Realstone Sailing remporte le grand prix Grange&Cie et le Vulcain Trophy 2012

L’avant dernier grand prix du Vulcain Trophy s’est déroulé dans des conditions idéales pour les équipages des D35, avec six régates courues le premier jour dans des vents d’une dizaine de noeuds et pas moins de cinq vainqueurs différents sur un flotte de neuf bateaux lors de cette journée de samedi.

A l’issue de ces six régates, l’équipage du CER sur Realstone Sailing menait déjà le grand prix, avec une victoire, trois secondes places, une 4ème et une 6ème place. De Rham Sotheby’s qui avait très bien débuté en enchainant deux victoires et une seconde place fléchissait en fin de journée avec deux places de 7ème et une de 9. Il prenait malgré tout la seconde position du provisoire à égalité de points avec Okalys Corum et Zen Too, mené par Fred le Peutrec. La famille Bertarelli était en embuscade avec Alinghi, barré par Ernesto Bertarelli en 5ème position à un point de de Rham, Okalys et Zen Too, alors que Dona Bertarelli prenait la 6ème position du provisoire à deux points de son frère, Artemis Racing, Veltigroup  et Nickel fermaient la marche.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

La seconde journée courue aujourd’hui aura été aussi disputée Realstone Sailing, qui avait mal débuté avec une dernière place se rattrape sur les trois manches suivantes en se classant 4ème puis deux fois second, parvenant même à creuser son avance, la bonne opération du jour était réalisée par l’équipage de Zen Too qui enchainait deux victoires de manches, ce qui leur permettait de prendre la seconde place de ce grand prix Grange&Cie, devant Alinghi, qui effectuait un beau retour en prenant cette troisième place devant de Rham Sotheby’s et Okalys Corum, Ladycat se classait 6ème devant Artemis Racing, Veltigroup et Nickel.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

L’équipage de Realstone, en remportant cet événement, ne pourra plus être rejoint au classement final du Vulcain Trophy et est donc proclamé vainqueur de cette édition 2012, avant la dernière épreuve.  Le jeune équipage du CER mené par Jérôme Clerc aura donc survolé ce championnat, en effet ils ont gagné quatre des cinq grands prix courus jusqu’ici et se sont également adjugé les deux classiques lémaniques, la Genève-Rolle-Genève et le Bol d’Or, leur plus mauvaise place étant jusqu’ici la troisième marche du podium lors de l’Open de Versoix II.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Alinghi reste second du classement et devrait conservé sa place lors du dernier événement de la saison, sauf grosse contre performance, la troisième place sera plus disputée avec de Rham Sotheby’s et Ladycat qui sont séparés par deux points. Zen Too et Artemis Racing sont cinq et six du provisoire, à égalité de points.

La saison 2012 se terminera par  le Grand Prix Facchinetti Automobiles qui se disputera les 12, 13 et 14 octobre 2012 à Genève.
CLASSEMENT DU GRAND PRIX GRANGE & CIE:

1. Realstone Sailing 25 pts

2. Zen Too 31 pts

3. Alinghi 34 pts

4. De Rham Sotheby’s 37 pts

5. Okalys Corum 39 pts

6. Ladycat 40 pts

7. Artemis Racing 49 pts

8. Veltigroup 55 pts

9. Nickel 62 pts

Sidney Gavignet solide leader

Les équipages des MOD 70 ont fait leur entrée en Méditerranée hier soir, après un passage de Gibraltar au près dans des vents faibles.

Sidney Gavignet et son équipage sur Musandam Oman Sail avait déjà fait le break en compagnie de Stève Ravussin sur Race for Water la nuit précédente, grâce à une option au plus près du Cap Sain Vincent, l’équipage suisse perdait ensuite un peu de terrain en approche du Cap de Gibraltar, laissant le leadership au trimaran portant les couleurs omanaises.

L’équipage a su faire fructifier cette position et continue à creuser une avance qui devient conséquente avec 25 milles d’avance sur Race for Water, Michel Desjoyaux et ses hommes sont parvenus à limiter la casse et pointent à une trentaine de milles du leader.

Il n’en est pas de même pour les équipages de Spindrift racing et de Groupe Edmond de Rothschild qui se sont fait décrochés alors qu’ils étaient au contact avant l’entrée en Méditerranée. L’équipage de Yann Guichard a connu des soucis avec le point d’amure du gennaker qui a cédé, leur faisant perdre une dizaine de milles et les laissant dans des vents erratiques d’un à trois noeuds au contact de l’équipage de Sébastien Josse, qui voient toute chance de revenir s’affaiblir puisque le flux devrait se renforcer par l’avant…

Steve Ravussin, skipper de Race for Water à la vacation de midi :

« Depuis hier après Gibraltar, on est dans de toutes petites conditions très légères. On s’est déjà arrêté plusieurs heures : ce sont de vraies conditions lémaniques ! On essaye de faire marcher le bateau le plus possible par rapport à la route, on n’a pas trop le choix. Mais tout va bien, on est calme et on fait du mieux possible.
Cette nuit, c’était incroyable, il y avait énormément de brouillard et une bruine fine, il pleuvait sur le bateau tellement il y avait de l’humidité dans l’air, on voyait les étoiles mais pas les cargos, on entendait juste leur corne de brume. On est dans un entonnoir donc il y a pas mal de trafic, on a eu pas mal de dauphins hier et du krill qui nageait en surface. Ce matin, ça s’est un peu éclairci, il fait chaud, on est en T-shirt, on se protège du soleil. J’ai bien peur qu’on reste encore pas mal de temps dans ces conditions, mais il faut rester positif. Dès ce soir, on aura peut-être plus de vent … on espère que tout cela va nous rapprocher de Marseille ! Sinon, FONCIA est juste derrière nous, on le voit. Les MOD70 sont tous identiques et normalement, ils vont tous à la même vitesse. Mais il faut toujours travailler pour les faire avancer. »

