Energy Team leader à San Diego !

Yann Guichard et son équipage ont marqué les esprits en se hissant à la première place à l’issue des trois régates en flotte courues hier.

Les équipes se sont affrontées sur un plan d’eau calme avec 9 à 13 noeuds de vent.

Photo copyright Bo Struye

La première régate était remportée par Oracle Racing Coutts avec une belle avance, l’équipage américain était suivi par Emirates Team New Zealand et Energy Team. ; Aleph terminait dernier dans le sillage de Green Comm. Sur la deuxième régate, Artemis, ETNZ, Energy Team et Team korea prenaient le meilleur départ, Energy Team restait longtemps au contact d’ETNZ avec qui ils luttaient pour la deuxième place, lors du passage d’une bouée Yann Guichard écopait d’une pénalité pour une gène à Oracle Racing Spithill qui faisait l’intérieur à la bouée. Sur la ligne, Artemis devançait Team Korea, ETNZ, Oracle Racing Coutts et Energy Team qui coiffait Aleph grâce à une meilleure vitesse.

La démonstration d’Energy Team se terminera par une victoire sur l’ultime manche du jour devant Oracle Racing Spithill et Green Comm (peu habitué aux podiums), Aleph ne pouvait faire mieux que 7ème.

Photo copyright Bo Struye

Au classement général Energy Team est donc leader avec 24 points, ETNZ a 23 unités au compteur, Oracle Racing Spithill 22, Artemis est quatrième devant Team korea, Green Comm, Aleph et China Team.

Les trois leaders sont qualifiés pour les demi-finales du Match Racing Championship disputées vendredi, tandis que les six autres s’affrontent ce soir en match race à élimination directe pour prendre place sur le quatrième siège encore disponible.

Pierre Pennec et son équipage devront donc remporter quatre match-race d’affilé – à commencer par China Team – pour atteindre les demi-finales et y défier l’autre équipage français.

Les réactions des barreurs à l’issue de la journée :

Yann Guichard (FRA), barreur Energy Team (FRA) :
« C’est une superbe journée pour Energy Team. L’équipe a accompli un travail fantastique en prenant d’excellents départs et en maintenant une bonne vitesse. Les petits teams, comme nous, progressent chaque jour. Je me sens de plus en plus à l’aise et je sens vraiment bien le bateau maintenant. Nous avons vraiment travaillé dur toute la semaine dernière, en particulier sur les départs, et aujourd’hui je peux me permettre de sortir la tête du bateau. Cela me donne la possibilité de faire de la tactique-stratégie et de ne pas être constamment rivé sur les manœuvres. Je sais que les gars suivent parfaitement et cela me met en confiance. Plus je suis confiant et plus je peux envoyer des manœuvres un peu plus ‘chaudes’. Arnaud Jarlegan, qui est à côté de moi et que je connais bien m’aide beaucoup : on a le même discours. Je suis très content. »


Dean Barker (NZL), skipper Emirates Team New Zealand (NZL)
:
« Cela n’a pas été facile. Nous avons eu un problème sur une pièce et nous n’avons pas pu bloquer la drisse du gennaker. Quand tu as un problème de cet ordre, tu en as pour la journée. Nous sommes donc contents d’avoir terminé seconds. Les gars ont fait un travail génial tout au long des manches mais nous étions trop concentrés sur les manœuvres et pas assez sur la tactique. »

James Spithill (AUS), skipper ORACLE Racing Spithill (USA):
« Nous avons eu du mal sur les ‘starts’, nous avons pris deux faux départs et terminé deux fois derniers au passage à la bouée au vent. C’est pourtant un point sur lequel nous nous sommes beaucoup entraînés. Je n’ai pas été bon aujourd’hui. Le bateau s’est allumé de toutes les lumières possibles : pénalités, faux départ…un arbre de noël avant l’heure mais sans les cadeaux ! »

Pierre Pennec (FRA), skipper, Aleph (FRA) :
« Je n’ai pas pris de bons départs aujourd’hui. En revanche, nous avons progressé en vitesse au près entre la première et la dernière manche car nous avons trouvé de nouveaux réglages, un point positif. Mais nous devons encore nous améliorer en manœuvres, surtout lors de l’envoi du gennaker. Ce qu’on a fait de bien aujourd’hui, on va essayer de le refaire demain lors du match race contre China team qui est un bon concurrent. Et ce sera intéressant car je n’ai pas fait beaucoup de match race et encore moins en multicoque ! »

Les news des America’s Cup World Series

  • Oracle Racing, qui dispose de quatre AC 45 a repris les entrainements en baie de San Francisco (les deux autres AC45 utilisés sur les ACWS sont arrivés par cargo à San Diego), avec une nouveauté, un des deux catamarans semble équipé de foils courbes, à la place des deux dérives droites utilisées habituellement sur le monotype, comme on peut le voir sur cette photo.

© 2011 Val Gillen

  • Aleph change d’équipage, après Alain Gautier, Bertrand Pacé, l’équipe intègre les hommes du Gitana Team, à savoir trois des quatre membres d’équipage de l’Extreme 40 Groupe Edmond de Rothschild, en effet, Pierre Pennec, Christophe Espagnon et Thierry Fouchier mèneront l’AC45 français lorrs des America’s Cup World Series de San Diego avec le Suisse Arnaud Psarofaghis qui conserve le réglage de l’aile et Nicolas Heintz qui officiera sur la plage avant ; Hervé Cunningham, le n°1 de l’Extreme 40 du Gitana Team, a dû décliner l’offre faute de disponibilités dans son planning.

Les réactions des directeurs généraux des deux équipes :

Cyril Dardashti, le Directeur Général du Gitana Team, se réjouissait de cette annonce qui s’accorde parfaitement avec la volonté de perfectionnement de son équipe sportive :« Nous avons la conviction d’avoir réuni un équipage fort sur l’Extreme 40 Groupe Edmond Rothschild. Les résultats de Pierre Pennec et de ses hommes sur les Extreme Sailing Series nous ont déjà largement conforté dans notre choix. Mais l’intérêt d’ALEPH – Équipe de France pour ces marins vient renforcer cela. En effet, l’équipe dirigée par Philippe Ligot et menée sportivement par Bertrand Pacé a souhaité pouvoir compter dans ses rangs notre équipage pour la prochaine étape des AC World Series. Cette demande s’insérant parfaitement dans le calendrier Extreme 40, et portant initialement pour l’ensemble des membres de l’équipage, le Gitana Team a souhaité y répondre positivement. C’est une très bonne opportunité pour Pierre, Christophe et Thierry. Elle va leur permettre de découvrir un support qui semble très intéressant du fait de l’aile rigide. Mais surtout, cette compétition en multicoque sur un format relativement proche des Extreme Sailing Series sera un excellent moyen pour eux de rester dans le rythme et d’acquérir encore plus d’expérience pour Singapour, où se jouera le titre 2011 que nous convoitons. Car, plus de six semaines sans navigation se seraient écoulées entre le Grand Prix d’Almeria et celui de Singapour s’ils ne participaient pas aux AC World Series de San Diego. Enfin, il est important de préciser que cette annonce marque un échange purement sportif et non financier entre le Gitana Team et ALEPH – Équipe de France.»

Interview de Philippe Ligot, Directeur Général d’ALEPH – Équipe de France : « Dans la composition de son équipe, Bertrand Pacé a souhaité étoffer l’équipage que nous avions formé pour les deux premières éditions des America’s Worlds Series en proposant à Pierre Pennec, Thierry Fouchier et Christophe Espagnon de nous rejoindre pour l’épreuve de San Diego qui se tiendra du 12 au 20 novembre 2011. Grâce à l’accord amical du Baron Benjamin de Rothschild et du Gitana Team, basé sur un échange pragmatique au service de la performance, cette initiative s’inscrit dans notre stratégie de bâtir la meilleure équipe possible pour représenter la France sur l’America’s Cup. Pierre, Thierry et Christophe sont talentueux et expérimentés, ils font briller le Gitana Team sur le circuit Extrême 40 et nous avons la conviction qu’ils contribueront à renforcer notre équipage. Nous sommes 6èmes au classement général des ACWS, c’est un bon résultat lorsque l’on connaît le contexte sportif et le niveau très élevé sur l ‘America’s Cup. Mais nous espérons qu’ALEPH – Équipe de France pourra ainsi améliorer son classement et préparer l’avenir de notre projet qui recherche un partenaire majeur pour poursuivre dans cette prestigieuse compétition. »

  • Luna Rossa revient dans la compétition pour la Coupe de l’America avec Prada comme sponsor, le groupe italien semble prêt à investir 40 millions d’euros pour tenter de remporter l’aiguillère d’argent, le défi italien a été accepté par le defender, l’équipage devrait se construire autour des hommes présent sur l’Extreme 40 engagé cette saison.

