Week end de grand départ pour les multicoques

Ce week end sera chargé pour les skippers de multicoques, avec le départ de la Transat Jacques Vabre entre Le Havre et Salvador de Bahia pour trois duos en catégories Ultim, et six en Multi50′, le départ d’Yves le Blévec pour une tentative de record autour du monde en solitaire contre vents et courants dominants, alors que François Gabart s’attaquera au record du tour du monde dans le sens classique.

A noter également la première sortie de Banque Populaire IX aujourd’hui au large de Lorient pour Armel le Cléac’h et l’équipe de Banque Pop.

  • Le premier à s’élancer devrait être François Gabart, qui a quitté les pontons de Port la Forêt vers 18h, sur son trimaran Macif pour rejoindre la ligne de départ de son tour du monde au large d’Ouessant. Il s’élancera demain matin, il s’attaque au record en solitaire détenu par Thomas Coville sur Sodebo en 49 jours 3 heures 7 minutes.
    Le skipper avec un départ précoce dans la saison se laisse la possibilité d’un retour pour un nouveau stand-by si la météo se montrait défavorable dans l’Atlantique Sud.

© Lloyd Images

  • Yves le Blévec devrait quant à lui partir demain après midi pour une tentative de record autour du monde en solitaire, tout comme François Gabart, mais le skipper basé à la Trinité effectuera cette tentative contre les vents et les courants dominants. L’objectif sera d’établir un temps de référence en multicoque sur ce parcours. Le départ devrait se faire entre 14 et 16h au large de la Trinité sur Mer.
    Yves le Blevec : « La pression vient de changer de camp : de l’étude des fichiers météo à celle des derniers détails logistiques ! Nous sommes dans la continuité de ces dernières semaines de préparation. Mon sac est prêt depuis plus d’une semaine, je n’ai plus qu’à mettre mon ciré !

    Je vais procéder à quelques dernières vérifications avec l’équipe et tout sera prêt. Ce départ est tout sauf une surprise. J’ai bien conscience que c’est un moment important de mon existence. Là, je suis content d’être chez moi, de profiter de ce confort rassurant. J’ai bien dormi cette nuit, je vais bien dormir la nuit prochaine, je suis super à l’aise. »

    © Th.Martinez / Sea&Co.
    Trimaran ULTIM “ACTUAL”

     

  • Autre événement majeur de la course au large dont le départ sera donné dimanche, la Transat Jacques Vabre, entre Le Havre et Salvador de Bahia.
    Trois duos partiront en catégorie Ultim, deux équipages font figure de potentiels vainqueurs, Thomas Coville et Jean Luc Nélias sur Sodebo ultim, et Sébastien Josse et Thomas Rouxel sur le Maxi Edmond de Rothschild.
    Le skipper de Sodebo s’adjoint de nouveau les services de Jean Luc Nélias, les deux hommes  connaissent parfaitement leur monture sur laquelle Thomas Coville  détient le record autour du monde en solo. Le trimaran devrait être mené à 100% de son potentiel sur ce parcours.

    Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

    La donne est un peu différente pour le duo Sébastien Josse/Thomas Rouxel, ils disposent d’une monture au potentiel supérieur à Sodeb’O avec des appendices porteurs permettant au bateau d’avoir des phases de vol stabilisé. Les capacités de ce trimaran de dernière génération sont indéniables, mais le bateau est encore en phase de mise au point. Même si l’équipage a parcouru plus de 5000 milles, ils restent des inconnues et l’équipage pourrait être contraint de lever le pied dans certaines phases météorologiques musclées, l’objectif de victoire pouvant passer après le fait d’arriver de l’autre côté sans casse et d’acquérir de l’expérience sur ce bateau.

    Lionel Lemonchois et Bernard Stamm font figure d’outsiders face aux deux autres multis. Il partiront sur le plus petit des ultimes, sur un concept plus proche des ORMA que des derniers maxis multis. Pour tirer leur épingle du jeu et pouvoir rivaliser avec leurs deux adversaires, il faudrait des phases de transition avec du vent faible et du près, dans lesquelles Prince de Bretagne serait à son avantage.

