Route du Rhum, le point après 24 heures

Le départ d’hier n’aura finalement pas posé de problèmes aux marins, Sidney Gavignet sur Musandam Oman Sail gratifiait les chaines de TV d’une belle montée sur un flotteur en tête de la flotte des Ultimes après le passage de ligne, Thomas Coville revenait ensuite grâce à la puissance de son bateau, tout comme Lionel Lemonchois très à l’aise sur Prince de Bretagne, ce dernier passait la bouée du Cap Fréhel en tête devant Sidney Gavignet et Thomas Coville.

Avec u vent fraichissant et une mer difficile, on pensait que les skippers des Ultimes allaient privilégier la vitesse et réduire les manoeuvres, au final seuls Yann Guichard sur Spindrift 2 et Yann Eliès sur Paprec recyclage choisissaient cette option avec un seul virement. Le reste de la flotte menée par Loick Peyron sur Banque Populaire VII effectuait trois virements pour parer la pointe Bretagne et Ouessant.

Loick Peyron a fait parler la puissance de son bateau durant la nuit et s’est creusé une avance de presque 50 milles sur Groupe Edmond de Rothschild barré par Sébastien Josse. Le reste de la flotte navigue entre 60 et 80 milles du leader avec des trajectoires assez proches, Francis Joyon sur Idec Sport pointé 7ème faisant une route plus à l’est alors que Prince de Bretagne plus au large (40 milles en latéral) est pointé 3ème.

Les fortes conditions de mer et de vent n’auront pas l’instant pas été rédhibitoires aux plus petits bateaux, notamment les MOD 70.

L’événement marquant de ce début de course reste l’avarie de Thomas Coville survenue hier vers 23h30. Alors qu’il allait sortir du rail d’Ouessant, le skipper de Sodeb’O a semble-t-il manqué de lucidité et est descendu dans la coque centrale pour régler un soucis de moteur. A sa sortie, il n’a pu éviter le choc avec un cargo qui était en route de collision avec Sodeb’O Ultim. Le bateau est très endommagé avec le flotteur tribord arraché jusqu’au bras et l’étrave de la coque centrale  également manquante, le skipper et le bateau sont en sécurité à Roscoff.

Thomas Coville, skipper de Sodeb’O Ultim à propos de cette collision :

« J’étais en train de sortir du DST, c’est à dire la zone de trafic maritime qui nous était interdite, je pense que j’allais très vite. J’avais eu un petit souci dans la nuit à l’avant et j’avais décidé de remettre du charbon et je revenais je crois très fort sur Loïck (Loïck Peyron, Maxi Banque Populaire VII), j’étais très à l’aise.

J’ai eu une alarme moteur, pour faire une charge batterie, qui s’est déclenchée et donc je suis rentré à l’intérieur parce que j’étais surpris qu’au bout de huit heures je sois obligé de faire une charge. Il n’y avait rien d’anormal donc je suis remonté et là, j’ai bien vu sur mon écran…Il faut imaginer que sur nos bateaux nous n’avons pas beaucoup de visibilité, là il fait nuit, il y avait des grains avec beaucoup de pluie et en fait on naviguait qu’à l’écran finalement comme les pilotes d’avions ou contrôleurs aériens qui ne travaillent qu’au radar. J’avais bien vu qu’il y avait deux cargos proches de moi, mon bateau était en mode vent, il a une manière d’évoluer qui peut être aléatoire par rapport au vent et par rapport aux vagues, moi je suis à 25 nœuds, le cargo est à 18 nœuds donc on a une vitesse de rapprochement de 40 nœuds et en gros je fais les deux milles en question en une minute trente. Je ressors de la cabine après avoir démarrer le moteur, je cherche le bon régime moteur et au moment où je lève la tête je vois ce mur noir passer devant moi et je le touche d’environ 1,5 mètres ou peut-être à 3 mètres de son arrière. C’est à dire que cela ne passait pas et cela aurait pu passer à 3 mètres. »

 

Yann Guichard, skipper de Spindrift 2 : « Ça a été compliqué cette nuit, il a fallu slalomer entre les cargos et les pêcheurs. Il y a eu des moments un peu chauds. Je n’ai pas eu de problèmes mais la nuit a été éprouvante. La mer est croisée et pas facile. Je ne suis pas allé très vite vu l’état de la mer, j’ai beaucoup manœuvré et les manouvres dans 25/30 nœuds voire plus, la moindre erreur est fatale.
(…) Maintenant ça avance tout droit, j’espère pourvoir accélérer quand la mer se calmera, pour l’instant elle est presque de face. Ça s’éclairci un peu, j’ai du ciel bleu à mon vent, par contre, il y a des grains à 30 nœuds et la mer est démontée. Ce matin j’ai mangé, pendant la nuit aussi, il n’y pas de souci, je ne suis pas malade, les conditions sont dures, je n’ai pas encore dormi, je vais faire une sieste 10/15 minutes quand on va raccrocher. Il faut que je m’aère la tête, ça ira mieux au large du Portugal. Le portant, ce n’est pas pour tout de suite… On a encore 30 heures difficiles pour le bonhomme et le bateau, on souffre avec lui, on a l’impression qu’il va se désintégrer. Dans les vagues, l’étrave décolle de 15 mètres… C’est violent mais tout va bien »

