Luna Rossa navigue en AC45

L’équipe italienne a débuté hier ses navigations en baie d’Hauraki, l’équipage était mené par Mark Sirena, qui barrait déjà l’Extreme 40 aux couleurs de Prada cette année.

© Luna Rossa

Luna Rossa est installé dans la base d’Emirates Team New Zealand, les deux équipes devraient collaborer pour la mise au point de leurs AC72, des entrainements communs sont prévus sur les AC 45 pendant la première quinzaine de février, le catamaran devrait ensuite être transporté à Naples pour la première étape des America’s Cup World Series 2012, l’équipe poursuivra alors ses entrainements sur d’autres catamarans, à foils cette fois-ci, les SL33, peut être ceux de l’équipe néo-zélandaise qui les a équipé d’ailes rigides.

Une nouvelle équipe sur les ACWS

Confirmation de la rumeur qui courait depuis quelques semaines ce matin, Ben Ainslie, triple médaillé d’or olympique, neuf fois champion du monde et d’Europe, s’engagera sur les America’s Cup World Series pour les saisons 2012 et 2013 avec sa propre équipe.

Cette équipe s’alignera sur le circuit des AC45 à partir d’août 2012, donc après les JO de Londres auxquels le marin britannique participera en Finn. L’objectif de ce nouveau team est en fait une participation à la 35ème Coupe de l’America.

En effet, ce nouvel équipage ne brigue pas de participation à la 33ème America’s Cup qui se déroulera à San Francisco en 2013, puisque Ben Ainslie est lié par contrat au defender américain Oracle Racing. Le marin britannique intégrera donc le team américain à la fin des ACWS pour participer au développement des AC72, les catamarans qui seront utilisés pour la Coupe.

Cette équipe des ACWS semble donc entièrement financée par Larry Ellison ou Oracle Racing, Russell Coutts, CEO d’Oracle qui était présent à la conférence de presse, a confirmé l’implication du team américain dans l’engagement de cette équipe.

Ben Ainslie : « L’objectif, pour le moment, est de constituer une équipe pour mettre un pied dans l’America’s Cup dans le but de devenir un vrai Challenger pour la 35ème America’s Cup. Les AC World Series ont prouvé qu’elles sont des événements formidables et qui offrent de nombreuses perspectives aux potentiels partenaires ainsi qu’aux régatiers comme moi. Les AC45 sont fantastiques à regarder et ils sont extrêmement exigeants lors des régates.  Et sans aucun doute, les courses produisent les meilleures images ‘télé’ que je n’ai jamais vues, c’est pourquoi je pense que les AC World Series satisfont totalement à la fois les régatiers, le public et les sponsors. « 

Spithill s’impose de nouveau en flotte, les français 3 et 4èmes

Après avoir remporté samedi le Match Racing Championship face aux français d’Energy Team, l’équipage de James Spithill s’est de nouveau imposé lors de la régate en flotte finale de dimanche et s’adjuge donc aussi la victoire du Fleet Racing Championship.

Les neuf équipages ont régaté hier dans un vent de 15 à 17 noeuds, avec des rafales approchant les 20 nœuds.


La course a été très disputée dès le départ, à la première marque, ETNZ passe en tête suivi d’Oracle Racing Spithill et des deux équipages français Aleph et Energy Team, pas de changement après le premier portant, à la porte, Energy Team choisit la droite du plan d’eau, tout comme Artemis Racing, ce qui s’avère payant puisque les deux bateaux pointent en tête au début du second portant, suivent Oracle Racing Spithill, Aleph, ETNZ et Team Korea ; Oracle Racing Coutts, pénalisé sur ce premier bord se portant se trouve relégué en dernière position.  Spithill trouve plus de pression au centre du plan d’eau et s’envole en tête, suivi par Team Korea et Energy Team qui semblait évoluer avec une voile de portant moins performante que les autres bateaux (code  0 assez plat), Artemis Racing passe en 4ème position mais le dernier empannage avant d’entamer le près s’avère catastrophique, l’AC 45 suédois est quasiment arrêté et le foc est twisté sur l’étai, les suédois enfournent ce qui libère le tour et leur permet de reprendre leur régate. Sous le vent Spithill passe en tête avec 30 secondes d’avance sur Team Korea, 35 sur ETNZ et une 40aine sur Energy et Aleph.

Avant le dernier portant Spithill a encore plus creusé l’écart avec 30 secondes d’avance sur ETNZ et Team Korea et 55s sur Energy Team, Aleph pointait à 1min15s, Team Korea perd plus de 200m suite à une manoeuvre ratée lors d’un empannage ce qui permettait aux deux équipages français se passer l’AC 45 coréen.

James Spithill s’imposait donc assez facilement devant ETNZ, la lutte était magnifique entre les deux équipages français sur le court bord de travers, Yann Guichard s’imposait sur le fil avec une seconde d’avance, Aleph terminait 4ème devant Team Korea, le grand perdant de cette régate. China Team évitait de peu le chavirage dans une risée sur ce même bord, permettant le retour d’Artemis, qui coupe également la ligne 1s avant son adversaire et termine donc en 6ème position devant China, Green Comm et Oracle Racing Coutts.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

James Spithill (USA), skipper ORACLE Racing (USA) :
« Nous avons la meilleure équipe à terre. Les gars arrivent les premiers et quittent la base en derniers. Cela nous permet de nous concentrer sur la régate. Ici, nous avons eu tout un panel de conditions de navigation. Lorsque nous sommes arrivés à San Diego, nous nous attendions à avoir peu de vent, mais aujourd’hui c’est monté jusqu’à 17 nœuds et nous avons pu avoir une bonne vitesse. Nous avons réussi la « totale » [match racing and fleet racing] et maintenant nous voulons reproduire le scénario à Naples. »

Pierre Pennec (FRA), skipper Aleph (FRA) :
« C’est sympa de se retrouver avec mon équipier de 420 quand j’avais 15 ans sur une ligne d’arrivée d’America’s Cup mais Yann a un peu plus d’expérience en AC45 que moi. C’est la première fois que nous naviguons avec cette force de vent (16-17 noeuds). Nous avons fait plein de petites erreurs techniques donc cela donne envie de s’entraîner pour travailler la coordination à bord et pour pouvoir jouer avec les premiers. Le point positif c’est qu’avec aucun entraînement dans ces conditions, nous jouons quand même une bonne partie de la régate avec les teams qui connaissent très bien le bateau. »