    Le renouveau de la classe Multi50′ se fait sentir sur cette édition avec quatre trimarans de 50′ dotés des foils monotypes, dont un bateau neuf, le Ciella Village de Thierry Bouchard.
    Mais les favoris seront Erwan Le Roux et Vincent Riou sur Fenêtrea Mix Buffet et Lalou Roucayrol et son joker de luxe Alex Pella sur Arkema et en position d’outsider Armel Tripon et Vincent Barnaud sur Réauté Chocolat.

    Le dernier né étant été mis à l’eau assez tard, Thierry Bouchard et Olivier Krauss devraient se contenter d’assurer une bonne place, tout en naviguant en sécurité.http://www.youtube.com/watch?v=2TrbW0VH4C0

    Gilles Lamiré et Thierry Duprey du Vorsent sur La French Tech devraient avoir du mal à rivaliser du fait de l’absence de foils, et ce malgré leur expérience à la barre de ce trimaran, tout comme Eric Defert et Christopher Pratt sur Drekan Group.

Banque Populaire IX mis à l’eau

 

Le Maxi Banque Populaire IX a été mis à l’eau aujourd’hui avant d’être mâté et de rejoindre son ponton à la BSM de Lorient.

Ce nouveau trimaran ultime est l’oeuvre du cabinet d’architecte VPLP pour la plate forme et de Martin Fisher pour les appendices. Les architectes ont donc opté pour une évolution de Macif, également connu par le même cabinet, tout en affinant les lignes et en intégrant des appendices plus évolués que ceux du multi de François Gabart. La construction d’une durée de 20 mois a été menée par le chantier CDK Technologies.
Les dimensions de ce nouveau maxi sont au maximum de la jauge définie par par le collectif Ultim, à savoir 32m de long par 23m de large, pour un poids donné à 14 tonnes.

Le Maxi Banque Populaire IX, est doté d’un mât-aile basculant, concernant les appendices, outre les foils en L, les safrans sont dotés de plans porteurs . Le but étant bien sûr des phases de vol pour ce nouveau multicoque, à l’instar du Maxi Groupe Edmond de Rothschild.
Les foils sont réglables sur tous les axes.  A noter également une bôme innovante avec un carénage sur prolongeant jusqu’à la plate forme avant d’améliorer l’aérodynamique du trimaran.

 

Copyright : Easy Ride / BPCE

La reste de la semaine sera consacrée à des tests statiques avant une première sortie en mer prévue entre  vendredi et dimanche en fonction des conditions météos.
Armel le Cléac’h devrait parfaire la connaissance de son nouveau multicoque jusqu’en fin d’année avant une tentative de record sur la Route de la Découverte, entre Cadix et San Salvador en janvier ou février. La première confrontation en course aura lieu dans le cadre de la Nice Ultimed (en équipage), avant la  Route du Rhum en novembre 2018.

Ronan LUCAS, directeur du Team Banque Populaire
« C’est un grand jour avec un peu d’émotion. Maintenant on est très impatients d’aller faire nos premiers milles en volant. C’est le 3e bateau réalisé avec CDK Technologies, ce sont des gros projets de tels multicoques et cette longue aventure requiert beaucoup d’énergie. On remercie aussi nos amis architectes pour le travail des calculateurs et de toute l’équipe. On espère naviguer en fin de semaine on a encore quelques tests statiques à faire et confirmer si tous les points d’ancrage correspondent au cahier des charges. On commencera à mettre en place tout ce qui doit l’être dans les jours qui suivent. On aura pas mal d’essais. Mi-novembre on devrait voler ».

Kevin ESCOFFIER, responsable du Bureau d’Etudes Team Banque Populaire
« Un jour comme aujourd’hui, c’est toujours une étape, on a mis le bateau à l’eau et c’est toujours émouvant car c’est la fin d’un cycle qui a duré pratiquement deux ans depuis le début de la construction. On a pensé, conçu, construit le bateau, on a imaginé comment il allait fonctionner. Maintenant on a hâte de voir si son comportement réel sur l’eau est tel qu’on l’a imaginé. Ce qui est sûr, c’est qu’on va voler ! La question est de savoir quand et à quelle vitesse !

