Sidney Gavignet :  » J’espère que cette faiblesse deviendra notre force »

Sidney Gavignet, l’un des marins français les plus expérimentés sur les grandes courses internationales (Volvo Ocean Race, America’s Cup), a intégré l’équipe d’Oman Sail il y a deux ans. Il a pris la barre de tous les multicoques de ce team (maxi trimaran, Extreme 40), et est désormais skipper du MOD70 Musandam.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Sidney a accepté de répondre aux questions de Voile-Multicoques concernant cette première saison en MOD70.

Un mot sur ces MOD70, quels sont ses points forts ? Pensez-vous que certains éléments pourraient être améliorés sur le trimaran ?

Les bateaux sont très bien nés, marins, agréables à naviguer avec des réglages fins, qui se sentent tout de suite à la barre. Ces trimarans sont fiables, nous pouvons enchaîner les navigations avec des équipes techniques réduites, ce qui prouve leur solidité.

La classe a un problème technique principal, ce sont les foils qui sont fragiles. Nous en avons fait l’expérience sur la Krys Ocean Race, avec une casse sans qu’il n’y ait eu de choc sur l’appendice.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

L’équipe a décroché sa première victoire sur une étape offshore (sur la 4ème étape de l’European Tour entre Cascais et Marseille), dans des conditions légères, quels ont été les points forts de l’équipage sur cette étape ?

Nous avons forcément eu un peu de réussite, mais nous avions une bonne vitesse dans ce petit temps, nous avons pu grappiller petit à petit en s’arrêtant moins que les autres bateaux dans les zones de pétole. Le fait qu’il y ait toujours plus de vent devant nous a aussi permis de creuser une belle avance jusqu’à l’arrivée.

Vous aviez également effectué un beau début de course sur la Krys Ocean Race avant la casse du foil, et ce malgré un équipage nettement moins expérimenté que sur les autres trimarans, avec notamment deux omanais sur les étapes offshore, quelle est la force de cet équipage ?

J’espère que cette faiblesse deviendra notre force. Nous sommes obligés du fait de ce manque d’expérience d’être très structurés à bord, avec une organisation quasi militaire, je pense que cette rigueur peut sur le long terme devenir une force.

La langue « officielle » sur le bateau est l’anglais, nous avons donc uniquement Brian Thompson qui parle sa langue naturelle ; ceci implique un lexique commun à tout l’équipage, ce qui renforce encore l’organisation nécessaire pour les manœuvres.

L’objectif d’Oman Sail est de former un équipage entièrement omanais, tu as à bord deux équipiers originaires du Sultanat sur les offshores et trois sur les inshores, comment jugez-vous la progression de ces marins ?

Leur progression est énorme, même si ce n’est jamais assez.

J’aime bien citer Fahad Al Hasni, qui est le plus jeunes des trois omanais qui naviguent à bord. Il a débuté la voile il y a seulement trois ans, en étant formé sur le Tour de France à la voile. Désormais c’est un très bon équipier, même si il n’est pas encore un bon pro, mais il le deviendra, d’abord au large, puis en peaufinant la technique sur les inshores également.

Nous sommes à Marseille, où je faisais sport-étude voile il y a 25 ans, c’est donc difficile de contracter une expérience de 25 ans comme la mienne en seulement trois ans.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

Il existe un programme de sélection de marins à Oman, mais comment se passe la sélection de vos équipiers sur le MOD ?

Oman Sail a de beaux résultats sur le tour de France à la voile, en Extreme 40 et nous avons nous aussi quelques bonnes performances en MOD70, mais chaque série travaille de son côté. Le vivier de marins existe, mais il est difficile de faire passer les gens d’une série à l’autre, et je suis presque en manque d’équipiers, c’est probablement la petite faiblesse du programme d’Oman Sail.

Oman Sail est donc très impliqué pour le développement de la voile dans le Sultanat, quel est l’impact de cet engagement au niveau local dans les écoles de voile ?

Ce programme a permis de construire deux écoles de voile dignes de celles que l’on peut trouver à Brest ou la Rochelle, les scolaires ont également accès à ces écoles de voile, un programme féminin se développe aussi, ce qui est important dans un pays musulman.

Le nombre d’enfants qui touchent à la voile depuis le lancement du programme est phénoménal.

Oman Sail est le seul équipage international de la série MOD70, que manque-t-il à cette classe pour attirer les marins étrangers ?

Effectivement il manque deux bateaux anglo-saxons sur cette classe, j’espère que nous les aurons bientôt .

Nous avons prouvé que les bateaux sont fiables, spectaculaires, que nous pouvons enchaîner les courses, le tour de l’Europe a été parfait et le tour du monde l’année prochaine le sera aussi, la classe a donc tout pour réussir, manque ces bateaux étrangers pour que le succès soit complet.

Aviez-vous des objectifs définis pour cette première saison en MOD70 ?

L’objectif sur la transatlantique New York Brest était de terminer la course, car nous avions débuté le navigations sur le trimaran seulement deux mois avant. L’objectif est donc rempli, malgré la casse du foil.

En ce qui concerne l’European Tour, nous visons le milieu de plateau, nous somme cinq, donc l’objectif est le podium, en gagnant des manches inshores et offshore. Actuellement nous avons atteint ces objectifs, mais la course est très serrée et nous pouvons finir 3ème comme 5ème.

Un mot sur les performances lors de la première journée des City Races de Marseille, dans le petite temps ?

L’équation était simple, deux mauvais départs, deux mauvaises manches, un bon départ une bonne place à l’arrivée, tout s’est joué sur ce point. Ceci fait parti de nos points à améliorer avec une marge de progression afin d’être plus constants dans ces phases de régates

Un Grand Prix au goût amer pour le Gitana Team

Le Grand Prix de Porto, quatrième manche des Extreme Sailing Series, s’est terminé de façon abrupte pour Pierre Pennec et ses hommes hier lors de la quatrième manche de la journée, alors que l’équipage se battait pour la seconde place.

