Le premier AC45 mis à l’eau

Le premier AC45, catamaran à aile rigide qui servira de support aux pré régates de la 34ème America’s Cup, a été mis à l’eau aujourd’hui à Auckland, en Nouvelle Zélande.

© Gilles Martin Raget

L’équipe technique avait installé l’aile rigide hier après-midi avant de débuter le grutage du catamaran afin qu’il rejoigne le port,  la première sortie est prévue demain matin dès 6h avec  des essais en mer afin de profiter du calme avant une tempête tropicale annoncée dans la semaine.

Le programme des America’s Cup World Series (6 étapes cette année) devrait être dévoilé bientôt, la ville de Marseille s’est portée candidate pour l’accueil des AC45…

La 34ème Coupe de l’America à San Francisco

Le defender américain de la Coupe de l’America, mené par Larry Ellisson et Russel Coutts, a choisi le plan d’eau de la 34ème Coupe de l’America, celle-ci se déroulera à San Francisco en 2013.

Une conférence de presse aura lieu le 5 janvier pour dévoiler les détails de l’organisation de ces régates sur des catamarans à ailes rigides de 72′.

Cinq équipes sont officiellement inscrites à l’heure actuelle, d’autres devraient les faire dans les mois à venir, la marque Louis Vuitton redevient sponsor des régates de sélection du challenger.

Aleph : challenger français pour la Coupe de l’America

L’inscription de l’équipe de France pour la 34ème Coupe de l’America a été validée vendredi par le Golden Gate Yacht Club.

Ce défi est mené par Bertrand Pacé et Alain Gautier, qui a semble-t-il attiré des investisseurs qui devraient en partie financer le défi.

Bertrand Pacé : « Représenter son pays est un immense privilège, une raison supplémentaire de ne pas décevoir et d’être à la hauteur de l’enjeu. Fidèle à sa stratégie, ALEPH – EQUIPE DE FRANCE va continuer de rassembler les talents français qui veulent favoriser le collectif au service de la performance. »

Alain Gautier : « Pour chacun des membres de notre équipe c’est un moment de fierté et d’émotion. L’esprit d’équipe cultivé par les équipes de France de handball, d’athlétisme, de natation, ou plus récemment de la brillante équipe de France de voile olympique est une source d’inspiration pour ALEPH – EQUIPE DE FRANCE: le succès se construit dans la force d’une équipe, dans les sports individuels comme collectifs ».

Cette inscription vient s’ajouter à celle de Mascalzone Latino, Artemis, et probablement Team New Zealand (même si l’équipe n’a toujours pas confirmée cette information), d’autres équipes françaises sont à la recherche d’un budget pour la 34ème America’s Cup, dont All4One, les frères Peyron, Olivier de Kersauson ( qui cherche à s’allier à All4One).

Fred Le Peutrec : « J’ai rêvé d’une Coupe en multicoque »

Fred Le Peutrec a de nouveau accepté de répondre aux questions de Voile-Multicoques, apportant un éclairage sur sa nouvelle tentative sur le Trophée Jules Verne, sur la Coupe de l’America etc.

Tu es déjà détenteur du Trophée Jules Verne avec l’équipage de Groupama 3 depuis l’hiver dernier ; qu’est ce qui t’as poussé à repartir sur une nouvelle tentative cette année avec Banque Populaire ?

 

C’est tout simplement ce genre de navigations, qui sont très rares, associées à des bateaux comme Groupama 3 ou Banque Populaire V qui sont des protoypes uniques, donc j’en profite pendant qu’il y a des bateaux qui sont armés pour ce type de navigations.

 

 

Mais aussi parce que Pascal (Bidégorry) me l’a proposé. Après être revenu avec Groupama je me disais qu’il était dommage d’imaginer que je ne serai peut être plus amené à revivre un tour du monde sur ce type de bateaux, parce qu’évidemment des projets comme le Jules Verne avec des bateaux construits uniquement pour ça sont des projets coûteux et de longue haleine.

Je ne vois pas un projet naître rapidement après celui de Banque Populaire, donc je n’ai pas hésité longtemps après la proposition de Pascal.

