Oracle Team USA au plus bas

Les deux équipages en lice pour la 34ème Coupe de l’America, le defender Oracle Team USA, et le challenger Emirates Team New Zealand se sont retrouvés hier sur le plan d’eau de San Francisco pour la 3ème journée de régates.

L’attente était grande pour cette nouvelle journée, après la première victoire d’Oracle 48 heures auparavant, ils avaient alors pris les commandes sans que les kiwis ne puissent trouver la faille pour revenir. Le lendemain, l’équipage avait travaillé, sous la houlette de Philippe Presti, les manoeuvres et le près, les points faibles de l’équipe

L’équipage américain, mené par James Spithill a de nouveau dominé le départ, le barreur a pu casser l’engagement d’ETNZ à l’intérieur et passe la 1ère bouée en tête, après avoir déventer le catamaran kiwi sur ce court bord de dégagment.

Ils parviennent également à maintenir leur avance sur le premier portant avec 8 secondes d’avance à la porte 2;

Commence alors la descente aux enfers pour le team Oracle, John Kostecki, tacticien (mais aussi wincheur, à contrario d’ETNZ où Ray Davies ne participe que peu à la marche du bateau) du bord lance un virement très tôt après la bouée et un gybing tack, qui consiste à virer haut sur les foils. La manoeuvre n’est semble-t-il absolument pas maitrisée par l’équipage, l’AC72 américain s’arrête presque, alors qu’ETNZ pousse un peu plus loin son bord et bénéficie du cône sans courant crée par Alcatraz sur la droite du plan d’eau. Ceci permet aux kiwis de réduire sensiblement leur retard.

Les américains enchainent ensuite des virements approximatifs avec des vitesses de sortir catastrophiques (6 à 7 noeuds) contre le double pour leur adversaire, la cellule arrière et le barreur paraissent complètement anéanti sur ce bord, ne parvenant pas à résister à la pression et laissant s’envoler les kiwis qui passent facilement le cata USA 17 et poursuivent avec une vitesse nettement supérieure à cette allure. Le skipper d’Oracle se plaint plusieurs fois sur cette remontée du manque de vitesse du bateau, semble-t-il handicapé par une voile d’avant un peu trop grande pour le range de vent, mais rien n’y fait, ils passent la porte 3 avec 1 minute 17 secondes de retard (le plus grand delta depuis le début de cette finale de l’America’s Cup).

Ils parviennent à reprendre quelques secondes sur le portant mais terminent tout de même 1 minute 5 secondes derrière leur adversaire.

http://http://youtu.be/lLZcceYGC88

Quelques minutes avant le lancement de la seconde manche, Oracle Team USA demande l’annulation de la seconde régate. Ceci est possible pour chaque équipe, une seule fois pendant cette finale de l’America’s Cup, et uniquement pour la seconde manche du jour. Tout le monde pense alors à un soucis technique sur USA 17, mais Spithill infirme ceci lors de la conférence de presse, il s’agit en fait d’un avoeu d’impuissance des américain pour cette journée, après ce près catastrophique, ils ont simplement préféré renoncer afin de reporter ce duel et d’apporter les modifications nécessaires pour mettre toutes les chances de leur côté.

Il parait hautement improbable que l’équipe change de bateau, ou d’appendices, reste l’équipage, on sait que le team a perdu un élément clé dans l’affaire d’espionnage, Dick de Ridder, régleur d’aile, remplacé au pied levé, mais la cellule arrière semble aussi en grande difficulté et parait fébrile dans sa prise de décision. John Kostecki, pillier du team et Tom Slingsby pourraient donc être remplacé dès jeudi, date des prochaines régates.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Jimmy Spithill à la conférence de presse : « Nous rentrons faire le point. Ils sont meilleurs que nous, surtout au près. Nous devons absolument progresser. Nous jouons cette carte pour être certains d’être prêts en vue du prochain duel. Notre défaite n’était pas seulement due à un déficit de performances au près. Nous avons commis d’autres erreurs, lors des virements par exemple, que nous devons absolument améliorer. Nous devons monter en puissance. Nous ne nous cherchons pas d’excuse. Nous nous retirons pour mettre toutes les chances de notre côté  ».