Yann Guichard (FRA), skipper Energy Team (FRA) :
« C’est bien de finir comme ça avec Aleph. Les deux bateaux français ont fait une belle semaine de régates. Personnellement, je suis très fier de notre équipe, très satisfait du résultat et surtout d’avoir pu montrer aux autres teams qu’il va falloir compter avec nous. Biensûr je vais continuer avec l’équipe. Le résultat sur cet événement est incroyable pour nous : nous finissons seconds hier en match racing et troisièmes aujourd’hui – c’est une grande surprise. On est encore loin des grosses équipes mais nous progressons chaque jour et nous allons mettre à profit ces quatre mois sans régate pour nous entraîner afin d’être fin prêts pour Naples (7-15 avril 2012). »

Dean Barker (NZL), skipper, Emirates Team New Zealand (NZL) :
« San Diego fut un bel événement, avec des hauts et des bas pour nous, notamment une mauvaise demi-finale mais sinon, nous avons plutôt navigué. Aujourd’hui, nous étions au coude à coude tout au long du parcours. Nous espérions virer devant Energy Team mais nous n’avions pas d’issue alors un gros bras de fer a débuté. C’est bien de conserver la tête du classement des World Series mais il y a encore du pain sur la planche, nous devons nous préparer plus, comme nous aurions dû le faire ici mais, globalement, nous sommes assez satisfaits. »

Terry Hutchinson (USA), skipper, Artemis Racing (SUE) :
« Aujourd’hui, le génois s’est enroulé autour de l’étai lorsque nous repartions sur le bord de près. Nous avons essayé de revirer mais cela ne marchait toujours pas, nous avons donc abattu et la régate nous a échappée. Je dois sûrement des excuses à la TV car il y a eu des ‘bip, bip’ pendant un moment. D’un point de vue plus général, ce n’est pas le standard de qualité que nous attendons. Nous avons un très bon soutien logistique, un super design team mais nous n’arrivons à concrétiser nos efforts. Nous devons exiger encore plus de nous-mêmes et travailler dur pendant les prochains mois. »

Chris Draper (GBR), skipper, Team Korea (KOR) :
« Le futur s’annonce très prometteur pour Team Korea, nous avons beaucoup réfléchi à notre avenir cette semaine. Nous attendons avec impatience de savoir comment les choses vont évoluer et vers où nous nous dirigeons.  »

Charlie Ogletree (USA), skipper, China Team (CHN) sur l’arrivée à une seconde d’Artemis Racing :
« Nous avions nos chances mais Artemis a maintenu un sacré rythme. Au portant, j’ai été un peu lent pour border l’aile, le bateau a décollé sur une coque et ils nous ont mis un quart de longueur de bateau. Nous rentrons à la maison avec une longue liste de travail, et en profondeur. Nous espérons tous vous revoir à Naples. »

Vasilij Zbogar (SLO), skipper, Green Comm Racing (ESP) :
« Tous les jours, nous nous sentons mieux et nous pensons que nous pouvons pousser les choses un peu plus loin mais nous n’arrivons à mener assez proprement le bateau. Nous allons nous entrainer fort les quatre prochains mois et je suis sûr à 100% que vous verrez une équipe différente à Naples et Venice. »

Darren Bundock (AUS), skipper, ORACLE Racing Coutts (NZL) :
« Nous avons eu des hauts et des bas. Nous avons remporté la première manche mercredi et nous faisons derniers aujourd’hui. Nous allons nous attarder sur ce qui a mal fonctionné. Jimmy (Spithill) à remporté les deux titres, nous avons donc une excellente référence. Nous avons encore beaucoup à faire si nous voulons continuer à pousser fort Jimmy. »

Résultats – San Diego Fleet Racing Championship

1. ORACLE Racing Spithill
2. Emirates Team New Zealand
3. Energy Team
4. Aleph
5. Team Korea
6. Artemis Racing
7. China Team
8. Green Comm Racing
9. ORACLE Racing Coutts

Energy Team leader à San Diego !

Yann Guichard et son équipage ont marqué les esprits en se hissant à la première place à l’issue des trois régates en flotte courues hier.

Les équipes se sont affrontées sur un plan d’eau calme avec 9 à 13 noeuds de vent.

Photo copyright Bo Struye

La première régate était remportée par Oracle Racing Coutts avec une belle avance, l’équipage américain était suivi par Emirates Team New Zealand et Energy Team. ; Aleph terminait dernier dans le sillage de Green Comm. Sur la deuxième régate, Artemis, ETNZ, Energy Team et Team korea prenaient le meilleur départ, Energy Team restait longtemps au contact d’ETNZ avec qui ils luttaient pour la deuxième place, lors du passage d’une bouée Yann Guichard écopait d’une pénalité pour une gène à Oracle Racing Spithill qui faisait l’intérieur à la bouée. Sur la ligne, Artemis devançait Team Korea, ETNZ, Oracle Racing Coutts et Energy Team qui coiffait Aleph grâce à une meilleure vitesse.

La démonstration d’Energy Team se terminera par une victoire sur l’ultime manche du jour devant Oracle Racing Spithill et Green Comm (peu habitué aux podiums), Aleph ne pouvait faire mieux que 7ème.

Photo copyright Bo Struye

Au classement général Energy Team est donc leader avec 24 points, ETNZ a 23 unités au compteur, Oracle Racing Spithill 22, Artemis est quatrième devant Team korea, Green Comm, Aleph et China Team.

Les trois leaders sont qualifiés pour les demi-finales du Match Racing Championship disputées vendredi, tandis que les six autres s’affrontent ce soir en match race à élimination directe pour prendre place sur le quatrième siège encore disponible.

Pierre Pennec et son équipage devront donc remporter quatre match-race d’affilé – à commencer par China Team – pour atteindre les demi-finales et y défier l’autre équipage français.