Stéphane DIGARD, responsable du chantier CDK Technologies
« Le chantier s’est très bien passé ! Je remercie Banque Populaire de sa confiance pour ce projet qui représente 135 000 heures de travail sur 20 mois de construction. Nous avions tous hâte de voir le bateau sortir des ateliers, de le voir sur l’eau retrouver son élément premier ».

Vincent LAURIOT-PREVOST, architecte Cabinet VPLP :
« Autour du Maxi Banque Populaire IX, il y a une belle histoire humaine qui dure depuis deux ans. Armel a pu nous donner les grandes lignes car il connaît bien le fonctionnement de ce support grâce à son expérience avec Banque Populaire VII à une nouveauté près, c’est que ce bateau doit voler. Nous avons dû rajouter quelques artifices pour que le trimaran vole. C’est un bateau laboratoire, nous aurons bien sûr des évolutions à faire au fil des mois. »

Jean-Baptiste EPRON, graphiste-navigateur
« Cela fait longtemps que je travaille avec Banque Populaire et c’est vraiment très agréable pour la confiance que cet armateur historique m’accorde. Cette fois-ci, sur la décoration, les échanges avec l’équipe communication ont été très intéressants tout comme le travail avec Pierre-Yves Moreau, mon interlocuteur pour la réalisation technique au sein du Team Banque Populaire. Cette année, ma mission a été élargie avec une collaboration menée avec Kevin Escoffier sur le style du roof. C’est à chaque fois une grande chance de travailler sur des oiseaux d’une telle envergure et aussi un grand moment d’émotion. »

Frédéric CHENOT, Directeur du Développement Banques Populaires
« Nous sommes très heureux de cette nouvelle étape dans le développement de notre politique de sponsoring. La construction par le Team Banque Populaire d’un bateau innovant qui participera à de grandes aventures illustre nos valeurs d’audace, de ténacité, et de recherche de performance. Après la victoire d’Armel sur le dernier Vendée Globe, notre engagement dans la voile de compétition s’inscrit une nouvelle fois dans la confiance et la durée. J’ai hâte de voir cette belle machine prendre son envol au-dessus des flots pour écrire de nouvelles grandes et belles histoires. »

Une réparation sur le trimaran Banque Populaire IX avant la mise à l’eau

Petit contre temps avant la mise à l’eau du Maxi Trimaran Banque Populaire IX.
Du fait des conditions météorologiques défavorables, l’équipe technique a débuté des tests d’efforts sur la structure au sec, ce qui a permis de détecter une anomalie sans gravité.
Celle-ci nécessite des travaux qui seront réalisés la semaine prochaine par le chantier CDK.
Le trimaran qui sera mené par Arme le Cléac’h ne touchera donc pas l’eau avant  le 30  octobre.

Ronan Lucas, directeur du Team Banque Populaire : « Nous allons tout mettre en œuvre avec les équipes du chantier CDK pour pallier ce contretemps de dernière minute et peaufiner les détails qui nous permettront de partir rapidement au large tester le bateau. »

Le multicoque a été dessiné par le cabinet VPLP avec la participation de Martin Fisher, la construction aura nécessité 135 000 heures de travaiL.

Le trimaran est muni de foils réglables dans les trois dimensions, de plans porteurs sur les safrans et la dérive centrale.
Ronan Lucas : « Les safrans munis de plans porteurs, et les foils mobiles dont on pourra régler le cant (l’angulation du foil de l’intérieur vers l’extérieur et vice et versa) et le rake (l’angle d’incidence de l’avant vers l’arrière et vive et versa) en navigation comme sur les bateaux de la dernière Coupe de l’America, nécessitent énormément de mise au point et de temps pour tout fiabiliser. On ne perd pas de vue que Banque Populaire IX va faire le tour du monde. Et s’il y a défaillance dans le système hydraulique, il faut pouvoir bloquer et figer manuellement les appendices afin de naviguer de manière conventionnelle. C’est cela qui rajoute beaucoup de complexité à l’ensemble.»