Les américains sont repartis naviguer à l’issue de cette conférence de presse et reprendront leur navigations aujourd’hui, alors que l’équipage de Dean Barker profitera de ce jour off pour analyser les performances et checker leur AC72.

Les kiwis mènent désormais 4 à -1 face aux américains

L’analyse de cette régate pour Christian Karcher

La course 5 en chiffres :

  • Parcours : 5 bords /10.27 milles nautiques
  • Temps de course : ETNZ – 22:45, OTUSA – 23:50
  • Delta: ETNZ +1:05 minute
  • Distance totale parcourue : ETNZ – 11.4 NM, OTUSA – 11.5 NM
  • Vitesse moyenne : ETNZ – 30.21 nœuds, OTUSA – 29.17 nœuds
  • Vitesse maximale : ETNZ – 46.94 nœuds, OTUSA – 44.93 nœuds
  • Vitesse du vent : Moyenne – 20 nœuds, Pointe – 24.1 nœuds

Classe G solo, l’avenir du multi océanique ?

Thomas Coville, le skipper du maxi Sodeb’O revient sur la saison à venir sur son maxi trimaran solo dans une interview  pour Voiles et Voiliers , il dévoile de nombreuses informations sur son bateau, le futur maxi en refit chez Multiplast (l’ancien Géronimo), mais également l’organisation de la classe des multicoques solo.

Il confirme d’ailleurs, dans cet entretien, l’intérêt porté par la Macif et François Gabart sur cette classe, la rumeur voulant que l’assureur lance la construction d’un multi sur plans VPLP pour son skipper.

Autre information concernant la classe, Sodeb’O souhaite toujours organiser une course autour du monde en solo en multicoque, probablement au départ de Brest, d’après le skipper, celle-ci serait sans escale et sans porte des glaces.

Pour sa nouvelle tentative de record de cet hiver autour du monde, Thomas Coville dispose désormais d’un système d’angulation des safrans inspiré de ce qu’il y avait sur Groupama 4, permettant de régler le parallélisme des appendices afin d’affiner l’équilibre du trimaran. Par ailleurs la grand voile et la trinquette sont neuves, réalisés en 3Di par North, un petit gennaker fait également son apparition, il sera utilisé par le skipper dans le grand sud.Il dévoile aussi les modifications en cours sur l’ancien Géronimo, qui sera mis à l’eau en avril prochain, le trimaran disposera d’une nouvelle coque centrale avec moins de franc bord, les bras sont conservés, tout comme une partie des flotteurs qui vont être modifiés afin de recevoir des foils et des safrans. Le trimaran devrait être plus léger de 6 tonnes, par rapport à la configuration actuelle. Le mât sera construit dans les moules de celui de Groupama 3 (Banque Populaire VII actuellement), mais le plan de voilure sera différent. Enfin pour la partie appendice, l’équipe Sobed’O a acquis des éléments d’USA 17, aussi nommé Dogzilla, (le trimaran à aile rigide de 90′ ayant gagné la 33ème Coupe de l’America), à savoir deux paires de foils, des safrans et quelques éléments d’accastillage (hooks, winchs)

Oracle Team USA gagne sa 1ère régate

Alors qu’Emirates Team New Zealand avait largement dominé le defender Oracle Team USA lors des deux premières régates, les américains ont haussé leur niveau hier et ont remporté une des deux régates courues.

James Spithill maitrisait le départ de la 1ère manche, il partait lancé alors que l’AC72 néo-zéd peinait à monter sur son foil, le skipper d’Oracle entrait en 1er dans la zone prioritaire à la 1ère marque. Dean Barker tardait à s’écarter pour laisser de l’eau aux américains et écopait d’une pénalité, la première reçue par les néo-zélandais depuis le début de la Louis Vuitton Cup.

Les kiwis réparaient immédiatement et se lançaient à la poursuite du catamaran du defender, James Spithill couvrait son adversaire en suivant le rythme des empannages, chaque bateau partait d’un côté du plan au passage de la porte 2, passée avec 18 secondes de retard pour ETNZ.

