Les locaux s’imposent à Mascate

Après trois jours de domination, l’équipage de Pierre Pennec sur Groupe Edmond de Rothschild s’est incliné lors de l’ultime journée face aux deux équipes battant pavillon omani, Oman Air et The Wave Muscat, qui terminent aux deux premières places devant les français qui complètent le podium.

Pierre Pennec : « Évidemment je suis déçu de ne pas avoir bien navigué aujourd’hui, mais c’est le sport , nous jouions la gagne et j’ai pris des risques que j’assume complètement, notamment dans les phases de contacts. Cette dernière journée n’a pas été la nôtre, mais il y en aura beaucoup d’autres qui tourneront à notre avantage … j’en ai la certitude. Nous apprenons toujours de nos erreurs et c’est pourquoi nous repartons d’Oman avec une vision claire des points sur lesquels nous devons progresser. La dynamique est lancée et les premiers jalons posés ici me donnent beaucoup de confiance pour le reste de la saison. Nous nous sommes relevés les manches et accrochés sur la dernière course car nous aurions pu finir quatrièmes, cela démontre encore que le groupe est fort et sait rester soudé dans les moments délicats. Il y a un beau premier et un beau deuxième et je suis ravi pour eux qu’ils se classent ainsi dans leur pays. Ils seront des concurrents sérieux cette saison, mais ce n’est pas une surprise. »


© Lloyd Images

C’est donc Morgan Larson, nouveau circuit sur le circuit, et ses hommes qui s’imposent sur Oman Air devant l’autre bateau Omani, The Wave Muscat, skippé par Leigh McMillan.

Morgan Larson : « C’était une semaine difficile et le moins que l’on puisse dire c’est que nous avons appris très vite ! Mais l’épreuve fut très disputée et tout le monde pouvait gagner dans les dernières manches. Nous avons eu de la chance ».

Ernesto Bertarelli, qui barre désormais son Extreme 40 Alinghi termine 7ème derrière Zoulou, barré par Loick Peyron, Roman Hagara sur Red Bull termine quatrième devant GAC Pindar.
Morgan Larson, skipper, Oman Air : « Cela fait un effet incroyable ! C’était une semaine difficile et le moins que l’on puisse dire c’est que nous avons appris très vite ! Mais l’épreuve fut très disputée et tout le monde pouvait gagner dans les quelques dernières manches. Nous avons eu de la chance. Je suis sûr que c’est un peu la chance du débutant. Nous sommes sommes bien battus et nous avons su rester concentrés mais je sais que la saison sera très disputée et nous allons rencontrer des conditions bien plus difficiles. Nous devons juste continuer de prendre du plaisir à naviguer car je crois que c’est indispensable pour réussir. Il faut aussi se battre pour garder sa place mais sur ces bateaux on ne sait jamais ce qui peut arriver donc il faut tout donner jusqu’à l’arrivée ».

Leigh McMillan, skipper, The Wave, Muscat : « Quelle journée ! Nous avons eu de très belles manches avec une victoire et des secondes places, mais ils ont également décroché de bons résultats et nous n’avons pas pu les battre. C’était très serré et nous sommes contents de finir seconds. Tout s’est joué sur une manche où le vent était très faible. Nous sommes restés coincés dans une bagarre en milieu de flotte et Oman Air s’est échappé devant. Mais nous sommes très heureux pour eux. C’est formidable pour Oman ».
Hervé Cunningham, tacticien, Groupe Edmond de Rothschild : « Il y a des jours où rien ne va comme vous le voulez. Je ne cherche pas d’excuses, mais à bord aujourd’hui, c’était vraiment le cas. Nous n’avons pas trouvé le rythme et le résultat n’est pas terrible. Trop de pénalités et perte de confiance, car l’équipage est nouveau. Je sais que nous sommes favoris sur le papier, mais avec un nouvel équipage, il n’y a pas de miracle. Nous ne sommes pas au même niveau que l’année dernière et les autres ont fait mieux que nous. Chapeau à Oman Air et The Wave. Ils ont très bien navigué. A nous maintenant de rattraper le tir et d’être compétitifs en Chine, parce que notre objectif est de gagner au général. Troisième ce n’est pas mal. Cela pourrait être pire ! Mais c’est un avertissement pour nous. Cela ne va pas être facile cette année ».

Pierre Pennec, skipper, Groupe Edmond de Rothschild : « Évidemment je suis déçu de ne pas avoir bien navigué aujourd’hui, mais c’est le sport. Cela peut paraître bizarre à dire, mais je suis très content de cette semaine de compétition. J’ai pris beaucoup de plaisir sur l’eau et même si j’attaque ma quatrième année en Extreme 40, ces derniers jours ont été riches en enseignement. L’équipage qui naviguait ici pour la première fois a démontré un gros potentiel tant technique, humain que mental. Malgré notre peu d’entraînement en amont, dû à des problématiques de disponibilités des uns et des autres, le groupe a déjà beaucoup progressé et s’inscrit dans une démarche positive. Chaque équipier apporte sa pierre – son rocher – à l’édifice, tout comme Thierry qui nous fait partager son expérience avec simplicité en tant que coach. Nous nous sommes relevés les manches et accrochés sur la dernière course car nous aurions pu finir quatrièmes, cela démontre encore que le groupe est fort et sait rester soudé dans les moments délicats. Il y a un beau premier et un beau deuxième et je suis ravi pour eux qu’ils se classent ainsi dans leur pays. Ils seront des concurrents sérieux cette saison mais ce n’est pas une surprise. Oman Sail est une belle équipe qui anime le circuit depuis quelques années et leur victoire est amplement méritée. Aujourd’hui, nous jouions la gagne et j’ai pris des risques que j’assume complètement, notamment dans les phases de contacts. Cette dernière journée n’a pas été la notre mais on apprend aussi énormément de ses erreurs. Nous repartons d’Oman avec une vision claire des points sur lesquels nous devons progresser. La dynamique est lancée et les premiers jalons posés ici me donne beaucoup de confiance pour le reste de la saison ».