Luna Rossa Challenge a signé un accord de coopération avec Emirates Team New Zealand  jusqu’au 31 Décembre 2012, qui comprendra l’accès complet à tous les plans de conception d’ETNZ et aux données de performance pour cette période. Les coques de l’AC72 « Luna Rossa » seront construites en Italie et tous les autres éléments seront réalisés en Nouvelle-Zélande, en collaboration étroite avec le design team d’Emirates Team New Zealand. L’équipe néo-zalandaise produira donc les plans de son premier AC72 et de son sistership pour les italiens.

Yann Guichard :  » Le MOD est bien né « 

Yann Guichard, futur skipper du MOD Spindrift Racing, également engagé sur les Extreme Sailing Series avec Alinghi, et avec l’Energy Team qui prépare la prochaine Coupe de l’America revient sur ces différents projets dans cette interview pour Voile-Multicoques(réalisée pendant les Extreme Sailing Series de Nice).

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Voile-Multicoques.com : Tu viens d’annoncer ton engagement en MOD 70 avec la création d’une nouvelle société Spindrift Racing, pourquoi cet engagement sur ce circuit ?

Yann Guichard : Je fais du multicoque depuis près de vingt ans, c’est ma passion, je suis passé sur plusieurs supports en offshore et en inshore, avec une Route du Rhum dernièrement (en 2010 sur Gitana 11), ce circuit fait la synthèse de toute cette expérience, j’étais donc motivé et intéressé pour intégrer ce circuit.

Ce qui est fantastique dans ce projet c’est le fait de partir d’une page blanche, c’est la première fois que je peux construire un team à mon image, après avoir été équipier sur différents bateaux, puis skipper chez Gitana mais avec une équipe déjà en place.

Mon association avec Léo Lucet (directeur de Spindrift Racing) permet de partir sur des bases solides, puisqu’il a déjà géré ce genre de projet au sein du Gitana Team.

La vocation de Spindrift Racing est-elle seulement orientée vers le MOD ou souhaiteriez-vous intégrer d’autres projets multicoques ?

Le projet phare de Spindrift Racing est clairement le MOD 70, mais j’ai envie de partager mon expérience acquise en multicoque avec des jeunes.

Le multicoque revient comme support aux JO, donc pourquoi ne pas essayer d’aider des jeunes régatiers à travers notre structure.

© Yvan Zedda / Sea&Co / MOD S.A.

As tu déjà eu l’occasion de naviguer sur un des MOD  ?

Pas encore, je suis seulement monté quelques minutes sur Race for Water à Lorient, mais j’ai eu beaucoup de retours par des amis, qui seront peut être de futurs équipiers sur le bateau.

Je pense que ce bateau est bien né, ce qui est logique avec des gens d’expérience comme Franck David et Stève Ravussin aux commandes. Ils sont partis des 60′ ORMA avec le cabinet VPLP, qui a le plus beau palmarès en multicoque océanique.

Le trimaran est simple avec beaucoup moins de gadgets que sur les trimarans 60′ ORMA, ce qui correspond à l’objectif de fiabilité de cette classe avec un programme sur 10 ans comprenant un tour du monde.

Nous avons déjà eu un bel aperçu de ce que seront les courses sur ces bateaux avec la Fastnet Race où les deux MOD 70 ont terminé à trois minutes d’intervalle après 30 heures de course et 600 milles parcourus.

Le plateau reste pour l’instant assez franc-français, penses-tu que l’engagement des grands noms de la voile et du multicoque puisse attirer les teams étrangers courtisés sur ce circuit MOD ?

Il y a des contacts avec des teams étrangers sur le circuit MOD 70, deux équipes ont déjà signé Race for Water pour la Suisse et Oman Sail, nous espérons que les six engagements finalisés attireront des sponsors et des skippers.

Au delà de la conjoncture économique actuelle, le frein vient du fait que la classe « n’existe pas » encore réellement, la Krys Match puis la Krys Océan Race permettront d’inviter des skippers, des clients qui pourront visualiser le potentiel du circuit, ce qui pourrait déboucher sur d’autres projets.

Le MOD 70 a une place à prendre, il y a un tour du monde en équipage en monocoque, la Volvo Ocean Race, désormais il y aura un tour du monde en multicoque.

Pour Spindrift Racing, notre vocation n’est pas de trouver obligatoirement un partenaire français, loin de là, nous sommes en pourparlers avec différentes entreprises, mais tant que rien n’est signé nous restons humbles.

Nous devrions retrouver des équipiers français à bord de tous les bateaux, car à l’heure actuelle les meilleurs équipiers de course au large en multis sont français, il serait bête de s’en priver. De mon côté j’aurai au moins un ou deux marins étrangers sur le bateau.

Tu fais partie de l’équipage d’Alinghi qui est engagé sur les Extreme Sailing Series, actuellement en deuxième partie de classement, que manque-t-il à l’équipage pour mieux figurer ?

Sur le bateau le potentiel est là, nous apprenons à nous connaître, c’est de mieux en mieux, mais les résultats sont en dents de scie sur les différents Acts.

Nous sommes parfois en tête mais nous avons du mal à terminer, nous étions en tête pendant deux jours à Trapani sur les « Open Water », avant de terminer sixième, les « Stadiums » (régates sur des formats courts) sont plus difficiles pour nous.

Nous avons raté des journées ce que nous ne pouvons pas nous permettre sur ce circuit où la moindre petite erreur, le moindre manque de cohésion se paient cash.

Il reste trois grands prix, rien n’est terminé, nous allons continuer à nous battre régates après régates, l’important est de se faire plaisir à bord et les résultats suivront, mais le plateau est conséquent, le niveau très élevé, c’est donc logique que les résultats soient serrés.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Quel est la principale difficulté sur ce circuit des Extremes 40 ? L’exiguité des plans d’eau, le format très court des régates avec la nécessité de prendre de bons départs ?

Le départ est primordial, mais nous avons vu aujourd’hui que des départs moyens ne sont pas forcément rédhibitoires, les bateaux en retard sur la ligne peuvent prendre un côté du plan d’eau dans un vent frais, Gitana a pris des départs à droite en deuxième rideau, alors que nous étions tous bloqués sur la gauche, ce qui a été payant au final.

Cependant sur ce grand prix les conditions sont vraiment extrêmes avec un à quatre nœuds de vent, donc tout peut basculer sur une manche.

Tu as couru les deux derniers grands prix de D35 en Méditerranée, comment se comporte ce catamaran typé lac sur un plan d’eau ouvert ?

Tout s’est très bien passé pour nous, avec un beau grand prix à Beaulieu, de bonnes conditions pendant trois des quatre jours de régates, à Antibes nous avons eu un peu moins de vent, mais le bateau s’est bien comporté, ce qui limite ce bateau n’est pas l’intensité du vent, mais l’état de la mer, ce qui a d’ailleurs entrainé l’annulation d’une journée de courses à Beaulieu sur Mer.

L’expérience a été favorable pour toutes les équipes, je pense qu’une majorité souhaite renouveler ce type de navigations l’année prochaine.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Tu as navigué sur l’AC45 d’Energy Team, quels sont les plus grosses différences entre ce catamaran à aile et un multicoque à gréement conventionnel ?

L’aile rigide est très efficace, nous l’avons vu lors de la dernière coupe, elle diminue beaucoup le fardage, le bateau est donc plus évolutif, il vire et empanne mieux.

La gestion de la puissance est assez incroyable sur les AC45, c’est très précis, nous avons trois réglages sur l’aile: le traveller qui permet de régler toute l’aile, ce qu’on retrouve sur un gréement classique ; le camber, qui est l’équivalent de la bordure sur un multi classique comme l’Extrême 40 ou le D35, et qui permet de régler la profondeur entre l’avant de l’aile qui nous appelons le mât et les flaps ou volets sur l’arrière de l’aile ; le twist, qui permet d’enlever de la puissance sur les flaps, ce qui correspond au cunningham. Ces éléments ne sont donc pas complétement différents dans la façon de naviguer.

Le fait de gérer à volonté la puissance est assez formidable. ce qui permet également de régater dans des conditions musclées, comme à Plymouth, où les catamarans ont navigué dans 30 nœuds de vent, ce qui est rare pour des multicoques de cette taille.

