Erwan Le Roux à la barre de l’ex Crêpes Whaou ! 3

FenêtréA-Cardinal, les patenaires d’Erwan le Roux depuis 2010, ont annoncé aujourd’hui le rachat du Multi 50′ Crêpes Whaou ! 3. Ce trimaran dessiné par le cabinet VPLP et mis à l’eau en 2009 fait parti de la dernière génération des Multis 50′.

Erwan Le Roux, qui skippait jusqu’ici un trimaran de 1994, disposera désormais d’un bateau performant et optimisé  pour briller dans cette classe, qui plus est le marin connaît bien le multicoque puisqu’il avait supervisé la construction de celui-ci avant de gagner la Transat Jacques Vabre au côté de l’ex skipper  Franck Yves Escoffier.

Le trimaran va bientôt entrer en chantier afin de recevoir ses nouvelles couleurs avant d’entamer une saison qui comptera les grands prix, et la Transat Québec Saint-Malo qui partira le 22 juillet 2012. La première sortie aura lieu dans le cadre du Tour de Belle-Ile, organisé le 28 avril.
L’engagement porte jusqu’en 2014 avec comme objectif principal la Route du Rhum.
Erwan Le Roux, skipper :  » Ce sont de belles retrouvailles. Nous avons une trajectoire commune avec ce bateau. L’histoire est magnifique, maintenant il va falloir travailler pour lui faire honneurainsi qu’à mes partenaires et figurer dans les premiers. Ce trimaran est le résultat de toute l’expérience de Franck-Yves Escoffier et j’en ai effectué tout le suivi de construction, j’ai assisté à toutes les réunions de la conception à sa mise à l’eau. Ensemble, nous avons remporté la Transat Jacques Vabre 2009. Je peux donc dire que je le connais bien, même s’il faut que je le réapprenne. Mais je sais que je vais disposer d’un bateau marin, sympa et qui va vite. Je ne pouvais rêver mieux! « 
Franck-Yves Escoffier  : « Il y a dix ans, Whaou ! a cru dans ce projet et m’a permis de courir avec un partenaire unique. Ensemble nous avons vécu de très beaux moments, souvent ponctués de victoires. Chaque mise en chantier d’un nouveau bateau a été une vraie aventure, chaque course a été unique. J’ai rencontré des gens extraordinaires avec qui est née une véritable amitié. Je pense notamment à Hubert Desjoyeaux, de CDK. Je ne me suis jamais lassé de naviguer sur ces Multi50 et j’espère bien y retourner. Je suis heureux que le bateau ait trouvé un acquéreur aujourd’hui et je ne doute pas qu’il continue à occuper les podiums ».
A noter, Crêpes Whaou qui a sponsorisé les trimarans de Franck Yves Escoffier pendant 10 ans reste partenaire minoritaire de ce nouveau projet.

Transat Jacques Vabre : plus que deux trimarans en course

Les premiers à jeter l’éponge ont été Lionel Lemonchois et Matthieu Souben sur Prince de Bretagne hier soir suite à une nouvelle avarie sur le bras de liaison du trimaran, cette casse fait suite aux conditions musclées de ce début de course avec des rafales à plus de 35 noeuds et une mer forte et hachée de face, puis une descente vers le sud sous les grains et dans une mer délicate.
Matthieu Souben « Nous avons entendu un gros « crac ». La crosse du bras avant de liaison bâbord venait de casser. Nous avons alors immédiatement affalé, sécurisé le bateau et mâtossé tout ce qui était lourd sur tribord. Nous savions que les conditions étaient dures et soumettraient les bateaux à rude épreuve. Depuis le départ, nous avions pourtant mené notre barque sans tirer dessus outre mesure… La casse à laquelle nous devons faire face était impossible à anticiper ».
Lionel Lemonchois : « Le bras est complètement désolidarisé du flotteur. Celui-ci tient avec la drisse de gennaker et des bouts que nous avons mis un peu dans tous les sens. Nous avons renvoyé un peu de toile pour que le bateau soit appuyé. Les conditions sont correctes, la dorsale nous rattrape tout doucement, nous avons 10/12 de vent, encore de la mer. Ce serait bien que ça se calme, ça soulagerait bien le bateau. Nous devons faire un bon dix noeuds de moyenne. Nous ne savons pas encore où nous allons exactement: Corogne, sans doute. Nous déciderons  au fur et à mesure. Nous ne pouvons naviguer que bâbord amure, quand le bateau est bien appuyé. Ainsi, le flotteur ne touche pas l’eau et c’est là que ça souffre le moins. Depuis hier soir, il a fallu faire vite, préserver le bateau, passer la nuit en espérant que ça ne s’aggrave pas trop. Je suis assez optimiste, si nous continuons comme ça, ça devrait aller. Nous allons continuer notre petit bout de chemin, voir où le vent nous emmène. Là où le vent nous portera, comme dit la chanson »