Yann Guichard, Spindrift racing lors de la vacation de la mi-journée. :

« La nuit dernière, ça a été compliqué pour tout le monde et pour nous spécialement. On a eu un problème sur le gennaker. Avant de passer Gibraltar, le point d’amure a cassé, le gennak est parti en vrac sous le vent, c ‘était un peu chaud, on a réussi à l’affaler, à réparer l’amure et à repartir. On a dû perdre une bonne dizaine de milles là dessus. C’est pour ça qu’on s’est fait décrocher par FONCIA et Gitana. Ensuite, la nuit s’est passée avec entre 0 et 2 nœuds de vent. Avec le courant, les instruments (de navigation) étaient complètement à l’envers, donc pas facile de faire avancer le bateau dans ces conditions.
Pour l’instant, ça ne redémarre toujours pas. C’est mer d’huile. Gitana, dans le sud, a redémarré, mais nous, on est encalminé, on essaye de ressortir de ce pot de pus mais on a un peu de mal. Sur les fichiers météo, en plus, ça repart par devant, donc ce n’est pas très bon signe pour la suite. Mais bon, on reste positif. On est là où on est. Il faut maintenant essayer de faire avancer au mieux le bateau le long de ces côtes espagnoles pour ne pas prendre trop de retard. Il faut essayer de ne pas trop se faire larguer par Gitana, parce que je pense que ça va se jouer avec eux jusqu’à la fin. Donc, il faut « être dessus » et rester calme. Sinon, il fait très très chaud, dans le bateau c’est la fournaise. Dehors aussi et là, on est entourés de dauphins… ça serait bien qu’ils nous poussent un peu. »
Sébastien Josse, skipper de Groupe Edmond de Rothschild à la vacation de midi :

« Nous sommes en short, T-shirts, pieds nus, casquette et crème solaire. On a pas mal de petits dauphins un peu partout et pas mal de cargos aussi, il y a de la vie dans le coin. La mer est super plate. Le vent oscille entre 1 et 3 nœuds avec de grosses variations, donc pas évident de se sortir du guêpier. Une seule solution : la patience. La nuit dernière a fait des écarts. Maintenant, il faut attendre que le vent se réinstalle pour pouvoir redémarrer. Aujourd’hui, on va essayer de compter sur des brises thermiques. Il fait chaud, donc ça devrait s’installer en début ou milieu d’après-midi. Puis dans 24 heures, le sud-ouest doit arriver. Mais je pense que les bateaux qui ont un avantage aujourd’hui le garderont jusqu’à la fin. C’est toujours énervant de voir des bateaux qui étaient à moins de 100 mètres s’envoler et de ne pas pouvoir accrocher le wagon. C’est normal, on est là pour faire la course. Quand on a choisi une position et que ça décolle juste à côté, oui, c’est assez rageant mais ça fait partie du jeu de la voile. »

Message de FONCIA envoyé à 10 heures ce matin

« La journée d’hier a été laborieuse. D’abord, il a fallu nous remettre de nos émotions, de s’être fait torpiller par Oman Sail et Race for Water. Ensuite, les conditions ont été très variables, c’est un euphémisme, donc beaucoup de réglages, et pour couronner le tout, on avait du monde autour, ce qui soit dit en passant, rajoute un peu de pression dans les esprits, pour peu qu’on en ait encore ! On s’est battu avec Spindrift et Gitana, qu’on a réussi à décrocher (un peu !) à l’approche de Gibraltar. On a passé Tarifa juste avant la nuit, et fait plusieurs virements de bords pour passer entre le Rail descendant et la côte, dans un vent déjà bien mollissant, puis on s’est pris une bonne pétole en face de Gibraltar, plus un cargo hors rail qui a zigzagué autour de nous, en même temps qu’on virait pour l’éviter aussi. Petite perte de temps, mais c’est rentré dans l’ordre après, et nous voilà à attaquer la mer d’Alboran….Gros dossier, dans un vent qui se faisait discret, alors qu’un clapot de face nous empêchait de glisser tranquillement sous gennaker. Bonne nuit cependant, puisque Spindrift et Gitana, sur une trajectoire proche de la notre, n’ont pas été bien rapides. On voit à nouveau Race For Water, sur une mer d’huile, à quelques milles dans notre sud-est. Il vient de redémarrer un peu avant nous, mais le vent n’est pas distribué à tous les étages, donc, wait and sea, comme ils disent !C’est quand même con, on fait des bateaux qui vont à plus de 30 nœuds, et on s’en sert à 10% depuis quelques temps ! Ils pourraient mettre des ventilateurs ! Si Oman Sail a pris du champ, tout reste cependant à faire, avant la ligne à Marseille, destination qu’on atteindra… plus tard ! »

 

Sidney Gavignet (Musandam-Oman Sail) à la vacation du matin.