Ernesto Bertarelli, skipper, Alinghi: « C’est formidable, vraiment formidable. C’est un format de course différent pour moi mais j’apprends un peu plus chaque jour, à chaque manche. C’est pour ça que je suis ici. Je suis là pour goûter à quelque chose de nouveau et je prends vraiment du plaisir. C’est très serré. En fait ce n’est pas si différent d’une régate normale, c’est simplement que tout va beaucoup plus vite. Sur une course classique, vous pouvez avoir de la régate au contact ou des coups tactiques à jouer, avec peut-être un bateau toutes les 10 minutes. Ici c’est toutes les 15 secondes ! »

Classement des Extreme Sailing Series 2012, Mascate, Oman.

1er Oman Air (OMA) Morgan Larson 165 points
2e The Wave, Muscat (OMA) Leigh McMillan 159 points
3e Groupe Edmond de Rothschild (FRA) Pierre Pennec  155 points
4e Red Bull Sailing Team (AUT) Roman Hagara 148 points
5e GAC Pindar (GBR) Ian Williams 138 points
6e ZouLou (FRA) Loick Peyron 111 points
7e Alinghi (SUI), Ernesto Bertarelli 109 points
8e Team Trifork (DEN) Jes Gram-Hansen 95 points

8 équipages pour les Extreme Sailing Series 2012

La sixième saison des Extreme Sailing Series débutera dans cinq semaines à Oman, la compétition réunira cette année huit équipages internationaux.

Le plateau se trouve donc réduit par rapport à l’année dernière puisque le plateau comptait 11 catamarans, malgré tout plusieurs équipes tentent déjà de réunir un budget pour 2013.

Des équipes telles qu’Artemis Racing ou des équipes ‘locales’ viendront rejoindre les huit compétiteurs »habituels », une flotte de 8 à 10 bateaux qui est attendus sur chacun des Actes en 2012.


© Lloyd Images

Six des équipes des Extreme Sailing Series 2012 étaient déjà présentes l’année dernière sur le circuit des Extreme 40 à savoir:  Alinghi, Oman Air, The Wave Muscat, Red Bull Sailing Team, Groupe Edmond de Rothschild, et GAC Pindar.

Erik Maris rejoint de nouveau la compétition, après y avoir participé en 2009, il sera épaulé au moins sur les deux premièrs Acts par Loick Peyron, qui prendra la barre de Zoulou.

Une huitième équipe sera dévoilé prochainement.

Du côté des barreurs, Pierre Pennec, Ian Williams, Roman Hagara, Pierre Pennec, Leigh McMillan reprendront leur place. Ernesto Bertarelli prendra quand à lui la barre d’Alinghi, celle d’Oman Air est confiée à Morgan Larson.

Extreme Sailing Series 2012
Équipe / nationalité / skipper / nationalité

Alinghi (SUI) / Ernesto Bertarelli (SUI)
GAC Pindar (GBR) / Ian Williams (GBR)
Groupe Edmond de Rothschild (FRA) / Pierre Pennec (FRA)
Oman Air (OMA) / Morgan Larson (USA)
Red Bull Sailing Team (AUT) / Roman Hagara (AUT)
The Wave, Muscat (OMA) / Leigh McMillan (GBR)
ZouLou (FRA) / Erik Maris (FRA)
Annonce d’une 8ème équipe début février

Les Extreme Sailing Series quittent Cowes

Les journaux locaux l’avaient annoncé il y a quelques jours, Mark Turner, PDG d’OC ThirdPole, qui organise les Extreme Sailing Series l’a confirmé aujourd’hui, l’étape anglaise des ESS 2012se déroulera à Cardiff du 23 au 27 août.

« Traditionnellement », les équipages des Extreme 40 se retrouvaient à Cowes devant un public nombreux assistant à la Cowes Week, les catamarans étaient une des classes phares de cet événement, les considérations économiques semblent l’avoir emporté cette fois-ci, les officiels gallois ayant semble-t-il perénnisé l’étape jusqu’en 2014.

Le calendrier des Extreme Sailing Series 2012 dévoilé

Mark Turner a dévoilé au cours du World Yacht Racing Forum les 8 étapes des Extreme Sailing Series 2012, les régates auront lieu sur 3 continents, avec un retour dans les pays du Golfe, en Europe et en Asie, et une première un Act en Amérique du Sud.

 


The 2012 Extreme Sailing Series Venues

Les Extreme Sailing Series débuteront à Mascate, dans l’émirat d’Oman avant une nouvelle étape en Asie à Quingdao puis un retour à Istambul. De juillet à octobre, les équipages enchaineront quatre étapes européennes avec Porto, l’Angleterre (très probablement Cowes durant la Cowes Week), puis des retours à Trapani et Nice.

La finale de la saison se jouera au Brésil, terre d’accueil des Jeux Olympiques 2016, du 29 novembre au 2 décembre. P

Mark Turner, président exécutif de la société organisatrice OC ThirdPole : « Le circuit continue de refléter l’évolution du monde dans son ensemble, avec un équilibre est-ouest, différentes cultures et différentes langues, et des conditions de navigation très variées. La valeur commerciale des épreuves pour les villes d’accueil augmente chaque année, et cela se voit dans les évolutions du circuit pour 2012″.


Fleet lining up for a start in Istanbul, Turkey © Lloyd Images

 

Des partenaires (autres que MarinePool et GAC Pindar) seront annoncés en début d’année prochaine parallèlement à la liste des participants qui réunira des marins d’une douzaine de pays différents. Le numérus clausus devrait être de 8 , auxquels s’ajouteront des wildcard’proposés à de nouvelles équipes préparant une saison complète en 2013.

OC ThirdPole, la société organisatrice à travailler sur les dates des différents Acts afin de faire en sorte que les dates des Extremes Sailing Series soient les plus cohérentes possibles par rapports au reste du calendrier nautique et principalement avec le calendrier des America’s Cup World Series. En effet durant cette année 2011 certains Act des Extreme Sailing Series se sont déroulés en même temps que des régates sur AC 45, réduisant la visibilité des événements et obligeant les équipes engagées sur les deux circuits à engager une équipe B sur les ESS.

