Banque Populaire annonce la construction d’un nouveau trimaran Ultim

La conférence de presse de Banque Populaire a confirmé les rumeurs qui couraient depuis quelques temps, le sponsor historique de la voile dans l’hexagone poursuit son engagement dans ce sport.
Ceci passera par la construction d’un nouvel Ultime, Banque Populaire XI, Armel le Cléac’h est confirmé au poste de skipper.
Ceci a permis de revenir sur les origines de la casse du Maxi Banque Populaire IX, ayant entrainé son chavirage pendant la Route du Rhum. D’après les expertises et les avis de l’équipe technique et navigante, il semblerait que la casse du bras de liaison avant ait entrainé la perte du flotteur et le chavirage. Ceci pourrait être lié à un choc avec un OFNI ayant eu pour conséquence un délaminage progressif et la rupture du bras.


La construction du nouveau trimaran démarrera au printemps, pour une mise à l’eau prévue fin 2020, début 2021.
Cette construction s’appuiera sur de l’existant, les moules de flotteurs et potentiellement de bras de Banque Populaire IX, avec cependant une structure différente pour éviter de nouveaux problèmes techniques. Le bateau sera donc l’oeuvre du cabinet d’architectes VPLP, avec l’appui de GSea Design pour la structure, en collaboration avec les ingénieurs du bureau d’études du Team Banque Populaire. Le design des appendices sera par contre nouveau, tout comme le positionnement de ceux-ci, ainsi que celui du mât.

 

© Yvan ZEDDA

Armel le Cléac’h, skipper du Maxi Banque Populaire IX et du futur Banque Populaire XI :
« Nous avons eu une année 2018 compliquée. Malgré cela, la confiance de Banque Populaire a été renouvelée pour repartir sur plusieurs projets et notamment repartir en Ultim. Je suis vraiment très content, malgré ce que j’ai vécu, malgré le stress de la casse et du sauvetage, je suis à 200 % et j’ai envie de naviguer sur ces bateaux. Nous avons la chance d’avoir la construction d’un nouveau bateau, le Maxi Banque Populaire XI, qui va se dérouler sur 18 mois avec une mise à l’eau au cours de l’hiver 2020 / 2021. On est très content avec toute l’équipe de repartir dans cette aventure. Il y a une vraie volonté d’y retourner tous ensemble 

Ce qui m’est arrivé pendant la Route du Rhum reste pour moi une casse brutale et cela ne remet pas en cause mon envie et mon engagement. Il y a eu de la peur, l’accident a été soudain. On passe d’un moment où l’on maîtrise à peu près tout ce qui se passe et puis d’un coup, on se trouve en danger, avec un bateau en train de chavirer suite à la casse du bras. Ces événements en course au large et encore plus en solitaire peuvent arriver, le risque zéro n’existe pas, on le sait et on en a conscience quand on fait ce métier-là, même si toute l’équipe avait extrêmement bien préparé le bateau. On a longuement débriefé avec mon équipe et on travaille pour comprendre ce qui s’est passé et être plus en sécurité dans le futur. On a partagé avec les autres équipes dans ce sens car il y a une vraie volonté commune d’avancer.  »

A lire également, i’interview d’Armel le Cléac’h sur le Télégramme, et celle de Ronan Lucas, directeur du team Banque Populaire dans Ouest-France.

Banque Populaire annonce un nouveau maxi trimaran solo pour Armel le Cléac’h

La Banque Populaire a annoncé ce matin la poursuite de son engagement dans le sponsoring voile jusqu’en 2020.

L’annonce majeure reste la construction d’un nouveau maxi trimaran solo, Banque Populaire IX, dont le skipper sera Armel le Cléac’h.

Ce bateau intégrera le collectif Ultim et son programme de courses (non dévoilé jusqu’ici), l’objectif est une mise à l’eau en 2017, la participation à la Route du Rhum en 2018 semble actée.

