Route des Princes J-4

Le départ de la première édition de la Route des Princes, sera donnée le 9 juin à Valence. Ce tour de l’Europe permettra aux équipages de s’affronter sur des étapes offshores et des courses inshores qui animeront les différentes étapes (Valence, Lisbonne, Dublin, Plymouth), la course se terminera dans le cadre des fêtes Entre Terre et Mer à Morlaix le 30 juin.

Quatre Multis 50′ sont inscrits, Gilles Lamiré et son équipage ne prendront part à la course qu’à partir de la seconde étape (Lisbonne-Dublin) suite à une avarie d’alternateur voir ici,.

Baptiste Morel/Voile-Multicoques.com

FenétréA-Cardinal, Arkema – Région Aquitaine et Actual sont quant à eux à quai à Valence en attendant le départ de l’épreuve, les équipages d’Erwan le Roux et d’Yves le Blévec semblent les mieux armés pour la victoire dans la classe des 50′, puisque leurs bateaux sont fiabilisés (ex Crèpes Whaou 3 pour le Roux) et restent sur des succès lors des saisons précédentes. La tâche sera plus difficile pour Gilles Lamiré, qui en plus de rater la première étape devra apprendre maitriser son nouveau Rennes Métropole – Saint-Malo Agglomération, qui n’est autre que l’ancien Prince de Bretagne, vainqueur de la dernière Route du Rhum dans sa classe. Lalou Roucayrol s’aligne sur un bateau récemment mis à l’eau, dont le dessin est issu de celui d’Actual, une des références du circuit, mais il faudra probablement un temps d’adaptation à l’équipage pour tirer la quintessence du trimaran.

Côté MOD 70, quatre des sept trimarans construits seront au départ, Jean Pierre Dick s’est entouré d’un équipage expérimenté pour sa première saison en multicoque sur Virbac Paprec 70, mais aura fort à faire face aux trois équipages affutés qui naviguent sur le support depuis près de deux ans.

© Chris Schmid

© Chris Schmid

Spindrift racing, mené par Yann Guichard reste sur une belle saison 2012 avec une victoire sur la transatlantique et une seconde place sur le Tour de l’Europe (qui avait été remporté par Michel Desjoyaux), Sébastien Josse aura à coeur de confirmer sa belle place sur l’Armen Race après un European Tour décevant la saison précédente, Sidney Gavignet poursuit quant à lui l’apprentissage de marins omanais sur Oman Air, et a déjà montré de belles dispositions sur les courses d’avant saison.

Lionel Lemonchois sera le seul représentant dans la classe Ultime, sur son Multi 80′ Prince de Bretagne, le skipper normand a participé à l’Armen Race le mois dernier avec une quatrième place dans des conditions musclées et avec une panne informatique, sur le papier, le Multi devrait avoir une petite supériorité sur les MOD 70, mais l’équipage de Lionel Lemonchois ne navigue sur le trimaran que depuis début 2013.

Les équipages

FenétréA-Cardinal : Un équipage de fidèles
L’équipage : Erwan Le Roux, Didier Le Vourc’h, Laurent Mermod, Gildas Dubois, Martin Kéruzoré, Simon Vasseur, Dominique Lamballe.
L’avis du skipper : « On peut dire que mon équipage pour cette Route des Princes est composé du noyau dur de mon projet puisque l’on retrouvera à bord mes fidèles complices que sont Laurent Mermod, Gildas Dubois et Didier Le Vourc’h. Martin Kéruzoré sera également présent sur FenétréA-Cardinal avec la casquette de Media Man. L’an dernier, il avait réalisé le clip du bateau. Entre lui et moi, il s’agira en quelque sorte d’un échange. Il me formera à la vidéo afin que je puisse, à l’avenir, être autonome sur la prise du vue et le montage de petits films en mer. Simon Vasseur, le préparateur du bateau, participera à l’une des deux dernières étapes tandis que Dominique Lamballe, le PGD de FenétréA-Cardinal, embarquera pour le sprint entre Plymouth et Morlaix. »

