Spindrift White remporte le Spi Ouest France Intermarché

Première édition réussie pour les Diam 24 OD sur ce Spi Ouest France Intermarché, les équipages ont pu se confronter pour la première fois avant le grand rendez vous estival qui réunira 30 trimarans.

Les conditions ont été soutenues le premier jour, avec 15 à 20 noeuds de vent dans la baie de Quiberon, ceci a causé quelques soucis techniques sur la flotte avec une collision entre Vincent Riou, sur PRB et Daniel Souben sur Sodebo 2. Jérémie Beyou sur Maître Coq, ne terminait pas la journée pour cause de casse sur le puits de dérive. Daniel Souben revenait pour la dernière régate du jour avec un safran de Maître Coq. Yann Guichard n’était pas épargné non plus et abandonnait avant un beau retour sur la 3ème manche.

Pour cette première journée, la régularité payait et Spindrift White était au dessus du lot avec deux victoires et une seconde place pour les hommes de Xavier Revil. Lionel Lemonchois plaçait son Prince de Bretagne en embuscade à 4 points avec deux 3ème places et une seconde, le podium provisoire à l’issue de cette première journée était complété par Groupama, mené par Pierre Pennec.

Samedi la flotte retrouvait le plan d’eau avec 12 à 15 nœuds de vent, passant du secteur Nord au secteur Nord-Est. La hiérarchie n’était pas radicalement chamboulée,  après deux parcours bananes et un côtier de 19 milles, sauf pour Prince de Bretagne qui quittait le podium après des places de 7,6 et 13. Groupama enchainait deux secondes places et une victoire et reprenait la tête à Spindrift White et CombiWest. Le spi se terminait pour Damien Seguin et ses deux équipiers suite à la casse du puits de dérive suite à un choc. La journée était marquée par de nouveaux contacts, notamment pour Thomas Coville sur SodebO 1.

Dimanche trois parcours techniques et un côtier étaient disputés dans 15 à 20 noeuds de vent. Le podium provisoire restait identique avec 24 points pour le leader Groupama, 22 pour Spindrift White et 50 pour Combi West, SodebO 1 et PRB talonnaient le 3ème à 1 et 3 points de retard.

Lundi, seuls Groupama et Spindrift pouvaient jouer la victoire, restait une place sur le podium à prendre. Xavier Revil et son équipage terminaient bien ce spi avec une seconde place et une victoire, Pierre Pennec sur Groupama faisait sa plus mauvaise manche avec une 7ème place et une deuxième sur la seconde et dernière manche du jour. C’est donc Spindrift White qui s’imposait avec un point d’avance sur Groupama. CombiWest de Fred Guilmin qui conservait la 3ème place, talonné par Thomas Coville sur SodebO 1. Suivaient PRB, Spindrift Black, GDF Suez et Prince de Bretagne.

 

Le prochain rendez-vous pour les Diam 24 sera le Grand Prix Atlantique à Pornichet du 17 au 19 avril.

Les mots des marins :

Xavier Revil, Spindrift Black : Vainqueur du Spi Ouest-France Intermarché

 » C’était un beau Spi, dynamique, avec de belles conditions, entre 15 et 20 nœuds de vent tous les jours. Avec le soleil les deux derniers jours c’était encore plus joli et vraiment très plaisant de naviguer. Ca a été dur sur l’eau, personne ne lâche rien jusqu’à la ligne d’arrivée. Il faut y aller pour essayer de gagner une place, un point. Il n’y a pas de gros écarts, il faut être très combattant. Ca a été un championnat difficile, mais on est très heureux d’avoir gagné, c’était notre objectif . La bagarre permanente est le bienfait de la monotypie, ce sont les équipages qui font la différence. C’est un cumul de petites choses, de réglages, qui font les écarts à la fin, plus que les écarts de vitesse entre les bateaux.
Depuis le début de la régate, nous nous sommes bien battus avec Pierre Pennec et son équipage sur Groupama, c’est eux qui nous ont donné le plus de mal. Mais après Combiwest (Fred Guilmin) est très bon aussi, ils sont vraiment capables de faire de belles choses. Thomas Coville sur Sodebo a également très bien navigué, il nous a donné du mal.
Nous sommes très heureux de remporter le Spi Ouest-France car cela fait trois mois que nous naviguons dans la Baie de Quiberon. Nos stages à l’Ecole Nationale de Voile ont payé. On voit bien que nous étions dans le coup. C C’est la première confrontation entre les deux pôles (ENV et Port-La-Forêt), on a eu froid sur l’eau cet hiver mais on a bien travaillé, et je suis très satisfait du travail de mes équipiers (François Morvan, Thierry Douillard et Matthieu Vandame). »

