J-10 avant l’European Tour

La flotte des cinq MOD70 va faire sa rentrée dans 10 jours à Kiel avec le départ de l’European Ocean Race.

Race For Water, FONCIA, Groupe Edmond de Rothschild, Spindrift racing et Musandam-Oman Sail sont en route pour l’Allemagne. Les équipages s’affronteront dès le 31/08, pour des courses à proximité du rivage, les City Race avant de s’élancer pour  Dùn Laoghaire (Dublin) en Irlande, seconde étape de cette épreuve, viendront ensuite Cascais au Portugal, Marseille en France pour se conclure à Gênes en Italie.


Les skippers des trimarans monotypes se sont entourés du gratin du multicoque pour ce tour de l’Europe. Yann Guichard, qui a  remporté la KRYS OCEAN RACE embarque à bord de Spindrift racing : Pascal Bidégorry et le vainqueur de la Solitaire du Figaro Yann Eliès.

Michel Desjoyeaux embarque trois des détenteurs du trophée Jules Verne : Thierry Chabagny, Emmanuel Leborgne et Xavier Revil.
Le skipper suisse Stève Ravussin sur Race For Water, s’entoure quant à lui Franck Cammas et Thomas Coville, avec qui ils avaient détenus le Jules Verne sur Groupama 3.

Sidney Gavignet naviguera avec Brian Thompson, également détenteur du Jules Verne. Sébastien Josse, conserve lui son équipage habituel.

A noter l’arrivée d’exoscale en tant que sponsor de cette épreuve.

Les équipages engagés :

Race For Water : Stève Ravussin (SUI), Yvan Ravussin (SUI), Franck Cammas (FRA), Thomas Coville (FRA), François Morvan (FRA), Loïc Forestier (SUI), Tanguy Cariou (FRA), Nicolas Heintz (FRA), Gurvan Bontemps (FRA), Benoît Lequin (FRA)

FONCIA : Michel Desjoyeaux (FRA), Antoine Carraz (FRA), Thierry Chabagny (FRA), Charles Caudrelier (FRA), Emmanuel Leborgne (FRA), Xavier Revil (FRA), Sébastien Col (FRA), Alban Rosselin (FRA), Nicolas Texier (FRA), Julien Falxa (FRA)

Groupe Edmond de Rothschild : Sébastien Josse (FRA), David Boileau (FRA), Florent Chastel (FRA), Cyril Dardashti (FRA), Olivier Douillard (FRA), Christophe Espagnon (FRA), Antoine Koch (FRA), Thomas Rouxel (FRA)

Spindrift racing : Yann Guichard (FRA), Léo Lucet (FRA), Pascal Bidégorry (FRA), Jacques Guichard (FRA), Jean-Baptiste Levaillant (FRA),Yann Eliès (FRA), Kevin Escoffier (FRA), Devan Le Bihan (FRA)

Musandam-Oman Sail : Sidney Gavignet (FRA), Fahad Al Hasni (OMA) Moshin Al Busaidi (OMA) Khamis Al Amburi (OMA) Brian Thompson (GBR) Jean-François Cuzon (FRA) Thomas Le Breton (FRA) Michi Mueller (GER)
Les étapes offshore:

Etape 1: Kiel, Allemagne –  Dùn Laoghaire, Baie de Dublin, Irlande1188 milles – Départ: 2 septembre
Etape 2: Dùn Laoghaire, Baie de Dublin – Cascais, Portugal1215 milles – Départ : 9 septembre
Etape 3: AROUND PORTUGAL RACE558 milles – Départ : 17 septembre
Etape 4 : Cascais –  Marseille, France – 1071 milles – Départ : 20 septembre
Etape 5 Marseille – Gênes, Italie 672 milles – Départ : 30 septembre

Fin du partenariat de Foncia, Michel Desjoyeaux à la recherche d’un nouveau partenaire

Après Véolia en début d’année, c’est Foncia qui quitte son skipper vedette, Michel Desjoyeaux perd donc son partenaire en MOD 70.