Les flotteurs sont très volumineux, les safrans ont une grande surface, ce qui amène un bon contrôle, le bateau est donc très tolérant.

L’aile gomme les défauts du multicoque par rapport au monocoque, un mono est très évolutif, l’aile rigide apporte cette évolutivité, la diminution du fardage fait que le bateau ne s’arrête pas, ce qui est une difficulté sur les phases de départ où il faut gérer le timing à la ligne.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Energy Team a peu navigué par rapport aux top teams, est ce que des entrainements sont prévus pour combler ce retard ?

Le premier acte à Cascais était une phase de découverte pour toutes les petites équipes, avec une différence de niveau maximale entre les nouveaux teams et les autres (Oracle Racing, Artemis Racing et ETNZ), à Plymouth les coréens et Energy Team ont montré un beau potentiel, le retard s’est donc un peu comblé.

Pour atteindre le niveaux des tops teams, il n’y a pas de secret, il faut naviguer plus, les grosses équipes passent 200 jours par an sur l’eau.

Dans cette optique et avant le troisième acte à San Diego, nous allons naviguer une semaine à l’ENV (du 17 au 21 octobre) avec l’Energy Team pour faire du match race sur deux catamarans du Trophée Clairefontaine, nous allons nous entrainer avec Pierre Antoine Morvan, spécialiste français de match racing.

Nous allons également modifier un peu l’équipage avec Christophe Espagnon qui sera au réglage de l’aile à côté de moi (Yann Guichard barrera l’AC 45 d’Energy Team à San Diego) et qui assurera aussi la tactique.

Ensuite nous allons planifier d’autres entrainements sur d’autres supports, le désavantage que nous avons par rapport aux grosses équipes est l’impossibilité de naviguer à deux AC45, Artemis en a commandé un second, Oracle en possède quatre.

Nous ne pouvons pas naviguer entre les actes puisque les bateaux sont en transit, et nous ne pouvons pas faire de speed tests ou de réels entrainements avec les autres équipes, ce qui complique la tâche pour le développement des voiles d’avant.

Des entrainements à deux bateaux permettraient de progresser de façon exponentielle, nous l’avons vu en naviguant avec le Team Korea à Cascais.

Concernant ces formats de courses assez courtes, est ce qu’une réelle communication est possible entre le barreur et le tacticien (ou skipper) sur ces circuits Extreme 40 et AC 45 ?

En Extreme 40 non, sauf sur les Open Water, mais en Stadiums la décision doit se prendre sur l’instant, donc le barreur gère également la tactique dans 80% des cas, nous n’avons pas le temps de discuter du timing d’un virement sans se mettre dans une situation difficile, avec ensuite des « options » qui sont subies et non choisies.

Avant la manche, nous avons malgré tout le temps de discuter pour choisir le positionnement sur la ligne et le côté du plan d’eau à choisir, c’est donc un travail d’équipe.

Sur l’Extreme 40, je pense que pour avoir de bons résultats, les trois équipiers doivent être capables de gérer tout les postes pour faire avancer la machine, le barreur est moins concentré sur la marche du bateau que sur d’autres séries puisqu’il gère également la tactique.

En AC45 les parcours sont peu plus longs, les bateaux vont plus vites, la limite virtuelle doit être intégrée, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire ; une aide à la tactique est donc essentielle.

Cet aspect nous a manqué sur les deux premiers rendez-vous, où nous étions plus en phase de découverte du bateau, nous devons passer sur un mode plus centré sur la performance.

Sur certains bateaux, la tactique est assurée par le numéro 2 qui gère les bastaques, sur d’autres c’est le régleur de l’aile ce qui me correspond plus ; nous fonctionnerons de cette façon avec Christophe Espagnon à San Diego.

Emirates Team New Zealand s’impose en match race, Oracle Racing Spithill en flotte

Vendredi et samedi, le plan d’eau de Pylmouth accueillait les duels comptant pour le Match Race Championship.

Aleph ouvrait le bal face aux Espagnols de Green Comm en quarts de finale, Bertrand Pacé et ses hommes effectuaient un bon départ, et établissaient une bonne tactique, jusqu’au dernier bord, où le gennaker passe à l’eau, ce qui permet à l’équipage espagnol de passer le catamaran français et de s’offrir une victoire.

Team Korea s’offrait facilement China Team lors du second quart, pour le troisième, Oracle Racing Spithill était également large vainqueur face à Green Comm.

James Spithill  devra s’incliner face à Chris Draper lors du quatrième quart. A la barre du bateau coréen, le Britannique s’accroche à son adversaire et repasse en tête à la fin du premier bord portant, le vent monte à 20 noeuds avec une mer qui s’agite, le Defender frôle le chavirage à la seconde marque sous le vent. Draper s’envole vers la victoire.

Le cinquième quart opposait Energy Team et Team Korea, Loïck Peyron signe un bon départ, enroulant la première marque en tête mais très vite Team Korea choisit le bon côté du plan d’eau et navigue avec une voile d’avant plus adaptée, permettant à l’équipage « coréen » de prendre la tête et de remporter le match.

La première demi-finale opposait Russell Coutts à Dean Barker au meilleur de trois manches. Sur le premier départ, une petite collision entraine une pénalité pour Russell Coutts qui part en retrait mais remporte la manche. Barker gagne ensuite la seconde et la dernière manche, s’offrant une place en finale.

Samedi, Chris Draper élimine Terry Hutchinson, en demi-finale. Team Korea a de nouveau gagné la première manche sur le dernier portant, lors de la seconde Artemis écope d’une pénalité pour être entré trop tôt dans la zone de pré départ, l’équipage de Terry Hutchinson réparait dès le départ lancé et revenait au contact dès le premier près mais cédait sa place de leader, malgré un seperbe retour, Team Korea s’imposait avec 15 secondes d’avance et s’offrait une finale face à ETNZ.

James Spithill survolait  son duel face à Loïck Peyron pour la 5e place. Lors du pré départ, Oracle loffe Energy Team qui s’arrête. Peyron et son équipe cravachent pour revenir avec quelques plantés spectaculaires. L’équipage américain s’impose avec plus de 2min 45′ d’avance.

Sur les deux autres petites finales, les Chinois passent la ligne devant Green Comm Racing mais sont disqualifiés pour avoir enroulé une bouée à l’envers. Et dans celle pour la troisième marche du podium, Coutts revanait au contact d’Artemis Racing sur le dernier près, mais écopait d’une pénalité après être sorti du cadre, offrant la victoire à Artemis.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

La finale opposait donc les Kiwis à Team Korea (composé de quatre britanniques et un néozélandais. Dean Barker empoche les deux points d’affilée face à Chris Draper, qui a offert une belle résistance à l’équipage d’ETNZ qui remporte donc ce championnat de Match Racing de PLymouth.

Les réactions des skippers :

Loïck Peyron (FRA), skipper/barreur, Energy Team (FRA) :
« Perdre contre une grande équipe ne me pose pas de problème si c’est avec panache mais là, nous avons fait tout ce qu’il ne fallait pas. Mauvais timing, nous avons coincé la bastaque dans l’aile, planté par deux fois, failli nous prendre une bouée. Il y a des journées sans. Les régates en flotte semblent mieux nous réussir, attendons donc demain. »

Chris Draper (GBR), skipper/barreur, Team Korea (KOR) :
« Nous avons fait quelques erreurs sur la première manche en finale et nous nous en sommes bien tirés sur la suite mais ETNZ n’a jamais trébuché. Nous avons beaucoup appris à Cascais et depuis. Nous sommes très heureux d’avoir su bien appliquer cela tous ensemble, espérons juste qu’il nous reste encore un peu d’énergie demain. »

Terry Hutchinson (USA), skipper/barreur, Artemis Racing (SUE) :
« Nous sommes déçus d’avoir perdu nos deux matchs contre Team Korea alors que nous menions à chaque fois à la marque sous le vent et malgré nos meilleurs efforts nous n’avons pas pu nous imposer. Nous avons le cerveau encore un peu encombré, nous pensons encore comme à la vieille école alors que nous devons être plus instinctifs. »

Dean Barker (NZL), skipper/barreur, Emirates Team New Zealand (NZL) :
« Dure journée de bureau ! Après avoir observé Team Korea en demi-finale nous savions que c’était une équipe difficile à battre. Nous avons pu prendre deux fois l’avantage au départ mais ils sont revenus à chaque fois, nous donnant du fil à retordre. Nous sommes contents de gagner en match race après notre défaite de Cascais (face à Spithill) et ce serait bien de faire le doublé demain. Quel public ici, c’est vraiment génial. »