PIERRE PENNEC, GROUPAMA : 2ème au classement général

« On est très proche de Spindrift White. Aujourd’hui, ils ont pris de meilleurs départs et même si nous sommes parvenus à les rattraper et même à les doubler à un certain moment, ils nous battent finalement sur les deux manches. On doit travailler pour être plus réguliers et éviter certaines erreurs qui coûtent cher en temps et en points. Chaque jour qui passe permet aux concurrents moins familiers de la navigation en multicoque de se rapprocher de nous. Ils observent attentivement nos réglages et notre manière de naviguer, tout comme nous d’ailleurs. Avec Quentin et Arnaud, l’entente a été parfaite. On s’est bien donné et on n’a jamais baissé les bras. C’était pourtant physique avec trois à quatre manches par jour. Le bateau est très bas sur l’eau et on prend de l’eau plein la gueule toute la journée. Il vaut mieux être bien préparé physiquement. Ca promet pour le Tour de France. »

Fred Guilmin, Combiwest : 3ème au classement général

« La journée d’aujourd’hui était assez mouvementée. Ce n’était pas bon pour les émotions ! Ce matin, nous étions 3ème au général. Après la première manche d’aujourd’hui, on était repassé 4ème et Sodebo avait pas mal de points d’avance pour nous garder derrière. Et au final, à la dernière manche du jour, on prend un mauvais départ, puis on a fait un coup tactique génial qui nous permet de terminer 5ème à la manche alors que Sodebo termine 10ème. On reprend à l’arrachée la 3ème place ! Nous sommes vraiment heureux de la performance que nous faisons sur le Spi Ouest-France. Nous étions venus pour nous jauger aux autres avec un objectif de podium. Objectif réussi ! Mais il nous reste du boulot pour rattraper les deux places au dessus de nous (Spindrift White et Groupama). Ce qui est important dans une saison comme celle-là, c’est de monter en puissance. C’est ce qu’on est en train de faire et j’espère que notre progression ne va faire qu’augmenter. »

Thomas Coville, Sodebo 1 : 4ème au classement général

« Je suis super satisfait de tout ce que l’on a fait ! Mon contrat s’arrête là, c’est Daniel Souben qui continue avec l’équipage Sodebo. Moi je me suis lancé dans l’aventure de la Transat Jacques Vabre. Avec le team, notre mission était de bien marcher au Spi Ouest, nous arrivons au pied du podium. On était un peu déçu car un podium aurait été une belle concrétisation pour ces trois mois d’entrainement, mais nous sommes vraiment contents d’avoir joué avec les meilleurs de la spécialité. La flotte était très homogène, très agréable, dynamique, avec beaucoup de niveau, ce qui permet d’avoir du contact maitrisé. C’était super sportif, avec en plus des conditions idéales à la Trinité-sur-Mer ! »

Vincent Riou, PRB : 5ème au classement général

« Le bilan de ce Spi Ouest-France est plutôt positif. Nous sommes satisfaits de notre travail. Aujourd’hui, pour moi, il y a deux divisions. Spindrift et Groupama naviguent au dessus du lot. Ce sont des équipes composées de grands champions et qui aujourd’hui, ne sont pas encore à notre portée de tirs. Il va falloir travailler pour réussir à jouer avec eux. Après derrière il y a 3-4 bateaux qui sont assez groupés. Il nous reste une belle marge de progression dans ce lot car nous faisons encore trop d’erreurs. Notre équipage est jeune, en formation. Avec Nico (Nicolas Andrieu), on a navigué un peu ensemble l’année dernière, mais avec François (Verdier) c’est notre 3ème ou 4ème semaine de navigation ensemble, c’est encore un peu frais. Il faut que nous travaillions encore certaines choses : les grands voiles, la stratégie en multicoque. Nous devons rendre tout cela un petit peu plus fluide. Ainsi, nous pourrons espérer jouer avec les meilleurs. C’est bien de commencer dans la difficulté pour se poser les vraies questions et chercher les vraies solutions. Si le Spi Ouest France avait été plus facile pour nous, cela n’aurait pas forcément été bénéfique pour le reste de la saison. C’est un mal pour un bien de naviguer dans du dur. Le niveau physique est très élevé et nécessite d’être bien préparé. Nous ne devons pas nous relâcher au niveau de la préparation physique et nous allons devoir aussi travailler la récupération en vue du Tour de France à la voile car ce sera un enjeu dans la réussite du projet. Il ne va pas falloir mollir sur la préparation physique et pour le Tour de France à la Voile il va falloir que l’on travaille aussi la récupération car cela va être un enjeu dans la réussite du projet. »

