Arrivée des premiers multis dans 12 heures à Lisbonne

L’ensemble de la flotte de la Route des Princes a fait son entrée en Atlantique ce midi pour les premiers, le bal a été ouvert par Oman Air Musandam suivi à deux heures par Spindrift racing qui était talonné par le Maxi 80 Prince de Bretagne dix minutes plus tard. En Multi50, Actual et Arkema Région Aquitaine passaient le Cap de Gibraltar a quinze minutes d’écart, avec un avantage pour le bateau de Lalou Roucayrol.Les premiers bateaux de chaque classe empochaient au passage un point de bonus.

Ce soir la situation est un peu moins favorable pour Sidney Gavignet puisque Spindrift racing mené par Yann Guichard a grapillé des milles sur le leader, divisant quasiment par deux son déficit en ne pointant qu’à dix petits milles du trimaran omanais au dernier pointage. Le MOD70 Spindrift est toujours suivi de près (moins d’un mille) par Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne, qui tient le rythme en tête de flotte. Les deux autres MOD, Groupe Edmond de Rothschild et Virbac Paprec 70 se battront pour la 3ème place, leur retard de 70 à 80 milles sur les leaders ne pouvant plus être comblés désormais.

Dans la classe Multi50, Erwan le Roux, sur FenêtréA Cardinal a également été décroché et pointe à 18 milles des leaders, Lalou Roucayrol et Yves le Blévec naviguent à vue, à moins de deux milles l’un de l’autre.

Oman Air et Actual mènent la flotte sur la première étape de la Route des Princes

La flotte de la Route des Princes qui regroupent trois Multi50′, quatre MOD70 et le Multi 80′ de Lionel Lemonchois a pris le départ de la première étape de ce tour de l’Europe hier après midi.

SIdney Gavignet sur Oman Air Musandam avait déjà pris la tête de la classe MOD70 et s’était présenté en tête à la bouée de Benicarlo hier soir, les multis ont ensuite évolués dans des vents changeants avec jusqu’à trente noeuds à l’approche du cap de la Nau et ensuite une zone de dévent avec seulement quelques noeuds. Coté Multi50′, les trois trimarans ont suivi une route directe ont bénéficié de vents soutenus eux aussi jusqu’à la Nau avant de subir le dévent, Actual menait alors déjà la flotte.

© M. Mochet/RDP

Ce soir, Yves le Blévec mène toujours la flotte devant Arkema Région Aquitaine et FenêtréA Cardinal qui avait tenté une option un peu plus près des côtes africaines, sans que celle-ci soit payante, ils pointent ce soir à 10 milles du leader alors que Lalou Roucayrol est intercalé à 5 milles.

© M. Mochet/RDP

En MOD 70, Sidney Gavignet a choisi une option un peu plus au large que ses concurrents depuis le passage de la bouée de Benicarlo, ce qui lui a permis de creuser un petit écart sur le reste de la flotte, Yann Guichard et Jean Pierre Dick avaient également suivi le leader, mais Virbac Paprec s’est recalé dans la matinée. Yann Guichard a poursuivi sa route jusqu’à midi suivi à vue de Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne, Groupe Edmond de Rothschild et Virbac Paprec 70 naviguent à environ 15 milles du 2nd également le long des côtes espagnoles.  La flotte devrait poursuivre sa route au près jusqu’à Gibraltar.

Les réactions à la vacation de midi :

Yann Guichard, skipper de Spindrift racing : « On a enfin du vent un peu stable, la nuit a été dure pour tout le monde, on a eu du mal à aller chercher la bouée dans le nord de Valence, on était en tête et on a buté contre une bulle sans vent. Du coup, on s’est fait décrocher, mais dans la nuit on a réussi à revenir au contact, à part Oman Air qui a très bien navigué et qui a fait un choix différent. C’était la bonne solution ! Maintenant, ça repart, on a du vent de sud-ouest, du soleil, un grand ciel bleu, toujours une mer de face, on marche à 18-19 nœuds au près, et je pense que ça être comme ça pendant une bonne journée et demie pour arriver à Gilbratar. C’est bien d’avoir Virbac-Paprec pour s’étalonner.  A l’AIS, on voit constamment à quelle vitesse il marche, quel cap il fait.  Après le cap Nao, il y a eu deux groupes, mais c’est le vent qui nous a obligé à choisir ces routes, on comptera les points après. Il y a maintenant de gros écarts en latéral. Avec Virbac Paprec 70, on risque de rester ensemble un petit moment.

