America’s Cup World Series Bermudes : Artemis vainqueur, Groupama Team France très en retrait

Le Louis Vuitton America’s Cup World Series des Bermudes, dernier événement de la saison 2015, n’aura duré que le temps de trois régates dimanche, la journée de samedi ayant été annulée faute de vent.

Les six teams engagés avaient cependant disputé une manche d’exhibition samedi dans le tout petit temps, avec une victoire de Groupama Team France. Ce qui laissait espérer le meilleur pour l’équipe française, hélas les choses ne sont pas passées comme la veille.

Les conditions étaient médiums avec une dizaine de noeuds de vent (la fourchette de vent pour lancer une course étant de 6 à 25 noeuds).

Sur la première manche, Artemis racing prenait la tête sur le premier bord, les français peinaient à foiler et se retrouvaient déjà distancés à la première bouée. Sur les bords suivants Artemis parvenait à maintenir son avantage suivi par les habituels top teams Ben Ainslie Racing, Oracle Team USA et Emirates Team New Zeland. Japan Softbank faisait un beau retour ensuite et parvenait à passer les kiwis. Oracle Team USA comblait également son retard sur le leader et passait le catamaran suédois dans les derniers mètres, BAR prenait la 3ème place devant Softbank, ETNZ et Groupama Team France.

 

 

Le seconde manche était retardée, suite à un incident durant la procédure de départ. Un bateau umpire venant s’encastrer sous l’AC45 d’Artemis racing. Les dégâts sur le bateau (bris du bout dehors et de la martingale) étaient finalement réparables et permettaient à l’équipe de poursuivre la journée de courses.

Les suédois parvenaient même à prendre la tête de la flotte au départ et infligeait une pénalité à Oracle Team USA, les français étaient de nouveau relégués à l’arrière du peloton. BAR faisait un superbe retour sur le 3ème bord mais perdait son avantage à la bouée en devant laisser la priorité aux suédois. Les anglais peinaient sur cette manche et se faisaient passer par Franck Cammas et ses hommes.
Artemis remportait cette manche, ETNZ terminait 2nd, Japan Softbank 3ème devant Oracle Team USA, Groupama Team France et Land Rover BAR.

 

Sur la dernière manche, Oracle devait laisser la priorité à Artemis et se retrouvait arrêter avant la ligne, fermant la marche. Franck Cammas et Groupama Team France prenait un joli départ mais étaient rapidement passés par Japan Softbank. Oracle revenait rapidement dans le match, alors que les français écopaient d’une pénalité en passant hors des limites du parcours.
Emirates Team New Zealand faisait la course en tête devant Land Rover BAR, Dean Barker sur le bateau japonais prenait la 3ème place devant Artemis, Oracle et les français.

Artemis Racing remportait donc cet événement aux Bermudes devant Emirates Team New Zealand et Oracle Team USA. Groupama Team France aura été très rapidement mis en difficulté dans tous les compartiments (foiling, vitesse, stratégie), comme l’explique les membres du team.

Franck Cammas, barreur de Groupama Team France :  « Nous progressons par rapport aux premiers jours mais l’écart par rapport à nos concurrents est encore trop important. Nous manquons de vitesse en ligne droite, notamment vent de travers, mais nous faisons aussi des erreurs dans certaines manoeuvres et dans des choix stratégiques. Ce n’est pas une surprise dans la mesure où nous manquons clairement de jours de navigation mais nous devons réagir. C’est ce que nous allons faire dès la semaine prochaine en nous entrainant aux Bermudes avec l’équipe de Softbank Team Japan. Nous affrontons des équipes qui n’en sont pas à leur première Coupe de l’America. On doit donc être humble et travailler davantage. C’est comme cela que nous serons en mesure de les battre, pas avant ».

Bruno Dubois, Team Manager du défi français :  « On se met en place et il y a déjà une très nette amélioration depuis les épreuves de l’été dernier. Mais ce n’est pas encore suffisant. Il faut naviguer davantage, bouffer des heures et des heures d’entrainement pour que l’équipage soit au niveau des meilleurs. Mais nous avons une bonne équipe, des supporters du Club Team France enthousiastes et un partenaire titre, Groupama, qui sait mieux que quiconque ce dont est capable Cammas. A nous de faire ce qu’il faut pour ne décevoir personne ».