Yann GUICHARD, spindrift black : §ème au classement général

« Le bilan de cette première épreuve est très positif pour Spindrift racing. Nous souhaitions nous jauger face à la concurrence mais aussi montrer qu’il fallait compter avec nous sur ce circuit Diam 24 où nous sommes nouveaux cette année. Nous avons su bien naviguer du premier au dernier jour pour l’emporter de la belle manière. L’esprit est vraiment bon dans le team. Nos deux équipages fonctionnent bien dans un esprit très constructif. Chacun est là pour tirer l’autre vers le haut et je suis très fier du groupe que j’ai réuni pour ce projet Diam 24. Maintenant, rien n’est acquis. C’était très serré au classement avec les bateaux de tête. Il va falloir continuer à travailler pour être au top toute la saison et surtout sur le Tour de France à la Voile où nous serons trois à nous relayer à la barre entre François, Xavier et moi.  »

 

CLASSEMENT GENERAL DU SPI OUEST FRANCE INTERMARCHE 2015

1- Spindrift White, (Xavier Revil) barré par Xavier Revil et François Morvan (25 points)
2- Groupama, (Franck Cammas) barré par Pierre Pennec (31 points)
3- Combi West, Frédéric Guilmin (64 points)
4- Sodebo 1, Thomas Coville (66 points)
5- PRB, Vincent Riou (74 points)
6- Spindrift Black, Yann Guichard (75 points)
7- GDF Suez, Sébastien Rogues (77 points)
8- Prince de Bretagne, Lionel Lemonchois (81 points)
9- Votre plus long périple, Loïc Fequet (83 points)
10- Sodebo 2, Daniel Souben (90 points)
11- Custo Pol, JP Nicol (90 points)
12- West Courtage – Ecole Navale, Simon Moriceau (104 points)
13- Radio Vinci Autoroutes, JB Gelles (115 points)
14- Beijaflore, Nicolas Bérenger (134 points)
15- Maître coq, Jérémie Beyou (139 points)
16- Agrival, Paukine Chalaux (155 points)
17- Fondation Fdj, Des Pieds et des Mains, Damien Seguin (182 points)

Spi Ouest France Intermarché : Première confrontation pour les Diam 24

Grande première pour le Spi Ouest France qui débutera demain, et qui accueillera pour la première fois des multicoques sur un rond dédié.

Le trimaran monotype Diam24 fait donc son entrée dans ce grand rendez-vous vélique, qui permettra surtout aux équipages de se jauger pour le Tour de France à la Voile qui a adopté ce support.

La flotte était jusqu’ici partagée en deux groupes d’entrainement, l’un à Port la Forêt, l’autre à la Trinité sur Mer sous la houlette de l’ENV.

Les conditions s’annoncent idéales pour demain avec 12 à 17 noeuds de vent, puis un petit renforcement pour les jours suivant. Les équipages s’affronteront sur des parcours bananes et des parcours côtiers de 15 à 45 milles, un avant goût du format adopté également sur le Tour de France à la Voile.

17 équipages sont inscrits au Spi Ouest France Intermarché, 30 sont attendus cet été sur le Tour.

Diam 24 – Préparation Tour de France à la Voile 2015 [Collectif] from Nautimages on Vimeo.

Les réactions des skippers :

Sébastien Rogues, skipper de GDF SUEZ :
« Je suis vraiment très heureux de participer au Spi Ouest-France, première course de la saison. Cela nous permettra de nous situer par rapport à la concurrence et d’identifier les points à faire progresser pour être au meilleur niveau fin juin au Tour de France à la Voile, l’objectif clé de la saison 2015. Ce bateau est amusant, vif, mais plein de subtilités pour en tirer le meilleur. La monotypie est une des meilleures écoles pour se « upgrader » et atteindre le meilleur niveau car seuls les équipages font la différence, les bateaux étant tous strictement identiques. » 

Yann Guichard, skipper de Spindrift Black:
« Cette rentrée sportive sur le Spi Ouest-France s’annonce vraiment intéressante. Nous allons nous jauger par rapport à la concurrence, sans prétention puisque c’est la reprise mais avec l’envie de faire de belles choses »