Le récit du skipper de l’Extreme 40 aux couleurs du Gitana  Team : « Nous arrivions à la dernière marque de parcours de la manche 28. Nous étions bâbord engagé sur GAC Pindar qui était sous notre vent, lui même était engagé sur Zoulou. Oman Air arrivait en tribord mais pas très rapide. Nous avons abattu derrière lui. A ce moment là, The Wave Muscat vient de virer à environ quatre longueurs derrière Oman Air. Quand il nous voit Leigh McMillan tire la barre pour nous empêcher de passer. Groupe Edmond de Rothschild se retrouve alors quasiment parallèle à The Wave. Je demande de l’eau à GAC Pindar, qui lui même demande de l’eau à Zoulou mais ça ne répond pas. Je fais alors tout mon maximum mais je ne peux pas éviter le contact avec The Wave. Après le choc, je vois Bernard Labro allongé sur le filet et qui saignait au niveau du nez. Il était clair que la course était finie pour nous. Ce n’est qu’après que l’équipe technique nous a dit que de toute façon notre étrave bâbord avait été sérieusement endommagée.

© Roy Riley / Lloyd Images


Pierre Pennec était pénalisé sur le plan d’eau mais a bien évidemment devant un redress au jury une fois le bateau et les hommes mis en sécurité, celui-ci a rejeté la demande de l’équipage français, rappelons que l’année dernière le Gitana Team avait déjà subi une décision discutable du jury lors d’une collision avec Artemis Racing et que Leigh McMillan est assez coutumier des manoeuvres musclées :  « Pour moi et pour notre coach présent, Benoit Briand, nous n’étions pas en tort et les arbitres ont commis une erreur de jugement ! GAC devait nous laisser de l’eau tout comme Zoulou devait en laisser à GAC. Ce qui modifie aussi la donne dans l’équation c’est le changement de trajectoire de The Wave. C’est pourquoi nous avons demandé au jury de rouvrir notre cas une fois rentré à terre, ce qui fut finalement accepté. Après la fin des manches, nous avons donc été donner notre version des faits au jury. Des représentants de GAC Pindar et Zoulou, présents à cette audience, ont confirmé que nous étions bien engagés sur eux. Par contre, Zoulou a indiqué qu’à cause de la proximité de la digue à cet endroit du parcours, il avait demandé très vite de l’eau car il n’avait plus de place pour abattre. Les différents équipiers ne semblent pas d’accord sur ce point et tout le nœud du problème est là. Le jury a donc considéré que nous étions fautifs car nous nous n’avions pas mis tout en œuvre pour éviter le contact.  Nous ne sommes pas contents de la décision prise par le jury et nous maintenons notre version. C’est dur, car cela fait deux fois que de notre point de vue cette instance commet des erreurs qui sont très lourdes de conséquences pour nous. Nous n’avons d’autre choix que de prendre note de leur décision, mais nous quittons Porto avec un goût amer. C’est extrêmement frustrant pour tout le monde de finir un événement comme ça. D’autant que nous avions, tout comme The Wave, demandé au comité de course que cette bouée soit déplacée. Elle nous semblait trop proche de la digue et dangereuse pour les croisements avec cette force de vent »

© Roy Riley / Lloyd Images

The Wave Muscat remporte donc ce grand prix devant Red Bull Sailing Team qui se montre très régulier en ce début de saison, le second équipage omanais, Oman Air se classe troisième, devant Alinghi, Groupe Edmond de Rothschild termine cinquième après avoir raté les quatre dernières manches hier. Fred Le Peutrec sur Zoulou aura effectué quelques belles manches mais ne peut faire mieux que 8 ème.

Au classement général, The Wave prend le large avec 6 points d’avance sur Red Bull, Oman Air et Groupe Edmond de Rothschild sont à égalité de points avec 8 points de retard sur le leader.

Classement du Grand Prix de Porto (après trente deux manches)

  1. The Wave Muscat – 198 points
  2. Red Bull Sailing Team – 183 points
  3. Oman Air – 156 points
  4. Alinghi – 145 points
  5. Groupe Edmond de Rothschild – 137 points
  6. SAP Extreme Sailing Team – 129 points
  7. GAC Pindar – 126 points
  8. Zoulou – 123 points

Classement provisoire des Extreme Sailing Series après quatre Grands Prix

  1. The Wave Muscat – 39 points
  2. Red Bull Sailing Team – 33 points
  3. Oman Air – 31 points
  4. Groupe Edmond de Rothschild – 31 points
  5. GAC Pindar – 22 points
  6. Alinghi – 18 points
  7. SAP Extreme Sailing Team – 18 points
  8. Zoulou – 16 points

The Wave Muscat gagne le second acte des Extreme Sailing Series

 

L’équipage de The Wave, Muscat, mené par Leigh McMillan a remporté l’Act 2 des Extreme Sailing Series aujourd’hui à Qingdao. Et chose rare sur ce circuit: ils ont été déclarés vainqueurs alors qu’une manche restait encore à disputer. Ils prennent ainsi la tête du classement général de la saison.


The Wave, Muscat © Lloyd Images

Pour le reste du podium, il aura fallu attendre la fin de la 29e et dernière manche comptant double. Après un début de journée assez désastreux, Roman Hagara et ses hommes, sur Red Bull Sailing Team, avaient déjà abandonnés leurs rêves de victoire. Mais grâce à leurs excellents résultats dans les trois dernières manches, ils décrochent la seconde place et signent leur premier podium depuis l’épreuve de Muscat en 2011. Côté Français, Groupe Edmond de Rothschild, réussit un très beau ‘comeback’, se hissant sur la troisième marche du podium, après avoir démarré la journée à la cinquième place.

Les visages étaient un peu inquiets ce matin à la vue des prévisions météo qui annonçaient les mêmes conditions que cette journée noire de 2011 où quatre bateaux avaient chaviré. Le vent n’a cessé de se renforcer au cours de la journée, mais les effets de la dépression n’ont vraiment touché Fushan Bay et la flotte des Extreme 40 que dans la toute dernière manche, avec une visibilité très faible due à la pluie.


Extreme-40 fleet © Lloyd Images

Dès le premier coup de canon, The Wave, Muscat, ne laisse planer aucun doute sur ses intentions et s’impose à l’arrivée. Cinq manches plus tard, son avance au classement est irrattrapable. « Nous sommes très heureux d’avoir gagné ici à Qingdao après notre deuxième place dans la première épreuve », confie Leigh Mc Millan. « Nous ne nous attendions pas vraiment à cela. La course fut très serrée et Red Bull Sailing Team a très bien navigué et n’a jamais rien lâché ».