Les architectes de ce nouveau trimaran est les chantiers n’ont pas été dévoilés, les dernières rumeurs faisaient état de la possible reprise des moules de Macif pour la construction de ce nouveau multi.

Par ailleurs, le Maxi Solo Banque Populaire VII a été vendu, l’acquéreur n’a pas été dévoilé par le vendeur, mais des discussions semblaient engagées avec Idec. Le sponsor souhaitait semble-t-il offrir à son skipper Francis Joyon un nouveau bateau performant en remplacement du plan Irens/Cabaret de 2007.

Armel le Cléac’h, skipper de Banque Populaire  :

« C’est à nouveau un défi magnifique que l’on s’apprête à relever avec le Team et c’est une fierté de constater que Banque Populaire me renouvelle sa confiance. J’ai eu la chance de naviguer sur un bateau comme le Maxi Solo Banque Populaire VII et j’ai vu que j’étais capable de le mener en solitaire et même de battre des records. Je suis donc plus motivé que jamais pour naviguer sur un nouveau multicoque qui sera, cette fois-ci, conçu et adapté spécialement pour de la navigation en solitaire : aller encore plus vite, encore plus haut, tel est notre objectif. Le programme de courses sur lequel travaille le Collectif Ultim donne vraiment envie, et notamment un tour du monde en solitaire…cela serait passionnant !
Et puis j’ai toujours ce goût d’inachevé avec cette Route du Rhum 2014 que je n’ai pas pu faire, donc je prends cela pour une seconde chance, une sorte de revanche !
Pour le moment nous sommes déjà sur un projet passionnant avec la construction du Monocoque IMOCA Banque Populaire VIII en vue du Vendée Globe 2016 ; avec le Team Banque Populaire nous sommes « à fond ». Je dois dire que c’est rassurant et très motivant d’avoir un « après », de savoir que l’histoire va se prolonger. »

Ronan Lucas, Directeur du Team Banque Populaire :

« C’est une excellente nouvelle pour nous tous. Nous sommes contents de la confiance que nous accorde Banque Populaire. Ce nouveau projet permet à tout le monde de pouvoir se projeter dans l’avenir et c’est vraiment appréciable, c’est une chance. Au sein du Team nous aimons beaucoup le « multi ». La construction de ce nouveau bateau, de A à Z, va être passionnante et va permettre une fois de plus à l’équipe de mettre en application tout son savoir-faire, c’est un nouveau challenge que nous relevons avec passion. Et cela va permettre à Armel de s’aligner au départ de la prochaine Route du Rhum, il a une revanche à prendre sur le destin. 
Nous allons créer un bateau vraiment optimisé pour le solitaire, nous pouvons l’alléger, gagner jusqu’à 2 tonnes… Les multicoques sont des bateaux qui ne cessent d’évoluer, ils représentent l’avenir. C’est donc la suite logique pour Banque Populaire afin de rester parmi les leaders de ce sport, mélange de technologies et d’aventure… »

Mise à jour : La vente du Maxi trimaran Banque populaire VII à Idec serait confirmée par le quotidien L’Equipe ce jour.

 

Banque Populaire V de retour à Lorient à 16h, après un Trophée Jules Verne victorieux

L’équipage du trimaran Banque Populaire V a décroché le Trophée Jules Verne vendredi soir à 23h15 après 45 jours 13 heures 42 minutes 53 secondes de mer, les marins ont bouclé leur tour du monde après 29 002 milles à une vitesse moyenne de 26,51 nœuds.

Ces marins ont été accueilli par une foule nombreuse à Brest hier matin, ils seront de retour à leur port d’attache à la BSM de Lorient cette après midi vers 16h, pour un nouvel accueil triomphal.

L’équipage du maxi a donc effectuée une superbe boucle autour du monde, maintenant le trimaran en avance sur le record de Groupama 3 sur l’intégralité du parcours.