Les réactions des barreurs à l’issue de la journée :

Yann Guichard (FRA), barreur Energy Team (FRA) :
« C’est une superbe journée pour Energy Team. L’équipe a accompli un travail fantastique en prenant d’excellents départs et en maintenant une bonne vitesse. Les petits teams, comme nous, progressent chaque jour. Je me sens de plus en plus à l’aise et je sens vraiment bien le bateau maintenant. Nous avons vraiment travaillé dur toute la semaine dernière, en particulier sur les départs, et aujourd’hui je peux me permettre de sortir la tête du bateau. Cela me donne la possibilité de faire de la tactique-stratégie et de ne pas être constamment rivé sur les manœuvres. Je sais que les gars suivent parfaitement et cela me met en confiance. Plus je suis confiant et plus je peux envoyer des manœuvres un peu plus ‘chaudes’. Arnaud Jarlegan, qui est à côté de moi et que je connais bien m’aide beaucoup : on a le même discours. Je suis très content. »


Dean Barker (NZL), skipper Emirates Team New Zealand (NZL)
:
« Cela n’a pas été facile. Nous avons eu un problème sur une pièce et nous n’avons pas pu bloquer la drisse du gennaker. Quand tu as un problème de cet ordre, tu en as pour la journée. Nous sommes donc contents d’avoir terminé seconds. Les gars ont fait un travail génial tout au long des manches mais nous étions trop concentrés sur les manœuvres et pas assez sur la tactique. »

James Spithill (AUS), skipper ORACLE Racing Spithill (USA):
« Nous avons eu du mal sur les ‘starts’, nous avons pris deux faux départs et terminé deux fois derniers au passage à la bouée au vent. C’est pourtant un point sur lequel nous nous sommes beaucoup entraînés. Je n’ai pas été bon aujourd’hui. Le bateau s’est allumé de toutes les lumières possibles : pénalités, faux départ…un arbre de noël avant l’heure mais sans les cadeaux ! »

Pierre Pennec (FRA), skipper, Aleph (FRA) :
« Je n’ai pas pris de bons départs aujourd’hui. En revanche, nous avons progressé en vitesse au près entre la première et la dernière manche car nous avons trouvé de nouveaux réglages, un point positif. Mais nous devons encore nous améliorer en manœuvres, surtout lors de l’envoi du gennaker. Ce qu’on a fait de bien aujourd’hui, on va essayer de le refaire demain lors du match race contre China team qui est un bon concurrent. Et ce sera intéressant car je n’ai pas fait beaucoup de match race et encore moins en multicoque ! »

Début du San Diego Match Racing Championship ce soir

Après deux jours de compétition non officielles ce week-end (les régates en flotte nommées Port Cities Challenge), le Match Race Championship reprend aujourd’hui à San Diego avec des régates en flotte qualificatives pour la phase de Match Race (le format de compétition est toujours aussi complexe que sur les étapes précédentes avec régates ne rentrant pas dans le classement et alternance de régates en flotte, en match-race et des runs de vitesse).

Ces deux journée du Port Cities Challenge se sont déroulées dans des vents faibles et sous une pluie battante pour la première, ces conditions ont permis un beau jeu tactique avec des remontées de certains bateaux qui ont joué avec les risées, comme sur la première manche où Artemis s’impose devant ETNZ alors que les deux AC45 étaient en queue de flotte en début de manche, la seconde manche a été remportée par China Team.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

La seconde journée sera excellente pour les deux équipages français qui signaient leur première victoire en flotte, Aleph mené par Pierre Pennec accompagné de l’équipage avec lequel il navigue en Extreme 40 remportait la première régate de la seconde journée, alors qu’Energy Team, barré par Yann Guichard, en l’absence de Loick Peyron, s’adjugeait la dernière, les deux teams tricolores prenaient les 4 et 5ème place de cette épreuve préliminaire, ETNZ remportait celle-ci devant Artemis Racing et Oracle Racing Spithill.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

L’écart face aux top teams s’est donc sensiblement réduit avec de belles performances des deux équipes françaises mais aussi de China Team et du Team Korea, seul Green Comm Racing semble peiner à élever son niveau.

Ces équipes seront donc à suivre dès ce soir à 22h05 pour trois régates en flotte et deux AC500 Speed Trials. Les résultats des courses en flotte déterminent l’ordre d’entrée de chaque équipe pour la journée de jeudi où elles s’affrontent alors en duels (match racing) à élimination directe en vue des demi-finales. Ces dernières ont lieu le vendredi tandis que la finale et la petite finale sont programmées le lendemain et couronnent le San Diego Match Racing Champion. Dimanche, les équipes courent deux nouveaux AC500 Speed Trials avant de s’affronter pour l’ultime grande course en flotte du San Diego Fleet Racing Championship.

A suivre sur le canal dédié YouTube, et sur le site de Canal Plus avec commentaires en français assuré par Loic le Bras.

A lire, un interview de Yann Guichard.

Deux nouvelles équipes francophones pour la dernière étape des Extreme Sailing Series

Le dernier acte des Extreme Sailing Series 2011 se déroulera du 7 au 11 décembre à Singapour et déterminera le vainqueur du championnat des Extreme 40. La huitième étape à Almeria le mois dernier avait vu Alinghi remporter cet acte, devant Luna Rossa et Oman Air ; Groupe Edmond de Rothschild se classait 5ème et perdait sa première place au classement provisoire au profit de Luna Rossa qui compte désormais un point d’avance sur l’équipage français, la victoire devrait se jouer entre ces deux équipages puisque le troisième, ETNZ pointe à 9 points du leader, ETNZ est talonné par Alinghi et The Wave Muscat qui chercheront à s’emparer la troisième marche du podium.

Classement de l’Extreme Sailing Series 2011 après huit Grands Prix

  1. Luna Rossa (ITA) – 69 points
  2. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 68 points
  3. Emirates Team New Zealand (NZ) – 60 points
  4. Alinghi (SUI) – 59 points
  5. The Wave, Muscat (OMA) – 57 points
  6. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 53 points
  7. Artemis Racing (SWE) – 48 points
  8. Oman Air (OMA) – 47 points
  9. Team GAC Pindar (GBR) – 30 points
  10. Niceforyou (ITA) – 17 points
  11. Team Extreme (EUR) – 17 points

Cette dernière étape accueillera deux équipes francophones, Stéphane Kandler qui dirige All4One, toujours à la recherche d’un budget pour l’America’s Cup, inscrit une équipe 100% française dans la compétition, ce team est soutenu par SOITEC et the first club™. Team Extreme – the first club™, sera mené par Sébastien Col (skipper et régleur de Grand Voile), Jean-Christophe Mourniac (barreur), Franck Citeau (régleur) et Christophe André (numéro 1). Bruno Dubois aura un rôle de coach et manager auprès de cet équipage expérimenté sur le circuit Extreme 40 . L’objectif est de pérenniser ce team pour la saison 2012.

