Le Maxi Edmond de Rothschild dévoilé par le Gitana Team

Le Gitana Team a dévoilé en grande partie son nouveau trimaran, le Maxi Edmond de Rothschild, qui sera mené par Sébastien Josse.

Celui-ci est actuellement en chantier chez Multiplast à Vannes, le multicoque a été dessiné par l’architecte naval  Guillaume Verdier  en collaboration avec le bureau d’études Gitana.

Le trimaran bénéficie des recherches faites par l’équipe de Guillaume Verdier sur la dernière Coupe de l’America’ (l’architecte avait dessiné le catamaran d’Emirates Team New Zealand, finaliste de l’America’s Cup), la coque centrale et des flotteurs sont fins et leurs carènes présentent une forme en U afin de favoriser le planning, et le vol.
L’objectif du Gitana Team étant de disposer du premier trimaran océanique capable de voler au large, pour se faire l’équipe avait déjà grandement fait évoluer le MOD70 du team (qui navigue aujourd’hui sous les couleurs de Maserati), qui a servi de laboratoire pour le développement des appendices.
Comme sur le Multi70′, le Maxi Edmond de Rothschild disposera de foils en L et de safrans à plans porteurs, qui permettront au trimaran de décoller, ils ne seront dévoilés que lors de la mise à l’eau en juillet.
Le skipper espère des vitesses proches des 40 noeuds en mode archimédien, et probablement quelques noeuds de plus en mode « aérien ».

Un soin particulier a également été porté à l’aérodynamisme de la plate forme avec des carénages de bras et un cellule de vie profilé en forme de goutte d’eau intégrant l’emplanture du mât, ainsi que la cellule de vie et le poste de manoeuvre, qui offrira au skipper un espace protégé pour mener son trimaran.

Initialement prévu avec une taille de 33m de long pour 23 de large, le trimaran ne mesurera finalement que 32m de long, afin de coller aux mesures maximales du Collectif Ultim. Reste la question de l’asservissement des appendices sur lequel le Gitana Team travaille depuis plusieurs années, celui-ci est jusqu’ici interdit par le Collectif. Cependant il est probable que ce point puisse être rapidement revu afin d’intégrer le Maxi Edmond de Rothschild au groupe.

Le programme de Gitana 17 comprend la Transat Jacques Vabre en novembre 2017(Sébastien Josse embarquera Thomas Rouxel pour le seconder), en 2018 il sera sur la ligne de départ de la Route du Rhum puis  sur celle du tour du monde en solitaire en course à l’automne 2019.

En dehors des innovations technologiques, le Gitana Team innove aussi du côté artistique avec une décoration adaptée par Jean-Baptiste Epron au trimaran d’après une oeuvre originale de Cleon Peterson.

L’actualité en bref

  • Deux MOD 70 s’affrontaient sur le Rolex Middle Sea Race, Phaedo 3 mené par Lloyd Thornburg et Maserati Multi70 (ex Gitana XV) de Giovanni Soldini. Phaedo 3 prenait rapidement la tête de la flotte et le meilleur sur Maserati, mais l’équipage commettait une erreur de navigation, et poursuivait sur une mauvaise marque. L’équipage du Multi 70 profitait de la défaillance de son adversaire pour prendre le leadership et remporté la course, et aussi battre le record de l’épreuve en 2 jours, 1 heure, 25 minutes et 1s. A noter que Maserati avait subi une casse avant le départ avec la perte d’un safran à plan porteur suite à une collision avec un OFNI.
  • L’équipage de Phaedo 3 n’aura pas patienté longtemps avant de reprendre la mer, puisqu’il s’est attaqué au record entre Monaco et Porto Cervo bouclé en 7 h 53 min et 31 secondes.
  • François Gabart et son routeur  Jean-Yves Bernot n’ont pas rencontré de fenêtre météo favorable au record de la Méditerranée, le skipper du trimaran Macif a donc convoyé son bateau vers Lorient.
    © Lloyd Images

    © Lloyd Images

    Le trimaran entrera en chantier dès aujourd’hui, comme l’explique le skipper :
    « Cela commence toujours par la vérification de la structure et le démontage de toutes les pièces. Nous avons bien tiré sur le bateau cette année, notamment lors du convoyage vers la Méditerranée, pendant lequel nous avons rencontré des conditions assez fortes, mais a priori, il n’y a pas de dommages importants. Après, nous n’avons pas prévu de modifications structurelles majeures, mais nous avons une belle job-list, avec un tas de petites évolutions dont l’objectif est de faciliter les manœuvres et la vie à bord et qui, mises bout à bout, vont bien nous occuper »

  • Autre chantier dans la classe Ultime pour Actual Ultim, le trimaran mené par Yves Le Blévec a quitté l’eau pour passer l’hiver en chantier. La plate forme du trimaran sera optimisée et recevra un  nouveau mât dans les mois à venir.