Mark Turner, président exécutif d’OC ThirdPole : “nous sommes fiers de nous tourner vers une sixième édition et fiers d’avoir offert un tel niveau de compétition sportive dans un format qui permet en plus de créer le spectacle. Il est parfois difficile de répondre aux besoins des différents protagonistes, les villes d’accueil, les sponsors de l’événement, les équipes et leurs partenaires, les marins, dont certains sont parmi les plus titrés du monde, les passionnés de voile, et le grand public qui découvre parfois ce sport pour la première fois. Mais c’est un défi qu’une équipe relativement petite mais enthousiaste a pris le pari de relever, et nous avons hâte d’organiser une excellente saison 2012, une fois de plus à travers différentes langues, différentes cultures et différentes contrées. Début 2011, nous avons pris le contrôle de la Classe Extreme 40 afin de développer conjointement les règles de l’événement et du bateau et garantir des chances de victoire plus équitables, ainsi que pour réduire les coûts de participation des équipes. Je pense qu’il reste encore beaucoup de choses à améliorer et à créer, sur chaque épreuve et en termes de communication, même si nous avons pu constater une augmentation significative de la valeur média cette année à travers nos différents supports et plateformes, notamment pour une couverture TV de qualité. Notre budget est assez limité comparativement à d’autres grandes épreuves labélisées ‘Special Events’ par l’ISAF (America’s Cup, Volvo Ocean Race er World Match Racing Tour) et nous devons bien calculer. Nous avons fait d’énormes progrès en 2011, mais nous pouvons encore mieux faire, notamment d’un point de vue visuel, avec la vidéo, car nous avons ici un produit exceptionnel et de formidables acteurs ».

Calendrier 2012 :

Act 1 : Mascate, Oman, du 28 février au 2 mars
Act 2 : Qingdao, Chine, du 19 au 22 avril
Act 3 : Istanbul, Turquie, du 7 au 10 juin
Act 4 : Porto, Portugal, du 5 au 8 juillet
Act 5:  Royaume-Uni, août
Act 6 : Trapani, Italie, du 13 au 16 septembre
Act 7 : Nice, France, du 18 au 21 octobre
Act 8 : Brésil, du 29 novembre au 2 décembre

Luna Rossa vainqueur des Extreme Sailing Series 2011

Les Italiens de Luna Rossa ont remporté hier la dernière épreuve des Extreme Sailing Series et le titre de champion 2011 de la série. Max Sirena, Paul Campbell-James, Alister Richardson et Manuel Modena, ont été impérieux sur ce dernier Act reléguant le second, The Wave Muscat, à 45 points d’avance  à l’issue  des 35 manches courues à Singapour.

© Lloyd Images

Les réactions du skipper, Max Sirena : « Je suis vraiment très heureux ! Nous y sommes enfin. Nous finissons l’année en beauté et je dois dire que c’était assez inattendu car nous n’avons pas très bien navigué dans la précédente épreuve. Tactiquement et côté manœuvres, nous étions à 100% et je suis très fier des gars à bord. C’est formidable pour l’avenir de l’équipe à long-terme. Nous sommes très, très heureux ».

Le barreur Paul Campbell James remporte donc son second titre en deux ans après sa victoire avec The Wave Muscat l’année dernière.

Les grands perdants de ce dernier Act sont les français de Groupe Edmond de Rothschild, ils étaient dans la course au titre face à Luna Rossa, mais ce dernier rendez-vous s’est révélé catastrophique pour l’équipage du Gitana Team avec une septième place sur cette épreuve, mais malgré tout une belle deuxième place au général.

Les réactions de l’équipage :

Pierre Pennec, barreur de Gitana Extrême : « Il y a forcément un peu de déception sur la façon dont s’est déroulé ce Grand Prix d’autant plus que nous l’avions bien commencé en remportant deux manches dès la première journée. Mais nous n’avons pas su conserver ce niveau de jeu durant les cinq jours de compétition. Notre adversaire, Luna Rossa, a lui très bien navigué et a survolé les débats, ce qui lui permet de remporter le championnat. C’est amplement mérité, ils ont été très forts, plus forts que nous. En mettant de côté ce dernier Grand Prix et en parlant plus généralement de la saison, je suis satisfait de cette deuxième place. Nos adversaires étaient vraiment redoutables et nous sommes parvenus à faire de très belles choses et à les laisser derrière nous plusieurs fois au cours de la saison. Lors des neuf évènements nous avons disputé 300 régates. L’Extreme Sailing Series est un circuit très spécifique avec des petits parcours donnés sur des plans d’eau atypiques au cœur des villes : je crois que le mot qui le résume le mieux est Intense ! Pour moi, cette intensité est comparable à une journée de « final race » sur les JO, mais c’est le cas chaque jour et les Grand Prix comptaient cinq jours de régates …

Personnellement, cette saison m’a appris beaucoup de choses, j’ai retrouvé beaucoup de sensations à la barre et j’ai encore de nombreuses choses à montrer ; cela faisait dix ans que j’attendais une telle opportunité. J’ai eu la chance d’être à la tête d’un équipage très fort tant physiquement que techniquement et humainement : notre groupe a toujours très bien fonctionné. Cette cohésion nous a permis de nous surpasser même si, ici, cela n’a pas suffi. Je tiens vraiment à les remercier de leur confiance et de leur travail. Mes remerciements s’adressent naturellement avant tout à Ariane et Benjamin de Rothschild qui m’ont offert une chance incroyable en me confiant la barre de leur bateau. Ils nous permettent de vivre notre passion à 100 %.»