Dans la dernière manche, suivie par plus de 55 000 spectateurs, tous les yeux sont rivés sur les quatre prétendants à la seconde place, que 6 petits points séparent. Comme dans l’Act 1 à Muscat, ce sont les Danois de SAP Extreme Sailing Team qui remportent l’ultime manche. Mais grâce à sa deuxième place et à ses deux victoires consécutives dans les manches précédentes, Roman Hagara sur Red Bull Sailing Team revient dans le jeu et grimpe sur la seconde marche du podium. « L’équipage est content de ce résultat. Nous avons mené les deux premiers jours, mais hier nous avons eu une très mauvaise journée et nous avons également mal démarré aujourd’hui. Nous nous sommes vraiment battus pour remonter donc toute l’équipe mérite cette seconde place ».


Extreme-40 fleet © Lloyd Images

Chez les Français, Groupe Edmond de Rothschild réussit lui aussi une belle remontée aujourd’hui. Classés cinquièmes en début de journée, Pierre Pennec et ses hommes, qui comptent parmi les grands favoris cette saison, décrochent une série de bons résultats ce vendredi, dont une victoire, deux troisièmes places et une quatrième dans l’ultime manche, qui leur permet de se hisser sur le podium. « Avant la dernière manche, nous pouvions finir second ou sixième du général, donc je suis content de cette troisième place », avoue le skipper. « Nous terminons une nouvelle fois sur le podium et c’est ce qu’il faut faire pour gagner le championnat ».

Comme à Muscat, l’autre équipe tricolore, ZouLou, termine trois places derrière, en sixième position.

Avec une cérémonie d’ouverture spectaculaire, un programme social pour les écoles et le public très efficace et une cérémonie de clôture que même la pluie n’a pas pu gâcher, l’événement, organisé conjointement par Qingdao Yachting Association, a remporté un grand succès, et Qingdao « Cité de la Voile » en Chine, a été fidèle à sa réputation gagnée lors des Jeux Olympiques en 2008.

Prochaine étape des Extreme Sailing Series 2012 à Istanbul en Turquie pour l’Act 3 du 7 au 10 juin.

Classement Général de l’Act 2 des Extreme Sailing Series 2012 à Qingdao, en Chine à l’issue de la quatrième journée (20.4.12), après 29 manches courues
Position / Team / Points
1er The Wave, Muscat (OMA) Leigh McMillan / Ed Smyth / Pete Greenhalgh / Hashim Al Rashdi / Rachel Williamson 189 points
2e Red Bull Sailing Team (AUT) Roman Hagara / Hans Peter Steinacher / Matthew Adams / Graeme Spence, Pierre Le Clainche 174 points
3e Groupe Edmond de Rothschild (FRA) Pierre Pennec / Jean-Christophe Mourniac / Hervé Cunningham / Bernard Labro / Romain Petit 171 points
4e GAC Pindar (GBR) Ian Williams / Mark Ivey / Mark Bulkeley / Adam Piggot / Andrew Walsh 164 points
5e Oman Air (OMA) Morgan Larson / Will Howden / Charlie Ogletree / Nasser Al Mashari / Max Bulger 162 points
6e ZouLou (FRA) Loick Peyron / Philippe Mourniac / Jean-Sébastien Ponce / Bruno Jeanjean / Patrick Aucour 158 points
7e SAP Extreme Sailing Team (DEN) Jes Gram-Hansen / Rasmus Kostner / Pete Cumming / Christian Kamp / Jonas Hviid 130 points
8e Alinghi (SUI), Pierre-Yves Jorand / Tanguy Cariou / Nils Frei / Yves Detrey / Charles Favre 129 points
9e China Team (CHN) Phil Robertson / Garth Ellingham / Kit Cheng / Nick Catley / Xiaqun Song 74 points

Classement des Extreme Sailing Series 2012, après l’Act 2
1er The Wave, Muscat (OMA) 19 points
2e Groupe Edmond de Rothschild (FRA) 16 points
3e Red Bull Sailing Team (AUT) 16 points
4e Oman Air (OMA) 16 points
5e GAC Pindar (GBR) 13 points
6e ZouLou (FRA) 10 points
7e SAP Extreme Sailing Team (DEN) 7 points
8e Alinghi (SUI), 7 points

Ils ont dit :

Pierre Pennec, skipper de Groupe Edmond de Rothschild
« Avant la dernière manche, nous pouvions finir second ou sixième du général, donc je suis content de cette troisième place. Nous terminons une nouvelle fois sur le podium et c’est ce qu’il faut faire pour gagner le championnat. La difficulté sur ce circuit est d’être réguliers. Satisfait aussi car le niveau de la flotte était assez élevé sur ce Grand Prix. Nous avons pu effacer quelques unes de nos lacunes au fil des jours, ce qui montre que nous avons progressé et c’est important tant en communication qu’en fonctionnement à bord. Il nous reste un point très important à travailler pour le prochain Grand Prix : les départs. L’autre point positif est que nous arrivons toujours à remonter des places lors que nous partons mal. Et sur ces petits parcours, avec des vents oscillants, cela témoigne d’une bonne dynamique à bord. »

« De démontrer à nos adversaires que nous tenons bien la pression, notamment sur ces derniers jours où tout se joue, est une très bonne chose pour l’avenir. C’est tout aussi important pour l’équipage qui reste soudé et optimiste dans toutes les circonstances. Nous répondons présents dans les moments clés. Je me suis vraiment plaisir sur ce Grand Prix, et cela aussi c’est de bon augure pour la suite de la saison. »

« Je voulais adresser un grand bravo à The Wave Muscat, qui a très bien navigué tout au long des quatre jours de régates. Sa victoire est incontestable et méritée. Nous savions qu’il compterait parmi nos adversaires de la saison 2012 et cela ne fait que confirmer notre idée. Cet équipage sera naturellement à surveiller ! »

Hervé Cunningham, régleur de grand-voile, Groupe Edmond de Rothschild
« C’était très difficile de décroche ce résultat, qui n’est pas si mal finalement vu la façon dont nous avions commencé. Mais quand on regarde qui est devant nous, je me demande si c’est suffisant pour atteindre notre objectif cette saison. Mais nous n’en sommes qu’au début, donc nous savons ce qu’il nous reste à faire ».

