Transat Jacques Vabre : Sébastien Josse et Thomas Rouxel mènent la danse

Le départ de la Transat Jacques Vabre a été donné aujourd’hui au large de Havre à 13h35, dans une vingtaine de noeuds de vent.
Les duos se sont donc élancés pour un parcours côtier le long des falaises calcaires normandes, Lionel Lemonchois et Bernard Stamm sur Prince de Bretagne prenaient le meilleur sur leurs deux adversaires en classe Ultim sur ces 16 premiers milles, ils passaient en tête à Etretat devant Sodebo Ultim et le Maxi Edmond de Rothschild. Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le trimaran le plus récent engagé avaient pris un départ prudent.

©Yann Riou/Gitana SA

Mais ils ont ensuite grapillés les milles les séparant de leurs deux concurrents de la classe Ultim pour prendre la tête de la course avec  des vitesses d’une trentaine de noeuds, Ils sont suivis à 6 milles par le duo Thomas Coville/Jean Luc Nélias sur Sodebo Ultim. Dans des conditions de mer forcissant avec des creux de 2m et sur ce bord de travers, Lionel Lemonchois et Bernard Stamm sont logiquement distancés à une trentaine de milles, Prince de Bretagne étant moins puissant et ayant une garde à la mer moins importante que ces deux concurrents.

Les maxis multicoques devraient poursuivre ce long bord jusqu’a Ouessant avant de mettre du sud dans leur route pour dégolfer.

Bernard Stamm, co-skipper de Prince de Bretagne : « Clairement, on est l’attaque. On a très envie de faire et de bien faire, même si on sait que nos concurrents sont largement plus puissants que nous. On va tout faire pour les accrocher mais en restant prudents car nos bateaux sont quand même plus stables à l’endroit qu’à l’envers ».

Sébastien Josse, skipper du Maxi Edmond de Rothschild : « Les conditions sont plutôt favorables pour aller vite, mais notre objectif n’est pas de faire un record, c’est d’abord d’aller à Bahia, le mieux possible et surtout faire le dos rond les 2 premiers jours car on n’a pas encore beaucoup d’expérience dans ces conditions. C’est la première course du Maxi, on sait que l’on va rencontrer des conditions nous n’avons pas vraiment eu en entraînement, mais tout ça c’est une histoire de confiance et on va essayer de bien faire les choses. Je suis content de faire cette première course avec Thomas, on a une confiance réciproque, il est totalement à l’écoute, il s’appuie beaucoup sur l’expérience, il est très sérieux et très concentré. C’est son premier départ avec un gros bateau mais je suis assez serein sur le fait qu’on agisse comme il faut. »

Thomas Rouxel, coskipper du Maxi Edmond de Rothschild : « Le départ va être assez compliqué avec le monde, on espère que la zone sera bien dégagée, après une fois qu’on aura franchi la ligne on devrait réussir à aller sur un seul bord jusqu’à la bouée d’Etretat donc c’est bien. On est serein. On va partir doucement, a priori c’est du près assez serré donc on ne volera pas sur le premier bord, on ne va pas attaquer tout de suite, ça sera plus safe. Les routages nous donnent 8 jours à peu près jusqu’à Bahia, on devrait passer en milieu de nuit au large de Ouessant et après-demain aux Açores, c’est rapide. Je suis très chanceux de faire ma première Jacques Vabre sur un bateau comme ça, et très content d’être là car ça faisait longtemps que j’avais envie de faire la Transat Jacques Vabre, c’est une belle course donc je vais essayer de savourer ces moments et tout donner. » 

 

Transat Jacques Vabre : Lionel Lemonchois et Roland Jourdain hélitreuillés après avoir déclenché leur balise de détresse

Les deux marins avaient décidés de déclencher la balise de détresse de leur trimaran, le Maxi 80 Prince de Bretagne, aujourd’hui à 16h20.

Les deux hommes étaient sains et saufs dans la coque centrale du trimaran depuis hier au soir, la situation était sous contrôle et ne présentait pas de danger imminent pour eux, mais les conditions météorologiques étaient amenées à se dégrader sur le zone dans les heures à venir.
A l’heure actuelle, le vent est de 30 noeuds établis avec des creux de quatre mètres, demain le flux devrait se renforcer jusqu’à 40 nœuds avec une mer forcissant encore.

Les secours se sont donc mis en place sous l’égide  du CROSS Griz Nez et du MRCC de Madrid, les marins ont été hélitreuillés peu avant 18h.

