Groupama 3 en avance à l’équateur

Franck Cammas et ses hommes ont passé l’équateur ce matin, avec un premier temps de référence solide, puisque la latitude 0 a été franchie après seulement 5 jours, 15 heures, 23 minutes et 11 secondes, soit quasiment 1 jour et demi d’avance sur le temps de référence d’Orange 2 (mené par Bruno Peyron en 2005), les hommes de Groupama 3 améliorent aussi le temps de leur précédente tentative d’une quinzaine d’heures, prochaine étape, négocier l’anticyclone de Saint Hélène qui pourrait être décaler vers l’est par des dépressions, ce qui favoriserait grandement la progression du maxi trimaran.

Les conditions actuelles, par le skipper : « Nous sommes maintenant dans les alizés de Sud-Est, des alizés plutôt soutenus puisqu’ils soufflent entre 20 et 25 noeuds : on vit penchés au près serré et ce n’est pas l’allure la plus agréable sur un trimaran. Le ciel est dégagé, avec une bonne chaleur, mais ce n’est pas très confortable : il faut attendre encore quelques heures avant de commencer à débrider, à choquer les écoutes, à accélérer… On a un clapot assez court avec des embruns : il faut se tenir ! Mais nous n’avons pas trop de manoeuvres à faire en ce moment, juste renvoyer la grand voile ou prendre un ris de temps en temps, selon la force des alizés. Cela ne sera pas la même chose d’ici une semaine dans le froid… On espère attraper un front du côté du Brésil pour descendre rapidement vers Bonne-Espérance, et c’est pour ça qu’on ne se relâche pas car ça peut se jouer à quelques heures près… »

© Yvan Zedda/ Groupama SA

Groupama 3 est parti pour le Trophée Jules Verne

Franck Cammas et ses hommes d’équipage ont quitté Brest jeudi pour rejoindre la ligne de départ du Trophée Jules Verne au large d’Ouessant, celle-ci a été franchie peu avant 17 heures.

Des conditions musclées attendaient l’équipage dès la sortie du goulet de Brest avec 25-30 noeuds de vent et des creux de 7 mètres au large, des conditions pas idéales pour un départ, mais l’objectif était d’accrocher les alizés au large du Portugal pour un passage de l’Equateur en moins de 7 jours.

© Yvan Zedda/ Groupama SA

Une partie du retard prise sur le temps de référence a déjà été comblée, et le trimaran vert devrait dès ce soir avoir l’avantage,  après avoir empanné pour faire route directe vers l’Equateur, les Canaries devraient être franchies ce soir par l’est ce qui permettra d’éviter les dévents provoqués par le relief des îles.

La cartographie de la tentative se trouve : ici.

Les vacations et les actualités de la tentative sur le site officiel.

Groupama 3 et Banque Populaire 5 bientôt en stand by pour le Jules Verne

Les deux équipages vont se retrouver en stand by d’ici quelques semaines, celui de Groupama 3 débutera le 1er novembre, alors que les hommes d’équipage de Pascal Bidégorry seront près à s’élancer autour du monde le 15 novembre.

Le précédant duel, sur l’atlantique cet été, avait tourné à l’avantage de Banque Populaire V, le bateau de Franck Cammas avait mis 3 heures de plus que son adversaire à effectuer la traversée entre New York et le Cap Lizard, ce défi hivernal sera autrement plus difficile pour les hommes et les bateaux qui devront effectuer le tour du monde en moins de 50 jours et 16 heures pour battre le record de Bruno Peyron sur Orange II.

Les deux skippers ont su s’entourer pour cette tentative de record, Franck Cammas a choisi la continuité, quatre nouveaux éléments par rapport à la tentative de 2007 (qui s’était arrêté au large de la Nouvelle Zélande sur casse) : Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Bruno Jeanjean et Stan Honey à la navigation, ces hommes ont tous une grosse expérience du multicoque et ont navigué sur le bateau cette année, le reste de l’équipage est constitué de Franck Camas, Stève Ravussin, Fred Le Peutrec, Loïc Le Mignon, Ronan Le Goff et Jacques Caraës.