Pierre-Yves Jorand, skipper de Alinghi
« Cette épreuve a été difficile et un peu frustrante pour nous, mais nous avons eu de bonnes conditions et les manches étaient passionnantes avec des résultats très serrés à la fin. Le plan d’eau à Qingdao est formidable pour ce circuit, avec les départs au reaching, les parcours bananes et la ligne d’arrivée près du rivage. Même les bonnes équipes font parfois de mauvaises manches, donc au final c’est l’équipe qui commet le moins d’erreurs qui gagne l’épreuve. Il va falloir changer notre stratégie pour la prochaine étape ».

Les locaux s’imposent à Mascate

Après trois jours de domination, l’équipage de Pierre Pennec sur Groupe Edmond de Rothschild s’est incliné lors de l’ultime journée face aux deux équipes battant pavillon omani, Oman Air et The Wave Muscat, qui terminent aux deux premières places devant les français qui complètent le podium.

Pierre Pennec : « Évidemment je suis déçu de ne pas avoir bien navigué aujourd’hui, mais c’est le sport , nous jouions la gagne et j’ai pris des risques que j’assume complètement, notamment dans les phases de contacts. Cette dernière journée n’a pas été la nôtre, mais il y en aura beaucoup d’autres qui tourneront à notre avantage … j’en ai la certitude. Nous apprenons toujours de nos erreurs et c’est pourquoi nous repartons d’Oman avec une vision claire des points sur lesquels nous devons progresser. La dynamique est lancée et les premiers jalons posés ici me donnent beaucoup de confiance pour le reste de la saison. Nous nous sommes relevés les manches et accrochés sur la dernière course car nous aurions pu finir quatrièmes, cela démontre encore que le groupe est fort et sait rester soudé dans les moments délicats. Il y a un beau premier et un beau deuxième et je suis ravi pour eux qu’ils se classent ainsi dans leur pays. Ils seront des concurrents sérieux cette saison, mais ce n’est pas une surprise. »


© Lloyd Images

C’est donc Morgan Larson, nouveau circuit sur le circuit, et ses hommes qui s’imposent sur Oman Air devant l’autre bateau Omani, The Wave Muscat, skippé par Leigh McMillan.

Morgan Larson : « C’était une semaine difficile et le moins que l’on puisse dire c’est que nous avons appris très vite ! Mais l’épreuve fut très disputée et tout le monde pouvait gagner dans les dernières manches. Nous avons eu de la chance ».

Ernesto Bertarelli, qui barre désormais son Extreme 40 Alinghi termine 7ème derrière Zoulou, barré par Loick Peyron, Roman Hagara sur Red Bull termine quatrième devant GAC Pindar.
Morgan Larson, skipper, Oman Air : « Cela fait un effet incroyable ! C’était une semaine difficile et le moins que l’on puisse dire c’est que nous avons appris très vite ! Mais l’épreuve fut très disputée et tout le monde pouvait gagner dans les quelques dernières manches. Nous avons eu de la chance. Je suis sûr que c’est un peu la chance du débutant. Nous sommes sommes bien battus et nous avons su rester concentrés mais je sais que la saison sera très disputée et nous allons rencontrer des conditions bien plus difficiles. Nous devons juste continuer de prendre du plaisir à naviguer car je crois que c’est indispensable pour réussir. Il faut aussi se battre pour garder sa place mais sur ces bateaux on ne sait jamais ce qui peut arriver donc il faut tout donner jusqu’à l’arrivée ».

Leigh McMillan, skipper, The Wave, Muscat : « Quelle journée ! Nous avons eu de très belles manches avec une victoire et des secondes places, mais ils ont également décroché de bons résultats et nous n’avons pas pu les battre. C’était très serré et nous sommes contents de finir seconds. Tout s’est joué sur une manche où le vent était très faible. Nous sommes restés coincés dans une bagarre en milieu de flotte et Oman Air s’est échappé devant. Mais nous sommes très heureux pour eux. C’est formidable pour Oman ».
Hervé Cunningham, tacticien, Groupe Edmond de Rothschild : « Il y a des jours où rien ne va comme vous le voulez. Je ne cherche pas d’excuses, mais à bord aujourd’hui, c’était vraiment le cas. Nous n’avons pas trouvé le rythme et le résultat n’est pas terrible. Trop de pénalités et perte de confiance, car l’équipage est nouveau. Je sais que nous sommes favoris sur le papier, mais avec un nouvel équipage, il n’y a pas de miracle. Nous ne sommes pas au même niveau que l’année dernière et les autres ont fait mieux que nous. Chapeau à Oman Air et The Wave. Ils ont très bien navigué. A nous maintenant de rattraper le tir et d’être compétitifs en Chine, parce que notre objectif est de gagner au général. Troisième ce n’est pas mal. Cela pourrait être pire ! Mais c’est un avertissement pour nous. Cela ne va pas être facile cette année ».

Pierre Pennec, skipper, Groupe Edmond de Rothschild : « Évidemment je suis déçu de ne pas avoir bien navigué aujourd’hui, mais c’est le sport. Cela peut paraître bizarre à dire, mais je suis très content de cette semaine de compétition. J’ai pris beaucoup de plaisir sur l’eau et même si j’attaque ma quatrième année en Extreme 40, ces derniers jours ont été riches en enseignement. L’équipage qui naviguait ici pour la première fois a démontré un gros potentiel tant technique, humain que mental. Malgré notre peu d’entraînement en amont, dû à des problématiques de disponibilités des uns et des autres, le groupe a déjà beaucoup progressé et s’inscrit dans une démarche positive. Chaque équipier apporte sa pierre – son rocher – à l’édifice, tout comme Thierry qui nous fait partager son expérience avec simplicité en tant que coach. Nous nous sommes relevés les manches et accrochés sur la dernière course car nous aurions pu finir quatrièmes, cela démontre encore que le groupe est fort et sait rester soudé dans les moments délicats. Il y a un beau premier et un beau deuxième et je suis ravi pour eux qu’ils se classent ainsi dans leur pays. Ils seront des concurrents sérieux cette saison mais ce n’est pas une surprise. Oman Sail est une belle équipe qui anime le circuit depuis quelques années et leur victoire est amplement méritée. Aujourd’hui, nous jouions la gagne et j’ai pris des risques que j’assume complètement, notamment dans les phases de contacts. Cette dernière journée n’a pas été la notre mais on apprend aussi énormément de ses erreurs. Nous repartons d’Oman avec une vision claire des points sur lesquels nous devons progresser. La dynamique est lancée et les premiers jalons posés ici me donne beaucoup de confiance pour le reste de la saison ».