Loïck Peyron, Juan Villa, Ronan Lucas, Thierry Chabagny, Yvan Ravussin, Pierre-Yves Moreau, Emmanuel Le Borgne, Kevin Escoffier, Xavier Revil, Jean-Baptiste Le Vaillant, Brian Thompson, Thierry Duprey Du Vorsent décrochent leur premier Trophée Jules Verne, alors que Fred Le Peutrec entre dans le cercle des doubles détenteurs (Groupama 3 en 2010) et Florent Chastel des triples vainqueurs (sur Orange I et II en 2002 et 2005) de ce tour du monde.

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Loïck Peyron, skipper du Maxi Banque Populaire V :  » Ce ne sont pas seulement 45 jours de mer que nous venons de faire, ce sont des décennies de travail, des années d’engagement de la part de Banque Populaire dans la voile. Il faut rendre hommage également à Pascal Bidégorry qui a conçu ce bateau et à Hubert Desjoyeaux qui l’a construit et nous a malheureusement quitté il y a peu, et à toute cette équipe bien sûr. Ce genre d’histoire nous fait monter en pression pendant pas mal de temps et il faut être patient pour que ça retombe aussi. Nous avons eu cette chance extraordinaire de pouvoir nous reposer les uns sur les autres. La confiance que nous avions les uns dans les autres fait qu’on est assez reposé paradoxalement. Etonnement, cette course n’est pas la plus fatigante. Tous les records sont fait pour être battus et celui-là le sera un jour où l’autre. S’il y a un bateau pour le battre, c’est celui-là ! « .

François Pérol, Président du Groupe BPCE  : » Cet exploit d’un équipage de quatorze hommes aussi talentueux que résolus constitue un magnifique symbole de la vitalité et de la force de l’esprit d’entreprendre. Tous les collaborateurs se reconnaissent dans l’aventure collective de Loïck Peyron, de son équipage et toutes celles et ceux qui à terre ou en mer  ont participé depuis 5 ans à la réalisation de ce projet « 

Yves Breu, Directeur Général de la Banque Populaire de l’Ouest : «  L’histoire de ce projet, c’est l’illustration parfaite de l’état d’esprit qui anime Banque Populaire au quotidien, une banque audacieuse, qui stimule et encourage les initiatives : soutenir et accompagner dans la durée toutes celles et ceux qui ont un rêve, y croient, se donnent les moyens de le transformer en projet concret et le conduire à la réussite « 

Ronan Lucas, directeur du Team Banque Populaire et navigant :  » Je suis content que nous décrochions ce record parce que je me dis que le travail paie et que ça fait du bien de s’acharner et de se dire qu’on va y arriver, d’y croire, de se battre pour que les choses évoluent. J’avais ce rêve de gosse de faire le tour du monde, passer le Cap Horn, aller dans le Sud, voir les immenses vagues, les douze mètres de creux dans l’Indien. J’ai été très touché par l’accueil ici à Brest. On avait la terre de manière épisodique et on savait que l’histoire avait l’air de prendre. Mais d’arriver ici et de voir la digue noire de monde, on se dit que c’est dingue. Je n’aurais pas rêvé une arrivée aussi belle. C’était beaucoup d’émotion pour nous, mais également du côté de l’équipe technique, c’est leur récompense aussi. Ils n’ont pas vu les Kerguelen mais ils ont vu ce monde. C’est une immense fierté pour eux et aussi pour notre partenaire parce que Banque Populaire fait de la voile par conviction mais c’est bien aussi quand ça paie. C’est magique, je garderai cette arrivée toute ma vie dans ma tête. J’étais convaincu que Loïck Peyron était quelqu’un de brillant. J’avais envie de travailler avec ce Monsieur depuis déjà longtemps et il est plus que brillant. Il est doué pour tout ! C’est un vrai leader, tout le monde a eu envie de se saigner pour lui et il a trainé le groupe derrière lui  « 