Classement général des LVACWS des Bermudes

  1. Artémis Racing, 52 points
  2. Emirates Team New Zealand, 50 points
  3. Oracle Team USA, 48 points
  4. Land Rover BAR, 44 points
  5. Sofbank Team Japan, 44 points
  6. Groupama Team France, 32 points

Cet événement clôturait la saison 2015 des Louis Vuitton America’s Cup World Series, Emirates Team New Zealand s’est montré le plus régulier, avec Peter Burling qui s’est rapidement adapté à l’AC45, ils remportent cette saison devant le defender Oracle Team USA, mené par James Spithill. Ben Ainslie se classe 3ème devant Artemis qui retrouve son niveau lors de cet ultime événement 2015. Softbank Team Japan termine 5ème devant Groupama Team France.

Classement général LVACWS 2015

  1. Emirates Team New Zealand, 122 points
  2. Oracle Team USA, 112 points
  3. Land Rover BAR, 109 points
  4. Artemis Racing, 105 points
  5. Softbank Team Japan, 100 points
  6. Groupama Team France, 82 points

 

 

 

Le Gitana Team remporte le petit et le grand Tour de Belle Ile

La huitième édition du Tour de Belle-Ile a été remportée par le Multi 70 Groupe Edmond de Rothschild qui a devancé de peu Oman Sail (Sidney Gavignet) et le troisième MOD70 en course, Paprec Recyclage (Jean-Pierre Dick). Sébastien Josse et ses équipiers battent également leur propre record de l’épreuve en 2h24’15, soit 17 minutes de mieux que leur temps de 2011 sur Gitana 11.

Les conditions étaient idéales pour cette grand fête avec une mer peu formée et une brise de sud-ouest d’une bonne quinzaine de nœuds.

« Jean-Pierre est passé en tête aux Poulains, racontera après-coup Sébastien Josse. Mais dans le bord de portant derrière Belle-Ile, nous avons réussi à combler notre retard. Après, il a fallu trouver une  ouverture pour passer, nous étions un peu coincés, mais ils ont empanné un peu trop tôt avant les Galères, ce qui nous a permis de faire la différence. Bien qu’il s’agisse d’une navigation très courte, cela nous permet d’ores et déjà de nous jauger et de valider les grands principes du travail réalisé pendant le chantier d’hiver. C’était indispensable pour établir la job list de tout ce qu’il nous reste à faire. Je le répète beaucoup mais nous ne sommes qu’au début de notre apprentissage et cette première sortie est plutôt très positive. Le bateau n’a pas perdu de sa vélocité au près et a gagné aux allures portantes »

Oman Sail terminait à 1’35 du vainqueur, Paprec Recyclage complétait le podium, à 4’45, Sensation Océan d’Alain Gautier terminait 4ème devant Qingdao, l’ex IDEC de Francis Joyon, qui était présent au côté du nouveau skipper Guo Chuang.

Le 50′ FenêtréA-Prysmian (Erwan Le Roux), prenait la 6ème place  devant Arkema (Lalou Roucayrol).

L’Extreme 40 Groupama (Julien Villion) se classait huitième  devant l’AC45 Groupama skippé par Franck Cammas (le bateau n’était pas classé officiellement du fait de la commande des foils.

Sur le Petit Tour, c’est l’autre bateau du Groupe Edmond de Rothschild qui s’imposait,  le GC32 barré par Gurvan Bontemps, qui termine en 2h45’10.
Ils ont dit…

Sébastien Josse (Groupe Edmond de Rothschild) : « Troisième victoire sur le Tour de Belle-Ile, c’est sympa ! Jean-Pierre (Dick) et Sidney (Gavignet) nous ont donné du fil à retordre, mais nous sommes parvenus à faire la différence au niveau des Galères en empannant plus tard. Nous battons en plus notre propre record, c’est toujours bon à prendre ! »

Gurvan Bontemps : « C’était une belle régate à bord du GC32 Edmond de Rothschild. Nous n’avions pas de concurrents de notre catégorie mais ça ne nous a pas empêché de prendre beaucoup de plaisir. Sur la première partie du parcours, où nous n’étions pas vraiment à notre avantage, car au près, nous avons tout de même réussi à jouer avec l’AC45 Groupama ce qui était plutôt sympa. Pour nos types de bateaux, le format s’apparentait à un raid et le plus compliqué a été de gérer la mer et les rafales d’une vingtaine de nœuds dès la sortie du chenal de la Teignouse. J’ai l’habitude des petits catamarans de sport et le GC32 est vraiment un bateau agréable à bord duquel on a vite de bonnes sensations comme lors de notre bord retour au portant vers les Galères »