Sur le près, les néo-zélandais conservaient une meilleure vitesse en sortie de virement et jouaient avec la bordure de la zone de régate, afin de se placer au mieux par rapport aux américains, ce qui leur permettaient de croiser devant leur adversaire, qui passait la porte 3 avec 28 secondes de retard. Le delta sera le même à l’arrivée, à l’issue de laquelle Emirates Team New Zealand menait 3 à 0.

L’analyse vidéo de Christian Karcher de cette troisième régate

Les équipages se retrouvaient peu après sur la ligne pour la quatrième régate de cette finale de l’America’s Cup.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Le départ était de nouveau favorable aux américains, qui gardaient l’intérieur à la bouée numéro 1, les néo-zéds s’écartaient largement afin de ne pas écoper d’une nouvelle pénalité, et se retrouvaient à 6 secondes de leur adversaire au passage de cette marque, le delta restant stable après le bord de portant, suite à une erreur de Spithill sur le dernier empannage, qui remonte précocement le foil sous le vent en même temps qu’il descend celui au vent, ce qui provoque un bel arrêt du cata américain et qui permet aux kiwis de reprendre 100 mètres.

Les deux bateaux partaient sur le même côté du plan d’eau sur le bord de près, qui était moins bien maitrisé par les kiwis, avec quelques cabrés du bateau dans un vent forcissant à plus de 20 noeuds. Ils passaient la porte 3 avec 16 secondes de retard sur les américains.

Ils ne parviennent pas à se refaire suffisamment sur le portant, malgré une belle pression sur les américains, qui enchainent comme leur adversaire des empannages parfaits, le bord de reaching est avalé en quelques secondes, et le defender Oracle Team USA remporte sa première victoire dans cette Coupe de l’America avec 8 secondes d’avance.

L’analyse de Christian Karcher de cette 4ème régate

Les réactions des équipages

Dean Barker, skipper d’Emirates Team New Zealand : « Il est crucial d’enrouler en pôle position la première bouée afin de prendre le contrôle sur votre destin. Nous n’aimons évidemment pas perdre, mais une défaite peut s’avérée instructive en vue de la reprise des courses mardi ».

James Spithill, barreur d’Oracle Team USA : « Gagner la 4ème manche fut un énorme satisfaction. C’est positif de voir l’équipe réagir à la pression forte, surtout après la première course où nous avions temporairement pris les commandes. Nous n’y serions probablement pas parvenu avec un équipage moins déterminé. Ces bateaux sont de loin les plus exigeants en termes de conditions physiques sur lesquels nous avons navigué. A bord de ces deux AC72 similaires en performances, ce sont les équipages qui font la différence à l’arrivée »

Le résumé vidéo des deux régates

Le score est donc désormais de 3 à -1 pour les kiwis, Oracle ayant écopé de deux points de pénalités avant la compétition, les prochains duels auront lieu mardi, avec deux régates au programme.

 

Emirates Team New Zealand remporte les deux premières régates de la finale de l’America’s Cup

L’équipage néo-zélandais a pris l’avantage sur le defender américain Oracle Team USA hier à San Francisco pour les premières régates de la finale de l’America’s Cup en remportant les deux régates courues dans 16 à 18 noeuds de vent.

Dean Barker remportait le 1er départ, James Spithill restait sous le vente de l’AC72 kiwi qui passait la marque 1 avec  4 secondes d’avance. Le 1er portant confirmait que le catamaran d’Oracle Team USA descendait mieux, mais était légèrement moins rapide dans ce range de vent que leur adversaire, les américains effectuaient donc moins d’empannages, malgré tout les kiwis maintenaient l’avantage.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Au passage de la porte, Oracle Team USA réussissait à recoller suite à un léger planté d’Emirates Team New Zealand, le delta restait le même. Sur le près menant à la porte 3, on observait également que le catamaran américain avait un petit avantage en cap, mais sa vitesse était toujours légèrement moins bonne que celle des néo-zéds, les deux équipages se livraient à un duel de virements au contact, le defender parvenait à prendre l’avantage sur une partie du bord avant d’être repassé et de concéder 25 secondes au passage de la marque. Le dernier portant ne permettra pas aux américains de revenir, les néo-zélandais remportaient cette première régate avec 36 secondes d’avance.

