Yann Guichard : « La motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team. »

Yann Guichard, skipper du MOD Spindrift racing, de l’AC45 de l’Energy Team et tacticien sur le D35 Ladycat a de nouveau répondu aux questions de Voile-Multicoques (interview réalisée lors de l’Open de Crans).

© Chris Schmid / Spindrift racing

Voile-Multicoques.com : Tu intègres l’équipage de Ladycat, qui participe au Vulcain Trophy avec un équipage remanié, qui s’est professionnalisé, quels sont vos objectifs ?

Yann Guichard : Dona Bertarelli, la propriétaire, prend les saison les unes après les autres, elle a voulu un peu de changement cette année, en prenant un équipage plus professionnel et avec des hommes.

Ceci permet de naviguer à six et non plus à sept comme avec les filles, ce qui simplifie les choses, avec un poste pour chaque personne.

L’objectif chiffré est d’essayer d’accrocher les troisième, quatrième ou cinquième place du championnat, ce qui est faisable mais difficile.

Alinghi, le CER (Realstone Sailing), et Artemis sont un peu au dessus du lot, mais le reste de la flotte est assez homogène, la course à la quatrième place risque donc d’être serrée.

Cette saison se court exclusivement sur le Léman cette année, quelles sont les spécificités de ce plan d’eau ?

Sur le premier grand prix, nous avons eu un vent de sud un peu instable, ce qui est habituel sur le lac, tout comme le petit séchard pour le second grand prix, les conditions sont toujours plus ou moins piègeuses, il faut être opportuniste, tout peut arriver jusqu’à la ligne soit coupée.

C’est aussi ce qui fait l’intérêt de ce type de plan d’eau, tout peut être remis en questions rapidement, les nouveaux parcours, plus courts que la saison dernière, et avec une porte au vent ouvrent également un peu le jeu, ce qui ajoute des opportunités pour revenir sur les bateaux qui nous précèdent.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces changements de format des régates, avec un raccourcissement des parcours et l’introduction de la porte au vent, ce format se rapproche de ceux qui ont été adoptés sur les autres circuits multicoques (America’s Cup World Séries, Extrême Sailing Series), penses-tu qu’il s’agit de la bonne formule pour courir en multicoque ?

Je ne pense pas qu’un type de parcours soit meilleur qu’un autre, tout dépend du type de bateau, et de l’objectif, comme on peut le voir sur les circuits tournés vers le public à terre.

L’introduction de la porte au vent en D35 ouvre le jeu, mais l’idéal serait d’avoir les règles de la Coupe de l’America en ce qui concerne l’engagement à la bouée, le tribord reste donc roi selon les règles ISAF avec des passages de bouées parfois un peu dangereux.

Ce format donne plus d’intensité, mais aussi plus de travail à l’équipage avec des manœuvres incessantes, ce qui change des longs bords calés que nous avons connu jusqu’ici sur le circuit.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Tu es le skipper du MOD Spindrift racing depuis quelques mois, quelles sont les qualités du bateau par rapport aux autres trimarans que tu as barré jusqu’ici (60′ ORMA, Gitana 11 sous sa forme rallongée) ?

Ces bateaux sont difficilement comparables, le choix d’un bateau monotype fait que les coefficients de sécurité sont plus importants, le bateau est donc plus costaud, plus raide, à un plan de voilure un peu moins puissant par rapport aux autres bateaux que j’ai pu barrer.

Dans les petits airs, le bateau est un peu plus difficile à faire avancer qu’un 60′ ORMA, du fait d’un rapport poids/puissance un peu moins favorable, mais ce bateau est très intéressant, la monotypie a été très bien respectée, comme nous avons pu le constater sur les régates courues jusqu’ici avec des écarts très serrés, il faut aller chercher quelques centièmes de nœuds face aux adversaires pour s’imposer. Ce qui promet de belles régates inshores, mais aussi sur l’Atlantique dès cet été.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Certains skippers ont déjà evoqué une participation à la Route du Rhum 2014 sur les MOD, l’envisages-tu et quelles seraient les modifications à apporter au bateau pour l’adapter au solitaire ?

Le bateau semble plutôt adapté, il y aurait bien sûr un second pilote à installer et quelques modifications mineures.

La course aura lieu dans deux ans et demi, l’objectif immédiat reste bien sûr le Multi One Championship, mais il est clair que je participerai à la course sur ce bateau, nous verrons si une classe MOD sera créee pour la course ou si nous participerons dans la classe Ultime. Il serait dommage que ces bateaux restent à quai pendant la Route du Rhum, ce type de course permettrait aussi de mettre en valeur la classe.

Les deux premières confrontations avec tes concurrents ont été très serrés cette année, que ce soit sur le Tour de Belle Ile ou l’Armen Race, où se sont jouées ces courses ?

Pour le Tour de Belle Ile, nous avons pris une option au départ qui n’était pas la bonne, Foncia et Groupe Edmond de Rothschild ont donc été devant dès le début et nous n’avons fait que lutter pour revenir sur eux, ce que nous avons fait petit à petit.

