Ce matin, le MOD70 N°03a été mis à l’eau à Lorient. Il porte les couleurs de Foncia, son skipper Michel Desjoyeaux revient donc sur multicoque avec ce nouveau trimaran monotype après de nombreux succès en ORMA.
Après différents tests de structures, le skipper et son équipe convoieront le bateau à Port la Forêt qui sera le port d’attache du trimaran.
Michel Desjoyeaux : «Entre les deux baies (ndlr : Lorient et Concarneau), c’est une heure de navigation à 25 nœuds de moyenne. Donc, on ne va pas se priver… J’ai toujours dit que les multicoques sont les plus belles machines de course au large. Je me suis concentré un temps sur un autre objectif, le Vendée Globe 2008-2009, mais j’avais toujours ancré cette passion du multicoque… La création du circuit des MOD70 a été plus qu’une opportunité, puisque nous avons été, avec Foncia, un des premiers à annoncer notre intention d’y participer. Ce sont des machines fabuleuses. Se battre à armes réellement égales est quand même très satisfaisant sur un plan strictement sportif. Ça donne plus d’importance aux marins, on replace l’homme au cœur de l’action. La différence se fera sur l’utilisation de la machine. »
Franck David : « Chacune des mises à l’eau est un moment particulier qui marque la fin d’un chantier pour notre équipe et le début de l’aventure pour le team qui reçoit son MOD70 et pour lequel l’aventure va démarrer sur l’eau. Aujourd’hui, c’est autour de Foncia, le MOD70 N°03. Nous souhaitons à Michel Desjoyeaux et à toute son équipe une bonne prise en mains de leur trimaran et beaucoup de plaisir sur l’eau ! Ca ne serait tardé d’ailleurs puisque dans un mois et demi, lors des Krys Match, nous aurons le loisir de voir les trois premiers MOD70 évoluer ensemble aux côtés de Sébastien Josse et de son équipage qui réceptionneront leur MOD70 N°04, Groupe Edmond de Rothschild, quelques semaines plus tard. »
Le sponsor et le skipper du MOD n°5 devraient être dévoilés bientôt, il s’agirait à priori d’un projet anglo-saxon. En ce qui concerne le projet de Morocco United, dévoilé en avril 2011, celui-ci semble abandonné, en effet, l’armateur et Marco Siméoni, président de Multi One Design avaient signé un contrat pour le MOD 6, mais celui-ci vient d’être vendu à Oman Sail.
Oman Sail a annoncé son engagement dans la série des trimarans océaniques monotypes MOD 70 aujourd’hui, au cours d’une conférence de presse. Sidney Gavignet a été désigné comme futur skipper du trimaran aux couleurs de l’émirat. L’équipe recevra le MOD70 N°06 qui sera mis à l’eau en avril 2012.
Oman Sail est déjà présent depuis plusieurs années dans l’univers des courses à la voile au travers du circuit Extrême 40, ainsi qu’en maxi multicoque avec l’engagement d’Oman Air (trimaran de 105′) sur la dernière Route du Rhum.
David Graham, PDG d’Oman Sail « Grâce au MOD70, le projet Oman Sail va rentrer dans une nouvelle ère. C’est un bateau très puissant et son équipage devra être capable de se confronter aux meilleurs marins du monde. Il sera déterminant pour nous de recruter les bonnes personnes pour ce projet et je sais qu’au sein du Sultanat nous avons un certain nombre de très bons marins qui mériteront leur place à bord et rendront fier Oman. C’est un projet charismatique qui va permettre à nos meilleurs marins de se confronter aux autres et de développer leurs compétences en voiles afin de donner envie à la nouvelle génération d’Omani de faire de la voile à son tour »
Marco Simeoni, Président de MOD SA: « Cet engagement d’Oman Sail va dans le sens que nous nous sommes toujours efforcés de suivre : créer et développer une classe et un circuit international. Nous comptons aujourd’hui trois équipes françaises – Veolia Environnement, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild –une équipe suisse Race for Water et un team Omani Oman Sail. Dans les semaines à venir, un autre team nous rejoindra officiellement. En résumé pour la première course du circuit, à savoir la KRYS OCEAN RACE en juillet 2012, nous aurons une flotte internationale avec aux manettes de nos MOD70 des skippers de renom et surtout de talent. Le circuit se construit pas à pas, sur des bases que nous espérons solides et valorisantes pour chacun. »
La mise à l’eau du MOD70 N°06 Oman Sail prévue en avril 2012 permettra à l’équipage mené par Sidney Gavignet de participer trois mois plus tard à la KRYS OCEAN RACE première course officielle du circuit MOD70.