Sur le second départ, James Spithill tentait d’infliger une pénalité à Dean Barker, mais celui-ci défendait bien sa position et n’était pas sanctionné par le jury, lui permettant de gagner de nouveau cette phase de départ, Oracle Team USA ne concédait que 2 secondes de retard à la 1ère bouée. A la porte 2, les américains perdaient du terrain suite à un planté, et Team New Zealand creusait le delta sur le près avec 46 secondes d’avance sur les américains, qui perdent encore un peu de terrain sur le portant et terminent à 56 secondes de l’AC 72 kiwi.

Les réactions des équipages :

Dean Barker, barreur de l’équipe néo-zélandaise : « Il est bien trop tôt pour tirer des conclusions, mais je pense qu’on a tous vu des bateaux incroyablement similaires en termes de performance. Les conditions étaient légères aujourd’hui et nous en testerons d’autres au cour de la série de régates à venir. Mais comme prédit, il n’y a effectivement que très peu de différences entre ces deux AC72 ».

 

Jimmy Spithill , barreur d’Oracle Team USA : .« Lors du premier duel, nous n’avons pas réussi à les marquer autant que nous aurions voulu. Lors de la seconde manche, nous étions surpris de ne pas les avoir pénalisé. Puis nous n’avons pas été capables d’accélérer aussi rapidement qu’ils l’ont fait. Et à partir de là, c’est difficile de revenir lorsqu’on est mené et sous contrôle. D’autant plus qu’ils n’ont commis aucune erreur par la suite. Demain sera un autre jour »

Glenn Ashby (AUS), régleur de l’aile d’Emirates Team New Zealand : « Je suis persuadé que nous assisterons à de belles batailles la semaine prochaine. Le jeu est ouvert. Pour deux bateaux aussi différents en terme de conception et de construction, c’est fantastique de les voir régater aussi près, au contact l’un de l’autre »

L’analyse de Christian Karcher

Résultats de la Finale de l’America’s Cup :

Emirates Team New Zealand – 2
ORACLE TEAM USA – 0 victoire (-2 points suite à la pénalité infligée par le jury pour tricherie)

La course 1 en chiffres :

  • Parcours : 5 bords / 9.71 milles nautiques
  • Temps de course : ETNZ – 23:30, OTUSA – 24:06
  • Delta: ETNZ +:36 secondes
  • Distance totale parcourue : ETNZ – 11.7 NM, OTUSA – 11.4 NM
  • Vitesse moyenne : ETNZ – 30.07 noeuds, OTUSA – 28.58 noeuds
  • Vitesse maximale : ETNZ – 43.54 noeuds, OTUSA – 42.51 noeuds
  • Vitesse du vent : Moyenne – 16 nœuds, Pointe – 21 nœuds

La course 2 en chiffres :

  • Parcours : 5 bords /10.11 milles nautiques
  • Temps de course : ETNZ – 22:46, OTUSA – 23:38
  • Delta: ETNZ +:52 secondes
  • Distance totale parcourue : ETNZ – 11.3 NM, OTUSA – 11.3 NM
  • Vitesse moyenne : ETNZ – 30.12 nœuds, OTUSA – 28.92 nœuds
  • Vitesse maximale : ETNZ – 46 nœuds, OTUSA – 42.87 nœuds
  • Vitesse du vent : Moyenne – 16.6 nœuds, Pointe – 19.5 nœuds

© ACEA / RICARDO PINTO

Les néo-zélandais vainqueurs de la Youth America’s Cup

Les deux jeunes équipages néo-zélandais ont brillé sur cette première édition de la Red Bull Youth America’s Cup. La compétition s’est déroulée sur quatre jours et  a offert des régates en flotte spectaculaires pour le public, dix équipes étaient engagées.