Kévin Escoffier, responsable du bureau d’études et navigant : » Je savais que j’aimais beaucoup faire du bateau mais tu as toujours le petit doute quand tu pars 45 jours de te demander si tu vas toujours autant apprécier… Eh bien oui ! J’ai vraiment adoré chaque instant, à aucun moment je ne me suis dit : qu’est-ce que je fais là ? J’ai tout adoré, chaque moment je voulais que ça dure plus longtemps. C’est fantastique, ça me conforte d’autant plus dans ce que je fais, autant sur le plan technique que sur le plan marin. J’avais la casquette technique qui faisait que je me devais d’anticiper les problèmes parce que j’étais un ce deux qui connaissait le mieux le bateau en tant que responsable du bureau d’études « .

Marcel van Triest, routeur à terre :« Jusqu’à Bonne Espérance, tout s’est enchaîné correctement, avec le temps qu’on avait imaginé au départ de Ouessant et du vent tout le temps. Souvent l’Indien est un plat de résistance, pour nous ça s’est très bien passé. Il n’y avait pas de glaces et on pouvait plonger dans le Sud. Du coup on est passé au Sud des Kerguelen ce qui n’est pas très habituel avec un bateau comme ça. A l’Est de l’archipel nous avons rencontré notre deuxième épisode de glaces et la situation météo nous a permis de monter très Nord. Jusque là, tout s’était déroulé parfaitement. Après on a eu un Pacifique compliqué, avec l’hésitation de plonger Sud dans une mer très formée ou aller chercher une dépression qui tombait d’Australie. Ca s’est bien passé mais c’était déjà un peu complexe. Après on s’est trouvé avec ce vaste champ de glaces dans le Pacifique Sud et une météo pas coopérative pour la première fois. On a mangé notre pain noir et contourné une grande accumulation de glaces mais on a quand même accepté d’aller dans une zone où il y avait quelques icebergs. C’était jouable parce qu’on était au près, en décembre soit le plein été austral qui nous donnait donc 23 heures de lumière par jour. C’était quand même compliqué de gérer tout ça, on est presque aveugle au niveau glaces et dans cette histoire je suis le borgne ! J’en sais trop pour être ignorant et pas assez pour être tranquille. On s’est retrouvé ensuite derrière la fameuse dorsale et même avec Banque Populaire V on n’a pas pu la percer. On a vraiment tenté trois fois de la passer, mais c’était comme un vrai mur et la seule façon de se rapprocher du but c’était de longer le mur et de faire du Sud. Atlantique Sud, ça s’est très très bien passé. Sur la remontée, on fait un petit bidet qui n’était pas vraiment nécessaire, le seul reproche que j’ai peut-être à me faire. Dans le Nord, il y avait des milles supplémentaires à faire mais c’était un choix relativement simple à faire. On est content de ce qu’on a fait avec cette météo. J’ai longtemps pensé qu’on pouvait arriver en dessous des 45 jours, avec un Atlantique Nord normal on l’aurait fait. Un jour, en réunissant tous les éléments, je pense que les 40 jours seront tenables « .

Les réactions des anciens détenteurs :

Olivier de Kersauson : « C’est vraiment très bien ce qu’ils ont fait. C’est même exceptionnel. Je pense à Hubert Desjoyeaux qui en a construit quelques uns de ces bateaux exceptionnels. Le trophée Jules-Verne est un parcours ultime, c’est le record de référence. »

Franck Cammas : « Ils ont réalisé une première partie de tour du monde incroyable avec parfois plus de 2000 milles d’avance. Sur la seconde moitié, ils ont tenu le rythme pour finir avec plus de deux jours d’avance. C’est évidemment une super performance car c’est toujours compliqué de faire un tour du monde. A bord de bateaux qui vont aussi vite, il faut savoir tenir le rythme, les mener à la juste vitesse pour ne pas casser. L’équipage de Banque Populaire a su le faire et c’est du beau boulot. Il y a souvent eu de la frustration dans les trois dernières années. Je pense donc à ceux qui n’ont pas eu la chance de naviguer. Je tire aussi un énorme coup de chapeau à Ronan Lucas, le team manager. Entre la construction et la navigation, c’est lui qui s’est le plus impliqué dans ce projet. […] On peut évidemment descendre sous les 45 jours avec Groupama 3 comme avec Banque Populaire. Il faut juste avoir cette part de réussite avec la météo et avec le matériel. [….] 