Hervé Cunningham, n°1 : « Il y a un petit goût de déjà vu dans cette deuxième place mais le circuit 2011 n’est pas vraiment comparable à nos précédentes participations tant au niveau du plateau que de la durée de la compétition. Durant cette semaine de compétition à Singapour, nous n’avions pas les armes pour lutter contre Luna Rossa. Notre deuxième place au classement 2011 scelle néanmoins une belle saison de navigation. »

Christophe Espagnon, régleur de Grand Voile : « Nous sommes des compétiteurs et la victoire était à notre portée donc la première sensation est bien sûr la déception. Mais si l’on regarde la saison dans son ensemble, c’est un sentiment de satisfaction qui s’en dégage. Ce fut une très longue saison qui a réclamé beaucoup de concentration. Nous avons certainement manqué de régularité mais chaque évènement est à part et propose un scénario unique. Notre équipage a montré de belles choses, alors même si nous devons encore travailler, je crois que nous avons encore une belle marge de progression.»

Thierry Fouchier, régleur des voiles d’avant : « Malgré ce que l’on peut penser, nous sommes arrivés à Singapour conscients de l’enjeu mais relativement détendus. Notre deuxième place ne doit rien à une pression mal gérée. Par contre, nous avons manqué de réussite et nous sommes passés à côté de beaucoup de choses. Luna Rossa n’a pas failli et il mérite la victoire finale. Nous allons devoir débriefer entre nous pour comprendre ce qui nous a manqué et aller très vite de l’avant. »

© Lloyd Images

Emirates Team New Zealand, termine second de cette dernière étape et troisième au général , après avoir survolé le début de saison, Dean Barker et les autres kiwis ont été moins performants en seconde partie de circuit, l’équipage étant probablement plus concentré sur le circuit des America’s Cup World Series, même cas de figure pour Artemis Racing, qui n’a pas participé aux deux derniers grand prix, pour se concentrer sur sa préparation à la prochaine Coupe de l’America.

Dean Barker, barreur dETNZ : « L’épreuve de Singapour a été particulièrement difficile, Luna Rossa a vraiment été très bon dans ces conditions et la bagarre était rude pour grimper sur le podium. Nous avions bien commencé la saison, en tête du circuit après quatre épreuves, puis nous avons eu quelques coups durs en milieu de saison. Nous savions en arrivant ici que nous ne pourrions pas faire mieux qu’une troisième place au général ».

The Wave Muscat termine quatrième au général devant Alinghi, qui aura alterné le bon et le moins bon.

A noter sur cette épreuve de Singapour, la présence d’un équipe française the first club, qui termine à la dernière place du classement, mais qui a montré de belles dispositions pour l’exercice avec plusieurs victoires de manches. L’équipage mené par Sébastien Col espère pouvoir s’aligner l’an prochain sur le circuit avec l’équipe All4One/K Challenge, cette participation pourrait être favorisée par l’annulation de l’Audi Med Cup, épreuve sur laquelle l’équipe engageait un bateau

Franck Citeau, régleur de voile d’avant : « La démarche est bonne et ce que nous avons fait est de bon augure pour la suite, même si nous n’avons pas bien marché en terme de résultat final. Il y a eu des moments durs où l’on a su relever la tête, des moments où l’on a pris du plaisir, donc cela a été assez complet »

Cette cinquième saison des Extreme Sailing Series  s’achève donc après 301 manches courues sur neuf plans d’eau à travers le monde, les épreuves ont accueilli au total 287 000 spectateurs qui ont pu vivre la course au plus près de l’action grâce à son format « stade nautique » avec des manches courtes, rapides et variées, allant de la régate en flotte au match-racing en passant par les duels de vitesse pure.

Le programme 2012 du Championnat Extreme 40 sera dévoilé demain au cours du World Yacht Racing Forum.

Classement de l’Extreme Sailing Series 2011 après neuf épreuves

  1. Luna Rossa (ITA) – 80 points
  2. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 73 points
  3. Emirates Team New Zealand (NZ) – 69 points
  4. The Wave, Muscat (OMA) – 67 points
  5. Alinghi (SUI) – 66 points
  6. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 61 points
  7. Oman Air (OMA) – 53 points
  8. Artemis Racing (SWE) – 48 points
  9. Team GAC Pindar (GBR) – 303points
  10. Team Extreme (EUR) – 21 points
  11. Niceforyou (ITA) – 18 points

Luna Rossa (presque) vainqueur des Extreme Sailing Series 2011

L’équipage de Groupe Edmond de Rothschild mené par Pierre Pennec a perdu quasiment toute chance de remporter les Extreme Sailing Series aujourd’hui à Singapour.

En effet les hommes du Gitana Team ont peiné à trouver leurs marques dans des conditions qu’ils affectionnent pourtant habituellement, vent établi aux alentours des 10 nœuds sans orages cette fois-ci. Onze manches ont été lancées aujourd’hui, les français ont enchainé les manches en milieu et fin de peloton, alors que Luna Rossa trustait les podiums et prenait la tête du classement de cette étape, Groupe Edmond de Rothschild pointe donc à la 7ème place du classement provisoire et concèdent cinquante-huit points de retard sur leur adversaire pour le titre annuel.

Pierre Pennec, le skipper de Gitana Extreme : « Rien n’a été dans le bon sens ! Encore une fois, nous avons pris des mauvais départs. Notre adversaire, Luna Rossa, est très à l’aise dans les phases de pré-départ et vient toujours nous chercher pour perturber notre stratégie. C’est le jeu mais nous n’avons malheureusement pas su faire la même chose aujourd’hui. Cela vient certainement de notre communication à bord et je dois progresser pour que l’équipage puisse mieux anticiper mes choix. Mais les erreurs ont également été trop nombreuses durant les régates. Un certain manque de réussite et de mauvaises appréciations stratégiques nous coûtent très cher. »

Red Bull rétrograde à la seconde place devant Oman Air et Emirates Team New Zealand, Alinghi fait un beau retour en cinquième place devant The Wave Muscat et l’équipage français. L’équipage mené par Sébastien Col sur Team Extreme, The First Club a de nouveau montré de belles capacités en remportant deux manches aujourd’hui.

Luna Rossa est donc en tête du Grand Prix de Singapour et bénéficie d’une confortable avance à la veille des dernières régates, la tâche s’annonce quasiment impossible pour Groupe Edmond de Rothschild doit impérativement finir devant les italienspour pouvoir gagner le championnat 2011.