 

Le point sur la classe Ultime

  • Le trimaran Ultim Actual a été mis à l’eau hier après un court chantier chez Multiplast. Il reste désormais un mois pour  qu’Yves le Blévec et son coskipper Jean Baptiste Le Vaillant prennent en main le bateau avant le départ de la Transat Jacques Vabre. Il n’y a pas eu de modification sur l’ex Sobed’O lors du chantier. Le team rejoint le collectif Ultim, qui organisera le circuit des multis solos dans les années à venir
  • Deux autres engagés sur la Transat Jacques Vabre enchainent les navigations d’entrainement, Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim et Lionel Lemonchois et Roland Jourdain sur le Maxi 80 Prince de Bretagne.
  • Le dernier né et également engagé sur la Transat Jacques Vabre, le trimaran Macif ; est actuellement amarré à Port la Forêt pour un court chantier suite à une avarie sur la coque centrale après la rupture d’une pièce d’accastillage. Les entrainements devraient reprendre la semaine prochaine pour François Gabart et Pascal Bidégorry.
  • L’équipage de Spindrift racing a également enchainé les sorties d’entrainement sur Spindrift 2 dont le stand by pour le Trophée Jules Verne débutera le 15 octobre. Le team terminera d’ici là la saison de D35 ce week end et le Bullitt GC32 racing la semaine prochaine.
  • Idec Sport devrait être mis à l’eau dans la quinzaine à venir. Le trimaran sera en stand by pour le Jules Verne début novembre. Francis Joyon rejoint également le collectif Ultim.

 

Pourquoi interdire Spindrift 2 de Transat Jacques Vabre ?

Au cours du Nautic, l’organisation de la Transat Jacques Vabre a dévoilé le format de la course en double entre le Havre et Itajai (Brésil), cette course sera ouverte aux Multi 50′ répondant à la jauge de la classe et aux Ultimes.

On pouvait légitiment s’attendre aux mêmes règles que sur la Route du Rhum 2014 concernant la classe Ultime, soit une absence de limitation de taille (sur la Route du Rhum, étaient admissibles les bateaux de taille égale ou supérieure à 60′).

Cependant, dans l’avis de course, sont admissibles dans la classe Ultime les bateaux compris entre 70 et 105′ de longueur hors tout, ce qui exclut le maxi trimaran Spindrift 2, sur lequel Yann Guichard a terminé à une belle seconde place sur la Route du Rhum 2014.

Comme en 2010 avec Franck Cammas et Groupama 3, les chances  de réussite du skipper en solo sur son trimaran de 40m étaient jugées faibles. Il a démontré que le défi était possible, on peut donc imaginer qu’une telle performance sur une course en double puisse être réitérée.

Yann Guichard, le skipper de Spindrift 2 avait d’ailleurs réagi sur son fil twitter :

Transat Jacques Vabre. Spindrift2 interdit de participation! Merci aux organisateurs

Si je comprends bien, pour participer à la je dois couper mon bateau de 8m. Très élégant comme réponse!

Le reste de la flotte est donc préservée, à savoir les Multis 70, et l’ensemble des autres maxis multicoques (le 80′ Prince de Bretagne, l’ancien Sodeb’O de 105′, son sister ship ex Oman Air, l’ex B&Q Castorama, le 97′ Idec Sport, le nouveau Sodeb’O Ultim de 102′, le Banque Populaire VII de 105′ et le nouveau Macif de François Gabart actuellement en construction de 100 à 105′).

Pourquoi une telle décision ?

L’organisation aurait pu justifier cette décision par le fait de vouloir réunir une flotte relativement homogène de gros multicoques plus adaptée au solitaire ou au double que le trimaran de 40 mètres. En effet Spindrift 2 de par sa taille et sa puissance pourrait être à son avantage sur cette transat Jacques Vabre qui se déroule majoritairement dans les alizés.

La communication a semble-t-il été défaillante du côté de l’organisation qui a répondu à Yann Guichard via twitter par ceci :

La accueillera la classe Ultime, si intègre le collectif est le bienvenu sur la course

 

Quel est donc le rapport entre le collectif Ultim et la Transat Jacques Vabre ?

A priori aucun, le collectif Ultim a été lancé en fin d’année dernière par trois armateurs de Maxis Multicoques destinés au solo, à savoir Banque Populaire, Macif et Sodeb’O qui ambitionnait de lancer un programme sur 4 ans à partir de 2015.

A son lancement, le communiqué de presse du Collectif Ultim précisait :

Le Collectif Ultim s’est donné pour objectif de travailler à la mise en place d’un programme sur 4 ans, appelé Challenge Ultim qui intégrerait un tour du monde en solitaire et au minimum une course intermédiaire, les autres années. Le format requis pour ces courses serait du solo ou du double. Rejoindre le collectif pour un armateur suppose que son bateau soit maniable sans assistance électrique ou hydraulique et puisse s’aligner au moins au départ d’une course par an.

L’objectif était donc de fédérer les équipes de maxis multicoques de plus de 80′ sans se substituer aux organisateurs de course.

A l’heure actuelle, le Collectif Ultim reste à l’état de projet, et aucun programme n’a été dévoilé.

Pourquoi l’organisateur de la Transat Jacques Vabre demande alors à Spindrift de rejoindre ce collectif, alors que la participation des bateaux plus petits n’est pas soumise à l’adhésion à celui-ci ?

L’objectif du collectif Ultim semble être de développer une « classe » de Maxis Multis Solo.  Les flotteurs du nouveau Macif ont d’ailleurs été construits  dans des moules femelles afin de pouvoir construire d’autres unités, il semblerait que Banque Populaire songe fortement à faire construire un nouveau trimaran dans ces moules pour la Route du Rhum 2018, le Gitana Team semble également réfléchir à cette option.