    © Th.Martinez / Sea&Co.  Trimaran ULTIM “ACTUAL”

    © Th.Martinez / Sea&Co.
    Trimaran ULTIM “ACTUAL”

  • Le chantier du trimaran Spindrift 2 se prolonge, prévu pour durer jusqu’à fin octobre, il se poursuivra jusqu’au mois de mars. Ceci pourrait s’expliquer par un problème structurel découvert sur le maxi trimaran, ce qui expliquerait l’annulation de la tentative de Trophée Jules Verne pour le Team Spindrift racing cet hiver.
    © Eloi Stichelbaut

    © Eloi Stichelbaut

    Le skipper, Yann Guichard fait également part dans un communiqué de presse de son retrait de The Bridge, la transatlantique entre Saint Nazaire et New York, du fait d’une limitation de l’équipage à 6 personnes, l’équipage se concentrera donc sur des record européens avant une nouvelle tentative de tour du monde l’hiver prochain :
    « Nous avions à l’origine prévu de courir THE BRIDGE, course transatlantique entre Saint-Nazaire et New-York. Malheureusement l’avis de course (pre notice of race) sorti récemment restreint le nombre d’équipiers à bord à 6 dans la catégorie Ultime ouverte à tous les grands multicoques, nous empêchant ainsi de participer avec Spindrift 2, un bateau optimisé pour 12 à 14 personnes en vue de la prochaine tentative de Trophée Jules Verne. Dans cette configuration, en équipage réduit, hormis les questions de sécurité qui se posent, il y a celle de la performance. Nous ne pourrons pas exploiter tout le potentiel sportif de Spindrift 2 pour tenter de battre le Queen Mary II. Ainsi cette année nous ne ferons pas de Transatlantique mais des records européens (comme le Tour des Iles Britanniques, record de la Manche, Tour de l’Irlande etc.) dans le cadre de notre campagne d’entraînement au Trophée Jules Verne »

    Le team Spindrift racing sera de nouveau engagé sur le le Word Match Racing Tour en M32 et sur le D35 Trophy.

Le Multi 70 Groupe Edmond de Rothschild/Gitana XV passe sous pavillon italien

La rumeur s’est confirmée aujourd’hui, Gitana XV/Groupe Edmond de Rothschild, le Multi 70 passe sous les couleurs de Maserati.

Giovanni Soldini, le skipper transalpin et son équipe avaient été aperçu à plusieurs reprises à Lorient et avaient effectué plusieurs sorties sur le trimaran. Les modifications faites sur le bateau par le team français ( au niveau des appendices) et la fiabilisation des systèmes permettant le vol ont certainement fait pencher la balance, d’autres ex MOD70 non modifiés étant disponibles.

Le programme à venir n’a pas encore été annoncé. Le bateau se nommera Maserati Multi 70, un autre sponsor a rejoint le team : UnipolSai. L’achat du trimaran semble avoir été fait par John Elkann, président du groupe Fiat et petit fils de Giovanni Agnelli.

L’actualité des ultimes

  • Aux Etats Unis, Tritium Racing, l’ex 60′ ORMA allongé à 72′  a été remis à l’eau pour participer à la Newport to Ensenada Yacht Race, le trimaran sera skippé par Ryan Breymaier. Il est équipé de foils plus longs achetés à Artemis racing, la dérive centrale a été supprimée.
    Orion, le MOD 70 (ex Veolia) sera également sur la ligne de départ, tout comme l’ex Groupama 3, Mighty Merloe.
  • Lloyd Thornburg et son équipage continuent leur programme avec toujours autant de succès, sur le MOD 70 Phaedo3. Ils signent une nouvelle victoire en temps réel aux Voiles de St Barth.
    Phaedo³ at Les Voiles de St Barth 2016 from Ocean Images on Vimeo.

    Un article du Monde sur le parcours du propriétaire de Phaedo3 : ICI.