« Brian est à la barre, Khamis est sur le pont, il dort dans le filet à l’avant. Jeff et Fahad sont dans les bannettes et Thomas Lebreton se fait à manger. Nous sommes grand-voile haute et gennaker. Il  n’y a pas beaucoup d’air mais il y a un peu de mer, donc le gréement bouge dans tous les sens, ce n’est pas très agréable. Cette nuit, j’ai fait un quart où on s’est retrouvé à empanner au près parce que la vitesse était à zéro et la seule façon de relancer le bateau, c’était de se mettre dos au vagues ! On a eu un petit épisode chaud avec un remorqueur qui nous venait droit dessus. Je me suis demandé s’il ne fallait pas démarrer le moteur, mais finalement, ça s’est bien passé. C’est très dur à régler aussi, avec les voiles qui battent dans tous les sens. Mais là, je vois que Brian est à fond : il est à 10 nœuds, je vois même 11,10 nœuds : c’est le record de la nuit ! Forcement c’est sympa d’être devant, en même temps, c’est tellement mou, qu’on croise les doigts pour ne pas tomber dans un trou de vent et à chaque pointage, on a le stress de découvrir ce qui s’est passé. Pour l’instant, ça se passe pas mal pour nous, mais on ne s’emballe pas. D’après Jeff (Cuzon), le vent va monter dans la journée, ça va s’établir au sud-ouest. Nous, nous sommes placés là où on veut, car cette brise devrait plutôt s’établir par le nord. Le premier qui part avec ça va forcément creuser sur les autres. »

 

Foncia mène la flotte

Les cinq MOD 70, en course pour la quatrième étape de l’European Tour ont repris la mer aujourd’hui à destination de Marseille.

Le départ a été donné dans des vents faibles de l’ordre de 6 à 8 noeuds, c’est l’équipage de Spindrift racing, mené par Yann Guichard qui sortait vainqueur du parcours côtier inaugurant cette étape et qui empochait les 3 points bonus, il était suivi à une dizaine de longueurs par Race for Water de Stève Ravussin et par Foncia de Michel Desjoyaux, qui empochent respectivement 2 et 1 point.

Les conditions s’annoncent légères sur toute l’étape, les équipages devront donc déjouer au mieux les effets de sites, le passage de Gibraltar devrait ouvrir le jeu avec la nécessité de choisir sa route le long des côtes espagnoles ou marocaines.

Ce soir, Foncia a pris un petit avantage sur ses adversaires, grâce à une meilleure vitesse, puisque les cinq trimarans suivent une route strictement identique, Race for Water est second à 1,1 mille, Spindrift racing, troisième à 1,9milles, Groupe Edmond de Rothschild et Musandam Oman Sail suivent à 3,2 et 3,6 milles du leader.

Prince de bretagne lance son tour de l’Europe pour 2013

Prince de Bretagne, qui verra bientôt son « nouveau » maxi multicoque de 80′ rejoindre son élément lance une nouvelle course, à savoir un tour de l’Europe avec quatre étapes : Valence, Lisbonne, Cork, Plymouth et Morlaix. Cette course, appelée Route des Princes devrait se dérouler du 9 au 29 juin 2013, elle sera ouverte aux multicoques de plus de 40 pieds, donc à la classe Multi 50′, aux MOD 70 et aux maxis.

Prince de Bretagne espère réunir un plateau d’une vingtaine de bateaux, outre les étapes de ralliement, les équipages devraient se mesurer sur des courses type City Races, à l’image de ce qui est actuellement fait sur l’European Tour avec les MOD70.

Reste à savoir si la classe MOD70 souhaitera intégrer cette course, puisqu’un programme similaire existe déjà, aux mêmes dates. L’autre problème à résoudre sera le classement des maxis, avec une flotte disparate, certains bateaux étant conçu pour des navigations en solitaire, d’autres pour des équipages, ce qui nécessitera peut être une course en temps compensée pour cette classe, ce qui est nettement moins attractif pour le grand public…

Prince de bretagne dévoilera son trimaran de 80′ le 12 octobre, il sera skippé par Lionel Lemonchois, qui espère hisser son trimaran sur la plus haute marche du podium lors de la prochaine Route du Rhum.


Ils ont dit :
Jean-François Jacob, secrétaire général de la Sica de St Pol, un des responsables de Prince de Bretagne :
 » Nous avons ressenti qu’il était dans l’intérêt de tous les armateurs et skippers de multicoques d’avoir une épreuve supplémentaire qui viendrait étayer leur programme. Nous souhaitions une manifestation qui nous ressemble et qui mette en avant notre lien très fort avec les marins. Comme eux nous sommes soumis aux aléas climatiques au quotidien et si nous arrivons à faire pousser des légumes toute l’année en Bretagne Nord, c’est grâce à l’influence de la mer et du Gulf Stream. A travers la Route des Princes, nous voulons montrer que le monde de la terre est source de dynamisme dans de nombreuses régions d’Europe. Les producteurs de Prince de Bretagne sont attachés à cette notion et veulent la partager. Notre but est de valoriser les terroirs et de les faire découvrir au plus grand nombre grâce à un évènement populaire qui sera une fête de tous les métiers de la mer (marins et pêcheurs) et de la terre « .

Lionel Lemonchois, skipper du Maxi80 Prince de Bretagne :  » Le concept est attirant parce qu’il ressemble au Tour de l’Europe, course qui existait dans les années 90 et qui a toujours remporté un franc succès. C’est toujours sympa de changer de pays, surtout sur une course en équipage. La Route des Princes propose vraiment un beau parcours. Il est également important de pouvoir s’associer à autre chose que de la voile, cela amène un intérêt différent, pour nous et pour le public « .

Foncia remporte la 3ème étape et reprend la tête de l’European Tour

Les équipages participants à l’European Tour ont disputé les City Races au large de Cascais, avant de prendre le départ de la troisième étape de ce tour de l’Europe.

C’est l’équipage de Musandam-Oman Sail mené par Sidney Gavignet qui s’était imposé sur ces parcours côtiers disputés au large de la ville portuguaise, empochant les douze points dédiés à ces courses. Spindrift racing se classait second devant Groupe Edmond de Rothschild, Race for Water et Foncia.