Foncia devait initialement accompagner le skipper  jusqu’en 2014, mais leur collaboration cessera après le tour de l’Europe qui débute le 30 août, cette décision fait suite à un recentrage de la communication de l’entreprise en partie cédée à des fonds d’investissement l’année dernière.

Mer Agitée, l’écurie de Michel Desjoyeaux est propriétaire du trimaran et attend donc un nouveau sponsor pour s’engager la saison prochaine sur le circuit Multi one Championship.

Michel Desjoyaux bat le record du tour de l’île de Wight sur le MOD70 Foncia

L’Artémis Challenge, tour de l’île de Wight en course a eu lieu aujourd’hui, deux MOD70 y participaient : FONCIA et Musandam-Oman Sail.

Les deux trimarans ont mené la flotte avec un tour express en un peu plus de deux heures, les deux équipages battent le record de Playstation de 2001 de près de 10 minutes.

Dans cette exercice c’est Michel Desjoyeaux et son équipage à bord de FONCIA qui ont pris l’avantage sur l’équipage de Musandam-Oman Sail mené par Sidney Gavignet qui franchit la ligne 88 secondes après Foncia.

Michel Desjoyeaux  : « C’était superbe, le temps était ensoleillé et nous avons eu de belles conditions avec du vent sur l’ensemble du parcours. Nous avons du tricoter pour rallier les Needles ce qui nous a un peu ralenti. Musandam-Oman Sail était un peu plus rapide dans ses virements mais a malheureusement manqué son dernier. Nous en avons profité pour reprendre de la vitesse et finir premier ! C’était mon premier Tour de l’île de Wight et quel très bon Tour ! »

Temps de course  ( en cours d’homologation par le WSSRC)
Foncia – 2h 21 mn 25 secondes
Musandam-OmanSail – 2h 22 mns 53 secondes

La Brest City Race clôt la 1ère épreuve officielle des MOD 70

 Pour clore cette première course, les équipages des MOD70 se sont retrouvés aujourd’hui en rade de Brest pour disputer une City Race. Ce type d’épreuve sera la norme dans toutes les villes étapes du circuit Multi one Championship, afin de faire profiter le public du spectacle des trimarans au plus près des côtes.

La première manche était un parcours côtier d’une douzaine de milles au départ de la pointe de l’Armorique vers la bouée Charles Martel et Camaret avec un final devant le phare du Petit Minou. Les multicoques se sont élancés  au vent de travers dans une brise d’une vingtaine de nœuds, permettant aux skippers d’utiliser toute la puissance de leurs bateaux, l’issue de cette manche était incertaine jusqu’à la ligne d’arrivée. Sébastien Josse sur Groupe Edmond de Rothschild réussissait malgré tout à contenir Yann Guichard et son équipage sur Spindrift racing. Foncia prenait la troisième place devant Musandam-Oman Sail.

Après cet exercice matinal les MOD70 prenaient la direction de l’école navale de Lanvéoc pour deux séries de « runs » dans la rivière de Châteaulin. Michel Desjoyeaux et ses hommes s’imposait sur le premier  double aller-retour et contenait le vainqueur de la Krys Ocean Race Spindrift racing, qui prenait la seconde place devant Groupe Edmond de Rothschild et Musandam.

Une deuxième manche était lancée dans l’après midi, Sébastien Josse prenait le meilleur départ mais Spindrift racing réussissait à se glisser sous ses adversaires et s’imposait devant les hommes du Gitana Team.

Les résultats du jour :

Parcours côtier

1- Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse)

2-Spindrift racing (Yann Guichard)

3-FONCIA (Michel Desjoyaux)

4-Musandam-Oman Sail (Sidney Gavignet)

Premier run (deux aller-retour)

1-FONCIA (Michel Desjoyaux)

2-Spindrift racing (Yann Guichard)

3-Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse)

4-Musandam-Oman Sail (Sidney Gavignet)

Deuxième run (un aller-retour)

1-Spindrift racing (Yann Guichard)

2-Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse)

3-FONCIA (Michel Desjoyaux)

4-Musandam-Oman Sail (Sidney Gavignet)

Stève Ravussin et son équipage sur Race for Water n’ont pas participé à ces courses du fait de leur avarie survenue pendant la transatlantique.