 

Quels sont les différences entre ces deux maxis trimarans (Banque Populaire V et Groupama 3) ?

 

Banque Populaire 5 est un peu plus grand , un peu plus lourd, il a plus d’inertie, le bateau demande donc plus d’anticipation, plus de bras, avec des temps de manoeuvres un peu plus longs que ceux de Groupama 3.

BP5 a un gros potentiel, comparable si ce n’est un peu supérieur, au moins pour ce qui est d’entretenir une vitesse moyenne, c’est un bateau plus constant en vitesse que ne l’est Groupama 3, sans doute par un effet de masse et de longueur associée.

Le bateau a certes moins navigué, mais comme le cabinet d’architecture (VPLP) et de calcul de structures sont les mêmes, toutes les évolutions et les constats de faiblesse de Groupama 3 ont été transféré à Banque Populaire, le bateau a donc bien évolué depuis sa mise à l’eau même s’ il y a eu moins de navigations accumulées qu’avec Groupama 3.

 

 

Concernant le comportement à la mer du trimaran et les performances pures, j’ai du mal à en juger, il faudra attendre d’être en « situation réelle » .

Dans peu de vent et de mer, le bateau avance très convenablement, il n’y a pas de quoi rougir ou avoir un blocage psychologique par rapport aux performances de Groupama.

Dans le contournement d’anticyclones, je ne pense pas que le bateau soit aussi arrêté que ce que je pensais l’année dernière, bien évidemment ceci repose sur des valeurs relatives, il n’y a jamais eu de bord à bord avec Groupama 3,

Est ce qu’on se permettra de passer dans une mer plus formée, un peu plus vite avec ce bateau, là où nous étions « limites » avec Groupama 3 ?

Cette hypothèse reste à prouver, solliciter le bateau sur un tour du monde est toujours difficile étant donné qu’il s’agit d’une épreuve de longue haleine.

 

© Yvan Zedda

 

Le bateau est un peu plus haut sur l’eau, le cockipt plus protégé, Banque Populaire 5 sera-t-il plus « confortable » que ne l’était Groupama 3 pour un tour du monde?

 

Vraisemblablement, la hauteur du bateau et les protections de cockpit vont dans le sens d’un peu plus de confort, ce qui nous permettra peut être d’attaquer un peu plus, mais le confort est très lié à la vitesse.

Comme ce sont des bateaux très rapides, il paraît justifié de se protéger parce que c’est sollicitant, mais ça ne sera jamais le confort d’un 4 étoiles.

 

Le multicoque revient sur le devant de la scène avec le passage de la Coupe de l’America sur des catamarans, penses-tu que ceci va relancer le multi (MOD, Multi 50′, Extreme 40, support olympique…) ou au contraire focaliser les teams autour de ce seul événement ?

A mon sens, ceci va surtout faire venir des gens aux multis, alors qu’ils étaient depuis longtemps concentrés sur un système de monocoques, je pense qu’une fois qu’ils auront mis le pied à bord, ils auront du mal à en débarquer.

L’épreuve reine médiatiquement et financièrement parlant devenant une épreuve en multicoques profitera à tout le monde, et peut possiblement favoriser le retour des multicoques aux Jeux Olympiques. Ce passage de la coupe de l’America au multi rendrait encore plus illégitime le fait de ne plus avoir de support multicoque aux JO.

 

© Gilles Martin Raget

 

 

Le fait que des marins formés à la Coupe de l’America depuis des années, et qui sont les vraies notoriétés mondiales de la voile, passent au multi va les convaincre définitivement, j’en ai fait l’expérience avec Grant Dalton sur The Race, il n’avait de cesse de dire à l’arrivée que c’était la plus belle navigation autour du monde qu’il ait faite.

Autant ils avaient peut être une réticence à venir dans un système qui avait évolué en France et dans lequel ils se sentaient probablement en retard, autant là, le multi va vers la Coupe et rejoint leur système avec de grosses équipes, du match racing etc. Selon moi, c’est un pas plus facile vers le multicoque pour eux.