Sur l’Armen Race, nous étions en tête sur le retour, mais nous avons eu un problème pour hooker la GV, ce qui a permis à Foncia de revenir et de nous passer, les bateaux ont été au contact pendant toute la course, la moindre erreur fait que le copain passe devant, il faut donc être irréprochable sur les manœuvres. Nous avons fait quelques erreurs, c’est le métier qui rentre, nos adversaires ont un peu plus d’expérience sur ces bateaux et nous progressons de jour en jour, nous allons donc poursuivre nos entraînements dès la semaine prochaine.

Voile-Multicoques.com/Baptiste Morel

Revenons sur ces entraînements, quelles informations sont partagées avec les autres teams, avez-vous des debriefings communs, quelles informations partagez-vous ?

Avec Foncia, nous partageons en live les réglages à la VHF quand nous sommes sur l’eau, nous ne faisons pas de véritables debriefs, nous discutons des réglages de manière informelle.

Ces sessions permettent de progresser dans la connaissance du bateau grâce à ces échanges, en naviguant seuls le feeling est rapidement bon, et on pense être champion de la baie, la confrontation permet de faire des progrès exponentiels, je pense que ces entraînements sont indispensables pour bien figurer face aux autres.

De notre côté nous avons choisi, et eu l’opportunité, de nous entraîner avec Michel Desjoyaux, ce qui est une excellente expérience, je pense que Foncia est une des grosses équipes en MOD 70, c’est donc super de pouvoir mettre des choses en commun avec eux.

Passons aux America’s Cup World Series, Energy Team termine sur trois belles performances, que ce soit avec toi, ou Loick Peyron à la barre, quelles sont les forces de cette équipe qui a pourtant un déficit d’entraînement par rapport aux top teams (Oracle Racing, Artemis, Emirates Team New Zealand et Luna Rossa) ?

Etape après étape, nous avons réussi à poser des bases qui font qu’aujourd’hui notre équipe est solide à terre et sur l’eau.

Nous avons bien travaillé sur l’eau, les manœuvres et la communication se déroulent très bien, l’ambiance est excellente au sein de l’équipe. Même après de mauvais résultats la motivation et l’esprit d’équipe sont restées intacts, ce qui fait une des forces de l’Energy Team.

Nous avons aussi beaucoup travaillé sur les voiles avec Incidences, ce qui nous donne un petit plus en vitesse, surtout dans le vent médium et le petit temps, comme sur les dernières étapes. Cet avantage est une des clefs du succès dans ces régates serrées, où il ne faut rien lâcher.

Les grosses équipes gardent un avantage dans le gros temps car ils ont plus d’entraînement. Dans les vents faibles ou modérés, toutes les équipes manœuvrent bien et les petites équipes rattrapent leur retard sur les détails de réglages.

De notre côté, nous avons réussi à gommer toutes les grosses erreurs, ce qui resserre forcément le jeu. Les régates deviennent donc de plus en plus intéressantes avec des vainqueurs différents à chaque Act.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Il ne reste qu’un Act avant la fin de la saison, avez-vous prévu des navigations sur d’autres supports afin de continuer la préparation à la possible participation de l’Energy Team à la 33ème Coupe de l’America ?

Tout dépendra de la suite, si nous décrochons le financement pour l’AC 72, il y aura des entraînements en commun qui pourront se faire sur le MOD 70 pour préparer l’équipage.

En attendant, nous conservons tous nos programmes différents et assez complets pour tous les membres d’équipage de l’AC45.

Arnaud Jarlegan et Devan Le Bihan naviguent avec moi sur le D35 Ladycat, ce qui permet de parfaire les automatismes sur l’AC45, ces passages sur différents supports sont aussi une force, même si nous n’avons pas l’opportunité de nous entraîner sur l’AC 45.

Est ce que les parcours des régates des America’s Cup World Series, à proximité immédiate des côtes, sont adaptés à l’AC45 ? Ou est ce que ces bateaux mériteraient-ils un terrain de jeu plus vaste ?

Les formats sont parfaitement adaptés pour le public, mais aussi pour nous, on s’éclate sur l’eau, il faut seulement intégrer les limites virtuelles, ce qui est difficile au début. Tactiquement ces limites sont intéressantes, elles resserrent le jeu et gomment le défaut du multicoque, du fait du manque de manœuvrabilité de ces bateaux, nous avions tendance à aller sur les extrêmes, ce format permet de recréer du contact entre les bateaux.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Le format des régates reste parfois assez obscur, avec certains Acts où les match-races se déroulaient en une seule manche contre deux manches gagnantes sur d’autres Acts, est ce que les équipes participent à la prise de décisions concernant l’organisation des régates ?

Les équipes ont leur mot à dire, mais au final Oracle Racing définit les règles avec le retour de différents teams. Il est vrai que le format à une manche gagnante pour le match-racing est un peu dur.

Un autre petit reproche que je ferai concerne le fait que la l’America’s Cup se court en match-race, alors que les ACWS se courent en grande partie en flotte, mais il faut aussi prendre en compte l’aspect télévisuel, et là je pense que suivre une course en flotte est plus sympathique pour les téléspectateurs et le public.

Au final l’équilibre est assez bon, que ce soit pour les compétiteurs ou les spectateurs qui semblent satisfaits.