Ernesto Bertarelli, skipper, Alinghi: « C’est formidable, vraiment formidable. C’est un format de course différent pour moi mais j’apprends un peu plus chaque jour, à chaque manche. C’est pour ça que je suis ici. Je suis là pour goûter à quelque chose de nouveau et je prends vraiment du plaisir. C’est très serré. En fait ce n’est pas si différent d’une régate normale, c’est simplement que tout va beaucoup plus vite. Sur une course classique, vous pouvez avoir de la régate au contact ou des coups tactiques à jouer, avec peut-être un bateau toutes les 10 minutes. Ici c’est toutes les 15 secondes ! »

Classement des Extreme Sailing Series 2012, Mascate, Oman.

1er Oman Air (OMA) Morgan Larson 165 points
2e The Wave, Muscat (OMA) Leigh McMillan 159 points
3e Groupe Edmond de Rothschild (FRA) Pierre Pennec  155 points
4e Red Bull Sailing Team (AUT) Roman Hagara 148 points
5e GAC Pindar (GBR) Ian Williams 138 points
6e ZouLou (FRA) Loick Peyron 111 points
7e Alinghi (SUI), Ernesto Bertarelli 109 points
8e Team Trifork (DEN) Jes Gram-Hansen 95 points

Les programmes des multicoques lémaniques dévoilés

C’est au tour des M2 de tenter l’internationalisation, avec deux grands prix prévus en France en Italie pour débuter et clore la saison. Les équipages des catamarans de 28′ débuteront donc le Safram Teamwork Speed Tour à Hyères avec un grand prix et un raid autour de Porquerolles en mai,et clôtureront leur saison avec la même formule sur le lac de Garde.

1. Grand Prix de Méditerranée (17 – 18 mai 2012) (Régate annuelle en mer de la SNG) (Hyères)

2. Raid de Porquerolles (19 – 20 mai 2012 (Hyères)

3. Genève Rolle Genève (9 juin 2012) (Genève)

4. Bol d’Or Mirabaud (16-17 juin 2012) (Genève)

5. Grand Prix du Léman (30 juin-1er juillet 2012) (Morges)

6. Grand Prix d’Italie (6 – 7 septembre 2012) (Gargano, Lac de Garde)

7. Centomiglia (8 – 9 septembre 2012) (Gargano, Lac de Garde)

Les équipages qui participeront aux régates à l’étranger seront dispensées de frais d’inscription au championnat Safram M2. Les organisateurs s’inspireront également des nouveaux formats de régates vus en AC45 et en Extreme 40 en proposant des parcours de maximum 30 minutes avec arrivée ou départ près de la côte.

Du côté des Décision 35, l’expérience méditerranéenne n’est pas reconduite, les propriétaires se retrouveront donc uniquement sur le Léman avec huit rendez-vous classiques. Aucune information n’a filtré sur les teams engagés, cependant on peut s’attendre à retrouver les habituels Alinghi, Ladycat, Okalys-Corum, Foncia, Veltigroup, Zen Too ; Artemis Racing qui avait rejoint le circuit l’an dernier devrai,t selon toute vraisemblance, se consacrer à sa préparation de la 34ème Coupe de l’America avec le circuit AC45 et la mise à l’eau de l’AC72, et devrait donc être absent du plan d’eau helvète cette année.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques

Le programme du Vulcain Trophy :

3 au 5 mai 2012 >> Grand Prix Les Ambassadeurs, Société Nautique de Genève

26 et 27 mai 2012 >> Open de Crans, Club Nautique de Crans-près-Céligny

8 et 10 juin 2012 >> Grand Prix de Versoix, Club Nautique de Versoix

9 juin 2012 >> Genève-Rolle-Genève

15 au 17 juin 2012 >> Bol d’Or Mirabaud

25 et 26 août 2012 >> Open du Yacht Club, Yacht Club de Genève

8 et 9 septembre 2012 >> Open de Morges, Club Nautique de Morges

21 au 23 septembre >> Finale du Vulcain Trophy, Société Nautique de Genève

 

 

Le calendrier des Extreme Sailing Series 2012 dévoilé

Mark Turner a dévoilé au cours du World Yacht Racing Forum les 8 étapes des Extreme Sailing Series 2012, les régates auront lieu sur 3 continents, avec un retour dans les pays du Golfe, en Europe et en Asie, et une première un Act en Amérique du Sud.

 


The 2012 Extreme Sailing Series Venues

Les Extreme Sailing Series débuteront à Mascate, dans l’émirat d’Oman avant une nouvelle étape en Asie à Quingdao puis un retour à Istambul. De juillet à octobre, les équipages enchaineront quatre étapes européennes avec Porto, l’Angleterre (très probablement Cowes durant la Cowes Week), puis des retours à Trapani et Nice.

La finale de la saison se jouera au Brésil, terre d’accueil des Jeux Olympiques 2016, du 29 novembre au 2 décembre. P

Mark Turner, président exécutif de la société organisatrice OC ThirdPole : « Le circuit continue de refléter l’évolution du monde dans son ensemble, avec un équilibre est-ouest, différentes cultures et différentes langues, et des conditions de navigation très variées. La valeur commerciale des épreuves pour les villes d’accueil augmente chaque année, et cela se voit dans les évolutions du circuit pour 2012″.


Fleet lining up for a start in Istanbul, Turkey © Lloyd Images

 

Des partenaires (autres que MarinePool et GAC Pindar) seront annoncés en début d’année prochaine parallèlement à la liste des participants qui réunira des marins d’une douzaine de pays différents. Le numérus clausus devrait être de 8 , auxquels s’ajouteront des wildcard’proposés à de nouvelles équipes préparant une saison complète en 2013.