Le programme prévisionnel après la mise à l’eau :

Janvier-Février 2018
Tentative de record de la Route de la Découverte

Mai 2018
Nice Ultimed

Novembre 2018
Route du Rhum

Décembre 2019
Tour du Monde en solitaire

Premières images du Maxi Edmond de Rothschild en vol

Seulement un mois après sa mise à l’eau le Maxi Edmond de Rothschild a effectué ses premiers vols lors de navigations au large de Lorient. Ce moment a été immortalisé grâce au médiaman du Gitana Team, Yann Riou, avec des images prises par un drone.
Après seulement quelques semaines de navigation, le vol semble stabilisé, sur mer plate et dans 15 à 17 noeuds de vent.

©Yann Riou/Gitana SA

Le skipper du Team, Sébastien Josse se montre satisfait de sa nouvelle monture, Gitana 17 :  « Dès le début, nous avons pu voir que le bateau tenait ses promesses : raide, sain et avec une puissance qui ne demande qu’à s’exprimer ! Quand les deux foils ont trouvé place à bord, mi-août, nous avons pu très vite trouver les réglages pour passer du mode archimédien au mode volant ! La première fois où le bateau a décollé était un moment incroyable. Nous avions 15-17 nœuds de vent et une mer plate avec moins d’un mètre… tout était réuni pour voler. À bord, il y avait un mélange d’excitation et de surprise et de la fierté aussi. Car même si nous ne sommes qu’au début, et bien conscients que nous avons tout à apprendre et beaucoup à découvrir, c’est forcément une grande satisfaction de voir que ça va dans le bon sens.
Depuis ce premier vol, nous y allons pas à pas et nous nous familiarisons avec ce point de décollage, qui fait clairement basculer le Maxi dans un autre mode. C’est comme si nous avions deux bateaux, un classique archimédien et un volant. D’un mode à l’autre, le comportement du bateau est très différent, les réglages bien sûr et quand on décolle les angles de navigation changent, comme le vent apparent d’ailleurs et le barreur doit modifier son pilotage en conséquence. Ces premiers essais sont très positifs, le Maxi Edmond de Rothschild est sain et stable en vol et à chaque sortie nous gagnons en confiance pour atteindre des vitesses cibles de plus en plus intéressantes.» 

 

Ceci semble de bonne augure pour la première échéance en course, en effet Sébastien Josse et Thomas Rouxel disputeront la Transat Jacques Vabre, transatlantique en double dont le départ est prévu le 5 novembre.

 

Premier bilan un mois après la mise à l’eau du Maxi Edmond de Rothschild

Le Maxi Edmond de Rothschild  a été mis à l’eau voici un mois, l’heure du premier bilan pour les navigants et l’équipe technique est venu.

Après les mise en place des foils (8 mètres de développé), les différents réglages du gréement et les vérifications de l’ensemble des systèmes hydrauliques, électroniques et électriques au ponton, l’équipe a pu effectuer la première navigation sous voile du trimaran le 28 juillet dernier,  en présence  des armateurs du Gitana Team, Ariane et Benjamin de Rothschild.

Depuis l’équipe navigante enchaine les sorties au large de Lorient, le port d’attache du trimaran, le temps clément en cette période estivale a permis aux membres du team de découvrir le bateau dans des conditions médiums.

©Yann Riou/Gitana SA

Gitana 17 a été conçu par Guillaume Verdier et le bureau d’études du Gitana Team pour être le premier multicoque océanique avec des capacités de vol au large, sans pour autant en faire un pur foiler.
Pour l’heure, cet aspect de vol stabilisé au large n’est pas l’objectif premier du team, qui poursuit la prise en main du multicoque. Qui plus est la première course du bateau arrivera vite avec la Transat Jacques Vabre en double en novembre, pour se faire Sébastien Josse sera accompagné de Thomas Rouxel., les deux marins réaliseront leur parcours de qualification dans les semaines à venir.