The Wave Muscat gagne le second acte des Extreme Sailing Series

 

L’équipage de The Wave, Muscat, mené par Leigh McMillan a remporté l’Act 2 des Extreme Sailing Series aujourd’hui à Qingdao. Et chose rare sur ce circuit: ils ont été déclarés vainqueurs alors qu’une manche restait encore à disputer. Ils prennent ainsi la tête du classement général de la saison.


The Wave, Muscat © Lloyd Images

Pour le reste du podium, il aura fallu attendre la fin de la 29e et dernière manche comptant double. Après un début de journée assez désastreux, Roman Hagara et ses hommes, sur Red Bull Sailing Team, avaient déjà abandonnés leurs rêves de victoire. Mais grâce à leurs excellents résultats dans les trois dernières manches, ils décrochent la seconde place et signent leur premier podium depuis l’épreuve de Muscat en 2011. Côté Français, Groupe Edmond de Rothschild, réussit un très beau ‘comeback’, se hissant sur la troisième marche du podium, après avoir démarré la journée à la cinquième place.

Les visages étaient un peu inquiets ce matin à la vue des prévisions météo qui annonçaient les mêmes conditions que cette journée noire de 2011 où quatre bateaux avaient chaviré. Le vent n’a cessé de se renforcer au cours de la journée, mais les effets de la dépression n’ont vraiment touché Fushan Bay et la flotte des Extreme 40 que dans la toute dernière manche, avec une visibilité très faible due à la pluie.


Extreme-40 fleet © Lloyd Images

Dès le premier coup de canon, The Wave, Muscat, ne laisse planer aucun doute sur ses intentions et s’impose à l’arrivée. Cinq manches plus tard, son avance au classement est irrattrapable. « Nous sommes très heureux d’avoir gagné ici à Qingdao après notre deuxième place dans la première épreuve », confie Leigh Mc Millan. « Nous ne nous attendions pas vraiment à cela. La course fut très serrée et Red Bull Sailing Team a très bien navigué et n’a jamais rien lâché ».

Dans la dernière manche, suivie par plus de 55 000 spectateurs, tous les yeux sont rivés sur les quatre prétendants à la seconde place, que 6 petits points séparent. Comme dans l’Act 1 à Muscat, ce sont les Danois de SAP Extreme Sailing Team qui remportent l’ultime manche. Mais grâce à sa deuxième place et à ses deux victoires consécutives dans les manches précédentes, Roman Hagara sur Red Bull Sailing Team revient dans le jeu et grimpe sur la seconde marche du podium. « L’équipage est content de ce résultat. Nous avons mené les deux premiers jours, mais hier nous avons eu une très mauvaise journée et nous avons également mal démarré aujourd’hui. Nous nous sommes vraiment battus pour remonter donc toute l’équipe mérite cette seconde place ».


Extreme-40 fleet © Lloyd Images

Chez les Français, Groupe Edmond de Rothschild réussit lui aussi une belle remontée aujourd’hui. Classés cinquièmes en début de journée, Pierre Pennec et ses hommes, qui comptent parmi les grands favoris cette saison, décrochent une série de bons résultats ce vendredi, dont une victoire, deux troisièmes places et une quatrième dans l’ultime manche, qui leur permet de se hisser sur le podium. « Avant la dernière manche, nous pouvions finir second ou sixième du général, donc je suis content de cette troisième place », avoue le skipper. « Nous terminons une nouvelle fois sur le podium et c’est ce qu’il faut faire pour gagner le championnat ».

Comme à Muscat, l’autre équipe tricolore, ZouLou, termine trois places derrière, en sixième position.

Avec une cérémonie d’ouverture spectaculaire, un programme social pour les écoles et le public très efficace et une cérémonie de clôture que même la pluie n’a pas pu gâcher, l’événement, organisé conjointement par Qingdao Yachting Association, a remporté un grand succès, et Qingdao « Cité de la Voile » en Chine, a été fidèle à sa réputation gagnée lors des Jeux Olympiques en 2008.

Prochaine étape des Extreme Sailing Series 2012 à Istanbul en Turquie pour l’Act 3 du 7 au 10 juin.

Classement Général de l’Act 2 des Extreme Sailing Series 2012 à Qingdao, en Chine à l’issue de la quatrième journée (20.4.12), après 29 manches courues
Position / Team / Points
1er The Wave, Muscat (OMA) Leigh McMillan / Ed Smyth / Pete Greenhalgh / Hashim Al Rashdi / Rachel Williamson 189 points
2e Red Bull Sailing Team (AUT) Roman Hagara / Hans Peter Steinacher / Matthew Adams / Graeme Spence, Pierre Le Clainche 174 points
3e Groupe Edmond de Rothschild (FRA) Pierre Pennec / Jean-Christophe Mourniac / Hervé Cunningham / Bernard Labro / Romain Petit 171 points
4e GAC Pindar (GBR) Ian Williams / Mark Ivey / Mark Bulkeley / Adam Piggot / Andrew Walsh 164 points
5e Oman Air (OMA) Morgan Larson / Will Howden / Charlie Ogletree / Nasser Al Mashari / Max Bulger 162 points
6e ZouLou (FRA) Loick Peyron / Philippe Mourniac / Jean-Sébastien Ponce / Bruno Jeanjean / Patrick Aucour 158 points
7e SAP Extreme Sailing Team (DEN) Jes Gram-Hansen / Rasmus Kostner / Pete Cumming / Christian Kamp / Jonas Hviid 130 points
8e Alinghi (SUI), Pierre-Yves Jorand / Tanguy Cariou / Nils Frei / Yves Detrey / Charles Favre 129 points
9e China Team (CHN) Phil Robertson / Garth Ellingham / Kit Cheng / Nick Catley / Xiaqun Song 74 points

