Transat Jacques Vabre J-1 : 4 Ultimes au départ

Le plateau de cette Transat Jacques Vabre en multicoque est réduit pour cette 12ème édition : quatre Utimes et quatre Multi50.

Lors de la précédente édition en 2013, seuls deux MOD70 avaient été engagés (les Ultimes n’étaient pas autorisés à participer).
Cette année aucun MOD ne sera présent sur la ligne, Spindrift 2 est exclu par les instructions de course limitant la longueur à 105′, et est en stand by pour le Trophée Jules Verne, tout comme Idec Sport (ex Banque Populaire VII). Francis Joyon aurait pu aligner son trimaran mais a préféré tenter le tour du monde en équipage.
Qingdao China respecte les conditions de jauge mais le navigateur chinois Guo Chuan a prévu un programme de record.

Les quatre prétendants à la victoire dans la classe ultime sont donc :

  • Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim’

Après une Route du Rhum avortée suite à une collision avec un cargo, Thomas Coville aura à coeur d’inscrire une première ligne au palmarès de son bateau. Mais il aura probablement une pression de résultat du fait de son statut de grand favori de cette course.

Le skipper a mis ce bateau à l’eau en mai 2014, il s’agit de l’ancien Géronimo d’Olivier de Kersauson profondément remanié (il ne reste qu’une partie des flotteurs, la bôme et les bras de liaison du trimaran d’origine, l’avant des flotteurs, la coque centrale ont été redessinés, les flotteurs ont été renforcés afin de recevoir des foils issus d’USA 17, le trimaran de 90′ à aile d’Oracle Racing vainqueur de la 33ème Coupe de l’America).
Le mât a été construit dans les moules de celui de Groupama 3 version solitaire (également ex Banque Populaire VII et désormais Idec Sport) , les deux bateaux ayant des dimensions et un plan de voilure proche.
Thomas Coville ‘est adjugé les services de Jean Luc Nélias, un habitué des multicoques et spécialiste du routage météo. Le duo fait donc parti des grands favoris. La météo musclée du début de course devrait également favoriser le trimaran puissant et taillé pour le tour du monde.
Qui plus est ce couple est celui qui a probablement le plus navigué  au cours des derniers mois avec notamment un aller retour au Brésil en guise de préparation.

  • Lionel Lemonchois et Roland Jourdain sur Prince de Bretagne

Le skipper normand est également un grand spécialiste du multicoque. Il pourra compter sur Roland Jourdain dont le CV est aussi conséquent que celui de Lionel Lemonchois. Les deux hommes se sont régulièrement entrainé sur le Multi 80′ Prince de Bretagne.

Le trimaran a comme base un ancien 60′ ORMA (Sodebo) la largeur a été conservée alors que la longueur a été portée à 80′. Ce cocktail donnant un trimaran évolutif et à l’aise dans les phases de transition.
Dans des conditions médiums et variables le duo pourrait prendre l’avantage sur les grosses unités.
Le début de course musclée pourrait donc  être défavorable, qui plus est l’équipage est plus exposé que les autres du fait d’un franc bord plus faible que ses concurrents.

  • Yves le Blévec et Jean Baptiste Levaillant sur Actual

Yves Le Blévec a choisi d’embarquer le très recherché Jean Baptiste Levaillant pour sa première course sur son nouveau bateau. Le duo n’aura eu que peu de temps pour découvrir ce nouveau support et devrait naviguer de façon assez prudente.

Le trimaran est l’ancien Sodeb’O, sa fiabilité après trois tours du monde est éprouvée. Le bateau reste relativement rustique avec une largeur relativement faible en faisant un bateau moins puissant que les derniers nés.

  • François Gabart et Pascal Bidégorry sur Macif

Le trimaran de François Gabart est le premier bateau dessiné pour participer au circuit du Collectif Ultim, il est donc été créé pour des navigations en solitaire et bénéficie de l’expérience de VPLP. Son potentiel de vitesse devrait donc être supérieur à Sodeb’O mais le duo manquera de mise au point pour totalement exploiter celui-ci.