Le retour est satisfaisant pour le skipper du Maxi Edmond de Rothschild, Sébastien Josse  :
« Les sensations sont très bonnes et nos premières sorties nous donnent toujours envie d’en voir plus ! Après nos cinq premières navigations nous pouvons dire que la plateforme du Maxi Edmond de Rothschild répond parfaitement à notre cahier des charges. C’est un bateau raide, sécurisant – on sent qu’il peut vraiment encaisser – et puissant. Jusqu’à présent nous avons eu des conditions plutôt médium pour le tester, mais on sent tout de suite qu’il y a pas mal de réserves sous le pied, ce qui est très positif. Nous avons tous hâte d’aller naviguer dans du vent fort et de la mer mais chaque chose en son temps. Les conditions « estivales » permettent de prendre la mesure du Maxi petit à petit, de se familiariser avec ses réactions, son comportement. Pour le moment, nous avons effectué des sorties en équipage mais dans les prochains jours nous passerons en mode « double
Le vol ? Ce n’est clairement pas l’objectif prioritaire des premières navigations car il y a déjà beaucoup à faire dans la prise en main de la machine. Mais désormais tout est à poste à bord pour pouvoir exploiter pleinement nos systèmes.
Les quelques sorties que nous avons pu réaliser depuis la mise à l’eau ne nous permettent pas de maîtriser l’exercice, mais ce que l’on peut déjà dire aujourd’hui c’est qu’il n’y a aucun doute sur le fait que le Maxi Edmond de Rothschild volera ! Après, savoir dans quelle configuration cela sera possible et surtout s’avérera efficace en termes de performance… patience ! ».

Le Maxi trimaran Edmond de Rothschild mis à l’eau

Après 170 000 heures de travail  et 20 mois de chantier, le Maxi Edmond de Rothschild a été mis à l’eau ce matin au chantier Multiplast, il a ensuite rejoint son port d’attache et la base du Gitana Team à Lorient, où il a été mâté dans l’après midi.

Ce maxi trimaran a été conçu en collaboration entre le bureau d’études de l’architecte Guillaume Verdier et celui du Gitana Team, pas mons de 240 personnes auront participé à la conception de ce bateau.
De nombreux intervenants ont collaboré pour la construction de celui-ci : Pixel Sur Mer (asservissement), C3 Technologies (cloisons et appendices), Re Fraschini (foils), Lorima (mât), Multiplast (plate-forme) et Persico (cockpit).

©Yvan Zedda/Gitana SA

Ce trimaran bénéficie également des études menées sur le Multi 70 Edmond de Rothschild (vendu à Giovanni Soldini/Maserati), le MOD 70 du team avait été largement modifié, notamment au niveau des appendices, afin de le sustenter et le faire voler.

Le Gitana Team ambitionne, avec ce Maxi Edmond de Rothschild, d’avoir le premier multicoque océanique « volant ».
Force est de constater que le trimaran a bénéficié des dernières avancés, notamment de la Coupe de l’America, afin de lui permettre d’atteindre cet objectif.
Il bénéficie de safrans en T rétractables avec intégration dans un carénage aérodynamique en position haute et intégration des élévateurs dans la carène. Les foils en L de 5 mètres de haut pour près de 3 d’envergure seront mis en place dans les prochains jours, par ailleurs la dérive centrale, à trimmer semble-t-il, bénéficie également d’un plan porteur afin de sustenter le bateau.
La partie émergée n’est pas en reste avec trois coques à fond plat afin de favoriser les phases de décollage grâce à un planing précoce et d’assurer une excellente stabilité par mer formée. Les étrave sont inversée afin de faciliter le passage dans la mer formée, et le franc-bord important pour éviter les impacts des vagues.

Les bras de liaison ont une forme  rectangulaire – afin d’augmenter la rigidité de la plate forme.

La partie aérodynamique est également très soignée avec les carénage de safrans en position haute, mais aussi des carénages textiles sur les bras. La casquette bénéficie du même soin avec une forme de goutte d’eau profilée pour diminuer le fardage.

Gitana 17 va désormais subir les différents tests de résistance en charge,  avant les premières navigations dans dix à quinze jours, puis les premiers vols.

Le programme de course prévoit la Transat Jacques Vabre  en novembre (LE HAVRE – SALVADOR DE BAHIA), que Sébastien Josse, le skipper disputera avec Thomas Rouxel.
En 2018, Sébastien Josse disputera la Route du Rhum (ST MALO – POINTE-À-PITRE) puis le tour du monde en course en solitaire à l’automne 2019.