© Lloyd Images

Stéphane Kandler, Directeur de K-Challenge. « L’objectif est de mener un projet à long terme et d’effectuer la globalité de la saison 2012. C’est une réelle opportunité pour l’avenir car le multicoque est désormais un passage obligé dans la voile professionnelle. Nous avons donc décidé de suivre cette logique, et de se concentrer sur les formats très compétitifs, comme nous l’avons fait depuis 20 ans. »

L’autre équipe est le Team Tilt, mené par le suisse Alex Schneiter, l’équipage sera renforcé par Arnaud Psarofaghis, qui navigue sur l’AC 45 Aleph. L’Extreme 40 suisse poursuivra donc sur ce circuit après une première expérience positive à Almeria (9ème sur 11).

A noter le retrait d’Artemis Racing qui se consacre désormais pleinement à sa participation à la 33ème America’s Cup.

Yann Guichard :  » Le MOD est bien né « 

Yann Guichard, futur skipper du MOD Spindrift Racing, également engagé sur les Extreme Sailing Series avec Alinghi, et avec l’Energy Team qui prépare la prochaine Coupe de l’America revient sur ces différents projets dans cette interview pour Voile-Multicoques(réalisée pendant les Extreme Sailing Series de Nice).

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Voile-Multicoques.com : Tu viens d’annoncer ton engagement en MOD 70 avec la création d’une nouvelle société Spindrift Racing, pourquoi cet engagement sur ce circuit ?

Yann Guichard : Je fais du multicoque depuis près de vingt ans, c’est ma passion, je suis passé sur plusieurs supports en offshore et en inshore, avec une Route du Rhum dernièrement (en 2010 sur Gitana 11), ce circuit fait la synthèse de toute cette expérience, j’étais donc motivé et intéressé pour intégrer ce circuit.

Ce qui est fantastique dans ce projet c’est le fait de partir d’une page blanche, c’est la première fois que je peux construire un team à mon image, après avoir été équipier sur différents bateaux, puis skipper chez Gitana mais avec une équipe déjà en place.

Mon association avec Léo Lucet (directeur de Spindrift Racing) permet de partir sur des bases solides, puisqu’il a déjà géré ce genre de projet au sein du Gitana Team.

La vocation de Spindrift Racing est-elle seulement orientée vers le MOD ou souhaiteriez-vous intégrer d’autres projets multicoques ?

Le projet phare de Spindrift Racing est clairement le MOD 70, mais j’ai envie de partager mon expérience acquise en multicoque avec des jeunes.

Le multicoque revient comme support aux JO, donc pourquoi ne pas essayer d’aider des jeunes régatiers à travers notre structure.

© Yvan Zedda / Sea&Co / MOD S.A.

As tu déjà eu l’occasion de naviguer sur un des MOD  ?

Pas encore, je suis seulement monté quelques minutes sur Race for Water à Lorient, mais j’ai eu beaucoup de retours par des amis, qui seront peut être de futurs équipiers sur le bateau.

Je pense que ce bateau est bien né, ce qui est logique avec des gens d’expérience comme Franck David et Stève Ravussin aux commandes. Ils sont partis des 60′ ORMA avec le cabinet VPLP, qui a le plus beau palmarès en multicoque océanique.

Le trimaran est simple avec beaucoup moins de gadgets que sur les trimarans 60′ ORMA, ce qui correspond à l’objectif de fiabilité de cette classe avec un programme sur 10 ans comprenant un tour du monde.

Nous avons déjà eu un bel aperçu de ce que seront les courses sur ces bateaux avec la Fastnet Race où les deux MOD 70 ont terminé à trois minutes d’intervalle après 30 heures de course et 600 milles parcourus.

Le plateau reste pour l’instant assez franc-français, penses-tu que l’engagement des grands noms de la voile et du multicoque puisse attirer les teams étrangers courtisés sur ce circuit MOD ?

Il y a des contacts avec des teams étrangers sur le circuit MOD 70, deux équipes ont déjà signé Race for Water pour la Suisse et Oman Sail, nous espérons que les six engagements finalisés attireront des sponsors et des skippers.

Au delà de la conjoncture économique actuelle, le frein vient du fait que la classe « n’existe pas » encore réellement, la Krys Match puis la Krys Océan Race permettront d’inviter des skippers, des clients qui pourront visualiser le potentiel du circuit, ce qui pourrait déboucher sur d’autres projets.

Le MOD 70 a une place à prendre, il y a un tour du monde en équipage en monocoque, la Volvo Ocean Race, désormais il y aura un tour du monde en multicoque.

Pour Spindrift Racing, notre vocation n’est pas de trouver obligatoirement un partenaire français, loin de là, nous sommes en pourparlers avec différentes entreprises, mais tant que rien n’est signé nous restons humbles.

Nous devrions retrouver des équipiers français à bord de tous les bateaux, car à l’heure actuelle les meilleurs équipiers de course au large en multis sont français, il serait bête de s’en priver. De mon côté j’aurai au moins un ou deux marins étrangers sur le bateau.

Tu fais partie de l’équipage d’Alinghi qui est engagé sur les Extreme Sailing Series, actuellement en deuxième partie de classement, que manque-t-il à l’équipage pour mieux figurer ?

Sur le bateau le potentiel est là, nous apprenons à nous connaître, c’est de mieux en mieux, mais les résultats sont en dents de scie sur les différents Acts.

Nous sommes parfois en tête mais nous avons du mal à terminer, nous étions en tête pendant deux jours à Trapani sur les « Open Water », avant de terminer sixième, les « Stadiums » (régates sur des formats courts) sont plus difficiles pour nous.

Nous avons raté des journées ce que nous ne pouvons pas nous permettre sur ce circuit où la moindre petite erreur, le moindre manque de cohésion se paient cash.

Il reste trois grands prix, rien n’est terminé, nous allons continuer à nous battre régates après régates, l’important est de se faire plaisir à bord et les résultats suivront, mais le plateau est conséquent, le niveau très élevé, c’est donc logique que les résultats soient serrés.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Quel est la principale difficulté sur ce circuit des Extremes 40 ? L’exiguité des plans d’eau, le format très court des régates avec la nécessité de prendre de bons départs ?