(Concernant Fred Le Peutrec, qui faisait parti de l’équipage victorieux sur Groupama 3 en 2010)  Fred n’avait rien à perdre. Bravo à lui. Il est de tous les beaux projets. C’est un super barreur qui sait aller vite, en finesse. »

Bruno Peyron : « De manière symbolique et émotionnelle, oui, je suis ravi. Toute la famille est contente, on en plaisante en disant qu’on va ramener à la maman un quatrième Jules-Verne à la maison. Le hasard a fait que j’ai été le premier à le lancer, et à chaque fois qu’on me l’a pris, je suis retourné le chercher. Là, Loïck me venge de Cammas, c’est très bien, et j’ai envie de dire que si on nous le reprend, on y retournera ! »

A lire également l’interview de Pascal Bidégorry, l’ancien skipper du maxi trimaran sur Sud Ouest, de Loïck Peyron sur Ouest-France et le Télégramme ; de Vincent Lauriot Prévost, architecte du bateau, qui revient sur les possibles améliorations du trimaran, toujours sur Ouest France.

Banque Populaire en approche de la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne

Loïck Peyron et ses treize hommes d’équipage : Juan Vila, Yvan Ravussin, Brian Thompson, Pierre Yves Moreau, Thierry Chabagny, Frédéric Le Peutrec, Emmanuel Le Borgne, Thierry Duprey Du Vorsent, Ronan Lucas, Jean-Baptiste Le Vaillant, Kevin Escoffier, Xavier Revil, Florent Chastel, vont franchir la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne au large de l’île d’Ouessant ce soir dans environ 3 heures, au terme de 45 jours et probablement 14 heures de mer.

© BPCE

Ils devraient donc devenir les nouveaux détenteurs du Trophée Jules Verne ce soir, le trimaran Banque Populaire V et son équipage vont ensuite passer une dernière nuit en mer avant de rejoindre le port du Chateau à Brest demain au environ de 10h30, où le public pourra accueillir comme il se doit les marins victorieux.

Les marins profitent de vents portants pour ces cent derniers milles avec une moyenne de 30 noeuds, ce qui clôturera en beauté un superbe tour du monde et une belle saison pour le team Banque Populaire, Marcel Van Triest, qui a routé le bateau depuis la terre sera bien évidemment de la fête, seule inconnue, la présence ou non de Pascal Bidégorry qui a imaginé ce bateau conçu par le cabinet VPLP, avant d’être remercié par Banque Populaire suite à l’échec de la tentative l’année dernière (A lire, l’interview de l’ancien skipper sur le Télégramme, et de Vincent Lauriot Prévost, architecte, toujours sur le site du Télégramme).

Banque Populaire V à Lorient

Le maxi trimaran Banque Populaire V  a rejoint son ponton à Lorient ce matin, Pascal Bidégorry et ses 13 hommes d’équipage sont donc de retour après leur tentative avortée de Trophée Jules Verne, suite à une collision avec un OFNI.
Pascal Bidégorry espère repartir après un check-up du bateau et les réparations suite à la casse de la dérive, le bateau devrait être prêt dans une dizaine de jours.

Pascal Bidégorry, skipper – hors quart

« On a poursuivi notre travail sur ces 15 jours retour. On s’était fixé comme objectif de continuer à naviguer comme si on était en record… notamment dans l’organisation du bord, dans le prolongement de ce qu’on a fait sur les douze premiers jours de course. C’était important, il ne fallait pas s’arrêter et garder la même dynamique.