Xavier Revil, skipper de Spindrift White
« Les derniers stages ont montré que les équipes ont beaucoup progressé dans l’utilisation du bateau. Les manœuvres sont fluides et les départs de plus en plus agressifs. Les bonnes places sont chères sur la ligne et ça se bagarre bien. Parmi nos concurrents sérieux, je vois Groupama pour l’expérience de la régate au contact et Sodebo qui a bien travaillé avec nous depuis janvier. Prince de Bretagne et Combi West se sont aussi montrés dernièrement très percutants sur les départs, à surveiller… » »

Vincent Riou skipper de PRB :
« C’est une première régate pour nous mettre en route. Il va y avoir du niveau, on va donc pouvoir se positionner par rapport au reste de la flotte et faire le point sur ce qui nous reste à accomplir avant le Tour de France à la voile. Jusqu’à présent nous avons fait pas mal d’entraînements avec certains équipages. C’est sympa mais l’entrainement n’est pas la finalité. Globalement nous sommes plutôt dans le coup mais nous n’avons pas navigué avec tous les bateaux. C’est intéressant de se retrouver enfin en configuration course car on va pouvoir, à la fin de ce Spi Ouest France, tirer un premier bilan sur le comportement de la flotte en général. Les conditions s’annoncent sympas. On devrait à priori avoir du vent et pas trop froid. »

Nicolas Bérenger skipper de Beijaflore  :
« Nous avons débuté nos entraînements samedi dernier. Le Spi Ouest-France va nous permettre de nous entraîner, de nous étalonner vis-à-vis des autres bateaux. On va pouvoir voir comment le Diam 24 marche, prendre les bons repères, maîtriser notre vitesse. Nous ne sommes pas dans une optique de gagner mais plutôt de nous améliorer et d’engranger de l’expérience. » explique le skipper de Beijaflore.

Lionel Lemonchois, skipper de Prince de Bretagne :
«  Le plateau est costaud. Il n’y a pas de « manche » mais que des bons. Ca va se bagarrer fort et ça tombe bien parce que c’est justement ce qu’on aime. Lors des stages d’entraînement que nous avons effectué avec huit de nos concurrents en baie de Quiberon ces dernières semaines, nous avons pu constater que nous sommes bien dans le coup. Nous avons gagné des manches et joué régulièrement aux avant-postes. A présent, nous allons voir ce que ça donne en course. Ce sera d’autant plus intéressant que nous allons nous confronter aux Diam de Port-la-Forêt que nous n’avons pas encore eu l’occasion d’observer sur l’eau.
 L’effort est aussi court qu’intense. Il est certain que le fait de bien partir est assez déterminant pour le résultat. Reste que ce qui fera réellement la différence à la fin, c’est la régularité. Sur le plan d’eau de la Trinité, il faudra aussi avoir un peu de réussite, surtout si le vent est de secteur nord-est et donc bien tordu ».

Pierre Pennec, skipper de Groupama :
« J’adore naviguer et surtout régater. Quand en plus c’est en multicoque, c’est génial. On a une bonne équipe avec Arnaud Jarlegan qui réglera la grand-voile et le genaker. On se connaît bien tout comme Quentin Ponroy qui sera en charge de la tactique et du réglage du chariot de grand-voile. En plus d’être maître voilier chez North, c’est un gars du coin donc il connaît bien le plan d’eau. Tactiquement, c’est un atout. Nous avons remporté quasiment toutes les courses de préparation. C’est bon signe mais ce n’est pas très étonnant car nous venons du multicoque contrairement à d’autres équipages. Et puis on voit bien que les performances se nivellent par le haut. Tout le monde progresse. Et ca tombe bien car nous sommes venus chercher la confrontation. Les deux équipes de Spindrift et de Sodebo seront certainement performantes. Elles se sont beaucoup entrainées et elles naviguent à domicile. Il faudra aussi se méfier de marins qui viennent du solitaire comme Vincent Riou. Ils ont l’habitude de se faire mal, de ne jamais baisser les bras ».