La série noire a continué avec Crèpes Whaou qui annonçait son abandon peu après, sur blessure cette fois-ci, Franck Yves Escoffier a fait une mauvaise chute dans le cockpit du bateau, comme il l’explique : « Je venais de barrer pendant deux heures. Je me suis levé, il y avait une mer croisée, des vagues un peu déferlantes. Antoine (Koch, son co-skipper) se préparait, on discutait, une vague a pris le bateau par le travers et je suis parti. Ma tête a atterri dans la casquette (qui protège le cockpit, ndlr), les lunettes ont volé et j’ai pris le winch dans le bas du dos. Tout de suite, j’ai senti la douleur et je me suis allongé.J’ai eu mon rhumatologue qui m’a prévenu que j’avais peut-être quelque chose de cassé, coccyx, vertèbre… Toute la zone est douloureuse. La décision d’abandonner est sage. Connaissant la mer, le bateau et ce qu’on allait prendre, ça n’aurait pas été sérieux de continuer. « 

L’équipage de Crèpes Whaou se dirige vers la Corogne, tout comme Prince de Bretagne, les deux bateaux sont attendus demain matin dans le port espagnol.

Le troisième équipage contraint d’arrêter la course était celui de FenêtréA-Cardinal. Erwan Le Roux et Didier Le Vourch ont constaté des fissures au niveau du mât : « Hier dans l’après-midi (vendredi), la mer s’est calmée et nous en avons profité pour faire à nouveau avancer la bête , racontait samedi matin Erwan Le Roux. Nous avons alors entendu deux ou trois cracs. Nous avons réduit tout de suite et nous nous sommes rendus compte que l’avant du bateau était plein d’eau et qu’il y avait des fissures dans la cloison du mât à l’avant. Nous avons donc décidé de faire demi-tour. « Le trimaran fait route vers La Trinité-sur-Mer.

Ne restent en course qu’Actual, leader ce soir avec 37 miles d’avance sur Maître Jacques, la course se résume donc désormais à un duel entre Yves le Blévec/Samuel Manuard et Loic Féquet/Loic Escoffier.

Le départ de la transat Jacques Vabre aura lieu mercredi

Le départ de la Transat Jacques Vabre, qui devait avoir lieu hier à 13h, sera finalement donné mercredi à 15h, une décision sage aux vues des prévisions météos qui annoncent une dépression très creuse qui va générer des conditions tempétueuses pendant 48 heures : vents moyens de 45 nœuds, rafales à 55/60 nœuds associés à une mer grosse (creux de 8 à 10 m) à l’arrière du front froid.

Les équipages des Multis 50′, IMOCA et classe 40 patienteront donc dans le port du Havre jusqu’en milieu de semaine avant de s’élancer vers le Costa Rica, le plateau en Multi 50′ a été amputé d’une unité avant le départ, en effet Anne Caseneuve et son fils ne pourront prendre le départ sur leur trimaran puisqu’ils n’ont pas fourni le certificat de jauge indispensable à l’engagement du bateau, ils ne seront donc que six à s’affronter sur cette transat.

On retrouve bien évidemment le vainqueur en titre, Franck Yves Escoffier sur Crèpes Wahou 3, il sera associé à Antoine Koch, leurs deux principaux adversaires seront Actual mené par Yves le Blévec et Samuel Manuard et Prince de Bretagne avec Lionel Lemonchois et Matthieu Souben à bord ; FenêtreA Cardinal et MonOpticien.com ne devraient pas pouvoir suivre le rythme imposé par les derniers bateaux construits, le rôle d’outsider pour le podium et/ou la victoire revient à Maître Jacques (l’ex Crèpes Wahou 2) skippé par Loic Féquet et Loic Escoffier, qui a brillé en fin de saison de grand prix et qui a le potentiel pour tenir la dragée haute aux favoris.

Loic Féquet s’impose à Fécamp

Après deux journée de petit temps, les équipages ont rencontré des conditions plus soutenues aujourd’hui avec 15 à 20 noeuds de vent. Loïc Féquet sur Maître Jacques a confirmé sa progression fulgurante en s’adjugeant le Trophée, après une belle seconde place lors du dernier rendez-vous des Multis 50′.