Le départ est primordial, mais nous avons vu aujourd’hui que des départs moyens ne sont pas forcément rédhibitoires, les bateaux en retard sur la ligne peuvent prendre un côté du plan d’eau dans un vent frais, Gitana a pris des départs à droite en deuxième rideau, alors que nous étions tous bloqués sur la gauche, ce qui a été payant au final.

Cependant sur ce grand prix les conditions sont vraiment extrêmes avec un à quatre nœuds de vent, donc tout peut basculer sur une manche.

Tu as couru les deux derniers grands prix de D35 en Méditerranée, comment se comporte ce catamaran typé lac sur un plan d’eau ouvert ?

Tout s’est très bien passé pour nous, avec un beau grand prix à Beaulieu, de bonnes conditions pendant trois des quatre jours de régates, à Antibes nous avons eu un peu moins de vent, mais le bateau s’est bien comporté, ce qui limite ce bateau n’est pas l’intensité du vent, mais l’état de la mer, ce qui a d’ailleurs entrainé l’annulation d’une journée de courses à Beaulieu sur Mer.

L’expérience a été favorable pour toutes les équipes, je pense qu’une majorité souhaite renouveler ce type de navigations l’année prochaine.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Tu as navigué sur l’AC45 d’Energy Team, quels sont les plus grosses différences entre ce catamaran à aile et un multicoque à gréement conventionnel ?

L’aile rigide est très efficace, nous l’avons vu lors de la dernière coupe, elle diminue beaucoup le fardage, le bateau est donc plus évolutif, il vire et empanne mieux.

La gestion de la puissance est assez incroyable sur les AC45, c’est très précis, nous avons trois réglages sur l’aile: le traveller qui permet de régler toute l’aile, ce qu’on retrouve sur un gréement classique ; le camber, qui est l’équivalent de la bordure sur un multi classique comme l’Extrême 40 ou le D35, et qui permet de régler la profondeur entre l’avant de l’aile qui nous appelons le mât et les flaps ou volets sur l’arrière de l’aile ; le twist, qui permet d’enlever de la puissance sur les flaps, ce qui correspond au cunningham. Ces éléments ne sont donc pas complétement différents dans la façon de naviguer.

Le fait de gérer à volonté la puissance est assez formidable. ce qui permet également de régater dans des conditions musclées, comme à Plymouth, où les catamarans ont navigué dans 30 nœuds de vent, ce qui est rare pour des multicoques de cette taille.

Les flotteurs sont très volumineux, les safrans ont une grande surface, ce qui amène un bon contrôle, le bateau est donc très tolérant.

L’aile gomme les défauts du multicoque par rapport au monocoque, un mono est très évolutif, l’aile rigide apporte cette évolutivité, la diminution du fardage fait que le bateau ne s’arrête pas, ce qui est une difficulté sur les phases de départ où il faut gérer le timing à la ligne.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Energy Team a peu navigué par rapport aux top teams, est ce que des entrainements sont prévus pour combler ce retard ?

Le premier acte à Cascais était une phase de découverte pour toutes les petites équipes, avec une différence de niveau maximale entre les nouveaux teams et les autres (Oracle Racing, Artemis Racing et ETNZ), à Plymouth les coréens et Energy Team ont montré un beau potentiel, le retard s’est donc un peu comblé.

Pour atteindre le niveaux des tops teams, il n’y a pas de secret, il faut naviguer plus, les grosses équipes passent 200 jours par an sur l’eau.

Dans cette optique et avant le troisième acte à San Diego, nous allons naviguer une semaine à l’ENV (du 17 au 21 octobre) avec l’Energy Team pour faire du match race sur deux catamarans du Trophée Clairefontaine, nous allons nous entrainer avec Pierre Antoine Morvan, spécialiste français de match racing.

Nous allons également modifier un peu l’équipage avec Christophe Espagnon qui sera au réglage de l’aile à côté de moi (Yann Guichard barrera l’AC 45 d’Energy Team à San Diego) et qui assurera aussi la tactique.

Ensuite nous allons planifier d’autres entrainements sur d’autres supports, le désavantage que nous avons par rapport aux grosses équipes est l’impossibilité de naviguer à deux AC45, Artemis en a commandé un second, Oracle en possède quatre.

Nous ne pouvons pas naviguer entre les actes puisque les bateaux sont en transit, et nous ne pouvons pas faire de speed tests ou de réels entrainements avec les autres équipes, ce qui complique la tâche pour le développement des voiles d’avant.

Des entrainements à deux bateaux permettraient de progresser de façon exponentielle, nous l’avons vu en naviguant avec le Team Korea à Cascais.

Concernant ces formats de courses assez courtes, est ce qu’une réelle communication est possible entre le barreur et le tacticien (ou skipper) sur ces circuits Extreme 40 et AC 45 ?

En Extreme 40 non, sauf sur les Open Water, mais en Stadiums la décision doit se prendre sur l’instant, donc le barreur gère également la tactique dans 80% des cas, nous n’avons pas le temps de discuter du timing d’un virement sans se mettre dans une situation difficile, avec ensuite des « options » qui sont subies et non choisies.

Avant la manche, nous avons malgré tout le temps de discuter pour choisir le positionnement sur la ligne et le côté du plan d’eau à choisir, c’est donc un travail d’équipe.

Sur l’Extreme 40, je pense que pour avoir de bons résultats, les trois équipiers doivent être capables de gérer tout les postes pour faire avancer la machine, le barreur est moins concentré sur la marche du bateau que sur d’autres séries puisqu’il gère également la tactique.

En AC45 les parcours sont peu plus longs, les bateaux vont plus vites, la limite virtuelle doit être intégrée, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire ; une aide à la tactique est donc essentielle.

Cet aspect nous a manqué sur les deux premiers rendez-vous, où nous étions plus en phase de découverte du bateau, nous devons passer sur un mode plus centré sur la performance.

Sur certains bateaux, la tactique est assurée par le numéro 2 qui gère les bastaques, sur d’autres c’est le régleur de l’aile ce qui me correspond plus ; nous fonctionnerons de cette façon avec Christophe Espagnon à San Diego.

Emirates Team New Zealand s’impose en match race, Oracle Racing Spithill en flotte

Vendredi et samedi, le plan d’eau de Pylmouth accueillait les duels comptant pour le Match Race Championship.

