Emirates Team New Zealand à 2 points de la Coupe

ETNZ a engrangé un point de plus hier à San Francisco, les kiwis avaient pourtant mal débuté la journée avec une défaite contre le defender Oracle Team USA.

Les américains avaient contrôlé le départ, et ont petit à petit creusé l’écart sur les kiwis, Oracle qui a légèrement modifié son équipage avec l’arrivée de Ben Ainslie en remplacement de John Kostecky, ils ont également modifié leur bout dehors et semblent avoir trouvé les clés d’une bonne vitesse au près. Ils remportaient cette première régate du jour avec 47 secondes d’avance, et marquaient leur 1er point affiché au compteur.

L’analyse de Christian Karcher

La 10ème manche de cette Coupe était à l’avantage des néo-zéds, l’équipage s’était fait une belle frayeur la veille. Sur un virement, l’hydraulique de l’aile n’a pas fonctionné, celle-ci se retrouvant à contre, l’AC72 était dangereusement monté sur un flotteur avec un angle de gite de 50°, les kiwis étaient passé très près du chavirage, heureusement pour eux, le catamaran retombait du bon côté mais la course était perdue, puis la seconde manche du jour était annulée alors qu’ils étaient en tête, malgré l’incident arrivé moins d’une heure auparavant, et ce pour cause de vent trop fort.

Sur cette manche, Dean Barker maitrisait Spithill sur le départ, et passaient la porte n°2 avec quelques secondes d’avance, mais les américains rataient ce passage et perdaient du temps, sur le près Oracle remonte petit à petit avec une seconde d’avance à la porte 3, les kiwis choisissaient le bon côté du plan d’eau et creusaient l’écart avec 16 secondes d’avance sur Oracle Team USA.

Les américains ont clairement augmenté leur niveau depuis la fin de semaine dernière, malgré toute, les kiwis sont désormais à 9 points contre 1 pour les américains (3 victoires, mais seulement 1 point suite à la pénalité pour tricherie), les deux prochaines régates auront demain, et pourraient donc sacrer Emirates Team New Zealand en cas de victoires sur les 2 manches prévues.

 

L’analyse de Chrisitian Karcher pour cette régate n°10

Dean Barker hier : « Si vous n’avez pas apprécié les courses aujourd’hui, vous devriez suivre un autre sport »,

Ben Ainslie, tactien d’Oracle « Je vous confirme que ces régates sont les plus intenses de toute ma carrière »

Jimmy Spithill, le skipper d’ORACLE TEAM USA  : « Je salue l’incroyable travail des gars à bord. Ils ont vraiment tout donné. Ce fut très physique. Hier soir, nous avons mis au point un plan pour prendre les commandes dès le départ. Je dédie cette victoire à notre coach Philippe Presti . L’AC72 est un bateau évolutif. Comme dans tous les autres sports automobiles, que ce soit en F1 ou en MotoGP, vous êtes en apprentissage constant à bord. Nous entrons enfin dans le vif du sujet en nous confrontant à un adversaire de taille. Nous découvrons de nouveaux aspects lors de chaque sortie. L’important est de s’adapter et de savoir aller de l’avant. Ce soir encore nous avons une longue liste de points à optimiser à bord ».

 

Oracle Team USA au plus bas

Les deux équipages en lice pour la 34ème Coupe de l’America, le defender Oracle Team USA, et le challenger Emirates Team New Zealand se sont retrouvés hier sur le plan d’eau de San Francisco pour la 3ème journée de régates.

L’attente était grande pour cette nouvelle journée, après la première victoire d’Oracle 48 heures auparavant, ils avaient alors pris les commandes sans que les kiwis ne puissent trouver la faille pour revenir. Le lendemain, l’équipage avait travaillé, sous la houlette de Philippe Presti, les manoeuvres et le près, les points faibles de l’équipe

L’équipage américain, mené par James Spithill a de nouveau dominé le départ, le barreur a pu casser l’engagement d’ETNZ à l’intérieur et passe la 1ère bouée en tête, après avoir déventer le catamaran kiwi sur ce court bord de dégagment.