Du côté de Banque Populaire, Pascal Bidégorry, le skipper a choisi de s’entourer de ses équipiers habituels mais aussi de membres techniques du team Banque Populaire, l’équipage sera constitué de : Pascal Bidégorry, Ronan Lucas, Yann Eliès, Emmanuel Le Borgne, Yvan Ravussin, Ewen Le Clech , Pierre-Yves Moreau , Erwan Tabarly , Florent Chastel , Xavier Revil , Billy Besson, Kevin Escoffier , Marcel van Triest, Sébastien Duclos.

Interview de Fred Le Peutrec – Partie 2

Seconde partie de l’interview que Fred Le Peutrec, grand spécialiste du multicoque (3 prépartions olympiques en Tornado, Vainqueur de The Race sur Club Med, barreur des 60′ ORMA Bayer puis Gitana 11, barreur et boat manager de Groupama 3, barreur de Smart Home) a accordé à Voile-Multicoques.com.

Voici la fin de cette interview qui concerne le début de saison de Groupama 3, le Trophée Jules Verne à venir, la Route du Rhum 2010, l’America’s Cup etc.

© Yvan Zedda

© Yvan Zedda

Voile- Multicoques.com : Quel bilan tirez-vous du début de saison de Groupama 3 ?

Fred Le Peutrec : Nous aurions bien sûr préféré garder les deux records (Atlantique Nord et distance parcourue en 24 heures), mais l’objectif principal de cette année reste le Jules Verne. Les différentes navigations, tournée méditerranéenne et records, n’avaient pour but que de sélectionner et de souder l’équipage du Trophée Jules Verne, s’approprier le bateau, le connaître un peu mieux, le fiabiliser, parce que ce sont des machines sur lesquelles nous devons toujours continuer à travailler. Evidemment, il y a une petite frustration mais nous espérons prendre notre revanche cet hiver.

En ce qui concerne le record de l’Atlantique que nous avons effectué en même temps que Banque Populaire V, même si nous perdons deux records, les conditions de navigation étaient tellement exceptionelles que nous en garderons un excellent souvenir, cette traversée restera une navigation extraordinaire. Traverser l’Atlantique en un peu plus de 3 jours et demi était peu envisageable il y a quelques années, on est donc complètement satisfait du potentiel du bateau, il est sain, et  sera bien prêt pour le Jules Verne.

Nous savions au départ du record de l’Atlantique qu’étant donné les conditions, l’essentiel allait se jouer sur la puissance maximale du bateau, Banque Populaire V a plus de couple de rappel, nous savions qu’on allait souffrir, les conditions n’étaient pas idéales pour Groupama 3, mais sur le Tour du monde, il y a plus de zones de transition, ça se jouera sur toutes les allures, la descente sera au portant et pas au reaching, dans ces conditions là nous avons un bateau léger qui descend bien, le jeu devrait être plus ouvert pour nous.

Il y aura aussi une notion d’endurance technique qui jouera, nous partirons avec un trimaran profitant de plusieurs années de navigation et de fiabilisation.

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

© BENOIT STICHELBAUT/SEA&CO

Nous sommes impatients de partir, nous serons dans de bonnes conditions techniques, avec un équipage en béton, qui se connait bien, nous avons gardé la base de l’équipage présent sur le dernier tour du monde, et les marins qui ont embarqué cette saison (Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Stan Honey) sont des gens qui ont énormément de métier, et ça n’est que du plus pour l’équipage.

L’avenir de Groupama 3 semble être la Route du Rhum 2010 que Franck Cammas devrait courir, la décision de participer a-t-elle été prise ?