L’accès au podium a été très disputé, les français de Next World Energy Team avait bien commencé la compétition, mais ont finalement eu plus de difficultés lors des dernières manches. Le podium étaient encore accessible pour eux après deux journées de course, 7 équipages se tenant en 3 points, mais les français ont du revoir leur ambition à la baisse sur la fin de cette Youth America’s Cup. Qui plus est la dernière régate n’a pas été disputée pour cause de vent trop fort sur le plan d’eau.

Au final New Zealand Sailing Team with Emirates Team New Zealand  s’impose, devant la seconde équipe kiwi de Full Metal Jacket (NZL) et les Portugais de ROFF/Cascais Sailing Team.

L’équipage suisse termine au pied du podium, à un point de l’équipage portugais, les français de Next World Energy Team terminent à la huitième place.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Classement final de la Red Bull Youth America’s Cup (Après sept courses sur huit, la dernière ayant été annulée en raison du vent dépassant la limite maximale de 18 nœuds) :

1. NZL Sailing Team with Emirates Team New Zealand (NZL) 2-RDG-7-3-1-1-4 – 57 points

2. Full Metal Jacket Racing (NZL) 7-1-4-6-6-3-5 – 45 points

3. ROFF/Cascais Sailing Team (POR) 3-6-1-8-8-5-2 – 44 points

4. Team TILT (SUI) 8-5-2-2-9-7-1 – 43 points

5. American Youth Sailing Force (USA) 1-7-3-5-7-4-8 – 42 points

6. Swedish Youth Challenge (SWE) 6-2-9-1-4-6-10 – 39 points

7. Objective Australia (AUS) RDG-10-6-10-2-3 – 38 points

8. Next World Energy (FRA) 4-4-8-4-5-9-6 – 37 points

9. All In Racing (GER) 5-8-5-9-3-8-9 – 30 points

10. USA45 Racing (USA) 9-9-10-7-10-10-7 – 15 points

Lucien Cujean, skipper de Team Tilt « Nous sommes déçus de ne pas avoir pu naviguer cette dernière manche, mais le résultat final et cette dernière victoire sont vraiment exceptionnels pour nous. Les neufs autres équipes avaient à leur bord des navigateurs chevronnés, nous avons réussi à naviguer à leur niveau et en sommes très fiers. Ces quatre jours de compétition ont été les plus beaux de ma carrière vélique, aux côtés d’une équipe formidable. Nous en sortons tous grandis, avec une expérience vraiment utile pour la suite de nos carrières »

 

Antoine Mermod, team manager de Next World Energy : « C’est vraiment dommage que la dernière manche ait été annulée, parce qu’on était encore une fois dans une bonne dynamique. Le bateau kiwi était au-dessus de tout le monde et mérite largement, largement sa victoire. Mais derrière lui, c’était une énorme bagarre pour les places de 2e à 10e. Nous n’avons pas démérité, on peut être fiers de ce qu’on a fait je pense… On a bien navigué, fait plein de belles choses. Il a manqué parfois de la réussite et de la lucidité – c’est vrai – mais à l’inverse, on s’est bien sortis parfois de situations compliquées. Nous sommes forcément frustrés du résultat, mais nous avons vécu une super expérience. On a bien bossé en prenant plein de plaisir, autant no! us les coaches que les jeunes ! Vivement qu’on puisse repartir en AC45 ! « .

 

 

Arthur Ponroy, skipper de Next World Energy : « On prend un super départ, on fait plus de la moitié de la course dans les trois premiers et au final on se fait avoir un peu bêtement en choisissant la mauvaise bouée. On perd comme ça trois petits points qui nous flinguent le classement général. C’est un peu dommage… A chaud, comme ça juste après la régate, c’est dur à encaisser côté résultat comptable, car nous étions capables de faire beaucoup mieux. En revanche naviguer ici, entourés d’une équipe comme celle d’Energy Team et avec le soutien des gens de Next World Energy, c’est évidemment génial… »

 

 


Oracle Team USA pénalisé de 2 points

  • Le jury international a rendu son verdict concernant les modifications apportées par le defender ORACLE Team USA sur trois de leurs catamarans AC45 en 2012. Il a décidé de sanctionner le team américain de deux points au départ de l’America’s Cup et de 250000$ d’amende. Oracle Team USA débutera donc la compétition à -2 alors que le vainqueur de la Louis Vuitton Cup, Emirates Team New Zealand débutera avec 0 point au compteur, pour l’emporter le team américain devra remporter au minimum 11 points, la Coupe de l’America se jouant en 9 points gagnants.