François Gabart a choisi d’embarquer Pascal Bidégorry, qui a navigué sur tous les multicoques récents (ORMA, MOD, maxis), il bénéficiera aussi de son expérience dans la phase d’optimisation et de fiabilisation après la course.
Le trimaran ne sera doté que d’un foil sur cette course (le second n’ayant pas pu être construit dans les délais), ceci pourrait le désavantager quelque peu, mais les deux hommes espèrent pouvoir compenser ce déficit par un gain en vitesse. Même si le duo ne s’engage pas pour faire de la figuration, l’objectif numéro 1 reste d’engranger de l’expérience et de fiabiliser le trimaran.

Le point sur la classe Ultime

  • Le trimaran Ultim Actual a été mis à l’eau hier après un court chantier chez Multiplast. Il reste désormais un mois pour  qu’Yves le Blévec et son coskipper Jean Baptiste Le Vaillant prennent en main le bateau avant le départ de la Transat Jacques Vabre. Il n’y a pas eu de modification sur l’ex Sobed’O lors du chantier. Le team rejoint le collectif Ultim, qui organisera le circuit des multis solos dans les années à venir
  • Deux autres engagés sur la Transat Jacques Vabre enchainent les navigations d’entrainement, Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodeb’O Ultim et Lionel Lemonchois et Roland Jourdain sur le Maxi 80 Prince de Bretagne.
  • Le dernier né et également engagé sur la Transat Jacques Vabre, le trimaran Macif ; est actuellement amarré à Port la Forêt pour un court chantier suite à une avarie sur la coque centrale après la rupture d’une pièce d’accastillage. Les entrainements devraient reprendre la semaine prochaine pour François Gabart et Pascal Bidégorry.
  • L’équipage de Spindrift racing a également enchainé les sorties d’entrainement sur Spindrift 2 dont le stand by pour le Trophée Jules Verne débutera le 15 octobre. Le team terminera d’ici là la saison de D35 ce week end et le Bullitt GC32 racing la semaine prochaine.
  • Idec Sport devrait être mis à l’eau dans la quinzaine à venir. Le trimaran sera en stand by pour le Jules Verne début novembre. Francis Joyon rejoint également le collectif Ultim.

 

Actus des Maxis Multis

  • François Gabart et son équipe ont mis à l’eau le maxi trimaran Macif la semaine dernière et ont pu effectuer la première navigation le 22 août. Le co-skipper pour la Transat Jacques Vabre sera Pascal Bidégorry. Pour cette première course, le trimaran ne sera équipé que d’un seul foil du fait du manque de temps pour la mise au point du bateau.

150822MAC_2316_FB

  • Le team Spindrift racing poursuit sa préparation pour le Trophée Jules Verne. L’équipage de Dona Bertarelli et Yann Guichard a brillamment remporté la Fastnet Race dans les petits airs, devant le MOD70 Phaedo 3 et le Maxi 80 Prince de Bretagne. Suivaient deux autres MOD 70, Musandam Oman Sail et Concise 10 (ex Paprec). La course en multicoque en temps compensé est remportée par le 63′ Paradox.
    http://www.youtube.com/watch?v=XI0JsE7q3LQ

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 : « C’est toujours un plaisir de revenir naviguer sur cette course mythique. C’était une régate d’autant plus difficile que les conditions de vents étaient légères et aléatoires, on y allait de risée en risée. Cela a été une course d’effort, d’endurance et d’équipe. Nous avons beaucoup manœuvré et notamment vérifié les modifications effectuées sur le bateau en vue du Trophée Jules Verne. Les résultats sont positifs d’un point de vue technique car on a gagné 20% de puissance sous certains angles.» confiait à l’arrivée Dona Bertarelli. «C’est la seconde fois que je participe à la Fastnet Race et c’est toujours beaucoup d’émotion de faire le tour du Fastnet Rock. La course a été lente, longue mais instructive. On a pu constaté que le bateau était plus rapide dans les petits airs qu’avant. Il s’agissait de la première course de Spindrift 2 dans sa nouvelle version. Nous avons vu pas mal de petits réglages à peaufiner et à faire. C’est très utile pour la suite de notre préparation en vue de la tentative de record autour du monde. »

  • Lending Club 2 est en route vers la Bretagne, où il sera pris en mains par l’équipe de Francis Joyon pour un chantier en vue de la préparation du Trophée Jules Verne pour le nouvel Idec.