C’est en court de définition, nous essayons de préciser les choses : les différentes contraintes techniques et physiques qui seront rencontrées, et nous les mesurons exactement pour être sur que ce soit faisable en solitaire. Mais les chances de voir Groupama 3 au départ sont fortes.

© Guilain GRENIER / Sea & Co

© Guilain GRENIER / Sea & Co

Concernant cette Route du Rhum 2010, Gitana 11 que tu as barré pendant plusieurs années a été remis à l’eau après un allongement à 77’. Penses-tu que ce bateau puisse être un candidat potentiel à la victoire face aux maxis trimarans qui devraient être engagés ?

Assurément oui, c’est un bateau qui peut gagner, il est à la bonne échelle pour une personne seule. L’allongement a permis de retrouver de la stabilité, l’a assagie un peu. C’était déjà un des 60’ ORMA les plus marins, je pense que sous cette nouvelle forme ce trimaran reste un excellent bateau.

Le projet de MOD a refait surface cet été, les communiqués parlent du lancement de la série, s’agit-il seulement d’une annonce ou existe-t-il des bases solides pour cette série ?

Il y a des investisseurs qui sont prêts à définir le cadre, à mettre le pied à l’étrier à la série, tout ceci repose sur l’arrivée  d’une structure financière mise en place par Steve Ravussin et Franck David. Ensuite tout dépendra bien sûr du post élan, il faut que des partenaires entrent en jeu pour sponsoriser les trimarans.

Que penses tu de ce projet alors que les supports multicoques semblent se raréfier ?

Ce qui me plait c’est qu’un circuit de multicoques océaniques puisse renaître, je trouve cela vraiment désespérant dans le paysage de la voile qu’il n’y ait plus de multicoque aux jeux olympique. C’est symbolique mais ceci à des conséquences réelles sur l’activité nautique dans les clubs de sports, les écoles de voiles. Il y a toute une génération de gamins qui ont 15,16 ou 20 ans maintenant et qui s’étaient projetés dans l’idée de prétendre au meilleur un jour sur multicoque, bien entendu tout le monde n’y arrive pas, mais il y a toute une dynamique et une activité de voile légère qui a été ralentie à cause de l’abandon du support olympique multicoque.

Le fait qu’il n’y ait plus de multicoque océanique est dommageable, c’est totalement à contre temps que des bateaux aussi aboutis soient dans des hangars. C’est comme interdire la descente en ski ou la Formule 1 en automobile.

© Hans Berggren

© Hans Berggren

Au delà de la série qui s’arrête, c’est tout un système qui souffre qu’il n’y ait pas les machines les plus dingues, les plus extrêmes, sur l’eau. Les gens commencent à s’en rendre compte, et je pense que d’ici un an ou deux, ces séries manqueront réellement, je ne serai pas étonné que les journalistes, les médias ne trouvent pas un peu triste que ces bateaux là aient disparus et  soient rangé dans des hangars.

La Coupe de l’America aura lieu en multicoque, sur deux bateaux bien différents. Alinghi 5 est un catamaran semble-t-il axé sur le petit temps, BMW Oracle Racing alignera un trimaran plus proche d’un 60’ ORMA dans ses formes, que penses-tu de ces bateaux ? Crois tu que l’un d’entre eux possède un avantage ?

Je reste convaincu que le trimaran peut avoir l’avantage du fait du format de course: une montée et descente dans le vent donc VMG (Velocity Made Good) pur et une manche où la descente dans le vent se fait sur du largue abattu, ce n’est pas pour rien que la classe ORMA s’est concentrée sur cette formule. Les catamarans ne sont pas des bateaux aussi complets que les trimarans.

Le catamaran  est forcément bridé par son couple à un moment, où alors  il faut faire un cata très large mais qui perdra l’avantage dans le petit temps parce qu’il se mettra sur une patte très tard, et il sera handicapé dans les manœuvres. Pour jouer la carte du catamaran, il faut faire un bateau raisonnablement large, qui se mette sur une patte le plus tôt possible, auquel cas l’accélération est un peu moins bonne.