Francis Joyon, skipper d’Idec Sport :

« Je t’appelle avec le téléphone satellite dans une main et l’écoute dans l’autre : le vent est assez fort et très instable. Un coup je suis au près serré, un coup au vent de travers… le vent oscille brusquement entre l’ouest/sud-ouest et le nord-ouest, ce n’est pas très cool et très tendu en multicoque ! J’ai deux ris dans la grand voile et il me faut faire des changements de voile d’avant de temps en temps entre la trinquette et l’ORC (plus petite, ndr), pour faire ça je me mets au vent arrière pour rouler et j’essaie de faire vite… La mer est très difficile à gérer car la houle de travers est assez forte, il y a au moins 4 mètres de creux et surtout celle-ci vient heurter la mer du vent. Le résultat n’est pas joli-joli à voir… et en plus il n’y a pas de soleil pour recharger mes panneaux solaires (rires) ! »
J’ai appris pour l’abandon de Thomas (Coville), de mon côté j’ai pas mal de petits soucis mais rien de comparable et rien de grave. J’ai notamment de petits pépins électriques et je n’ai plus d’ordinateur de bord : l’écran ne reste allumé que quelques secondes et j’ai bien du mal à voir les fichiers de vent et la position de mes concurrents. Je suis obligé d’attendre que ça se calme un peu pour tenter de mettre en service l’ordinateur de secours. Cette nuit, on a eu jusqu’à 38 nœuds et surtout je me bagarre avec les grains…C’est très inconfortable : jamais je n’avais fait taper le bateau à ce point là ! Ça secoue vraiment très, très fort et je pense qu’on va avoir des conditions encore instables comme ça toute la journée. Ce qui m’embête un peu c’est que j’ai du mal à trouver la vitesse optimale, car je suis obligé de choquer tout le temps… sinon le bateau s’envole. Pour l’instant je n’ai pas dormi du tout, j’ai du réussir à faire deux ’nuits’ de trois secondes mais pas plus… « 

Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne :

« Cette nuit, ça a été très musclé. Je suis resté toute la nuit à la barre et je n’ai pas dormi du tout mais tout va bien à bord. Je suis content parce que le bateau se comporte bien, cependant, je reste prudent et cherche à placer le curseur au meilleur endroit entre aller vite et préserver le matériel, d’autant que ce qui suit s’annonce costaud également et ce sera pire encore pour ceux qui sont derrière nous, un peu moins rapides 

Route du Rhum J-1

Tour d’horizon des concurrents en catégorie Ultime, la victoire de Franck Cammas voici 4 ans avait surpris, le skipper de Groupama 3 s’était emparé de la tête de la course dès la bouée du Cap Fréhel pour ne plus la lâcher, à la surprise générale.

En effet le potentiel de vitesse du trimaran était connu en équipage, mais la capacité du marin à le mener en solitaire de Bretagne en Guadeloupe a poussé plusieurs concurrents vers cette solution des « très » gros et puissants multicoques.

 

 

Dans cette catégories des « grands ultimes » nous retrouvons

 

  • Thomas Coville sur Sodeb’O Ultim’

Le skipper de Sodeb’O s’attaque à son premier défi sur ce « nouveau » trimaran. Le skipper a mis ce bateau à l’eau en mai 2014, il s’agit de l’ancien Géronimo d’Olivier de Kersauson profondément remanié. En effet les architectes de la première mouture, VPLP se sont remis à leurs planches à dessin pour faire renaitre ce multicoque dont il ne reste qu’une partie des flotteurs, la bôme et les bras de liaison.

L’avant des flotteurs, la coque centrale ont été redessinés, les flotteurs ont été renforcés afin de recevoir des foils. L’équipe de Sodeb’O a adapaté les appendices (safrans et foils) d’USA 17 (le trimaran de 90′ à aile d’Oracle Racing vainqueur de la 33ème Coupe de l’America).

Le mât a été construit dans les moules de celui de Groupama 3 version solitaire, les deux bateaux ayant des dimensions et un plan de voilure proche. L’ancien trimaran de Franck Cammas était d’ailleurs convoité par Thomas Coville, mais la vente avait échouée au profit de Banque Populaire.

Le trimaran se classe dans le trio de tête des plus grosses unités de cette Route du Rhum. Dans des conditions identiques à celle de la précédente Route du Rhum, Thomas Coville fait donc parti des grands favoris, qui plus est le marin navigue en solo depuis presque dix ans maintenant (en 60′ ORMA initialement, puis sur le maxi Sodeb’o premier du nom, le plan Irens/Cabaret), il a cinq tours du monde en multi à son actif.

Malgré tout, ce trimaran est récent, la mise au point est toujours longue sur ce type de multicoque, mais le skipper n’a cessé de naviguer depuis la mise à l’eau, avec notamment une « reconnaissance » du parcours avec un aller en équipage réduit vers la Guadeloupe et un retour en solitaire.