Classement des Extreme Sailing Series 2012, après l’Act 2
1er The Wave, Muscat (OMA) 19 points
2e Groupe Edmond de Rothschild (FRA) 16 points
3e Red Bull Sailing Team (AUT) 16 points
4e Oman Air (OMA) 16 points
5e GAC Pindar (GBR) 13 points
6e ZouLou (FRA) 10 points
7e SAP Extreme Sailing Team (DEN) 7 points
8e Alinghi (SUI), 7 points

Ils ont dit :

Pierre Pennec, skipper de Groupe Edmond de Rothschild
« Avant la dernière manche, nous pouvions finir second ou sixième du général, donc je suis content de cette troisième place. Nous terminons une nouvelle fois sur le podium et c’est ce qu’il faut faire pour gagner le championnat. La difficulté sur ce circuit est d’être réguliers. Satisfait aussi car le niveau de la flotte était assez élevé sur ce Grand Prix. Nous avons pu effacer quelques unes de nos lacunes au fil des jours, ce qui montre que nous avons progressé et c’est important tant en communication qu’en fonctionnement à bord. Il nous reste un point très important à travailler pour le prochain Grand Prix : les départs. L’autre point positif est que nous arrivons toujours à remonter des places lors que nous partons mal. Et sur ces petits parcours, avec des vents oscillants, cela témoigne d’une bonne dynamique à bord. »

« De démontrer à nos adversaires que nous tenons bien la pression, notamment sur ces derniers jours où tout se joue, est une très bonne chose pour l’avenir. C’est tout aussi important pour l’équipage qui reste soudé et optimiste dans toutes les circonstances. Nous répondons présents dans les moments clés. Je me suis vraiment plaisir sur ce Grand Prix, et cela aussi c’est de bon augure pour la suite de la saison. »

« Je voulais adresser un grand bravo à The Wave Muscat, qui a très bien navigué tout au long des quatre jours de régates. Sa victoire est incontestable et méritée. Nous savions qu’il compterait parmi nos adversaires de la saison 2012 et cela ne fait que confirmer notre idée. Cet équipage sera naturellement à surveiller ! »

Hervé Cunningham, régleur de grand-voile, Groupe Edmond de Rothschild
« C’était très difficile de décroche ce résultat, qui n’est pas si mal finalement vu la façon dont nous avions commencé. Mais quand on regarde qui est devant nous, je me demande si c’est suffisant pour atteindre notre objectif cette saison. Mais nous n’en sommes qu’au début, donc nous savons ce qu’il nous reste à faire ».

Pierre-Yves Jorand, skipper de Alinghi
« Cette épreuve a été difficile et un peu frustrante pour nous, mais nous avons eu de bonnes conditions et les manches étaient passionnantes avec des résultats très serrés à la fin. Le plan d’eau à Qingdao est formidable pour ce circuit, avec les départs au reaching, les parcours bananes et la ligne d’arrivée près du rivage. Même les bonnes équipes font parfois de mauvaises manches, donc au final c’est l’équipe qui commet le moins d’erreurs qui gagne l’épreuve. Il va falloir changer notre stratégie pour la prochaine étape ».

Le point sur les America’s Cup World Series de Naples

Les équipages des AC45 se sont retrouvés sur le plan d’eau de Naples mercredi pour le premier événement de la saison 2012.

Cette première journée a été consacrée à des courses en flotte, qui entrent également en jeu pour la détermination des duels en match race. Le format a été un peu simplifié par rapport à 2011, mais reste toujours relativement flou avec une alternance de courses en flotte, de match race et de speed tests, comptant pour différents classements. Vous pouvez retrouver le programme de cet Act ici.

Canal + a signé un accord de diffusion de l’intégralité du circuit de la 34ème America’s Cup, de la Louis Vuitton Cup et des étapes des America’s Cup World Series avec l’organisation,  sa chaine Canal + Sport diffuse donc en intégralité les différentes régates en direct.

Cet accord a pour effet de priver une grande partie des amateurs de voile de ces événements puisque le flux direct accessible jusqu’ici sur YouTube est désormais indisponible, tout comme les résumés des différentes journées de régates, désormais exclusivement réservés aux abonnés Canal +, obligeant les internautes à se cacher derrière des proxis étrangers afin d’accéder à ce contenu vidéo…

Cette première journée de régates a été animée, avec un fort clapot et des rafales à 25 noeuds, offrant un beau spectacle au public venu nombreux. La première manche été menée de bout en bout par James Spithill sur Oracle Racing suivi par Artemis, l’équipage de  Terry Hutchinson effectuait un passage de la dernière marque catastrophique avec un manque à virer suivi d’un enfournement et d’un chavirage, ce qui permettait à Energy Team, auteur d’une belle remontée suite à une pénalité dans la phase de pré-départ, de prendre la 2nd place de cette manche.