L’équipage du maxi trimaran Banque Populaire V s’est imposé sur la Fastnet Race, en bouclant les 608 milles du parcours aller-retour entre le Solent et le phare irlandais en 32 heures 48 minutes et 46 secondes, Loïck Peyron et ses hommes battant le record déjà détenu par Loïck Peyron depuis 1999 sur le 60′ ORMA Fujicolor.
L’équipage a réussi à tenir ses trois adversaires directs ( Gitana 11 et les deux MOD 70) dans le tableau arrière du trimaran de 40m, cette édition de la célèbre course du RORC s’est couru dans des conditions relativement clémentes pour ces multicoques : Loick Peyron : « Nous sommes partis avec du très beau temps ce qui nous a permis de faire un beau départ dans le Solent. Nous avons eu beaucoup de près pour dérouler la première partie du parcours. Des conditions très anglaises, avec assez peu de vent. Et puis heureusement, en virant une nouvelle fois le Fastnet – un joli phare que nous croisons décidément beaucoup ces derniers temps – nous avons enfin eu 30 nœuds de vent pour redescendre vers la ligne d’arrivée ».
Loïck Peyron et ses hommes auront eu affaire à un concurrent de taille sur cette course, avec Gitana 11 qui a tenu le rythme sur une bonne moitié du parcours et qui ne termine qu’à une heure du vainqueur : « Nous avions déjà vu que notre concurrent direct, Gitana 11, allait bien, à l’occasion du Record SNSM. Une fois encore, ils n’ont pas été loin de nous, à nos fesses même. Cela nous a forcé à tenter des choses que nous n’aurions sans doute pas faites sans cette motivation. Nous avons vraiment régaté et ça nous a appris beaucoup de choses sur le bateau » .
Sébastien Josse et son équipage sur Gitana 11 ont donc peaufiné leur préparation à l’arrivée du MOD 70, aux couleurs de l’armement Rotshchild, d’une belle manière sur cette Fasnet en ne terminant qu’à environ une heure du nouveau détenteur du record de l’épreuve et une vingtaine de minutes avant les deux MOD 70 en lice. Le maxi-trimaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild a parcouru les 608 milles théoriques du parcours en 33 heures 44 minutes et 36 secondes.
Sébastien Josse, skipper de Gitana 11 : « Nous avions déjà couru contre eux lors du record SNSM mais ils s’étaient rapidement échappé après le départ. Sur cette course, c’est assez incroyable car nous avons fait plus de la moitié de la régate au contact voire à vue par certains moments, notamment lors du passage du célèbre phare irlandais. Gitana 11 est puissant mais également très polyvalent, ce qui lui permet de garder une belle vitesse et de l’aisance dans les petits airs. C’est un beau bateau et il vient une nouvelle fois de le démontrer. C’est extrêmement stimulant d’être au contact, cela force à être appliqué. Contrairement à nos précédentes courses de la saison, où nous n’avions pas vraiment de concurrents de notre taille, la Rolex Fastnet Race était une première confrontation avec des voiliers proches du potentiel de Gitana 11. C’est bien plus facile de quantifier la performance du bateau et de l’équipage dans cette configuration là. Sur cette course, nous avons su exploiter le potentiel de Gitana 11 à 100 %. L’apprentissage est sur la bonne voie …»
Sébastien Josse revient sur les conditions météos et la confrontation avec Banque Populaire 5 : « Nous avons eu des conditions très maniables tout au long de la course. La sortie du Solent, ainsi que toute notre montée vers le rocher du Fastnet, s’est essentiellement faite au près avec un vent d’une quinzaine de nœuds et une mer relativement plate ; exception faite de notre premier passage à l’Ouest des îles Scilly où il y a eu quelques heures peu confortables dans une mer dure. Par contre, pour la descente entre la pointe Sud de l’Irlande et la pointe Ouest anglaise le vent a tourné et nous avons pu un peu ouvrir les voiles avec du reaching serré. Banque Populaire a profité de ces conditions pour faire parler ses 20 mètres supplémentaires et allonger la foulée. Puis, la fin de course le long des côtes sud anglaises a été marquée par de la glisse sous gennaker dans des vents faiblissants. Mais tous les bateaux de tête n’ont pas subi le même sort car le vent est rentré par le large et du coup nos poursuivants en ont profité pour recoller à notre tableau arrière dans les derniers milles, tout comme nous en avons profité pour revenir sur Banque Populaire sur la fin.»
