Lourde avarie pour Team Ocean

Le trimaran Team Océan (ex Brossard, ex Sergio Tacchini) sur plans Irens/Cabaret avait été lancé en 2002.

Yvan Bourgnon l’avait acheté en 2005, le trimaran a courru pendant 2 saisons sous les couleurs de Brossard, en  2008, suite à l’arrêt du sponsoring de Brossard, Yvan Bourgnon avait convoyé son bateau à Dubai en vue d’une vente, pendant une tentative autour d’un archipel artificiel en juin, la coque centrale s’était cassé nette en avant du bras de liaison avant, le bateau avait ensuite été réparé par Yvan Bourgnon et son équipe. On était depuis sans nouvelle du 60′ ORMA, Pierre Yves Lautrou dévoile le triste destin de celui-ci sur son blog :  Au Large.

Le bateau est dans un état très préoccupant : la coque centrale et le flotteur tribord sont en partie sous l’eau, le mât surnage, cassé en trois.

Gitana 11 allongé à 77′

L’exclusivité revient à Loick Le Bras, journaliste de Voiles et Voiliers, le trimaran vainqueur de la dernière Route du Rhum prend donc plus de 5mètres de longueur dans cette opération.

La coque centrale a été allongée par l’arrière d’un métre, et l’étrave tronçonnée à l’avant du bras de liaison pour être remplacée par une nouvelle étrave de 9 mètres.

Les flotteurs construits en Nouvelle Zélande ont été assemblés fin juillet.                      Tout comme l’étrave de coque centrale, celles des flotteurs adoptent une étrave inversée, avec un dessin à priori proche de celui des étraves de Banque Populaire V.

La dernière grosse modification est la construction de deux postes de barre qui seront désormais situés juste à  l’extérieur du cockpit, alors qu’ils se trouvaient auparavent au niveau du bras arrière entre la coque centrale et le flotteur. Cette disposition permettra au skipper, Yann Guichard d’avoir à portée de main tous les winchs disposés sur les côtés du cockpit.

La mise à l’eau du trimaran largement modifié est prévue début septembre.

Les premières photos à découvrir sur le blog Voiles et Voiliers de Loick Le Bras.

Le retour gagnant du MOD 70′ ORMA ?

Un communiqué de presse surprenant, alors que l’on considérait le projet de MOD 70′ ORMA comme définitivement abandonné, celui-ci ré-apparait.

La société Multi One Design SA, crée par Franck David, Marco Simeoni, Steve Ravussin a repris les actifs du projet MOD 70 avec le but de relancer cette série.

L’objectif est de lancer la construction des premiers trimarans, de façon à avoir un premier bateau en octobre 2010 et une flotte de 5 trimarans en juillet 2011, comme pour le projet initial le nombre maximum de la flotte serait de 12 unités.

La société MOD SA semble vouloir recentrer la classe sur des courses en équipage de façon à attirer des skippers étrangers moins habitués aux courses en solo ou en double que les skippers français.

Côté compétition, le concept d’un tour de l’Europe estival et annuel en équipage est repris, avec 6 à 8 étapes, alternant courses offshore de ralliement entre les différentes villes étapes et inshore, type « city races » comme sur la Oops Cup .La première édition étant prévue en 2012.

Autre concept retenu et qui avait été discuté par la classe ORMA : un tour du monde avec étapes (minimum 5) de novembre à avril tous les 3 ans, avec une première édition en 2013.

Les transats classiques (Route du Rhum, Transat Jacques Vabre…) feraient ausi parties du programme.

Un programme ambitieux pour Multi One Design SA, reste à trouver un minimum de 5 teams prêts à investir dans ce circuit ce qui n’avait pas été le cas en 2007…

Franck Cammas répond aux questions de Voile-Multicoques.com et VoileSportive.com

Franck Cammas, skipper du maxi trimaran Groupama 3, actuellement en stand by pour le record de l’Atlantique Nord, et de l’Extreme 40 Groupama 40 a accordé cette interview à VoileSportive et Voile-Multicoques au cours de l’étape hyèroise de l’iShares Cup.

VoileSportive.com : La tournée Méditerranéenne, le record de la Méditerranée vous ont ils conforté sur la fiabilité de Groupama 3 après le chantier post chavirage ?

Franck Cammas : En fait toute cette tournée en Méditerranée nous a obligé et permis de naviguer dans des conditions extrêmement variées ; de naviguer beaucoup puisqu’à l’arrivée à New York le bateau a environ 10000 milles de navigation, ça a été de superbes mois de mise au point, très intenses et dans des conditions que l’on ne rencontre pas en record.

VS.com : Tu avais un rôle de coach auprès de l’équipe américaine, BMW Oracle, qui défie Alinghi pour la prochaine coupe de l’America, aujourd’hui ce sont tes concurrents sur l’iShares Cup. Que penses tu tu niveau actuel de l’équipe en multicoque ?