China Team, mené par Fred Le Peutrec était contraint d’abandonner suite à un problème d’aile, comme l’expliquait le barreur :
« Nous avons abîmé l’arrière de notre aile sur une bonne hauteur. Je ne sais pas comment s’est arrivé, un problème de compression dans les vagues peut-être. Les techniciens termineront les réparations vers 22h00 ce soir. C’est sûr que pour une première journée, les conditions étaient un peu violentes ! J’aime la brise mais nous n’avons navigué que six jours ensemble donc c’est encore très juste. C’est un équipage jeune et motivé, je suis sûr que cela va venir rapidement. »

Le podium de cette manche était complété par L’équipage d’Emirates Team New Zealand, toujours très constant quelque soit les conditions. Team Korea se plaçait 4ème devant Oracle Racing Bundock et les deux Luna Rossa, peu à l’aise dans ces conditions.

La seconde course était réduite à deux tours avec trois bateaux non partants : Artemis suite à son chavirage qui a très largement endommagé l’aile (panneau supérieur désolidarisé de la partie avant, carénage de la partie en grande partie détruit), China Team suite à l’avarie sur l’aile et Oracle Racing Bundock, après une avarie de coque (fissure de 20cm).

Cette manche était remportée par Dean Barker et l’équipage d’ETNZ, suivi de Team Korea et d’Oracle Racing Spithill. Yann Guichard s’offrait une satisfaisante quatrième place pour Energy Team, les deux Luna Rossa fermaient de nouveau la marche dans ces conditions musclées.

ETNZ et Oracle Racing Spithill pointaient donc en tête à égalité de points avec une victoire et une 3ème place, Energy Team et Team Korea se partageant la troisième place avec leurs secondes et quatrièmes places, suivis des Luna Rossa, Oracle Racing Bundock et d’Artemis Racing et China Team.

Les réactions des skippers à l’issue de cette première journée :

Yann Guichard (FRA), skipper, Energy Team (FRA) :
« C’était clairement des conditions de survie à bord. J’ai dis aux garçons que si nous nous appliquions sur les manœuvres, nous pourrions accrocher de bonnes places et je suis super content d’eux. C’était la première fois que je barrais le bateau dans ce type de conditions, surtout dans cette houle car le vent était moins compliqué à gérer que la mer. Il ne fallait pas aller trop vite, surtout au près, car on soulevait la coque jusqu’au safran. Nous étions à la limite des conditions de navigation pour ces bateaux. Il fallait bien se tirer de cette journée et c’est ce que nous avons fait. Demain, c’est le retour de conditions familières avec un vent plus léger, il fallait donc se démarquer aujourd’hui. »

Dean Barker (NZL), skipper, Emirates Team New Zealand (ETNZ) :
« Il ne faut pas se plaindre de courir dans de telles conditions car c’est vraiment excitant. C’est évidemment terriblement éprouvant pour les bateaux et les équipages. L’objectif du jour était de revenir à quai en un seul morceau, ce que nous avons fait et, en plus, nous sommes bien classés. »

Terry Hutchinson (USA), skipper, Artemis Racing (SUE) :
« C’était un équilibre à trouver entre la régate et la prise de risques. Je n’avais pas le sentiment de nous avoir mis dans une situation délicate mais nous nous sommes retrouvés sur le flanc…très frustrant. Tout allait bien, les deux coques plantaient mais nous restions en sécurité quand, d’un seul coup, l’une de nos étraves a plongé et disparu. Par chance, personne n’est blessé mais notre aile est très abîmée, complément cassée même. J’espère qu’il y en a une de rechange par ici, peut être que nous utiliserons celle d’Aleph où une qui ne sert pas. C’est une profonde déception, le bateau était si bien préparé et nous étions si à l’aise en entrainements, c’est difficile à accepter. »

Darren Bundock (AUS), skipper, ORACLE Racing Bundock (USA) :
« Malheureusement, nous n’avons couru qu’une seule manche aujourd’hui. Nous avons eu un problème sérieux sur la première course. L’une des coques s’est fissurée, avec un crac de 20 centimètres de long qui part du capot du pont. C’est seulement causé par le martèlement des vagues sur les bords de près. Nous avons une équipe à terre fantastique qui va travailler dur pour que nous puissions régater demain.  Depuis le rivage, les vagues ne semblaient pas si grosses mais une fois dehors, la houle était forte, ralentissant d’ailleurs les bateaux même si le vent était correct. »

Jeudi était le premier jour de match racing, dans un vent d’une dizaine de noeuds ; dans ces duels, Artemis Racing se qualifiait facilement face à China Team, l’équipe suédoise a semble-t-il acheté l’aile d’Aleph, qui s’est retiré du circuit, afin de poursuivre la compétition.

Deux quarts de finale ont également été couru, au cours desquels Luna Rossa Piranha battait sur le fil Team Korea (4 secondes) et ORACLE Racing Bundock créait la surprise en venant à bout d’ORACLE Racing Spithill.

Le comité lançait ensuite deux manches en flotte, qui voyait ETNZ s’imposer sur ces deux régates, les deux équipages de Luna Rossa brillaient à domicile avec une seconde et une troisième place pour Luna Rossa Piranha et une troisième position pour Luna Rossa Swordfish sur la deuxième manche du jour. Du côté des contre performances, James Spithill ne se classait que 7ème et 4ème, alors qu’Energy Team ne réussissait à faire mieux que 8ème et 4ème. China Team fermait la marche avec des dernières places, logique avec un équipage novice sur ce catamaran AC45.