Les deux MOD70 menés par Roland Jourdain et Stève Ravussin se sont lancés dès le départ dans un véritable match-race, les deux trimarans ayant navigué sur une grande partie des 608 milles à vue.
Stève Ravussin et son équipage dont faisaient parti Dee Caffari et Pascal Bidégorry avaient mal entamer la course, en prenant un départ anticipé les obligeant à repasser la ligne, malgré tout l’équipage de Race for Water revenait au contact avant la sortie du solent.
Les deux équipages ne se départageront que sur les derniers milles, avec Veolia Environnement qui coupera la ligne 3 minutes et 23 secondes avant Race for Water après les 608 milles du parcours, ce qui promet de belles luttes pour les futures courses de la classe MOD 70
Stève Ravussin : «Ça a été une course formidable! Nous avons été au contact avec Veolia tout le temps. Quelquefois devant, quelquefois derrière. Vraiment intéressant. Et nous y sommes allés à fond tout le temps ! A la fin, c’est le meilleur qui a gagné. La classe MOD70 est une vraie monotypie: c’est l’homme qui fait la différence. Nous n’avons aucune excuse, ils ont juste été meilleurs que nous!»
Marco Simeoni , Président de Multi One Design et co-fondateur de la classe MOD70 avec Franck David et Stève Ravussin: «Je suis vraiment heureux de ce résultat. Les deux bateaux ont fait une course fantastique… Moins de 4 minutes entre les bateaux à l’arrivée après plus de 600 miles de course… Imaginez le spectacle l’année prochaine avec les 6 bateaux concourant dans la Krys Ocean Race et les 7 unités partant sur le European Tour en septembre 2012. Et nous prévoyons 12 bateaux pour l’Ocean World Tour. C’est un concept one-design unique pour un si grand multicoque océanique. Je me réjouis beaucoup de voir la flotte grandir très prochainement!»
Sébastien Josse, futur skipper du MOD n°4 qui sera mis à l’eau en avril 201 : « Tout en naviguant, j’ai toujours garder un œil sur la route des deux MOD 70. Sur le papier, les MOD et Gitana 11 sont assez proches en termes de performance. C’est une satisfaction de voir que les bateaux tiennent la cadence. Et c’est assez génial de voir des équipages arriver à quatre minutes d’intervalle après plus de 600 milles de course. Cela promet vraiment de belles bagarres, où l’équipage prendra toute sa dimension… J’ai hâte mais pour l’instant c’est une chance de pouvoir avoir cette position d’observateur avant de devenir l’un des acteurs de cette nouvelle classe de bateaux» confiait Sébastien Josse.
Rolanc Jourdain, skipper du MOD n°2 « On est toujours resté au contact avec Race for Water et on peut dire qu’il y a eu pas mal de changements aux avant-postes. C’était chaud. Nous sommes d’abord partis en tête après une belle sortie du Solent puis ils nous ont rejoints le long des côtes anglaises. Le spectacle était même hallucinant aux Scilly car nous étions tous les deux à plus de 25 nœuds, à deux longueurs à peine l’un de l’autre, au ras du phare de Bishop. C’est une super entrée en matière pour nous mais pour un match amical, nous étions déjà dans du haut niveau ! Je pense qu’aucun des deux bateaux ne voulaient lâcher et ça promet pour la suite !!! On peut en tout cas déjà dire que l’objectif est atteint parce que c’est vraiment de la monotypie, de ce côté-là, il n’y a pas de problème, le moindre petit relâchement ou problème se paie cash ! »
Il était environ 15 heures à New York hier après-midi quand le grand trimaran IDEC II, au louvoyage au plus près des rives de l’Hudson est entré en collision avec une bouée de chenal. Les orages violents accompagnés de pluies diluviennes accompagnaient Francis Joyon depuis son départ de la marina de Gateway à Brooklyn. Sans assistance, le détenteur du tour du monde à la voile en solitaire était seul parvenu à sortir de la marina en utilisant la propulsion de son moteur in board. Record et performance obligent, il lui fallait ensuite démonter son arbre d’hélice avant la ligne de départ située à hauteur de la bouée d’Ambrose au large de l’embouchure de l’Hudson. Joyon choisissait donc de s’amarrer sur un corps mort et de procéder au démontage sous l’eau de son hélice. Après plus d’une dizaine de plongeons dans les eaux noires et froides de l’Hudson, le skipper d’IDEC parvenait à ses fins et se déhalait sous voile pour rejoindre la zone de départ. Le vent attendu au secteur sud était alors et contre toute attente franchement orienté à l’est. Après quelques échanges avec Jean-Yves Bernot, routeur-navigateur depuis la terre, Francis comprenait que la dépression attendue, loin de s’évacuer vers l’est, stagnait sur New-York, compromettant radicalement cette tentative de départ.