  • Oman Sail a remis son MOD 70 Musandam à l’eau la semaine dernière. Sidney Gavignet devrait aligner le trimaran sur la Québec Saint Malo et sur des courses du RORC (sur lesquelles devraient être présents les MOD 70 Concise 10 et Phaedo3
  • Le Gitana Team poursuit le développement de son Multi70 Edmond de Rothschild. Le trimaran navigue régulièrement, l’équipe a atteint son objectif de faire voler Gitana XV au large.
    Sébastien Josse, skipper du Gitana Team : « La théorie est une chose et la pratique une autre. Malgré la qualité des intervenants du projet et les progrès faits en termes de calculs numériques, rien ne remplace les milles sur l’eau. Pouvoir bénéficier d’une plate-forme telle que Gitana XV durant cette période de réflexion puis de construction du futur Maxi est une chance incroyable que nous avons su exploiter au maximum.

    Cette deuxième campagne d’essais dédiée au vol est plus que positive ! Les navigations que nous réalisons actuellement sont juste incroyables, tellement que je ne pensais pas vivre ça un jour…  Avec nos nouveaux appendices, nous avons dépassé des vitesses que nous n’espérions pas atteindre dans cette configuration ou tout du moins pas aussi rapidement ! Et puis la vitesse est une chose très importante mais ces dernières navigations nous ont également énormément appris sur le comportement du bateau, qui est très clairement différent de ce que nous connaissions jusqu’à présent ; le bateau ne flotte plus, il vole sur deux lames… Nous avons passé un cap très important. Les enseignements sont aussi très intéressants sur les erreurs à ne pas commettre dans l’avenir tant dans nos choix architecturaux que sur les systèmes embarqués. Le bureau d’études dispose ainsi de nombreuses données pour poursuivre ses recherches. Le travail ne s’arrête jamais et l’état de la mer est encore un facteur sur lequel nous devons progresser !»
    http://www.youtube.com/watch?v=j2y2az8A124

    Ces recherches effectuées sur le 70′, sous la houlette de Guillaume Verdier et du bureau d’études du team est d’appliquer celles-ci sur le maxi trimaran en construction chez Multiplast.
    Ce Gitana Maxi fera 33m de long par 22 de large, est donc en dehors du cadre architectural du Collectif Ultim. Un autre point de désaccord entre le team et le collectif concerne l’asservissement des appendices, la technologie développée par le Gitana Team étant rejetée par le collectif.
    Plus d’infos dans Tip&Shaft.

  • Spindrift 2 sera remis à l’eau le mois prochain, Yann Guichard et Dona Bertarelli devraient de nouveau tenter le Jules Verne cette hiver, une participation à la Transat Jacques Vabre est également envisagée.
    http://www.youtube.com/watch?v=g9hbz_yQuco
  • Idec Sport et son skipper Francis Joyon retenteront également l’expérience autour du monde en équipage cet hiver. D’ici là le skipper envisage une tentative de record des 24h en solitaire si une fenêtre se présente.
    L’interview du skipper : ICI.
  • Les trois membres actuels du Collectif Ultim sont en plein préparation de The Transat bakerly.
    François Gabart sur Macif et Thomas Coville sur Sodeb’O ont effectué des entrainements en commun organisés par le Pôle Finistère Course au Large.
    Yves Le Blévec a remis Actual a l’eau au début du mois sans grosses modifications

    Yves Le Blevec, skipper d’Actual : « Nous sommes déjà dans la procédure de départ pour The Transat. Je ne pourrais pas m’entraîner comme je l’avais prévu, mais nous nous adaptons. L’objectif, dans le temps qui nous est imparti, est de travailler les priorités. Je ne me fixe pas d’autres impératifs sportifs sur cette transat que de naviguer de la façon la plus sécuritaire possible, tout en restant performant bien sûr. Nous n’en sommes encore qu’au tout début du projet, assurer la sécurité du bateau, c’est assurer celle de notre programme. »

    François Gabart, skipper de Macif : « Le temps de préparation pour The Transat étant assez court (prologue le 23 avril à Saint-Malo, départ le 2 mai de Plymouth), ma priorité est de maîtriser au mieux les manœuvres en solo, ce qui est loin d’être évident . Par exemple, la semaine dernière, nous avons eu une navigation de 18 heures au total. J’ai fait cinq empannages, cinq virements et trois changements de voiles. J’ai passé plus de la moitié du temps à tourner les manivelles, c’était assez costaud !»