Loïck Peyron (FRA), skipper/barreur, Energy Team (FRA) :
« Perdre contre une grande équipe ne me pose pas de problème si c’est avec panache mais là, nous avons fait tout ce qu’il ne fallait pas. Mauvais timing, nous avons coincé la bastaque dans l’aile, planté par deux fois, failli nous prendre une bouée. Il y a des journées sans. Les régates en flotte semblent mieux nous réussir, attendons donc demain. »

Chris Draper (GBR), skipper/barreur, Team Korea (KOR) :
« Nous avons fait quelques erreurs sur la première manche en finale et nous nous en sommes bien tirés sur la suite mais ETNZ n’a jamais trébuché. Nous avons beaucoup appris à Cascais et depuis. Nous sommes très heureux d’avoir su bien appliquer cela tous ensemble, espérons juste qu’il nous reste encore un peu d’énergie demain. »

Terry Hutchinson (USA), skipper/barreur, Artemis Racing (SUE) :
« Nous sommes déçus d’avoir perdu nos deux matchs contre Team Korea alors que nous menions à chaque fois à la marque sous le vent et malgré nos meilleurs efforts nous n’avons pas pu nous imposer. Nous avons le cerveau encore un peu encombré, nous pensons encore comme à la vieille école alors que nous devons être plus instinctifs. »

Dean Barker (NZL), skipper/barreur, Emirates Team New Zealand (NZL) :
« Dure journée de bureau ! Après avoir observé Team Korea en demi-finale nous savions que c’était une équipe difficile à battre. Nous avons pu prendre deux fois l’avantage au départ mais ils sont revenus à chaque fois, nous donnant du fil à retordre. Nous sommes contents de gagner en match race après notre défaite de Cascais (face à Spithill) et ce serait bien de faire le doublé demain. Quel public ici, c’est vraiment génial. »


CLASSEMENT FINAL DU PLYMOUTH MATCH RACING CHAMPIONSHIP

1. Emirates Team New Zealand
2. Team Korea
3. Artemis Racing
4. ORACLE Racing Coutts
5. ORACLE Racing Spithill
6. Energy Team
7. Green Comm Racing
8. China Team
9. Aleph

Dimanche, les équipages se retrouvaient sur le plan d’eau pour une course en flotte pour le Plymouth Fleet Racing Championship (course comptant pour le championnat AC 45), les conditions étaient musclées avec 30 noeuds de vent et une mer qui se formait.

Lors du pré-départ, Team Korea évite de justesse un chavirage, le catamaran se retrouve arrêté suite à cet incident, Loïck Peyron dans le sillage des coréens évite la collision mais chavire, l’équipe technique intervient rapidement et peut redresser le bateau français avant le départ de la manche, avec cependant le haut de l’aile endommagé.
Au même moment, Aleph vient de toucher Green Comm (ESP) avec une étrave, collision sans gravité mais quelques mètres plus loin c’est l’étrave tribord d’Artemis Racing qui passe violemment sous la coque bâbord du catamaran l’Espagnol. Les bateaux restent enchevêtrés quelques minutes, Green Comm abandonne, son skipper étant légèrement blessé, Artemis parvient à repartir avec une étrave qui se délamine.

Au coup d’envoi, seuls Spithill, Coutts et Barker s’élancent au coup de canon. Team Korea, Aleph, China Team et Energy Team partent en second rideau devant Artemis.

Le bateau chinois se retourne dans une rafale avant le passage de la première bouée. Là aussi, le bateau est rapidement remis sur ses deux flotteurs et China Team peut continuer sa course, loin derrière les leaders.

©2011 ACEA/Gilles Martin-Raget

Dans le pelotonde tête, la course était très disputée ORACLE Racing Coutts menait d’une courte tête devant James Spithill. Ce dernier réussit à reprendre la main au passage de la bouée au vent mais écopait d’une pénalité, réalisée immédiatement, Spithill revenait malgré tout et creusait l’écart sur les deux derniers bords tandis que Emirates Team New Zealand s’intercalait à la seconde place.

L’équipage de Bertrand Pacé (Aleph) effectuait une course prudent, contrôlant Team Korea et s’offrant une encourageante quatrièmeplace devant Team Korea. Energy Team termine 6ème devant China Team qui termine 9 minutes 54 après le vainqueur (et donc 6 secondes avant le temps limite), Artemis Racing chavire sur le dernier près et ne terminera pas la course.

Au classement America’s Cup World Championship, ETNZ mène avec 4 points d’avance sur Oracle Racing Spithill, Oracle Racing Coutts et Artemis sont 3ème ex-aequo, devant Team Korea, les deux équipes françaises sont également ex-aequo en 6ème position devant China Team et Green Comm Racing.

Artemis devant ETNZ, Team Korea et Energy Team

Les courses permettant de classer les concurrents pour la phase de match racing des America’s Cup World Series ont débuté aujourd’hui, avec trois régates en flotte, une première de 40 minutes, puis deux de 20 minutes.

Les conditions étaient nettement plus maniables avec 10 à 15 noeuds et une mer plate, Artemis Racing de Terry Hutchinson s’est imposé sur la première et la troisième régate alors que Team Korea, qui avait chaviré dimanche, a remporté la seconde.

Les trois équipages (Aleph, Team Korea et Green Comm) qui avaient chavirés dimanche étaient tous présents aujourd’hui, ainsi que China Team qui avait connu la même mésaventure à l’entrainement hier, les dégâts étaient mineurs sur Aleph et Team Kora, nettement plus importants pour Green Comm qui devait changer une des coques de son catamaran suite à un délaminage et pour China Team qui outre une aile sérieusement endommagée devait également effectuer des réparation sur la coque tribord fissurée.

Artemis Racing pointe logiquement en tête avec ses deux victoires et une quatrième place, suivi d’Emirates Team New Zealand, qui fait preuve d’une belle régularité avec deux 2ndes places et une 4ème,  Team Korea mené par le britannique Chris Draper a fait sensation en se classant troisième à l’issue de cette journée grace à une victoire, et des places de 6ème et 3ème, Team Energy, barré par Loick Peyron réussissait également un joli coup avec une 2nde, une 7ème et une 4ème place, l’équipage « français » terminant devant, ORACLE Racing Coutts et ORACLE Racing Spithill. Aleph (7e), China Team (8e) et Green Comm Racing (9e) ont quant à eux eu plus de difficultés en terminant à des places comprises entre la 6ème et la 9ème.

Résumés des courses du jour vues par Energy Team

Course 1 : Auteurs d’un très bon départ, Loïck Peyron et ses hommes franchissent la première marque en troisième position. Energy Team gagne une place lors du premier bord de portant et franchit la deuxième marque en dauphin d’Oracle Racing Spithill et devant Emirates Team New Zealand (D. Barker). La remontée vers la troisième marque voit un resserrement dans le trio de tête mais le classement n’évolue pas. Très à l’aise dans ces conditions légères, Energy Team réalise alors un deuxième bord de portant superbe et prend la tête à la quatrième marque, talonné par Dean Barker. Le bateau français maintient le cap et franchit les cinquième et sixième marques en position de leader, malgré la pression d’Artemis qui fait un retour en fanfare. Les deux bateaux se livrent alors un duel de toute beauté et c’est finalement l’équipage mené par Terry Hutchinson qui prend les rênes de la course à l’avant-dernière marque. Loïck Peyron ne parvient pas à combler l’écart mais il maintient James Spithill dans son tableau arrière. Il s’empare donc d’une excellente deuxième place, à l’issue d’une course dont il a constamment occupé les avant-postes.

Course 2 : Encore un beau départ pour Energy Team ! Troisième à la première marque juste derrière Emirates Team New Zealand et Aleph, l’équipage mené par Loïck Peyron gagne une place à l’issue du premier bord de portant. Energy Team, qui tente alors de recoller aux leaders néo-zélandais, est rattrapé par Artemis pendant le premier bord de près. Les Français conservent leur troisième position jusqu’à la seconde remontée au vent qui leur est fatale puisqu’ils perdent trois places et sont sixièmes à l’avant-dernière marque. Mais les écarts restent faibles et Energy Team peut encore espérer décrocher une place dans le Top 5. Malheureusement, le team français doit se contenter de la septième place à l’arrivée d’une deuxième manche finalement remportée par Team Korea.