L’actualité du Nautic

  • Transat Jacques Vabre :

Après une édition 2013 ouverte aux seuls Multis de 70′, l’organisateur permet aux Ultimes de courir aux côtés des Multi 50′, IMOCA et Class 40. La route sera désormais commune à toutes les classes et directe du Havre à Itajai (Brésil). Le départ de la transatlantique en double sera donné le 25 octobre 2015.

Cependant, l’avis de course précise que la taille des Ultimes est limitée à 105′ soit 32 mètres, ce qui permettra au futur Macif de participer, tout comme les actuels Banque Populaire VII (31,5m), Sodeb’O (31m), mais également l’ancien Sodeb’O (32m) ainsi qu’Idec Sport et Prince de Bretagne et bien sûr les MOD70.

Cette décision exclu de fait le maxi trimaran Spindrift2 de Yann Guichard et Dona Bertarelli.Le skipper de Spindrift racing, Yann Guichard a réagit à cette décision sur son compte twitter : « Spindrift2 interdit de participation! Merci aux organisateurs ».

Même si une participation du trimaran de 140′ (40m) paraissait peu probable du fait de la préparation du Trophée Jules Verne, l’organisateur se coupe d’une des écuries majeures de la Course au Large, qui possède par ailleurs un autre bateau susceptible d’être aligné (le MOD70).

  • Tour de France à la Voile

Après le débat intervenu suite au changement de support (passage du monocoque M34 à un trimaran de 24′ le Diam 24) et de format (alternance de parcours techniques et d’étape de ralliement à un format de régates courtes et de raids à la journée avec l’abandon des étapes de large), ASO, l’organisateur fait carton plein avec 30 engagés pour l’édition 2015.

Parmi ceux-ci on retrouvera plusieurs skippers de renom venus aussi bien de l’IMOCA, que de la classe Ultimes, ou encore des spécialistes du catamaran de sport.

La liste des inscrits :

– 30 CORSAIRES, skippé par Alexia Barrier
– ARMOR LUX – COMPTOIR DE LA MER, skippé par Erwan Tabarly
– BEIJAFLORE TEAM, skippé par Nicolas Bérenger
– CHEMINÉES POUJOULAT, skippé par Bernard Stamm
– COMBIWEST, skippé par Frédéric Guilmin
– COURRIER CHOC D’IXELLES, skippé par Antoine Carpentier
– DEFI YCSL, skippé par Benoît Champanhac
– DIAM IS GIRLS BEST FRIEND, Laure Caucanas
– DYNAMIQUE VOILE, skippé par Emeric Dary et Thomas Cardrin
– FONDATION FDJ – DES PIEDS ET DES MAINS, skippé par Damien
Seguin
– GDF SUEZ, skippé par Sébastien Rogues
– GRANDEUR NATURE, skippé par Frédéric Duthil
– GROUPAMA, skippé par Franck Cammas
– LATITUDE NEIGE / LONGITUDE MER, skippé par Aurélien Ducroz et
Laurent Voiron
– LORINA BOISSONS ARTISANALES, skippé par Bruno Staub
– MAÎTRE COQ, skippé par Jérémie Beyou
– PRB, skippé par Vincent Riou
– PRINCE DE BRETAGNE, skippé par Lionel Lemonchois
– SEA 4 SAIL, skippé par Aymeric Chappellier et Romain Motteau
– SODEBO, skippé par Thomas Coville et Daniel Souben
– TEAM LE BERRE, skippé par Anne-Claire Le Berre
– TECHNEAU, skippé par Arnaud Daval
– WEST COURTAGE – ECOLE NAVALE, skippé par Christian Ponthieu et
Simon Moriceau
– Z3PHYR, skippé par Charles Hainneville
– ABSOLUTE DREAMER, skipper annoncé prochainement
– AGRIVAL, skipper annoncé prochainement
– OMANSAIL, skipper annoncé prochainement
– SPINDRIFT BLACK, skipper Yann Guichard
– SPINDRIFT WHITE, skipper annoncé prochainement
– VANNES AGGLO- GOLFE DU MORBIHAN, skipper annoncé prochainement
– Sponsor annoncé prochainement, skippé par Loïc Fequet