Erwan Le Roux (FenêtréA-Prysmian) : « Il a fallu s’arracher pour gagner notre duel avec Arkema. C’était un coup à eux,  un coup à nous, la différence s’est faite au dernier passage de marque, ils ont roulé leur gennaker alors que nous avons gardé le nôtre, c’était la bonne option. Tout l’équipage a bien travaillé pour faire de belles manœuvres. »

Franck Cammas  (AC45 Groupama) : « On s’est bien fait rincer. J’ai les yeux explosés. Avant le départ, nous n’étions pas certains de respecter le parcours en passant au vent de Belle Ile, à cause des fortes vagues qui venaient s’écraser sur la côte. Nous y sommes finalement allé mais avec beaucoup de prudence. Ce bateau qui vole, c’est une vraie découverte même si nous avons déjà une bonne expérience grâce à Groupama C. C’est un peu comme passer de l’avion à hélice à l’avion à réaction. Nous avons beaucoup à apAC45prendre et c’est en cela qu’il était intéressant de participer au Tour de Belle Ile ».

L’actualité de la semaine

  • Le 60′ ORMA Atheos (ex Sensations Atheos, ex La Trinitaine)  a semble-t-il subit un incendie au large de la Tunisie et se serait disloqué ensuite suite à une tempête.
  • Le trimaran Gitana XI (ex 60′ ORMA allongé à 77′ pour la Route du Rhum 2006) change de propriétaire. Il rejoint la flotte de Grand Large Emotion. Ultim Emotion sera exploité en charter sur des sorties à la journée et des courses au large. Le site de Grand Large Emotion
  • Le premier grand prix du D35 Trophy débutera demain au large de Genève. Onze équipes sont engagées comme l’année dernière sans changement majeur sauf au sein du team Tilt qui a nettement renforcé sa structure avec l’arrivée de Tanguy Cariou et Arnaud Psarofaghis. Les favoris seront de nouveau Alinghi, Realteam et Ladycat powered by Spindrift racing
    Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

    Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

     

  • Tour de Belle Ile 2015 : les conditions s’annoncent toniques pour les 500 bateaux engagés, avec 15 à 20 noeuds dans la matinée de samedi forcissant à 25 noeuds dans l’après midi. Cette course permettra de réunir une belle flotte de multicoques avec  l’AC45 à foils et aile rigide de Groupama, mené par Franck Cammas, le team engagera également son Extreme 40, avec Julien Villion à la barre. Le Gitana Team alignera également deux bateaux à foils, son Multi70 largement modifié au cours de l’hiver et le GC32, la plus grosse unité sera barrée par Sébastien Josse, la plus petite par Gurvan Bontemps.
    Deux autres trimarans de 70′ seront également présents, les MOD70 d’Oman Sail mené par Sidney Gavignet et celui de Paprec Recyclage avec Jean Pierre Dick à la barre. Qingdao China, l’ex Idec sera sur la ligne avec Guo Chuan à la barre. Alain Gautier tentera de défendre son titre face à cette flotte relevée sur le 60′ ORMA Sensation Océan-Urgo

Oracle Team USA et Artemis s’entrainent-ils déjà en AC48 ?

Depuis deux mois, deux catamarans à foils naviguent dans la baie de San Francisco, l’un aux couleurs d’Oracle Team USA, l’autre aux couleurs de l’équipe suédoise d’Artemis Racing.
Ces catamarans sont jusqu’ici connus sous le nom d’AC45 Turbo.
Oracle Team USA a largement vanté les mérites de son AC45T (vitesses équivalentes à l’AC72, moindre coût) pour imposer le passage à l’AC48 il y a quelques semaines.

Les coques de ces deux bateaux diffèrent de celles des AC45 avec une forme plus évasée sur la partie supérieure afin de recevoir une barre à roue et un colonne de winch dans des cockpits. Les bras de liaison sont également différents tout comme le système de contrôle de l’aile qui revient désormais sur la colonne de winch.

© Balazs Gardi/Oracle Team USA

Par ailleurs ces deux catamarans possèdent désormais, comme sur les D35 et sur l’AC72 américain, une « coque » structurelle centrale reprenant les efforts du gréement.