Franck Yves Escoffier sur Crêpes Whaou! se contente de la seconde place, Lionel Lemonchois renoue avec des performances honorables sur Prince de Bretagne en terminant à égalité de points avec Actual d’Yves le Blévec dans le petit temps, au général Yves Le Blévec prend la troisième place grâce à une victoire de manches et malgré deux disqualifications pour manquement au règles de priorité et d’engagement en début de rendez-vous.

Photo Patrick Deroualle

Loic Féquet : « Nous sommes les premiers surpris de nos performances. Nous soignons nos départs et tout s’enchaîne sans heurts. A nous de confirmer demain dans du vent plus soutenu. »

Franck Yves Escoffier : « On a fait trop de bêtises, notamment lors des phases de départ[…] Avec de l’air ça va mieux ! On était sur un patin, on sentait bien le bateau, l’équipage fonctionnait correctement. Bref, tout est rentré dans l’ordre… mais un peu trop tard.  Aujourd’hui, on a été meilleurs que Maitre Jacques. Hier on a eu moins de talent dans nos réglages, dans la coordination de l’équipage. Loïc Féquet mérite largement de gagner ce Trophée. C’est aussi pour lui une juste récompense d’être venu dans la classe Multi50 avec un bateau qui n’est pas neuf mais parfaitement optimisé »
Lionel Lemonchois : « Nous nous sommes bien battus. Nous étions constamment au contact avec les autres. La bagarre a été belle tout au long de l’épreuve. Globalement, nous avons pris de bons départs ce qui nous a permis de rester dans le coup dans le petit temps même avec un bateau plus lourd. Evidement, nous restons plus à l’aise dès que le vent rentre. La différence est flagrante au près. A cette allure, quand c’est fort, ça va tout seul. Ceci étant dit, nous avons pris beaucoup de plaisir sur l’eau. Chaque course était très serrée. Au final, il nous manque une victoire de manche. Nous sommes passés tout près dans la course n°6. Malheureusement, il fallait composer avec des grains et certains ont eu plus de réussite que nous. Quoi qu’il en soit, c’était sympa »

Classement général

1- Maitre Jacques – Loïc Féquet : 8 pts
2- Crêpes Whaou! – Franck-Yves Escoffier : 12 pts
3- Actual – Yves Le Blévec : 19 pts
4- Prince de Bretagne – Lionel Lemonchois : 19 pts
5- La mer révèle nos sens – Philippe Laperche : 29 pts
6- FenetreA-Cardinal – Erwann Le Roux : 33 pts
7- CLM – Hervé Cléris : 40 pts
8- Nootka – Gilles Buekenhout : 48 pts
9- Martenat Bretagne – Pascal Quintin : 57 pts
10-Citoyens du Monde – Jean-François Lilti : 61 pts
11-PIR2 – Etienne Hochedé : 66 pts
12-Delirium : Nolwenn de Carlan : 73 pts

L’équipage de Crêpes Whaou s’impose à Saint Quay

L’équipage de Franck-Yves Escoffier s’est imposé au Trophée des Multis 50′ à Saint Quay suite à un sans faute ce dimanche, ils avaient du, hier, faire face à un adversaire coriace, Maitre Jacques, qui prend ce soir la deuxième place.

Le skipper de Crêpes Whaou avait réuni un équipage de haut vol pour ce rendez-vous : Antoine Koch, Kevin Escoffier, Sébastien Josse, et Pierre Hingant.