Course 3 : Toujours bien placé dans les phases de départ, Energy Team franchit la première marque en troisième position, à la faveur des pénalités infligées à Emirates Team New Zealand et Aleph, qui ont coupé la ligne trop tôt. Une nouvelle lutte s’engage alors avec Artemis et c’est le team français qui prend les devants à l’issue du premier bord de portant. Deuxième à la quatrième marque à seulement 7 secondes d’Artemis, Loïck Peyron est dans le match pour la gagne. Mais il perd du terrain lors de la seconde remontée au vent et franchit l’avant-dernière marque en quatrième position, derrière Artemis, Emirates Team New Zealand et Team Korea. Un classement qui n’évoluera pas jusqu’à l’arrivée.

Loïck Peyron (FRA), skipper/barreur, Energy Team (FRA) : « C’est une journée assez positive. On a pris de bons départs en moyenne, juste assez « safe », avec une meilleure analyse de la flotte. En statistique, c’est incroyable le nombre de bouées qu’on a dû passer en 2e position, c’est pas mal ! Après, on ne tient pas toujours la distance, ça montre qu’il faut gérer la pression et quelques petits détails encore… Dans un petit vent médium comme aujourd’hui on se sent à l’aise. On a eu une vitesse dont on n’a pas à rougir pour l’instant, au près particulièrement avec le nouveau foc 2 de notre ami Jean-Bat (Le Vaillant) qui est magnifique. C’était exactement le range de vent pour cette voile aujourd’hui. Et puis un joli travail à bord, avec une belle entente, une bonne progression. Notre ami JS (Ponce) qui a remplacé Yann Guichard n’était pas très fier ce matin, mais ça a très bien fonctionné, et il trouve cela vachement bien ce soir… Et puis, on sait parfaitement encore où progresser, c’est ça qui nous rassure. Il y a tellement de domaines à travailler que c’est rassurant paradoxalement… ».

Bertrand Pacé (FRA), skipper/barreur, Aleph (FRA) :« Les conditions étaient superbes avec 10/15 nœuds et beaucoup de bascules ce qui est passionnant car cela crée des opportunités. Mais nous n’avons pas été bons dans tous les domaines de la régate. Nous sommes mal partis, nous avons fait des erreurs sur les manœuvres et notre communication à bord sur la stratégie et la tactique n’a pas été pertinente. Nous allons donc changer notre organisation à bord demain afin que Nicolas LeBreton qui manœuvre et tactique, soit plus proche de moi. Pour demain nous espérons des résultats bien sûrs meilleurs, dans les quatre premiers. Nous avons une bonne marge de progression, surtout au niveau des départs, je reste confiant pour la suite. »

Terry Hutchinson (USA), skipper/barreur, Artemis Racing (SUE) :
« La présence de Iain (Percy) à bord sur la première course m’a apporté de la sérénité dans la manière dont nous menons le bateau et m’a permis de me concentrer uniquement sur la barre. Iain nous a vraiment bien positionné pour les bascules de vent. Nous avions la vitesse et nous avons pris les bonnes décisions. »

Ray Davies (NZL), tacticien, Emirates Team New Zealand (NZL) :
« Avec un vent moins fort et instable, des bords très courts, du courant et du marnage, la journée s’est avérée néanmoins plutôt bonne pour nous. Même après notre mauvais départ sur la troisième manche, nous avons réussi à revenir jusqu’en seconde position et nous en sommes très heureux. »

Les régates du Plymouth Match Racing Championship se poursuivent demain jeudi avec trois nouvelles régates en flotte au programme. Les courses débutent à 15h10.

Classement provisoire
1 – Artemis Racing : 1e – 4 – 1e = 27 points
2 – Emirates Team New Zealand : 4 – 2 – 2  = 25 points
3 – Team Korea : 6 – 1e – 3 = 23 points
4 – Energy Team 2 – 7 – 4  = 20 points
5 – ORACLE Racing Spithill :  3 – 5 – 5 = 20 points
6 – ORACLE Racing Coutts : 5 – 3 – 6 = 19 points
7 – Aleph : 7 – 6 – 9 = 12 points
8 – China Team : 8 – 8 – 8 = 9 points
9 – Green Comm Racing : DSQ – 9 – 7 = 7 points

 

Journée mouvementée à Plymouth avec 3 chavirages

Deuxième journée de régates très spectaculaire aujourd’hui pour les AC45, à Plymouth avec trois chavirages sur la seule manche du jour, et deux équipages frôlant la correctionnelle lors des runs de vitesse.

Hier, Emirates Team New Zealand avait empoché la première et la troisième manche, la seconde allant à ORACLE Racing Spithill. Côté français, Energy Team débuté la journée avec un rappel suite à un départ prématuré, terminant dernier de cette première manche, Aleph se distinguait avec une quatrième place sur la première course, puis une cinquième sur la troisième manche, l’équipage mené par Bertrand Pacé pointait en quatrième position derrière les favoris ETNZ, Oracle Racing Spithill et Artemis Racing.

Une seule course en flotte était prévue aujourd’hui avec un grand soleil, 35 nœuds en rafales et une mer agitée, les conditions étaient réunies pour une régate spectaculaire.

Trois chavirages ont émaillé cette manche, la série a été inauguré par Aleph, sur le second bord de reaching après quatre minutes de course, suite à un planté des étraves, le second équipage à chavirer était celui de Team Korea, toujours suite à un planté, le catamaran a pendant quelques secondes semblé retomber du bon côté avant de se coucher sur l’eau, Green Comm clot la série sur le dernier bord.

L’équipage français a rapidement pu redresser son cata, mais le haut de l’aile a été sérieusement endommagé lors du chavirage et l’équipe n’a pas eu d’autre choix que d’abandonner et de rentrer au port afin de gruter le catamaran au plus vite. Les réparations sur Green Comm seront également importantes, le team prévoit deux jours pour remettre l’AC 45 en état de naviguer.

Rapidement Terry Hutchinson sur Artemis Racing prenait la tête, suivi de James Spithill (Oracle Racing) et Loïck Peyron (Energy Team). Sur les premiers bords, l’équipage de Dean Barker (ETNZ) revient au contact d’Oracle Racing Spithill, sur un virement, les deux bateaux encadrent Artemis Racing qui doit abandonné suite à une casse sur le volet arrière de l’aile. Energy Team voyait revenir Russell Coutts, qui arrivait à passer le catamaran français sous le vent.

Sur la ligne, James Spithill et son équipage s’imposent devant ETNZ et Oracle Racing Coutts, Energy Team termine quatrième devant China Team et Team Korea qui a bouclé le parcours malgré le chavirage (le règlement autorise les équipages à terminer la course après avoir reçu une aide extérieure suite à un chavirage).

La journée s’est terminée avec des runs de vitesse sur 500m, comme samedi, Russell Coutts a été le plus rapide avec un run à 25,92 nœuds de moyenne (48 km/h).

Lors de leur premier essai, Oracle Racing Spithill et Energy Team ont frôlé le chavirage

Réactions du jour

Bertrand Pacé (FRA), skipper/barreur, Aleph (FRA) :
« Nous avons chaviré par l’avant, l’étrave a planté et le bateau a suivi. Personne n’a été blessé et nous avons juste abîmé le haut de l’aile. Nous naviguions sur un angle délicat (au reaching) mais nous allions très vite et nous pensions que ça passerait car cela arrive plutôt avec moins de vitesse. Ce sont des conditions dans lesquelles nous devons courir, il suffit juste d’apprendre à bien régater dans ces situations c’est tout. Mon manque d’expérience du multicoque a entrainé notre chavirage aujourd’hui. On ne peut pas avoir la régate et le multicoque, ça s’apprend et aujourd’hui nous avons touché les limites. On attaque plus en course qu’en régate, c’est normal. Le chavirage fait partie du jeu mais les conditions étaient maniables. »

Loïck Peyron (FRA), skipper/barreur, Energy Team (FRA) :
« Belle journée avec un très bon départ pour une manche de 40 longues minutes car il fallait survivre avec beaucoup de vent et des angles de vent difficiles à tenir. C’est la première fois que l’on courrait dans des conditions aussi intenses. Le marin expérimenté du multicoque au large que je suis sensé être revient un peu trop, avec cette envie de finir et de ne rien casser, c’est « offshore » comme attitude. Je ne regrette pas car notre bateau est en entier en soir. Ceux qui apprennent depuis six mois ou un an ont cette chance de l’innocence. Nous, nous savons aussi comment faire mais nous avons trop vécu de catastrophes au large en multi pour ne pas en être imprégnés. »

Yann Guichard (FRA), régleur d’aile rigide, Energy Team (FRA) à propos des différences entre les épreuves d’Xtrem 40 et d’AC45 :
« Les deux sont de la régate condensée à l’extrême. Si les parcours sont un peu plus grands en AC45, les bateaux vont plus vite et nous avons aussi la limite virtuelle à gérer, le rythme à tenir à bord est donc similaire. Il y a néanmoins la spécificité du bateau, plus extrême, plus rapide, plus instable en latéral mais beaucoup moins en enfournement qu’un Xtrême 40. Par contre, quand tu commences à lever, tu arrives vite à l’angle critique où tu es en équilibre instable et tu ne sais pas de quel coté le bateau va retomber. »

Luca Devoti (ITA), directeur sportif, Green Comm Racing (ESP) :
« Personne n’a été blessé mais l’aile a été endommagée, nous aurons besoin de deux jours pour la réparer.