Ariane de Rothschild, armateur du Gitana Team 

« Ce trimaran perpétue magnifiquement les 140 années de bateaux Gitana ainsi que de recherche et développement au sein de notre famille. Le Maxi Edmond de Rothschild est l’aboutissement de longues réflexions, tant technologiques qu’esthétiques. Il est l’histoire d’une quête continue et d’expérimentations réalisées notamment sur le trimaran Gitana XV, puis avec Gitana 16 (monocoque à foils pour le Vendée Globe). Grâce aux dessins de Cleon Peterson, ce trimaran défend également l’art et donne un écho magnifique à ce que nous faisons aux travers de nos fondations qui traitent de sujets comme l’insertion, la violence urbaine et la philanthropie. Pour toutes ces raisons, ce bateau défend de la plus belle des manières des valeurs que notre famille porte depuis des générations. »

Benjamin de Rothschild, armateur du Gitana Team  

« Cette mise à l’eau a été bien sûr émouvante. A travers le temps, les bateaux Gitana ont eu leur part d’innovations et celui-ci poursuit cette tradition avec l’ambition d’être le premier trimaran offshore volant. La tradition se perpétue avec l’audace que cela implique, tout en faisant confiance à Guillaume Verdier qui a fait ses preuves et à notre équipe qui ne cesse de progresser. C’est aussi une période très stimulante avec ces records qui tombent actuellement, ce qui place la barre toujours plus haute. Nous avons maintenant vraiment hâte de mettre le mât, les voiles et de naviguer »  

Cyril Dardashti, directeur général du Gitana Team 

« Nous vivons une journée très émouvante et importante dans l’histoire du Gitana Team. L’équipe a travaillé d’arrache-pied pour mettre à l’eau ce bateau dans les temps et ça n’a pas été facile tous les jours car le Maxi Edmond de Rothschild est une unité exceptionnelle, hors normes. Les dernières semaines ont été particulièrement intenses pour chacun de nous et je suis très fier de l’équipe car nous avons su nous dépasser ensemble pour clore le chapitre de la construction et démarrer la vie de ce Maxi. C’est le début d’une nouvelle histoire mais déjà la réalisation est exemplaire. Je le repète souvent mais nous avons une chance incroyable qu’Ariane et Benjamin de Rothschild nous honorent d’une telle confiance et nous permettent ainsi d’oser dans l’innovation. Une telle passion et un tel engagement sont le moteur quotidien du Gitana Team.»

Sébastien Josse, skipper du Gitana Team 

« Je suis forcément très impatient mais je reste discret et suis très impressionné par le travail de toute l’équipe. On ne naviguera pas pareil en solitaire ou en équipage, ni en records ou en courses. Les records sont aujourd’hui battus par des équipes qui s’y attèlent depuis longtemps. Il y a une grande part d’inconnu, beaucoup de choses sont ici essayées pour la première fois. Nous allons devoir y aller crescendo, se rencontrer avec ce bateau, s’écouter pour bien se comprendre. La course autour du monde de 2019 apportera en temps voulu, cette pression de la compétition qui va nous passionner avec non seulement la part technologique et bien sûr une aventure humaine incroyable dans une ambiance de pionniers. » 

Pierre Tissier, directeur technique du Gitana Team 

« Il y a dix ans, nous nous interrogions sur la taille des enrouleurs de voiles d’avant, de la force que supportaient les winches, si on mettait des vérins pour certaines fonctions ou de la bascule sur le mât. Aujourd’hui, on ne se pose plus ces questions mais on se demande quel angle donner aux flaps (comme les volets des ailes d’avion), quel type, quelle envergure… On se pose de nouvelles questions sur de nouvelles choses. C’est un bateau de large conçu comme un petit foiler et il a quasiment toutes les fonctions d’un bateau de l’America’s Cup. C’est le début d’une longue découverte, on ouvre une voie, avec un bateau qui a le potentiel de voler au large, maintenant il s’agit de le faire. »  

Guillaume Verdier, architecte naval 

« L’idée première était de concevoir le premier bateau océanique capable de voler avec une fiabilité à toute épreuve. Il y a des élévateurs sur tous les appendices. La dérive a, elle-aussi, un plan porteur en forme d’aile de raie afin de gagner encore un peu plus en stabilité en gîte et avec le roulis. Cela fait énormément de points de réglage pour Sébastien (Josse). Il va falloir y aller par étape, savoir comment être suffisamment raisonnable, savoir aussi comment faire lorsque la mer sera trop forte. Nous étions 80 chez Team New Zealand pour répondre à ces questions. Il va donc falloir être patient, échanger beaucoup pour révéler le potentiel de ce bateau. »