©2012 ACEA/Gilles Martin-Raget

Les réactions des skippers à l’issue de cette seconde journée :

Yann Guichard (FRA), skipper, Energy Team (FRA) :
“J’ai été moins inspiré,” admet Yann Guichard. “Dans ces conditions légères, les équipes savent à quel point les départs comptent. Nous avons été couverts par deux bateaux OCS (départs volés) sur la première manche puis, sur la seconde, nous étions presque tous trop tôt sur la ligne mais il faut lancer le bateau en même temps que les autres et là, avec les systèmes de positionnement, il n’y a pas de ‘pas vu, pas pris’, cela peut se jouer à moins d’un mètre.”

Paul Campbell-James (GBR), skipper, Luna Rossa Sworsfish (ITA) :
« Nous avons vraiment pris du plaisir, réussissant à rester devant nos co-équipiers. En début de semaine, vous m’auriez dit que l’on se classerait seconds, j’aurais signé. Si nous n’avions pas fait une petite erreur au départ, nous aurions pu nous battre pour la victoire de la première manche. Chris et moi, nous sommes de bons amis depuis longtemps. Il a beaucoup d’expérience sur ces bateaux et nous aide beaucoup mais nous aimons penser que nous le poussons en match race et sur les entrainements en général. »

Chris Draper (GBR), skipper, Luna Rossa Piranha (ITA) :
« Ce vent correspond plus à celui pour lequel nous nous étions préparés. Les gars ont super bien navigué et pris de bonnes options sur le parcours. Je ne leur ai pas offert les meilleurs départs mais Bruni (Francesco, tacticien) a fait un super job pour nous permettre de remonter la flotte. Un grand contraste avec hier. Nous avons beaucoup à faire pour nous améliorer mais c’est un bon début. Le public a été génial, c’était impressionnant d’entendre la foule crier lorsque nous nous sommes approchés des quais. »

Darren Bundock (AUS), skipper, ORACLE Racing (USA) :
« Nous avons bien commencé la journée sur le match race contre Jimmy (Spithill), le vainqueur de l’America’s Cup ! Repartir avec son scalpe est plutôt bien d’autant que cela nous pousse en demi-finale. Les courses en flotte n’ont pas tourné en notre faveur avec une pénalité sur le premier départ et un OCS sur le second. Nous allons analyser tout cela ensemble pour comprendre ce qu’il se passe. »

Au classement général provisoire des courses en flotte, ETNZ prenait les devants avec 9 points d’avance sur Oracle Racing Spithill. Chris Draper sur Luna Rossa – Piranha pointait en troisième place avec 27 points devant Team Korea avec le même total et Energy Team, cinquième avec 25 points.

Vendredi, le comité de course a décidé de lancer les courses en flotte avant de reprendre les quarts de finale du match race en fin de journée.

La première manche en flotte est brillamment remporté par Energy Team qui mène de bout en bout, et résiste à la pression d’Oracle Racing Spithill qui termine à 10 secondes du catamaran français, Emirates Team New Zealand termine à une décevante 8ème place de cette régate dans des vents instables d’une dizaine de noeuds.

La seconde manche sera moins favorable aux français qui écopent de nouveau d’une pénalité pour un départ anticipé, et terminent 7ème après une belle bataille en milieu de peloton. C’est ETNZ qui s’impose devant Oracle Racing Spithill et les deux Luna Rossa.

ETNZ conserve donc son leadership sur le classement flotte, Spithill revient à seulement 5 points des néo-zélandais,  Luna Rossa – Piranha se classe en troisième position devant Team Korea et Energy Team.

Au cours du troisième quart de finale Artemis Racing bat Emirates Team New Zealand qui termine seulement à la 8e du Match Racing Championship.
Luna Rossa Swordfish battait Energy Team après un beau duel, reléguant l’équipe française en 5e du Match Racing Championship
Les deux équipes victorieuses s’affronteront donc dans la demi-finale 1.

Aujourd’hui le comité de course a annulé les régates du fait d’un vent fort, 25 noeuds établis avec des rafales à 35 et de nouveau un fort clapot.

La compétition reprendra donc demain à Naples pour clôturer cette première épreuve de l’année.

Sept teams et neuf bateaux pour les ACWS de Naples

Il n’y aura finalement que sept équipes présentes à Naples pour les premiers America’s Cup World Series de l’année ; suite au retrait d’Aleph et de Green Comm Racing.

L’équipe d’Aleph n’a donc pas réussi à finaliser un budget pour l’America’s Cup ni pour les America’s Cup World Series malgré des résultats encourageants la saison dernière, comme l’explique Bertrand Pacé, Directeur Sportif d’ALEPH : « Nous sommes évidemment très déçus de ne pas pouvoir continuer sur le circuit America’s Cup World Series 2011/2012 et sur la Coupe, compte tenu de notre classement actuel face aux meilleurs équipes du monde.  L’AC45 est un bateau exceptionnel et le format du circuit America’s Cup World Series est très prometteur.  Avec Alain Gautier et Fabrice Levet nous avions constitué une équipe de navigants et de techniciens de très haut niveau qui n’ont pas démérité depuis novembre 2009, et ont obtenu des résultats remarquables compte tenu de nos ressources.»