Le tour de France à la Voile fera étape à :

– Dunkerque du 3 au 5 juillet

– Fécamp les 6 et 7 juillet

– Roscoff les 11 et 12 juillet

– Pornichet les 9 et 10 juillet

– Les Sables d’Olonne les 14 et 15 juillet

– Gruissan les 19 et 20 juillet

– Marseille les 22 et 23 juillet

– Nice du 24 au 26 juillet

Report de la Krys Ocean Race

Déjà privée de réel programme cette saison et après une première année difficile en 2012, la classe des MOD70 est de nouveau confrontée à une nouvelle déconvenue avec le report de la transatlantique, cette seconde édition de la Krys Ocean Race, prévue en mai 2014 est reportée en 2016.

L’organisateur avait déjà entamé des discussions avec les différentes classes de mulicoques océaniques et la course devait s’ouvrir aux Ultimes et aux Multi50′, ceci n’aura semble-t-il pas fédéré les armateurs qui n’ont pas répondu présents. Il est également prévu, si la course devait s’inscrire dans la durée de passer sur un cycle de 4ans, et qu’elle soit ouverte à tous les multicoques.

L’avenir s’assombrit donc encore un peu plus pour la classe monotype, seuls sept trimarans ont été construits, deux d’entre eux ne naviguent pas faute de budget (Race for Water de Steve Ravussin, et l’ex Foncia de Michel Desjoyaux), un autre a été acheté par un propriétaire (Orion Racing) et ne semble destiné qu’à des courses américaines, les quatre autres unités sont dotées de budget (Groupe Edmond de Rothschild, Oman Air Musandam, Spindrift racing et Virbac Paprec), mais sont privées de circuit et de courses.

En effet avec l’annulation de l’Ocean World Tour, un tour du monde par étapes l’année dernière, et de cette transatlantique, la classe perd sa substance, puisque les trimarans ne seront probablement armés que pour des courses côtières ou semi-hauturières. On pourrait voir quelques unités sur la Route du Rhum en novembre 2014, mais le programme des MOD 70 se résumera probablement à cet unique événement, Prince de Bretagne avait bien organisé un tour de l’Europe l’année dernière mais celui-ci n’a pas vocation à devenir annuel.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Qui plus est, le conflit entre armateurs des bateaux et l’organisation ne semble toujours pas réglé, le trimaran aux couleurs du Gitana Team a par exemple disparu de la liste des team sur le site officiel de la classe, certains concurrents avaient par exemple eu, la saison dernière, d’énormes difficultés à obtenir des pièces de la part de Multi SA.

Marco Simeoni, Président de MOD S.A. : « C’est avec une grande tristesse que nous avons pris la décision de reporter la KRYS OCEAN RACE qui devait pourtant s’annoncer comme un grand rendez-vous sportif au sein de la flotte des MOD70. Un contexte économique difficile conjugué à des choix stratégiques de certains partenaires et armateurs nous ont malheureusement contraints à devoir reporter l’évènement. MOD ainsi que ses partenaires Krys et la ville de Brest réfléchissent au format de l’édition future qui permettrait le plein succès de cette course autant sur un modèle sportif que économique».

Jean-Pierre Champion, Directeur Général de Krys Group : « Chacun a en mémoire les images de la 1ère édition : Ces « formule 1 » des mers, au pied de Manhattan, s’élançant pour rejoindre Brest en moins de 5 jours : une prouesse de chaque équipage qui fait écho à l’exigence quotidienne des 880 équipes d’opticiens KRYS. La 2ème édition se doit d’être encore plus ambitieuse et plus unique».