 

Pour la course océanique, les Multi 50′ se développent en ce moment, le MOD pointe le bout de son nez, on verra comment ces séries vont se stabiliser, mais je pense que ceci sera favorable aussi pour ces bateaux,

Ce support permet d’entrevoir une autre manière de naviguer, d’utiliser la météo différemment, tout ça est logique, la voile reste un sport mécanique, je ne vois pas quel pilote auto ne rêve pas un jour de faire de la F1.

 

Que penses-tu des gréements des futurs AC72 et AC45 (des ailes rigides) ?

 

En terme d’aérodynamique, les ailes sont magnifiques, les bateaux qui en sont pourvus sont ceux qui sont les plus pointus à régler, les plus efficaces en rendement par rapport au vent.

On l’a vu lors la dernière coupe avec des vitesses réelles atteintes jusqu’à cinq fois la vitesse du vent pour BMW Oracle, dans des vents faibles, c’est colossal, c’est forcément beaucoup de finesse, de technologie, de plaisir, de précision, de développement et de mise au point.

 

 

© 34th America's Cup

 

Malgré tout les ailes rendent l’utilisation du bateau complexe, parce qu’il faut mâter/démâter tous les jours, ceci demande une logistique assez lourde, et donc du temps et des moyens pour développer plusieurs ailes, bien évidemment,

 

C’est intéressant, j’imagine que les voiliers ne sont pas forcément contents, d’un point de vue technologique les voiliers seront magnifiques, au sens propre, avec beaucoup de finesse, de légèreté, de précision, d’aisance.

 

 

Tu fais partie des spécialistes du multicoque, as-tu déjà des contacts avec d ‘éventuels teams pour cette 34ème Coupe de l’America ?

 

Des contacts directs non, j’ai des connaissances qui font partie des équipes, avec lesquelles elles sont en train d’établir un plan d’attaque, et je sais que de temps en temps elles pensent à moi, je sais qu’il n’y a rien d’acté.

Je suis plutôt concentré sur mon tour du monde avec Banque Populaire et on verra après.

 

D’ici là les équipes seront un peu plus organisées. Cela me plairait beaucoup de participer à un projet, dans un rôle proche de la performance, de la barre, ça représente une synthèse entre tout ce que j’ai fait.

 

J’ai rêvé d’une Coupe en multicoque, parce qu’originellement, c’est un défi entre deux bateaux les plus rapides de la planète, le système avait évolué par la force des choses vers quelque chose d’un peu archaïque avec des bateaux qui valaient des fortunes pour déplacer le plus vite possible 23 tonnes de plomb. Tout ça ne me paraissait pas cohérent avec la Coupe et encore moins avec ce que l’on vivait dans les grand prix en championnat ORMA, lorsque l’on était entre 11 et 13 bateaux au départ, ce qui me paraissait plus prometteur que la Coupe sur des ACC à l’époque.

 

Ma vision de la coupe ce sont des bateaux ultimes, très rapides, très efficaces pour faire de la régate, et le catamaran,dans la version qui a été retenue le sera forcément, j’en suis donc très content.

Je pense aussi que ça remettra le multicoque en selle pour les jeux (ce qui est quasiment assuré suite à une décision de l’ISAF qui prône le retour d’un catamaran de sport à équipage mixte).

 

 

Tu participais au Championnat Julius Baer l’année dernière sur le D35 SmartHome, il semble que les bateaux seront amenés à courir quelques épreuves en Méditerranée, que penses-tu de cette évolution ?

 

Ce ne sont certes pas des bateaux faits pour les grosses vagues, mais il y beaucoup de plans d’eau qui peuvent les accueillir en été. Le bateau navigue correctement avec un ris-solent jusqu’à 22-23 noeuds, il y a donc une possibilité de faire des régates en mer.

 

 

Tes projets pour l’année prochaine ?

 

Au retour de Groupama 3 l’année dernière, j’avais envie de régates au contact, je pense que ça sera encore plus le cas après le Jules Verne avec Banque Populaire, les projets viendront donc en fonction des opportunités qui me seront offertes.

Les systèmes qui existent actuellement, que ce soient les circuits Extreme 40 ou D35, s’inscriront forcément dans le programme des équipes qui participeront à la Coupe, pour faire naviguer les marins, les habituer au multicoque, apprendre des réflexes de positionnement tactique, de barre, de réglages etc.