© Carlo Borlenghi/Alinghi

© Carlo Borlenghi/Alinghi

Pour les problèmes de puissance, ils sont essentiellement liés à la puissance du moteur une fois que le châssis est figé, il est tout aussi possible de faire un trimaran aussi performant dans le petit temps qu’un catamaran.

Je reste persuadé que la formule la plus polyvalente est le trimaran, Alinghi 5 est un bateau très intéressant, mais malgré tout je reste assez confiant dans les performances du trimaran.

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

© Gilles Martin Raget / BMW ORACLE Racing

De plus cibler un bateau pour une fenêtre météo extrêmement réduite peut être risqué, les conditions  météos sur les plans d’eau ne s’avérent pas forcément conformes aux statistiques, comme on l’a vu aux derniers JO.

La Coupe se jouera sur deux manches gagnantes, il suffit que ces jours là, il y ait un système de vent ou un thermique qui se lève un peu plus fort et qu’au lieu des 6 nœuds prévus il y ait 10 ou 12 nœuds, on aura alors des manches de brise, et je suis assez convaincu que le trimaran ira plus vite.

Cette épreuve devrait remettre les multicoques en valeur, penses tu que ceci puisse jouer en faveur des ces bateaux ?

Cette coupe va mettre les multicoques sous les feux de la rampe. Je serai très étonné que les marins qui vont courir cette épreuve, les observateurs, médias etc. ne soient pas  totalement emballé par le spectacle que vont offrir ces bateaux là en navigation, que ce soit au niveau des performances, de l’engagement. C’est bien que cette coupe se coure sur multicoques, c’est assez paradoxal que le système de multicoque océanique qui s’était  beaucoup développé en France se soit cassé la geule  au moment où les anglo-saxons réputés conservateurs sur leurs monocoques démarrent sur des multicoques pour la coupe. Il y aura forcément des retours après même si ces deux bateaux là vont probablement être « rangés » après la coupe, ce qui est dommage, mais ce sera difficile de se passer de ces bateaux après cet événement.

Merci à Fred Le Peutrec pour sa disponibilité

L’Atlantique Nord en 3 jours 15 heures et une journée à 907 milles pour l’équipage de Banque Populaire V

C’est finalement l’équipage de Banque Populaire V qui sort double vainqueur du duel qui l’opposait à l’équipage de Groupama 3 sur l’Atlantique.

Les hommes de Pascal Bidégorry s’offrent le record de l’Atlantique Nord, à près de 33 noeuds de moyenne et celui des 24 heures avec une journée à 907 milles soit 37,08 noeuds de moyenne, ces deux records étaient détenus depuis deux ans par Groupama 3.

Pascal Bidégorry, Ronan Lucas, Kévin Escoffier, Yvan Ravussin, Ewen Le Clech, Sébastien Audigane, Florent Chastel, Jean-Baptiste Le Vaillant, Emmanuel Le Borgne, Marcel Van Triest, Pierre-Yves Moreau, Xavier Revil décrochent donc ces deux premiers records pour le maxi trimaran Banque Populaire V, dernier né des maxis multicoques.

Les impressions de Pascal Bidégorry, skipper de Banque Populaire V : « Je ne réalise pas bien encore ce que nous venons d’accomplir. J’avais déjà du mal à imaginer que nous puissions aller aussi vite sur 24 heures mais ce nouveau record me laisse partagé entre une immense émotion et une grande surprise. Cette victoire sur le temps vient récompenser trois années d’un travail considérable fourni par tout le Team, les préparateurs, le bureau d’étude, les architectes et l’ensemble des équipes de la Banque Populaire. Je suis vraiment extrêmement heureux de leur offrir aujourd’hui ces deux cadeaux : le record de vitesse en équipage sur 24 heures et le nouveau temps de référence sur l’Atlantique Nord.  Nous attendions cette première tentative avec impatience et elle était essentielle pour nous à quelques mois du Trophée Jules Verne. Je ne pensais pas qu’on pourrait traverser aussi vite. Nous ne nous sommes pas posé la question de savoir si nous pourrions aller chercher le temps de 2007. Nous sommes restés concentrés sur la météo, la stratégie et la marche du bateau avec l’obsession d’en tirer la quintessence. Le Maxi Banque Populaire V est un bateau hors normes et nous sommes tous extrêmement fiers de pouvoir naviguer sur ce bateau exceptionnel ».