 

Séb Josse et Charles Caudrelier remportent la Transat Jacques Vabre en MOD 70

Sébastien Josse et Charles Caudrelier sur le MOD 70 Groupe Edmond de Rothschild ont remporté aujourd’hui la Transat Jacques Vabre. Ils ont franchi la ligne d’arrivée à Itajaí au Brésil à 18h03’54’’ (heure française) après 11 jours, 5 heures, 3 minutes et 54 secondes de course, soit une vitesse de 20,7 nœuds sur la route (22,12 nœuds de vitesse moyenne), le duo aura mené la course de bout en bout devant leur adversaire Oman Air-Musanda, mené par Sidney Gavignet et Damian Foxall. Les deux marins naviguant sur le trimaran omanais avaient pourtant refait une partie de leur retard dans la traversée du pot au noir avec seulement 2 heures d’écart au passage de l’équateur, puis se réduisant à 20 milles (en distance au but), à 48 heures de l’arrivée, mais les skippers du MOD70 du Gitana Team aidés par  leurs routeurs à terre,  Jean-Yves Bernot et Antoine Koch, ont parfaitement négocié l’arrivée sur le Brésil et remportent donc cette course.

 

Leur sentiment à l’arrivée :
Charles Caudrelier : « Je ressens du soulagement car ces bateaux sont stressants. On vit avec la peur permanente du chavirage, il faut trouver la bonne limite. Niveau stress, fatigue et dépassement de soi, cette Transat Jacques Vabre dépasse largement tout ce que j’ai pu faire avant. Nous avons mené la course depuis le début mais le retour d’Oman Air-Musandam ces derniers jours nous a fait peur. Je ressens aussi du bonheur, et de la fierté : je réalise un rêve de gosse. »
Sébastien Josse : « C’est effectivement un soulagement d’arriver à Itajai. En monocoque, la quille apporte une sécurité. En multi, le stress est omniprésent. On s’est fait une grosse frayeur au large de Gibraltar : je me suis endormi et nous avons failli chavirer par l’avant. J’ai eu le réflexe de tirer la barre, le flotteur a planté dans l’eau. Le bateau est heureusement retombé du bon côté. On ne pouvait même pas se préparer une boisson chaude : pas de petits plaisirs à bord d’un MOD70, rien de superflu. »

La navigation en double en MOD70 :
Sébastien Josse : « En équipage on est toujours très proche de la limite. Nous avons essayé de nous approcher de cette limite en double. Nous avions un bon rythme. Il fallait trouver le bon curseur face à Sidney Gavignet et Damian Foxall qui savent eux-aussi pousser leur bateau. Le mot d’ordre : garder la plateforme à plat en allant vite.»
Charles Caudrelier : « C’était très usant car il y avait en permanence l’un de nous deux à la barre. Et on ne la lâchait pas pendant nos quarts. Pour faire la moindre action il fallait réveiller l’autre. Dans les grosses conditions, on ne peut pas se permettre d’aller régler seul une voile sans prendre un risque de chavirer. L’autre option aurait été de ralentir : mais sommes des compétiteurs donc on n’a pas fait ça. On a eu une météo exceptionnelle, des conditions très rapides. Ce qui nous a permis d’aller quasiment aussi vite qu’en équipage.Nous avons beaucoup travaillé ensemble en amont, nous nous connaissons bien. On a bien préparé notre coup. Nous avons tous les deux une bonne expérience du solitaire et du double. »

Début de course sans problème pour les MOD, un chavirage en 50′

Après 4 jours de course, les duos engagés sur la Transat Jacques Vabre  dans les classes multicoques ont désormais tous parés le Cap Finistère.

En MOD 70, les deux bateaux en course ont déjà passé les Canaries, après avoir dégolfé sans réel problème malgré des conditions soutenues. Les trimarans suivent la même trajectoire avec un avantage pour Groupe Edmond de Rothschild mené par Seb Josse et Charles Caudrelier, Oman Air Musandam, de Sidney Gavignet et Damian Foxall pointent à 45 milles du leader. Ils devraient entrer dans le pot au noir d’ici 48 heures.

Sébastien Josse : «Nous avons actuellement 14 nœuds de vent, la mer est quasiment plate (1,5 mètres). Ce devrait être notre première journée de navigation au sec depuis le départ ! On ressent nettement le changement de température et le soleil est enfin de la partie ; il va falloir bien se protéger à la barre. Juste après le dévent de Madère, nous avons fait notre premier beau planté de la Transat. J’étais à la barre, le bateau sous gennaker et un grain est arrivé. Dans l’abattée, le bateau a enfourné»