La réaction de Thomas Coville après son record de l’Atlantique Nord

Retour sur les premiers mots de Thomas Coville à son arrivée à la Trinité sur Mer, à l’issue de son record en solitaire sur l’Atlantique Nord ; bouclé en 4 jours 11 heures 10 minutes 23 secondes.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

« Ce record a une saveur particulière, il est très important dans mon histoire personnelle.
Parce j’ai commencé ici même, à La Trinité, comme préparateur dans l’équipe de Laurent Bourgnon, lorsqu’il comptait justement s’attaquer au record de l’Atlantique. Et pour moi, de penser que lorsque Laurent s’y est attaqué, il a réussi l’exploit incroyable de l’améliorer largement, et moi aujourd’hui, je mets 4 jours et 11 heures, c’est incroyable… Je suis très ému d’avoir réussi à passer cette barre, avec ce record-là, qui a été le premier que j’ai tenté, lorsque j’ai décidé de me lancer à la chasse aux meilleurs chronos océaniques. »

« J’étais à New York, cette ville complètement folle. Jean-Luc m’appelle, me parle d’une fenêtre qui s’ouvre, assez incertaine quand même. Mais c’est là que je sens un élan : parce que l’intuition est plus forte que les calculs et les raisonnements. Or je n’ai aucun doute, je me sens super fort dans ma tête. Bien sûr, en Atlantique Nord, rien ne se passe jamais comme prévu. Pourtant, on a battu ce record ! J’ai fait confiance à ma sensibilité et ça a payé. »

« Quand tu t’attaques au record autour du monde en solo, tu essayes d’en garder toujours sous la pédale, parce que tu ne sais jamais de quoi demain sera fait, parce que ça dure plus d’un mois et demi. Alors que dans un record de l’Atlantique, tu ne te préoccupes pas de demain, juste de l’instant présent : tu n’as pas d’autre solution que de tout donner d’emblée. C’est un effort, une tension que tu ne relâches jamais. J’ai dû dormir quatre ou cinq heures en tout. Je restais debout, au risque de littéralement tomber de fatigue, mais je préférais garder la main sur l’écoute et le chariot de grand-voile, pour régler et choquer en cas de besoin. J’étais à fond tout le temps. Je n’ai pris un ris qu’à deux reprises. J’ai empanné plusieurs fois pour monter au nord et échapper à l’anticyclone. La trajectoire m’imposait de descendre dans le vent tout en puissance, en restant très proche du vent arrière. Cela voulait dire à fond, avec toute la toile, soit plus de 700 m2 au dessus de ma tête, même par 35 nœuds de vent (force 8), tout en puissance. Je n’ai jamais fait ça. Sous l’Irlande, on était plus près du vent, du coup, ça allait très très vite, avec la coque centrale totalement hors de l’eau, à près de six mètres en l’air… »

Thomas Coville : record de l’Atlantique en moins de 4 jours et demi sur Sodebo Ultim

Quelques jours après Francis Joyon, qui avait amélioré son propre temps en mode convoyage rapide et pour sa première navigation en solitaire sur Idec Sport ;  c’est au tour de Thomas Coville de reprendre le record de l’Atlantique Nord.
Le skipper de Sodebo Ultim signe donc le nouveau temps de référence de la traversée de l’atlantique nord en solitaire après avoir franchi la ligne d’arrivée au Cap Lizard  aujourd’hui, à 19h 29min.
Thomas Coville n’aura mis que 4 jours 11 heures 10 minutes 23 secondes pour cette traversée express , il bat de 15 heures 45 min 47s le chrono réalisé par Francis Joyon le 13 juillet.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Il aura parcouru 3039 milles nautiques (5628 km) à la vitesse moyenne de 28,35 noeuds (26,87 nœuds sur l’orthodromie).

Sodebo Ultim’ retrouvera son port d’attache demain, il se présentera à l’entrée du chenal de la Trinité sur Mer demain vers 16h00 pour une arrivée au ponton à 17h00.