Les équipages se retrouveront fin août à Kiel pour le départ de l’European Tour.

Spindrift racing remporte la Krys Ocean Race

Yann Guichard et ses hommes (Pascal Bidégorry, Jean-Baptiste Le Vaillant, Jacques Guichard, Léo Lucet et Kevin Escoffier) ont remporté  la KRYS OCEAN RACE ce jeudi 12 juillet à 14h 08’ 37 après seulement 4 jours 21 heures 08 minutes 37 secondes, soit une moyenne de 25,3 nœuds. Spindrift racing sur 2950 milles de cette traversée de l’Atlantique Nord, ils devancent d’une heure dix Groupe Edmond de Rothschild et d’une heure quarante FONCIA, les équipages ont bénéficié de conditions parfaites pour cette première transat de la classe MOD 70, qui est une réussite avec des écarts très faibles à l’arrivée grâce à la monotypie.

L’équipage de Spindrift racing avait réussi à faire le break sur ses concurrents au cours de la deuxième nuit grâce à un décalage sur une route un peu plus nord, qui leur permettra de creuser un écart suffisant pour contrôler la fin de course et empêcher tout retour de leurs adversaire, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild auront quasi navigué à vue sur une bonne partie de ce parcours.

Sidney Gavignet et ses hommes devraient en terminer cette nuit avec un retard somme toute faible malgré leur avarie de foil, Steve Ravussin, plus handicapé par l’avarie de dérive suite à un choc avec un OFNI devrait en finir samedi.

Yann Guichard (Spindrift racing)

« Cette transat s’est vraiment bien passée : on a pris du plaisir et je crois que cette victoire est méritée car nous avons fait une belle route tout au long de ces cinq jours. L’arrivée était un peu une libération car sur les cent derniers milles avant les Scilly, nous n’avons pas eu beaucoup de vent par rapport à nos poursuivants qui revenaient fort sur nous. Les fins de course sont toujours difficiles… On est un peu étonné de cette traversée express car notre trajectoire ressemble à une sinusoïde parfaite, tout en tribord amures. C’étaient des conditions que nous n’avions pas rencontrées auparavant, mais tout s’est déroulé au portant et on était bien sous l’eau ! Le bateau est très sain : c’est une belle réussite… »

© Chris Schmid / Spindrift racing

Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild)

« Je suis très content de cette deuxième place parce que nous n’avons pas voulu suivre Spindrift racing dans une mer que nous savions assez dure : je préférais assurer pour cette première course transatlantique. Le bateau est très fin, marin, solide mais on se rend compte qu’il supporte énormément de toile et plus ça allait, plus on poussait loin, parfois à la limite du raisonnable ! »

Michel Desjoyeaux (FONCIA)

« Je suis satisfait parce qu’on aurait pu faire plus mal que troisième ! Déçu parce que la sortie de New-York nous a un peu handicapé au départ. On s’est bien battu : on est revenu sur Spindrift racing et sur Groupe Edmond de Rothschild. Ça ne s’est pas joué à grand-chose comme les écarts à l’arrivée le montrent. En tous cas, c’était express… Traverser l’Atlantique à ces vitesses-là sans quasiment aucun problème technique, c’est déjà un bon point. »

Arrivée de la Krys Ocean Race demain

Le trio de tête de la Krys Ocean Race touche au but avec moins de 600 milles à parcourir avant l’arrivée au large de Brest, les trois équipages des trimarans ont successivement choisi de passer en mode furtif aujourd’hui, permettant de disparaitre de la cartographie pendant 9 heures, afin de négocier au mieux les quelques empannages nécessaires pour rejoindre les îles Scilly.

© MOD70 Spindrift racing / On board

Foncia a lancé le mouvement, suivi 3 heures plus tard par Groupe Edmond de Rothschild, et dans l’après midi par Spindrift racing.