© Guilain GRENIER

De plus trois équipiers, impliqués dans la modification des bateaux sont définitivement exclus de la compétition, Dirk de Ridder, le régleur de l’aile qui officie à ce poste depuis 2010, Bryce Ruthenberg, Andrew Walker, Kyle Langford n’écope que d’un avertissement et Matt Mitchell est exclu des quatre premiers duels de la Coupe.
Le jury a fait preuve de clémence, l’équipe américaine ayant coopéré à l’enquête, par ailleurs un marin de l’équipe navigante a été innocenté, mais son nom n’a pas été dévoilé.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Les explications de Christian Karcher sur cette affaire, et son point de vue sur l’impact de la décision du jury

Avaries en série pour la finale de la Louis Vuitton Cup

Après l’abandon de Luna Rossa sur casse du système de relevage du foil, c’est Emirates Team new Zealand qui a abandonné hier.

Jusque là les néo-zélandais n’avaient connu aucun problème majeur sur leur catamaran, et avaient bouclé toutes leurs régates, malgré la perte d’une voile d’avant lors des Round Robins, et un enfournement impressionnant pour la 1ère manche de cette finale.

Les Kiwis menaient la course hier après un superbe départ de Dean Barker, qui ne cessait de creuser son avance sur le bateau italien, ils ont subitement ralenti sur le 3ème bord du parcours, la raison ne sera connu que plus tard, il s’agissait en fait d’un problème d’hydraulique.

Dean Barker : « Ces bateaux fonctionnent grâce à l’hydraulique. C’est ce qui permet de virer, d’empanner avec l’aile et d’ajuster les dérives. Sans hydraulique, le bateau est complètement bloqué ».

L’équipage d’ETNZ préférait faire intervenir  son équipe technique pendant la manche, abandonnant de fait celle-ci. Luna Rossa continuait donc cette régate seul et égalisait à une manche partout.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Les néo-zeds espéraient pourvoir reprendre l’avantage lors de la seconde manche du jour, mais celle-ci était reportée du fait du dépassement de la limite de vent fixée à 20 noeuds, le problème technique de l’AC72 avait pu être solutionné sur l’eau : Ray Davies, tacticien du bord  : « Le problème hydraulique d’aujourd’hui provient du circuit électronique qui a disjoncté, sans électronique le bateau n’est pas manœuvrable. Mais le problème est résolu. Nous avons remplacé les batteries à bord et nous aurions pu prendre le second départ, si le vent n’avait pas fait des siennes . Nous n’aurions pas pu réparer sans l’assistance de notre équipe technique en mer ».

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

L’équipage de Luna Rossa confessait également quelques problèmes à l’issue de cette manche avec un soucis sur l’aile.

Ce problème n’avait semble-t-il pas été correctement résolu, puisque l’équipage italien a abandonné ce soir pour ces raisons. Chris Draper, le barreur avait réussi à prendre un beau départ, les deux AC72 s’élançant sur la même ligne, Luna Rossa au vent, ce qui leur permettaient de talonner le cata néo-zélandais à la première marque avec un delta de 2 secondes, sur le 1er portant, l’équipage italien ne concédait que 20 secondes sur leur adversaire. Sur le bord de près Luna Rossa ralentissait et abandonnait finalement la course pour un soucis sur le système de réglage d’aile.

Les néo-zélandais d’Emirates Team New Zealand mènent donc 2 manches à 1 ce soir suite à un nouveau report dû au dépassement de la limite de vent fixée à 19,4 noeuds pour la seconde manche.

