Roman Paszke à Rio Gallegos

Après 25 heures en situation précaire, avec une voie d’eau à l’arrière de la coque gauche, le skipper polonais Roman Paszke a réussi à amener son catamaran GEMINI 3 à bon port dans le port argentin de Rio Gallegos, il a été assisté par un remorqueur sur les derniers milles.

Roman Paszke a pu mettre son catamaran à sec aujourd’hui à l’aide de deux grues et d’un remorqueur, la coque babord contenait semble-t-il 5 tonnes d’eau, le séchage complet de celui-ci devrait prendre 2 à 3 jours, ce qui permettra à l’équipe technique d’évaluer les dégâts subis par le bateau.

Pablo Armando

Rappelons que Roman Paszke était le premier skipper à tenter le tour du monde contre vents dominants en multicoque, il se trouvait à quelques jours de mer du Cap Horn lors de l’avarie.

Précisions sur l’avarie de Francis Joyon

Il était environ 15 heures à New York hier après-midi quand le grand trimaran IDEC II, au louvoyage au plus près des rives de l’Hudson est entré en collision avec une bouée de chenal. Les orages violents accompagnés de pluies diluviennes accompagnaient Francis Joyon depuis son départ de la marina de Gateway à Brooklyn. Sans assistance, le détenteur du tour du monde à la voile en solitaire était seul parvenu à sortir de la marina en utilisant la propulsion de son moteur in board. Record et performance obligent, il lui fallait ensuite démonter son arbre d’hélice avant la ligne de départ située à hauteur de la bouée d’Ambrose au large de l’embouchure de l’Hudson. Joyon choisissait donc de s’amarrer sur un corps mort et de procéder au démontage sous l’eau de son hélice. Après plus d’une dizaine de plongeons dans les eaux noires et froides de l’Hudson, le skipper d’IDEC parvenait à ses fins et se déhalait sous voile pour rejoindre la zone de départ. Le vent attendu au secteur sud était alors et contre toute attente franchement orienté à l’est. Après quelques échanges avec Jean-Yves Bernot, routeur-navigateur depuis la terre, Francis comprenait que la dépression attendue, loin de s’évacuer vers l’est, stagnait sur New-York, compromettant radicalement cette tentative de départ.

 

Alors qu’il s’apprêtait à faire demi-tour, Francis Joyon, au près sur un clapot virulent et sous des trombes d’eau, ne pouvait éviter une des bouées métalliques qui balisent le chenal de l’Hudson. Les carénages des bras de liaison avant et arrière entre la coque centrale et le flotteur bâbord étaient endommagés, nécessitant un travail de stratification. Mais afin de rejoindre la marina de Brooklyn, il fallait préalablement remettre en place sous le bateau l’arbre d’hélice si laborieusement démonté deux heures plus tôt. Francis allait alors se livrer à une manoeuvre difficile. Saisissant un bout, toutes voiles affalées, il laissait glisser le géant IDEC sur son erre cap sur la même bouée d’amarrage préalablement utilisée. Arrivé à la hauteur du corps mort, dans les conditions de vent, de pluie et de mer dantesques, Francis se jetait à l’eau, agrippait le corps mort et immobilisait son multicoque ! il pouvait ensuite réitérer la pénible opération de remontage de son hélice, avant de rejoindre, déçu et harassé, en fin d’après-midi la marina de Brooklyn.

Le plus urgent est dès aujourd’hui de remettre le voilier en état. Christophe Houdet, fidèle compagnon de Francis, qui a présidé en 2007 à la construction du bateau, arrive à New-York chargé des tissus et matériels nécessaires. Au terme de deux jours de travail, le maxi-trimaran IDEC sera de nouveau pleinement opérationnel. La plus grande incertitude plane désormais sur la faisabilité de cette tentative de record. Jean-Yves Bernot observe une nouvelle « fenêtre » potentielle d’ici environ trois jours.

La dérive de BP5 amputée de 2,20m

Après avoir heurté un OFNI dans la nuit de mercredi à jeudi, l’équipage de Banque Populaire a pu faire un état des lieux plus complet de la situation, en sortant la dérive de 600kg de son puit, l’opération qui a pris environ trois heures a révélé que le choc a arraché 2m20 de la pièce immergée et confirmé la disparition de la crash-box.