Pierre Pennec  : « La première place va être vraiment très très difficile à aller chercher. Nous savons que beaucoup de choses peuvent se passer car demain nous allons également disputer beaucoup de régates mais le résultat ne dépend plus uniquement de nous… A bord, en tous les cas, nous allons tout faire pour que cette dernière journée de l’année soit placée sous le signe du plaisir. Nous allons essayer de naviguer comme nous savons le faire pour terminer sur une bonne note. Et puis, il ne faut pas oublier que nos poursuivants au général sont proches (Emirates Team New Zealand, Alinghi …) et selon comment se dessine la journée nous devrons quoiqu’il arrive protéger la deuxième place, ce qui en soit est déjà un très beau résultat.»

Classement du Grand Prix de Singapour à l’issue de la quatrième journée

  1. Luna Rossa (ITA) – 186 points
  2. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 151 points
  3. Oman Air (OMA) – 149 points
  4. Emirates Team New Zealand (NZ) – 146 points
  5. Alinghi (SUI) – 141 points
  6. The Wave, Muscat (OMA) – 140 points
  7. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 128 points
  8. Team GAC Pindar (GBR) – 119 points
  9. Team Extreme – the first club™(EUR) – 108 points
  10. Team Tilt (SUI) – 103 points

Avantage pour Luna Rossa face à Groupe Edmond de Rothschild

La bataille se poursuit à Singapour entre Groupe Edmond de Rothschild et les Italiens de Luna Rossa dans chaque course dans cette ultime étape des Extreme Sailing Series, car le titre de Champion 2011 est en jeu. Aujourd’hui c’étaient les Italiens qui prenaient l’avantage dans des conditions assez difficiles avec des bascules importantes. Mais il ne faut pas sous-estimer les Français, qui sous pression sont souvent revenus en force dans d’autres étapes de cette saison. C’est Red Bull qui domine encore à Singapour et qui garde la première place dans cette étape.

A l’issue des neuf manches courues en deux jours, c’est Red Bull Extreme Racing qui pointe en tête du 9ème et dernier Act des Extreme Sailing Series 2011,Roman Hagara et ses hommes ont très bien débuté ce rendez-vous avec deux victoires, deux secondes places et une 4ème lors de la première journée, la seconde a été moins convaincante. L’équipe autrichienne est talonnée à 1 point par Team New Zealand qui retrouve son rang après quelques contre performances sur ce circuit, Luna Rossa pointe à la troisième place à deux points du leader et à un point d’ETNZ.

© Lloyd Images

Pierre Pennec et l’équipage de Groupe Edmond de Rothschild, avaient bien débuté cet Act avec une troisième place provisoire hier à un point de Luna Rossa, leur seconde journée a été plus difficile dans des vents faibles avec des phases de départ moins inspirées que la veille, les hommes du Gitana Team sont en lutte pour le titre avec Luna Rossa, comme l’explique le skipper du catamaran français, les phases de départ sont primordiales pour contrer leur adversaire :  « Je n’ai pas été performant sur les départs aujourd’hui et cela est pour beaucoup dans nos mauvaises manches. Sur cette finale, il ne nous suffit pas uniquement de bien nous placer sur la ligne car notre adversaire pour le titre cherche constamment à venir nous gêner sur les phases de départ. C’est le jeu mais c’est un paramètre supplémentaire à intégrer et sur lequel je dois m’améliorer. La morale du jour est aussi que nous ne sommes pas uniquement deux sur l’eau et qu’il faut également que je soigne notre placement par rapport au reste de la flotte. Le bilan de la journée n’est pas positif en termes de places mais il est loin d’être rédhibitoire question points. Il nous faut rester calmes et concentrés car il reste trois jours. Les bateaux du haut de tableau sont très proches les uns des autres et de nombreuses cartes restent encore à distribuer »

Paul Campbell James, barreur de Luna Rossa a donc réussi à mettre en difficulté son adversaire qui pointe ce soir à la 5ème place du provisoire avec 9 points de retard sur le catamaran italien. Le nouveau skipper d’Oman Air, Chris Draper réussit ses débuts et s’intercale en quatrième position. Alinghi mené par Yann Guichard est sixième.

Les deux équipages du Team Tilt et de Team Extreme sont aux deux dernières places, les français menés par Sébastien Col sur Team Extreme ont cependant terminé en beauté cette journée avec une victoire de manche.

Il reste donc trois journées de régates aux français du Gitana Team pour tenter de remporter le titre cette année.

Classement du Grand Prix de Singapour à l’issue de la deuxième journée

  1. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 64 points
  2. Emirates Team New Zealand (NZ) – 62 points
  3. Luna Rossa (ITA) – 61 points
  4. Oman Air (OMA) – 55 points
  5. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 52 points
  6. Alinghi (SUI) – 51 points
  7. The Wave, Muscat (OMA) – 46 points
  8. Team GAC Pindar (GBR) – 43 points
  9. Team Extreme – the first club™(EUR) – 34 points
  10. Team Tilt (SUI) – 27 points

Deux nouvelles équipes francophones pour la dernière étape des Extreme Sailing Series

Le dernier acte des Extreme Sailing Series 2011 se déroulera du 7 au 11 décembre à Singapour et déterminera le vainqueur du championnat des Extreme 40. La huitième étape à Almeria le mois dernier avait vu Alinghi remporter cet acte, devant Luna Rossa et Oman Air ; Groupe Edmond de Rothschild se classait 5ème et perdait sa première place au classement provisoire au profit de Luna Rossa qui compte désormais un point d’avance sur l’équipage français, la victoire devrait se jouer entre ces deux équipages puisque le troisième, ETNZ pointe à 9 points du leader, ETNZ est talonné par Alinghi et The Wave Muscat qui chercheront à s’emparer la troisième marche du podium.