Pour l’organisation à bord, on fait trois quarts de deux : deux quarts sur le pont, un qui barre un qui règle, deux en stand by, mais cette nuit les stand by n’ont pas pu se reposer, car on a manœuvré beaucoup. Ca tapait, ce n’était pas facile de dormir, on sautait, le bateau n’avançait qu’à trois nœuds.

On a 20 nœuds à 50 ° du vent, Xavier et Christophe vont aller se coucher, manger un peu.. On prend le rythme sur cette première étape…Maintenant on est rentré dan le flux de sud ouest, on va être calé, c’est du louvoyage, du près, le jeu va être d’aller chercher des effets de site, on sait qu’il y a moins de vent à terre. C’est une alchimie à trouver et c’est une course de vitesse, mais dans la mer, ce pas facile de trouver une vitesse stable… »

Jean-Pierre Dick, skipper de Virbac Paprec 70 : « Tout se passe bien, mais la une nuit a été agitée, avec beaucoup de sautes de vent ce matin, mais le vent est revenu heureusement, même si cela a favorisé nos amis omanais. Le vent est bien revenu, on longe les côtes espagnoles, le bateau se comporte bien pour l’instant. On a été au contact avec beaucoup de bateau, notamment en ce moment, on voit que Spindrift n’est pas loin, avec derrière Edmond de Rotschild, et devant nos amis omanais ; les conditions sont agréables, il fait beau, il n’y a pas beaucoup d’eau sur le pont, jusqu’à présent le vent n’est pas monté, et on espère qu’il ne va trop monter. On fait des quarts mais cette nuit personne n’a beaucoup dormi, en moyenne on dort 3 heures par personnes. Il faut tourner à la barre, tout le monde barre parce que ça nécessite un maximum de concentration, donc il faut changer de barreur le plus possible. »

http://www.dailymotion.com/video/x10rj8h_route-des-princes-lundi-10-juin_sport

Quel avenir pour les MOD70 ?

Alors que la première saison des MOD 70 avait démontré le potentiel de la classe, avec des performances au rendez-vous, des courses serrées et une fiabilité somme toute satisfaisante, la seconde saison semble de plus en plus incertaine.

L’origine de cette impasse serait un désaccord entre les armateurs des bateaux et l’organisation MOD SA.

Le tour du monde prévu cette année était illusoire sans l’arrivée d’un sponsor de classe, comme l’avait déclaré Marco Simeoni, président de MOD SA il y a quelques mois, mais le tour de l’Europe initialement prévu ne semble plus être à l’ordre du jour.

Difficile pour les équipes ayant un bateau de vendre leurs projets dans ces conditions, seul Oman Sail continue à naviguer, Spindrift racing, Groupe Edmond de Rothschild et Race for Water ont été sortis de l’eau ; Michel Desjoyaux n’a pas de sponsor pour réarmer l’ancien Foncia, et Virbac Paprec, n’a pour sa part toujours pas mis son bateau à l’eau, le MOD n°2 (ex Véolia) n’a jamais trouvé preneur.

Le salut de la classe pour cette année pourrait venir de Prince de Bretagne qui organise son propre tour de l’Europe ouvert à tous les multicoques, ce qui permettraient aux armateurs de participer à une course.

L’ouverture de la Transat Jacques Vabre aux multicoques était également en discussion, mais il est peu probable que les skippers de MOD s’engagent si l’organisation ouvrait la course aux Ultimes (les MOD étant moins performants sur le papier).