Alors qu’il s’apprêtait à faire demi-tour, Francis Joyon, au près sur un clapot virulent et sous des trombes d’eau, ne pouvait éviter une des bouées métalliques qui balisent le chenal de l’Hudson. Les carénages des bras de liaison avant et arrière entre la coque centrale et le flotteur bâbord étaient endommagés, nécessitant un travail de stratification. Mais afin de rejoindre la marina de Brooklyn, il fallait préalablement remettre en place sous le bateau l’arbre d’hélice si laborieusement démonté deux heures plus tôt. Francis allait alors se livrer à une manoeuvre difficile. Saisissant un bout, toutes voiles affalées, il laissait glisser le géant IDEC sur son erre cap sur la même bouée d’amarrage préalablement utilisée. Arrivé à la hauteur du corps mort, dans les conditions de vent, de pluie et de mer dantesques, Francis se jetait à l’eau, agrippait le corps mort et immobilisait son multicoque ! il pouvait ensuite réitérer la pénible opération de remontage de son hélice, avant de rejoindre, déçu et harassé, en fin d’après-midi la marina de Brooklyn.
Le plus urgent est dès aujourd’hui de remettre le voilier en état. Christophe Houdet, fidèle compagnon de Francis, qui a présidé en 2007 à la construction du bateau, arrive à New-York chargé des tissus et matériels nécessaires. Au terme de deux jours de travail, le maxi-trimaran IDEC sera de nouveau pleinement opérationnel. La plus grande incertitude plane désormais sur la faisabilité de cette tentative de record. Jean-Yves Bernot observe une nouvelle « fenêtre » potentielle d’ici environ trois jours.
Emirates Team New Zealand a brillamment remporté l’ultime régate en flotte hier à Cascais et s’adjuge l’America’s Cup World Series Cascais.
ORACLE Racing Spithill prenait le meilleur départ et contrôlait ETNZ sur les deux premiers bords, les deux catamarans étaient suivis de près par Oracle Racing Coutts, Aleph, barré par Bertrand Pacé et Artemis Racing.
Dean Barker revenait sur James Spithill sur le second portant. Spithill part sur la gauche du plan d’eau alors que les néo-zélandais vont chercher de la pression au centre, ce qui leur permet de passer Oracle Racing Spithill sous le vent, ils ne leur reste alors plus qu’à contrôler leur adversaire direct pour remporter cette manche. Artemis Racing profite de cette bataille pour la 1ère place pour refaire son retard et s’intercale à la dernière bouée devant James Spithill, Terry Hutchinson et son équipage coiffent Oracle Racing au poteau et terminent 2nd, le podium est complété par Oracle Racing Spithill, Russell Coutts prend la 4e place.
La surprise dans la seconde moitié de tableau est venue de Green Comm qui prend une belle 5ème place, alors que l’équipe espagnole était plutôt habituée aux dernières places durant cette semaine de régates.
Aleph qui a tenu bon sur les deux premiers bords lâchera peu à peu du terrain et termine finalement à la sixième place après une belle bataille à la dernière bouée. Le résultat était plus contrasté du côté d’Energy Team, barré pour cette dernière régate par Yann Guichard, qui remplaçait Loick Peyron, parti courir le Fastnet sur Banque Populaire 5 ; en effet le manque d »expérience du skipper sur ce support s’est fait sentir dès le départ, assez prudent, les hommes de Yann Guichard batailleront malgré tout pour revenir sur leurs concurrents, ils prennent la huitième place.
