Ce passage à niveau a sensiblement réduit l’avance du trimaran, avec ce soir et sur une route identique à celle de Groupama 3 une avance de 64milles.
Catégorie : Trophée Jules Verne
200 milles d’avance pour Banque Populaire 5
Kévin Escoffier : « Cette nuit c’était vraiment superbe à barrer. C’était mer plate, le bateau était bien équilibré. On a eu jusqu’à 18 nœuds de vent donc ça glissait vraiment bien. On a eu une entrée en matière beaucoup plus virile, c’est bien ça a mis tout le monde dans le bain. Là on est content, on retrouve le soleil, ça permet à tout le monde de se reposer un petit peu. »
Jérémie Beyou : « Le vent s’est calmé, on en a profité pour remettre la grande voile haute et le grand gennaker pendant la nuit. On a également re-matossé vers l’avant du bateau car on attend moins de vent par la suite. Dans l’ensemble le bateau se porte bien. Sinon, à bord, l’ambiance est bonne, on retrouve petit à petit nos marques mais pour l’instant on ne vit qu’avec notre quart, on ne fait que se croiser avec le reste de l’équipage. Comme le beau temps est là et que le vent à tendance à mollir un peu, nous pouvons nous reposer et profiter un peu. «
Banque Populaire en avance aux Canaries
L’équipage du trimaran Banque Populaire 5 s’est élancé samedi midi à l’assaut du Trophée Jules Verne. Les deux premières journées de ce record ont été à l’avantage du trimaran géant par rapport à son adversaire virtuel Groupama 3, avec une avance de 177 milles au large des Canaries.
Banque Populaire 5 a compté jusqu’à 270 milles d’avance hier, grâce à une route directe et des vents soutenus (jusqu’à 40 noeuds), alors que Groupama 3 avait du multiplier les empennages au large du Cap Finistère, cette entrée en matière réussie a cependant été musclée, comme l’expliquait le skipper Pascal Bidégorry : » Nous avons eu droit à une entrée en matière un peu costaud, avec jusqu’à 47 nœuds de vent dans une mer forte et courte en approche du Cap Finisterre. On a barré au dessus de 40 noeuds, il faut faire attention à ces vitesses-là ! Nous avons dû mettre tout le matos à l’arrière, il a même fallu mettre un peu de ballastes derrière, car le bateau avait tendance à planter un peu comme sur le record de la Méditerranée. C’était un peu tendu cette nuit, mais nous avons bien fait nos manoeuvres. »