© Fanch Galivel

Les équipages se sont confrontés sur huit manches courues depuis vendredi matin, dans des conditions légères,  Crêpes Whaou ! et Maitre Jacques terminent à égalité de points, la victoire a été attribué au bateau vainqueur de la dernière manche à savoir Crêpes Whaou.
Franck-Yves Escoffier : « ça, c’est sur le papier mais sur l’eau, Loïc Féquet a gagné tout autant que nous puisque nous sommes à égalité de points. Hier ils ont très bien navigué. Aujourd’hui, nous avons réussi à prendre de meilleurs départs qu’hier. Nous étions peut-être plus concentrés, plus attentifs et savions que chaque manche se jouerait sur le départ. Nous avons amélioré aussi l’efficacité de nos virements de bord. Hier nous avions des problèmes pour relancer en sortie de virement. Aujourd’hui on redémarrait bien »
Loic Féquet poursuit son ascension dans la classe Multis 50′ avec cette belle deuxième place.
Loïc Féquet : « Nous prenons à nouveau de bons départs aujourd’hui mais cette fois Crêpes Whaou nous double sur une manœuvre à la première manche et sur une autre petite erreur à la deuxième.
L’important est d’avoir pu exploiter le bateau comme jamais on ne l’avait encore fait. Nous avons éclaircis pas mal de points techniques, notamment sur les voiles. Nous savons par exemple désormais quelle sera la combinaison de voiles que nous retiendrons pour la Transat Jacques Vabre. Plusieurs questions techniques ont trouvé leurs réponses au cours de ces trois jours de course. L’équipage a super bien fonctionné, ils étaient tous là pour se faire plaisir ! De mon côté, comme je n’étais pas à la barre
(laissée à Billy Besson, ndlr) j’ai pu gérer le bateau différemment, observer d’autres points techniques… »

Yves Le Blévec place Actual sur la dernière marche du podium, et Lionel Lemonchois prend la quatrième position, les deux skippers n’auront pu faire mieux dans ces vents faibles sur des trimarans plutôt typés transat.

Lionel Lemonchois : « Par rapport à la concurrence, nous sommes plus lourd et avec nos deux dérives à bouger dans les manœuvres nous sommes peut-être un peu moins réactifs. Il n’y a pas vraiment de surprises quant aux résultats, nous n’avons pas toujours pris de bons départs et nos adversaires sont talentueux. Dans ce type de conditions nous sommes comme qui dirait, abonnés à la quatrième place.  Malgré tout, je suis content de cette course, nous avons fait de belles manœuvres, progressé sur certains points et mis en évidence des choses à améliorer. Dans tous les cas nous avons passé un excellent moment ».

Le prochain rendez-vous pour les Multis 50′ aura lieu dans deux semaines pour le Trophée du Port de Fécamp qui devrait compter 14 multicoques au départ.

Classement général à l’issue de huit manches
1- Crêpes Whaou ! (FY Escoffier) – 9 pts
2- Maitre Jacques (L.Féquet) – 9 pts
3- Actual (Y.Le Blévec) – 13 pts
4- Prince de Bretagne (L.Lemonchois) – 20 pts
5- CLM (D.Cloarec) – 30 pts
6- La Mer révèle nos Sens (Ph.Laperche) – 33 pts
7- Fenêtréa-Cardinal (E.Le Roux) – 38 pts
8- Martenat Bretagne (P.Quintin) – 47 pts
9- Nootka (G.Buekenhout) – 50 pts
10-Citoyens du monde (JF. Lilti) – 61 pts
11-Delirium (H.de Carlan) – 62 pts
12-PiR2 (E.Hochédé) – 64 pts

Gitana 11 remporte l’Armen Race

Après le Tour de Belle Ile, Sébastien Josse et son équipage remporte l’Armen Race sur Gitana 11, l’ancien 60′ ORMA rallongé à 77′, le trimaran était le seul engagé en catégorie Ultime et boucle le parcours de 300 milles entre la Trinité sur Mer l’Ile d’Yeu et l’Ile de Sein en 14 heures 5 minutes à une moyenne de  23,41 noeuds.

Les hommes du Gitana Team poursuivent donc leurs entrainements en course avant la livraison de leur MOD prévue en octobre.

Dans la catégorie Multi 50′, c’est Franck Yves Escoffier et son équipage de haute volée (Yvan Noblet, Pascal Bidegorry,  Loïc Escoffier, Thibault Vauchel-Camus) sur Crèpes Whaou 3! qui s’imposait à la Trinité 3 heures après Gitana 11 et devant Actual barré par Yves le Blévec qui en terminait 15 minutes après son adversaire, le podium était complété dans cette catégorie par Team FenetréA-Cardinal d’Erwan Leroux.