Classement de cette America’s Cup World Series Cascais 1. Emirates Team New Zealand (NZ) – 10 points
2. Artemis Racing (SWE) – 9 points
3. Oracle Racing Spithill (USA) –8 points
4. Oracle Racing Coutts (USA) – 7 points
5. Green Comm Racing (ESP) – 6 points
6. Aleph (FRA) – 5 points
7. Team Korea (KOR) – 4 points
8.Energy Team (FRA) – 3 points
9. China Team (CHN) – 3 points
Réactions du jour
Dean Barker, skipper/barreur, Emirates Team News (NZL)
« C’est vraiment fantastique pour nous. La régate fut très difficile de bout en bout. La brise ne s’est jamais vraiment établie et il y avait de grands trous de vent sur le plan d’eau. Il fallait être toujours au bon endroit au bon moment. »
Le bilan de la semaine : « Nous étions très frustrés après la journée d’hier, nous avions commis beaucoup d’erreurs mais nous avons su rebondir. Nous sommes satisfaits de ce que nous avons fait à Cascais. Il nous reste encore deux ans et beaucoup de travail nous attend. »
Terry Hutchinson, skipper/barreur, Artemis Racing (SUE)
« Nous avons été consistants, gagnant du terrain à chaque bord. L’équipage a fait un job incroyable aujourd’hui et c’est aussi bien d’avoir des bords qui durent plus longtemps et permettent de mieux utiliser la vitesse du bateau. C’est sûrement notre meilleure manche de tout le championnat. »
Bertrand Pacé, skipper/barreur aujourd’hui, Aleph (FRA) « Cela fait vraiment plaisir après la frustration de notre succession de mauvaises manches. Là, sur une régate plus longue, nous avons tenu le coup en vitesse, en tactique et en manœuvre. Nous avons taillé un peu gennaker la nuit dernière, cela a un peu amélioré les choses mais il va falloir encore travailler. J’avais la trouille en début d’après-midi quand il y avait 25 nœuds. J’ai dit aux gars « quoi qu’il arrive, on y va à fond et on ne se pause pas trop de questions ». Mais le vent a vraiment molli, il fallait jouer les bascules, la droite était bonne mais pas jusqu’au bout, c’était une belle régate. Je suis bluffé par le bateau. Tu peux changer ta manière de régater selon l’adversaire que tu as à tes côtés, tu peux faire du cap, abattre, accélérer, il répond dans l’instant, c’est vraiment un bateau fabuleux. Il est sûr que nous serons à Plymouth. Nous sommes sur la bonne voie, ce n’est pas facile mais nous avançons. »
Larry Ellison, CEO, ORACLE Racing (USA)
« Ces bateaux sont les plus excitants à bord desquels j’ai jamais régaté. Ils sont vraiment très rapides, vous prenez une risée, une bascule et vous pouvez passer. Ce n’est pas seulement : gagner le départ et gagner la course. Félicitations à Dean Barker et Terry Hutchinson, premier et second devant nous aujourd’hui. Cascais a été un site superbe pour ces régates, nous regardons maintenant vers Plymouth et nous espérons aussi d’autres lieux comme Auckland, San Francisco. C’est un circuit international avec les meilleurs marins à bord des bateaux les plus rapides. Nous souhaitons montrer les AC45 et cette technologie dans le monde entier. »
Vasilij Zbogar, skipper/barreur, Green Comm Racing (ESP)
« Superbe journée pour notre équipe. Nous sommes les derniers arrivés ici mais nous avons progressé tous les jours, 9e, 8e,7e, 6e et maintenant 5e…Aujourd’hui l’esprit d’équipe à bord s’est renforcé comme jamais. Nous nous sommes battus jusqu’au bout et notre équipe a le potentiel pour gagner. »
Yann Guichard, barreur, Energy Team (FRA) :
« C’était difficile pour moi, tout était nouveau, le format, le bateau, le départ au reaching. Cela faisait beaucoup d’informations à intégrer en peu de temps. J’ai eu du mal à sortir la tête du bateau, à regarder notre positionnement et celui des concurrents. On se fait un peu décrocher dès le départ. On se fait couvrir par le paquet et les quatre premiers s’envolent. Ce qui a été dur pour moi c’est de gérer la box, car on est souvent tenté d’aller plus loin chercher la risée, mais tu es obligé de virer. »
Le prochain rendez-vous pour ces équipes sera les America’s Cup World Series Plymouth du 10 au 18 septembre.
Francis Joyon a découvert une fissure sur le bras de liaison avant de son trimaran Idec lors de la remontée du chenal qui le menait vers la ligne de départ du record de l’Atlantique Nord.
Le skipper pense qu’il a heurté une bouée du chenal, il a donc fait demi-tour vers la marina de Gateway, où il effectuera le travail de stratification, à priori seul, avant d’envisager une nouvelle tentative.
La célèbre Fastnet Race a été lancée ce midi pour les multicoques, les quatre plus grosses unités françaises ont pris les devants et devraient se disputer la victoire en temps réel. Le grand favori est le trimaran Banque Populaire V, skippé par Loick Peyron, tout juste arrivé de Cascais où il barrait l’AC 45 d’Energy Team. Le trimaran de 40m a pris la tête de la course dès la ligne de départ, dans un vent d’une quinzaine de noeuds.