Les espagnols de Green Comm seront également absent, il semblerait également que l’équipe soit dissoute par manque de financement.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Les italiens de Luna Rossa font leur entrée sur le circuit en engageant deux bateaux, tout comme les américains d’Oracle Racing, au sein de cette équipe, Russell Coutts cède sa place de barreur à Darren Bundock qui occupait déjà ce poste à San Diego, James Spithill et son équipage de vétarans de l’America’s Cup étant aligné sur le 2nd bateau. Artemis Racing, qui possède également deux AC 45, n’en alignera qu’un avec Terry Hutchinson à la barre. Emirates Team New Zealand conserve aussi son équipage mené par Dean Barker.

China Team sera toujours présent, avec un nouveau barreur qui n’est autre que Fred Le Peutrec (interview à lire sur Ouest France), spécialiste du multicoque qui s’est imposé face à Phil Robertson ; Team Korea sera skippé par Nathan Outteridge.

Les français d’Energy Team tenteront de confirmer leurs bons résultats, Yann Guichard reprendra la barre de l’AC45 de l’équipe, comme à San Diego. Cette équipe devrait s’aligner sur la Louis Vuitton’s Cup, des rumeurs courent sur le financement de l’équipe par Larry Ellisson, patron d’Oracle, qui souhaiterait voir le team français à San Francisco l’année prochaine, cette rumeur a été démentie par le team, mais il semblerait qu’aucun sponsor ne soit derrière cet apport de 15 millions d’euros.

L’Energy Team des frères Peyron challenger pour la Coupe de l’America ?

L’information reste à confirmer, mais Ouest-France annonce que les frères Peyron devraient officialiser leur challenge pour la 34ème Coupe de l’America dans une quinzaine de jours.

Photo copyright Bo Struye

L’Energy Team devrait donc représenter la France face aux autres challengers Artemis Racing (SUE), Emirates Team New Zealand (TNZ) et Luna Rossa (ITA) et au challenger américain Oracle Racing, l’équipe disposerait d’un budget de 15 millions d’euros, bien loin de celui souhaité au départ et du niveau de leur concurrents estimé à 75 millions au minimum.

Les français devront se contenter du package AC72 vendu par ACRM basé sur une plate forme imaginé par le cabinet  d’architectes VPLP (spécialisés dans les multicoques et auteurs de la plupart des 60′ ORMA, des maxis trimarans, et de USA-17), de l’aile et des voiles réalisés par North.

D’ici leur participation aux éliminatoires de la Coupe, dans le cadre de la Louis Vuitton’s Cup, les français poursuivront leur préparation sur le circuit des America’s Cup World Series, avec espérons le autant de succès que lors de l’étape de San Diego ; Yann Guichard reprendra la barre de l’AC45, avec également l’arrivée d’Arnaud Psarofaghis sur le catamaran en remplacement de Peter Greenhalgh.

 

05/04/12 : Rectificatif : les frères Peyron et le Team Energy ont passé un accord technologique avec Oracle Racing, le defender américain, qui leur permettra de bénéficier des plans du 1er catamaran AC72 d’Oracle Racing, ils n’utiliseront donc pas le pack ACRM ; mais le pack du design team de l’équipe américaine qui planche sur le sujet depuis plusieurs années et qui a la plus grande expérience en ce qui concerne l’aile rigide.

Gemini 3 bloqué en Argentine

Roman Paszke avait du interrompre début janvier son tour du monde en solitaire contre les vents dominants, au large de l’Argentine ; suite à une voie d’eau sur l’une des coques de son catamaran de 27m Gemini 3.

Depuis les réparations ont été effectuées sur le multicoque, et le skipper polonais a obtenu les autorisations de navigation,malgré tout le bateau se retrouve bloqué dans le port argentin de Rio Gallegos suite à un différent avec une société locale qui réclame 300000$ pour participation aux frais de sauvetage.

D’après Roman Paszke, les frais de remorquage et de port ont été réglés, et il n’y aurait eu aucune demande d’assistance auprès de cette société lors du remorquage du bateau. Les autorités locales ont semble-t-il mis le bateau sous scellé, interdit l’accès à l’équipage, et le départ du bateau avant qu’un jugement soit rendu concernant cette affaire.

Paszke360

Le skipper est évidemment inquiet de cette situation puisque l’hiver austral va débuter dans l’hémisphère sud avec des températures fortement négatives ceci dans un port très exposé aux vents et avec des marnages parfois supérieurs à 10 mètres

1èrs bords du trimaran Artemis grée avec l’aile rigide

L’équipe suédoise Artemis Racing, challenger pour la 34ème Coupe de l’America, a navigué pour la première fois avant hier avec son trimaran de 72′ grée avec une aile rigide.

Ce multicoque est l’ancien 60′ ORMA Gitana 12, allongé à 72′, soit la taille des futurs catamarans AC72, qui seront utilisés l’an prochain pour l’America’s Cup, ce trimaran permet donc aux suédois de tester l’aile de leur futur bateau avant la fin de la construction et de contourner en partie les règles limitant le nombre de jours de navigation avec les AC 72.