Christian Karcher, spécialiste de la Coupe de l’America revient sur ces bateaux dans une vidéo, à voir ci-dessous.

Etant donné la faible différence de taille entre AC45 et AC48 (91cm) le doute sur la vraie nature de ces bateaux est permis. Modifier quasi intégralement un AC45 (coques et bras de liaison) ne serait pas forcément avantageux pour des équipes au budget quasi illimité.

Luna Rossa se retire de la 35ème America’s Cup

L’équipe italienne Luna Rossa a mis sa menace à exécution et se retire de la 35ème America’s Cup.

La décision a été prise suite à l’annonce de la nouvelle jauge pour la Coupe de l’America dévoilée avant hier par Oracle Team USA.
Les catamarans de 62′ (AC62) sont abandonnés pour des catamarans plus petits (dont la longueur n’est pas encore définie, entre 45 et 50′, le Defender ayant évoqué 48′ pour 26′ de large avec six hommes d’équipage).

© Luna Rossa

Les italiens estiment que ce changement est illégitime puisque la décision aurait dû être prise à l’unanimité des challengers, ce qui n’a pas été le cas.

Il semblerait également qu’une bonne partie des multicoques devienne monotype suite à ce changement de jauge. Luna Rossa d’insurge contre ce fait, que le team juge contraire à la tradition.

Le challenger italien aurait également fait des propositions pour contenir les coûts en conservant l’AC62 comme support mais celles-ci auraient été rejetées par le Defender.

L’équipe se réserve le droit d’entamer une procédure devant le comité arbitral de l’America’s Cup, mais celui-ci ne semble pas encore constitué. Par ailleurs le doute plane toujours sur l’organisation des America’s Cup World Series de juin à Cagliari.

Emirates Team New Zealand fait part de son dépit suite aux derniers événements et semble également s’orienter vers le comité arbitral suite à la perte des séries qualificatives d’Auckland.

Les langues continuent également à se délier suite à cette volte face de l’organisateur, on apprend ainsi que les néo zélandais avaient proposé en début d’année une taille de 54′ pour le bateau afin de réduire les coûts et de transporter les bateaux dans des containers, ce qui réduisait également le budget transport. Cette mesure aurait été soutenue par Oracle Team USA mais pas par les autres challengers.

Franck Cammas dévoile également dans le Télégramme qu’une bonne partie de ce nouveau catamaran devrait être monotype

Franck Cammas : « Ce n’est pas encore acté mais l’aile sera en grande partie monotype. Ensuite, sur la plateforme, ce n’est pas totalement défini mais il y aura énormément de parties monotypes. La seule liberté concerne les appendices et le contrôle des appendices. Et comme les bateaux volent, ce sera la partie la plus importante. »
L’intégralité de l’interview dans le Télégramme en ligne.

La recherche et la différence entre les bateaux ne devraient donc concerner que  la forme foils et des safrans ainsi que leurs systèmes de contrôle. Oracle Team USA aurait ainsi atteint 46 noeuds avec 16 noeuds de vent sur l’AC45 avec des foils optimisés.

Le Defender Oracle Team USA a donc fait le choix de miser sur les « petites » équipes.
A savoir Team France et Ben Ainslie Racing, qui n’ont pas encore de budget.
Il s’est délesté de Luna Rossa et possiblement de Team New Zealand, deux équipes emblématiques de la Coupe de l’America.

Le grand gagnant de ces arrangements avec le protocole est probablement Artemis Racing.

Le challenger suédois voit deux adversaires dangereux s’éloigner des phases qualificatives de la prochaine America’s Cup, et devrait sauf bourde architecturale sur son bateau s’assurer une place face à Oracle Team USA, étant donné l’avance prise face aux équipes restantes qui n’ont à l’heure actuelle pas de budget.

Nouveau rebondissement sur le bateau de la future America’s Cup

Le directeur commercial de la Coupe de l’America a communiqué il y a 48 heures sur un éventuel changement de bateau pour la prochaine Coupe de l’America qui doit se disputer en 2017 aux Bermudes.

Exit donc le catamaran AC62 (18,9m), le nouveau bateau pourrait être un 45′ (13,7m). Ce changement fait suite aux essais d’Oracle sur les actuels AC45 à ailes rigides.