Classement de l’Extreme Sailing Series 2011 après huit Grands Prix

  1. Luna Rossa (ITA) – 69 points
  2. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 68 points
  3. Emirates Team New Zealand (NZ) – 60 points
  4. Alinghi (SUI) – 59 points
  5. The Wave, Muscat (OMA) – 57 points
  6. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 53 points
  7. Artemis Racing (SWE) – 48 points
  8. Oman Air (OMA) – 47 points
  9. Team GAC Pindar (GBR) – 30 points
  10. Niceforyou (ITA) – 17 points
  11. Team Extreme (EUR) – 17 points

Cette dernière étape accueillera deux équipes francophones, Stéphane Kandler qui dirige All4One, toujours à la recherche d’un budget pour l’America’s Cup, inscrit une équipe 100% française dans la compétition, ce team est soutenu par SOITEC et the first club™. Team Extreme – the first club™, sera mené par Sébastien Col (skipper et régleur de Grand Voile), Jean-Christophe Mourniac (barreur), Franck Citeau (régleur) et Christophe André (numéro 1). Bruno Dubois aura un rôle de coach et manager auprès de cet équipage expérimenté sur le circuit Extreme 40 . L’objectif est de pérenniser ce team pour la saison 2012.

© Lloyd Images

Stéphane Kandler, Directeur de K-Challenge. « L’objectif est de mener un projet à long terme et d’effectuer la globalité de la saison 2012. C’est une réelle opportunité pour l’avenir car le multicoque est désormais un passage obligé dans la voile professionnelle. Nous avons donc décidé de suivre cette logique, et de se concentrer sur les formats très compétitifs, comme nous l’avons fait depuis 20 ans. »

L’autre équipe est le Team Tilt, mené par le suisse Alex Schneiter, l’équipage sera renforcé par Arnaud Psarofaghis, qui navigue sur l’AC 45 Aleph. L’Extreme 40 suisse poursuivra donc sur ce circuit après une première expérience positive à Almeria (9ème sur 11).

A noter le retrait d’Artemis Racing qui se consacre désormais pleinement à sa participation à la 33ème America’s Cup.

Yann Guichard :  » Le MOD est bien né « 

Yann Guichard, futur skipper du MOD Spindrift Racing, également engagé sur les Extreme Sailing Series avec Alinghi, et avec l’Energy Team qui prépare la prochaine Coupe de l’America revient sur ces différents projets dans cette interview pour Voile-Multicoques(réalisée pendant les Extreme Sailing Series de Nice).

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Voile-Multicoques.com : Tu viens d’annoncer ton engagement en MOD 70 avec la création d’une nouvelle société Spindrift Racing, pourquoi cet engagement sur ce circuit ?

Yann Guichard : Je fais du multicoque depuis près de vingt ans, c’est ma passion, je suis passé sur plusieurs supports en offshore et en inshore, avec une Route du Rhum dernièrement (en 2010 sur Gitana 11), ce circuit fait la synthèse de toute cette expérience, j’étais donc motivé et intéressé pour intégrer ce circuit.

Ce qui est fantastique dans ce projet c’est le fait de partir d’une page blanche, c’est la première fois que je peux construire un team à mon image, après avoir été équipier sur différents bateaux, puis skipper chez Gitana mais avec une équipe déjà en place.

Mon association avec Léo Lucet (directeur de Spindrift Racing) permet de partir sur des bases solides, puisqu’il a déjà géré ce genre de projet au sein du Gitana Team.

La vocation de Spindrift Racing est-elle seulement orientée vers le MOD ou souhaiteriez-vous intégrer d’autres projets multicoques ?

Le projet phare de Spindrift Racing est clairement le MOD 70, mais j’ai envie de partager mon expérience acquise en multicoque avec des jeunes.

Le multicoque revient comme support aux JO, donc pourquoi ne pas essayer d’aider des jeunes régatiers à travers notre structure.

© Yvan Zedda / Sea&Co / MOD S.A.

As tu déjà eu l’occasion de naviguer sur un des MOD  ?

Pas encore, je suis seulement monté quelques minutes sur Race for Water à Lorient, mais j’ai eu beaucoup de retours par des amis, qui seront peut être de futurs équipiers sur le bateau.

Je pense que ce bateau est bien né, ce qui est logique avec des gens d’expérience comme Franck David et Stève Ravussin aux commandes. Ils sont partis des 60′ ORMA avec le cabinet VPLP, qui a le plus beau palmarès en multicoque océanique.

Le trimaran est simple avec beaucoup moins de gadgets que sur les trimarans 60′ ORMA, ce qui correspond à l’objectif de fiabilité de cette classe avec un programme sur 10 ans comprenant un tour du monde.

Nous avons déjà eu un bel aperçu de ce que seront les courses sur ces bateaux avec la Fastnet Race où les deux MOD 70 ont terminé à trois minutes d’intervalle après 30 heures de course et 600 milles parcourus.

Le plateau reste pour l’instant assez franc-français, penses-tu que l’engagement des grands noms de la voile et du multicoque puisse attirer les teams étrangers courtisés sur ce circuit MOD ?

Il y a des contacts avec des teams étrangers sur le circuit MOD 70, deux équipes ont déjà signé Race for Water pour la Suisse et Oman Sail, nous espérons que les six engagements finalisés attireront des sponsors et des skippers.

Au delà de la conjoncture économique actuelle, le frein vient du fait que la classe « n’existe pas » encore réellement, la Krys Match puis la Krys Océan Race permettront d’inviter des skippers, des clients qui pourront visualiser le potentiel du circuit, ce qui pourrait déboucher sur d’autres projets.

Le MOD 70 a une place à prendre, il y a un tour du monde en équipage en monocoque, la Volvo Ocean Race, désormais il y aura un tour du monde en multicoque.

Pour Spindrift Racing, notre vocation n’est pas de trouver obligatoirement un partenaire français, loin de là, nous sommes en pourparlers avec différentes entreprises, mais tant que rien n’est signé nous restons humbles.

Nous devrions retrouver des équipiers français à bord de tous les bateaux, car à l’heure actuelle les meilleurs équipiers de course au large en multis sont français, il serait bête de s’en priver. De mon côté j’aurai au moins un ou deux marins étrangers sur le bateau.

Tu fais partie de l’équipage d’Alinghi qui est engagé sur les Extreme Sailing Series, actuellement en deuxième partie de classement, que manque-t-il à l’équipage pour mieux figurer ?