Le bateau est bien, c’est un fait, tout le monde le dit, mais je me suis régalé à naviguer avec l’équipage à bord. Je pense qu’on a tout pour réussir ce projet comme il faut. On a fait une trentaine de jours de mer. c’est sûr que ça va nous servir énormément, qu’on revient beaucoup moins bête qu’on est parti ! Les gars du team ont fait un travail énorme et on a tous un peu grandi. On a appris à vivre ensemble dans la performance du bateau. Vivre ensemble à 20 nœuds et vivre ensemble à 35 nœuds, ce n’est pas pareil. Dans la gestion du record, j’ai essayé d’apprendre en regardant les autres et en voyant l’intelligence avec laquelle ils ont mené leur bateau et leurs hommes. On voit que ce n’est pas simple. On n’a pas cassé le bateau. On a bien navigué. On a tapé quelque chose mais on n’a pas fait d’erreur.

On espère repartir. Il y a dix jours de travail sur le bateau. Il faut faire un check complet parce qu’on a quand même navigué 30 jours sur un multicoque de 40 mètres.

Juan Vila, navigateur – hors quart

« C’était une très belle expérience, très intense avec des moments hauts et des moments bas, comme toujours dans ce type de course. Tout allait vraiment bien. C’est dommage mais on espère y retourner très vite. Dans mon rôle de navigateur, j’ai forcément passé beaucoup de temps à l’intérieur, en faisant un peu une régate virtuelle sur l’ordinateur. Mais j’étais aussi sur le pont pour toutes les manœuvres, pour aider. Ca m’a permis de voir les deux volets de cette navigation et donné l’envie de repartir. Je sais qu’après une journée à terre, je serai en train de regarder les fichiers et de me dire : quand est-ce qu’on y retourne? ».

Yvan Ravussin, Chef de quart (Quart n°1) :

« Pour cette première tentative, on a fait un super début de course.  Que ce soit sur le plan du bateau ou de l’équipage,  c’était vraiment du pur bonheur et on n’a qu’une seule envie, c’est d’y retourner ! On sait que la casse fait partie de notre sport mais je pensais vraiment être à l’abri sur ce genre de gros bateau. Même si ne c’est pas la première fois que j’effectue ce genre de réparation en pleine mer, celle-là a vraiment été la plus grosse et la plus périlleuse d’entre-elles. Mais cette première tentative nous a permis d’en savoir davantage sur cette machine et nous donne une incroyable envie de voir ce dont elle est capable sur le tour entier ».

Brian Thompson, barreur/régleur (Quart n°1) :

« Je me sens super bien et pas trop fatigué ! Nous avons convoyé pendant quatorze jours et n’allions pas aussi vite évidemment avec la dérive abimée. C’était la première fois que je naviguais aussi longtemps sur ce bateau et je dois dire qu’il a un incroyable potentiel. C’est juste dommage d’avoir heurté cet OFNI. J’étais à la barre au moment du choc, nous allions à 37 nœuds, sous un vent stable et c’était vraiment une super nuit. L’impact n’a pas été aussi violent que ça et nous ne pouvions pas imaginer la gravité des dégâts. Lorsque l’on a franchi l’équateur, j’ai fait une offrande de saucisson à Neptune, mais je ne suis pas sûr que cela ait été suffisant. Je suppose qu’il était un peu en colère que je ne lui ai pas fourni le vin français avec (rires)  !  »

Thierry Chabagny, barreur/régleur (Quart n°1) :

« Trente jours de mer sur un bateau comme ça, c’est très riche. Ils m’ont permis d’apprendre beaucoup sur l’ensemble des manœuvres, le réglage des voiles… Toutes les heures passées à la barre m’ont développé des sensibilités que je n’avais pas avant de partir. Je me suis aussi rendu compte que j’avais très envie de repartir pour essayer d’enfin boucler ce tour du monde qui nous fait rêver mais qui reste très dur. Humainement, tu te rends compte que c’est comme une petite entreprise et que des notions comme le respect et l’écoute sont très importantes. Ca s’est très bien passé entre nous. J’ai fait beaucoup de solitaire et finalement peu d’équipage. C’est intéressant de pouvoir voir dans le regard des autres ce que tu dégages. Du coup tu as souvent tendance à essayer de faire mieux, de corriger même si la vérité ressort toujours. Je pense que nous avons tous été « choisis » pour notre faculté à nous entendre avec les autres et il n’y a pas eu de problème. On a vraiment partagé chaque instant, c’était un vrai bonheur! ».