Russell Coutts (NZL), skipper/barreur, ORACLE Racing Coutts (USA) :
« Il y avait beaucoup de choses auxquelles il fallait faire attention aujourd’hui. Vous pouvez rater un virement et chavirer. C’est bien, cela met les marins à l’épreuve et c’est pour ça que nous sommes là. Attendez de voir quand la flotte régatera à San Francisco, ce sera comme ça tous les jours. »

Chris Draper (GBR), skipper/barreur, Team Korea (KOR), à propos du moment du chavirage :
« Nous savions que nous étions lents au moment du bear-away et que c’était un peu risqué. Il n’est pas idéal de vivre cela en course, mais c’est bien que cela arrive maintenant et merci à notre équipe technique qui nous a aidé à remettre le bateau à l’endroit pour que nous finissions la course. » 

Vasilij Zbogar (SLO), skipper/barreur, Green Comm Racing (ESP) sur le fait de chavirer peu avant l’arrivée :
« C’était vraiment dommage de chavirer à la fin, mais je pense que nous étions très fatigués. C’est la première fois que nous régatons dans ces conditions. Nous avons bien navigué sur la première moitié du parcours mais sur la seconde, nous avons commencé à faire des erreurs. Nous voulions la jouer « safe » jusqu’à l’arrivée mais vous ne pouvez pas vraiment sur ces bateaux, il faut être à 100% tout le temps, sinon vous chavirez, ce qui nous est arrivé à la fin mais cela aurait pu être le cas n’importe où sur le parcours. »

Terry Hutchinson (USA), skipper/barreur, Artemis Racing (SUE) :
«  La bastaque a heurté l’aile et le volet arrière s’est brisé sur la partie basse.  Emirates naviguait à notre vent et pour éviter les problèmes supplémentaires, nous avons décidé d’arrêter la course. »

Dean Barker (NZL), skipper/barreur, Emirates Team New Zealand (NZL), à propos de l’exigence de ces conditions :
« Cela réduit les possibilités sur la manière de conduire le bateau. Malheureusement, nous avons raté deux virements et n’avons saisie toutes nos opportunités. Pour nous ces événements sont d’abord une occasion de faire progresser l’équipe afin d’être de plus en plus confiants en multicoque. C’est bien d’avoir différentes conditions météo, car celles d’aujourd’hui pourraient ressembler à celles de San Francisco. »

James Spithill (AUS), skipper/barreur, ORACLE Racing Spithill (USA) sur la volonté de toujours s’améliorer même après une victoire :
« Nous pouvons encore gagner en vivacité. Aujourd’hui, je me suis efforcé à rester calme ce qui n’est pas évident car vous savez que chaque erreur peut coûter très cher. »

Charlie Ogletree (USA), skipper/régleur/tacticien, China Team (CHN), satisfait du comportement de son équipe :
« Une très belle pour nous. Nous étions vraiment satisfaits de notre préparation, du programme et de nos nouveaux marins. C’est la plus belle manche réalisée jusqu’ici avec cet équipage. »

 

Emirates Team New Zeland vainqueur de l’America’s Cup World Series Cascais

Emirates Team New Zealand a brillamment remporté l’ultime régate en flotte hier à Cascais et s’adjuge l’America’s Cup World Series Cascais.


ORACLE Racing Spithill prenait le meilleur départ et contrôlait ETNZ sur les deux premiers bords, les deux catamarans étaient suivis de près par Oracle Racing Coutts, Aleph, barré par Bertrand Pacé et Artemis Racing.

Dean Barker revenait sur James Spithill sur le second portant. Spithill part sur la gauche du plan d’eau alors que les néo-zélandais vont chercher de la pression au centre, ce qui leur permet de passer Oracle Racing Spithill sous le vent, ils ne leur reste alors plus qu’à contrôler leur adversaire direct pour remporter cette manche. Artemis Racing profite de cette bataille pour la 1ère place pour refaire son retard et s’intercale à la dernière bouée devant James Spithill, Terry Hutchinson et son équipage coiffent Oracle Racing au poteau et terminent 2nd, le podium est complété par Oracle Racing Spithill,  Russell Coutts prend la 4e place.

La surprise dans la seconde moitié de tableau est venue de Green Comm qui prend une belle 5ème place, alors que l’équipe espagnole était plutôt habituée aux dernières places durant cette semaine de régates.


Aleph qui a tenu bon sur les deux premiers bords lâchera peu à peu du terrain et termine finalement à la sixième place après une belle bataille à la dernière bouée. Le résultat était plus contrasté du côté d’Energy Team, barré pour cette dernière régate par Yann Guichard, qui remplaçait Loick Peyron, parti courir le Fastnet sur Banque Populaire 5 ; en effet le manque d »expérience du skipper sur ce support s’est fait sentir dès le départ, assez prudent, les hommes de Yann Guichard batailleront malgré tout pour revenir sur leurs concurrents, ils prennent la huitième place.

Classement de cette America’s Cup World Series Cascais
1. Emirates Team New Zealand (NZ) – 10 points
2. Artemis Racing (SWE) – 9 points
3. Oracle Racing Spithill (USA) –8 points
4. Oracle Racing Coutts (USA) – 7 points
5. Green Comm Racing (ESP) – 6 points
6. Aleph (FRA) – 5 points
7. Team Korea (KOR) – 4 points
8.Energy Team (FRA) – 3 points
9. China Team (CHN) – 3 points


Réactions du jour

Dean Barker, skipper/barreur, Emirates Team News (NZL)
« C’est vraiment fantastique pour nous. La régate fut très difficile de bout en bout. La brise ne s’est jamais vraiment établie et il y avait de grands trous de vent sur le plan d’eau. Il fallait être toujours au bon endroit au bon moment. »

Le bilan de la semaine : « Nous étions très frustrés après la journée d’hier, nous avions commis beaucoup d’erreurs mais nous avons su rebondir. Nous sommes satisfaits de ce que nous avons fait à Cascais. Il nous reste encore deux ans et beaucoup de travail nous attend. »

Terry Hutchinson, skipper/barreur, Artemis Racing (SUE)
« Nous avons été consistants, gagnant du terrain à chaque bord. L’équipage a fait un job incroyable aujourd’hui et c’est aussi bien d’avoir des bords qui durent plus longtemps et permettent de mieux utiliser la vitesse du bateau. C’est sûrement notre meilleure manche de tout le championnat. » 

Bertrand Pacé, skipper/barreur aujourd’hui, Aleph (FRA)
« Cela fait vraiment plaisir après la frustration de notre succession de mauvaises manches. Là, sur une régate plus longue, nous avons tenu le coup en vitesse, en tactique et en manœuvre. Nous avons taillé un peu gennaker la nuit dernière, cela a un peu amélioré les choses mais il va falloir encore travailler. J’avais la trouille en début d’après-midi quand il y avait 25 nœuds. J’ai dit aux gars « quoi qu’il arrive, on y va à fond et on ne se pause pas trop de questions ». Mais le vent a vraiment molli, il fallait jouer les bascules, la droite était bonne mais pas jusqu’au bout, c’était une belle régate. Je suis bluffé par le bateau. Tu peux changer ta manière de régater selon l’adversaire que tu as à tes côtés, tu peux faire du cap, abattre, accélérer, il répond dans l’instant, c’est vraiment un bateau fabuleux. Il est sûr que nous serons à Plymouth. Nous sommes sur la bonne voie, ce n’est pas facile mais nous avançons. »