Liste des Diam 24 inscrits au Spi Ouest-France Intermarché :

– Agrival (Pauline Chalaux)
– Beijaflore (Nicolas Bérenger)
– CombiWest (Frédéric Guilmin)
– Custo Pol (Jean-Pierre Nicol)
– Fondation FDJ – Des Pieds et Des Mains (Damien Seguin)
– GDF SUEZ (Sébastien Rogues)
– Groupama (barré par Pierre Pennec / Franck Cammas sera ce week-end au Trofeo Princesa Sofia à Palma pour sa préparation olympique en Nacra 17)
– Maitre Coq (Jérémie Beyou)
– PRB (Vincent Riou)
– Prince de Bretagne (Lionel Lemonchois)
– Sodebo 1 (Thomas Coville)
– Sodebo 2 (Daniel Souben)
– Spindrift Black (Yann Guichard)
– Spindrift White (Xavier Revil)
– Vinci Autoroute (Jean-Baptiste Gellée)
– Votre Plus Long Périple (Loïc Fequet)

L’équipage de Banque Populaire V dévoilé

Loïck Peyron a dévoilé hier l’équipage qui l’épaulera dans la tentative de Trophée Jules Verne, dont le stand-by débutera à la fin du mois. 

Pas de révolution au sein de l’équipage du maxi-trimaran, l’équipage sélectionné par Pascal Bidégorry l’année dernière est reconduit à l’exception de Jérémie Beyou, à la recherche d’un budget pour le prochain Vendée Globe et d’Erwan Tabarly, qui semble pour sa part avoir trouver un sponsor et un bateau (l’ex Foncia) pour ce Vendée Globe. Jean-Baptiste Le Vaillant qui avait intégré l’équipage lors du record de traversée de l’Atlantique Nord sera chef de quart alors que  Thierry Duprey du Vorsent, qui avait effectué la tournée méditerranéenne du trimaran, aura un poste de régleur/barreur dans le quart de Fred Le Peutrec.

Juan Vila est reconduit au poste de navigateur embarqué, alors que Marcel Van Triest assurera le routage à terre du bateau.

Le temps de référence à battre sera de 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes pour décrocher ce Trophée Jules Verne.

Loick Peyron :  » Un chef d’orchestre doit savoir écouter, beaucoup, et si possible être extrêmement bien secondé par tous les solistes. Un équipage a besoin d’être guidé, pour bien jouer ensemble, il faut regarder dans la même direction. Mon rôle est donc d’imprimer un rythme, une ambiance, une confiance. Pour faire un bel orchestre, il faut de bons musiciens. La musique est belle, l’instrument est incroyable ».

Composition de l’équipage du Maxi Banque Populaire V pour le Trophée Jules Verne :

Hors quart

Loïck Peyron, skipper

Juan Vila, navigateur embarqué, responsable électronique/informatique

Quart n°1

Jean-Baptiste Le Vaillant, chef de quart, responsable voiles

Kévin Escoffier, barreur/régleur, responsable vidéo et structure

Xavier Revil, barreur/régleur, responsable avitaillement et vie à bord

Florent Chastel, numéro 1, responsable médical et gréement courant/dormant

Quart n°2

Frédéric Le Peutrec, chef de quart

Emmanuel Le Borgne, barreur/régleur, responsable médical et composite

Thierry Duprey du Vorsent, barreur/régleur, responsable mécanique et énergie

Ronan Lucas, numéro 1, responsable sécurité

Quart n°3

Yvan Ravussin, chef de quart, responsable composite

Brian Thompson, barreur/régleur

Pierre-Yves Moreau, régleur, responsable mécanique et hydraulique

Thierry Chabagny, numéro 1, barreur/régleur, responsable accastillage et voiles

Marcel van Triest, routeur à terre

Banque Populaire V à Lorient

Le maxi trimaran Banque Populaire V  a rejoint son ponton à Lorient ce matin, Pascal Bidégorry et ses 13 hommes d’équipage sont donc de retour après leur tentative avortée de Trophée Jules Verne, suite à une collision avec un OFNI.
Pascal Bidégorry espère repartir après un check-up du bateau et les réparations suite à la casse de la dérive, le bateau devrait être prêt dans une dizaine de jours.

Pascal Bidégorry, skipper – hors quart

« On a poursuivi notre travail sur ces 15 jours retour. On s’était fixé comme objectif de continuer à naviguer comme si on était en record… notamment dans l’organisation du bord, dans le prolongement de ce qu’on a fait sur les douze premiers jours de course. C’était important, il ne fallait pas s’arrêter et garder la même dynamique.