Pierre-Yves Moreau, numéro un (Quart n°1) :

« En tant que responsable technique du Maxi Banque Populaire V, je suis intervenu sur la dérive juste après le choc. On a attendu d’être dans des eaux plus calmes pour l’enlever. En la sortant on était un peu dépité parce qu’elle était très abimée, plus que ce qu’on imaginait. Il a fallu rafistoler, couper avec les moyens du bord. On en a coupé deux mètres, ce qui nous a permis de re-naviguer avec le bateau. L’équipage est bon et bien ! J’étais très heureux de mon quart, on était bien complémentaires. On s’est amusé mais c’était sérieux aussi ».

Frédéric Le Peutrec, chef de quart (Quart n°2) :

« Avoir navigué trente jours à bord du bateau et avec l’équipage, ce sont autant d’acquis pour la prochaine fois. Il n’y a pas eu de bobo, pas de plainte, on a tous été aussi déçus les uns que les autres quand le choc est arrivé. C’est rare que ce soit à la première tentative que ça passe. Ce qu’on apprend à chaque fois c’est de l’acquis nécessaire pour la tentative qui sera couronnée de succès. On n’a pas attaqué la partie dans laquelle on se fait les gros souvenirs, c’est à dire le sud. Mais c’est toujours un gros plaisir d’aller très vite avec un bateau équilibré, de se retrouver à la barre en précision avec un engin qui déboule à 37, 38, 40 nœuds au milieu de la nuit. Ce sont de vrais plaisirs. Ca s’est arrêté trop vite mais ce n’est que partie remise. Ça fait partie de l’exercice, ce n’est pas qu’une régate mais la frustration ne va pas au delà du supportable ».

Emmanuel Le Borgne, barreur/régleur (Quart n°2) :

« Le départ était super sympa avec des bonnes conditions pour arriver jusqu’au Pot au Noir. On savait déjà, bien avant d’atteindre l’équateur, que l’Atlantique sud serait compliqué mais on gardait un petit espoir que les choses s’améliorent. La casse mécanique nous a malheureusement fait revoir nos stratégies et on a dû prendre la décision de rentrer. Je dormais au moment du choc mais ce n’était pas très violent. Paradoxalement c’était un choc un peu particulier, assez transverse, qui a fait beaucoup de dégâts.
Le convoyage retour nous a tout de même permis de continuer à valider des choses, à travailler l’organisation des quarts, des manœuvres et c’est curieusement passé assez vite. En tous cas, cette première tentative est trop courte mais très concluante. On s’est présenté à la porte du grand Sud, elle s’est refermée donc on va aller vite toquer une deuxième fois ».

Erwan Tabarly, barreur/régleur (Quart n°2) :

« C’est une superbe expérience que de naviguer sur un des bateaux les plus rapides de la course au large. C’est un grand honneur et beaucoup de plaisir de naviguer avec cet équipage. J’ai profité de chaque instant comme d’un grand privilège. J’en garde de très bons souvenirs même si on aurait aimé aller au bout c’est sûr. Il faut rebondir et on ne va pas s’arrêter là. Il y aura une suite et ce sera pour la prochaine fois ».