Damian Foxall : « Nous avons modifié les réglages du bateau durant les six dernières heures, et nous allons maintenant un peu plus vite. Notre safran central est remonté, nous avons donc dû ralentir pour le remettre en place, mais tout va bien maintenant, même si nous avons perdu un peu de terrain sur Gitana, nous allons nous battre pour revenir. Nous sommes plutôt contents de ce que nous sommes en train de faire. Nous sommes toujours dans du vent d’est, ce qui nous permet de faire route à l’ouest, et c’est ce que nous devons faire. Nous avons dû monter dans le mât au large du Cap Finisterre pour débloquer une drisse, ce qui nous a coûté quelques milles. Quelques autres petits soucis se sont ajoutés et nous ont fait perdre quelques milles de plus, mais nous nous en sortons bien et nous espérons les rattraper, il y a encore un long chemin à parcourir ! »

Les MOD 70 dans le raz de Sein

En Multi 50, le Golfe de Gascogne a contraint l’équipage de Maitre Jacques a stoppé, en effet les deux Loic (Fequet et Escoffier) ont vu l’étrave tribord de leur flotteur se casser nette avant hier. Les skippers ont rejoint la Corogne sans assistance.

Loïc Féquet : « Nous avions eu une nuit difficile, mais le vent et la mer ont été beaucoup moins forts que ce qui avait été annoncé. Nous avions d’ailleurs fait un contre bord à l’ouest à l’entrée du golfe de Gascogne (sur les conseils de notre routeur), non seulement pour éviter la mer plus formée dans le sud du golfe, mais aussi en prévision de la redescente sur le cap Finisterre. Le vent était même tombé à 10 nœuds samedi matin, et nous attendions d’être sûrs qu’il ne se renforce pas trop pour renvoyer de la toile. Les deux vagues qui ont provoqué la casse du flotteur n’étaient pas plus grosses que les autres, et nous n’attaquions pas du tout. D’où l’hypothèse de l’usure… «Nous avons pas mal échangé à ce sujet avec notre équipe et l’architecte du bateau. C’est encore difficile à dire, mais il semble que l’âge du bateau*, mis à l’eau en 2005, soit une cause assez plausible. 

Lorsque le flotteur a cassé, nous n’avions pas des conditions dantesques et nous naviguions de façon à préserver le bateau justement. Nous étions à 100° du vent, avec deux ris et la trinquette, il y avait 20 à 25 nœuds, et la mer était maniable. Cela n’avait rien à voir avec les conditions vraiment musclées rencontrées il y a deux ans sur cette même Transat Jacques Vabre. 
Une cause possible serait aussi qu’il y ait eu un point d’impact un jour, lors d’une manœuvre ou à cause d’une grosse vague et que cela ait créé un point de faiblesse… »
Aujourd’hui nouvelle déconvenue dans la classe hier au soir, Lalou Roucayrol et Mayeul Riffet sur Arkema ont chaviré à 200 milles des côtes portuguaises. Ils naviguaient au contact de Fenêtréa Cardinal au moment de l’incident, le duo n’a pas demandé d’assistance, un remorqueur a été affrété, la plate forme a été sécurisée et le trimaran sera retourné avant de rejoindre Lisbonne.
Les explications sur le chavirage,  Mayeul Riffet : « On avait 12-18 nœuds de vent, le bateau est parti au lof, les safrans ont décrochés, et en 3 secondes le bateau s’est retrouvé à l’envers. On a voulu choquer, c’était bien trop tard. On était sous gennaker donc ça a enfourné quand même. J’étais à l’intérieur, j’ai essayé de sortir mais je n’y suis pas arrivé. Lalou (Roucayrol) est arrivé à nager par dessous et rentrer par la petite trappe. Le trimaran, ou tout du moins la plateforme, est complètement sécurisé. Nous avons passé la matinée et le début d’après-midi dans l’eau afin de couper tout ce qui trainait sous le bateau. Il restait quelques morceaux du mât et nous avons tout lâché. Toute la nuit dernière, la bôme et le reste du mât tapaient dans la coque centrale et nous avions peur que cela crée des dommages plus importants. Il y a encore beaucoup de mer et nous sommes ballotés dans tous les sens. Nous avons la chance d’avoir de l’énergie pour recharger le téléphone satellitaire, à boire et à manger. Cette nuit, nous ferons des quarts de surveillance à l’extérieur du trimaran pour éviter toute collision avec d’autres navires. Nous sommes bien sûrs très secoués et attendons avec grande impatience que notre équipe et le remorqueur viennent à notre rencontre. »
Deux des favoris sont donc hors jeu, Yves Le Blévec et Kito de Pavant ont quant à eux fait un arrêt technique à Madère pour réinstaller une pièce de l’anémomètre en tête de mât d’Actual. L’arrêt a duré environ une heure, le duel face à FenêtréA-Cardinal (Erwan Le Roux/Yann Elies) a donc repris. Les deux trimarans ont pris un cap à l’Ouest afin d’aller chercher de la pression.