Le bateau est bien, c’est un fait, tout le monde le dit, mais je me suis régalé à naviguer avec l’équipage à bord. Je pense qu’on a tout pour réussir ce projet comme il faut. On a fait une trentaine de jours de mer. c’est sûr que ça va nous servir énormément, qu’on revient beaucoup moins bête qu’on est parti ! Les gars du team ont fait un travail énorme et on a tous un peu grandi. On a appris à vivre ensemble dans la performance du bateau. Vivre ensemble à 20 nœuds et vivre ensemble à 35 nœuds, ce n’est pas pareil. Dans la gestion du record, j’ai essayé d’apprendre en regardant les autres et en voyant l’intelligence avec laquelle ils ont mené leur bateau et leurs hommes. On voit que ce n’est pas simple. On n’a pas cassé le bateau. On a bien navigué. On a tapé quelque chose mais on n’a pas fait d’erreur.

On espère repartir. Il y a dix jours de travail sur le bateau. Il faut faire un check complet parce qu’on a quand même navigué 30 jours sur un multicoque de 40 mètres.

Juan Vila, navigateur – hors quart

« C’était une très belle expérience, très intense avec des moments hauts et des moments bas, comme toujours dans ce type de course. Tout allait vraiment bien. C’est dommage mais on espère y retourner très vite. Dans mon rôle de navigateur, j’ai forcément passé beaucoup de temps à l’intérieur, en faisant un peu une régate virtuelle sur l’ordinateur. Mais j’étais aussi sur le pont pour toutes les manœuvres, pour aider. Ca m’a permis de voir les deux volets de cette navigation et donné l’envie de repartir. Je sais qu’après une journée à terre, je serai en train de regarder les fichiers et de me dire : quand est-ce qu’on y retourne? ».

Yvan Ravussin, Chef de quart (Quart n°1) :

« Pour cette première tentative, on a fait un super début de course.  Que ce soit sur le plan du bateau ou de l’équipage,  c’était vraiment du pur bonheur et on n’a qu’une seule envie, c’est d’y retourner ! On sait que la casse fait partie de notre sport mais je pensais vraiment être à l’abri sur ce genre de gros bateau. Même si ne c’est pas la première fois que j’effectue ce genre de réparation en pleine mer, celle-là a vraiment été la plus grosse et la plus périlleuse d’entre-elles. Mais cette première tentative nous a permis d’en savoir davantage sur cette machine et nous donne une incroyable envie de voir ce dont elle est capable sur le tour entier ».

Brian Thompson, barreur/régleur (Quart n°1) :

« Je me sens super bien et pas trop fatigué ! Nous avons convoyé pendant quatorze jours et n’allions pas aussi vite évidemment avec la dérive abimée. C’était la première fois que je naviguais aussi longtemps sur ce bateau et je dois dire qu’il a un incroyable potentiel. C’est juste dommage d’avoir heurté cet OFNI. J’étais à la barre au moment du choc, nous allions à 37 nœuds, sous un vent stable et c’était vraiment une super nuit. L’impact n’a pas été aussi violent que ça et nous ne pouvions pas imaginer la gravité des dégâts. Lorsque l’on a franchi l’équateur, j’ai fait une offrande de saucisson à Neptune, mais je ne suis pas sûr que cela ait été suffisant. Je suppose qu’il était un peu en colère que je ne lui ai pas fourni le vin français avec (rires)  !  »

Thierry Chabagny, barreur/régleur (Quart n°1) :

« Trente jours de mer sur un bateau comme ça, c’est très riche. Ils m’ont permis d’apprendre beaucoup sur l’ensemble des manœuvres, le réglage des voiles… Toutes les heures passées à la barre m’ont développé des sensibilités que je n’avais pas avant de partir. Je me suis aussi rendu compte que j’avais très envie de repartir pour essayer d’enfin boucler ce tour du monde qui nous fait rêver mais qui reste très dur. Humainement, tu te rends compte que c’est comme une petite entreprise et que des notions comme le respect et l’écoute sont très importantes. Ca s’est très bien passé entre nous. J’ai fait beaucoup de solitaire et finalement peu d’équipage. C’est intéressant de pouvoir voir dans le regard des autres ce que tu dégages. Du coup tu as souvent tendance à essayer de faire mieux, de corriger même si la vérité ressort toujours. Je pense que nous avons tous été « choisis » pour notre faculté à nous entendre avec les autres et il n’y a pas eu de problème. On a vraiment partagé chaque instant, c’était un vrai bonheur! ».

Pierre-Yves Moreau, numéro un (Quart n°1) :

« En tant que responsable technique du Maxi Banque Populaire V, je suis intervenu sur la dérive juste après le choc. On a attendu d’être dans des eaux plus calmes pour l’enlever. En la sortant on était un peu dépité parce qu’elle était très abimée, plus que ce qu’on imaginait. Il a fallu rafistoler, couper avec les moyens du bord. On en a coupé deux mètres, ce qui nous a permis de re-naviguer avec le bateau. L’équipage est bon et bien ! J’étais très heureux de mon quart, on était bien complémentaires. On s’est amusé mais c’était sérieux aussi ».