Thomas Coville est désormais détenteur du record de l’Atlantique Nord  en solo et de celui du tour du monde en solitaire.

Thomas Coville attendu la nuit prochaine au Cap Lizard

Thomas Coville, le skipper du trimaran SODEBO ULTIM’ continue sa route à haute vitesse sur l’Atlantique Nord.
Il est à l’heure actuelle en avance sur le tout récent temps de Francis Joyon sur IDEC SPORT, puisqu’il ne lui reste plus que 650 milles à parcourir. Il devrait donc boucler l’Atlantique en moins de 5 jours et décrocher ce record.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Thomas Coville, skipper de SODEBO ULTIM’ :

« Je prends un pied terrible. J’aime bien régler et manœuvrer le bateau.
Je trace un long trait après c’est un peu confus. Je perds le fil car le fait de ne pas dormir, c’est comme si j’avais des trous de mémoire.
Je vois très bien la situation météo. Ma route est claire mais les évènements se mélangent.

Je suis très toilé tout le temps. J’ai pris un ris à un moment donné mais j’ai presque 800 mètres carrés de toiles au dessus de la tête !
Ce n’est pas la même ambiance que quand tu es sur le tour du monde où je serais sans doute avec un ris dans la grand-voile.
Ici, je me mets moins de pression de résultat pour être plus dans la sensation.

J’ai fait des micro siestes, cinq ou six de 20 minutes depuis le départ.
Sinon, je me mets dans le pouf mais j’ai peur de faire un tout droit et de ne pas entendre l’alarme. J’arrive à manger régulièrement et je fais gaffe à ça. Au moment du départ, mon sac d’affaires perso à été débarqué et j’ai moitié moins de vêtements à bord.
Il fait froid, surtout très humide et ce n’est pas très confortable
Je suis trempé et je macère dans mon jus. L’humidité dégouline, je suis dans un décor de brouillard avec une intensité particulière.

Hier j’ai eu le bon feeling celui que tu fais quand tu es dans un état second. J’ai fait un beau coup. En fait, je fais ma météo avec les infos que Jean-Luc (Nélias qui route Thomas depuis la terre) m’envoie et puis sur le pont, c’est un autre sujet où tu dois comprendre les chiffres. Et là, j’empanne au bon moment, ça rentre fort, c’était le bon moment un état euphorique où tu es grisé par la sensation.

Je donne tout pour essayer de battre ce record
C’est l’un des plus historiques. Je ne regarde pas la carto, j’avance step by step sans me mettre la pression du temps. Mais je suis à fond pour ce record. On verra bien une fois la ligne franchie mais en tout cas j’ose et je suis heureux de le faire. La dernière partie n’est pas évidente avec une zone sans vent qui se déplace. Il ne faut pas qu’elle remonte de trop sur ma route».

Thomas Coville officialise sa tentative de record sur l’Atlantique nord

Alors que Francis Joyon vient d’arriver à son port d’attache de la Trinité sur Mer après son record de l’Atlantique nord, un autre skipper a fait le choix de tenter sa chance sur ce même parcours ; Thomas Coville s’est élancé depuis New York hier matin et espèe ravir le temps que Francis Joyon vient d’améliorer.

Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Francis Joyon a effectué ce record au débotté avec uniquement les conseils de Marcel Van Triest sur la dernière journée, Thomas Coville a choisi sa fenêtre et bénéficie d’un routage météo de la part de son équipe.

Pour battre le temps de Francis Joyon, Thomas Coville devra être sur la ligne d’arrivée au Cao Lizard avant 10h26 le dimanche 16 juillet.

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim :
« C’est une fenêtre où les 36 premières heures sont compliquées, il faut s’extirper de la côte et traverser une zone où les baleines et les gros poissons sont nombreux.
S’il y a un bon enchaînement, c’est quasiment une route directe. Il y aura pas mal de changements de voiles mais je peux m’en sortir pour pousser plus que sur le tour du monde.
C’est un bon timing pour rentrer par rapport à nos impératifs de chantier d’été.
Sur la fin de parcours c’est un peu la roulette russe avec la montée d’un anticyclone qui barre la route »