En effet, chaque équipe dispose de 30 jours de navigation sur des catamarans de plus de 10 mètres autres que des AC45 en 2012 ; les teams utiliseront donc ces journées pour naviguer sur les AC72 qui pourront être mis à l’eau à partir de juillet. Artemis aura la possibilité d’utiliser son aile sur le trimaran durant cette période sans entamer ce capital.

© Sander van der Borch/Artemis Racing

La conception et la construction de ce gréement de 40 mètres auront demandé plus de 35 000 heures de travail, la surface de cette aile est de 260m² pour un poids d’un peu plus d’une tonne,

Paul Cayard : “Nous avons opté pour la stratégie à échelle réelle. Notre décision demandait certes plus de temps mais elle nous permet d’apprendre à manœuvrer cette aile si puissante. Et au-delà de l’objectif performance, la sécurité de notre équipe est primordiale. Régater dans la Baie de San Francisco sera inoubliable en juillet et en août”.

Toujours dans le domaine de la Coupe de l’America, le démenti de Philippe Ligot, directeur du team Aleph, concernant l’abandon de son équipe dans la recherche de sponsors, l’équipe française se donne jusqu’à fin mai pour trouver un budget, et espère également pouvoir s’aligner sur les America’s Cup World Series cette saison.

Artemis teste une aile sur l’ex Gitana 12 ; Fred Le Peutrec en AC 45 ?

  • Une aile rigide, semblable à celle qui sera utilisée sur les catamarans AC 72 lors de la prochaine coupe de l’america a été grée pour la première fois hier sur l’ancien 60′ ORMA Gitana 12 ; l’équipe suédoise Artemis a largement modifié le trimaran qui mesure désormais 72′, et a déjà testé plusieurs configurations d’appendices (foils). Le multicoque devrait effectuer les premiers tests dynamiques dans les jours à venir. Thierry Fouchier, détenteur de la 33 ème America’s Cup sur USA-17 intègre l’équipe suédoise, qui pourra profiter de son expérience sur le réglage de l’aile. La photo du trimaran avec l’aile à voir sur Vsail.
  • L’équipe China Team va choisir un nouveau skipper pour son AC 45 dans les jours à venir après plusieurs changements à ce poste lors des America’s Cup World Series 2011, deux candidats ont été retenus,  Fred Le Peutrec et le  Néo-Zélandais Phil Robertson, spéciliste du match racing. Les deux marins vont s’entraîner sur les catamarans M2 à Sanya pour déterminer lequel des deux mènera l’équipage lors des prochaines étapes des AC 45 à Naples.

Luna Rossa navigue en AC45

L’équipe italienne a débuté hier ses navigations en baie d’Hauraki, l’équipage était mené par Mark Sirena, qui barrait déjà l’Extreme 40 aux couleurs de Prada cette année.

© Luna Rossa

Luna Rossa est installé dans la base d’Emirates Team New Zealand, les deux équipes devraient collaborer pour la mise au point de leurs AC72, des entrainements communs sont prévus sur les AC 45 pendant la première quinzaine de février, le catamaran devrait ensuite être transporté à Naples pour la première étape des America’s Cup World Series 2012, l’équipe poursuivra alors ses entrainements sur d’autres catamarans, à foils cette fois-ci, les SL33, peut être ceux de l’équipe néo-zélandaise qui les a équipé d’ailes rigides.

Une nouvelle équipe sur les ACWS

Confirmation de la rumeur qui courait depuis quelques semaines ce matin, Ben Ainslie, triple médaillé d’or olympique, neuf fois champion du monde et d’Europe, s’engagera sur les America’s Cup World Series pour les saisons 2012 et 2013 avec sa propre équipe.

Cette équipe s’alignera sur le circuit des AC45 à partir d’août 2012, donc après les JO de Londres auxquels le marin britannique participera en Finn. L’objectif de ce nouveau team est en fait une participation à la 35ème Coupe de l’America.

En effet, ce nouvel équipage ne brigue pas de participation à la 33ème America’s Cup qui se déroulera à San Francisco en 2013, puisque Ben Ainslie est lié par contrat au defender américain Oracle Racing. Le marin britannique intégrera donc le team américain à la fin des ACWS pour participer au développement des AC72, les catamarans qui seront utilisés pour la Coupe.

Cette équipe des ACWS semble donc entièrement financée par Larry Ellison ou Oracle Racing, Russell Coutts, CEO d’Oracle qui était présent à la conférence de presse, a confirmé l’implication du team américain dans l’engagement de cette équipe.

Ben Ainslie : « L’objectif, pour le moment, est de constituer une équipe pour mettre un pied dans l’America’s Cup dans le but de devenir un vrai Challenger pour la 35ème America’s Cup. Les AC World Series ont prouvé qu’elles sont des événements formidables et qui offrent de nombreuses perspectives aux potentiels partenaires ainsi qu’aux régatiers comme moi. Les AC45 sont fantastiques à regarder et ils sont extrêmement exigeants lors des régates.  Et sans aucun doute, les courses produisent les meilleures images ‘télé’ que je n’ai jamais vues, c’est pourquoi je pense que les AC World Series satisfont totalement à la fois les régatiers, le public et les sponsors. «