Thomas Coville semble donc affuté, le potentiel de vitesse du trimaran est très certainement équivalent, voir plus probablement supérieur au bateau tenant du titre (Banque Populaire VII, ex Groupama 3), le point négatif pourrait être l’absence de course en flotte du skipper depuis 2010, mais bon nombre de ses concurrents sont dans le même cas.

Les plus :

– bateau performant

– skipper spécialiste des records en solitaire

Les moins :

– trimaran récent avec une mise au point somme toute réduite

  • Loick Peyron sur Banque Populaire VII

Le duo inattendu de cette Route du Rhum, Loick Peyron fait son retour à la barre d’un grand multicoque en solitaire suite au forfait du skipper maison Armel le Cléac’h.

Celui-ci s’est blessé à la main, et à donc été contraint de céder la barre du trimaran tenant du titre, et depuis optimisé par le team Banque Populaire. Armel le Cléac’h était ultrafavori de cette course, avec, on le sait, un bateau performant puisque Franck Cammas avait pu gérer sa course il y a 4 ans suite à une belle avance prise dès les premiers jours de course, et un marin rompu à l’exercice du solitaire sur cet engin depuis deux ans, avec les records de la Méditerranée, des 24 heures et de la Route de la Découverte (avec de grosses moyennes dans des conditions de mer et de vents fortes). Il avait du renoncer à celui de l’Atlantique Nord faute de fenêtre météo favorable.

Loick Peyron « hérite » donc d’un bateau sur lequel il n’avait jamais navigué jusqu’alors, bien que grand spécialiste des multicoques avec un palmarès éloquent, le baulois bénéficiera d’une préparation plus que réduite par rapport à ses concurrents, avec un déficit de navigation ces dernières années (malgré son passage chez Artemis lors de la dernière America’s CUp). Ces dernières courses en solo se sont déroulées en 60′ IMOCA, et sa dernière en multicoque date d’il y a 12 ans maintenant, qui plus est le skipper pourrait être moins affuté physiquement que la plupart des concurrents de cette classe Ultime.

Les plus :

– le bateau tenant du titre

– la connaissance des multicoques du skipper

Les moins :

– la préparation physique du skipper

– le manque d’entrainement sur le trimaran

http://www.youtube.com/watch?v=bpfb6eSQRM0

  •  Yann Guichard sur Spindrift 2

Probablement une des plus grande inconnue de cette Route du Rhum, Yann Guichard est probablement le meilleur spécialiste actuel du multicoque en France, avec des navigations sur de multiples supports (D35, Extreme 40, AC45, 60′ ORMA, 77′ sur la Route du Rhum 2010, MOD 70, maxi multicoque), et une écurie fondée avec Dona Bertarelli qui lui offre un programme de navigations conséquent, mais centré sur l’équipage.

Le potentiel de vitesse du trimaran de 40m est supérieur en équipage à celui de l’ex Groupama 3, le bateau a été adapté autant que faire se peut à l’exercice du solitaire avec un mât raccourci, la suppression de la bascule de celui-ci, l’adoption du vélo pour alterner effort avec les bras et les jambes.

Le passage du trimaran dans la mer et le vent fort sera inégalé sur le plateau des ultimes, mais reste à exploiter au maximum les capacités du multi en solitaire, le skipper risque d’être obligé à sous toilé son trimaran afin d’anticiper les changements météos, alors que les petits « multis pourront enchainer ces manoeuvres.

Le skipper avoue également que le moindre soucis technique sera ingérable en solitaire.

Les conditions météos musclées prévues les premiers jours pourraient l’avantager si il arrive à tirer le maximum du potentiel de son bateau gérable, mais la seconde partie de course avec des conditions changeantes pourraient lui être moins favorable. Reste aussi la faisabilité d’une transat sur ce géant, peu de gens pariaient sur Franck Cammas il y a 4 ans, Yann Guichard déjouera peut être une nouvelle fois les pronostics.

Les plus :

– la vitesse du bateau dans des conditions de mer difficiles et les vents forts

– la connaissance du support par le skipper

Les moins :

– la capacité à gérer un bateau aussi puissant

 

 

 

Les Ultimes « intermédiaires »

  • Francis Joyon sur Idec Sport

Francis Joyon avait terminé second lors de l’édition 2010, son objectif reste le podium, malgré le déficit de puissance de son plan Irens/Cabaret de 2007 par rapport aux derniers nés de VPLP. Il peut tirer son épingle du jeu si les conditions après le coup de vent du départ sont variables, le bateau étant très polyvalent quelque soit les conditions.

Le marin aligne un palmarès éloquent sur son trimaran puisqu’il a été détenteur de tous les records en solo, avant de se faire déposséder de quelques uns par Armel le Cléac’h, il lui reste cependant les deux plus difficiles, l’Atlantique Nord et le tour du monde.

Le skipper part donc sur un bateau éprouvé et fiabilisé, avec 20000 milles au compteur et peu d’avaries, même si le trimaran est rustique, il n’en est pas moins relativement performant. De plus il le connait par coeur, il le prépare quasi seul, et semble capable de parer à la plupart des avaries possibles, et le mènera au maximum de son potentiel sur cette course, alors que d’autres pourraient être tentés d’agir avec plus de retenue.