Frédéric Le Peutrec, chef de quart (Quart n°2) :

« Avoir navigué trente jours à bord du bateau et avec l’équipage, ce sont autant d’acquis pour la prochaine fois. Il n’y a pas eu de bobo, pas de plainte, on a tous été aussi déçus les uns que les autres quand le choc est arrivé. C’est rare que ce soit à la première tentative que ça passe. Ce qu’on apprend à chaque fois c’est de l’acquis nécessaire pour la tentative qui sera couronnée de succès. On n’a pas attaqué la partie dans laquelle on se fait les gros souvenirs, c’est à dire le sud. Mais c’est toujours un gros plaisir d’aller très vite avec un bateau équilibré, de se retrouver à la barre en précision avec un engin qui déboule à 37, 38, 40 nœuds au milieu de la nuit. Ce sont de vrais plaisirs. Ca s’est arrêté trop vite mais ce n’est que partie remise. Ça fait partie de l’exercice, ce n’est pas qu’une régate mais la frustration ne va pas au delà du supportable ».

Emmanuel Le Borgne, barreur/régleur (Quart n°2) :

« Le départ était super sympa avec des bonnes conditions pour arriver jusqu’au Pot au Noir. On savait déjà, bien avant d’atteindre l’équateur, que l’Atlantique sud serait compliqué mais on gardait un petit espoir que les choses s’améliorent. La casse mécanique nous a malheureusement fait revoir nos stratégies et on a dû prendre la décision de rentrer. Je dormais au moment du choc mais ce n’était pas très violent. Paradoxalement c’était un choc un peu particulier, assez transverse, qui a fait beaucoup de dégâts.
Le convoyage retour nous a tout de même permis de continuer à valider des choses, à travailler l’organisation des quarts, des manœuvres et c’est curieusement passé assez vite. En tous cas, cette première tentative est trop courte mais très concluante. On s’est présenté à la porte du grand Sud, elle s’est refermée donc on va aller vite toquer une deuxième fois ».

Erwan Tabarly, barreur/régleur (Quart n°2) :

« C’est une superbe expérience que de naviguer sur un des bateaux les plus rapides de la course au large. C’est un grand honneur et beaucoup de plaisir de naviguer avec cet équipage. J’ai profité de chaque instant comme d’un grand privilège. J’en garde de très bons souvenirs même si on aurait aimé aller au bout c’est sûr. Il faut rebondir et on ne va pas s’arrêter là. Il y aura une suite et ce sera pour la prochaine fois ».

Ronan Lucas, numéro un (Quart n°2) :

« On a passé près d’un mois en mer, je ne l’ai pas senti passer. Les quinze premiers jours c’est une succession : Les Canaries, le Cap Vert, l’Equateur, l’attaque du Sud, Sainte-Hélène… Ca va vraiment très vite et on est toujours focalisé sur le coup d’après. C’est vraiment rapide. Après il y a la déception de se dire que le record est fichu pour cette première tentative. C’est beaucoup d’énergie pour un aléa qu’on ne maîtrise pas. On n’a pas eu de réussite cette fois-ci, la prochaine fois on l’aura. On a des satisfactions ; le bateau va vite, l’équipage est compétent. Au moment où on a abandonné on avait 400 milles d’avance alors qu’on avait une météo plutôt moyenne. Il y a de la déception parce qu’il y a eu beaucoup d’énergie des sportifs sur l’eau, de l’équipe technique et du sponsor qui nous soutient depuis longtemps. Tout le monde y croit. On a juste touché du doigt les moments mythiques d’un tour du monde et on aurait aimé aller plus loin ».

Jérémie Beyou, chef de quart (Quart n°3) :

« Le principe du convoyage est de ne pas trop pousser la machine mais en même temps on a envie de voir certaines choses. Toute la question a donc été de savoir où on plaçait la barre. C’était intéressant de voir comment faire avancer un bateau vite, le plus proche possible de ses capacités maximales mais en tenant compte de ce problème de dérive, pour voir comment on s’en sort et enregistrer ces données là. Ce convoyage nous a permis de discuter plus avec les autres et notamment ceux des autres quarts qu’on a beaucoup croisé. Ce facteur humain est sur le dessus de la pile des critères de réussite ».