Larry Ellison, CEO, ORACLE Racing (USA)
« Ces bateaux sont les plus excitants à bord desquels j’ai jamais régaté. Ils sont vraiment très rapides, vous prenez une risée, une bascule et vous pouvez passer. Ce n’est pas seulement : gagner le départ et gagner la course. Félicitations à Dean Barker et Terry Hutchinson, premier et second devant nous aujourd’hui. Cascais a été un site superbe pour ces régates, nous regardons maintenant vers Plymouth et nous espérons aussi d’autres lieux comme Auckland, San Francisco. C’est un circuit international avec les meilleurs marins à bord des bateaux les plus rapides. Nous souhaitons montrer les AC45 et cette technologie dans le monde entier. »

Vasilij Zbogar, skipper/barreur, Green Comm Racing (ESP)
« Superbe journée pour notre équipe. Nous sommes les derniers arrivés ici mais nous avons progressé tous les jours, 9e, 8e,7e, 6e et maintenant 5e…Aujourd’hui l’esprit d’équipe à bord s’est renforcé comme jamais. Nous nous sommes battus jusqu’au bout et notre équipe a le potentiel pour gagner. »

Yann Guichard, barreur, Energy Team (FRA) :
« C’était difficile pour moi, tout était nouveau, le format, le bateau, le départ au reaching. Cela faisait beaucoup d’informations à intégrer en peu de temps. J’ai eu du mal à sortir la tête du bateau, à regarder notre positionnement et celui des concurrents. On se fait un peu décrocher dès le départ. On se fait couvrir par le paquet et les quatre premiers s’envolent. Ce qui a été dur pour moi c’est de gérer la box, car on est souvent tenté d’aller plus loin chercher la risée, mais tu es obligé de virer. »

Le prochain rendez-vous pour ces équipes sera les America’s Cup World Series Plymouth du 10 au 18 septembre.

James Spithill au dessus du lot

James Spithill et l’équipage d’ORACLE Racing ont dominé le favori Emirates Team New Zealand en remportant le Cascais AC Match Race Championship.

Après quatre jours d’épreuves, ce championnat s’achève ,avant une dernière régate en flotte demain qui déterminera le vainqueur de cet AC World Series Cascais.

Quarts de finale : Energy Team vs Artemis Racing

L’équipage de Loïck Peyron s’est incliné face à  Terry Hutchinson, les français commencent avec une pénalité reçue lors de la phase de pré-départ, mais réussissent à reprendre l’avantage face aux suédois lors du premier empennage. Sur le premier près les suédois reprennent la tête grâce à une pression favorable, quelques erreurs sur Energy Team n’arrangent rien, les français terminent cependant honorablement à une trentaine de secondes de leur adversaire.

Quarts de finale : Oracle Racing Coutts vs Team Korea

Chris Draper et son équipage prennent l’avantage dès le départ sur Russel Coutts, les deux équipages se lancent dans une bataille d’empennages et de virements enroulent, l’équipage sous couleurs coréennes creuse petit à petit sur les américains et s’impose faceau quadruple vainqueur de l’America’s Cup.

A l’issue de ces quarts de finale, Artemis et Team Korea étaient donc qualifiés pour affronter Team Oracle Spithill et Emirates Team New Zealand.

Demi-finale 1 : Oracle Racing Spithill vs Artemis Racing

L’équipage de James Spithill prend rapidement l’avantage sur celui de Terry Hutchinson. Au passage de la seconde marque sous le vent, les équipiers laissent échapper la drisse de gennaker d’Artemis entrainant la chute de la voile à l’eau, les suédois voient alors le catamaran américain s’échapper pendant que les équipiers s’affairent à remonter la voile à bord.

Demi-finale 2 :Team korea vs Emirates Team New Zealand

La hiérarchie est respectée lors de ce duel, Dean Barker et son équipage d’Emirates Team New Zealand prennent le meilleur départ mais Team Korea reste au contact lors des deux premiers bords avant de perdre prise sur le deuxième portant, ils s’inclinent finalement avec les honneurs face à l’une des meilleurs équipes de ces America’s Cup World Series.

Finale : Oracle Racing Spithill vs ETNZ

Logiquement, on retrouve Emirates Team New Zeland et Oracle Racing Spithill pour cette finale de match race.

Spithill prend l’avantage au départ du premier match, malgré tout les néo-zélandais restent au contact jusqu’à la fin du second portant, le gennaker d’ETNZ s’emmêle dans l’étai entrainant un « cocotier » lors du déroulage de la voile, les néo-zéalandais sont alors distancés par les américains qui remportent le match.

La seconde manche (format de a finale à deux manches gagnantes) commence bien pour les Kiwis qui passent la première marque en tête, mais le sort s’acharne à nouveau sur les néo-zélandais, qui connaissent des soucis d’enrouleur de gennaker, ils tardent donc à envoyer leur voile de portant et Oracle passe, les deux équipages se lancent alors dans un duel d’empennages, malgré leurs efforts, ETNZ ne pourra revenir sur Oracle qui remporte ce Cascais AC Match Race Championnship.

Réactions du jour

James Spithill, skipper/barreur, ORACLE Racing Spithill (USA)
« C’est fantastique ! C’est bien d’avoir réussi finalement à mettre Dean Barker et ses gars derrière et deux fois. Dean était le grand favori. John Kostecki était diabolique à la tactique aujourd’hui ! Pour demain, nous devons assimiler ce que nous avons appris et, si nous avons la même brise avec des bouffes comme cet après-midi, la régate (en flotte) pourrait être délicate. »

Dean Barker, skipper/barreur, Emirates Team New Zealand (NZL)
« C’était une journée très frustrante. Nous avons fait beaucoup d’erreurs, dans les positionnements, les manœuvres et nous avons gâché par deux fois nos chances. Ce n’est pas un problème de gennaker mais de progrès que nous devons réaliser ensemble à bord pour devenir encore plus consistants. Nous sommes tous en train d’apprendre pour acquérir ce qui deviendra ensuite une routine. »

Loïck Peyron, skipper/barreur, Energy Team (FRA)

A propos du match contre Artemis Racing : « C’était notre premier Match Race, on aurait pu croire à la chance du débutant, mais ça ne marche pas à tout les coups. Nos amis d’Artemis sont des garçons qui naviguent bien et puis j’ai fait pas mal de bêtises aujourd’hui. Les gars ont bien navigué, sauf au départ où on a mal réagit sur le bateau. On rentre bâbord sur la ligne mais on prend une petite pénalité parce que je ne m’écarte pas assez d’Artemis qui se fait pressant. C’est vrai qu’on aurait du anticiper pour éviter cela, c’était justifié. On part donc derrière ce qui n’est pas grave, la preuve on repasse devant au premier empannage. On empanne mieux qu’eux, on manoeuvre bien, puis ils prennent une risée énorme et là on ne peut pas faire grand chose. Après, on se retrouve avec une autre position tribord-babord qui nous est défavorable, on se rapproche très près mais on ne prend pas de pénalités cette fois. Ensuite on s’en sort bien au près et là c’est la seule erreur que je regrette de la journée, c’est au moment où l’on croise à nouveau au près. Ils sont tribord mais ils virent devant nous et là, je fais l’erreur de virer alors que je pense que ça passait dessous et que le jeu repartait. Ça, c’est une vraie erreur que j’aurais pas du faire… Ensuite, le match se déroule pas mal. En terme de manoeuvre, de vitesse, on n’a pas à rougir. 30 secondes d’écart à l’arrivée, ce n’est rien en multicoques, c’est juste quelques longueurs, mais cela fait la différence… ».

Le bilan de l’expérience à Cascais : « Fabuleux à tous les points de vue. Il fallait être là, il faudra être à Plymouth (sept.) et grâce à Corum et aux partenaires à venir d’Energy Team nous avons sécurisé notre participation au championnat AC45 sur deux ans. Deux choses positives encore : nous avons su apprendre et progresser au sein de l’équipage et l’organisation de l’épreuve ici a su montrer qu’un nouveau « produit », si j’ose parler ainsi, est arrivé sur le marché. » 

Chris Draper, skipper/barreur, Team Korea (KOR)
« Nous avons jusqu’ici pris beaucoup de plaisir à bord et dépassé nos espérances, notamment en match race. Malheureusement, nous n’avons pas réalisé une excellente seconde manche aujourd’hui (contre Barker) et je pense que nous devons modifier l’approche que nous avons eue sur cette course. Nous avons néanmoins beaucoup appris et nous reviendrons encore plus forts. »

Emirates Team New Zealand domine

Nouvelle journée de domination pour Dean Barker et ses hommes sur Emirates Team New Zealand, le kiwis s’imposent sur deux des trois courses en flotte avant de battre Artemis Raincg lors du match race.