Visuel de l’AC62 America’s Cup Event Authority

Ces catamarans monotypes qui avaient été utilisés pour les America’s Cup World Series et Youth America’s Cup lors de la dernière édition, le but était de permettre aux équipes d’appréhender le maniement d’un multicoque à aile rigide.

Depuis les catamarans ont été modifiés et équipés de foils et devaient courir de nouveau des America’s Cup World Series qui devaient débuter en juin 2015, les coques la voilure et les foils devaient être monotypes. Ces bateaux sont désormais capables de performances de l’ordre de 40 noeuds de vitesse.

© Sander van der Borch / Artemis Racing

La 34ème America’s Cup remportée par les américains face aux néo-zélandais s’était déroulée sur des catamarans à aile rigide et foils de 72′.

La taille des AC62 prévus initialement avait déjà pour but de réduire les coûts, malgré tout au moins deux des équipes engagées peinent à trouver un financement (Ben Ainslie Racing et Team France), il semblerait également qu’un challenger japonais soit sur les rangs.

L’organisateur souhaite donc passer à des 45′ afin que ces deux équipes puissent participer. Cette réduction de taille avait déjà été à l’ordre du jour il y a un an, mais seul le defender Oracle et les néo zélandais étaient favorables à cette solution.

Depuis la situation a changée, les grosses équipes dont ETNZ et Luna Rossa ont recruté leur design team et se sont commencé à plancher sur leur AC62.

Hier et aujourd’hui, Luna Rossa et Emirates Team New Zealand ont fait savoir qu’ils étaient opposé à ce changement de bateau. Luna Rossa se retirera si celui-ci était acté, ETNZ insiste sur la nécessité d’un consensus entre tous les challengers pour qu’une modification soit possible.

Grant Dalton a par ailleurs précisé que les négociations avec les autres challengers favorables à ce changement, incluaient semble-t-il la suppression des play-offs à Auckland en plus de la modification de bateau.

D’après Franck Cammas qui s’exprime dans le Télégramme de ce jour, l’organisateur souhaite six ou sept challengers, deux sont clairement opposé à ce changement.

Oracle Team USA devra donc soit se priver d’Emirates Team New Zealand et du Luna Rossa Challenge en misant sur plusieurs équipes n’ayant pour l’heure pas de budget, soit des petites équipes (Team France, Ben Ainslie Racing et les japonais).

Le vote devrait être fait d’ici à la fin du mois, ce qui permettra d’être fixé rapidement.

Du côté d’Artemis Racing, autre grosse équipe en course, l’attitude semble consensuelle puisqu’ils se seraient déjà engagé à ne pas changer de classe de bateau en cas de victoire.

America’s Cup : le point sur la saison 2015

  • Oracle Team USA, le defender et les challengers italien (Luna Rossa) et suédois (Artemis Racing) naviguent sur leurs AC45 revisités. Les catamarans monotypes ont été modifiés et équipés d’un système de foils en L et d’ailettes de safrans leur permettant de « voler ». Par ailleurs des cockpits ont été créé dans les coques, la plate forme est donc proche des AC72 en réduction.
  • Ben Ainslie est toujours en recherche de financements, son équipe navigue sur leur AC45 en Angleterre, et a passé quelques jours aux Bermudes pour des navigations sur un Nacra 20.
  • L’équipe néo zélandaise reste discrète malgré des rumeurs de départ de Dean Barker (vers le défi italien Luna Rossa), démenties par l’équipe. Auckland était pressentie pour accueillir la phase qualificative de la prochaine Coupe de l’America, mais Sydney semble désormais sur les rangs. L’annonce prévue initialement le 15 février est reportée à début mars.
  • Le Team France reste en ordre de marche malgré l’attente de validation du partenaire principal. D’après Michel Desjoyaux, un AC45 serait en route et devrait être réceptionné dans le prochaines semaines en Bretagne, le team disposant d’un financement pour la saison 2015 des America’s Cup World Series.

A lire :

La prochaine Coupe de l’America aura lieu aux Bermudes en juin 2017

L’annonce concernant la prochaine Coupe de l’America a été faite il y a quelques heures à New York.

Sans surprise le plan d’eau des Bermudes a été préféré à San Diego qui n’obtient même pas une étape des America’s Cup World Series.

L’ensemble des challengers s’est montré soulagé de connaitre le plan d’eau afin de pouvoir faire plancher son design team sur le nouvel AC62. L’équipe néo zélandaise qui semblait la plus réticente devrait obtenir une épreuve importante (les phases qualificatives peut être).