Kevin Escoffier, barreur/régleur (Quart n°3) :

 » C’était super ! On a vu que le bateau allait vite et j’ai pris énormément de plaisir. Après un an et demi comme ça, ça fait vraiment du bien de partir enfin. C’est forcement décevant de s’arrêter à cause de la dérive car à part ça le bateau était nickel. C’est la fatalité, un impondérable de notre sport et on doit faire avec.  Il faut se faire une raison mais surtout prendre les points positifs : à part la dérive, le bateau est très propre après trente jours de mer. Bien évidemment on aurait préféré aller plus loin mais cette première tentative est une expérience supplémentaire importante pour un futur départ. Ce qui m’a le plus marqué sur la traversée sont les deux premiers jours. On avait déjà une envie folle de partir naviguer, mais on a surtout eu de super conditions pour bien carburer. J’en garde de magnifiques souvenirs avec de superbes heures de barre ».

Xavier Revil, barreur/régleur (Quart n°3) :

 » Tout d’abord c’est la première fois que je passe autant de jours en mer et je dois dire que ça m’a bien plu ! J’ai même très envie d’y retourner. Tout s’est super bien passé et je suis très vite rentré dans mon rythme de quart. La première nuit était un peu difficile mais tu t’acclimates vite à la vie du bateau et ça me donne beaucoup de confiance pour la suite. Pour mon premier passage de l’équateur, on a fait une petite fête. On est très concentré dans la course et cela a permis d’avoir un moment de convivialité tous ensemble.

L’avitaillement dont j’étais en charge s’est très bien passé. On n’a manqué de rien mais ce n’est pas facile de satisfaire tout le monde en terme de goût. On a appris pendant ces trente jours et c’est comme pour le bateau, il y aura des améliorations à apporter et des ajustements à faire. Mais tout le monde était content. C’est le plus important. »

Florent Chastel, numéro un (Quart n°3) :

 » Il n’y a vraiment eu que du positif sur ces treize jours de course, mis à part le choc avec l’OFNI. Le plus impressionnant sur ce bateau c’est sa capacité à afficher de superbes moyennes dès qu’il y a un peu d’air. Même si la météo n’a pas toujours été très favorable, on a quand même réussi à bénéficier de pas mal d’avance sur les temps du record. C’était une bonne session qui ne se termine pas comme on l’aurait souhaité mais il faut maintenant tout mettre en ordre et essayer de repartir le plus vite possible. En tous cas, le bateau a largement le potentiel pour décrocher ce Trophée ».

200 milles d’avance pour Banque Populaire 5

Comme prévu, l’équipage de Banque Populaire 5 a été légèrement ralenti lors du passage d’une dépression au large du Cap Vert avec une vitesse qui a chuté entre 15 et 20 noeuds, le maxi trimaran progresse vers le Pot au Noir dans  un alizé modéré. Pascal Bidégorry et ses hommes ont une avance d’un peu plus de  200 milles sur le record de Groupama 3 après 4 jours de mer.
Les extraits de la vacation du jour :
Pascal Bidégorry : « La nuit dernière était super agréable parce qu’on avait davantage de vent. En moyenne avec le réchauffement des températures, les alizés ont tendance à se casser un peu la figure en milieu d’après midi et dès qu’arrive la tombée de la nuit. Dès que ça se rafraîchit un peu, tout ça se réactive. Du coup c’est plus agréable parce qu’on arrive à aller plus vite.On sait très bien qu’on est dans une partie délicate mais on fait avec ce qu’on a et on est bien content d’être là ! « 

Kévin Escoffier : « Cette nuit c’était vraiment superbe à barrer. C’était mer plate, le bateau était bien équilibré. On a eu jusqu’à 18 nœuds de vent donc ça glissait vraiment bien. On a eu une entrée en matière beaucoup plus virile, c’est bien ça a mis tout le monde dans le bain. Là on est content, on retrouve le soleil, ça permet à tout le monde de se reposer un petit peu. »

Jérémie Beyou : «  Le vent s’est calmé, on en a profité pour remettre la grande voile haute et le grand gennaker pendant la nuit. On a également re-matossé vers l’avant du bateau car on attend moins de vent par la suite. Dans l’ensemble le bateau se porte bien. Sinon, à bord, l’ambiance est bonne, on retrouve petit à petit nos marques mais pour l’instant on ne vit qu’avec notre quart, on ne fait que se croiser avec le reste de l’équipage. Comme le beau temps est là et que le vent à tendance à mollir un peu, nous pouvons nous reposer et profiter un peu. «