Du spectacle pour le 1er match de la finale de la Louis Vuitton Cup

Le départ de la 1ère manche de la Louis Vuitton Cup entre Luna Rossa et ETNZ a été retardé de 20 minutes hier en raison du dépassement de la limite de vent maximale fixée à 19 noeuds, le comité lançait finalement la manche dès que le vent faiblissait. Ce petit délai était bienvenue pour le challenger italien, puisque le catamaran AC72 de Luna Rossa connaissait des problèmes sur le foil tribord. L’équipe technique parvenait cependant à réparer le système de relevage du foil avant le départ de la régate.

L’équipage d’Emirates Team New Zealand réussissait à glisser son catamaran au vent de Luna Rossa, les deux bateaux partaient lancés à plus de 30 noeuds, avec des vitesses à plus de 35 noeuds vers la 1ère marque, ETNZ franchissait celle-ci avec 8 secondes d’avance sur le cata italien.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Les espoirs des italiens s’évanouissaient quelques centaines de mètres après cette marque, avec une nouvelle casse sur le système de relevage de foil, comme l’explique le skipper Max Sirena : « Une pièce du système de relevage de la dérive a cédé. Nous avons effectué un peu de maintenance récemment sur la dérive pour optimiser ‘l’aéro package’. Cela faisait cinq jours que nous naviguions ainsi et aujourd’hui cet élément a cassé. Par chance, la rupture est survenue en navigant sur un bord de portant et non lors d’un empannage, sinon nous aurions également pu perdre le contrôle de notre AC72 ».

La suite de la course aurait du être un parcours de santé pour les kiwis, mais l’équipage de Dean Barker continuait à attaquer malgré l’absence d’adversaire, et à la 3ème marque du parcours, le catamaran enfournait violemment à l’abattée. L’AC72 passait de 40 à une dizaine de noeuds, dans la manoeuvre, deux équipiers étaient balayés par la masse d’eau et passaient par dessus bord. Ils étaient immédiatement récupérés par le bateau d’assistance du team néo-zélandais.

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Dean Barker : « Nous sommes surtout ravis que personne ne soit blessé. Toute le monde est encore sous le choc mais nous étions en course et à bord de ces machines nous savons que tout peut arriver. Avec le recul, les conditions n’étaient pas si extrêmes mais si vous ne faites pas le nécessaire quand il faut, les choses peuvent rapidement mal tourner. Et cet après-midi, nous avons visiblement raté la manœuvre. Nous allons analyser nos données. L’équipage va se remettre de ses émotions et ils seront à nouveau d’attaque demain ».

Le catamaran subissait quelques dégâts dans cette figure de style avec le carénage du bras de liaison avant arraché, tout comme le filet du côté babord.

L’équipage finissait sa manche avec deux équipiers absents, et remportait son 1er point lors de cette finale de la Louis Vuitton Cup.

Le defender américain de l’America’s Cup, Oracle Team USA, lançait également ses régates de sélection, deux équipages étant opposés, celui de James Spithill et de Ben Ainslie. Le match était très disputé mais c’est finalement Spithill qui s’imposait sur le second bateau du team américain. La seconde manche de ces defender series disputée ce soir a également tourné court avec la perte d’un safran sur le cata de Ben Ainslie.

© ACEA / PHOTO ABNER KINGMAN

Tricherie lors des America’s Cup World Series ?

L’équipe américaine et defender de l’Amaerica’s Cup, Oracle Team USA, s’est retiré à titre rétroactif des America’s Cup World Series courus la saison dernière.

En effet, des mesures effectuées par America’s Cup Race Management, ont mis en évidence un poids anormal des trois AC45 alignés par Oracle Team USA (les deux d’Oracle Team USA et celui de Ben Ainslie), ces mesures ont été faites avant la Youth America’s Cup qui aura lieu en septembre, cette compétition réservée aux jeunes équipages ayant pour support le catamaran monotype à aile rigide utilisés sur les ACWS.