Le programme de Spindrift 2 dévoilé

L’écurie de course au large, Spindrift racing, menée par Dona Bertarelli et Yann Guichard, a dévoilé les nouvelles couleurs de son maxi trimaran aujourd’hui à Lorient.
Le trimaran Spindrift 2, ex Banque Populaire V, est le bateau détenteur de tous les plus grands records océaniques à ce jour (Trophée Jules Verne, Atlantique Nord, record des 24 heures, record de la Méditerranée), le team va lui donner une deuxième vie, avec de nouveau un programme de records étoffé, qui reprendra en grande partie ceux déjà détenus par le bateau.
© Chris Schmid/Spindrift racing

© Chris Schmid/Spindrift racing

Suite au chavirage du MOD70 lors de l’étape irlandaise de la Route des Princes, le duo Guichard/Revil ne prendra pas le départ de la Transat Jacques Vabre dont le départ sera donné en novembre prochain. Mais Yann Guichard a lancé une étude  concernant un nouveau gréement pour le maxi, ce qui pourrait lui permettre, si les études de faisabilité sont concluantes, de s’aligner sur la Route du Rhum en 2014.
Yann Guichard  : « Nous souhaitons prendre le temps d’apprivoiser ce géant des mers sans brûler les étapes.  Spindrift 2 a d’énormes qualités intrinsèques, à nous de les découvrir afin d’orienter au mieux notre réflexion sur l’optimisation de la plateforme. 
Nous travaillons sur différentes configurations de voiles possibles impliquant un nouveau gréement. L’objectif  est d’optimiser ce nouveau plan de voilure pour le Trophée Jules Verne. Le mât actuel sera adapté pour des records spécifiques tels que les 24h ou l’Atlantique Nord.»

© Chris Schmid/Spindrift racing

Le programme du maxi trimaran Spindrift 2
2013
Rolex Fastnet
La Route de la Découverte. Cadix (Espagne) – San Salvador (Bahamas)
Temps de référence : Groupama 3 (Franck Cammas) établi en mai 2007 en
7 jours 10 heures 58 minutes et 53 secondes.
Transatlantique retour
Une transatlantique retour vers l’Europe en convoyage aura lieu cet hiver, avec, si l’opportunité se présente, une tentative contre le record de distance parcourue en 24 heures (908 milles, 37,8 noeuds de moyenne !), record établi par ce même maxi sous le nom de Banque populaire V.
Record de la Manche entre Cowes (Angleterre) et Dinard (France)
Record détenu par Maiden 2 (Brian Thompson) depuis 2000 en 5 heures 23 minutes et 38 secondes à la vitesse moyenne de 25,60 nœuds
2014 :
Objectif Route du Rhum – départ de Saint Malo en novembre 2014
ou 
Record de l’Atlantique Nord. New-York – Cap Lizard
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Pascal Bidegorry) depuis le 2 août 2009 en 3 jours 15 heures 25 minutes et 48 secondes à la moyenne de 33,4 nœuds
Le Tour des Iles Britanniques
Record détenu par le maxi banque Populaire V  (Pascal Bidegorry) depuis juillet 2011 en 3 jours 3 heures 49 minutes et 14 secondes à la vitesse moyenne de 23,3 nœuds
Record de la Méditerranée. Marseille (France) – Carthage (Tunisie)
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Pascal Bidegorry) depuis le 16 mai 2010 avec un temps de 14 heures, 20 minutes et 34 secondes
Record des 24h – record du monde de la distance parcourue à la voile en 24h
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Pascal Bidegorry) depuis le 1 août 2009 : 908,2 milles, soit une moyenne de 37,8 nœuds avec une pointe à 47,1 nœuds
Programme 2015-2016 : 
Nouvelles tentatives pour les records suivants s’ils n’ont pas été battus :
Record de l’Atlantique Nord. New-York – Cap Lizard
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Pascal Bidegorry) depuis le 2 août 2009 en 3 jours 15 heures 25 minutes et 48 secondes à la moyenne de 33,41 noeuds
Record de la Méditerranée. Marseille (France) – Carthage (Tunisie)
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Pascal Bidegorry) depuis le 16 mai 2010 avec un temps de 14 heures, 20 minutes et 34 secondes
Record des 24h. Record du monde de la distance parcourue à la voile en 24h
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Pascal Bidegorry) depuis le 1 août 2009 : 908,2 milles, soit une moyenne de 37,84 nœuds avec une pointe à 47,16 nœuds
Trophée Jules Verne. Tour du monde via les 3 caps – Bonne Espérance, Leeuwin et Horn
Détenu par le maxi Banque Populaire V (Loick Peyron) en  45 jours 13 heures 42 minutes et 53 secondes à la vitesse moyenne de 19,75 nœuds depuis le 6 janvier 2012
Par ailleurs, l’équipe sera bien sûr présente sur le Vulcain Trophy avec le D35 Ladycat powered by Spindrift racing, barré par Dona Bertarelli.