OC ThirdPole, la société organisatrice à travailler sur les dates des différents Acts afin de faire en sorte que les dates des Extremes Sailing Series soient les plus cohérentes possibles par rapports au reste du calendrier nautique et principalement avec le calendrier des America’s Cup World Series. En effet durant cette année 2011 certains Act des Extreme Sailing Series se sont déroulés en même temps que des régates sur AC 45, réduisant la visibilité des événements et obligeant les équipes engagées sur les deux circuits à engager une équipe B sur les ESS.

Mark Turner, président exécutif d’OC ThirdPole : “nous sommes fiers de nous tourner vers une sixième édition et fiers d’avoir offert un tel niveau de compétition sportive dans un format qui permet en plus de créer le spectacle. Il est parfois difficile de répondre aux besoins des différents protagonistes, les villes d’accueil, les sponsors de l’événement, les équipes et leurs partenaires, les marins, dont certains sont parmi les plus titrés du monde, les passionnés de voile, et le grand public qui découvre parfois ce sport pour la première fois. Mais c’est un défi qu’une équipe relativement petite mais enthousiaste a pris le pari de relever, et nous avons hâte d’organiser une excellente saison 2012, une fois de plus à travers différentes langues, différentes cultures et différentes contrées. Début 2011, nous avons pris le contrôle de la Classe Extreme 40 afin de développer conjointement les règles de l’événement et du bateau et garantir des chances de victoire plus équitables, ainsi que pour réduire les coûts de participation des équipes. Je pense qu’il reste encore beaucoup de choses à améliorer et à créer, sur chaque épreuve et en termes de communication, même si nous avons pu constater une augmentation significative de la valeur média cette année à travers nos différents supports et plateformes, notamment pour une couverture TV de qualité. Notre budget est assez limité comparativement à d’autres grandes épreuves labélisées ‘Special Events’ par l’ISAF (America’s Cup, Volvo Ocean Race er World Match Racing Tour) et nous devons bien calculer. Nous avons fait d’énormes progrès en 2011, mais nous pouvons encore mieux faire, notamment d’un point de vue visuel, avec la vidéo, car nous avons ici un produit exceptionnel et de formidables acteurs ».

Calendrier 2012 :

Act 1 : Mascate, Oman, du 28 février au 2 mars
Act 2 : Qingdao, Chine, du 19 au 22 avril
Act 3 : Istanbul, Turquie, du 7 au 10 juin
Act 4 : Porto, Portugal, du 5 au 8 juillet
Act 5:  Royaume-Uni, août
Act 6 : Trapani, Italie, du 13 au 16 septembre
Act 7 : Nice, France, du 18 au 21 octobre
Act 8 : Brésil, du 29 novembre au 2 décembre

Luna Rossa vainqueur des Extreme Sailing Series 2011

Les Italiens de Luna Rossa ont remporté hier la dernière épreuve des Extreme Sailing Series et le titre de champion 2011 de la série. Max Sirena, Paul Campbell-James, Alister Richardson et Manuel Modena, ont été impérieux sur ce dernier Act reléguant le second, The Wave Muscat, à 45 points d’avance  à l’issue  des 35 manches courues à Singapour.

© Lloyd Images

Les réactions du skipper, Max Sirena : « Je suis vraiment très heureux ! Nous y sommes enfin. Nous finissons l’année en beauté et je dois dire que c’était assez inattendu car nous n’avons pas très bien navigué dans la précédente épreuve. Tactiquement et côté manœuvres, nous étions à 100% et je suis très fier des gars à bord. C’est formidable pour l’avenir de l’équipe à long-terme. Nous sommes très, très heureux ».

Le barreur Paul Campbell James remporte donc son second titre en deux ans après sa victoire avec The Wave Muscat l’année dernière.

Les grands perdants de ce dernier Act sont les français de Groupe Edmond de Rothschild, ils étaient dans la course au titre face à Luna Rossa, mais ce dernier rendez-vous s’est révélé catastrophique pour l’équipage du Gitana Team avec une septième place sur cette épreuve, mais malgré tout une belle deuxième place au général.

Les réactions de l’équipage :

Pierre Pennec, barreur de Gitana Extrême : « Il y a forcément un peu de déception sur la façon dont s’est déroulé ce Grand Prix d’autant plus que nous l’avions bien commencé en remportant deux manches dès la première journée. Mais nous n’avons pas su conserver ce niveau de jeu durant les cinq jours de compétition. Notre adversaire, Luna Rossa, a lui très bien navigué et a survolé les débats, ce qui lui permet de remporter le championnat. C’est amplement mérité, ils ont été très forts, plus forts que nous. En mettant de côté ce dernier Grand Prix et en parlant plus généralement de la saison, je suis satisfait de cette deuxième place. Nos adversaires étaient vraiment redoutables et nous sommes parvenus à faire de très belles choses et à les laisser derrière nous plusieurs fois au cours de la saison. Lors des neuf évènements nous avons disputé 300 régates. L’Extreme Sailing Series est un circuit très spécifique avec des petits parcours donnés sur des plans d’eau atypiques au cœur des villes : je crois que le mot qui le résume le mieux est Intense ! Pour moi, cette intensité est comparable à une journée de « final race » sur les JO, mais c’est le cas chaque jour et les Grand Prix comptaient cinq jours de régates …

Personnellement, cette saison m’a appris beaucoup de choses, j’ai retrouvé beaucoup de sensations à la barre et j’ai encore de nombreuses choses à montrer ; cela faisait dix ans que j’attendais une telle opportunité. J’ai eu la chance d’être à la tête d’un équipage très fort tant physiquement que techniquement et humainement : notre groupe a toujours très bien fonctionné. Cette cohésion nous a permis de nous surpasser même si, ici, cela n’a pas suffi. Je tiens vraiment à les remercier de leur confiance et de leur travail. Mes remerciements s’adressent naturellement avant tout à Ariane et Benjamin de Rothschild qui m’ont offert une chance incroyable en me confiant la barre de leur bateau. Ils nous permettent de vivre notre passion à 100 %.»