L’équipage de Groupama 3, mené par Franck Cammas n’aura rien pu faire face à la puissance de son concurrent, cependant ils améliorent leur propres records des 24 heures avec 857 milles en 24 heures et une traversée en 3 jours 18 heures à 32 noeuds de moyenne, mais à 3 heures de Banque Populaire qui s’est offert le luxe de dépasser le trimaran vert samedi, pas de regret pour les hommes de Cammas qui sont satisfaits de leur bateau nottament  dans le médium et le petit temps, comme l’explique le skipper Franck Cammas : « On sait qu’il y a des conditions où il va plus vite (Banque Populaire V) , notamment au près. Nous avons une autre philosophie avec un bateau qui est plus court et plus léger. Au portant, nous devrions aller mieux… Dans un tour du monde, il peut se passer beaucoup de choses ! Sur cette traversée, il est allé plus vite 70% du temps : il faudra être plus malin sur le Trophée Jules Verne où il y a plus de stratégie météo que sur l’Atlantique Nord. »


Prochaine confrontation prévue cet hiver autour du monde dans le cadre du Trophée Jules Verne !

Franck Cammas répond aux questions de Voile-Multicoques.com et VoileSportive.com

Franck Cammas, skipper du maxi trimaran Groupama 3, actuellement en stand by pour le record de l’Atlantique Nord, et de l’Extreme 40 Groupama 40 a accordé cette interview à VoileSportive et Voile-Multicoques au cours de l’étape hyèroise de l’iShares Cup.

VoileSportive.com : La tournée Méditerranéenne, le record de la Méditerranée vous ont ils conforté sur la fiabilité de Groupama 3 après le chantier post chavirage ?

Franck Cammas : En fait toute cette tournée en Méditerranée nous a obligé et permis de naviguer dans des conditions extrêmement variées ; de naviguer beaucoup puisqu’à l’arrivée à New York le bateau a environ 10000 milles de navigation, ça a été de superbes mois de mise au point, très intenses et dans des conditions que l’on ne rencontre pas en record.

VS.com : Tu avais un rôle de coach auprès de l’équipe américaine, BMW Oracle, qui défie Alinghi pour la prochaine coupe de l’America, aujourd’hui ce sont tes concurrents sur l’iShares Cup. Que penses tu tu niveau actuel de l’équipe en multicoque ?

FC : Ils sont très bons, individuellement ce sont des marins excellents ; pour le multicoque il faut apprendre, comme pour tous les bateaux.
Au sein de l’équipe américaine, il y a des gens qui apprécient beaucoup le multicoque comme James Spithill, qui s’investit sur ce support, d’autres apprécient  nettement moins la navigation sur multi et ont peur. Mais ils vont faire du bon boulot, ils ont su s’adapter.