L’équipage de Prince de Bretagne a de son côté été contraint à l’abadon, victime d’un problème électrique le privant de refroidissement de moteur, d’alternateur ou encore d’ordinateur, Lionel Lemonchoix :  » Sans logiciel de cartographie, nous ne voyions plus où nous allions. Faire un parcours côtier à l’aveugle c’est un peu risqué, surtout à 25 noeuds de moyenne. C’est dommage, car nous étions bien partis et il y avait du jeu avec Actual. Nous avons passé la marque d’Armen devant lui, puis il nous a doublé, et nous sommes repassés devant. Pas de quoi s’ennuyer, c’était plutôt motivant « 

Les réactions des skippers à l’arrivée :

Sébastien Josse, skipper de Gitana 11 : « Les 300 milles de course se sont enchaîné quasiment à la perfection et nous avons eu très peu de manœuvres à réaliser, ce qui nous permet d’établir un joli temps de parcours en 14 heures et 5 minutes. Le scénario météo était idéal. Nous avons eu un vent de nord-est soufflant entre 18 et 25 nœuds et une mer relativement plate tout au long de notre course, exception faite de l’approche et du passage de l’Occidentale de Sein (marque de parcours située à l’Ouest du phare d’ArMen). Là-bas, une houle d’Ouest de deux mètres levait une mer formée car elle venait s’opposer aux forts courants caractéristiques de la zone. A bord de Gitana 11, cela a occasionné quelques beaux sauts de vagues mais le spectacle était vraiment de toute beauté, d’autant que nous avons enroulé cette marque au soleil couchant.  Avant de partir, Antoine Koch nous avait fait un routage à 90 % des polaires du bateau et nous l’avons respecté, ce qui signifie que nous avons su exploiter Gitana 11 à la hauteur de son potentiel. Cette course m’a permis de découvrir le bateau dans des conditions plus soutenues et sur des longs bords, ce qui n’a pas été le cas lors du Tour de Belle-Ile. A chaque sortie, j’apprends beaucoup. Plus nous naviguons et forcément plus je me sens à l’aise avec le bateau. Les vitesses que nous enregistrons s’en ressentent et cette nuit, nous avons fait des pointes à 38 nœuds ! J’ai une chance incroyable d’apprendre sur l’un des plus beaux bateaux du monde et chaque navigation me procure beaucoup de plaisir, même si en multicoque le stress est toujours palpable »

Franck Yves Escoffier, skipper de Crèpes Whaou 3! «  L’objectif était de gagner, pas de tirer sur le bateau mais finalement nous étions toujours à 98% de ses capacités. Nous étions tout de suite dans le match, nous sommes restés en tête dès l’occidentale de Sein. Finalement, c’était quasiment des runs de vitesse avec des pointes à 30 nœuds parfois. On fait une belle course car Gitana 11 nous a dépassés qu’à Penmarc’h et nous terminons que trois petites heures derrière lui !
Ce format de course est super. La météo était idéale. L’équipage était à fond, l’ambiance parfaite et en plus, on gagne ! Il a fallu jouer sans cesse avec le choix de la voile d’avant et faire quelques manœuvres. Nous faisons une vitesse moyenne de 19,69 nds en route directe mais nous avons tiré quelques bords et en réalité, nous ne sommes jamais descendu en dessous de 20 nœuds, et avons même fait une pointe à 30 nœuds ! »

Gitana 11 remporte le tour de Belle Ile devant Prince de Bretagne

Le départ du tour de Belle Ile 2011 a été donné ce matin à 11h30, avec 20-25 nœuds de sud-est et un peu de houle, notamment au moment de sortir du chenal de La Trinité-sur-Mer.

© Christophe Launay

Sébastien Josse est ses cinq équipiers (David Boileau, Florent Chastel, Jean-Baptiste Epron, Sébastien Thétiot et Antoine Koch) ont pris la tête de la flotte dès le départ et ce jusqu’au terme des 41 milles du parcours, ils établissent un nouveau record de l’épreuve (en 2h42). Cependant la victoire a été disputée avec un trimaran 27′ moins long, Prince de Bretagne ; Lionel Lemonchois et son équipage terminant à 2 minutes et 38 secondes seulement du trimaran de 77′, cette course confirmant le potentiel du bateau dans la brise comme l’explique le skipper : « Nous avons fait un très bon départ et pris de l’avance dès le début de la course. C’était la première fois de l’année que nous naviguions dans des conditions qui permettent de tirer sur le bateau, ça fait du bien. Prince de Bretagne se comporte très bien dans la brise, il est rapide et puissant. On a bien tenu le rythme jusqu’au bout avec Crêpes Whaou ! qui revenait sur le dernier bord de portant et nous collait un peu la pression. Une belle journée de navigation » .

Le troisième bateau a bouclé ce tour était un autre 50′ de dernière génération, Crèpes Whaou de Franck Yves Escoffier, à 41 secondes de Prince de Bretagne, Actual d’Yves le Blévec tenant du record de ce tour de Belle Ile jusqu’à l’arrivée de Gitana 11 se classe 5ème à 5 minutes 21. Le 60′ ORMA Sensations 2, l’ex Foncia, mené par Alain Gautier termine en 4ème position .