Je pense que ces deux circuits verront arriver des équipages de Coupe de l’America l’année prochaine.

Il y aura aussi l’AC45, mais je pense que la plupart ne se priveront pas de venir naviguer le plus tôt possible sur les séries qui existent déjà, on l’a vu avec les néo-zélandais qui ont participé à la dernière étape des Extreme Sailing Series.

Alinghi de retour sur le cicruit Extreme 40

Alinghi, double vainqueur de l’America’s Cup,  a annoncé que l’équipe prendra part à la saison 2011 des Extreme Sailing Series, l’équipe d’Ernesto Bertarelli renonce par contre à s’engager dans la 34ème Coupe de l’America.

© Lloyd Images

En parallèle, l’équipe a également confirmé sa participation de championnat de D35 qui se court sur le Léman, mais dont quelques manches auront lieu en Méditerranée, à priori en septembre.

Avantage Groupe Edmond de Rotshchild

La 1ère journée des Extreme Sailing Series a démarré par deux parcours ‘longs’ hors de l’enceinte du port d’Almeria hier. Cette dernière étape est déterminante pour désigner le vainqueur de la saison The Wave Muscat pointant 1 point devant Groupe Edmond de Rothschild (27 points), la troisième place fait également l’objet des convoitises du second bateau d’Oman Sail, Masirah (25 points) et des anglais d’Ecover (24points) avant cet événement.

Groupama 40 s’adjugeait la première manche longue tandis qu’Ecover remportait la seconde, Masirah mené par Loick Peyron assurait en terminant 2nde de ces deux manches, les deux leaders du championnat finissaient 3ème et 5ème de ces manches,pointant par conséquent à égalité de points.  Les catamarans Extreme 40 regagnaient ensuite l’enceinte du port d’Almeiria  dans un vent faible d’environ 6 nœuds.

Les hommes de Yann Guichard sur Groupe Edmond de Rothschild démontraient leur supériorité dans le petit temps en remportant deux manches et en finissant les autres sur le podium (deux 3èmes places, une 2nde place). The Wave Muscat parvenait à contenir les assauts de Groupe Edmond de Rothschild jusqu’à l’avant dernière manche (avec deux victoires, et une 2nde place), Paul Campbell-James  se retrouvait enfermé à la marque au vent sur cette sixième manche du jour, de plus il heurtait la bouée, et finissait bon dernier après avoir effectué sa pénalité, la dernière manche du jour sera également en demi-teinte pour The Wave avec une cinquième place, alors que l’autre bateau d’Oman Sail, Masirah terminait par une victoire. Ecover faisait preuve d’une belle régularité sur cette première journée avec une victoire, trois 2ndes places, une 3ème et deux 6ème place ce qui permettait aux homme de Mike Golding de pointer à la seconde place du provisoire à 4 points du leader Groupe Edmond de Rothschild, The Wave Muscat était troisième à 7 points et à égalité avec Masirah.

 

© Paul Wyeth/OC Events

 

Malgré un beau début de journée, Franck Cammas et son équipage ne parvenait toujours pas à maintenir leur niveau et enchainait le bon et le mauvais, pointant à la 5ème place du provisoire devant Rumbo Almeria skippé par Mitch Booth et Guillermo Altadill, Red Bull Extreme Sailing et les nouveaux venus Emirates Team New Zealand.

Les réactions des skippers :

Dean Barker, le skipper du catamaran aux couleurs d’Emirates  expliquait son approche  : « Cela ne sert à rien d’arriver comme des cowboys, il faut trouver le bon équilibre, savoir ce que l’on peut se permettre en termes de placement sur l’eau. Revenir au port avec un bateau cassé et rester sur le quai ne nous apporterait pas grand-chose en termes d’apprentissage. »

Yann Guichard  : « J’avoue souvent avoir quelques difficultés à entrer dans le match en début de Grand Prix, mais cette première journée est une bonne journée pour mon équipage. Plus que le classement du jour, qui est évidemment bon puisque nous sommes en tête ce soir, je suis vraiment satisfait de la cohésion dont a fait preuve l’équipage. Nous expérimentons, une nouvelle fois, une configuration différente et malgré cela tout est limpide à bord. Je prends beaucoup de plaisir à naviguer avec Pierre, Thierry et Yves et c’est aussi cela la recette du succès. Il ne faut pas s’emballer, rien n’est fait ! Le niveau est vraiment homogène et nos plus sérieux adversaires ont démontré qu’il fallait compter sur eux.  Puis, il ne faut pas avoir la mémoire courte, à Trapani, nous avions débuté le Grand Prix de la même manière pour finir à la 4ème place … Alors je crois qu’il reste trois jours à courir, qu’il va falloir prendre les régates les unes après les autres sans se tromper d’objectif.»