Sur le bateau le potentiel est là, nous apprenons à nous connaître, c’est de mieux en mieux, mais les résultats sont en dents de scie sur les différents Acts.

Nous sommes parfois en tête mais nous avons du mal à terminer, nous étions en tête pendant deux jours à Trapani sur les « Open Water », avant de terminer sixième, les « Stadiums » (régates sur des formats courts) sont plus difficiles pour nous.

Nous avons raté des journées ce que nous ne pouvons pas nous permettre sur ce circuit où la moindre petite erreur, le moindre manque de cohésion se paient cash.

Il reste trois grands prix, rien n’est terminé, nous allons continuer à nous battre régates après régates, l’important est de se faire plaisir à bord et les résultats suivront, mais le plateau est conséquent, le niveau très élevé, c’est donc logique que les résultats soient serrés.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Quel est la principale difficulté sur ce circuit des Extremes 40 ? L’exiguité des plans d’eau, le format très court des régates avec la nécessité de prendre de bons départs ?

Le départ est primordial, mais nous avons vu aujourd’hui que des départs moyens ne sont pas forcément rédhibitoires, les bateaux en retard sur la ligne peuvent prendre un côté du plan d’eau dans un vent frais, Gitana a pris des départs à droite en deuxième rideau, alors que nous étions tous bloqués sur la gauche, ce qui a été payant au final.

Cependant sur ce grand prix les conditions sont vraiment extrêmes avec un à quatre nœuds de vent, donc tout peut basculer sur une manche.

Tu as couru les deux derniers grands prix de D35 en Méditerranée, comment se comporte ce catamaran typé lac sur un plan d’eau ouvert ?

Tout s’est très bien passé pour nous, avec un beau grand prix à Beaulieu, de bonnes conditions pendant trois des quatre jours de régates, à Antibes nous avons eu un peu moins de vent, mais le bateau s’est bien comporté, ce qui limite ce bateau n’est pas l’intensité du vent, mais l’état de la mer, ce qui a d’ailleurs entrainé l’annulation d’une journée de courses à Beaulieu sur Mer.

L’expérience a été favorable pour toutes les équipes, je pense qu’une majorité souhaite renouveler ce type de navigations l’année prochaine.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Tu as navigué sur l’AC45 d’Energy Team, quels sont les plus grosses différences entre ce catamaran à aile et un multicoque à gréement conventionnel ?

L’aile rigide est très efficace, nous l’avons vu lors de la dernière coupe, elle diminue beaucoup le fardage, le bateau est donc plus évolutif, il vire et empanne mieux.

La gestion de la puissance est assez incroyable sur les AC45, c’est très précis, nous avons trois réglages sur l’aile: le traveller qui permet de régler toute l’aile, ce qu’on retrouve sur un gréement classique ; le camber, qui est l’équivalent de la bordure sur un multi classique comme l’Extrême 40 ou le D35, et qui permet de régler la profondeur entre l’avant de l’aile qui nous appelons le mât et les flaps ou volets sur l’arrière de l’aile ; le twist, qui permet d’enlever de la puissance sur les flaps, ce qui correspond au cunningham. Ces éléments ne sont donc pas complétement différents dans la façon de naviguer.

Le fait de gérer à volonté la puissance est assez formidable. ce qui permet également de régater dans des conditions musclées, comme à Plymouth, où les catamarans ont navigué dans 30 nœuds de vent, ce qui est rare pour des multicoques de cette taille.

Les flotteurs sont très volumineux, les safrans ont une grande surface, ce qui amène un bon contrôle, le bateau est donc très tolérant.

L’aile gomme les défauts du multicoque par rapport au monocoque, un mono est très évolutif, l’aile rigide apporte cette évolutivité, la diminution du fardage fait que le bateau ne s’arrête pas, ce qui est une difficulté sur les phases de départ où il faut gérer le timing à la ligne.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Energy Team a peu navigué par rapport aux top teams, est ce que des entrainements sont prévus pour combler ce retard ?

Le premier acte à Cascais était une phase de découverte pour toutes les petites équipes, avec une différence de niveau maximale entre les nouveaux teams et les autres (Oracle Racing, Artemis Racing et ETNZ), à Plymouth les coréens et Energy Team ont montré un beau potentiel, le retard s’est donc un peu comblé.

Pour atteindre le niveaux des tops teams, il n’y a pas de secret, il faut naviguer plus, les grosses équipes passent 200 jours par an sur l’eau.

Dans cette optique et avant le troisième acte à San Diego, nous allons naviguer une semaine à l’ENV (du 17 au 21 octobre) avec l’Energy Team pour faire du match race sur deux catamarans du Trophée Clairefontaine, nous allons nous entrainer avec Pierre Antoine Morvan, spécialiste français de match racing.

Nous allons également modifier un peu l’équipage avec Christophe Espagnon qui sera au réglage de l’aile à côté de moi (Yann Guichard barrera l’AC 45 d’Energy Team à San Diego) et qui assurera aussi la tactique.

Ensuite nous allons planifier d’autres entrainements sur d’autres supports, le désavantage que nous avons par rapport aux grosses équipes est l’impossibilité de naviguer à deux AC45, Artemis en a commandé un second, Oracle en possède quatre.

Nous ne pouvons pas naviguer entre les actes puisque les bateaux sont en transit, et nous ne pouvons pas faire de speed tests ou de réels entrainements avec les autres équipes, ce qui complique la tâche pour le développement des voiles d’avant.

Des entrainements à deux bateaux permettraient de progresser de façon exponentielle, nous l’avons vu en naviguant avec le Team Korea à Cascais.

Concernant ces formats de courses assez courtes, est ce qu’une réelle communication est possible entre le barreur et le tacticien (ou skipper) sur ces circuits Extreme 40 et AC 45 ?

En Extreme 40 non, sauf sur les Open Water, mais en Stadiums la décision doit se prendre sur l’instant, donc le barreur gère également la tactique dans 80% des cas, nous n’avons pas le temps de discuter du timing d’un virement sans se mettre dans une situation difficile, avec ensuite des « options » qui sont subies et non choisies.