Gilles Lamiré prend possession du Multi 50′ Prince de Bretagne

Gilles Lamiré, qui a effectué de nombreuses courses sur son 60′ ORMA (ex Elf Aquitaine III), change de classe et passe en Multi 50′.

Le skipper va prendre possession de l’ex Prince de Bretagne, sur lequel Lionel Lemonchois a gagné la Route du Rhum 2010 dans sa classe, il sera soutenu par Rennes Métropole et Saint-Malo Agglomération qui seront co-partenaires.

Le programme du trimaran comprend la Route des Princes et la Transat Jacques Vabre pour cette année 2013 et la Route du Rhum l’année prochaine.

Les MOD70 sur les courses existantes en 2013

La plupart des équipes engagées sur le Multi One Championship la saison dernière vont s’aligner sur les épreuves « classiques » cette année, suite à un désaccord financier avec l’organisation Multi One SA.

Virbac Paprec, qui vient d’être mis à l’eau et qui sera skippé par Jean Pierre Dick et Musandam (Oman Sail/Sidney Gavignet) participeront au Grand Prix Guyader, à l’Armen Race en début de saison, Groupe Edmond de Rothschild devrait également être présent sur l’Armen Race.

Les MOD 70 enchaineront ensuite avec le Tour de l’Europe organisé par Prince de Bretagne en juin, puis avec la Transat Jacques Vabre qui a ouvert ses portes à la classe.

Orion Racing, le MOD 70 n°2, vendu à un propriétaire américain, naviguera sous la houlette de Cam Lewis, le trimaran devrait bientôt quitter la Bretagne pour le Mexique où l’équipage s’entrainera avant de rejoindre San Francisco.

Michel Desjoyaux est à la recherche de partenaires pour relancer l’ex Foncia et s’aligner sur le Tour des Princes et la Transat Jacques Vabre.

L’équipe Race for Water, mené par Stève Ravussin, n’a pas communiquée sur le programme de sa saison, le skipper suisse devrait toutefois tout faire pour être présent sur la ligne de départ de la transat.

Pas de programme non plus pour Spindrift racing, l’équipe de Dona Bertarelli aura fort à faire avec son maxi trimaran Spindrift 2 (ex Banque Populaire V), et pourrait ne s’aligner que sur un nombre réduit d’épreuves dont le Tour des Princes (l’organisateur a préféré ne pas voir le maxi de 140′ au départ afin de favoriser un plateau « homogène ») et la Transat Jacques Vabre, que Yann Guichard, le skipper a déjà couru.

Sidney Gavignet, qui avait quitté Lorient avec son équipage il y a quelques jours afin de s’élancer sur une tentative de record autour de l’Irlande a préféré renoncer du fait de conditions météos très musclées, Musandam Oman Sail est donc rentré à son port d’attache et la tentative est reportée.