Photo Paul Todd/ BMW ORACLE Racing

VS.com : Tu as navigué sur leur trimaran, BOR 90, pendant la phase de mise au point. Les rumeurs parlent d’un second bateau ou de grosses modifiacations pour faire face au multicoque d’Alinghi qui serait typé petit temps, selon toi BOR 90 est il trop “conventionnel” ?
FC : L’objectif était de mettre à l’eau un bateau  rapidement, puisque la première échéance était un an après le dépôt du défi face à Alinghi, ensuite il y eu les procédures juridiques qui ont retardé le processus.
Le defender a toujours un avantage qui est de choisir le plan d’eau, nous (BMW Oracle, ndlr)  avons donc essayé de faire un bateau qui était polyvalent avec des moyens de le typer rapidement pour le petit ou le gros temps. La plate forme  peut donc tout à fait s’adapter, évidemment avec des modifications pour que le trimaran progresse dans ce type de vent.
En ce qui concerne le bateau des suisses, nous aurons la réponse dans quelques jours, mais les bruits qui courent font état d’un multicoque typé petit temps, ce qui est normal, puisqu’ils savent parfaitement faire cela avec les D35 et les régates sur le lac Léman.

VS.com : En ce qui concerne la Route du Rhum 2010, as-tu pris une décision sur la bateau qui sera aligné au départ : Groupama 2, Groupama 2 allongé, ou Groupama 3 version solo ?

FC : Pour Groupama 2 allongé, nous avons dit non, ce sera Groupama 2 ou Groupama 3 version solo.
Pour Groupama 3, l’équipe réfléchie et travaille beaucoup sur ce sujet, j’espère partir avec Groupama 3 version solo, ce serait un beau défi.

VS.com : Ceci impliquerait des modifications sur la surface de voiles ?
FC : Bien sûr, un plan de pont un peu différent, un plan de voilure complètement différent mais une plate forme qui resterait extrêmement proche de l’actuelle.

©Guilain GRENIER / Sea & Co©Guilain GRENIER / Sea & Co

VS.com : Tu participes au championnat Julius Baer sur Zen Too (Decision 35), pourquoi avoir choisi l’iShares Cup plutôt que le circuit Decision 35 ?

FC : Ce qui est intéressant sur l’iShares Cup, c’est la découverte de nouveaux plans d’eau qui sont très différents les uns des autres, ce qui est un parfois dommage sur le lac Léman, c’est l’orientation petit temps, avec un plan d’eau très particulier.
Le circuit Extreme 40 permet aussi une confrontation  à des adversaires venant d’horizons différents, alors que le Décision 35 reste une série de spécialistes du lac Léman, l’arrivée de  nouveaux concurrents est donc plus facile que sur Decision 35. Le circuit est aussi plus orienté vers les marins professionnels et vers les médias, ce qui est bon pour notre sponsor.

VS.com : Comment expliques-tu le succès grandissant de l’iShares Cup ? Est ce que le format adapé au public participe à ce succès ?

FC : Les sponsors sont attirés par ce rapprochement vers le public, l’organisation est très clean, bien rodée, orientée vers les médias, ils travaillent beaucoup cet aspect, et avec des moyens suffisants.
Le show, il en faut mais pas trop, il faut trouver le juste milieu, de notre côté on a plus l’habitude de régates conventionnelles, ce n’est pas le cas sur le circuit, mais on conserve des bords de près et de portant, très courts, mais l’aspect tactique reste primordial.

VS.com : La classe ORMA a disparu, comment epliques- tu celà ?

FC : je ne sais pas si la formule était mauvaise, il y a eu un ensemble de circonstances qui n’ont pas aider la classe ; mais quand on voit ce qui se passe en monocoque IMOCA, le bilan de l’ORMA était aussi bon.
D’un point de vue spectacle, intensité des programmes, l’ORMA était bien au dessus de ce qui se fait à l’heure actuelle.
Sur le papier, la formule était excellente, maintenant il faut un nouveau souffle avec peut être un nouveau bateau pour intéresser les skippers.
L’image d’une classe difficile pour les marins a peut être joué aussi, avec des skippers qui n’osaient pas venir ou vendre un projet ORMA ; du fait de la difficulté technique avec la nécessité d’une grosse équipe pour suivre le rythme des programmes.

Merci à Franck Cammas et à l’équipe Groupama pour cette interview.