Ramenée sur le pont, la dérive fait maintenant l’objet de toutes les attentions, quelques hommes d’équipage se relaient pour tenter une réparation, comme l’explique Pascal Bidégorry :

« Nous sommes arrivés dans la nuit sur une zone nous permettant de sortir la dérive sans trop de difficultés. La manipulation nous a pris près de trois heures pendant lesquelles nous nous sommes mis à la cape. Emmanuel Le Borgne en a « profité » pour plonger sous le Maxi Banque Populaire V afin d’évaluer d’éventuels dégâts sur les safrans et les fonds de coque. Sur ce point il n’y a rien de grave. Une fois la dérive sur le pont, nous avons constaté qu’il en manquait un morceau d’environ 2m20. Le choc a été tellement intense qu’il a carrément cassé le barreau structurel de la dérive. Actuellement, nous essayons de couper l’extrémité réduite en charpie mais avec les outils dont nous disposons, la chose n’est pas simple du tout. Nous y allons à la scie à métaux et à la perceuse. Une fois coupée, nous étudierons la possibilité de faire une stratification. Notre objectif est de fermer la partie basse de la dérive afin de la rendre étanche. Sans cela, avec la vitesse, elle continuerait à se délaminer ».

© BPCE

Ceci devrait prendre au minimum 24 heures, pendant lesquelles le trimaran évoluera à vitesse réduite :

« Nous naviguons sous solent avec 6 nœuds de vent et ce qui est sûr c’est que tout ça ne nous fait pas gagner de temps ! Nous espérons pouvoir mettre le gennaker assez vite mais pour le moment nous en avons besoin pour caler la dérive. Nous ferons tout pour aller au bout de notre démarche. Nous allons avancer heure par heure pour essayer de relancer de manière constructive l’histoire du Maxi Banque Populaire V avec le Trophée Jules Verne. Nous prendrons la décision qui s’imposera une fois que nous aurons tout tenté pour reprendre notre progression autour du monde dans des conditions normales de navigation et de sécurité. Mais pour le moment, nous continuons et face aux évènements, je me dis que j’ai vraiment beaucoup de chance de naviguer avec une équipe très solidaire, qui n’hésite pas à se remonter les manches dans l’adversité  ! ».

La suite de la tentative de Trophée Jules Verne semble assez compromise, la dérive est largement amputée, ce qui serait très pénalisant sur la remontée de l’Atlantique, qui plus est la dérive assure aussi la « sécurité » du safran de coque centrale, comme l’expliquait le skipper, le même choc sur le safran aurait entrainé une voie d’eau, la réparation s’annonce difficile mais l’équipage reste mobilisée pour mener à bien celle-ci, la décision sur un éventuel abandon sera prise ensuite.

Cammas vers la victoire, avarie pour Yves le Blévec

Sombre série pour les Multis 50′, après Franck Yves Escoffier qui a vu son étrave s’arracher, c’est au tour d’Yves le Blévec, autre favori à la victoire d’être victime d’une grosse avarie.

En effet, Yves le Blévec déplore une casse sur la crosse du bras de liaison avant de son trimaran Actual, les explications du skipper :  » J’ai cassé le bras de liaison. Ça a démarré vite. Au fur et à mesure qu’on avançait, la mer se creusait et le bateau sautait beaucoup sur les vagues. Ça ne m’empêchait pas d’aller vite. Il y avait des chocs importants. Il y avait entre 22 et 23 nœuds de vent cette après-midi. Je me disais que j’allais moins vite… Mais il fallait calmer le jeu. Pendant la nuit  la situation était plus problématique. Ça a démarré par une panne électrique. Le bras s’est fissuré et de l’eau est rentrée dedans. Ca a commencé par une panne de pilote et, en faisant demi-tour j’ai entendu un gros bruit, j’ai refait route, j’ai entendu encore beaucoup de bruit à l’arrière : ça a dû générer des déformations dans le bras arrière. Voilà le scénario qui a duré environ un quart d’heure.

Il y a beaucoup de questions mais pas beaucoup de réponses et… le bras reste quand même cassé : la structure est largement entamée et j’ai dû organiser une cellule de survie. J’en saurai plus demain quand j’évaluerai l’avarie ; est-ce réparable ? Je ne suis pas en danger mais mon bateau l’est… Là il faut que je sois extrêmement prudent.

Aujourd’hui je suis obligé d’assurer ma sécurité mais je ne m’inquiète pas : avec les balises et la communication je ne serai pas perdu au milieu de l’Atlantique. La mer s’est calmée parce que j’ai orienté le bateau. En réalité il y a encore beaucoup de mer mais vu ma position je n’entends plus les grincements que j’entendais avant… »


Il semblerait que l’origine de cette casse soit un choc ayant entrainé une voie d’eau dans la coque centrale, entrainant une panne de pilote, le bateau ayant ensuite décroché et serait retombé brutalement dans une vague provoquant la casse de la crosse. Yves le Blévec a entrepris de consolider le bras de liaison avec les moyens du bord.