L’avenir de la classe est donc plus que morose, et l’achat de Banque Populaire V par Spindrift racing, (plus le fait que le maxi trimaran était convoité par le Gitana Team), laisse à penser que les principaux acteurs du circuit ont de gros doutes sur celui-ci.

Le MOD du Gitana Team remis à l’eau, une idée plus précise du tour de l’Europe

Les premières images du MOD n°4 appartenant au Gitana Team sont apparues aujourd’hui sur Facebook, d’abord sur le compte de Lorient Grand Large puis très vite sur la Page Officielle Multi One Design / Multi One Championship. L’armement du Baron de Rothschild a choisi pour ce nouveau trimaran une livrée blanche, celle-ci a été imaginée comme pour bon nombre de voiliers de course par Jean Baptiste Epron.

© Yvan Zedda / Sea&Co / MOD S.A.

Sébastien Josse, le skipper de Gitana 15, et ses équipiers reprendront dès la semaine prochaine leurs navigations, ils rejoindront le Maroc pour une session commune d’entrainement avec Roland Jourdain et son équipage de Véolia. Ces navigations à Agadir permettront à l’équipage de Groupe Edmond de Rothschild de combler leur préparation sur ce nouveau support. Des parcours côtiers et des sorties offshores sont prévues, sous l’oeil d’un entraîneur, Tanguy Leglatin, qui débriefera les sorties. La traversée retour du golfe de Gascogne s’effectuera en conditions de course, d’après les informations du team Véolia.

Les MOD devraient également s’étalonner sur les courses de printemps comme  le Grand Prix Guyader à Douarnenez, l’Armen Race, ou le Tour de Belle-île.

La saison officielle débutera avec la Krys Ocean Race au départ de New York le 7 juillet pour une arrivée prévue à Brest pendant les fêtes Tonnerres de Brest 2012.

L’année se clôturera sur le Tour de l’Europe dont les villes étapes seront dévoilées lors du salon de Dusseldorf le 23 janvier,  le teaser officiel nous en apprend cependant plus, le départ sera donné de Kiel, les trimarans devraient ensuite passer au nord de l’Ecosse avant de rejoindre la côte est de l’Irlande, la seconde étape emmènera les équipages vers le Portugal puis l’Espagne avant une étape dans le sud de la France puis au nord de l’Italie.

Le retour gagnant du MOD 70′ ORMA ?

Un communiqué de presse surprenant, alors que l’on considérait le projet de MOD 70′ ORMA comme définitivement abandonné, celui-ci ré-apparait.

La société Multi One Design SA, crée par Franck David, Marco Simeoni, Steve Ravussin a repris les actifs du projet MOD 70 avec le but de relancer cette série.

L’objectif est de lancer la construction des premiers trimarans, de façon à avoir un premier bateau en octobre 2010 et une flotte de 5 trimarans en juillet 2011, comme pour le projet initial le nombre maximum de la flotte serait de 12 unités.

La société MOD SA semble vouloir recentrer la classe sur des courses en équipage de façon à attirer des skippers étrangers moins habitués aux courses en solo ou en double que les skippers français.

Côté compétition, le concept d’un tour de l’Europe estival et annuel en équipage est repris, avec 6 à 8 étapes, alternant courses offshore de ralliement entre les différentes villes étapes et inshore, type « city races » comme sur la Oops Cup .La première édition étant prévue en 2012.

Autre concept retenu et qui avait été discuté par la classe ORMA : un tour du monde avec étapes (minimum 5) de novembre à avril tous les 3 ans, avec une première édition en 2013.

Les transats classiques (Route du Rhum, Transat Jacques Vabre…) feraient ausi parties du programme.

Un programme ambitieux pour Multi One Design SA, reste à trouver un minimum de 5 teams prêts à investir dans ce circuit ce qui n’avait pas été le cas en 2007…