Gitana 11, l’ancien 60′ ORMA allongé à 77′ tient le rythme du maxi trimaran avec 0.5 milles de retard à 17h30, Sébastien Josse et son équipage sur le trimaran de l’armement Rothschild devancent les deux MOD 70 Véolia et Race for Water, avantage pour l’instant à Véolia de Roland Jourdain qui précède Race for Water de 0.2 mille.
B.STICHELBAUT/BPCE
Les skippers, avant le départ :
Roland Jourdain, skipper du MOD70 N°02, Veolia Environnement : « Il n’y a pas la pression d’un championnat, en revanche, chaque mille couru en course est important pour connaître le bateau. C’est aussi toujours important pour le team de se mettre en configuration course parce que c’est notre métier d’abord et que cela nous donne une dead line en tête pour mettre tout le « cirque Pinder » en route. Il ne faut donc pas rater le rendez-vous car cela nous permettra aussi – j’en suis sûr – d’en tirer plein de bonnes choses et d’enseignements pour le futur de la classe. »
Stève Ravussin, skipper du MOD70 N°01, Race for Water «C’est une course fantastique et un format de compétition qui me plaît. C’est une sorte de marathon rapide, presque un sprint océanique, qui requiert de très bonnes compétences en navigation, mais aussi une tactique intelligente. Elle nous offre aussi une bonne dose d’adrénaline ! Ce sera également un grand moment pour notre classe, puisque ce sera la première course entre deux MOD70. Je me réjouis de courir contre Veolia Environnement ! »
Loick Peyron, skipper de Banque Populaire 5 : » Le départ se fait dans le Sacro Saint Solent, ça se passe dans la Mecque du yachting. Il va y avoir énormément de monde et forcément ça n’a rien de simple pour des machines comme Banque Populaire V. Les multicoques devraient partir en premiers, mais ça n’exclura pas les risques liés au nombre d’inscrits. Il va nous falloir être extrêmement vigilants et ce sera peut-être un peu compliqué de sortir de ce Solent et de négocier les difficultés qui vont très vite se présenter à nous comme les bancs de sable par exemple « .
Après 30 manches courues, l’équipage de The Wave, Muscat s’est imposé à Cowes pour la cinquième étape des Extreme Sailing Series. Leigh McMillan, skipper du bateau omanais et local de l’épreuve a réussi à contrer les attaques de Luna Rossa et d’Alinghi qui luttaient pour la victoire dans les eaux du solent.
Ce grand prix ne sera pas un bon souvenir pour l’équipage français de Groupe Edmond de Rothschild, les hommes de Pierre Pennec terminent 8ème de cette étape, après deux collisions, la 1ère contre Artemis , puis une seconde lors du dernier jour les oligeant à abandonner pour les cinq dernières manches.
Pierre Pennec : « Aujourd’hui, c’est le travail de toute une équipe, autant à terre que mon équipage en mer, qui est anéantie pour une décision qui se prend en quelques secondes. Mon choix de route suite à notre départ bâbord dans la quatrième manche du jour est très lourd de conséquence. Ce matin, nous nous battions encore pour une place sur le podium et pour reprendre la tête du classement annuel, et ce soir la déception est forcément là. Il va nous falloir analyser les erreurs commises ici pour repartir sur de bonnes bases dès la mi-septembre car la saison n’est pas finie.»
Au classement général, Emirates Team New Zealand conserve la tête du classement général. Grâce à leur deuxième place à Cowes, Luna Rossa prend la seconde position avec trois points d’avance sur Groupe Edmond de Rothschild (3ème avec 40 points). Artemis Racing, dernier de l’étape anglaise et The Wave, Muscat sont désormais ex aequo avec 38 points en 4 et 5ème position.