Les plus :

– un palmarès inégalé en solitaire

– trimaran polyvalent et parfaitement adapté au skipper

Les moins :

– déficit de performance face aux trois grands ultimes

 

 

L’interview par Voiles et Voiliers

  • Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne

Le skipper est double vainqueur de la Route du Rhum dans deux classes différentes (60′ ORMA en 2006 sur Gitana 11, avec le record actuel de l’épreuve), et en Multi 50′ en 2010), il espère le triplé.

Il est parfaitement aguerri à l’exercice du solitaire et reste un très grand spécialiste du multi et un équipier recherché, sur « son » projet il a adapté une plate forme de 60′ ORMA (l’ex Sodeb’O) à sa main et avec comme objectif cette course.

Le skipper a gardé une largeur suffisante gage de puissance et une longueur modérée afin que le trimaran soit évolutif quelques soit les conditions sur l’Atlantique, il n’aura gardé de la plate forme initiale que les bras, la bôme, les appendices et l’accastillage. Le trimaran semble un bon compromis puisqu’il reste tout à fait maniable dans toutes les conditions et assez rapide.

Malgré tout, le skipper sait son trimaran un peu moins performant que les gros ultimes dans des conditions fortes, le mât basculant lui donnera un avantage dans des conditions plus légères et le skipper est capable d’accélérer si les conditions lui sont favorables, sans se pauser de questions sur sa capacité à mener le bateau en solo.

 

 

 

 

Les « petits » Ultimes, les trois « MOD » 70

La classe monotype initialement crée pour des courses en équipage ayant périclité, les équipes possédant un  MOD 70 ont pour deux d’entre elles adapté les plate forme à l’exercice solitaire. Yann Eliès est arrivé très récemment à la barre de Paprec, alors que ses deux concurrents directs ont beaucoup plus d’expérience à la barre de ces trimarans.

 

  • Sébastien Josse sur Groupe Edmond de Rothschild

Le skipper du Gitana Team sera probablement le concurrent le mieux armé parmi ces trois petis Ultimes. Il est à la barre du trimaran depuis 2011 et a beaucoup navigué sur ce support. Il s’est beaucoup entrainé pour cette course, en multipliant les sorties en solitaire, il a également remporté la Jacques Vabre l’année dernière en double, faisant une quasi répétition de ce qu’il pourrait rencontré pendant cette course.

Le trimaran est également celui qui a été le plus modifié, des ballasts ont été ajoutés, la casquette a été élargie afin que le skipper n’ait pas à descendre dans le bateau, il est équipé d’un système anti chavirage maison sécurisant.

Et plus important côté performance, le Gitana Team a mis en place des safrans en T avec un plan porteur à l’extrémité de ceux-ci avec un réglage d’incidence, ces appendices permettent de gagner quelques noeuds en sustentant plus le bateau qu’avec les seuls foils et safrans classiques et permet le limiter le tangage et donc de stabiliser le multicoque notamment à haute vitesse.

Le podium parait difficile à briguer pour Sébastien Josse avec des conditions musclées au départ limitant le bénéfice d’un petit bateau manoeuvrant et moins sollicitant physiquement, il visera vraisemblablement la quatrième place.

Les plus :

– trimaran le plus perfectionné des MOD 70

– skipper bien préparé

Les moins :

– déficit de vitesse et de puissance face aux gros ultimes

– première course en solitaire en multicoque

 

L’interview par Voiles et Voiliers

http://www.youtube.com/watch?v=OdSPV7ru3W0

 

  • Sidney Gavignet sur Musandam/Oman Sail

Sidney Gavignet avait débuté en multicoque solo il y a quatre ans, sur un quasi sistership d’Idec et Sodeb’O maxi (le plan Irens Cabaret, non engagé sur cette édition), mais avait été contraint à l’abandon suite à la casse d’un flotteur et au chavirage.

Cette fois-ci le skipper s’est beaucoup entrainé et connait parfaitement son MOD qu’il barre depuis 2012, le trimaran est cependant moins bien armé que celui de son concurrent Sébastien Josse, puisqu’Oman Sail n’a pas développé les appendices du bateau.

Le record du tour des iles britanniques a cependant mis le skipper en confiance et celui-ci fera de son mieux pour bien faire sur cette course.

Les plus :

– grande expérience du marin en course au large

Les moins :

– le potentiel du trimaran

http://www.youtube.com/watch?v=gpgbRZul_50

  • Yann Elies sur Paprec Recyclage

Yann Elies sera probablement le moins bien armé pour cette course, malgré son expérience en équipage sur des maxis multicoques et en équipage plus réduit ou en double en Multi 50′, il n’aura que peu navigué sur son MOD. Celui-ci ne possède pas non plus les appendices perfectionnés de Groupe Edmond de Rothschild.

