Le point sur la 35ème Coupe de l’America

La prochaine Coupe de l’America devrait avoir lieu en 2017, Larry Ellisson, patron d’Oracle et defender, devrait dévoiler le protocole à la fin du mois. Une interview de celui-ci et une autre du CEO du team américain, Russell Coutts, laissent craindre un changement radical du mode de sélection des challengers.

Jusqu’ici les équipes inscrites intégraient la Louis Vuitton Cup, et le vainqueur de cette compétition accédait à la finale de la Coupe de l’America face au defender. Il semblerait que ce mode de sélection change totalement, les équipes souhaitant participer aux régates de sélection devraient disputer un championnat en AC45 en 2015 et 2016, il y aurait deux divisions, une atlantique et une pacifique, avec une régate par pays participant. Seuls les deux premiers de chaque « divison » auraient accès à l’équivalent de la Louis Vuitton Cup (il est quasiment acquis que le géant du luxe français ne sponsorisera plus l’épreuve). Les équipes s’engageant sur le circuit AC45 ne seraient donc pas sûres de disputer les régates en AC60… Dans ce contexte, comment envisager qu’un sponsor puisse engager de grosses sommes, débuter des études sur le gros catamaran à aile (AC60), sans avoir l’assurance de construire ce bateau et de disputer les régates de sélection en 2017…

Trois défis de la zone « Europe/Atlantique » semble disposer d’un budget : Luna Rossa qui bénéficie du soutien de Prada à hauteur de 50 millions d’euros jusqu’en 2017, Artemis qui conserve ses marins (Outtridge, Peyron) et étoffe son équipe architecturale (Michel Kermarec, Thiha Win, Adam May, Nico Rousselon) et le Ben Ainslie Challenge qui semble disposer d’un budget de 90 millions d’euros. Avec le protocole « actuel », au moins une de ces équipes serait éliminée à l’issue des deux prochaines saisons, sans pourvoir disputer les phases finales de sélection. Côté Pacifique, les organisateurs espèrent des défis coréen, chinois ou japonais, en plus des actuels défis néozélandais, australiens et du defender américain.

Le lieu de cette 35 ème Coupe de l’America pourrait être Hawai, alors que San Francisco avait été un vrai succès côté météo et oragnisation.

James Spithill au dessus du lot

James Spithill et l’équipage d’ORACLE Racing ont dominé le favori Emirates Team New Zealand en remportant le Cascais AC Match Race Championship.

Après quatre jours d’épreuves, ce championnat s’achève ,avant une dernière régate en flotte demain qui déterminera le vainqueur de cet AC World Series Cascais.

Quarts de finale : Energy Team vs Artemis Racing

L’équipage de Loïck Peyron s’est incliné face à  Terry Hutchinson, les français commencent avec une pénalité reçue lors de la phase de pré-départ, mais réussissent à reprendre l’avantage face aux suédois lors du premier empennage. Sur le premier près les suédois reprennent la tête grâce à une pression favorable, quelques erreurs sur Energy Team n’arrangent rien, les français terminent cependant honorablement à une trentaine de secondes de leur adversaire.

Quarts de finale : Oracle Racing Coutts vs Team Korea

Chris Draper et son équipage prennent l’avantage dès le départ sur Russel Coutts, les deux équipages se lancent dans une bataille d’empennages et de virements enroulent, l’équipage sous couleurs coréennes creuse petit à petit sur les américains et s’impose faceau quadruple vainqueur de l’America’s Cup.

A l’issue de ces quarts de finale, Artemis et Team Korea étaient donc qualifiés pour affronter Team Oracle Spithill et Emirates Team New Zealand.

Demi-finale 1 : Oracle Racing Spithill vs Artemis Racing

L’équipage de James Spithill prend rapidement l’avantage sur celui de Terry Hutchinson. Au passage de la seconde marque sous le vent, les équipiers laissent échapper la drisse de gennaker d’Artemis entrainant la chute de la voile à l’eau, les suédois voient alors le catamaran américain s’échapper pendant que les équipiers s’affairent à remonter la voile à bord.

Demi-finale 2 :Team korea vs Emirates Team New Zealand

La hiérarchie est respectée lors de ce duel, Dean Barker et son équipage d’Emirates Team New Zealand prennent le meilleur départ mais Team Korea reste au contact lors des deux premiers bords avant de perdre prise sur le deuxième portant, ils s’inclinent finalement avec les honneurs face à l’une des meilleurs équipes de ces America’s Cup World Series.

Finale : Oracle Racing Spithill vs ETNZ

Logiquement, on retrouve Emirates Team New Zeland et Oracle Racing Spithill pour cette finale de match race.

Spithill prend l’avantage au départ du premier match, malgré tout les néo-zélandais restent au contact jusqu’à la fin du second portant, le gennaker d’ETNZ s’emmêle dans l’étai entrainant un « cocotier » lors du déroulage de la voile, les néo-zéalandais sont alors distancés par les américains qui remportent le match.