L’équipage a pu conserver un flux soutenu aujourd’hui, le premier passage « difficile » s’annonce au niveau des îles de Cap Vert, les explications du skipper : « ça va un peu mollir en début de soirée mais nous devrions garder 18 nœuds de vent. On va avoir un premier empannage à faire dans le contournement de la dépression et une fois que le vent aura bien basculé, nous aurons un nouvel empannage. La transition au niveau du Cap Vert va être délicate. On va avoir des vents assez faibles. Je suis plus optimiste (concernant le passage de l’Equateur) qu’il y a 24h avec des fichiers qui étaient alarmants. Pour l’heure, à mon avis l’ETA à l’Équateur va tourner autour de 6 jours ».
Top départ pour Banque Populaire V
L’équipage de Pascal Bidégorry s’est élancé ce midi pour sa tentative de Trophée Jules Verne, après un long stand-by à Brest, pour battre le record, il leur faudra boucler leur tour du monde en moins de 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes ( soit le temps de référence détenu par les hommes de Groupama 3 depuis mars 2010), et donc être de retour avant le 11 mars 2010 à 18 heures 55 minutes 37 secondes.
© B. STICHELBAUT/BPCE
Les réactions de l’équipage au moment du départ :
Pascal Bidégorry, skipper : « On va partir avec du vent portant. On va faire le tour d’une dépression. En dessous de cette dépression on ne va pas se cacher que ce n’est pas extraordinaire. Toutes les secondes sur le record seront importantes. Il faut aller vite, il faut être clairvoyant. Il ne faut pas casser le moindre truc. Il faudra accepter éventuellement d’avoir du retard parce que la météo aura fait son choix.
Je suis impatient qu’on se retrouve sur l’eau parce que je pense qu’on le mérite bien. J’ai hâte que, demain matin, demain soir ou dans deux jours, on se dise : « ça y est, on y est ! ». Je pense qu’on est tous prêts depuis bien longtemps, maintenant il faut vivre tout ça. Je suis content de partir parce que ce stand by a quand même été un peu pénible et donc c’est libératoire tout ça. J’attends avec impatience de pouvoir me dire qu’on est dans le Trophée Jules Verne, ce pour quoi on travaille depuis quatre ans. Ce sera un petit instant de vie super agréable. Je suis également ravi de partir avec cet équipage, parce qu’indépendamment de leurs compétences sportives, ce sont vraiment de belles personnes et il y a une super ambiance à bord. C’est agréable de partager ça avec ces gens là et je me réjouis de vivre avant tout une belle histoire d’hommes. ».
Juan Vila, navigateur embarqué : « Finalement on peut partir et c’est une bonne sensation. C’est toujours une nouvelle expérience, il n’y a pas deux départs qui se ressemblent. Je n’ai pas forcément beaucoup dormi ces dernières nuits parce que j’ai beaucoup regardé les fichiers. En termes de sommeil, j’ai déjà le rythme du bateau. On attend un départ au portant avec des vents de Nord-Est. Ensuite on va contourner une petite dépression au Nord des Canaries et après cette dépression il y a la transition vers les alizés. C’est d’ailleurs ce phénomène qui a déterminé notre choix quant à l’heure de départ de ce matin ».
Frédéric Le Peutrec, chef de quart et détenteur du Trophée Jules Verne : » On ressent de l’impatience. Le moment qu’on attend tous c’est qu’on soit voiles hissées, sur le terrain, entre nous tout simplement. Ce qu’on attend, c’est de se retrouver en mer, au large de la pointe Bretagne face à la ligne et de se dire c’est maintenant, on part en route pour l’aventure. J’aurai forcément envie de dire quelque chose aux équipiers à ce moment là, je ne sais pas quoi encore, ça viendra spontanément. Sur ce nouveau Trophée Jules Verne, je pars chercher de l’intensité, de l’exactitude, du plaisir, la sensation de collectif, le partage d’une arrivée, quelques images, quelques photos, quelques trouilles aussi parce qu’on aime bien de temps en temps se faire peur. C’est un melting pot, mais évidemment ce qu’on attend au bout du compte c’est le succès ».
Thomas Coville, s’apprête également à s’élancer autour du monde, mais en solitaire, son départ était prévu ce week end, mais le skipper et sa cellule météo ont décidé de reporter celui-ci.

© Yvan Zedda-Sea&Co/Sodebo
Les explications du skipper :
« Depuis 48 heures, nous observons que l’ouverture que nous avions pour partir de Brest se dégrade et dans la réalisation de ce qu’il faut en faire en solitaire cela n’est pas acceptable aujourd’hui dans les temps que nous nous sommes fixés à l’équateur. Moins que le temps à l’équateur, la réalisation en terme de météo est très complexe en solitaire avec trois transitions sur lesquelles il ne faut pas se rater. L’incertitude en solo est bien plus importante qu’en équipage.
Nous sommes depuis vendredi dernier avec Sodebo à Brest, donc seulement depuis une semaine et on peut se permettre d’attendre. Dans la semaine qui vient, nous avons toujours cette fenêtre avec un enchainement qui pourrait être beaucoup plus favorable en solitaire, c’est pourquoi nous avons pris la décision de ne pas partir aujourd’hui. Nous décalons notre départ de quelques jours afin d’optimiser notre début de parcours.
Dans le cas de Banque Populaire, la réalisation est plus facile en équipage dans le sens où ils sont 14 à bord. Ils ont raison de partir et je suis heureux pour eux.
Je ne suis pas déçu, il y a deux mois j’arrivais de la Route du Rhum donc je ne suis pas en manque. Nous avons plutôt réussi à enchaîner techniquement la préparation des deux épreuves. Je ne suis pas déçu non plus car je sais ce qui m’attend si je partais aujourd’hui ! »
Banque Populaire en code orange
Le départ se précise pour l’équipage de Banque Populaire 5, en effet, l’équipe est passée en code orange, soit un départ possible pour le tour du monde dans les 72 heures.
Marcel van Triest, le routeur à terre du maxi trimaran détaille cette ouverture qui se profile devant les étraves du géant : « Nous avons connu depuis un hiver et demi une situation très atypique sur l’Atlantique Nord, rendant compliquée la possibilité d’arriver à l’Equateur dans des conditions correctes. Le problème avec ce genre de record est que la barre est de plus en plus haute et que nous nous devons donc de mettre un maximum d’arguments de notre côté. Aujourd’hui nous sommes face à une situation très différente des minuscules «trous de souris » que nous avons observé depuis le début du stand-by, avec tout d’abord un anticyclone sur la Grande Bretagne qui nous donne un flux d’Est dans le Golfe de Gascogne et donc une première partie rapide. Ensuite, nous avons une dépression qui se creuse sur les Açores et se déplace vers Les Canaries. Sa négociation est à affiner et pour l’instant nous étudions le bon timing, celui qui nous permettra de ne pas faire trop de détours. Enfin, nous regardons également l’évolution des Alizés qui pour l’heure nous donnent l’impression de se rétablir d’Ouest en Est. Les grands phénomènes sont au rendez-vous et c’est la première fois que nous nous trouvons devant une large fenêtre. A nous de chercher dans les quatre ou cinq jours « d’ouverture » le meilleur moment pour partir, l’enchaînement idéal ».