Tout comme son malheureux adversaire, les skippers cherchent des solutions avec leurs équipes techniques et les architectes des trimarans (VPLP pour Crèpes Whaou et Guillaume Verdier pour Actual), afin de rejoindre la Guadeloupe en limitant au maximum les dommages.

Franck Yves Escoffier, skipper de Crèpes Whaou à la vacation :

« Vu comme ça s’aggrave, j’ai beau tourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas trop comment faire avec mes petits bras. Il faut éviter la voie d’eau mais aussi essayer de ne pas trop abimer d’avantage l’étrave. Je travaille actuellement avec les architectes et le chantier.

Le problème est que je ne trouve pas de solution pour le moment. Mettre une voile ? Oui, mais il y a de l’eau à l’intérieur… Je suis donc plus ou moins en stand by. Je progresse à 1,9 nœud. A ce rythme là, il faudra 25 jours pour rentrer donc ça ne va pas être évident.  Je continue à réfléchir à une solution qui va me permettre d’avancer au moins à 4 ou 5 nœuds.

Il manque entre 120 et 150 centimètres d’étrave sur toute la hauteur. Je ne vais pas reboucher ça avec des torchons et des serviettes. La coque s’épluche tranquillement mais sûrement… Dès que j’ai un peu de vitesse, ça rentre d’autant plus. A 1200 milles de toute terre, c’est difficile. Pourtant j’étais prudent, je n’avais rien sur l’étrave, j’ai tiré vraiment normalement sur le bateau. Je m’attendais à tout mais pas à ça… »

Franck Cammas devrait en toute logique remporter la Route du Rhum-La Banque Postale 2010 sur son maxi trimaran Groupama 3, il se trouve ce soir à 163 milles de Pointe à Pitre avec 261 milles d’avance sur le second, Thomas Coville sur Sodeb’O.

© Yvan Zedda

Le trimaran vert est attendu sur la ligne d’arrivée  demain matin, Thomas Coville a d’ores et déjà félicité son adversaire, mais il s’attend à un final à suspense pour le gain de la deuxième place avec Francis Joyon, Sodeb’O devrait arriver par le nord de l’ile, alors qu’Idec arrivera par l’est, pour l’instant Thomas Coville possède une avance d’environ 50 milles sur Francis Joyon, Yann Guichard ne devrait pas pouvoir se mêler à la lutte pour le podium étant empêtré dans une zone de vents erratiques, comme l’explique le skipper :  » Tout va bien à bord de Gitana 11 : il n’y a pas beaucoup d’air ce matin, mais je sors enfin des grains. Le dernier est à vingt milles dans mon Nord : j’ai été éclairé toute la nuit par la foudre ! J’ai longé une ligne de grains et j’ai réussi à passer au travers, mais c’était impressionnant ces éclairs partout. C’était ambiance Pot au Noir, avec des vents très instables. Maintenant, ça va mieux, mais il reste deux jours et demi de mer dans du petit temps, jusqu’à l’arrivée. Pas beaucoup de répit ces derniers jours, juste de petites plages de repos par-ci par-là. Ce n’était pas simple de dormir avec les orages. J’ai passé quatre heures avec zéro nœud de vent et j’étais obligé de tenir la barre parce qu’il y avait encore de la mer. Comme Gitana 11 est large et bas sur l’eau, il se fait balader par les vagues et il faut essayer de le guider au mieux pour qu’il ne souffre pas. C’est assez frustrant quand le bateau se met à l’opposé de la marche et ça met du temps pour le remettre sur le bon chemin. Mais Thomas et Francis ont dû aussi connaître ces moments »

Gitana 11 en chantier

Après son escale forcée à Dingle (Irlande), suite à une avarie de flotteurs, Yann Guichard a convoyé le trimaran Gitana 11 en solitaire vers sa base technique de Saint Philibert le 26 avril.

Le bateau est donc à nouveau entré en chantier, comme l’explique Cyril Dardashti, le team manager du team « Suite aux faiblesses détectées sur les flotteurs, l’équipe technique va appliquer le principe de précaution et procéder à l’inspection de l’ensemble des coques. Rien ne peut et ne doit être laissé au hasard et ces opérations nécessitent que Gitana 11 retourne en chantier ».

© Yvan Zedda / Gitana S.A

Les réparations seront menées selon les directives du bureau d’études du Gitana Team, du cabinet d’architecture navale VPLP et la société HDS, spécialisée dans le calcul de structure.

Le team n’a pas communiqué sur la date de remise à l’eau du bateau qui fait partie des favoris de la prochaine Route du Rhum.