Les équipages ont donc enchainé les régates aujourd’hui avec ces trois régates en flotte et une régate de match race pour terminer la journée.

La progression des « nouveaux » équipages » : China Team, Team Korea, Energy Team, Aleph et Green Comm est flagrante, ces marins maitrisent nettement mieux leurs catamarans à aile rigide et viennent désormais disputer les places sur le podium aux équipages des top teams : Oracle Racing Spithill, Oracle Racing Coutts, Emirates Team New Zealand et Artemis Racing. Ainsi, China Team mené par  Mitch Booth  n’est pas passé loin de la victoire sur la troisième manche, avant de s’effondrer sur le dernier portant suite à un problème de gennaker.

Côté français, le team de Loïck Peyron, Energy Team boucle la dernière « feet race » en 4e position et sauve in extremis son carton d’entrée dans le camp des match racers, Aleph barré par Alain Gautier était à la peine aujourd’hui et finit dernier des régates en flotte à égalité de points avec Green Comm.

© Gilles Martin-Raget

Le premier match race a opposé les 5 et 6ème du classement des courses en flotte de la journée, à savoir Team Korea face à Energy Team :
Energy Team débute mal le match, en changeant de foc, l’équipage remonte la drisse de la voile d’avant et effectue donc une partie du premier près sous aile seule, les tricolores perdent le match suite à un empannage raté, Chris Draper gère ensuite son avantage pour remporter le match.

Le deuxième match oppose les 3 et  4ème, dans un duel fratricide entre le deux bateaux du team Oracle Racing
Ce match interne de l’équipe du defender sera sans suspense, James Spithill réalise les deux tours du parcours sans être inquiété par Russell Coutts qui a volé le départ, et se voit donc contraint de réparer sa faute, il ne pourra jamais rejoindre son coéquipier.

Le troisième match oppose les deux premiers du classement, ETNZ et Artemis.
Dean Barker, le skipper kiwi effectue une belle manoeuvre lors du pré-départ, en bloquant Terry Hutchnison sous la ligne. Artemis est donc arrêté au bateau comité lors du coup de canon , tandis qu’Emirates Team New Zealand s’envole. Les Suédois maintiennent un retard de 35 à 40 secondes sur le catamaran kiwi mais aucune fenêtre ne s’ouvre pour pouvoir reprendre la main. Sur la ligne, Barker l’emporte de 54 secondes.
Les réactions des skippers :
Loïck Peyron, skipper/barreur, Energy Team (FRA) 
« Nous ne sommes pas passés loin de la correctionnelle et de sortir des 6 teams pour le match race. Nous pensions ensuite que le comité reviendrait au parcours habituel (plus près de Cascais) qui était plus venté ce soir. Finalement, nous entendons à la VHF que non et que nous sommes à 5 minutes du départ. Le grand foc est à moitié sur le pont, le petit quelque part…la drisse s’envole et tombe dans le mât. Nous rentrons tard dans la boîte mais nous nous défendons bien et nous remportons le départ. Après, Christophe (André) détachait à chaque bord la drisse de gennak’ pour la mettre sur le foc. Très belle impro’ ! Ces bateaux sont rapides sous mât seul et c’est intéressant. C’est une première journée complète et c’est très éprouvant physiquement. L’essentiel c’est que nous gagnons le départ du match race en arrivant tard et en bâbord. »

Mitch Booth, skipper/barreur, China Team (CHN) :
« Cela a été une journée difficile. Nous avons mal commencé avec un mauvais choix de voiles puis nous gâchons notre chance de victoire sur la 3e manche avec une erreur de manœuvre dans le hissage du gennaker. Celui-ci n’était pas bien accroché et a terminé à l’eau. Nous n’avons donc pas disputé le match race mais je reste satisfait du travail de l’équipe et des progrès. Nous régatons face aux meilleurs match racers du monde et nous pouvons être, globalement, heureux de ce que nous arrivons à faire. »

Bertrand Pacé, skipper/tacticien, Aleph (FRA) :
« Je pense que John Bertrand a apprécié la deuxième manche à bord en dépit de nos résultats. Notre départ lors de la 3ème manche était effectivement très bon mais nous manquons encore de coordination à bord pour rester dans le coup. »

Bonne journée pour Team Energy

Les courses ont de nouveau été retardées faute de vent aujourd’hui à Cascais, la journée de régates a donc débuté à 17h avec trois courses en flotte puis un premier match-race entre Emirates Team New Zealand et ORACLE Racing Spithill.

Emirates Team New Zeland et ORACLE Racing Spithill ont dominé les régates en flotte, Dean Barker, le skipper d’ETNZ avait mal débuté la journée avec une collision avec Russell Coutts sur le second départ, malgré tout il réussissait à reprendre une 4ème place sur cette régate avant de s’imposer sur la dernière course en flotte de la journée.

© Gilles Martin-Raget

James Spithill revenait à son meilleur niveau avec une victoire, une 4ème et une seconde place. Chris Draper sur Team Korea menaient son équipage sur le podium de cette journée de régates en flotte  avec une 6ème, une 3ème et une 2nde place, Loick Peyron et ses hommes se distinguaient également sur Energy Team avec deux 3ème place et une cinquième place, se classant 4ème de cette journée à égalité de points avec les koréens.

Artemis Racing et Oracle Racing Coutts étaient à la peine aujourd’hui avec des cinquième et sixième places au provisoire, devant Aleph qui manque de vitesse, China Team et Green Com.

La journée s’est terminée sur un duel opposant les deux premiers du classement du jour, les Néo-zélandais ont remporté ce premier mano a mano grâce à une bonne tactique et une vitesse excellente au portant permettant le retour sur le second portant.


Les réactions des skippers :

Dean Barker, skipper/barreur, Emirates Team New Zealand (NZL), leader :
« C’était une journée très intense. Nous avons eu une collision avec Russell (Coutts) et cela nous a pris quelques minutes pour revenir dans le match (2e manche). Il y a différents degrés de collision, celle-ci n’était pas si méchante. Cela a endommagé légèrement la coque, nous avons un peu d’eau à l’intérieur mais tout sera réparé ce soir. Les points clefs du match race : nous avons fait une erreur en partant sur la droite du plan d’eau, la gauche était plus favorable, nous étions un peu en retard à la marque sous le vent et ils ont fait un super job pour revenir mais nous avons réussi un très bon second bord de portant. »  Sa manche préférée aujourd’hui ? « Le match race ! Mais globalement, nous avons pris beaucoup de plaisir aujourd’hui et c’était vraiment une bonne décision d’attendre deux heures de plus pour lancer les courses. Il y a beaucoup de choses que nous pouvons mieux faire mais je suis fier du travail de mon équipage ce soir. »

Loïck Peyron, skipper/barreur, Energy Team (FRA), 4e au classement général :
« C’est pas mal, nous sommes au stade d’amateurs éclairés, on se bagarre avec des gens qui font ça depuis longtemps et ensemble. Nous, on se découvre et on découvre le bateau et, en plus, on parle anglais, ce qui ajoute aux difficultés. Mais il ne faut pas oublier à qui nous avons à faire et ils vont bientôt découvrir à qui ils ont à faire (rires) mais pour l’instant, restons modestes. »

Alain Gautier, barreur, Aleph (FRA), 7e au classement général :

« La journée a bien commencé avec une place de 5e, avec un bon départ et des manœuvres qui progressent. Par contre, nous avons toujours ce problème de vitesse, il faut que nous modifions les voiles et le génois repart d’ailleurs en voilerie ce soir. Nous avons aussi été gênés par les bannières publicitaires (flottantes) de l’organisation à la bouée sur la deuxième manche. Nous avons protesté mais il a fallu abattre et nous avons perdu 20 à 30 secondes. »

Pour terminer un petit rappel concernant les règles des AC Match Race Championnship  :

Les équipes s’affrontent en duel afin de décrocher leur place pour l’épreuve de force finale du samedi. Mercredi, jeudi et vendredi se déroulent selon le même programme. Les journées débutent par trois courses en flotte de 20 minutes afin de déterminer les six meilleures équipes qui se mesurent ensuite en Match Race (le 6e contre le 5e, le 4e contre le 3e et le 2e contre le 1er). Chaque journée permet d’établir un classement complet de l’ensemble de la flotte. Le résultat au terme de ces trois jours détermine l’ordre des sélections pour les Match Race Championships de samedi. Les six meilleures équipes se rencontreront alors en quarts, demies et finales afin de désigner le vainqueur du Cascais AC Match Race.