L’objectif du skipper sera avant tout de terminer sa première course en solitaire en multicoque, si possible en plaçant au moins un autre MOD derrière lui.

http://www.youtube.com/watch?v=Dd9XGXeCvRY

Loick Peyron skipper du trimaran solo maxi Banque Populaire VII pour la Route du Rhum

Armel Le Cléac’h, le skipper du Maxi Solo Banque Populaire VII, est blessé à la main et avait été contraint de déclarer forfait pour la Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2014.
Le nom de son remplaçant est Loick Peyron, le baulois retrouve donc le team Banque Populaire avec lequel il avait collaboré une saison et avec qui il avait remporté le Trophée Jules Verne à bord du Maxi Banque Populaire V en 2012 (actuel Spindrift 2).

Loïck Peyron, devait initialement s’aligner sur Happy, un plan Newick sistership d’Olympus de Mich Birch, vainqueur de la première édition de la Route du Rhum en 1978, mais le skipper a effectué une navigation d’essai à bord du Maxi Trimaran qui lui a permis de modifier son choix.

Armel Le Cléac’h sera présent pendant la préparation et accompagnera Loïck Peyron afin de l’aider au mieux dans cette préparation, le nouveau skipper n’ayant que peu naviguer en solitaire ces dernières années.
V6

Banque Populaire VII rentre en France, Spindrift 2 en stand by, double transtalantique pour Thomas Coville

Après deux mois de stand by, Armel le Cléac’h a décidé de mettre fin à son stand by concernant le record de l’Atlantique Nord entre New York et le Cap Lizard, ceci afin de mieux préparer la Route du Rhum dont le départ sera donné dans 100 jours.

Les conditions anticycloniques sur l’Atlantique Nord et des glaces situées très sud pour la saison auront eu raison de ce stand by de deux mois. Le skipper du maxi trimaran solo Banque Popualire VII va donc reprendre la mer en direction de Lorient, il mettra à profit cette transat pour parfaire sa préparation puisqu’il n’embarque que Gildas Morvan à ses côtés, celui-ci participera le moins possible à la marche du bateau.

Armel le Cléac’h, skipper de Banque Populaire VII : « Nous nous étions donnés la fin juillet comme date butoir de notre stand by à New York. Marcel van Triest me confirme qu’aucune perspective ne se dessine durant les 8 prochains jours. Il est donc temps pour moi de ramener le maxi trimaran à son port d’attache de Lorient, afin de respecter notre calendrier de préparation à la Route du Rhum. Trois semaines de chantier sont en effet programmées en août, afin de soumettre le bateau à une profonde vérification d’ensemble, suite à ses quatre transats de l’année. Je souhaite naviguer intensément dès les premiers jours de septembre dans la perspective de mon objectif prioritaire, la 10ème édition de la Route du Rhum. Depuis près de deux mois que nous surveillons l’évolution des phénomènes météo sur l’Atlantique, rien de vraiment sérieux ne nous a été proposé, et la présence d’icebergs au sud de Terre Neuve nous aurait contraint à rallonger sérieusement la route. Je quitterai New York sans regret car les conditions de signer un chrono ne se sont pas offertes à nous. Cette nouvelle traversée de l’Atlantique va cependant me permettre de poursuivre mon entraînement en solitaire à bord de Banque Populaire VII. Il me tarde de reprendre mes marques. Gildas Morvan sera à bord pour m’aider en cas de situation difficile, mais il sera avant tout un observateur et c’est seul que j’effectuerai les manœuvres le plus lourdes, en vivant selon un rythme le plus proche possible du solitaire. »

© Yvan Zedda / BPCE

L’autre maxi trimaran également en stand-by, Spindrift 2, restera sur place jusqu’à la mi-août, Yann Guichard et Dona Bertarelli et leur équipage espèrent pouvoir trouver une fenêtre météo dans les trois semaines à venir, dans le cas contraire, le bateau rejoindra aussi son port d’attache breton afin de le configurer pour la Route du Rhum.

Quant à Thomas Coville, autre prétendant à la victoire sur la prochaine Route du Rhum, il est arrivé vendredi en Guadeloupe après une transat en équipage (Jean-Luc Nélias, Loïc Le Mignon, Thierry Briend, Martin Gavériaux et Alexis Aveline l’accompagnaient) sur le nouveau Sodeb’O Ultim, il a repris la mer hier pour le convoyage retour en solitaire, également dans le but de parfaire sa préparation à cette course.

Thomas Coville, skipper de Sodeb’O Ultim :

« Le bateau est très sain et se maitrise facilement. Sodebo Ultim’ passe super bien dans la mer et ne mouille pas beaucoup. Si on navigue très vite à 30 nœuds, le bateau se stabilise facilement même sous pilotes. On a gardé les références des pilotes acquises avec le max-trimaran Sodebo. Les mécaniques et les mécanismes marchent bien, ce n’est pas surprenant car nous n’avons pas d’innovations majeures. C’est vrai aussi que la réalisation et le positionnement auraient pu nous arrêterA vec ce bateau là, j’ai l’impression d’être dans une autre dimension, dans un autre univers. Par rapport au Maxi Sodebo, c’est vrai que tu ralentis quand tu te déplaces. L’inertie d’un bateau de 15 tonnes qui va facilement à 30 nœuds t’emporte quand il accélère ou décélère. Le plus difficile physiquement, ça a été de dormir. C’est normal, c’est une première transat. Il y a de nouveaux sons, une nouvelle sonorité. J’étais forcement très attentif mais ça va s’améliorer. Je vais m’habituer ».