La seconde manche (format de a finale à deux manches gagnantes) commence bien pour les Kiwis qui passent la première marque en tête, mais le sort s’acharne à nouveau sur les néo-zélandais, qui connaissent des soucis d’enrouleur de gennaker, ils tardent donc à envoyer leur voile de portant et Oracle passe, les deux équipages se lancent alors dans un duel d’empennages, malgré leurs efforts, ETNZ ne pourra revenir sur Oracle qui remporte ce Cascais AC Match Race Championnship.

Réactions du jour

James Spithill, skipper/barreur, ORACLE Racing Spithill (USA)
« C’est fantastique ! C’est bien d’avoir réussi finalement à mettre Dean Barker et ses gars derrière et deux fois. Dean était le grand favori. John Kostecki était diabolique à la tactique aujourd’hui ! Pour demain, nous devons assimiler ce que nous avons appris et, si nous avons la même brise avec des bouffes comme cet après-midi, la régate (en flotte) pourrait être délicate. »

Dean Barker, skipper/barreur, Emirates Team New Zealand (NZL)
« C’était une journée très frustrante. Nous avons fait beaucoup d’erreurs, dans les positionnements, les manœuvres et nous avons gâché par deux fois nos chances. Ce n’est pas un problème de gennaker mais de progrès que nous devons réaliser ensemble à bord pour devenir encore plus consistants. Nous sommes tous en train d’apprendre pour acquérir ce qui deviendra ensuite une routine. »

Loïck Peyron, skipper/barreur, Energy Team (FRA)

A propos du match contre Artemis Racing : « C’était notre premier Match Race, on aurait pu croire à la chance du débutant, mais ça ne marche pas à tout les coups. Nos amis d’Artemis sont des garçons qui naviguent bien et puis j’ai fait pas mal de bêtises aujourd’hui. Les gars ont bien navigué, sauf au départ où on a mal réagit sur le bateau. On rentre bâbord sur la ligne mais on prend une petite pénalité parce que je ne m’écarte pas assez d’Artemis qui se fait pressant. C’est vrai qu’on aurait du anticiper pour éviter cela, c’était justifié. On part donc derrière ce qui n’est pas grave, la preuve on repasse devant au premier empannage. On empanne mieux qu’eux, on manoeuvre bien, puis ils prennent une risée énorme et là on ne peut pas faire grand chose. Après, on se retrouve avec une autre position tribord-babord qui nous est défavorable, on se rapproche très près mais on ne prend pas de pénalités cette fois. Ensuite on s’en sort bien au près et là c’est la seule erreur que je regrette de la journée, c’est au moment où l’on croise à nouveau au près. Ils sont tribord mais ils virent devant nous et là, je fais l’erreur de virer alors que je pense que ça passait dessous et que le jeu repartait. Ça, c’est une vraie erreur que j’aurais pas du faire… Ensuite, le match se déroule pas mal. En terme de manoeuvre, de vitesse, on n’a pas à rougir. 30 secondes d’écart à l’arrivée, ce n’est rien en multicoques, c’est juste quelques longueurs, mais cela fait la différence… ».

Le bilan de l’expérience à Cascais : « Fabuleux à tous les points de vue. Il fallait être là, il faudra être à Plymouth (sept.) et grâce à Corum et aux partenaires à venir d’Energy Team nous avons sécurisé notre participation au championnat AC45 sur deux ans. Deux choses positives encore : nous avons su apprendre et progresser au sein de l’équipage et l’organisation de l’épreuve ici a su montrer qu’un nouveau « produit », si j’ose parler ainsi, est arrivé sur le marché. » 

Chris Draper, skipper/barreur, Team Korea (KOR)
« Nous avons jusqu’ici pris beaucoup de plaisir à bord et dépassé nos espérances, notamment en match race. Malheureusement, nous n’avons pas réalisé une excellente seconde manche aujourd’hui (contre Barker) et je pense que nous devons modifier l’approche que nous avons eue sur cette course. Nous avons néanmoins beaucoup appris et nous reviendrons encore plus forts. »

Les Extreme 40 devant Idec autour de Wight

C’est finalement les Extreme 40 qui ont mené la flotte de plus de 1700 bateaux qui ont navigué autour de l’île de Wight le week end dernier, le petit temps (5 à 10 noeurds) leur a permis de prendre la tête devant les grands monocoques (Icap Leopard, 60′ IMOCA etc) et Idec qui finira en 7h 45 min, à plus d’une heure du vainqueur : Masirah mené par Pete Cumming qui a du batailler avec Russel Coutts qui termine à moins d’une minute du vainqueur.
L’anlyse de Francis Joyon :  « Comme le souligne Rodney Pattison, notre navigateur du jour, qui a participé aux trente dernière éditions de cette course phénoménale, chaque édition ne ressemble à aucune autre. »  « Le vent n’était décidément pas de la partie, pour tous les concurrents et particulièrement pour notre grand trimaran qui n’a jamais trouvé  en quelque recoin de l’île le « range » de vent favorable. »