Les cinq MOD70 se sont donc élancés hier en début d’après midi pour cette troisième étape du MOD70 European Tour : Spindrift racing prenait le meilleur sur la ligne vite rattrapé par FONCIA, Michel Desjoyaux et son équipage s’adjugeait les points bonus du côtier de ce début d’étape, devant Groupe Edmond de Rothschild qui arrivait également à glisser au dessus de Spindrift racing.

Les marins pouvaient ensuite s’élancer  vers les îles Berlengas puis vers la marque de parcours de Sines, au sud du Tage, sur un parcours réduit à 213 milles du fait de vents faibles au large du Portugal.

A la sortie de la baie de Cascais, la brise thermique montait à une dizaine de nœuds, l’équipage de FONCIA négociait admirablement la remontée vers la première marque de parcours et réussissait à s’extirper d’une zone de calmes avant ses adversaires, Race for Water parvenait à s’échapper du peloton également et talonnait FONCIA lors de la descente vers Sines, mais le professeur parvenait de nouveau à s’échapper.

Derrière, Spindrift racing, Musandam-Oman Sail et Groupe Edmond de Rothschild naviguaient à vue mais ne réussiront pas à rejoindre les deux bateaux de tête dans des vents évanescents en approche de la ligne.

C’est finalement FONCIA qui s’impose devant Race for Water et Spindrift racing, Musandam Oman Sail prend la quatrième place et Groupe Edmond de Rothschild la cinquième.

Les arrivées étaient de nouveau rapprochées avec moins de six minutes entre les deux premiers et 45 minutes de retard sur le vainqueur pour Groupe Edmond de Rothschild.

Au classement général provisoire, Michel Desjoyaux et ses équipiers sur FONCIA reprennent la tête à Spindrift racing, second, les hommes de Yann Guichard ont six points de retard sur le leader, Groupe Edmond de Rothschild conserve sa troisième place à 30 points de FONCIA, l’écart avec les 4 et 5 ème se réduit pour Sébastien Josse puisque Race for Water n’est qu’à 7 points de la troisième place grâce à sa seconde place sur cette étape et Musandam Oman Sail à 9 points.

Michel Desjoyaux, skipper de FONCIA : « On prend un départ qui nous permet de prendre la tête à la première bouée et nous n’avons quasiment pas lâché le commandement sur ces 213 milles. Y compris dans les phases délicates où nous sommes partis seuls au large en remontant vers les îles Berlengas. Nous avons pu prendre la poudre d’escampette mais la descente au portant vers Sines a été laborieuse. Il a fallu jouer le compromis entre la route directe à terre et le large où il y avait plus de pression. Nous n’avons pas été les plus malins puisque Race for Water est revenu sur nous… Ensuite, ce fut quasiment du match-racing de la bouée de Sines jusqu’à l’arrivée ! C’était court, mais difficile parce qu’il n’y avait pas beaucoup de vent : il faut aussi un peu de réussite ! On s’est bien battu pour gagner le maximum de points : nous étions très déçus de nos résultats sur la Cascais City Race et cela nous remet bien dans le match grâce à cette victoire d’étape, mais aussi aux points bonus du départ. Nous avons repris confiance en nous ce qui est bon avant l’étape vers Marseille… »

Stève Ravussin, skipper de Race for Water : « C’était une course compliquée, du début à la fin ! Hier soir, on s’est fait décroché par Foncia dans un trou de vent et il a pris pas mal de milles d’avance. On a pu revenir un peu en tirant à terre avant les îles Berlengas mais il a fallu se battre toute la nuit. Et quand nous avons recollé en arrivant sur Sines, on a pris un filet de pêcheur dans la dérive : nous avons perdu quelques précieuses minutes qui auraient peut-être changé le cours des choses. Les fichiers météo ne disaient pas du tout les mêmes choses : cela crée du doute et ça a été difficile pour notre navigateur Franck Cammas. Il a réussi une belle stratégie pour la descente sous gennaker ce qui nous a permis de revenir sur Foncia. Et il y a encore eu des pièges sur la route… Il faut un peu de chance dans ce type de conditions. C’est une bonne opération pour nous au classement général : nous n’en sommes qu’à un peu plus de la moitié du tour de l’Europe et nous progressons bien. »

Yann Guichard, skipper de Spindrift racing : « Foncia est  parti seul au large tandis que nous restions à la côte, ils ont fait le trou que nous n’avons jamais pu boucher… Nous terminons très fatigués car ce type de parcours et ces conditions de vent ne permettent pas de se reposer vraiment. Au mieux, les gars somnolaient sur le flotteur au vent… Notre classement aurait pu être pire. On a alterné le bon et le moins bon, avec pas mal d’erreurs dans certaines manœuvres. »

Sébastien Josse, skipper de Groupe Edmond de Rothschild : « L’étape a été dure avec comme prévu des vents très légers et instables. Nous n’avons jamais vraiment été arrêtés mais un ou deux nœuds avec ces bateaux ce n’est quand pas terrible ! Nous étions dans une bonne dynamique d’attaque en quittant la baie de Cascais en deuxième place. Très vite après le départ, au niveau du Cabo de Roca, Michel (Desjoyeaux) a choisi d’aller jouer au large et nous sommes restés à quatre bateaux à batailler plus à terre. Ce petit bord lui a permis d’entrée de prendre l’avantage. Lors du louvoyage vers les Iles Berlengas, Race for Water a fait une attaque à terre et a trouvé un trou de souris pour s’échapper à son tour. Nous avions la même idée mais nous l’avons réalisée un peu plus tardivement que lui. Ce petit décalage a, au final, fait une grosse différence. Dans le petit temps, il y a de l’aléatoire et une part de chance c’est certain. Nous en avons manqué mais il y a aussi des problèmes qui ont été identifiés à bord. La nuit dernière, nous avions un déficit de vitesse par rapport à nos camarades environnants. Un point qui tient essentiellement à l’expérience de ce type de navigation en équipage. Nous devons progresser sur cet aspect. Le résultat est bien sûr décevant mais l’équipage est soudé et a de la ressource. Il reste deux étapes offshore et des City Races à Marseille ; à nous de faire le nécessaire.»