 

Du mouvement chez les Ultimes

  • Armel le Cléac’h et son équipage sont arrivés à New York vendredi 23, le skipper du maxi trimaran solitaire Banque Populaire VII débutera son stand by dès le 2 juin pour sa tentative de record sur l’Atlantique Nord en solitaire
  • Sodeb’O Ultim est désormais mâté, le team s’affaire sur le trimaran afin d’effectuer les premiers test sous voiles qui devraient avoir lieu dans les jours qui viennent. Thomas Coville pourra ensuite débuter sa préparation pour la Route du Rhum.
Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Baptiste Morel/Voile-Multicoques

  • Spindrift 2 a quitté la Trinité sur Mer cette après midi, le maxi trimaran du team Spindrift racing rejoint également les Etats Unis, l’équipage de Yann Guichard et Dona Bertarelli tentera également le record de l’Atlantique Nord, en équipage.
Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Yann Guichard. « La route la plus courte se ferait au près, face au vent et aux dépressions, ce qui n’est pas très intéressant en préparation d’un record qui se joue au portant. Nous allons donc adapter au mieux notre trajectoire pour aller chercher au maximum des allures portantes et de reaching. L’objectif est de nous approcher au plus près des conditions de navigation du record afin que chacun retrouve bien ses sensations, notamment à la barre. J’ai vraiment hâte. Même si nous avons effectué plusieurs navigations longues au départ de La Trinité, rien ne remplace le mode océanique, tant techniquement que humainement. »

Erwan Israël navigateur : « La météo s’annonce très variée voire même plutôt instable sur la fin de parcours, nous partons au Sud dans des conditions médiums pour aller longer le Portugal avant d’enrouler l’Anticyclone des Açores par dessous. Ensuite, nous remontrerons vers Newport dans un régime plus dépressionnaire et le vent doit forcir sur le final.

 

Sodeb’O ultim a été mis à l’eau

Le nouveau trimaran de Thomas Coville a touché l’eau en fin de matinée.
14 mois ont été nécessaires au chantier Multiplast pour transformer l’ancien Géronimo en Sodeb’O Ultim, le chantier a réalisé la nouvelle coque centrale, les tronçons avant des flotteurs qui ont été greffés sur ceux d’origine, l’intégration des appendices issus de Dogzilla-USA 17 (le trimaran à aile rigide d’Oracle Team USA, vainqueur de la 33ème Coupe de l’America), ce chantier a permis d’alléger le bateau de 7 tonnes par rapport au trimaran initial. Le cabinet VPLP, concepteur de Géronimo, était de nouveau de la partie avec la modification des plans pour arriver à ce trimaran solo, avec lequel le skipper débutera la compétition lors de la prochaine Route du Rhum.

Le bateau devrait rapidement être mâté (le mât a été construit  par Lorima dans les moules de Groupama 3 version solo, l’actuel Banque Populaire VII), les voiles ont été conçues par North Sails.

 

© Jimmy Bonnal/ www.jbonnal.fr/

© Jimmy Bonnal/ http://www.jbonnal.fr

Les réactions des acteurs de cette transformation
Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’ : « C’est une journée symbolique. Cela fait 14 mois que l’on a ramené Geronimo de Brest. Il fallait avoir de l’imagination pour arriver à un bateau de cette forme et de cette modernité. Nous avons la fierté d’avoir osé quelque chose d’assez incroyable. ll y a 20 ans, je faisais mon premier tour du monde avec Olivier de Kersauson et il y a quelques jours, nous nous sommes fait plaisir tous les deux à rencontrer ce bateau. Olivier était comme un gamin, enthousiaste comme nous ! »

Patricia Brochard, co-présidente de Sodebo : « Notre engagement dans les plus grandes courses au large et dans des campagnes de records audacieux participe largement depuis 16 ans au développement de la marque et à la côte de sympathie des consommateurs qui voient en nous une marque audacieuse et exigeante qui sait s’engager, une marque fidèle et passionnée. »

Olivier de Kersauson, skipper de Geronimo : « Je reconnais les bras qui typent le bateau, les flotteurs aussi et j’aime la coque centrale, c’est vachement intelligent d’avoir changé ça. L’autre était faite pour naviguer à onze alors que là, c’est un programme solo. Ce que devient Geronimo, c’est une réflexion complètement logique et tu vois tout de suite que c’est bien. Les bateaux de ‘Sieur Coville’ ont toujours été cohérents et ça c’est dû au fait de naviguer, à l’intelligence maritime. On est là, 20 ans après, ce n’est pas un hasard. On a maintenant un bateau moins gras et plus rapide. J’ai hâte de le voir naviguer, de voir les progrès qui ont été faits. »