Tanguy Cariou et son équipe terminent 3ème, le meilleur résultat d’Alinghi depuis le début de saison : « On est très content de notre résultat car depuis le début de saison nous avions un peu de mal à concrétiser et être constant sur 5 jours. Alors qu’ici sur l’événement le plus long et dans des conditions difficiles on termine 3ème. C’est le 5ème événement de la saison et il y a eu 5 vainqueurs donc on sait que tout est possible. On peut donc s’attendre à une deuxième partie de saison pleine de surprises. »
Classement du Grand Prix de Cowes après six jours de compétition 1. The Wave, Muscat (OMA) – 236 points
2. Luna Rossa (ITA) – 228,8 points
3. Alinghi (SUI) – 214 points
4. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 188 points
5. Oman Air (OMA) – 179 points
6. Team GAC Pindar (GBR) – 160 points
7. Emirates Team New Zealand (NZ) – 139 points 8. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 135 points 9. Niceforyou (ITA) – 132 points
10. Aberdeen Asset Management (UK) – 126 points
11. Team Extreme (EUR) – 71 points
12. Artemis Racing (SWE) – 23 points
Classement de l’Extreme Sailing Series 2011 après cinq Grands Prix 1. Emirates Team New Zealand (NZ) – 44 points
2. Luna Rossa (ITA) – 43 points 3. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 40 points 4. The Wave, Muscat (OMA) – 38 points
5. Artemis Racing (SWE) – 38 points
6. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 36 points
7. Alinghi (SUI) – 33 points
8. Oman Air (OMA) – 22 points
9. Team GAC Pindar (GBR) – 13 points
10. Niceforyou (ITA) – 12 points
11. Team Extreme (EUR) – 11 points
Francis Joyon est arrivé la nuit dernière à New-York, il quittera la marina de Gateway à Brooklyn ddans la nuit de dimanche à lundi, pour unpassage de ligne prévu entre deux et six heures du matin lundi.
Le temps à battre pour cette traversée de l’Atlantique Nord (New York-Cap Lizard) en solitaire est de 5 jours, 19 heures, 29 minutes et 20 secondes, ce record appartient à Thomas Coville, qui le détient depuis juillet 2008, sur Sodeb’O.
Le marin de Locmariaquer a déjà détenu ce prestigieux record transatlantique entre 2005 à 2008, sur Idec premier du nom (ex Sport-Elec).
Cette fenêtre météo semble être la meilleure depuis six semaines, Jean Yves Bernot, le routeur du skipper d’Idec prévoit une dépression qui devrait emmener Francis Joyon des rives de l’Hudson jusqu’à l’embouchure de la Manche sur la route orthodromique, dans des vents soutenus (25 à 30 noeuds) avec une mer encore peu agitée, le routeur évalue des chances de battre ce record à 50%, en effet la fin de la tentative devrait se faire dans des vents évanescents et peut être contraires
James Spithill et l’équipage d’ORACLE Racing ont dominé le favori Emirates Team New Zealand en remportant le Cascais AC Match Race Championship.
Après quatre jours d’épreuves, ce championnat s’achève ,avant une dernière régate en flotte demain qui déterminera le vainqueur de cet AC World Series Cascais.
Quarts de finale : Energy Team vs Artemis Racing
L’équipage de Loïck Peyron s’est incliné face à Terry Hutchinson, les français commencent avec une pénalité reçue lors de la phase de pré-départ, mais réussissent à reprendre l’avantage face aux suédois lors du premier empennage. Sur le premier près les suédois reprennent la tête grâce à une pression favorable, quelques erreurs sur Energy Team n’arrangent rien, les français terminent cependant honorablement à une trentaine de secondes de leur adversaire.
Quarts de finale : Oracle Racing Coutts vs Team Korea
Chris Draper et son équipage prennent l’avantage dès le départ sur Russel Coutts, les deux équipages se lancent dans une bataille d’empennages et de virements enroulent, l’équipage sous couleurs coréennes creuse petit à petit sur les américains et s’impose faceau quadruple vainqueur de l’America’s Cup.
A l’issue de ces quarts de finale, Artemis et Team Korea étaient donc qualifiés pour affronter Team Oracle Spithill et Emirates Team New Zealand.
Demi-finale 1 : Oracle Racing Spithill vs Artemis Racing
L’équipage de James Spithill prend rapidement l’avantage sur celui de Terry Hutchinson. Au passage de la seconde marque sous le vent, les équipiers laissent échapper la drisse de gennaker d’Artemis entrainant la chute de la voile à l’eau, les suédois voient alors le catamaran américain s’échapper pendant que les équipiers s’affairent à remonter la voile à bord.
Demi-finale 2 :Team korea vs Emirates Team New Zealand
La hiérarchie est respectée lors de ce duel, Dean Barker et son équipage d’Emirates Team New Zealand prennent le meilleur départ mais Team Korea reste au contact lors des deux premiers bords avant de perdre prise sur le deuxième portant, ils s’inclinent finalement avec les honneurs face à l’une des meilleurs équipes de ces America’s Cup World Series.