Paul Campbell-James, The Wave, Muscat
« Les choses allaient plutôt bien jusqu’à l’avant-dernière course, où nous sommes restés coincés sur la marque, puis avons été pénalisés sur la dernière manche – je pense au’en tout on perd une quinzaine de points, si nous avions évité ces erreurs nous serions en haut de tableau. Mais nous restons dans le match, et demain il devrait y avoir du vent, des conditions dans lesquelles nous sommes à l’aise. »

Leigh McMillan, Ecover
« Nous sommes revenus dans le match après un début moyen dans les petits airs. Le vent est rentré avec quelques rafales, et c’est délicat sur ces petits parcours, il y a des murs partout ! C’est très excitant et si c’est musclé demain il va y avoir du sport. »


La seconde journée de cette « finale » des Extreme Sailing Series était nettement plus ventée, environ 25 noeuds, le comité de course décidait donc d’interdire l’usage des gennakers et imposait un ris dans la GV, de plus la flotte était scindée avec seulement quatre bateaux s’affrontant simultanément.

Dans la première course, Groupe Edmond de Rothschild s’imposait assez aisément devant Ecover après un départ parfait, tandis que Red Bull prenait la troisième place devan Emirates Team New Zealand prudent compte tenu des conditions et du manque d’expérience de l’équipage.

Dans la seconde course, Groupama 40 s’imposait facilement alors que la seconde place était très disputée  entre Masirah et The Wave Muscat, Campbell-James attaquait trop et sortait grand perdant en terminant dernier de cette manche.

 

© Paul Wyeth/OC Events

 

Dans la course suivante, le duel entre les deux grands prétendants au titre final tournait à l’avantage de l’équipage de Yann Guichard, qui contrôlait parfaitement The Wave Muscat. Franck Cammas remportait sa seconde victoire du jour tandis devant Leigh MacMillan sur Ecover.

La belle série de Groupama 40 allait néanmoins marquer un temps d’arrêt, l’équipage restant coincé sur la bouée au vent tandis que Masirah volait vers une victoire confortable, Emirates Team New Zealand prenant une belle seconde place devant Groupe Edmond de Rothschild. L’après-midi continuait sur sa lancée spectaculaire, The Wave Muscat effectuant une impressionnante abattée au ras du quai après un départ volé, tandis que quelques minutes plus tard Red Bull accrochait la bouée au vent.

Les deux derniers départs du jour étaient donnés sur un parcours de reaching.  Yann Guichard s’adjugeait une victoire de plus (trois sur quatre régates courues) et confortait son leadership au général. L’ultime victoire de la journée était signée The Wave, Muscat (confronté à Masirah, Groupama 40 et Rumbo Almeria), ayant le champ libre suite au rappel de Masirah et Groupama suite au départ volé de Cammas et Peyron.

Au classement, Groupe Edmond de Rothschild accentuait son avance au général avec 6 points d’avance sur Ecover et 11 sur The Wave Muscat et Masirah, respectivement 3 et 4ème, à égalité de points, devant Groupama 40, Rumbo Almeria, Red Bull Extreme Sailing et Emirates Team New Zealand.