Vincent Lauriot-Prévost, architecte de Geronimo puis de Sodebo Ultim’ : « En 2001, en vue des records en équipage, Olivier souhaitait un bateau qui joue sur la longueur de la coque centrale de 34 mètres pour un meilleur passage dans la mer dans la longue houle du Sud et sur le fait de naviguer sur deux coques tout en glisse avec un seul safran sur la coque centrale. La démarche de Thomas est différente et découle de ses précédentes navigations en solitaire : plus focalisée sur la navigation sous foils que sur la coque centrale, réduire la taille du mat et la surface de voiles, et adapter trois safrans pour pouvoir naviguer sur un flotteur tout en conservant la garde à la mer des bras de liaisons de la version précédente. »

LA TRANSFORMATION EN QUELQUES CHIFFRES
14 mois de chantier
200 fournisseurs dans 12 pays
40 000 heures de travail
7 tonnes gagnées sur la plateforme depuis Geronimo
70m2 de voilure de plus que le précédent maxi-trimaran Sodebo

SODEBO ULTIM’
Numéro : 73 (En référence à la création de Sodebo par Simone et Joseph Bougro en 1973)
Architectes : cabinet Van Peteghem-Lauriot-Prévost
Structures : Hervé Devaux Structures
Réalisation plateforme : chantier Multiplast et Team Sodebo
Longueur : 31m
Largeur : 21,20m
Constructeur mât : Lorima
Hauteur mât : 35m
Corde mât : 1,20m
Tirant d’air : 37m
Conception et fabrication voiles : North Sails
Surface Grand Voile : 283m2
Surface voiles max au près : 444m2
Surface voiles max au portant : 663m2
3m2 d’espace de vie de plain-pied
Cockpit avec 1 colonne et 6 winchs
400m2 de filets de dyneema
Pilotes automatiques : électrique et hydraulique
Décoration : Désigne.fr

Route du Rhum, les mises à l’eau s’enchainent

  • Le Gitana Team a remis à l’eau le Multi 70′, Groupe Edmond de Rothschild sur lequel Sébastien Josse s’alignera à la prochaine Route du Rhum. L’essentiel du chantier d’hiver a porté sur la mise en configuration solo du bateau initialement prévu pour 6 équipiers, l’ensemble de la table à carte a été ramenée sous la casquette qui dispose de plus de volume, le pilote automatique installé pour la Transat Jacques Vabre a été doublé afin de pallier à une panne. Le trimaran a également été allégé avec u nouveau moteur et de nouvelles voiles, ainsi que la suppression de tous les aménagements intérieurs. Enfin élément le plus innovant pour Gitana XV, des safrans en T.

Sébastien Josse  : « L’objectif de ces nouveaux safrans de flotteurs est de diminuer le tangage du bateau dans la mer. Cette plus grande stabilité devrait nous permettre un gain significatif sur la vitesse moyenne ainsi que dans la conduite du bateau. L’idée n’est pas de faire voler le trimaran… en tous cas pas pour l’instant !» 

Antoine Koch, le responsable du bureau d’études Gitana : « Le temps dont nous disposions cet hiver était trop court pour réaliser l’ensemble des modifications imaginées à l’origine : safrans, foils, travail sur le plan de voilure … Ces nouveaux appendices ne sont qu’une première étape dans ce que nous souhaitons mettre en place par la suite. Le but est bien de faire encore évoluer la plateforme de Gitana XV »

  • Un autre Multi 70 sera en lice pour cette Route du Rhum, Oman Sail Musandam de Sydney Gavignet, le skipper va enchainer les navigations en équipage jusqu’en août, puis peaufinera sa préparation à partir de septembre.
  • Yann Guichard poursuit quand à lui la montée en puissance sur le Maxi trimaran Spindrift 2 avec un record sur l’Atlantique Nord en équipage, dont le stand by débutera en juin, il s’entrainera ensuite en solitaire. Armel le Cléac’h a pour sa part largué les amarres de Banque Populaire VII, l’autre géant de ce Rhum (ex Groupama 3), il s’alignera sur le même parcours en solo.
  • Le Multi 80, Prince de Bretagne, le multi mené par Lionel Lemonchois est en chantier à Lorient, suite à son chavirage, l’équipe technique s’attelle à la remis en état du trimaran afin que le skipper puisse reprendre les navigations au plus vite, probablement début juillet.
  • Le « nouveau » Sodeb’O de Thomas Coville, est sorti du hangar Multiplast, l’ex Géronimo d’Olivier de Kersauson est méconnaissable (nouvelle coque centrale, remplacement de l’avant des flotteurs etc.). Les finitions sont en cours et la mise à l’eau est prévu pour le 19 mai.

Annulation du Défi du Prince

Prince de Bretagne, sponsor du Multi 80′ de Lionel Lemonchois et organisateur de course a annoncé l’annulation du Défi du Prince, course qui devait avoir lieu en mai et qui était ouverte aux multicoques de plus de 50′.

En effet plusieurs bateaux sont immobilisés, dont le 80′ de Lionel Lemonchois, tout juste chargé sur un cargo au Brésil, suite à son chavirage lors de la Mauriecienne  et qui entrera en chantier à son arrivée à Lorient afin d’être prêt pour la Route du Rhum, le Multi 50′ Arkema Région Aquitaine de Lalou Roucayrol est également toujours dépourvu de mât et ne sera de retour en France que courant mai.