Le trimaran mené par Yann Guichard a peu de chances d’être rejoint grâce à ses 60 milles d’avance, la seconde place reste très disputée entre Sébastien Josse sur Groupe Edmond de Rothschild et Michel Desjoyaux sur Foncia. Les deux bateaux se tenaient en 10 milles lors de leur passage en mode furtif, le final s’annonce donc crucial pour le gain de la place de dauphin. Les trimarans filent toujours à près de 30 noeuds vers la pointe sud ouest de l’Angleterre, avant de piquer vers le sud après le passage des Scilly pour rejoindre Brest.

Cette transat devrait donc se terminer en 5 jours, avec des conditions exceptionnelles tout au long de celle-ci, les équipages ayant pu profiter de la même dépression pendant cette traversée de l’Atlantique.

L’arrivée des trois premiers est prévue demain après midi, malgré tout les équipages resteront au large afin de rejoindre le port de Brest vendredi vers 15 heures pour l’ouverture des fêtes nautiques des Tonnerres de Brest.

Musandam Oman Sail reste 4ème, l’équipage de Sidney Gavignet poursuit sa route à des vitesses élevées grâce au foil tribord qui a été déplacé sur le flotteur babord, Race for Water poursuit sa route à 400 milles de la tête de flotte, Stève Ravussin et ses hommes doivent faire face à une voie d’eau en avant du puit de dérive, après un choc avec un OFNI.

Yann Guichard (Spindrift racing)

« La mer est devenue plus plate depuis le milieu de la nuit : on se remet à attaquer ! On va pouvoir aller tout droit jusqu’aux Scilly, toujours à près de trente nœuds de moyenne. On devrait passer la marque anglaise vers jeudi midi. Stratégiquement, il n’y a pas vraiment d’option : il nous faut juste tenir le rythme de nos poursuivants…

Les modèles météo convergent pour cette fin de traversée avec un peu plus de brise ces prochaines heures. Et un vent de travers pour finir sur Brest. On avait la sensation la nuit dernière d’être sur les bancs de Terre-Neuve : il y avait une bruine dense mais ça commence à s’éclaircir même si le plafond reste bas et gris. Nous sommes en veille permanente au radar : cela nous permet de bien anticiper la route des cargos mais aussi de voir les grains qui se forment. On reste vigilant. »

Sébastien Col (FONCIA)

« C’était un peu notre dernière cartouche avant le Fastnet pour se cacher et tenter des choses… L’intérêt, c’est surtout de mettre la pression sur notre concurrent direct, Groupe Edmond de Rothschild. Il ne sait plus comment on mène le bateau, même si la route pour les Scilly est assez directe. On n’avait plus trop de possibilités d’utiliser ce monde fantôme après… Ces prochaines heures, on va reprendre un peu de terrain au leader, mais pas suffisamment pour l’inquiéter. Mais en ce moment, on a mis la barre vitesse un peu plus haute ! Là, on va directement se coucher après son quart : ça ne rigole plus… Seb cherche à nous contrôler : à nous de saisir une opportunité pour revenir au contact ! »

Sidney Gavignet (Musandam-Oman Sail)

« On ne peut pas être au maximum de la vitesse, mais les conditions sont bonnes avec une mer relativement plate et une belle brise. On profite de notre position pour faire barrer Farad et Moshin parce qu’il y a peu de chance de gagner une place à moins d’une avarie. Pour installer le foil tribord à bâbord, il a d’abord fallu enlever le morceau cassé, puis hisser l’appendice qui fait autour de 90 kg avec une drisse. Ce matin, on a réussi du premier coup à glisser le foil dans le puits bâbord avec trois équipiers en basculant le mât sous le vent pour que ce soit plus facile à encastrer. Mais on ne peut le descendre que de 80% ! Cela ne nous empêche pas de faire des « plantés » dans une vague de temps en temps… Autrement, l’équipage se porte bien. »

Stève Ravussin (Race For Water)

«  Attendez : je reviens ! Je vais pomper mes 150 litres d’eau… Me revoilà, quelques coups de pompes et c’est reparti ! Nous nous sommes donnés un timing de 40 minutes max pour ne pas avoir trop d’eau devant, la fissure à l’air de ne pas s’agrandir donc c’est bon signe….