Alinghi remporte l’Open de Versoix II

Le Club Nautique de Versoix a accueilli la sixième manche  du Vulcain Trophy le week-end dernier. Les équipages auront beaucoup patienté lors de ce rendez-vous avec seulement deux manches courues au cours des deux journées de régates.

La manche de samedi a été remporté par Nickel,  devant Veltigroup et Realstone Sailing, si l’équipage du CER est habitué aux podiums, les équipages des deux autres catamarans ont profité de cette unique régate pour démontrer leurs qualités

Fred Moura, skipper de Nickel :  « Ce sont des conditions qui nous conviennent bien. Nous avons un équipage léger et nous réussissons à penser, et à penser plutôt bien jusqu’à 8 nœuds de vent. Ensuite c’est plus difficile, car nous devons beaucoup travaillé physiquement et nous n’avons pas le gabarit nécessaire. Nous avons trois nouveaux équipiers pour cette deuxième partie de saison, et cela risque d’évoluer encore jusqu’au dernier Grand Prix, car nous sommes déjà en train de nous préparer pour l’année prochaine. » 

On notait quelques changements dans les équipages avec Marie Riou qui remplaçait Yann Guichard sur Ladycat, de Dona Bertarelli, celui-ci étant retenu sur son MOD70. Du côté de l’équipe Artemis Racing, on notait le retour de  Terry Hutchinson et Morgan Larson.
Le lendemain, les équipages patientaient jusqu’à 16 heures avant de pouvoir naviguer, dans un vent d’environ 10 noeuds. Le départ est disputé avec trois D35 en avance sur la ligne, De Rham Sotheby’s, Okalys et Veltigroup doivent repasser la ligne et partent donc avec un handicap certain. Zen Too domine cette régate avant d’écoper d’une pénalité au passage de l’avant dernière bouée, ce qui laisse le champ libre à la famille Bertarelli qui s’offre les deux premières places avec Alinghi qui gagne cette manche devant Ladycat. Reastone Sailing prend la 3ème place devant Zen Too.
La réaction du vainqueur du jour et du grand prix :
Ernesto Bertarelli : « Il est toujours difficile d’être triomphaliste quand la victoire se joue sur deux régates seulement. Nous n’avons pas eu de chance avec la météo. En plus, nous sommes 3 bateaux à égalité. Mais au moins, nous avions promis de donner du fil à retordre à l’équipage de Realstone… alors on fait ce qu’on peut pour y arriver ! »
Alinghi remporte donc ce grand prix grâce à sa victoire de manche, à égalité de points avec Nickel et Realstone Sailing, deux et troisième. Au classement général provisoire, Realstone Sailing conserve sa place de leader avec une confortable avance sur Alinghi  et de Rham à égalité de points, Ladycat pointe en quatrième position devant Artemis Racing et Zen Too.
Le prochain rendez-vous aura lieu dans le cadre due Grand Prix Grange & Cie, à Genève pour l’avant-dernière étape du Vulcain Trophy.
Les catamarans monotypes évolueront quelques peu la saison prochaine avec une nouvelle grand voile dont la corne sera allongée d’un mètre environ, ce qui permettra d’augmenter la vitesse au vent arrière, au vent de travers, et au près dans le petit temps, et qui rendra les D35 plus évolutifs.

Thomas Coville établit le temps de référence en solo sur la Méditerranée

Thomas Coville aura traversé la Méditerranée (Marseille-Carthage) en 25 heures 36 minutes 36 secondes à une moyenne de 17,62 noeuds.

Le skipper espérait initialement réaliser cette traversée en une vingtaine d’heures, mais quelques grains au niveau de la Sardaigne et sur l’arrivée en Tunisie l’ont ralenti, ainsi qu’un choc intervenu cette nuit, comme l’explique le skipper : ‘’Je ne sais pas ce que le safran a touché mais j’ai gardé quelque chose qui a ralenti le bateau pendant au moins quatre heures,”

© Gilles Martin-Raget/Sodebo

 

Réaction de Thomas Coville à l’arrivée :

‘’La Méditerranée est toujours plus difficile que l’on s’y attend. Les routages théoriques donnaient de 20 à 22 heures. J’ai traversé en 25 heures, ce qui parait simple mais ce parcours est plein de pièges.

Parmi les grandes difficultés, il faut éviter de chavirer et, cette nuit, il y avait tous les ingrédients pour se retrouver à l’eau au milieu de la Méditerranée. Une mer très hachée se forme avec le mistral. Elle peut surprendre et faire culbuter le bateau par l’avant. J’avais un peu de marge mais cela a quand même été très chaud par deux fois.

Outre mon problème de safran qui m’a fait ralentir (voir news précédentes), je pense que pour gagner du temps, il faut parfaitement négocier la sortie de Marseille en visant comme nous l’avons fait un top départ ni trop tôt ni trop tard, afin de garder une mer maniable. Ensuite, il faut bien gérer la transition sous la Sardaigne où j’ai été pris sous plusieurs grains orageux que ne voient pas les routages. Et enfin, j’ai aussi été pris dans un bon grain en arrivant sur Carthage.

Mon prochain objectif ne sera pas d’améliorer ce chrono mais de nous attaquer cet automne avec Sodebo à la transatlantique entre Cadix (Espagne) et San Salavador (Bahamas), sur la Route de la Découverte de Christophe Colomb.