    • Thomas Coville qui participera donc à The Transat bakerly, s’alignera autour du monde en solitaire cet hiver. Tip&Shaft revient sur la concurrence face à Macif dans la newsletter du 15 avril, l’ex Géronimo a un petit déficit de performance face au dernier trimaran sorti de chantier (avant celles à venir de Banque Populaire IX et de Gitana Maxi), la question d’un nouveau bateau a été évoquée par le skipper auprès de son sponsor. Celui-ci préfère que le skipper exploite au maximum le bateau actuel étant donné les échéances à venir (Route du Rhum 2018 et Tour du monde en course en 2019). Thomas Coville envisage cependant un changement de flotteurs afin de gagner du poids, mais ce projet n’est pas d’actualité pour l’instant.

Oman Sail annonce la fin des recherches de l’équipier disparu en mer

Le CEO d’Oman Sail a annoncé la fin des recherches de Mohammed Al Alawi, le marin de 26 ans, porté disparu depuis 9 jours en Méditerranée.

L’équipier du MOD 70 est passé par dessus bord lors du convoyage du trimaran vers Trieste.
Le dispositif de recherche était composé des gardes côtes italiens et croates, ainsi que du MOD et de différents semi rigides et aéronefs affrétés par le team omanais.

Malgré cet important dispositif les recherches n’auront pas permis de retrouver Mohammed Al Alawi.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Un équipier du MOD 70 Musandam Oman Sail porté disparu

Un des équipiers omanais du trimaran MOD70 Musandam-Oman Sail est porté disparu depuis ce matin.
Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Le marin est passé par dessus bord à 5h ce matin, alors que le multicoques naviguait dans 15  à 17  noeuds de vente, au large de la Croatie.
Les recherches se sont rapidement mises en place et sont menées par les garde-côtes croates et italiens, il semblerait que le disparu ne portait pas de gilet de sauvetage.
L’équipier disparu est Mohammed Al Alawi, 26 ans.
L’équipage était composait de cinq personnes: Sidney Gavignet le skipper, Richard Mason, Sami Al Shukaili, Hussein Al Jabri et Al Mohammed Al Alawi.

Le MOD70 devait rejoindre Trieste pour des relations publiques avant de rejoindre Malte pour prendre  le départ de la Rolex Middle Sea Race 2015.

Race for Water chavire dans l’océan Indien

 Le MOD 70 Race for Water barré par Stève Ravussin a chaviré aujourd’hui.
Le trimaran était engagé sur un tour du monde afin établir un bilan de la pollution des océans par les plastiques, la Race for Water Odyssey.
L’équipage avait déjà parcouru 32000 mille à travers les  océans Atlantique, Pacifique et faisait son entrée dans l’indien.
Le chavirage a eu lieu  à 90 milles au sud est de l’archipel de Chagos, dans 18 à 20 nœuds de vent.
L’équipage composé de composé de Stève Ravussin, Claude Thélier, le Larmorien Martin Gavériaux, Olivier Rouvillois et Marco Simeoni,est sain et sauf à l’intérieur de la coque centrale et devrait être secouru dans les heures  venir.
L’équipe à terre organise actuellement la récupération de l’équipage ainsi que de la plateforme.
Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.org

Actus des Maxis Multis

  • François Gabart et son équipe ont mis à l’eau le maxi trimaran Macif la semaine dernière et ont pu effectuer la première navigation le 22 août. Le co-skipper pour la Transat Jacques Vabre sera Pascal Bidégorry. Pour cette première course, le trimaran ne sera équipé que d’un seul foil du fait du manque de temps pour la mise au point du bateau.

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  • Le team Spindrift racing poursuit sa préparation pour le Trophée Jules Verne. L’équipage de Dona Bertarelli et Yann Guichard a brillamment remporté la Fastnet Race dans les petits airs, devant le MOD70 Phaedo 3 et le Maxi 80 Prince de Bretagne. Suivaient deux autres MOD 70, Musandam Oman Sail et Concise 10 (ex Paprec). La course en multicoque en temps compensé est remportée par le 63′ Paradox.
    http://www.youtube.com/watch?v=XI0JsE7q3LQ

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 : « C’est toujours un plaisir de revenir naviguer sur cette course mythique. C’était une régate d’autant plus difficile que les conditions de vents étaient légères et aléatoires, on y allait de risée en risée. Cela a été une course d’effort, d’endurance et d’équipe. Nous avons beaucoup manœuvré et notamment vérifié les modifications effectuées sur le bateau en vue du Trophée Jules Verne. Les résultats sont positifs d’un point de vue technique car on a gagné 20% de puissance sous certains angles.» confiait à l’arrivée Dona Bertarelli. «C’est la seconde fois que je participe à la Fastnet Race et c’est toujours beaucoup d’émotion de faire le tour du Fastnet Rock. La course a été lente, longue mais instructive. On a pu constaté que le bateau était plus rapide dans les petits airs qu’avant. Il s’agissait de la première course de Spindrift 2 dans sa nouvelle version. Nous avons vu pas mal de petits réglages à peaufiner et à faire. C’est très utile pour la suite de notre préparation en vue de la tentative de record autour du monde. »

  • Lending Club 2 est en route vers la Bretagne, où il sera pris en mains par l’équipe de Francis Joyon pour un chantier en vue de la préparation du Trophée Jules Verne pour le nouvel Idec.