Quand nous avons appelé le bateau « Race For Water », je n’ai pas pensé qu’à la première transat en course, nous allions finir dans un container ou un sous marin américain ? Qui sait ? En tout cas, je pense que lui n’a rien eu… Comme je le disais, le nom du MOD 70 est encore plus justifié quand on n’arrive pas à traverser l’Atlantique sans taper quelque chose : c’est qu’il y a vraiment un souci quand on voit la surface de la mer sur le globe ! »

Avarie de foil pour Musandam, Spindrift et Foncia en tête de la flotte

Comme prévu, la brise a forci cette nuit, et les conditions de mer se sont durcies avec l’entrée dans le flux du Gulf Stream qui apporte deux nœuds de courant portant à l’Est,mais aussi un renforcement de la houle près des Grands Bancs de Terre-Neuve.

Les équipages naviguent désormais sous deux ris dans la grand-voile et solent ou foc de brise, avec des vitesses de l’ordre de trente nœuds, la prudence reste cependant de mise au sein avec les avaries d’appendices survenues à bord de Race for Water (dérive endommagée suite à une collision avec un OFNI hier) et celle de Musandam-Oman Sail ce jour ; comme l’explique le skipper Sidney Gavignet : « En milieu de nuit, tout allait bien avec une vitesse moyenne oscillant entre 30 et 33 nœuds sous deux ris dans la grand-voile et foc solent. Le foil s’est rompu mais nous n’avons pas eu l’impression d’avoir touché quelque chose… Nous l’avons retiré de son puits et stocké dans la coque centrale. Nous devons donc naviguer désormais sous deux ris et foc de brise ORC à 70% de notre vitesse normale. Ce qui fait que nous allons perdre 200 milles par jour ! Mais nous pouvons arriver sans encombre jusqu’à Brest : il faut juste rester plus prudent car le bateau enfourne dans la mer plus brutalement. On garde le moral… Nous aurons besoin d’un nouveau foil à Brest, car une escale technique aux Açores n’est pas envisageable : il n’y a pas de vent en ce moment autour de l’archipel. »

Le potentiel du trimaran omanais est donc largement entamé et l’équipage se trouve relégué à plus de 100 milles de la tête de flotte ce soir.

Ce soir Spindrift racing mène la flotte devant Foncia et Groupe Edmond de Rothschild, ces trois bateaux filent toujours à près de 30 nœuds avec une route nord est, avec des moyennes sur 24 heures supérieures à 700 milles ; le déclenchement de l’empannage prévu demain ou mercredi s’annonce crucial pour la suite de la course avec le front où le vent va mollir à une vingtaine de nœuds puis s’orienter au secteur Ouest. Il faudra alors choisir entre deux options soit plonger vers le Sud-Est et l’anticyclone des Açores sur une mer calme mais un vent faiblissant, soit continuer vers le Nord-Est pour longer le front et se rapprocher de la route directe avec une mer plus agitée et un vent plus instable.

Les skippers à la vacation :

Michel Desjoyeaux (FONCIA)

« Côté conditions météo, ça commence à mollir doucement et on ne devrait pas tarder à renvoyer de la toile. Cette nuit, nous n’avions pas beaucoup de repères et il fallait se fier à l’électronique qui nous donne la force et la direction du vent, la vitesse du bateau et son cap. On a bien eu un bout de lune en fin de nuit, mais on ne voyait pas grand-chose parce que c’est très nuageux à l’avant du front. Côté stratégie, il n’y a pas d’initiatives à prendre dans l’immédiat et tout le monde suit à peu près la même route. Mais à la longitude des Açores, il y aura des opportunités… On ne voit plus Spindrift racing mais on le suit avec l’AIS. Tout est trempé à bord ! Parce qu’il y a quand même de belles vagues. Et il y a toujours quelqu’un à l’écoute pour gérer la situation dans une bouffée d’air. A l’intérieur, c’est un véritable shaker ! »