Aleph ouvrait le bal face aux Espagnols de Green Comm en quarts de finale, Bertrand Pacé et ses hommes effectuaient un bon départ, et établissaient une bonne tactique, jusqu’au dernier bord, où le gennaker passe à l’eau, ce qui permet à l’équipage espagnol de passer le catamaran français et de s’offrir une victoire.

Team Korea s’offrait facilement China Team lors du second quart, pour le troisième, Oracle Racing Spithill était également large vainqueur face à Green Comm.

James Spithill  devra s’incliner face à Chris Draper lors du quatrième quart. A la barre du bateau coréen, le Britannique s’accroche à son adversaire et repasse en tête à la fin du premier bord portant, le vent monte à 20 noeuds avec une mer qui s’agite, le Defender frôle le chavirage à la seconde marque sous le vent. Draper s’envole vers la victoire.

Le cinquième quart opposait Energy Team et Team Korea, Loïck Peyron signe un bon départ, enroulant la première marque en tête mais très vite Team Korea choisit le bon côté du plan d’eau et navigue avec une voile d’avant plus adaptée, permettant à l’équipage « coréen » de prendre la tête et de remporter le match.

La première demi-finale opposait Russell Coutts à Dean Barker au meilleur de trois manches. Sur le premier départ, une petite collision entraine une pénalité pour Russell Coutts qui part en retrait mais remporte la manche. Barker gagne ensuite la seconde et la dernière manche, s’offrant une place en finale.

Samedi, Chris Draper élimine Terry Hutchinson, en demi-finale. Team Korea a de nouveau gagné la première manche sur le dernier portant, lors de la seconde Artemis écope d’une pénalité pour être entré trop tôt dans la zone de pré départ, l’équipage de Terry Hutchinson réparait dès le départ lancé et revenait au contact dès le premier près mais cédait sa place de leader, malgré un seperbe retour, Team Korea s’imposait avec 15 secondes d’avance et s’offrait une finale face à ETNZ.

James Spithill survolait  son duel face à Loïck Peyron pour la 5e place. Lors du pré départ, Oracle loffe Energy Team qui s’arrête. Peyron et son équipe cravachent pour revenir avec quelques plantés spectaculaires. L’équipage américain s’impose avec plus de 2min 45′ d’avance.

Sur les deux autres petites finales, les Chinois passent la ligne devant Green Comm Racing mais sont disqualifiés pour avoir enroulé une bouée à l’envers. Et dans celle pour la troisième marche du podium, Coutts revanait au contact d’Artemis Racing sur le dernier près, mais écopait d’une pénalité après être sorti du cadre, offrant la victoire à Artemis.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

La finale opposait donc les Kiwis à Team Korea (composé de quatre britanniques et un néozélandais. Dean Barker empoche les deux points d’affilée face à Chris Draper, qui a offert une belle résistance à l’équipage d’ETNZ qui remporte donc ce championnat de Match Racing de PLymouth.

Les réactions des skippers :

Loïck Peyron (FRA), skipper/barreur, Energy Team (FRA) :
« Perdre contre une grande équipe ne me pose pas de problème si c’est avec panache mais là, nous avons fait tout ce qu’il ne fallait pas. Mauvais timing, nous avons coincé la bastaque dans l’aile, planté par deux fois, failli nous prendre une bouée. Il y a des journées sans. Les régates en flotte semblent mieux nous réussir, attendons donc demain. »

Chris Draper (GBR), skipper/barreur, Team Korea (KOR) :
« Nous avons fait quelques erreurs sur la première manche en finale et nous nous en sommes bien tirés sur la suite mais ETNZ n’a jamais trébuché. Nous avons beaucoup appris à Cascais et depuis. Nous sommes très heureux d’avoir su bien appliquer cela tous ensemble, espérons juste qu’il nous reste encore un peu d’énergie demain. »

Terry Hutchinson (USA), skipper/barreur, Artemis Racing (SUE) :
« Nous sommes déçus d’avoir perdu nos deux matchs contre Team Korea alors que nous menions à chaque fois à la marque sous le vent et malgré nos meilleurs efforts nous n’avons pas pu nous imposer. Nous avons le cerveau encore un peu encombré, nous pensons encore comme à la vieille école alors que nous devons être plus instinctifs. »

Dean Barker (NZL), skipper/barreur, Emirates Team New Zealand (NZL) :
« Dure journée de bureau ! Après avoir observé Team Korea en demi-finale nous savions que c’était une équipe difficile à battre. Nous avons pu prendre deux fois l’avantage au départ mais ils sont revenus à chaque fois, nous donnant du fil à retordre. Nous sommes contents de gagner en match race après notre défaite de Cascais (face à Spithill) et ce serait bien de faire le doublé demain. Quel public ici, c’est vraiment génial. »

Loïck Peyron (FRA), skipper/barreur, Energy Team (FRA) :
« Perdre contre une grande équipe ne me pose pas de problème si c’est avec panache mais là, nous avons fait tout ce qu’il ne fallait pas. Mauvais timing, nous avons coincé la bastaque dans l’aile, planté par deux fois, failli nous prendre une bouée. Il y a des journées sans. Les régates en flotte semblent mieux nous réussir, attendons donc demain. »

Chris Draper (GBR), skipper/barreur, Team Korea (KOR) :
« Nous avons fait quelques erreurs sur la première manche en finale et nous nous en sommes bien tirés sur la suite mais ETNZ n’a jamais trébuché. Nous avons beaucoup appris à Cascais et depuis. Nous sommes très heureux d’avoir su bien appliquer cela tous ensemble, espérons juste qu’il nous reste encore un peu d’énergie demain. »

Terry Hutchinson (USA), skipper/barreur, Artemis Racing (SUE) :
« Nous sommes déçus d’avoir perdu nos deux matchs contre Team Korea alors que nous menions à chaque fois à la marque sous le vent et malgré nos meilleurs efforts nous n’avons pas pu nous imposer. Nous avons le cerveau encore un peu encombré, nous pensons encore comme à la vieille école alors que nous devons être plus instinctifs. »

Dean Barker (NZL), skipper/barreur, Emirates Team New Zealand (NZL) :
« Dure journée de bureau ! Après avoir observé Team Korea en demi-finale nous savions que c’était une équipe difficile à battre. Nous avons pu prendre deux fois l’avantage au départ mais ils sont revenus à chaque fois, nous donnant du fil à retordre. Nous sommes contents de gagner en match race après notre défaite de Cascais (face à Spithill) et ce serait bien de faire le doublé demain. Quel public ici, c’est vraiment génial. »


CLASSEMENT FINAL DU PLYMOUTH MATCH RACING CHAMPIONSHIP

1. Emirates Team New Zealand
2. Team Korea
3. Artemis Racing
4. ORACLE Racing Coutts
5. ORACLE Racing Spithill
6. Energy Team
7. Green Comm Racing
8. China Team
9. Aleph

Dimanche, les équipages se retrouvaient sur le plan d’eau pour une course en flotte pour le Plymouth Fleet Racing Championship (course comptant pour le championnat AC 45), les conditions étaient musclées avec 30 noeuds de vent et une mer qui se formait.