L’actualité du Team Groupama à suivre sur leur site officiel.

Porsuite des navigations sur Groupama 3 avant le départ pour la tournée Méditerranéenne

L’équipe Groupama continue les navigations sur le maxi trimaran et la mise au point de celui-ci depuis la remise à l’eau du bateau après 8 mois de chantier. Les premières navigations avaient eu lieu dans des vents très faibles, mais l’équipage a eu l’occasion de tester le bateau dans des conditions nettement plus musclées cette semaine, le skipper, Franck Cammas semble satisfait du comportement du bateau :  « Lors de notre dernière sortie en mer, nous avons eu jusqu’à 40 noeuds de vent. Nous avons pu vérifier la tenue des nouveaux flotteurs qui sont plus raides. Nous sommes très satisfaits de leur comportement car ils ont moins de mouvements latéraux. C’est plus confortable pour l’équipage mais aussi pour la structure qui souffre moins et vieillira donc mieux. »

Franck Cammas ajoute que le chantier, probablement pénalisant en poids, n’a pas affecté les performances du trimaran : « Les relevés enregistrés nous indiquent des vitesses supérieures. C’est bien, même si j’attends d’avoir navigué au large durant plusieurs jours pour m’en assurer »

© Yvan Zedda

© Yvan Zedda

© Yvan Zedda

Les images de ces navigations à voir en vidéo sur le site officiel : Cammas-Groupama


Groupama 3 remis à l’eau

Après 10 mois de chantier et 50000 heures de travail au chantier Multiplast, le maxi trimaran skippé par Franck Cammas a été remis à l’eau ce matin.

En dehors de la construction de nouveaux flotteurs renforcés, le bateau a été optimisé au niveau de la production d’énergie, comme le disait Fred Le Peutrec dans l’interview qu’il nous avait accordé, une nouvelle centrale d’acquisition de données a aussi été installée, elle permettra de mesurer les efforts subis par la plate forme en corrélation avec les conditions de navigation, et donc d’adapter le potentiel du bateau à ces efforts pour éviter une casse.

© Arnaud Pilpré – Studio Zedda

Détail plus visible, l’adoption de carénages sur l’arrière des bras de liaison avant, ce système déjà présent sur le 60′ ORMA Groupama 2 avait fait ses preuves au niveau aérodynamique, il a donc logiquement été transposé sur le géant de l’équipe.

Le trimaran devrait rejoindre Lorient, où il sera mâté, la première navigation étant prévue pour le 23 février avant un départ pour la Méditerranée pour des opérations de relations publiques, puis la saison de record.

Les différentes étapes de Groupama 3 (hors records) :

Départ le 16 mars : Lorient – Istambul (Entraînement / Convoyage)

Départ le 30 mars : Istambul – Athènes (Entraînement / Convoyage)

Départ le 8 avril : Athènes – Venise (Entraînement / Convoyage)

Départ le 20 avril : Venise – Gênes (Entraînement / Convoyage)

Départ le 28 avril : Gênes – Marseille (Entraînement / Convoyage)

Départ le 9 juin : Carthage – Valence (Entraînement / Convoyage)

Départ le 15 juin : Valence – Lisbonne (Entraînement / Convoyage)

Départ le 22 juin : Lisbonne – New York (Entraînement / Convoyage)


Les tentatives de records :


A partir du 6 mai : Record de la traversée de la Méditerranée
De Marseille à Carthage – Tunisie (458 milles)
Temps à battre : 17 heures 56 minutes et 33 secondes


A partir du 7 juillet : Record de la traversée de l’Atlantique nord
De New York au Cap Lizard (2 925 milles)
Temps à battre : 4 jours 03 heures 57 minutes et 54 secondes


A partir du 1 novembre : Trophée Jules Verne
Tour du monde en équipage par les trois caps
Temps à battre : 50 jours 16 heures 20 minutes et 4 secondes