FC : Ils sont très bons, individuellement ce sont des marins excellents ; pour le multicoque il faut apprendre, comme pour tous les bateaux.
Au sein de l’équipe américaine, il y a des gens qui apprécient beaucoup le multicoque comme James Spithill, qui s’investit sur ce support, d’autres apprécient  nettement moins la navigation sur multi et ont peur. Mais ils vont faire du bon boulot, ils ont su s’adapter.

Photo Paul Todd/ BMW ORACLE Racing

VS.com : Tu as navigué sur leur trimaran, BOR 90, pendant la phase de mise au point. Les rumeurs parlent d’un second bateau ou de grosses modifiacations pour faire face au multicoque d’Alinghi qui serait typé petit temps, selon toi BOR 90 est il trop “conventionnel” ?
FC : L’objectif était de mettre à l’eau un bateau  rapidement, puisque la première échéance était un an après le dépôt du défi face à Alinghi, ensuite il y eu les procédures juridiques qui ont retardé le processus.
Le defender a toujours un avantage qui est de choisir le plan d’eau, nous (BMW Oracle, ndlr)  avons donc essayé de faire un bateau qui était polyvalent avec des moyens de le typer rapidement pour le petit ou le gros temps. La plate forme  peut donc tout à fait s’adapter, évidemment avec des modifications pour que le trimaran progresse dans ce type de vent.
En ce qui concerne le bateau des suisses, nous aurons la réponse dans quelques jours, mais les bruits qui courent font état d’un multicoque typé petit temps, ce qui est normal, puisqu’ils savent parfaitement faire cela avec les D35 et les régates sur le lac Léman.

VS.com : En ce qui concerne la Route du Rhum 2010, as-tu pris une décision sur la bateau qui sera aligné au départ : Groupama 2, Groupama 2 allongé, ou Groupama 3 version solo ?

FC : Pour Groupama 2 allongé, nous avons dit non, ce sera Groupama 2 ou Groupama 3 version solo.
Pour Groupama 3, l’équipe réfléchie et travaille beaucoup sur ce sujet, j’espère partir avec Groupama 3 version solo, ce serait un beau défi.

VS.com : Ceci impliquerait des modifications sur la surface de voiles ?
FC : Bien sûr, un plan de pont un peu différent, un plan de voilure complètement différent mais une plate forme qui resterait extrêmement proche de l’actuelle.

©Guilain GRENIER / Sea & Co©Guilain GRENIER / Sea & Co

VS.com : Tu participes au championnat Julius Baer sur Zen Too (Decision 35), pourquoi avoir choisi l’iShares Cup plutôt que le circuit Decision 35 ?

FC : Ce qui est intéressant sur l’iShares Cup, c’est la découverte de nouveaux plans d’eau qui sont très différents les uns des autres, ce qui est un parfois dommage sur le lac Léman, c’est l’orientation petit temps, avec un plan d’eau très particulier.
Le circuit Extreme 40 permet aussi une confrontation  à des adversaires venant d’horizons différents, alors que le Décision 35 reste une série de spécialistes du lac Léman, l’arrivée de  nouveaux concurrents est donc plus facile que sur Decision 35. Le circuit est aussi plus orienté vers les marins professionnels et vers les médias, ce qui est bon pour notre sponsor.

VS.com : Comment expliques-tu le succès grandissant de l’iShares Cup ? Est ce que le format adapé au public participe à ce succès ?

FC : Les sponsors sont attirés par ce rapprochement vers le public, l’organisation est très clean, bien rodée, orientée vers les médias, ils travaillent beaucoup cet aspect, et avec des moyens suffisants.
Le show, il en faut mais pas trop, il faut trouver le juste milieu, de notre côté on a plus l’habitude de régates conventionnelles, ce n’est pas le cas sur le circuit, mais on conserve des bords de près et de portant, très courts, mais l’aspect tactique reste primordial.

VS.com : La classe ORMA a disparu, comment epliques- tu celà ?

FC : je ne sais pas si la formule était mauvaise, il y a eu un ensemble de circonstances qui n’ont pas aider la classe ; mais quand on voit ce qui se passe en monocoque IMOCA, le bilan de l’ORMA était aussi bon.
D’un point de vue spectacle, intensité des programmes, l’ORMA était bien au dessus de ce qui se fait à l’heure actuelle.
Sur le papier, la formule était excellente, maintenant il faut un nouveau souffle avec peut être un nouveau bateau pour intéresser les skippers.
L’image d’une classe difficile pour les marins a peut être joué aussi, avec des skippers qui n’osaient pas venir ou vendre un projet ORMA ; du fait de la difficulté technique avec la nécessité d’une grosse équipe pour suivre le rythme des programmes.

Merci à Franck Cammas et à l’équipe Groupama pour cette interview.

L’actualité du Team Groupama à suivre sur leur site officiel.