 

© Paul Wyeth/OC Events

 

Les réactions des skippers :

Yann Guichard, Groupe Edmond de Rothschild
« C’était important d’être là aujourd’hui ! Nous faisons quatre belles manches en prenant de bons départs. Puis après, nous sommes dans les bons coups et nous avons une bonne vitesse, ce qui nous permet de tirer notre épingle du jeu. Nous n’avons pas pris de risques à bord tout en étant un peu plus agressifs qu’à Trapani. Nos adversaires se plaisent à dire que nous sommes plus à l’aise dans le petit temps alors nous avons voulu leur montrer que nous étions aussi présents dans la brise …» « A l’issue de ces deux journées, The Wave est passé de la position de chassé à chasseur. Nous ne faisons absolument pas de triomphalisme avant l’heure car il reste encore autant de jours de régates et que nous savons bien qu’en Extreme 40 les choses peuvent basculer très vite d’un côté comme de l’autre. Néanmoins cette position est intéressante car aujourd’hui ils sont obligés de faire leur course et d’engranger les points plutôt que de chercher à contrôler notre régate.»

Paul Campbell-James, The Wave, Muscat
« Nous n’avons pas tiré le meilleur de la journée aujourd’hui, c’était venté et d’habitude nous sommes plutôt bons dans ces conditions, nous n’avons pas bien navigué, c’est aussi simple que ça. On a volé un départ et nous sommes fait doubler au portant, ce qui n’arrive généralement jamais. Mais nous sommes toujours dans la course et c’est ce qui compte. »

Loïck Peyron, Masirah
« Une bien belle journée, avec du sport sur le parcours ! Scinder la flotte en deux était la bonne chose à faire, cela n’aurait pas été raisonnable d’avoir huit bateaux sur la ligne avec ce vent et compte tenu de l’étroitesse du plan d’eau. Bien sûr, lorsque l’on ne courait pas on pouvait profiter du spectacle, et observer un peu nos camarades – c’est intéressant, notamment de regarder les départs ! Niveau résultats, je pense que nous sommes passés partout, du plus haut au plus bas, mais encore une fois le travail de l’équipage a été impeccable. »

Franck Cammas, Groupama 40
« C’était chaud, on a bien fait de naviguer à quatre, sinon je pense que les départs auraient catastrophiques pour tout le monde. Il fallait bien partir et gérer les crises, notamment les manœuvres d’abattée qui sont toujours aléatoires sur ce genre de bateau. On va plutôt vite dans ces conditions, mais on a fait deux erreurs, un toucher de bouée et un départ prématuré, ce qui n’aide pas du tout sur des parcours comme ceux-là ! »

Dean Barker, Emirates Team New Zealand
« C’était incroyable, vraiment beaucoup de plaisir et à chaque course nous avons eu l’impression de progresser, de mieux appréhender ce dont ces bateaux sont capables ainsi que leurs limites. D’évidence nous jouons plus la prudence que l’agressivité, car l’équilibre n’est pas si évident à trouver. Parfois nous avons été un peu limite, et les courses sont si courtes que tout est dans le départ. Le public est vraiment motivant. »


La prochaine Coupe de l’America en catamarans à ailes rigides

Russell Coutts a dévoilé au cours d’une conférence de presse tenue lundi à Valence (Espagne), le support de la prochaine Coupe de l’America, qui se disputera  sur des catamarans de 72′ (22 mètres) gréés avec des ailes rigides de 40 mètres de haut, et menés par un équipage de 11 marins, les nouveaux AC72. Ces bateaux devraient être capables de naviguer dans des vents allant de 3 à 33 noeuds, chaque équipe pourra construire deux bateaux et huit ailes.

© 34th America's Cup

La prochaine America’s Cup se déroulera en 2013, la ville hôte n’a pas encore été annoncé.

Le defender a également décidé de créer un nouveau circuit : America’s Cup World Series, qui se déroulera sur les AC45, classe monotype de catamarans à ailes de 13,70m, les challengers pourront donc se mesurer sur ce circuit entre 2011 et 2012, ces bateaux seront ensuite dédiés à la Youth America’s Cup, qui permettra à de jeunes marins d’accéder à une compétition de niveau international.

Les deux premiers AC45 devraient être livrés en fin d’année en Nouvelle Zélande pour des tests.

La 34ème Coupe de l’America en catamarans à ailes rigides?

Loick Le Bras de VoilesetVoiliers dévoile aujourd’hui dans un article la décision du defender américain BMW Oracle en ce qui concerne le prochain voilier de l’America’s Cup. Selon le journaliste qui semble avoir glané ses informations à Carthagène, le prochain voilier de l’America’s Cup sera un catamaran de 72′ (22m) à aile rigide. Cette information devrait être officialisée mardi prochain.

