mal de mesures. Ces outils nous permettent d’analyser plus finement les performances du bateau dans toutes ses configurations. Ça nous permettra d’avoir une fiche d’utilisation du bateau plus précise et pouvoir toujours être dans la meilleure configuration possible. On a fait des mesures systématiques quand on changeait les réglages du bateau.
Yann Riou a été un appui important pour Stan Honey dans l’utilisation de tous les instruments à bord, dans l’électrique comme l’informatique. Son rôle va être d’analyser ces 8 jours de navigation intense avec des changements météos fréquents.

Tant que ça ne casse pas on est satisfait au niveau structure et fiabilité. Là, on n’a pas eu de souci structurel sur le bateau même s’il faut que l’on vérifie. On a tiré dessus tout le temps sans avoir de doutes. Avec Groupama 3 on a rencontré beaucoup de conditions difficiles. En Méd, ce n’est jamais évident dès que le vent se lève, la mer est courte. Ça tape beaucoup. Le flotteur s’engage facilement. La structure renforcée l’hiver dernier a été très sollicitée. Il va falloir aller voir dans les détails si quelque chose a bougé. Mais pour l’instant, tout va bien. C’était un super test pour la structure de Groupama 3 ces 8 jours de navigation.

Le mode course était la règle donnée au départ. Il fallait pousser, tester le bateau, la structure, les mesures de performances. Il fallait pousser sur Groupama 3. Mais ça ne nous a pas empêché de regarder le paysage autour ! Là, on a été copieusement servi avec des paysages grandioses, notamment à l’approche de la Grèce, avec un super lever de soleil sur les îles ; c’était fabuleux. Pas grand monde à bord ne connaissait cette région. On a fait une navigation hier avant de rentrer dans les Dardanelles, qui était sympa : en Mer Egée, on empannait à 30 noeuds autours des îles. Impossible de fermer les yeux sur ce paysage. La Méditerranée offre beaucoup de beaux paysages à découvrir.

On a souvent approché les 40 noeuds mais on n’y est pas allé car on calmait le jeu. On a retrouvé les performances de Groupama 3 au portant. Au près, on a gagné quelques noeuds avec les petites évolutions apportées. On n’était pas en configuration course car très chargé en gasoil pour pouvoir faire fonctionner le moteur si besoin. Le bateau était très lourd au départ par rapport à une configuration de course. Malgré cela, le bateau a très bien fonctionné car nos moyennes ont souvent été supérieures à nos polaires d’il y a deux ans. On est plutôt très heureux de cette réussite.

On a eu un rythme de quart comme en régate. On arrive comme sur une semaine de record pratiquement. Nous allons apprécier notre journée de repos avant d’attaquer dès demain. »

Groupama 3 en route pour la Méditerranée

Groupama 3 a quitté sa base de Lorient hier matin pour prendre la direction de la Méditerranée pour une tournée de relations publiques dans les différentes filiales de l’assureur français. La 1ère étape sera Istambul.

Franck Cammas, le skipper du maxi trimaran ne s’attend cependant pas à des convoyages faciles, et espère bien mettre à profit ces navigations pour valider les hommes et le matériel : « Nous allons découvrir de nouvelles zones de navigation, notamment dans l’Est de la Méditerranée avec la mer Egée, les îles Ioniennes, le détroit des Dardanelles et enfin Istanbul. Cela va être un excellent entraînement pour l’équipage et un bon test pour Groupama 3 nouvelle version car l’image d’une mer Méditerranéenne calme est souvent trompeuse. La mer peut y être courte et méchante »

La base de l’équipage reste la même que pour les différents records, on retrouve néanmoins quelques nouveaux venus comme l’américain Stan Honey qui officiera à la navigation, Pierre Pennec au poste de barreur mais aussi Thomas Coville, ex adversaire de Franck Cammas dans la classe ORMA et désormais skipper de Sodeb’O qui rejoint l’équipage en tant que second barreur.

La liste d’équipage au complet :

• Franck Cammas Skipper / Chef de quart / Barreur
• Stève Ravussin Chef de quart / Barreur / Responsable vidéo, photo
• Frédéric Le Peutrec Chef de quart / Barreur / Boat manager
• Stan Honey Navigateur
• Loic Le Mignon Barreur / Responsable accastillage
• Ronan Le Goff N° 1 / Gréement et accastillage
• Jacques Caraës N° 1 / Responsable vidéo – photo
• Pierre Pennec Barreur
• Yann Riou Electronique et informatique
• Bruno Jeanjean N° 1
• Thomas Coville Barreur

© Yvan Zedda

Porsuite des navigations sur Groupama 3 avant le départ pour la tournée Méditerranéenne

L’équipe Groupama continue les navigations sur le maxi trimaran et la mise au point de celui-ci depuis la remise à l’eau du bateau après 8 mois de chantier. Les premières navigations avaient eu lieu dans des vents très faibles, mais l’équipage a eu l’occasion de tester le bateau dans des conditions nettement plus musclées cette semaine, le skipper, Franck Cammas semble satisfait du comportement du bateau :  « Lors de notre dernière sortie en mer, nous avons eu jusqu’à 40 noeuds de vent. Nous avons pu vérifier la tenue des nouveaux flotteurs qui sont plus raides. Nous sommes très satisfaits de leur comportement car ils ont moins de mouvements latéraux. C’est plus confortable pour l’équipage mais aussi pour la structure qui souffre moins et vieillira donc mieux. »

Franck Cammas ajoute que le chantier, probablement pénalisant en poids, n’a pas affecté les performances du trimaran : « Les relevés enregistrés nous indiquent des vitesses supérieures. C’est bien, même si j’attends d’avoir navigué au large durant plusieurs jours pour m’en assurer »

© Yvan Zedda

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Les images de ces navigations à voir en vidéo sur le site officiel : Cammas-Groupama