Là, je vais faire une petite sieste. On va faire demi-tour avec mes deux équipiers qui m’ont rejoint et rentrer sur Marseille. Cela s’annonce un peu à saute-moutons sur les vagues, car c’est comme au ski, une fois descendu, il faut remonter ! Nous arriverons samedi ou dimanche je pense.”

Spindrift racing leader à Cascais

Spindrift racing, mené par Yann Guichard, a franchi la ligne d’arrivée de la 2ème étape de l’European Tour en première position ce mercredi matin à 7h 37’ 36 (heure française), devançant Foncia de Michel Desjoyaux de seulement 45 minutes.

Les arrivées ont de nouveau été groupées, après un très net ralentissement à l’entrée du Tage ; en effet les cinq multicoques filaient la nuit dernière à 30 noeuds le long des côtes portuguaises, avant d’être encalminé à quelques noeuds dans l’embouchure du fleuve. Spindrift racing arrivait à glisser sous gennaker devant ses adversaires.

Musandam-Oman Sail, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild se livraient à un bataille pour le gain des places restantes sur le podium, Michel Desjoyaux et ses hommes arrivaient à passer le trimaran omanais qui se voyait contraint d’effectuer un ultime virement pour passer la ligne. Les trois bateaux passaient la ligne en moins de 11 minutes, alors que Race or Water fermait la marche à 15 minutes du 4ème et à une heure du vainqueur.

© Ricardo Pinto / MOD S.A.

Les écarts restent donc infimes après 975 milles, confortant le choix de la monotypie pour cette classe.

Au classement général provisoire, Spindrift racing prend la tête grâce à cette victoire avec un point d’avance sur Foncia (121 points), Groupe Edmond de Rothschild est troisième avec 106 points devant Musandam Oman Sail (93 points), et Race for Water (90 points).

Les équipages vont désormais s’affronter lors des City Races avant une nouvelle étape le long des côtes portuguaises, les trimarans prendront ensuite la direction de Marseille pour l’étape française de l’European Tour.

Arrivées à Cascais (heure française)

1-Spindrift racing (Yann Guichard) le 12 septembre à 7h 37’ 36 : 2j 15h 37’ 36 à 15,5 nœuds de moyenne

2- FONCIA (Michel Desjoyeaux) à 8h 26’ 49 : 2j 16h 26’ 49

3- Musandam-Oman Sail (Sidney Gavignet) à 8h 33’ 22 : 2j 16h 33’ 22

4- Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) à 8h 37’ 36 : 2j 16h 37’ 36

5- Race for Water (Stève Ravussin) à 8h 53’ 30

Classement du MOD70 European Tour

(Kiel City Race + 1ère étape avec bonus + Dun Laoghaire City Race + 2ème étape avec bonus)

1- Spindrift racing (Yann Guichard) 11+47+12+52 = 122 points

2- FONCIA (Michel Desjoyeaux) 12+53+10+46 = 121 points

3-Groupe Edmond de Rothschild (Sébastien Josse) 10+44+11+41 = 106 points

4- Musandam-Oman Sail (Sidney Gavignet) 9+34+8+42 = 93 points

5– Race for Water (Stève Ravussin) 8+38+9+35 = 90 points

Les réactions des skippers à l’arrivée de la seconde étape

Yann Guichard, Spindrift racing :

« Encore une arrivée sur le fil ! Incroyable : ça s’est resserré encore une fois… Cinquante milles avant l’arrivée, on a réussi s’échapper un peu du peloton et gagner cette deuxième étape qui fut vraiment dure. La première était exigeante physiquement, mais là, on a tiré sur les bonhommes, on a très peu dormi. Avec des conditions extrêmement variées, à l’image de l’arrivée où on passe de trente nœuds à deux nœuds en quelques minutes, à seulement cinq milles de la ligne ! Cela a été comme ça pendant presque toute la manche, des changements d’intensité qui sollicitent le bateau et surtout les hommes : nous n’avons pas arrêté de manœuvrer parce que nous avions un peu les nerfs…

On a fait une superbe première nuit le long des côtes irlandaises et on passe en tête au Fastnet, alors se faire dépasser comme cela nous est arrivé avant le cap Finistère, ça nous a mis la pression. On a saisi notre chance sur la fin trois heures avant le dernier empannage au large de Péniche. Juste avant, FONCIA sous notre vent nous a déposé sur place et quelques heures plus tard, on s’est retrouvé sous son vent ! Et dès que le pointage de minuit et demi est tombé, on a empanné discrètement dans la nuit sans lune pour aller chercher les premiers le vent de Nord que nous espérions plus à terre.

Pas de problème technique à bord, mais physiquement on arrive rincé, épuisé et surtout nerveusement cramé : il y a tout le temps du stress parce qu’on voit en permanence un autre bateau, et il n’y a pas une seconde de répit. Et l’arrivée dans la pétole était le summum : on s’est dit que ça allait se terminer comme la première étape quand on a vu revenir nos concurrents derrière la pointe de Cascais ! On a réussi à tenir avec un peu de chance parce que nous sommes arrivés avec le dernier souffle de la légère brise thermique… »

Michel Desjoyaux, Foncia :

« Un final pointu dont on se serait bien passé ! On finissait à toute allure sur les côtes portugaises à près de trente nœuds de moyenne depuis plusieurs heures et alors que nous nous préparions à changer de voiles pour contourner les deux dernières marques de parcours, le vent s’est complétement cassé la figure… En pleine nuit, on ne savait pas si cela allait durer deux minutes ou deux heures et la brise a tourné dans tous les sens avec du courant de marée contraire. Nos poursuivants ont eu le temps de réagir et nous ont même dépassé. On a finalement réussi à les passer sur des choix de bord pas faciles à prendre ici, à Cascais : avec le jour qui se levait, le vent était mal distribué entre la brise nocturne qui disparaissait et le nouveau vent qui s’installait tout doucement.