Hervé Cunningham, n°1 : « Il y a un petit goût de déjà vu dans cette deuxième place mais le circuit 2011 n’est pas vraiment comparable à nos précédentes participations tant au niveau du plateau que de la durée de la compétition. Durant cette semaine de compétition à Singapour, nous n’avions pas les armes pour lutter contre Luna Rossa. Notre deuxième place au classement 2011 scelle néanmoins une belle saison de navigation. »

Christophe Espagnon, régleur de Grand Voile : « Nous sommes des compétiteurs et la victoire était à notre portée donc la première sensation est bien sûr la déception. Mais si l’on regarde la saison dans son ensemble, c’est un sentiment de satisfaction qui s’en dégage. Ce fut une très longue saison qui a réclamé beaucoup de concentration. Nous avons certainement manqué de régularité mais chaque évènement est à part et propose un scénario unique. Notre équipage a montré de belles choses, alors même si nous devons encore travailler, je crois que nous avons encore une belle marge de progression.»

Thierry Fouchier, régleur des voiles d’avant : « Malgré ce que l’on peut penser, nous sommes arrivés à Singapour conscients de l’enjeu mais relativement détendus. Notre deuxième place ne doit rien à une pression mal gérée. Par contre, nous avons manqué de réussite et nous sommes passés à côté de beaucoup de choses. Luna Rossa n’a pas failli et il mérite la victoire finale. Nous allons devoir débriefer entre nous pour comprendre ce qui nous a manqué et aller très vite de l’avant. »

© Lloyd Images

Emirates Team New Zealand, termine second de cette dernière étape et troisième au général , après avoir survolé le début de saison, Dean Barker et les autres kiwis ont été moins performants en seconde partie de circuit, l’équipage étant probablement plus concentré sur le circuit des America’s Cup World Series, même cas de figure pour Artemis Racing, qui n’a pas participé aux deux derniers grand prix, pour se concentrer sur sa préparation à la prochaine Coupe de l’America.

Dean Barker, barreur dETNZ : « L’épreuve de Singapour a été particulièrement difficile, Luna Rossa a vraiment été très bon dans ces conditions et la bagarre était rude pour grimper sur le podium. Nous avions bien commencé la saison, en tête du circuit après quatre épreuves, puis nous avons eu quelques coups durs en milieu de saison. Nous savions en arrivant ici que nous ne pourrions pas faire mieux qu’une troisième place au général ».

The Wave Muscat termine quatrième au général devant Alinghi, qui aura alterné le bon et le moins bon.

A noter sur cette épreuve de Singapour, la présence d’un équipe française the first club, qui termine à la dernière place du classement, mais qui a montré de belles dispositions pour l’exercice avec plusieurs victoires de manches. L’équipage mené par Sébastien Col espère pouvoir s’aligner l’an prochain sur le circuit avec l’équipe All4One/K Challenge, cette participation pourrait être favorisée par l’annulation de l’Audi Med Cup, épreuve sur laquelle l’équipe engageait un bateau

Franck Citeau, régleur de voile d’avant : « La démarche est bonne et ce que nous avons fait est de bon augure pour la suite, même si nous n’avons pas bien marché en terme de résultat final. Il y a eu des moments durs où l’on a su relever la tête, des moments où l’on a pris du plaisir, donc cela a été assez complet »

Cette cinquième saison des Extreme Sailing Series  s’achève donc après 301 manches courues sur neuf plans d’eau à travers le monde, les épreuves ont accueilli au total 287 000 spectateurs qui ont pu vivre la course au plus près de l’action grâce à son format « stade nautique » avec des manches courtes, rapides et variées, allant de la régate en flotte au match-racing en passant par les duels de vitesse pure.

Le programme 2012 du Championnat Extreme 40 sera dévoilé demain au cours du World Yacht Racing Forum.

Classement de l’Extreme Sailing Series 2011 après neuf épreuves

  1. Luna Rossa (ITA) – 80 points
  2. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 73 points
  3. Emirates Team New Zealand (NZ) – 69 points
  4. The Wave, Muscat (OMA) – 67 points
  5. Alinghi (SUI) – 66 points
  6. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 61 points
  7. Oman Air (OMA) – 53 points
  8. Artemis Racing (SWE) – 48 points
  9. Team GAC Pindar (GBR) – 303points
  10. Team Extreme (EUR) – 21 points
  11. Niceforyou (ITA) – 18 points

Alinghi 5 restera à Valence

Le catamaran de l’équipe suisse, perdant de la 33ème Coupe de l’America, restera à Valence selon la presse espagnole. Après deux éditions dans les eaux de la ville espagnole (2007 et 2010), Ernesto Bertarelli, patron d’Alinghi a choisi de faire don du multicoque à la ville.

Ceci fait suite au départ du team de sa base sur la Darsena, l’équipe suisse a nettement réduit son activité depuis sa défaite contre Oracle Racing en 2010, pour se concentrer sur le circuit de D35 et des Extreme 40, leur base en Espagne était donc devenue superflue.

Reste à savoir ce que deviendra le catamaran, il s’agit certes d’un bateau exceptionnel, mais les options de la ville concernant ce don sont minimes en dehors de faire de ce bateau une pièce de musée.

De son côté Oracle Racing, defender de la 34ème America’s Cup, avait rapatrié le trimaran ailé USA-17 à San Francisco en février, sans qu’une reprise des navigations soient envisagée.

Luna Rossa (presque) vainqueur des Extreme Sailing Series 2011

L’équipage de Groupe Edmond de Rothschild mené par Pierre Pennec a perdu quasiment toute chance de remporter les Extreme Sailing Series aujourd’hui à Singapour.

En effet les hommes du Gitana Team ont peiné à trouver leurs marques dans des conditions qu’ils affectionnent pourtant habituellement, vent établi aux alentours des 10 nœuds sans orages cette fois-ci. Onze manches ont été lancées aujourd’hui, les français ont enchainé les manches en milieu et fin de peloton, alors que Luna Rossa trustait les podiums et prenait la tête du classement de cette étape, Groupe Edmond de Rothschild pointe donc à la 7ème place du classement provisoire et concèdent cinquante-huit points de retard sur leur adversaire pour le titre annuel.