La Youth America’s Cup est reconduite avec Red Bull comme sponsor elle se déroulera sur AC45, mais cette fois-ci dotés de foils.

Les Bermudes devraient offrir des conditions stables d’une quinzaine de noeuds, alors que la brise de San Diego était nettement plus aléatoire.

Deux autres équipes espèrent pouvoir intégrer les challengers.

Une partie du calendrier des America’s Cup World Series a été dévoilée :
Du 8 au 7 juin 2015, lieu annoncé sous peu
Portsmouth, Angleterre du 23 au 26 juillet 2015
Goteborg, Suède –du 28 au 30 août 2015
Hamilton, Bermudes du 16 au 18 octobre 2015

Harvey Schiller : « Aux Bermudes, nous avons le plan d’eau parfait pour montrer au monde entier tous qu’il y a de passionnant avec ces bateaux de la Coupe de l’America et tout ce que les équipes y apportent. Les conditions sont quasi parfaites. Le parcours dans la Rade est devant un amphithéâtre naturel avec de la place pour les courses et les spectateurs, et c’est dans un écrin magique avec les îles et les plages au fond. Et le Village de la Coupe de l’America dans le port naval sera au coeur de l’événement pour les équipes et les passionnés ».

Max Sirena (Luna Rossa) “On attendait cette annonce car jusqu’ici on travaille avec deux plans d’eau en tête mais désomais on est certain du choix”.

Jimmy Spithill sur la Youth America’s Cup (Oracle Team USA): “Il est primordial d’avoir cette épreuve en place pour offrir une porte d’entrée aux jeunes. Cela fonctionne, car le gars (Pete Burling) qui a gagné la dernière édition pourrait mener l’équipe néo-zélandaise”

Kevin Shoebridge (Team New Zeland) : “On est contents d’inviter des jeunes comme Pete Burling à retrouver des vétérans expérimentés comme Dean Barker. Maintenant que l’on a la confirmation du choix des Bermudes, on va s’approcher de nos partenaires et du gouvernement.”

Franck Cammas (Team France) : “Je ne suis jamais allé aux Bermudes! On va commencer à étudier les conditions, mais l’équipe travaille encore sur la partie financière pour le moment. On attend une confirmation. On espère pouvoir faire une annonce la semaine prochaine…”

Nathan Outerridge (Artemis): “Maintenant que l’on connaît le plan d’eau on va pouvoir dessiner un bateau pour ces conditions. Le vent est bien plus faible qu’à san Francisco où nous avons pu voler au près.”

Ben Ainslie (BAR) : « En tant que Britannique je suis heureux de ce choix. Je connaîs le plan d’eau ayant participé à la Gold Cup (dans le circuit de match racing). La Duchesse de Cambridge, notre marraine, va être de contente de pouvoir venir ici !»

Le protocole de la 35ème America’s Cup (enfin) dévoilé

Après plusieurs mois de retard, le defender Oracle Team USA a dévoilé le protocole de la prochaine Coupe de l’America hier.

Toutes les informations n’y figurent pas, notamment le plan d’eau sur lequel sur déroulera la compétition.

Les principaux points du protocole :