Finale : Oracle Racing Spithill vs ETNZ
Logiquement, on retrouve Emirates Team New Zeland et Oracle Racing Spithill pour cette finale de match race.
Spithill prend l’avantage au départ du premier match, malgré tout les néo-zélandais restent au contact jusqu’à la fin du second portant, le gennaker d’ETNZ s’emmêle dans l’étai entrainant un « cocotier » lors du déroulage de la voile, les néo-zéalandais sont alors distancés par les américains qui remportent le match.
La seconde manche (format de a finale à deux manches gagnantes) commence bien pour les Kiwis qui passent la première marque en tête, mais le sort s’acharne à nouveau sur les néo-zélandais, qui connaissent des soucis d’enrouleur de gennaker, ils tardent donc à envoyer leur voile de portant et Oracle passe, les deux équipages se lancent alors dans un duel d’empennages, malgré leurs efforts, ETNZ ne pourra revenir sur Oracle qui remporte ce Cascais AC Match Race Championnship.
Réactions du jour
James Spithill, skipper/barreur, ORACLE Racing Spithill (USA) « C’est fantastique ! C’est bien d’avoir réussi finalement à mettre Dean Barker et ses gars derrière et deux fois. Dean était le grand favori. John Kostecki était diabolique à la tactique aujourd’hui ! Pour demain, nous devons assimiler ce que nous avons appris et, si nous avons la même brise avec des bouffes comme cet après-midi, la régate (en flotte) pourrait être délicate. »
Dean Barker, skipper/barreur, Emirates Team New Zealand (NZL) « C’était une journée très frustrante. Nous avons fait beaucoup d’erreurs, dans les positionnements, les manœuvres et nous avons gâché par deux fois nos chances. Ce n’est pas un problème de gennaker mais de progrès que nous devons réaliser ensemble à bord pour devenir encore plus consistants. Nous sommes tous en train d’apprendre pour acquérir ce qui deviendra ensuite une routine. »
Loïck Peyron, skipper/barreur, Energy Team (FRA)
A propos du match contre Artemis Racing : « C’était notre premier Match Race, on aurait pu croire à la chance du débutant, mais ça ne marche pas à tout les coups. Nos amis d’Artemis sont des garçons qui naviguent bien et puis j’ai fait pas mal de bêtises aujourd’hui. Les gars ont bien navigué, sauf au départ où on a mal réagit sur le bateau. On rentre bâbord sur la ligne mais on prend une petite pénalité parce que je ne m’écarte pas assez d’Artemis qui se fait pressant. C’est vrai qu’on aurait du anticiper pour éviter cela, c’était justifié. On part donc derrière ce qui n’est pas grave, la preuve on repasse devant au premier empannage. On empanne mieux qu’eux, on manoeuvre bien, puis ils prennent une risée énorme et là on ne peut pas faire grand chose. Après, on se retrouve avec une autre position tribord-babord qui nous est défavorable, on se rapproche très près mais on ne prend pas de pénalités cette fois. Ensuite on s’en sort bien au près et là c’est la seule erreur que je regrette de la journée, c’est au moment où l’on croise à nouveau au près. Ils sont tribord mais ils virent devant nous et là, je fais l’erreur de virer alors que je pense que ça passait dessous et que le jeu repartait. Ça, c’est une vraie erreur que j’aurais pas du faire… Ensuite, le match se déroule pas mal. En terme de manoeuvre, de vitesse, on n’a pas à rougir. 30 secondes d’écart à l’arrivée, ce n’est rien en multicoques, c’est juste quelques longueurs, mais cela fait la différence… ».
Le bilan de l’expérience à Cascais : « Fabuleux à tous les points de vue. Il fallait être là, il faudra être à Plymouth (sept.) et grâce à Corum et aux partenaires à venir d’Energy Team nous avons sécurisé notre participation au championnat AC45 sur deux ans. Deux choses positives encore : nous avons su apprendre et progresser au sein de l’équipage et l’organisation de l’épreuve ici a su montrer qu’un nouveau « produit », si j’ose parler ainsi, est arrivé sur le marché. »
Chris Draper, skipper/barreur, Team Korea (KOR) « Nous avons jusqu’ici pris beaucoup de plaisir à bord et dépassé nos espérances, notamment en match race. Malheureusement, nous n’avons pas réalisé une excellente seconde manche aujourd’hui (contre Barker) et je pense que nous devons modifier l’approche que nous avons eue sur cette course. Nous avons néanmoins beaucoup appris et nous reviendrons encore plus forts. »