Ils parviennent également à maintenir leur avance sur le premier portant avec 8 secondes d’avance à la porte 2;

Commence alors la descente aux enfers pour le team Oracle, John Kostecki, tacticien (mais aussi wincheur, à contrario d’ETNZ où Ray Davies ne participe que peu à la marche du bateau) du bord lance un virement très tôt après la bouée et un gybing tack, qui consiste à virer haut sur les foils. La manoeuvre n’est semble-t-il absolument pas maitrisée par l’équipage, l’AC72 américain s’arrête presque, alors qu’ETNZ pousse un peu plus loin son bord et bénéficie du cône sans courant crée par Alcatraz sur la droite du plan d’eau. Ceci permet aux kiwis de réduire sensiblement leur retard.

Les américains enchainent ensuite des virements approximatifs avec des vitesses de sortir catastrophiques (6 à 7 noeuds) contre le double pour leur adversaire, la cellule arrière et le barreur paraissent complètement anéanti sur ce bord, ne parvenant pas à résister à la pression et laissant s’envoler les kiwis qui passent facilement le cata USA 17 et poursuivent avec une vitesse nettement supérieure à cette allure. Le skipper d’Oracle se plaint plusieurs fois sur cette remontée du manque de vitesse du bateau, semble-t-il handicapé par une voile d’avant un peu trop grande pour le range de vent, mais rien n’y fait, ils passent la porte 3 avec 1 minute 17 secondes de retard (le plus grand delta depuis le début de cette finale de l’America’s Cup).

Ils parviennent à reprendre quelques secondes sur le portant mais terminent tout de même 1 minute 5 secondes derrière leur adversaire.

http://http://youtu.be/lLZcceYGC88

Quelques minutes avant le lancement de la seconde manche, Oracle Team USA demande l’annulation de la seconde régate. Ceci est possible pour chaque équipe, une seule fois pendant cette finale de l’America’s Cup, et uniquement pour la seconde manche du jour. Tout le monde pense alors à un soucis technique sur USA 17, mais Spithill infirme ceci lors de la conférence de presse, il s’agit en fait d’un avoeu d’impuissance des américain pour cette journée, après ce près catastrophique, ils ont simplement préféré renoncer afin de reporter ce duel et d’apporter les modifications nécessaires pour mettre toutes les chances de leur côté.

Il parait hautement improbable que l’équipe change de bateau, ou d’appendices, reste l’équipage, on sait que le team a perdu un élément clé dans l’affaire d’espionnage, Dick de Ridder, régleur d’aile, remplacé au pied levé, mais la cellule arrière semble aussi en grande difficulté et parait fébrile dans sa prise de décision. John Kostecki, pillier du team et Tom Slingsby pourraient donc être remplacé dès jeudi, date des prochaines régates.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Jimmy Spithill à la conférence de presse : « Nous rentrons faire le point. Ils sont meilleurs que nous, surtout au près. Nous devons absolument progresser. Nous jouons cette carte pour être certains d’être prêts en vue du prochain duel. Notre défaite n’était pas seulement due à un déficit de performances au près. Nous avons commis d’autres erreurs, lors des virements par exemple, que nous devons absolument améliorer. Nous devons monter en puissance. Nous ne nous cherchons pas d’excuse. Nous nous retirons pour mettre toutes les chances de notre côté  ».

Les américains sont repartis naviguer à l’issue de cette conférence de presse et reprendront leur navigations aujourd’hui, alors que l’équipage de Dean Barker profitera de ce jour off pour analyser les performances et checker leur AC72.

Les kiwis mènent désormais 4 à -1 face aux américains

L’analyse de cette régate pour Christian Karcher

La course 5 en chiffres :

  • Parcours : 5 bords /10.27 milles nautiques
  • Temps de course : ETNZ – 22:45, OTUSA – 23:50
  • Delta: ETNZ +1:05 minute
  • Distance totale parcourue : ETNZ – 11.4 NM, OTUSA – 11.5 NM
  • Vitesse moyenne : ETNZ – 30.21 nœuds, OTUSA – 29.17 nœuds
  • Vitesse maximale : ETNZ – 46.94 nœuds, OTUSA – 44.93 nœuds
  • Vitesse du vent : Moyenne – 20 nœuds, Pointe – 24.1 nœuds