Par ailleurs, Spindrift 23, le trimaran de 40m du duo YannGuichard/Dona Bertarelli sera convoyé fin mai vers les Etats Unis pour une tentative de record sur l’Atlantique Nord, Banque Populaire VII, sera mené sur le même parcours en solitaire par Armel le Cléac’h à la même période, les deux trimarans n’auraient donc pas pu participé à cette course. Francis Joyon sur Idec va partir vers le Brésil dans les jours qui viennent et Thomas Coville mettra son nouveau maxi Ultime Sodeb’O à l’eau à la fin du mois avant d’enchaîner les navigations d’entrainement pour le Rhum.

Seule la classe des Multis 50′ semblait conserver un attrait pour cette course, les MOD 70 n’étant pour la plupart que destinés à des navigations RP (Spindrift racing, Paprec).

Cependant une Route des Princes 2, comme en 2013, est programmée l’année  prochaine, ce tour de l’Europe avait été un succès, reste à réunir un plateau suffisant pour cet événement.

 

Armel le Cléac’h décroche le record de la Route de la Découverte

Le skipper du Maxi Trimaran Solo Banque Populaire VII décroche un nouveau record avec celui de la Route de la Découverte, il avait déjà battu celui des 24 heures il y a quelques jours.

Il améliore le temps de Francis Joyon  de plus d’une journée et demie  en 6j 23h 42’ 18’’

© Y.Zedda / BPCE

Armel le Cléac’h : « Ce parcours de 3 884 milles s’est un peu scindé en trois parties avec une entame assez tendue pour passer les Canaries, une moitié de l’Atlantique très musclée avec plus de 30 nœuds de vent et une fin plus technique avec des empannages. Le passage de Gran Canaria était délicat avec une mer formée mais ensuite, j’ai trouvé mon rythme et les bons réglages ce qui m’a permis de battre le record de distance en 24 h (682 milles) ! Au final cela fait une bonne moyenne, mais en plus du record en solitaire, j’améliore le temps du bateau que Franck Cammas avait mené en équipage sur ce parcours… Descendre sous la barre de la semaine, c’est génial ! On commence bien l’année pour fêter les 25 ans de partenariat de Banque Populaire : deux nouveaux records. J’ai bien pris le rythme sur ce parcours aussi long qu’une Route du Rhum : je ne suis pas trop fatigué, les optimisations du bateau fonctionnent bien, j’ai bien anticipé les manœuvres qui sont toujours très longues et très sollicitantes et je n’ai rien cassé d’important à bord.  L’équipe de Banque Populaire m’attend sur place car l’arrivée n’est pas simple avec un aussi grand bateau : on va se mettre au mouillage jusqu’à dimanche et repartir pour Lorient dans la foulée. Une nouvelle traversée plus Nord de l’Atlantique…  Et toujours un bon entraînement pour la Route du Rhum à la fin de l’année. La prochaine échéance, c’est le record de la traversée de l’Atlantique : la barre est très haute ! »

Armel le Cléac’h décroche le record des 24 heures avec 682 milles

Armel Le Cléac’h, le skipper du Maxi Trimaran Solo Banque Populaire VII, a amélioré, cette nuit le record des 24 heures à la voile en solitaire avec 682 milles parcourus soit une moyenne de 28,4 noeuds, il avait déjà battu ce record hier avec 677 milles, le record était jusque là détenu par Francis Joyon avec 666,2 milles.

Il possède ce soir plus de 500 milles d’avance sur le temps de référence ce qui devrait lui permettre de gérer cette avance jusqu’à l’arrivée, il devrait empanner dans la nuit afin de se recadrer sur la route directe et malgré un vent qui va mollir à l’approche de l’archipel des Antilles.

Armel Le Cléac’h : « On avance toujours très vite ce lundi midi après une nuit agitée avec pas mal de vent : l’alizé est plus soutenu que prévu avec 28-30 nœuds ! Et même s’il y a eu des grains, la trajectoire est très rectiligne depuis les Canaries. Comme ça, Banque Populaire a désormais les deux records sur 24h, en équipage (908,2 milles soit 37,84 nœuds) et en solitaire ce matin avec 682 milles soit 28,41 nœuds de moyenne… C’est bien d’avoir pu enchaîner les milles sur la moitié du parcours de cette Route de la Découverte. A 1 000 milles de l’arrivée, ce devrait être moins rapide que ces quatre premiers jours parce que le vent va mollir en approche de l’arc antillais. Je devrais avoir un empannage la nuit prochaine parce que l’alizé va passer au secteur Est aujourd’hui mais cela s’annonce pas mal pour la suite car je n’aurais pas d’autres manœuvres jusqu’à la longitude de Cuba. Je n’ai pas eu trop de changements de trajectoire et c’est bien sur un grand bateau : trois empannages avant les Canaries, un autre sous Gran Canaria. En revanche, j’ai dû changer de voiles d’avant et prendre des ris : je ne suis pas trop fatigué, mais nerveusement c’est un peu plus dur ! J’accuse un peu physiquement parce qu’il faut être sur le pont mais avec le vent qui faiblit, cela va me permettre de recharger les batteries… »