Lors du pré-départ, Team Korea évite de justesse un chavirage, le catamaran se retrouve arrêté suite à cet incident, Loïck Peyron dans le sillage des coréens évite la collision mais chavire, l’équipe technique intervient rapidement et peut redresser le bateau français avant le départ de la manche, avec cependant le haut de l’aile endommagé.
Au même moment, Aleph vient de toucher Green Comm (ESP) avec une étrave, collision sans gravité mais quelques mètres plus loin c’est l’étrave tribord d’Artemis Racing qui passe violemment sous la coque bâbord du catamaran l’Espagnol. Les bateaux restent enchevêtrés quelques minutes, Green Comm abandonne, son skipper étant légèrement blessé, Artemis parvient à repartir avec une étrave qui se délamine.

Au coup d’envoi, seuls Spithill, Coutts et Barker s’élancent au coup de canon. Team Korea, Aleph, China Team et Energy Team partent en second rideau devant Artemis.

Le bateau chinois se retourne dans une rafale avant le passage de la première bouée. Là aussi, le bateau est rapidement remis sur ses deux flotteurs et China Team peut continuer sa course, loin derrière les leaders.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Dans le pelotonde tête, la course était très disputée ORACLE Racing Coutts menait d’une courte tête devant James Spithill. Ce dernier réussit à reprendre la main au passage de la bouée au vent mais écopait d’une pénalité, réalisée immédiatement, Spithill revenait malgré tout et creusait l’écart sur les deux derniers bords tandis que Emirates Team New Zealand s’intercalait à la seconde place.

L’équipage de Bertrand Pacé (Aleph) effectuait une course prudent, contrôlant Team Korea et s’offrant une encourageante quatrièmeplace devant Team Korea. Energy Team termine 6ème devant China Team qui termine 9 minutes 54 après le vainqueur (et donc 6 secondes avant le temps limite), Artemis Racing chavire sur le dernier près et ne terminera pas la course.

Au classement America’s Cup World Championship, ETNZ mène avec 4 points d’avance sur Oracle Racing Spithill, Oracle Racing Coutts et Artemis sont 3ème ex-aequo, devant Team Korea, les deux équipes françaises sont également ex-aequo en 6ème position devant China Team et Green Comm Racing.

Artemis devant ETNZ, Team Korea et Energy Team

Les courses permettant de classer les concurrents pour la phase de match racing des America’s Cup World Series ont débuté aujourd’hui, avec trois régates en flotte, une première de 40 minutes, puis deux de 20 minutes.

Les conditions étaient nettement plus maniables avec 10 à 15 noeuds et une mer plate, Artemis Racing de Terry Hutchinson s’est imposé sur la première et la troisième régate alors que Team Korea, qui avait chaviré dimanche, a remporté la seconde.

Les trois équipages (Aleph, Team Korea et Green Comm) qui avaient chavirés dimanche étaient tous présents aujourd’hui, ainsi que China Team qui avait connu la même mésaventure à l’entrainement hier, les dégâts étaient mineurs sur Aleph et Team Kora, nettement plus importants pour Green Comm qui devait changer une des coques de son catamaran suite à un délaminage et pour China Team qui outre une aile sérieusement endommagée devait également effectuer des réparation sur la coque tribord fissurée.

Artemis Racing pointe logiquement en tête avec ses deux victoires et une quatrième place, suivi d’Emirates Team New Zealand, qui fait preuve d’une belle régularité avec deux 2ndes places et une 4ème,  Team Korea mené par le britannique Chris Draper a fait sensation en se classant troisième à l’issue de cette journée grace à une victoire, et des places de 6ème et 3ème, Team Energy, barré par Loick Peyron réussissait également un joli coup avec une 2nde, une 7ème et une 4ème place, l’équipage « français » terminant devant, ORACLE Racing Coutts et ORACLE Racing Spithill. Aleph (7e), China Team (8e) et Green Comm Racing (9e) ont quant à eux eu plus de difficultés en terminant à des places comprises entre la 6ème et la 9ème.

Résumés des courses du jour vues par Energy Team

Course 1 : Auteurs d’un très bon départ, Loïck Peyron et ses hommes franchissent la première marque en troisième position. Energy Team gagne une place lors du premier bord de portant et franchit la deuxième marque en dauphin d’Oracle Racing Spithill et devant Emirates Team New Zealand (D. Barker). La remontée vers la troisième marque voit un resserrement dans le trio de tête mais le classement n’évolue pas. Très à l’aise dans ces conditions légères, Energy Team réalise alors un deuxième bord de portant superbe et prend la tête à la quatrième marque, talonné par Dean Barker. Le bateau français maintient le cap et franchit les cinquième et sixième marques en position de leader, malgré la pression d’Artemis qui fait un retour en fanfare. Les deux bateaux se livrent alors un duel de toute beauté et c’est finalement l’équipage mené par Terry Hutchinson qui prend les rênes de la course à l’avant-dernière marque. Loïck Peyron ne parvient pas à combler l’écart mais il maintient James Spithill dans son tableau arrière. Il s’empare donc d’une excellente deuxième place, à l’issue d’une course dont il a constamment occupé les avant-postes.

Course 2 : Encore un beau départ pour Energy Team ! Troisième à la première marque juste derrière Emirates Team New Zealand et Aleph, l’équipage mené par Loïck Peyron gagne une place à l’issue du premier bord de portant. Energy Team, qui tente alors de recoller aux leaders néo-zélandais, est rattrapé par Artemis pendant le premier bord de près. Les Français conservent leur troisième position jusqu’à la seconde remontée au vent qui leur est fatale puisqu’ils perdent trois places et sont sixièmes à l’avant-dernière marque. Mais les écarts restent faibles et Energy Team peut encore espérer décrocher une place dans le Top 5. Malheureusement, le team français doit se contenter de la septième place à l’arrivée d’une deuxième manche finalement remportée par Team Korea.