MOD 70, un départ vers les Antilles

  • Le MOD 70 ex Foncia, propriété de Michel Desjoyaux, a retrouvé l’eau. Il devrait rejoindre la flotte du Team Phaedo, qui navigue actuellement sur un catamaran Gunboat 66, sa zone de navigation privilégiée devrait être les Antilles (Voiles de St Barth, Carribean 600, Antigua Sailing week etc.). Il semblerait que le navigateur britannique Sam Goodchild soit de l’aventure.
  • Race for Water, le trimaran de Stève Ravussin, est de nouveau à l’eau. Le bateau partira le 15 mars de Bordeaux, pour un tour du monde, le Race for Water Odyssey, le but de cette campagne est d’étudier la pollution des océans par le platique, en « visitant » les cinq vortex de plastique connus autour de la planère. Marco Simeoni, président de la fondation Race for Water sera sur le trimaran durant les 9 mois de l’expédition.
  • Le Gitana Team, outre le chantier de son IMOCA, poursuit les études sur son multi 7à qui devrait être équipé de foils en L pour sa remise à l’eau. L’équipe a déjà débuté son apprentissage du foiling sur son monotype GC32 la semaine dernière à Lorient. L’IMOCA doit être mis à l’eau en août, Sébastien Josse devrait donc pouvoir tester le trimaran de 70′ dans sa nouvelle configuration avant de passer à sa préparation pour le Vendée Globe.
  • Aucun programme prévu pour les MOD 70 de Spindrift racing et de Paprec Recyclage. Le team Spindrift racing sera occupé sur de nombreux supports (le maxi trimaran de 140′ avec une tentative de trophée Jules Verne en fin d’année, les circuits GC32, D35 et le tour de France à la Voile), il est probable que leur MOD reste au sec une année de plus.
  • Le MOD 70 Musandam d’Oman Sail, skippé par Sidney Gavignet, devrait être aligné sur les classiques semaines de Kiel et de Cowes.

Francis Joyon 6ème au finish devant Yann Eliès

Francis Joyon et Yann Eliès ont joué un remake de l’arrivée de Lionel Lemonchois et Sidney Gavignet, avec le même résultat, le skipper le plus expérimenté et sur le plus gros trimaran bat l’autre sur le fil.

Francis Joyon sur Idec Sport a choisi la même option à terre que Lemonchois plus tôt dans la journée, avec le même succès puisqu’il passait Yann Eliès encalminé plus au large.

Francis Joyon boucle donc cette 10e Route du Rhum – Destination Guadeloupe en 9 jours 4 heures 42 minutes et 4 secondes, à la vitesse moyenne de 16,05 nœuds. Il a parcouru en réalité 4 664 milles à 21,13 nœuds de moyenne. L’écart au premier, Loïck Peyron, est de 1 jour 13 heures 33 minutes et 32 secondes.

Francis Joyon, skipper d’Idec Sport :

« Mon père me disait toujours qu’il fallait être soit premier soit dernier ! (rires). Bon, je ne suis pas vraiment habitué à ramasser les bouées, mais c’est la loi du sport et il faut savoir l’accepter. Pour qu’il y ait de beaux vainqueurs, il faut aussi qu’il y ait de bons perdants ! J’ai effectué ma pénalité de deux heures hier soir et Yann (Eliès) est revenu, puis j’ai réussi à repasser dans le final mais c’est anecdotique. Ceci dit, je suis plutôt content d’arriver de jour, parce que je sais que la nuit les dévents de la Guadeloupe peuvent être assez embêtants : une fois j’ai mis plus de douze heures à faire le tour donc je me méfiais ! 

Le sport, c’est aussi savoir perdre. Bien sur comme tout le monde je préfère gagner, mais ça ne peut pas être le cas à chaque fois. J’ai eu beaucoup de petits soucis techniques qui m’ont vraiment handicapé, entre autres avec mon informatique et avec mes safrans abimés au large du Portugal.