Pierre Pennec, le skipper de Gitana Extreme : « Rien n’a été dans le bon sens ! Encore une fois, nous avons pris des mauvais départs. Notre adversaire, Luna Rossa, est très à l’aise dans les phases de pré-départ et vient toujours nous chercher pour perturber notre stratégie. C’est le jeu mais nous n’avons malheureusement pas su faire la même chose aujourd’hui. Cela vient certainement de notre communication à bord et je dois progresser pour que l’équipage puisse mieux anticiper mes choix. Mais les erreurs ont également été trop nombreuses durant les régates. Un certain manque de réussite et de mauvaises appréciations stratégiques nous coûtent très cher. »

Red Bull rétrograde à la seconde place devant Oman Air et Emirates Team New Zealand, Alinghi fait un beau retour en cinquième place devant The Wave Muscat et l’équipage français. L’équipage mené par Sébastien Col sur Team Extreme, The First Club a de nouveau montré de belles capacités en remportant deux manches aujourd’hui.

Luna Rossa est donc en tête du Grand Prix de Singapour et bénéficie d’une confortable avance à la veille des dernières régates, la tâche s’annonce quasiment impossible pour Groupe Edmond de Rothschild doit impérativement finir devant les italienspour pouvoir gagner le championnat 2011.

Pierre Pennec  : « La première place va être vraiment très très difficile à aller chercher. Nous savons que beaucoup de choses peuvent se passer car demain nous allons également disputer beaucoup de régates mais le résultat ne dépend plus uniquement de nous… A bord, en tous les cas, nous allons tout faire pour que cette dernière journée de l’année soit placée sous le signe du plaisir. Nous allons essayer de naviguer comme nous savons le faire pour terminer sur une bonne note. Et puis, il ne faut pas oublier que nos poursuivants au général sont proches (Emirates Team New Zealand, Alinghi …) et selon comment se dessine la journée nous devrons quoiqu’il arrive protéger la deuxième place, ce qui en soit est déjà un très beau résultat.»

Classement du Grand Prix de Singapour à l’issue de la quatrième journée

  1. Luna Rossa (ITA) – 186 points
  2. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 151 points
  3. Oman Air (OMA) – 149 points
  4. Emirates Team New Zealand (NZ) – 146 points
  5. Alinghi (SUI) – 141 points
  6. The Wave, Muscat (OMA) – 140 points
  7. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 128 points
  8. Team GAC Pindar (GBR) – 119 points
  9. Team Extreme – the first club™(EUR) – 108 points
  10. Team Tilt (SUI) – 103 points

Avantage pour Luna Rossa face à Groupe Edmond de Rothschild

La bataille se poursuit à Singapour entre Groupe Edmond de Rothschild et les Italiens de Luna Rossa dans chaque course dans cette ultime étape des Extreme Sailing Series, car le titre de Champion 2011 est en jeu. Aujourd’hui c’étaient les Italiens qui prenaient l’avantage dans des conditions assez difficiles avec des bascules importantes. Mais il ne faut pas sous-estimer les Français, qui sous pression sont souvent revenus en force dans d’autres étapes de cette saison. C’est Red Bull qui domine encore à Singapour et qui garde la première place dans cette étape.

A l’issue des neuf manches courues en deux jours, c’est Red Bull Extreme Racing qui pointe en tête du 9ème et dernier Act des Extreme Sailing Series 2011,Roman Hagara et ses hommes ont très bien débuté ce rendez-vous avec deux victoires, deux secondes places et une 4ème lors de la première journée, la seconde a été moins convaincante. L’équipe autrichienne est talonnée à 1 point par Team New Zealand qui retrouve son rang après quelques contre performances sur ce circuit, Luna Rossa pointe à la troisième place à deux points du leader et à un point d’ETNZ.

© Lloyd Images

Pierre Pennec et l’équipage de Groupe Edmond de Rothschild, avaient bien débuté cet Act avec une troisième place provisoire hier à un point de Luna Rossa, leur seconde journée a été plus difficile dans des vents faibles avec des phases de départ moins inspirées que la veille, les hommes du Gitana Team sont en lutte pour le titre avec Luna Rossa, comme l’explique le skipper du catamaran français, les phases de départ sont primordiales pour contrer leur adversaire :  « Je n’ai pas été performant sur les départs aujourd’hui et cela est pour beaucoup dans nos mauvaises manches. Sur cette finale, il ne nous suffit pas uniquement de bien nous placer sur la ligne car notre adversaire pour le titre cherche constamment à venir nous gêner sur les phases de départ. C’est le jeu mais c’est un paramètre supplémentaire à intégrer et sur lequel je dois m’améliorer. La morale du jour est aussi que nous ne sommes pas uniquement deux sur l’eau et qu’il faut également que je soigne notre placement par rapport au reste de la flotte. Le bilan de la journée n’est pas positif en termes de places mais il est loin d’être rédhibitoire question points. Il nous faut rester calmes et concentrés car il reste trois jours. Les bateaux du haut de tableau sont très proches les uns des autres et de nombreuses cartes restent encore à distribuer »

Paul Campbell James, barreur de Luna Rossa a donc réussi à mettre en difficulté son adversaire qui pointe ce soir à la 5ème place du provisoire avec 9 points de retard sur le catamaran italien. Le nouveau skipper d’Oman Air, Chris Draper réussit ses débuts et s’intercale en quatrième position. Alinghi mené par Yann Guichard est sixième.

Les deux équipages du Team Tilt et de Team Extreme sont aux deux dernières places, les français menés par Sébastien Col sur Team Extreme ont cependant terminé en beauté cette journée avec une victoire de manche.

Il reste donc trois journées de régates aux français du Gitana Team pour tenter de remporter le titre cette année.

Classement du Grand Prix de Singapour à l’issue de la deuxième journée

  1. Red Bull Extreme Sailing (AUT) – 64 points
  2. Emirates Team New Zealand (NZ) – 62 points
  3. Luna Rossa (ITA) – 61 points
  4. Oman Air (OMA) – 55 points
  5. Groupe Edmond de Rothschild (FRA) – 52 points
  6. Alinghi (SUI) – 51 points
  7. The Wave, Muscat (OMA) – 46 points
  8. Team GAC Pindar (GBR) – 43 points
  9. Team Extreme – the first club™(EUR) – 34 points
  10. Team Tilt (SUI) – 27 points