Ronan Lucas, numéro un (Quart n°2) :

« On a passé près d’un mois en mer, je ne l’ai pas senti passer. Les quinze premiers jours c’est une succession : Les Canaries, le Cap Vert, l’Equateur, l’attaque du Sud, Sainte-Hélène… Ca va vraiment très vite et on est toujours focalisé sur le coup d’après. C’est vraiment rapide. Après il y a la déception de se dire que le record est fichu pour cette première tentative. C’est beaucoup d’énergie pour un aléa qu’on ne maîtrise pas. On n’a pas eu de réussite cette fois-ci, la prochaine fois on l’aura. On a des satisfactions ; le bateau va vite, l’équipage est compétent. Au moment où on a abandonné on avait 400 milles d’avance alors qu’on avait une météo plutôt moyenne. Il y a de la déception parce qu’il y a eu beaucoup d’énergie des sportifs sur l’eau, de l’équipe technique et du sponsor qui nous soutient depuis longtemps. Tout le monde y croit. On a juste touché du doigt les moments mythiques d’un tour du monde et on aurait aimé aller plus loin ».

Jérémie Beyou, chef de quart (Quart n°3) :

« Le principe du convoyage est de ne pas trop pousser la machine mais en même temps on a envie de voir certaines choses. Toute la question a donc été de savoir où on plaçait la barre. C’était intéressant de voir comment faire avancer un bateau vite, le plus proche possible de ses capacités maximales mais en tenant compte de ce problème de dérive, pour voir comment on s’en sort et enregistrer ces données là. Ce convoyage nous a permis de discuter plus avec les autres et notamment ceux des autres quarts qu’on a beaucoup croisé. Ce facteur humain est sur le dessus de la pile des critères de réussite ».

Kevin Escoffier, barreur/régleur (Quart n°3) :

 » C’était super ! On a vu que le bateau allait vite et j’ai pris énormément de plaisir. Après un an et demi comme ça, ça fait vraiment du bien de partir enfin. C’est forcement décevant de s’arrêter à cause de la dérive car à part ça le bateau était nickel. C’est la fatalité, un impondérable de notre sport et on doit faire avec.  Il faut se faire une raison mais surtout prendre les points positifs : à part la dérive, le bateau est très propre après trente jours de mer. Bien évidemment on aurait préféré aller plus loin mais cette première tentative est une expérience supplémentaire importante pour un futur départ. Ce qui m’a le plus marqué sur la traversée sont les deux premiers jours. On avait déjà une envie folle de partir naviguer, mais on a surtout eu de super conditions pour bien carburer. J’en garde de magnifiques souvenirs avec de superbes heures de barre ».

Xavier Revil, barreur/régleur (Quart n°3) :

 » Tout d’abord c’est la première fois que je passe autant de jours en mer et je dois dire que ça m’a bien plu ! J’ai même très envie d’y retourner. Tout s’est super bien passé et je suis très vite rentré dans mon rythme de quart. La première nuit était un peu difficile mais tu t’acclimates vite à la vie du bateau et ça me donne beaucoup de confiance pour la suite. Pour mon premier passage de l’équateur, on a fait une petite fête. On est très concentré dans la course et cela a permis d’avoir un moment de convivialité tous ensemble.

L’avitaillement dont j’étais en charge s’est très bien passé. On n’a manqué de rien mais ce n’est pas facile de satisfaire tout le monde en terme de goût. On a appris pendant ces trente jours et c’est comme pour le bateau, il y aura des améliorations à apporter et des ajustements à faire. Mais tout le monde était content. C’est le plus important. »

Florent Chastel, numéro un (Quart n°3) :

 » Il n’y a vraiment eu que du positif sur ces treize jours de course, mis à part le choc avec l’OFNI. Le plus impressionnant sur ce bateau c’est sa capacité à afficher de superbes moyennes dès qu’il y a un peu d’air. Même si la météo n’a pas toujours été très favorable, on a quand même réussi à bénéficier de pas mal d’avance sur les temps du record. C’était une bonne session qui ne se termine pas comme on l’aurait souhaité mais il faut maintenant tout mettre en ordre et essayer de repartir le plus vite possible. En tous cas, le bateau a largement le potentiel pour décrocher ce Trophée ».