Dès le départ, j’ai posé un gros truc lourd sur l’écran de mon ordinateur : l’écran a complètement explosé, inutilisable. J’avais un ordinateur de rechange mais il y avait un bug énorme…il s’éteignait toutes les deux minutes. J’avais droit à deux minutes de vision de carto, je ne pouvais pas poser un waypoint, c’était galère.  J’avais quand même un GPS portable, donc, pas de difficulté majeure pour se situer. Donc, ce n’était pas vraiment une navigation à l’ancienne au sextant ! . J’ai fait un come back au large du Portugal mais je l’ai payé cher parce que j’ai tapé mon safran central.

Le temps que je m’en rende compte, mes drosses de direction de barre s’étaient déréglées. Au matin, mon bateau était devenu difficilement barrable… il y a tout de même un trou dans le flotteur qui entraine une gerbe d’eau. Surtout, je pense que j’ai passé beaucoup de temps à tenter d’avancer malgré tous ces petits pépins, mais du coup j’avais moins de temps pour faire de la météo et bien étudier ma route. C’est une somme de petites choses comme ça qui font que cette fois-ci je n’ai pas pu jouer réellement avec les bateaux de devant. C’était un peu frustrant, forcément.

Je trouve que cette édition a été dure : le départ avec la dégelée, petit temps plein-vent arrière avec l’obligation de tricoter comme des fous…ça donne des émotions tout ça ! Je pensais faire un podium, donc je ne suis pas particulièrement satisfait : mais c’est le sport, il faut accepter les contrariétés. Par contre, je suis content d’être allé au bout du truc. J’aurais été triste de devoir m’arrêter. Même en allant moins vite que j’aurai dû, j’ai tenté ma chance et je suis allé jusqu’au bout. »

 

Yann Eliès a franchi la ligne d’arrivée une heure plus tard,  le skipper du 70 pieds Paprec Recyclage a mis 9 jours 5 heures 48 minutes et 15 secondes pour boucler le parcours de 3 542 milles à la vitesse moyenne de 15,97 nœuds. Il a parcouru en réalité 4 538 milles à 20,46 nœuds de moyenne. L’écart au premier, Loïck Peyron, est de 1 jour 14 heures 39 minutes et 43 secondes.

Yann Eliès, skipper du Multi70 Paprec Recyclage :

« Ce fut une super bonne transat, je n’ai jamais été aussi rapide sur l’eau, avec pas mal d’engagement, pas mal d’ennuis aussi, mais au final je ne retiendrais que les bons moments, quand tu es à 30-35 nœuds, le bateau sur les foils et que ça fume de partout. C’est pour ces moments que tu fais la Route du Rhum, surtout en multicoque.

La mission est remplie, le bateau est là, je n’ai pas chaviré. Je n’étais pas loin d’accrocher le vieux briscard, Francis Joyon, ce qui aurais été la cerise sur le gâteau, mais il mérite cette place. C’est un bon dépucelage ! Ca pique les yeux des fois ! Les deux premiers jours c’était dur, il ne fallait pas que ca dure une journée de plus, parce que je ne pouvais plus. J’ai eu des pépins techniques, donc j’ai eu du mal à trouver le bon rythme au début. J’ai eu le sentiment que le dernier jour était le bon donc il faut que je revienne ! Il y a eu de l’intensité, je fais un meilleur temps que Groupama, il y a quatre temps avec un bateau plus petit, ça veut dire qu’on a tiré sur nos machines. J’aimerais bien revenir avec un beau bateau, bien préparé, dans de bonnes conditions. J’ai eu un bel accueil en mer des pêcheurs, des Saintois qui sont venus me rejoindre dans le canal des Saintes, je ne suis pas au bout de mes surprises, car il y a du monde ici ! Je vais maintenant débriefer avec les gars de mes choix, pour que tout le monde progresse et prendre un bon repos mérité. Même si ça été une année difficile pour moi parce qu’en terme de résultat sportif, elle n’a pas été au niveau mes espérances, mais émotionnellement, elle m’a procuré des trucs énormes entre la Solitaire du Figaro et cette transat. C’est aussi pour ça qu’on fait ce métier ! J’ai cru que c’était fait ce matin, je pensais rester devant. Mais c’est le tour de la Guadeloupe ! Il réserve toujours des surprises, ça ne se passe jamais comme prévu… Le plus beau moment, c’est en arrivant à Basse-Terre à 30 nœuds perché sur les foils avec une lumière magnifique… »