Un premier flotteur pour Gitana 11 allongé à 75′

Le communiqué de presse du Gitana Team en ce qui concerne le chantier d’allongement de Gitana 11 pour la Route du Rhum 2010, le trimaran prendra finalement 15′ contrairement à ce qui avait été annoncé initiallement (70′) :

Depuis le mois de janvier 2009 l’équipe technique du Gitana Team s’attèle au chantier de transformation de Gitana 11. Le trimaran vainqueur de la Route du Rhum 2006 sous les couleurs du Groupe LCF Rothschild, connaît actuellement de lourdes modifications structurelles, puisque de 60 pieds le multicoque passera bientôt à 75 pieds. Ce chantier ambitieux, encouragé par le nouvel avis de course de la transatlantique entre St Malo et Pointe-à-Pitre – rappelons que la 9ème édition sera ouverte aux multicoques de la G Class –, pourrait familièrement se comparer à un grand puzzle. En effet, les pièces maîtresses de ce nouveau trimaran arrivent des quatres coins du globe et cette semaine a été marquée par la réception du premier flotteur en provenance de Nouvelle-Zélande.

Le flotteur tribord de Gitana 11, premier à sortir des chantiers néo zélandais, a quitté les Antipodes début mai pour un convoyage en cargo d’une trentaine de jours. Débarquée au Havre samedi dernier, le 6 juin, cette pièce de près de 22 mètres de long a dû alors patienter quelques jours dans le port normand, douane oblige, avant d’être acheminée par camion à la Trinité-sur-Mer. Le convoi exceptionnel est arrivé mercredi en toute fin d’après-midi devant la base technique du Gitana Team. Pour l’équipe, dirigée par William Fabulet, la réception de ce premier flotteur marque le début de l’assemblage. Une étape importante comme nous l’expliquait Yann Guichard, le skipper de Gitana 11 : « Cela fait six mois que les membres du team dédiés à ce chantier préparent la plateforme. Les importants travaux opérés sur le cockpit et les postes de barre se finalisent et dans le même temps les bras ont été renforcés pour anticiper l’augmentation des efforts induit par les nouvelles dimensions de Gitana 11. Mais l’assemblage est une phase cruciale puisque nous allons enfin matérialiser ce que nous observons sur le papier depuis plusieurs mois. Le bateau va désormais renaître et au fil des prochaines semaines ses nouvelles lignes vont se dessiner. Concernant le flotteur, l’équipe va se consacrer à son calage, avant d’attaquer le greffage à proprement dit. Cela représente près de trois semaines de travail. »

Puis ce sera au tour du flotteur bâbord, dont l’arrivée en Bretagne est programmée fin juin, de rejoindre le hangar de la base technique de Saint-Philibert. A noter que ce dernier empruntera précisément le même chemin que son « aîné ».

Pourquoi avoir construit les flotteurs à l’autre bout du monde ? Telle est la question que nous avons posé au team manager de l’écurie de course du Baron Benjamin de Rothschild : « Après études, nous avons choisi de faire construire les nouveaux flotteurs de Gitana 11 en Nouvelle-Zelande. Premièrement, cette décison a été guidée par des raisons économiques évidentes. Mais aussi par un souhait de poursuivre le travail initié avec les Chantiers de Southern Ocean Marine lors de la génèse de Gitana Eighty. Et enfin, cette construction à des milliers de kilomètres permet de travailler tranquillement loin des regards, ce qui n’est jamais désagréable ! » nous expliquait Cyril Dardashti, avant d’apporter des précisions sur cette collaboration : « Rolland Allanic, l’un des spécialistes composites du Gitana Team a ainsi quitté la France pour les Antipodes durant près de six mois. Sa présence quotidienne dans les chantiers était indispensable tant pour superviser la construction que pour assurer le lien et le suivi avec l’équipe technique restée en France. Le résultat est au rendez-vous et nous en sommes ravis.»

La réception de cette première pièce maîtresse a été l’occasion pour Yann Guichard de revenir avec précision sur les spécificités de ces nouveaux flotteurs : « Depuis les premiers jours notre fil conducteur est de rendre Gitana 11 plus polyvalent. Nous cherchons à conserver son potentiel dans le petit temps tout en augmentant ses performances dans la brise. Cette adéquation passait par l’allongement des flotteurs, qui seront plus longs de 4 mètres. Dans les formes, ces coques s’inspirent des nouvelles générations de flotteurs, issues des évolutions techniques réalisées dans ce domaine lors des sept dernières années. Il faut se rappeler que les flotteurs de Gitana 11 dataient tout de même de 2001. Comme toujours, il a été question de compromis poids/puissance lors de la conception puis de la construction.»

Fred Le Peutrec : « il faut attendre, garder le coup de patte à la barre sur des projets de régates, continuer à travailler tous les facteurs de la discipline en attendant que quelque chose renaisse »

Voile-Multicoques vous propose, en association avec VoileSportive, une interview de Fred Le Peutrec, ancien tacticien et barreur de 60′ ORMA, vainqueur de The Race sur Club Med, barreur du maxi trimaran Groupama 3 lors de la tentative de Trophée Jules Verne l’hiver dernier et désormais boat manager du bateau.

L’occasion de faire un point sur la planète multicoque et sur le chantier de Groupama 3 à deux mois de sa remise à l’eau (interview réalisée le 19/12/2008).

© Yvan Zedda


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