Le mal était fait quand Spindrift racing a empanné en premier au milieu de la nuit dernière : nous étions en tête mais on a navigué un peu trop près du vent quand il a réussi à glisser. Il est arrivé par derrière et nous a dépassé : une fois en route directe vers Cascais, il n’y avait plus grand-chose à espérer, si ce n’est un coup de Jarnac sur la ligne.

Le rythme a été soutenu toute l’étape avec de belles pointes de vitesse après une grosse bataille le long de l’Irlande : nous avons dû faire vingt-six virements de bord sous trinquette et un ris dans la grand-voile ! Puis de grands bords vent de travers sous gennaker ou génois dans de la mer pas toujours plate, puis finir à trente… et trois nœuds. C’était mou du genou et on ne s’y attendait pas du tout.

On a galéré avec notre safran central qui s’est relevé, probablement sur un choc avec un objet flottant : le cordage s’est coincé et nous avons mis beaucoup de temps à réparer. Nerveusement, il y a eu des moments incertains : on ne savait vraiment pas comment on allait se sortir de la zone de calmes avec deux bateaux qui s’étaient légèrement échappés (Musandam-Oman Sail et Groupe Edmond de Rothschild). Mais si on a pu sortir en tête de cette pétole, ça n’a pas suffi puisque Spindrift racing s’est échappé : on s’est un peu endormi… »

Sidney Gavignet :

« Tout s’est joué à trois cents mètres de la ligne d’arrivée… Et je crois que se sera souvent le cas puisque nous arrivons à chaque fois tout près des côtes. Aller bien dans le petit temps comme Foncia, c’est un bon atout. Leur équipage a compris comment faire marcher un MOD70 dans la pétole : cela leur a servi la nuit dernière et sur cette arrivée. Mais nous sommes contents parce que nous avons appris encore et encore : on comble une partie de notre déficit au fil des manches.

On s’était bien décalé dans l’Ouest mardi après-midi pour avoir un meilleur angle pour le dernier sprint vers Cascais, mais tout le monde attendait dix nœuds de secteur Nord et il y a eu vingt nœuds ! Et en étant à l’extérieur du virage, on a eu un peu moins de vent que les autres quand la brise est rentrée. On s’est un peu trompé, mais ce n’était évident pour personne : il n’y a pas de regrets à avoir. Nous ne sommes pas encore aussi à l’aise dans le petit temps que les deux leaders : cela nous fait douter parfois et ce n’est pas bon.

C’était une belle étape, en particulier le long des côtes irlandaises, même si nous avons un peu moins bien négocié l’atterrissage sur le Fastnet. Nous avons trouvé la vitesse au près dans la brise.

On gagne tout de même une place au classement général : il y a de quoi remonter du terrain. Mais nous faisons encore trop de « boulettes », or la monotypie ne pardonne pas les erreurs si petites soient-elles ! Nous ne sommes pas encore au niveau pour les City Race mais nous avons eu aussi des « tuiles » avec notre équipage (malade, blessé). Mais c’est en voie d’amélioration au fil des manches : les deux leaders sont un cran au-dessus, mais le delta se réduit… »

Stève Ravussin :

« C’est forcément décevant d’être cinquième sur cinq ! Mais c’est un petit manque de qualités de notre équipe parce que nous n’avons pas encore assez de rigueur suisse. En fait, on perd une bonne heure avant le Fastnet avec notre histoire de hook qui ne marchait plus quand nous voulions renvoyer la toile. Avec des monotypes et des équipages de ce niveau, il n’y a pas le droit à l’erreur… On a tout de même réussi à revenir au contact le long des côtes du Portugal et nous avons essayé une option qui n’a pas marché : c’était trop tôt. Mais quand on est leader, on prend certaines décisions qui ne sont pas les mêmes que celles des poursuivants, a fortiori celles du dernier. Le but est de gagner, pas de terminer quatrième… Cela n’a pas payé. Tant pis.

Après le départ de Dun Laoghaire, on avait creusé l’écart avec une bonne vitesse au près dans la brise. Notre navigateur Franck Cammas avait bien négocié ce début d’étape. Mais on a aussi des progrès à faire au niveau manœuvres : nous n’avons pas eu autant de temps pour nous entraîner que les autres teams. On voit tout de même que ces MOD70 vont très vite : en moins de six jours, nous avons fait Kiel-Dun Laoghaire-Cascais ! Ce sont vraiment de belles régates. »

Départ de record de la Méditerranée pour Thomas Coville

Le skipper du maxi trimaran Sodebo a largué les amarres cette après midi et à pris le départ du record de la Méditerranée entre Marseille et Carthage à 14h48’36 » dans un vent soutenu qui va forcir durant la nuit, Thomas Coville a franchi la ligne de départ avec deux ris dans la grand voile et le Solent à l’avant.

©Gilles Martin-Raget/Sodebo

Les conditions sont donc musclées pour ce record en solo avec une mer hachée sous l’influence du fort mistral. Pour battre le record, le skipper devra parcourir les 458 milles qui le sépare de la Tunisie en une vingtaine d’heures afin d’établir un temps de référence en multicoque et en solitaire.

Thomas Coville avant le départ :
« Ce matin, je sentais monter la petite pression liée au fait de repartir en solo, c’est bon signe. Cela fait un peu plus d’un an que je n’ai pas mené seul Sodebo. J’ai beaucoup navigué ces derniers temps mais en équipage. L’exercice du solitaire n’est pas anodin et j’ai envie d’y aller.