Selon l’équipe américaine, une enquête interne a révélé une modification concernent l’ajout de lest au niveau de la martingale grâce à une résine, il semble que tous les AC45 du team américain (les deux bateaux Oracle utilisés lors des ACWS, celui de Ben Ainslie, et les deux autres catamarans ayant servi de plate forme pour le développement des dagger foils). Ces modifications auraient été faites par plusieurs membres du shore team et un membre de l’équipe navigante.

Ben Ainslie a tenu à souligner  que son AC45 avait été préparé par les Américains avant l’arrivée du skipper britannique, qui ignorait complètement la non-conformité de son multi.

© ACEA / photo Gilles Martin-Raget

L’équipe néo-zélandaise a vivement réagi, estimant que ces faits révélaient d’une tricherie de la part du defender et pas de modifications effectuées à l’insu du reste de l’équipe, comme le prétend le communiqué de presse américain.

Il semble en effet difficile de croire que des membres de l’équipe technique et navigante d’Oracle aient pris l’initiative de modifier cinq AC45 sans en référer au reste du team et que cette modification soit passée inaperçue au sein de la base.

 

 

Luna Rossa en finale de la Louis Vuitton Cup face à ETNZ

L’équipage de Luna Rossa, mené par le barreur Chris Draper et le skipper Max Sirena, va rejoindre celui d’Emirates Team New Zealand en finale de la Louis Vuitton Cup. La première des deux équipes à empocher 7 points rencontrera le defender Oracle Team USA pour l’America’s Cup.

L’équipe italienne aura facilement disposé de son adversaire suédois en demi-finale avec un score de 4-0.

Artemis Racing manquait cruellement d’entrainement sur cet AC72, et restait marqué par la tragique disparition d’Andrew Simpson lors du chavirage de leur premier catamaran. Le skipper Nathan Outteridge n’aura pas démérité en prenant des départs agressifs lors de ces quatre matchs et en remportant trois départs.

La meilleure performance des suédois a été réalisée avant hier, malgré un départ perdu, l’équipage d’Artemis racing ne concédait qu’1 minute 18 secondes sur la ligne d’arrivée.

Hier les italiens ont remporté leur dernier match assez facilement, Artemis écopant de trois pénalités, une lors de la phase de pré-départ pour refus de priorité avec un contact entre les deux AC72, puis deux pour sorties de la zone de course. Le delta était de 2 minutes 11 secondes à la fin de la régate.

Les réactions des skippers :

Chris Draper : « Nous avons tellement appris depuis le début de l’événement, ce fut vraiment instructif . Le moral de l’équipe était bas, nous avons vécu des moments difficiles (après les round robins). Nous sommes parvenus à optimiser notre vitesse au près ainsi que nos manœuvres. Cette ultime manche fut à haut risque, nous étions tous nerveux. Je pense que nous avons vraiment progressé en régatant contre Artemis. Et cela sera évidemment très bénéfique pour la suite ».

Iain Percy : « Je suis vraiment fier de notre équipe, nous avons traversé une terrible épreuve.  Mes pensées sont en ce moment avec tous mes co-équipiers ainsi qu’avec la famille de ‘Bart’. Il aurait été si fier de nous aussi. Au moment où il nous a quittés, aucun de nous n’aurait été capable de prédire tout ce que nous avons accompli ces dernières semaines. Nous avons apprécié chaque seconde à bord ».

© ACEA / PHOTO GILLES MARTIN-RAGET

Emirates Team New Zealand et Luna Rossa se retrouveront sur le plan d’eau de San Francisco samedi et dimanche pour les deux premiers matchs, puis le mercredi 21 et le 24 pour les deux suivants. Rappelons que les néo-zélandais ont très facilement remporté leurs matchs face aux italiens. Ceux-ci disposent le la même plate forme que le bateau n°1 des kiwis, qui naviguent quant à eux avec la version 2, optimisée. Ils ont par ailleurs effectués quelques améliorations sur ce catamaran à la fin du round robin.

Sauf surprise de dernière minute, les kiwis devraient donc s’imposer lors de cette finale et affronter Oracle Team USA lors de la 34ème America’s Cup.