  • La 35ème America’s Cup se déroulera en 2017
  • Un circuit de 3 ans de régates sera mis en place, de 2015 à 2017 :
    • entre 6 et 8 America’s Cup World Series, en AC45, en 2015 et 2016, les résultats de ces régates compteront pour la phase qualificative de l’America’s Cup. Les AC45 pourraient être équipés de foils
    • Deux phases de qualification en 2017, sur les AC62 : l’America’s Cup Qualifiers series avec tous les teams inscrits, les quatre meilleurs teams accéderont alors à l’America’s Cup Challenger Playoffs, qui se jouera en 5 manches gagnantes sur un format : demi-finales, finale. Cette dernière étape permettra de déterminer le challenger qui affrontera Oracle en finale de la Coupe, toujours en 7 manches gagnantes.
    • si le challenger vainqueur des playoffs a remporté les series qualificatives, il débutera la finale de l’America’s Cup avec un point.
    • Renouvellement des Youth America’s Cup, avec au moins deux événements, en dehors du cadre de régates de l’America’s Cup, l’intégralité de l’équipage devra avoir la nationalité de son équipe
  • Confirmation du catamaran AC62, à aile rigide et mené par 8 équipiers, utilisé à partir de 2017, le defender Oracle pourra construire 2 bateaux, les challengers un seul. Des modifications sur les catamarans sont possibles : 20% pour les coques, 50% pour les bras.
  • Les coques des AC62 devront être construites dans le pays représenté par le défi, possibilité de construire deux ailes par équipe, et 6 paires de « dérives-foils ».
  • Le range de vent pour lancer une régate se situera entre 5 et 25 noeuds
  • Introduction d’une règle de nationalité : au moins un équipier ayant la nationalité de l’équipe pour les America’s Cup World Series sur AC45, au moins 2 équipiers sur les 8 pour les régates en AC62 à partir de 2017.
  • Les inscriptions à la compétition doivent se faire entre le 9 juin et le 8 août 2014, les équipes ayant des financements devraient donc rapidement se dévoiler (Luna Rossa, Artemis racing, Team New Zealand, Team Australia, Ben Ainslie Challenge semblent quasi certaines, reste des inconnues dont le Team France)
  • Les AC62 ne devront pas être mis à l’eau plus de 150 jours avant le début des phases qualificatives, à l’exception deuxième bateau du défenseur, qui ne pourra être lancé au plus tôt  que 30 jours avant les Qualifications. Le Defender ne pourra pas naviguer avec ses deux catamarans jusqu’au terme des America’s Cup Qualifiers series.

Les critiques commencent à poindre concernant le protocole, notamment sur le fait que les challengers peuvent avoir des difficultés à vendre un projet à leurs sponsors sans connaitre le plan d’eau des régates.

Le defender se donne jusqu’au 31 décembre pour annoncer celui de la Finale de la Cup et jusqu’au 15 février 2015 pour déterminer celui qui accueillera à la dernière phase de qualification précédant l’America’s Cup.

Par ailleurs le coût d’une campagne est critiqué, les équipes devront investir dans des études de conception et la construction  des AC62, sans être assurées de participer au dernier.

L’avantage du defender est également criant, les challengers ne pourront construire qu’un bateau, Oracle en lancera deux, s’assurant un net avantage en cas de casse ou de chavirage.

Le point sur la 35ème Coupe de l’America

La prochaine Coupe de l’America devrait avoir lieu en 2017, Larry Ellisson, patron d’Oracle et defender, devrait dévoiler le protocole à la fin du mois. Une interview de celui-ci et une autre du CEO du team américain, Russell Coutts, laissent craindre un changement radical du mode de sélection des challengers.

Jusqu’ici les équipes inscrites intégraient la Louis Vuitton Cup, et le vainqueur de cette compétition accédait à la finale de la Coupe de l’America face au defender. Il semblerait que ce mode de sélection change totalement, les équipes souhaitant participer aux régates de sélection devraient disputer un championnat en AC45 en 2015 et 2016, il y aurait deux divisions, une atlantique et une pacifique, avec une régate par pays participant. Seuls les deux premiers de chaque « divison » auraient accès à l’équivalent de la Louis Vuitton Cup (il est quasiment acquis que le géant du luxe français ne sponsorisera plus l’épreuve). Les équipes s’engageant sur le circuit AC45 ne seraient donc pas sûres de disputer les régates en AC60… Dans ce contexte, comment envisager qu’un sponsor puisse engager de grosses sommes, débuter des études sur le gros catamaran à aile (AC60), sans avoir l’assurance de construire ce bateau et de disputer les régates de sélection en 2017…

Trois défis de la zone « Europe/Atlantique » semble disposer d’un budget : Luna Rossa qui bénéficie du soutien de Prada à hauteur de 50 millions d’euros jusqu’en 2017, Artemis qui conserve ses marins (Outtridge, Peyron) et étoffe son équipe architecturale (Michel Kermarec, Thiha Win, Adam May, Nico Rousselon) et le Ben Ainslie Challenge qui semble disposer d’un budget de 90 millions d’euros. Avec le protocole « actuel », au moins une de ces équipes serait éliminée à l’issue des deux prochaines saisons, sans pourvoir disputer les phases finales de sélection. Côté Pacifique, les organisateurs espèrent des défis coréen, chinois ou japonais, en plus des actuels défis néozélandais, australiens et du defender américain.

Le lieu de cette 35 ème Coupe de l’America pourrait être Hawai, alors que San Francisco avait été un vrai succès côté météo et oragnisation.