En me réveillant à l’Estaque ce matin, j’avais une vue superbe sur la rade où il n’y avait pas de vent. Cela aurait pu faire douter certains mais c’est déjà en train de s’installer, on sent déjà les bouffes qui descendent de la montagne derrière nous.

J’ai toujours pris la Méditerranée très au sérieux, c’est une mer que je ne connais peu. Cela s’est révélé être une épreuve à chaque fois et j’ai toujours ressenti ce besoin d’être sur mes gardes. Ce run va être musclé et sportif. Dès le départ, il faut avoir une bonne trajectoire dans le bon tempo au portant avec la mer qui se forme. Plus on s’écarte de la terre, plus ça rentre fort. L’idéal serait de faire le bon choix de voile d’avant tout de suite pour ne pas avoir à la changer pendant la traversée parce que c’est de l’énergie mais surtout du temps perdu.

Ce qui l’emporte, c’est vraiment le plaisir de revenir sur mon bateau et de repartir à la conquête de ces records et de cette aventure qui ne me lâche jamais avec Sodebo. Il n’y a pas beaucoup de bateaux à voiles sur la planète qui ont la capacité de traversée la Méditerranée en une journée. On est dans le temps des ferries par contre je n’emmène personne à bord et je ne consomme pas non plus de gasoil. Demain, on sera en Tunisie, c’est aussi le côté voyage et décalé de ces records.

Plus on navigue et plus l’expérience sert à être vigilent et humble. Sauter d’un bateau à l’autre permet d’aiguiser son sens marin, de garder toujours le niveau technique et sportif. Si je n’avais pas navigué depuis six mois, ce serait comme un cycliste ou un coureur, j’aurais perdu mes sensations et là, j’aurais beau avoir passé je sais pas combien de fois le Cap Horn, je ne serais pas au meilleur de moi-même pour autant. »

Spindrift racing mène le peloton

La flotte des MOD70 a repris la mer hier en direction de Cascais , la première nuit a été musclée avec du près pour la descente le long de la côte est de l’Irlande. Race for Water, qui avait pris un bon départ a connu quelques problèmes la nuit dernière avec la rupture du système d’ouverture du blocage de la grand-voile obligeant le numéro 1 du bord a une escape en tête de mât pour le remplacer, reléguant le bateau suisse à 8 milles.

Spindrift racing profitait de cette avarie pour prendre la tête de la flotte durant la nuit et mène toujours ce soir, Yann Guichard et ses hommes ont enroulé la marque du Fastnet  avec cinq milles d’avance ce matin devant  Musandam-Oman Sail.

L’équipage omanais choisissaient de se décaler à l’ouest, suivi quelques heures plus tard par Groupe Edmond de Rothschild, les trois autres équipages : Spindrift racing, Foncia et Race for Water ont choisi une route plus à l’est.

Les partisans de l’Ouest espèrent s’écarter d’un front qui va laisser la place à une dorsale atlantique, ce qui obligera les équipages  à basculer de l’autre côté de cette dorsale pour toucher de nouveau une brise de secteur Est. L’arrivée au Portugal devrait se faire dans des vents faibles et portants le long du Portugal, ce qui pourrait de nouveau créer un regroupement au large de Cascais.

Les messages des skippers ce jour :

Michel Desjoyaux sur Foncia : « Cet après-midi, on a tapé quelque chose avec le safran central et le fusible a donc rempli son office : le safran s’est relevé. On essayé à plusieurs reprises de le remettre à sa place, mais pour ça il faut ralentir, mais comme on avait Gitana juste dernière nous, au bout de trois tentatives infructueuses, le safran refusant de descendre bien à sa place et de se verrouiller, on a remis en route sans safran central. Le vent était de 25 nœuds et la mer bien formée, et le safran de flotteur remplissait son rôle seul, comme quand la coque centrale décolle fort, ce qui, somme toute, arrive souvent. Quand le vent a molli, on a été vérifié l’état du boitier de safran, et on s’est rendu compte que le cordage de descente était coincé à un endroit qui ne lui était pas destiné… On a été obligé de le couper sur place, n’arrivant pas à le dégager, suspendu dans un baudrier au dessus de l’eau, contre le tableau arrière, le tout à 20 nœuds dans les vagues… On a repassé un cordage sur le bon circuit, et le safran a retrouvé son élément, et avec la mer qu’il y a, c’est mieux ainsi pour le contrôle de trajectoire du véhicule… »

© Mark Lloyd / MOD S.A.

Yann Eliès sur Spindrift racing « On a passé le Fastnet en début de matinée au près et depuis, on a continué au près sur l’autre bord : nous venons tout juste d’ouvrir un peu les écoutes à une vingtaine de nœuds. Le front n’est en fait toujours pas passé puisque nous sommes à une soixantaine de degrés du vent et cela ne devrait franchement basculer au Nord-Ouest qu’en milieu d’après-midi : on pourra hisser le gennaker et naviguer dans des conditions plus confortables que ces dernières 24h qui ont été assez rock’and roll. La mer commence à bien se calmer : on sent qu’on approche du thalweg et que le vent est plus faible devant. Ça n’a plus rien à voir avec ce que nous avons connu le long des côtes irlandaises où ça tapait beaucoup, mais le MOD70 passe vraiment bien dans la mer. On a vu une silhouette derrière nous dans le ciel gris qu’il y avait encore ce matin : maintenant, le soleil commence à poindre et on va pouvoir reprendre le rythme des quarts. J’ai pu enlever mon ciré ce midi et sécher un peu : on va se reposer un peu… »