Région Aquitaine-Port Médoc (ex B&q Castorama), mené par Lalou Roucayrol termine en 7ème position, avec quelques dégâts suite à des manoeuvres de port difficiles.

© Christophe Launay

Les réactions des skippers :

Sébastien Josse, skipper de Gitana 11 : « Ce Tour de Belle-Île constituait mon baptême du feu à bord de Gitana 11 en course. C’était une mise en jambe musclée mais parfaite pour débuter et prendre d’emblée la mesure du bateau. Je cherche encore mes automatismes à la barre. Je suis en apprentissage du support, en attendant la livraison du MOD 70 Groupe Edmond de Rothschild prévue à la fin du mois d’octobre, et j’avais envie d’y aller sereinement, d’autant que l’équipage rassemblé pour l’occasion naviguait ensemble pour la première fois. Toujours dans cet esprit, nous avions décidé de ne pas dérouler le gennaker (grande voile d’avant de portant, ndlr) si le vent dépassait les 24 nœuds. Je découvre Gitana 11 avec beaucoup de plaisir car c’est un trimaran fantastique. […] Les Multi 50 terminent très proches de notre tableau arrière, mais cela n’a rien d’étonnant. Nous avions derrière nous des équipages rompus à l’exercice sur des montures qu’ils connaissent parfaitement, avec à leur tête des skippers qui pour la plupart ont déjà disputé des transatlantiques à la barre de leur bateau. Ce sont des références et c’était une bonne pression pour le Gitana Team, qui courait seul dans sa classe, de les savoir à ses trousses »

Franck Yves Escoffier, skipper de Crèpes Whaou : « On avait une bonne brise, on a fait des bords à 27/28 nœuds. La mer était assez formée et nous avons fait de jolis surfs. Nous avons pris un bon départ mais nous avons un peu tricoté à l’envers dans une bascule. Dommage… A la sortie de Belle-Ile on a accéléré et on a pu se détacher d’Actual et Maître Jacques. Il ne manquait que le soleil mais ce parcours était vraiment intéressant et les conditions idéales pour les multicoques »

Conditions soutenues pour le tour de Belle Ile demain

Les organisateurs du tour de Belle Ile prévoient des conditions soutenues pour cette quatrième édition, avec 25 noeuds établis et 30 en rafales. Le départ aura lieu à 11h pour les 480 bateaux inscrits.

Les prétendants au titre seront principalement  Sébastien Josse et l’équipage de Gitana 11, le skipper, nouveau venu en multicoque a effectué aujourd’hui un tour de reconnaissance du parcours, bouclé en 2h15, à 20 noeuds de moyenne, mais aussi Alain Gautier sur le 60′ ORMA Sensations 2, l’ancien Foncia, un des 60′ les plus véloces construit à l’époque du championnat ORMA, Lalou Roucayrol pourrait créer la surprise sur le trimaran de 75′ sur plans Irens (ex B&Q Castorama d’Ellen MacArthur).

Côté Multi 50′, une petite dizaine de trimarans  se retrouveronnt au départ à La Trinité-sur-Mer demain, dans cette classe, il faudra compter sur les valeurs sûres, à savoir Franck-Yves Escoffier, à la barre de Crêpes Whaou ! remis à neuf après les avaries de la Route du Rhum, tout comme Actual d’Yves Le Blévec, Lionel Lemonchois, vainqueur de la route du Rhum, sera également un prétendant à la victoire dans cette classe sur Prince de Bretagne, Loïc Féquet (Maître Jacques) qui a effectué une belle première sortie à Douarnenez sera à surveiller.

Clap de fin sur la Route du Rhum

Il ne reste à l’heure actuelle que quelques concurrents en mer, la Route du Rhum 2010 est donc quasiment terminée, le bilan est assez mitigé en classe Multi 50′ avec l’abandon de deux des favoris, Franck Yves Escoffier sur Crèpes Whaou 3! et Yves le Blévec sur Actual, ces deux skipper qui faisaient course en tête ont été contraints de se retirer de la course suite à la perte de l’étrave sur Crèpes Whaou 3 et à la casse sur le bras de liaison tribord sur Actual, les deux marins ont cependant réussi à sécuriser leurs trimarans avant l’arrivée de leurs préparateurs qui les ont rejoint pour consolider celles-ci et rallier la Guadeloupe.