Ce choix fait suite aux essais menés à Valence par le defender entre des catamarans Extreme 40′ et des monocoques RC44.

Les moteurs devraient de nouveau être autorisés pour mobiliser les appendices.

BMW Oracle semble déjà préparer la prochaine Coupe de l’America qui devrait avoir lieu en 2014 à San Francisco, puisque l’équipe aurait acheté deux nouveaux Extreme 40 (l’équipe en possède déjà deux), probablement pour commencer des tests avec des ailes rigides, il semblerait également que le team américain ait prévu de nouvelles sessions d’entrainement sur le 60′ ORMA Groupama 2, qui a été remis à l’eau à Lorient.

Les Extreme 40 pourraient être le support d’une nouvelle compétition organisée par Offshore Challenges (tout comme les Extreme Sailing Series) pour le compte du defender.

A lire, à voir

Quelques interviews post Jules Verne à découvrir :

  • Franck Cammas, interrogé par Axel Capron pour Sports.fr, qui revient sur ce tour du monde mais aussi sur l’engagement de Groupama sur la Volvo Ocean Race et sur la Route du Rhum qu’il disputera en solo sur Groupama 3.
  • Lionel Lemonchois, de nouveau sur Sports.fr, qui disputera lui aussi la Route du Rhum, dans la catégorie Multi 50′

Bruno Peyron , interrogé par Manon Borsi pour VoilesetVoiliers.com, à propos de The Race 2, le baulois dévoile ses projets pour l’ex Orange 2, les différentes « classes » susceptibles de participer à la course, la concurrence des MOD 70 et l’éventuel lancement d’une classe G100 (basée sur le modèle de la classe A100 développée par l’Oman Sail).

A voir, quelques projets :

  • l’Extreme 90, de Tornado Sport, catamaran de 90′ à foils, avec aile rigide, sorte d’hybride entre les deux multicoques ayant disputé la 33ème Coupe de l’America, imaginé suite à ce duel entre les 2 géants, et ayant donc peu de chances de voir le jour. A voir ici

  • Le M32, par Marstrom, catamaran à dérives courbes/foils, destiné au raid côtier, et transportable en container de 40′.

Oracle BMW remporte la Coupe !

James Spithill et son équipage ont de nouveau largement dominé celui d’Alinghi 5 hier sur le plan d’eau de Valence.
BMW prenait de nouveau l’avantage au départ puisque le bateau suisse écopait d’une pénalité.

© Gilles Martin-Raget / BMW Oracle

Ensuite Alinghi 5 reprenait l’avantage au près (avec pour la 1ère fois Loick Peyron à la barre), grâce à une bonne lecture du plan d’eau de la cellule arrière, et possèdait 600 mètres d’avance sur le trimaran américain, cependant lors du virement des américains sur la layline, les suisses ne couvrent paset BMW Oracle reprend l’avantage.

BMW Oracle passait donc la première bouée avec 28 secondes  d’avance sur son adversaire,le bord de reaching anéantira les espoirs des hommes d’Alinghi de revenir, le trimaran se montrant nettement plus puissant et rapide à cette allure, USA 17 passant la seconde bouée 2 minutes 44 secondes avant le catamaran helvète.

Le bord de portant ne changera rien au résultat final, malgré une molle qui ralentira le trimaran américain à moins d’un mille de la ligne et qui réduira son avance de moitié.

BMW Oracle remporte donc cette 33ème Coupe de l’America, de nombreux français ont oeuvré pour cette victoire, Thierry Fouchier, qui occupait le poste de  régleur des voiles d’avant sur le bateau mais aussi les architectes Vincent Lauriot Prevost et Marc Van Peteghem, les concepteurs de l’aile Dimitri Despierre et Joseph Ozanne, entre autres.

© Gilles Martin-Raget / BMW Oracle

Reste maintenant à decouvrir les « modalités » de la prochaine Coupe, Larry Ellison, désormais defender, devrait dévoiler le lieu et le type de bateau très bientôt.