« C’est plutôt sympa d’avancer si vite vers la maison. C’est très grisant, mais un peu stressant aussi. Dans ces conditions, on libère la puissance, ou on réduit la toile par l’arrière. Mais, on adapte en bordant ou choquant l’écoute de voile d’avant. Cela nécessite une vigilance de tous les instants et c’est la condition sine qua non pour rester à l’endroit. A la barre, on porte un casque avec une visière pour se protéger des gerbes d’embruns qui déferlent par dessus le pont. Il faut avouer que depuis cette nuit, c’est un peu ambiance sport de combat ! »

Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild)

« Nuit mouvementée et assez ventée : on a eu jusqu’à 30-35 nœuds avec pas mal de grains et une houle croisée qui ne facilitait pas le pilotage. La brise devrait se calmer un peu en milieu d’après-midi ou en début de nuit prochaine, mais on aura quand même 25 nœuds et une mer de 2,5 mètres… Ce midi, comme nous sommes juste au Sud des bancs de Terre-Neuve, il y a parfois des zones très chaotiques avec les méandres du Gulf Stream, puis vingt milles plus loin, ça se réorganise… On navigue sous deux ris et solent à 140-150° du vent réel, un angle assez abattu pour gérer la vitesse et glisser vers le Nord-Est progressivement. On se maintient à 28 nœuds de moyenne et c’est plus « supportable » que les 30-32 nœuds de dimanche soir : c’est important que le barreur joue avec les creux pour ne pas trop solliciter le bateau. Alors avec cette « molle » à venir, ça sera tout de même plus aisé pour négocier les vagues. »

Antoine Kock (Groupe Edmond de Rothschild)
« Tout va bien à bord de Groupe Edmond de Rothschild, sauf qu’il est très compliqué, voire impossible de taper sur le clavier !! La vie est encore plus compliquée à l’intérieur du bateau que sur le pont. C’est aussi humide, mais comme on ne voit pas les vagues arriver, lorsque le bateau plante- ce qui arrive environ une fois toutes les heures – on fait de beaux vols planés à l’intérieur… Les déplacements sont vraiment longs et difficiles… A part ça, cette transat express tient ses promesses, et le speedo ne descend que rarement en-dessous de 30 nœuds. Florent a amélioré le record de vitesse du bateau : 40,7 nœuds… A demain, Antoine Koch »

© Yvan Zedda / Sea&Co / Gitana Team

Yann Guichard (Spindrift racing)

« C’est humide, très humide ! On a passé une bonne première partie de nuit, mais c’est difficile de tenir des vitesses élevées sans risque à cause des vagues, car la mer est assez agitée… On a pris notre rythme, mais ce n’est pas facile de dormir parce qu’il faut être tous à l’arrière du bateau et il n’y a pas de bannettes derrière : ça secoue beaucoup. On prend quelques petits grains qu’on anticipe bien au radar : en ce moment, on a 32 nœuds de vent réel mais il n’y a pas trop de méchantes rafales et c’est moins stressant. Nous sommes quatre barreurs à nous relayer toutes les quarante minutes parce que c’est assez éprouvant. On a pu manger correctement jusqu’à hier soir où nous avons fait notre premier lyophilisé : c’était assez rock & roll ! Il faut garder des forces et c’est vrai que le sommeil, ce n’est pas aisé…   Nous avons fait un joli « planté » ce matin. Nous avons réduit la voilure. L’expérience de garçons comme Jean-Baptiste Levaillant et Pascal Bidégorry est précieuse. »

A noter que la direction de course envisage de mettre en place une nouvelle marque de parcours, en imposant aux équipages le passage entre une porte préfigurée par les îles Scilly et le phare de Wolf Rock, afin de faire coïncider  l’arrivée des trimarans avec le début de fêtes de Brest vendredi.
Un aperçu des conditions de navigation sur une vidéo transmise par l’équipage du MOD 70 Groupe Edmond de Rothschlid .