Dans cette classe, le grand gagnant est Lionel Lemonchois qui s’offre un doublé suite à sa victoire en classe ORMA en 2006, il revient de loin puisqu’il était prêt à abandonner en début de course suite à la rupture de son lashing de grand voile et une montée en tête de mât, il a ensuite remonté la flotte pour s’adjuger la première place devant Lalou Roucayrol qui accède à un premier podium sur son bateau Région Aquitaine-Port Médoc, Loic Fequet prend la troisième place sur Maître Jacques (ex Crèpes Whaou 2!) pour sa première course en solo.

© Marcel Mochet

En classe Ultime, Franck Cammas sur Groupama 3 a dominé la course dès le départ, et a su conserver son avance sur ses poursuivants les plus dangereux, à savoir les deux spécialistes du solo sur leurs plans Irens : Francis Joyon (2nd sur Idec) et Thomas Coville (3ème sur Sodeb’O), Yann Guichard sur Gitana 11 n’a pas pu profiter du potentiel de son bateau et termine 4ème devant Philippe Monnet, Gilles Lamiré et Servane Escoffier.

© Yvan Zedda

A lire, l’avis de Fred Le Peutrec (skipper de 60′ ORMA, barreur sur Groupama 3 et Banque Populaire 5) sur le plateau de la Route du Rhum en classe Ultime, cette réponse est extraite d’une interview accordée par le skipper à Voile-Multicoques avant lé départ de la Route du Rhum et qui sera publiée dans quelques jours.

Le plateau de la Route du Rhum est assez hétéroclite en classe Ultime, qui te semble le mieux armé pour cette course ?

Le problème de cette Route du Rhum c’est qu’il n’y a pas deux bateaux comparables et qu’en fonction de la météo certains bateaux seront plus performants sur certaines séquences de la course, il ne faudra pas juger les performances instantanées. Ce n’est pas parce qu’un bateau dominera en sortie de Manche qu’il glissera bien dans les Alizés, ou dans un contournement d’anticyclone.

En dehors de l’aspect bateau il y a aussi le skipper qui le fait marcher. Ceux qui sont le plus expérimentés sur leurs bateaux, Thomas (Coville sur Sodeb’O) et Francis (Joyon sur Idec) ont une carte à jouer. Pour Franck sur Groupama 3, le bateau est absolument génial et désormais adapté au solo. Avec une grosse perte de poids, et son petit mât il est encore plus rapide qu’il ne l’était dans la brise, il y a moins de trainée. Si les séquences sont assez longues et ne demandent pas trop de manœuvres, je pense que Franck ira très vite en vitesse pure.

Pour Gitana 11, c’est un bon canot mais qui reste très étroit, qui monte vite sur une patte, il faudra donc gérer le latéral. Il faudra pouvoir barrer longtemps pour le maitriser, ce qui impliquera de l’épuisement. Le bateau me paraît très rapide dans certaines conditions, mais ce ne sont pas les conditions classiques d’une Route du Rhum, ce seront plutôt les conditions légères qui lui seront favorables.

Cammas vers la victoire, avarie pour Yves le Blévec

Sombre série pour les Multis 50′, après Franck Yves Escoffier qui a vu son étrave s’arracher, c’est au tour d’Yves le Blévec, autre favori à la victoire d’être victime d’une grosse avarie.

En effet, Yves le Blévec déplore une casse sur la crosse du bras de liaison avant de son trimaran Actual, les explications du skipper :  » J’ai cassé le bras de liaison. Ça a démarré vite. Au fur et à mesure qu’on avançait, la mer se creusait et le bateau sautait beaucoup sur les vagues. Ça ne m’empêchait pas d’aller vite. Il y avait des chocs importants. Il y avait entre 22 et 23 nœuds de vent cette après-midi. Je me disais que j’allais moins vite… Mais il fallait calmer le jeu. Pendant la nuit  la situation était plus problématique. Ça a démarré par une panne électrique. Le bras s’est fissuré et de l’eau est rentrée dedans. Ca a commencé par une panne de pilote et, en faisant demi-tour j’ai entendu un gros bruit, j’ai refait route, j’ai entendu encore beaucoup de bruit à l’arrière : ça a dû générer des déformations dans le bras arrière. Voilà le scénario qui a duré environ un quart d’heure.