Le skipper, Pascal Bidégorry est évidemment satisfait de cette opportunité météo après plus de deux mois de stand by pour le Trophée jules Verne : « On avait décidé depuis le début de saisir la moindre opportunité qui s’offrirait à nous et je suis forcément ravi qu’elle se présente, enfin ! Je suis très content de changer de mode ! C’est très bien que l’histoire concrète démarre et nous allons l’écrire au mieux. 48 jours pour un tour du monde c’est à la fois long et court. Le parcours est semé d’embûches, surtout avec ces maxi bateaux de records. Je suis très heureux de retrouver les navigants. L’attente a été longue et tout le monde est resté concentré sur l’objectif. Je me dis que ça va être vraiment bien d’être sur l’eau avec toute cette équipe. J’ai juste hâte qu’on ait un peu plus de visibilité sur la fenêtre afin de confirmer qu’au delà du fait qu’elle soit viable, elle soit aussi sportivement constructive pour démarrer notre aventure ».
Sodeb’O en stand by à Brest
Deux mois après la Route du Rhum et après un chantier, Sodeb’O a rejoint Brest pour le début de son stand by.
L’objectif de Thomas Coville est de battre le record autour du monde en solitaire détenu par Francis Joyon, reste à attendre une fenêtre météo pour s’élancer autour du monde, la problématique est la même pour son voisin de ponton, Banque Populaire 5 qui est amarré dans le Port du Chateau depuis plus de deux mois.

A lire sur Ouest France, les interviews de :
Pascal Bidégorry, skipper de Banque Populaire 5, qui évoque ce stand-by et un possible départ dans la semaine
Fred le Peutrec, détenteur du Trophée Jules Verne sur Groupama 3 et chef de quart sur Banque Populaire 5
Départ possible pour Banque Populaire 5
Le team Banque Populaire a annoncé aujourd’hui son passage en code orange pour le Trophée Jules Verne, c’est à dire un départ possible demain, cependant la fenêtre n’est pas idéale et l’équipage qui se réunit ce soir à Brest décidera du départ ou non en concertation avec les routeurs.

Ronan Lucas, Team Manager du Team Banque Populaire : » Nous surveillons une fenêtre depuis plusieurs jours. Cette fenêtre qui présentait un scenario intéressant consistait en une dépression qui devait se déplacer vers les Canaries et qui nous permettait de profiter de ce vent fort pour descendre vers l’équateur, avec un peu d’Alizés et dans des temps inférieurs à 6 jours. Or depuis hier soir cette dépression ne vient plus aussi rapidement vers les Canaries ce qui nous oblige à faire plus de route pour toucher les vents portants de cette dépression. De plus le vent entre cette dépression et l’équateur commence nettement à s’affaiblir. Donc si cela reste tel quel, nous accumulerions dès le début trop de retard. Il est donc possible que nous décidions de ne pas prendre le départ, car la fenêtre n’est pas, à l’heure actuelle, celle que nous attendons. Néanmoins il reste encore un espoir de retrouver le scenario d’hier et de passer en code vert. C’est pour cette raison que nous serons tous à Brest ce soir pour étudier les derniers fichiers météo et prendre une décision. Ce qui est sûr, c’est que nous avons tous très envie de partir ».
A lire :
– L’interview du skipper Pascal Bidégorry sur Sports.fr
-L’interview de Fred Le Peutrec, chef de quart et barreur sur Voile-Multicoques.com