Avant la manche, nous avons malgré tout le temps de discuter pour choisir le positionnement sur la ligne et le côté du plan d’eau à choisir, c’est donc un travail d’équipe.

Sur l’Extreme 40, je pense que pour avoir de bons résultats, les trois équipiers doivent être capables de gérer tout les postes pour faire avancer la machine, le barreur est moins concentré sur la marche du bateau que sur d’autres séries puisqu’il gère également la tactique.

En AC45 les parcours sont peu plus longs, les bateaux vont plus vites, la limite virtuelle doit être intégrée, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire ; une aide à la tactique est donc essentielle.

Cet aspect nous a manqué sur les deux premiers rendez-vous, où nous étions plus en phase de découverte du bateau, nous devons passer sur un mode plus centré sur la performance.

Sur certains bateaux, la tactique est assurée par le numéro 2 qui gère les bastaques, sur d’autres c’est le régleur de l’aile ce qui me correspond plus ; nous fonctionnerons de cette façon avec Christophe Espagnon à San Diego.

Groupe Edmond de Rothschild s’impose à Nice

L’équipage de Pierre Pennec, sur Groupe Edmond de Rothschild s’est imposé hier à Nice sur le 7ème acte des Extreme Sailing Series.

Comme souvent, la victoire s’est jouée sur la dernière manche, qui compte double ; l’équipage français de Groupe Edmond de Rothschild, en tête depuis la veille, devait terminer devant ou juste derrière Artemis Racing sur cette ultime course pour gagner ce rendez-vous ; après le superbe retour d’Artemis qui avait remporté deux manches successivement dans la matinée et qui ne pointait plus qu’à 3 points derrière les français.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Le récit de cette régate par Pierre Pennec, le skipper de Groupe Edmond de Rothschild : « Sur le départ nous étions bord à bord avec Artemis. Terry Hutchinson se montre trop gourmand et franchit la ligne prématurément. L’ambiance est alors au beau fixe même si nous restons concentrés. Mais nous déchantons assez vite car un bateau, qui n’est pourtant pas en concurrence directe avec nous vient nous chercher et nous fait perdre beaucoup de terrain. Un dernier du classement général qui embête le premier … c’est toujours dommage ! Ensuite, au passage sous le vent nous considérons que nous sommes engagés sur Red Bull mais le jury en décide autrement et nous sommes sanctionnés d’une pénalité. A ce moment là, nous sommes derrière Artemis. Et là, l’équipage s’est remotivé et a puisé dans la cohésion qui nous unit car nous voulions vraiment jouer nos chances jusqu’au dernier moment. Sur la ligne, nous avons les suédois en ligne de mire et nous coupons cette dernière à seulement dix centimètres de son tableau arrière. Les dernières régates sont toujours d’une grande intensité car le principe du coefficient deux n’autorise aucune erreur surtout quand nous sommes si serrés en point. L’équipage a laissé exploser sa joie une fois la ligne franchie. Cette victoire est une très belle revanche pour nous et elle nous remet en tête du classement annuel… que demander de plus ?»

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Groupe Edmond de Rothschild remportait donc ce grand prix devant Artemis qui terminait à un point seulement des vainqueurs, l’équipage suédois de Terry Hutchinson s’incline donc sur cette ultime régate, comme à Boston.

Groupe Edmond de Rothschild célébrant sa victoire de l’Acte 7 à Nice © Lloyd Images

Les suisses d’Alinghi complètent le podium de cette 7ème étape devant Luna Rossa

Tanguy Cariou, skipper d’Alinghi : « Dans l’absolu c’est un bon résultat, mais nous sommes un petit peu déçus bien sûr. Je pense qu´on avait le potentiel pour faire mieux. Ce matin on a perdu le rythme par rapport à Artemis Racing et Groupe Edmond de Rothschild, donc bravo à eux, ils ont fait un super boulot. On sait que depuis Trapani le classement général va être difficile à jouer pour nous donc maintenant on se concentre sur la victoire d’étape. »

Oman Air a effectué une belle remontée et termine à la cinquième place devant Red Bull Extreme et Emirates Team New Zealand, Dean Barker et ses hommes auront été à la peine dans les vents faibles de Nice, après leurs succès sur le circuit des America’s Cup World Series.

Jean Pierre Dick, pour sa première expérience en Extreme 40 n’aura pas démérité et termine avant dernier de cet acte, devant Team Nice for You.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Les 11 équipes retrouveront la compétition à Alméria pour la 8ème et avant dernière étape de la saison du 12 au 16 Octobre.

Au classement général, Groupe Edmond de Rothschild reprend la tête du classement avec deux points d’avance sur Luna Rossa, et 7 sur Emirates Team New Zealand, troisième, Artemis Racing pointe en 6ème position à égalité de points avec Alinghi.

Classement du Grand Prix de Nice (après 29 manches)

  1. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 229 points
  2. Artemis Racing (SWE) – 228 points
  3. Alinghi (SUI) – 215,5 points
  4. Luna Rossa (ITA) – 209 points
  5. Oman Air (OMA) – 185 points
  6. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 179.5 points
  7. Emirates Team New Zealand (NZ) – 163 points
  8. Team GAC Pindar (GBR) – 160 points
  9. The Wave, Muscat (OMA) – 156 points
  10. Team Extreme (EUR) – 119 points
  11. Niceforyou (ITA) – 118 points

Classement de l’Extreme Sailing Series 2011

  1. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 61 points
  2. Luna Rossa (ITA) – 59 points
  3. Emirates Team New Zealand (NZ) – 54 points
  4. The Wave, Muscat (OMA) – 52 points
  5. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 49 points
  6. Artemis Racing (SWE) – 48 points
  7. Alinghi (SUI) – 48 points
  8. Oman Air (OMA) – 38 points
  9. Team GAC Pindar (GBR) – 21 points
  10. Niceforyou (ITA) – 16 points
  11. Team Extreme (EUR) – 15 points