Il y a beaucoup de questions mais pas beaucoup de réponses et… le bras reste quand même cassé : la structure est largement entamée et j’ai dû organiser une cellule de survie. J’en saurai plus demain quand j’évaluerai l’avarie ; est-ce réparable ? Je ne suis pas en danger mais mon bateau l’est… Là il faut que je sois extrêmement prudent.

Aujourd’hui je suis obligé d’assurer ma sécurité mais je ne m’inquiète pas : avec les balises et la communication je ne serai pas perdu au milieu de l’Atlantique. La mer s’est calmée parce que j’ai orienté le bateau. En réalité il y a encore beaucoup de mer mais vu ma position je n’entends plus les grincements que j’entendais avant… »


Il semblerait que l’origine de cette casse soit un choc ayant entrainé une voie d’eau dans la coque centrale, entrainant une panne de pilote, le bateau ayant ensuite décroché et serait retombé brutalement dans une vague provoquant la casse de la crosse. Yves le Blévec a entrepris de consolider le bras de liaison avec les moyens du bord.

Tout comme son malheureux adversaire, les skippers cherchent des solutions avec leurs équipes techniques et les architectes des trimarans (VPLP pour Crèpes Whaou et Guillaume Verdier pour Actual), afin de rejoindre la Guadeloupe en limitant au maximum les dommages.

Franck Yves Escoffier, skipper de Crèpes Whaou à la vacation :

« Vu comme ça s’aggrave, j’ai beau tourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas trop comment faire avec mes petits bras. Il faut éviter la voie d’eau mais aussi essayer de ne pas trop abimer d’avantage l’étrave. Je travaille actuellement avec les architectes et le chantier.

Le problème est que je ne trouve pas de solution pour le moment. Mettre une voile ? Oui, mais il y a de l’eau à l’intérieur… Je suis donc plus ou moins en stand by. Je progresse à 1,9 nœud. A ce rythme là, il faudra 25 jours pour rentrer donc ça ne va pas être évident.  Je continue à réfléchir à une solution qui va me permettre d’avancer au moins à 4 ou 5 nœuds.

Il manque entre 120 et 150 centimètres d’étrave sur toute la hauteur. Je ne vais pas reboucher ça avec des torchons et des serviettes. La coque s’épluche tranquillement mais sûrement… Dès que j’ai un peu de vitesse, ça rentre d’autant plus. A 1200 milles de toute terre, c’est difficile. Pourtant j’étais prudent, je n’avais rien sur l’étrave, j’ai tiré vraiment normalement sur le bateau. Je m’attendais à tout mais pas à ça… »

Franck Cammas devrait en toute logique remporter la Route du Rhum-La Banque Postale 2010 sur son maxi trimaran Groupama 3, il se trouve ce soir à 163 milles de Pointe à Pitre avec 261 milles d’avance sur le second, Thomas Coville sur Sodeb’O.

© Yvan Zedda

Le trimaran vert est attendu sur la ligne d’arrivée  demain matin, Thomas Coville a d’ores et déjà félicité son adversaire, mais il s’attend à un final à suspense pour le gain de la deuxième place avec Francis Joyon, Sodeb’O devrait arriver par le nord de l’ile, alors qu’Idec arrivera par l’est, pour l’instant Thomas Coville possède une avance d’environ 50 milles sur Francis Joyon, Yann Guichard ne devrait pas pouvoir se mêler à la lutte pour le podium étant empêtré dans une zone de vents erratiques, comme l’explique le skipper :  » Tout va bien à bord de Gitana 11 : il n’y a pas beaucoup d’air ce matin, mais je sors enfin des grains. Le dernier est à vingt milles dans mon Nord : j’ai été éclairé toute la nuit par la foudre ! J’ai longé une ligne de grains et j’ai réussi à passer au travers, mais c’était impressionnant ces éclairs partout. C’était ambiance Pot au Noir, avec des vents très instables. Maintenant, ça va mieux, mais il reste deux jours et demi de mer dans du petit temps, jusqu’à l’arrivée. Pas beaucoup de répit ces derniers jours, juste de petites plages de repos par-ci par-là. Ce n’était pas simple de dormir avec les orages. J’ai passé quatre heures avec zéro nœud de vent et j’étais obligé de tenir la barre parce qu’il y avait encore de la mer. Comme Gitana 11 est large et bas sur l’eau, il se fait balader par les vagues et il faut essayer de le guider au mieux pour qu’il ne souffre pas. C’est assez frustrant quand le bateau se met à l’opposé de la marche et ça met du temps pour le remettre sur le bon chemin. Mais Thomas et Francis ont dû aussi connaître ces moments »