Course 3 : Toujours bien placé dans les phases de départ, Energy Team franchit la première marque en troisième position, à la faveur des pénalités infligées à Emirates Team New Zealand et Aleph, qui ont coupé la ligne trop tôt. Une nouvelle lutte s’engage alors avec Artemis et c’est le team français qui prend les devants à l’issue du premier bord de portant. Deuxième à la quatrième marque à seulement 7 secondes d’Artemis, Loïck Peyron est dans le match pour la gagne. Mais il perd du terrain lors de la seconde remontée au vent et franchit l’avant-dernière marque en quatrième position, derrière Artemis, Emirates Team New Zealand et Team Korea. Un classement qui n’évoluera pas jusqu’à l’arrivée.

Loïck Peyron (FRA), skipper/barreur, Energy Team (FRA) : « C’est une journée assez positive. On a pris de bons départs en moyenne, juste assez « safe », avec une meilleure analyse de la flotte. En statistique, c’est incroyable le nombre de bouées qu’on a dû passer en 2e position, c’est pas mal ! Après, on ne tient pas toujours la distance, ça montre qu’il faut gérer la pression et quelques petits détails encore… Dans un petit vent médium comme aujourd’hui on se sent à l’aise. On a eu une vitesse dont on n’a pas à rougir pour l’instant, au près particulièrement avec le nouveau foc 2 de notre ami Jean-Bat (Le Vaillant) qui est magnifique. C’était exactement le range de vent pour cette voile aujourd’hui. Et puis un joli travail à bord, avec une belle entente, une bonne progression. Notre ami JS (Ponce) qui a remplacé Yann Guichard n’était pas très fier ce matin, mais ça a très bien fonctionné, et il trouve cela vachement bien ce soir… Et puis, on sait parfaitement encore où progresser, c’est ça qui nous rassure. Il y a tellement de domaines à travailler que c’est rassurant paradoxalement… ».

Bertrand Pacé (FRA), skipper/barreur, Aleph (FRA) :« Les conditions étaient superbes avec 10/15 nœuds et beaucoup de bascules ce qui est passionnant car cela crée des opportunités. Mais nous n’avons pas été bons dans tous les domaines de la régate. Nous sommes mal partis, nous avons fait des erreurs sur les manœuvres et notre communication à bord sur la stratégie et la tactique n’a pas été pertinente. Nous allons donc changer notre organisation à bord demain afin que Nicolas LeBreton qui manœuvre et tactique, soit plus proche de moi. Pour demain nous espérons des résultats bien sûrs meilleurs, dans les quatre premiers. Nous avons une bonne marge de progression, surtout au niveau des départs, je reste confiant pour la suite. »

Terry Hutchinson (USA), skipper/barreur, Artemis Racing (SUE) :
« La présence de Iain (Percy) à bord sur la première course m’a apporté de la sérénité dans la manière dont nous menons le bateau et m’a permis de me concentrer uniquement sur la barre. Iain nous a vraiment bien positionné pour les bascules de vent. Nous avions la vitesse et nous avons pris les bonnes décisions. »

Ray Davies (NZL), tacticien, Emirates Team New Zealand (NZL) :
« Avec un vent moins fort et instable, des bords très courts, du courant et du marnage, la journée s’est avérée néanmoins plutôt bonne pour nous. Même après notre mauvais départ sur la troisième manche, nous avons réussi à revenir jusqu’en seconde position et nous en sommes très heureux. »

Les régates du Plymouth Match Racing Championship se poursuivent demain jeudi avec trois nouvelles régates en flotte au programme. Les courses débutent à 15h10.

Classement provisoire
1 – Artemis Racing : 1e – 4 – 1e = 27 points
2 – Emirates Team New Zealand : 4 – 2 – 2  = 25 points
3 – Team Korea : 6 – 1e – 3 = 23 points
4 – Energy Team 2 – 7 – 4  = 20 points
5 – ORACLE Racing Spithill :  3 – 5 – 5 = 20 points
6 – ORACLE Racing Coutts : 5 – 3 – 6 = 19 points
7 – Aleph : 7 – 6 – 9 = 12 points
8 – China Team : 8 – 8 – 8 = 9 points
9 – Green Comm Racing : DSQ – 9 – 7 = 7 points

 

J-4 avant les America’s Cup World Series Plymouth, Green Comm chavire

Les équipages en lice pour les America’s Cup World Series de Plymouth ont repris les entrainements depuis quelques jours, aujourd’hui les conditions étaient musclées pour les AC 45, avec 20 noeuds établis.

Les Espagnols de Green Comm Racing en ont fait les frais  avec un chavirage qui n’a occasionné que des dégâts matériels sur le haut de l’aile rigide.

 

© Gilles Martin-Raget

Le skipper Vasilij Zbogar a expliqué que l’équipage était en train de travailler sur le gennaker sur la plage avant lors de l’incident :
« C’est bien venté aujourd’hui. Nous sommes sortis naviguer pour la première fois depuis Cascais et avec ces bateaux dans ces conditions, il faut être à 100% tout le temps. Certaines choses ont mal tourné et nous avons chaviré. « 

 » Bien sûr que cela fait partie du jeu mais il aurait été préférable que cela arrive en fin de la journée plutôt qu’au tout début de notre entrainement. Mais c’est une bonne expérience et nous avons ressalé le bateau plutôt rapidement, essayons maintenant de ne pas commettre la même erreur en course. »

Quelques changements d’équipage au sein des équipages, Bertrand Pacé prendra la barre d’Aleph à la place d’Alain Gautier, Mitch Booth est remplacé à la barre de China Team par Andreas Hagara, l’équipage sera renforcé par Charlie Ogletree au poste de skipper, changement notable également au sein d’Oracle Racing puisque Darren Bundock remplace Russell Coutts à la barre d’Oracle Racing 5.

L’organisation de l’America’s Cup a également annoncé une nouvelle ville étape des derniers America’s Cup World Series, Venise accueillera des régates d’AC45 du  17 au 20 mai 2012 et en avril 2013