Rennes Métropole – Saint-Malo Agglomération : Se donner le mode d’emploi du bateau
L’équipage : Gilles Lamiré, Nils Boyer, Arnaud Aubry et Pierre Brasseur.
L’avis du skipper : « Mon équipage s’est constitué assez tardivement, mais l’objectif pour moi à l’occasion de cette Route des Princes, est de prendre en main ma nouvelle monture, l’ex Multi50 Prince de Bretagne. C’est pourquoi Arnaud Aubry, qui fait partie du team de Lionel Lemonchois et qui connait, en conséquence, le bateau sur le bout des doigts, sera à bord avec nous. Son rôle sera véritablement de nous donner le mode d’emploi du bateau. Il y aura également le jeune Nils Boyer, 19 ans, avec qui je m’alignerai en double au départ de la Transat Jacques Vabre en novembre prochain. Autant dire que tous les milles que nous avalerons entre Valence et la baie de Morlaix seront précieux pour notre duo. Le quatrième homme du bord sera Pierre Brasseur. Je ne le connais pas encore. C’est quelqu’un que l’on m’a recommandé et qui affiche au compteur huit participations à la Mini Transat. Le convoyage jusqu’à l’Espagne va nous permettre de nous découvrir. »

Arkema – Région Aquitaine: Apprendre le bateau et naviguer au contact
L’équipage : Lalou Roucayrol, Quentin Vlamynck, Mayeul Rifflet, Tommaso Stella.
L’avis du skipper : « Le bateau a été mis à l’eau en mars dernier. Nous le découvrons et il nous reste beaucoup à apprendre. L’objectif, pour nous, à l’occasion de cette Route des Princes est donc de continuer à l’optimiser et de régater au contact des autres. Pour cela, je serai entouré du tout jeune Quentin Vlamynck que j’ai choisi d’intégrer au sein de mon équipe pour deux ans afin de lui donner la chance de vivre l’expérience de la construction, de la navigation et de la course. Mayeul Rifflet, qui faisait déjà partie de mon aventure en multicoque 60’ en à la fin des années 90, sera également à mes côtés. Sa présence s’est imposée naturellement pour moi. Nous avons la même façon de voir les choses. Le quatrième homme du bord devait, initialement, être Marc Thiercelin  mais ce dernier a préféré se concentrer sur son projet personnel. C’est donc l’Italien Tommaso Stella qui complétera l’équipage. Il connait bien le bateau pour avoir travaillé avec nous lors de la construction. C’est aussi un bon marin. Il a notamment navigué en Mini 6.50 en et Class40. »

Actual : Un état d’esprit sportif et détendu
L’équipage : Yves Le Blévec, Luc Alphand, Jean-Baptiste Le Vaillant, Ronan Deshayes.
L’avis du skipper : « J’ai sollicité des personnes que je connais bien et qui participent activement à un état d’esprit aussi sportif que détendu à bord d’Actual. Ronan Deshayes, qui est à mes côtés depuis 2010, connaît très bien le bateau et est un très bon navigateur. Jean-Baptiste le Vaillant est un personnage très riche humainement, un très bon barreur et a déjà beaucoup navigué à bord d’Actual. Quant à Luc Alphand, il est un véritable élément de partage issu d’autres univers, ceux du ski et du sport automobile. Cela élargit le champ de vision et les questionnements et ne peut qu’aller dans le sens de la performance. Ils seront tous les trois à bord pour les deux premières étapes. Pour les deux dernières étapes, les postes de Jean-Baptiste et de Luc devraient être occupés par des équipiers issus de la classe Mini. »

MULTI70

Virbac-Paprec 70 : L’expérience du large
L’équipage : Jean-Pierre Dick, Roland Jourdain, Vincent Riou, Thierry Duprey du Vorsent, Fred Guilmin, Thierry Douillard, Guillaume Le Brec.
L’avis du skipper : « J’ai réfléchi à mon équipage bien avant le Vendée Globe car mon souhait était de réunir des gens très polyvalents, tournés vers le large et connaissant le multicoque. En clair, des pointures. Le choix de Thierry Duprey du Vorsent, qui est aussi le boat-captain du bateau, s’est imposé naturellement tout comme celui de Roland Jourdain qui va apporter son expérience d’une saison en MOD70 sur Véolia. Idem pour Thierry Douillard et Fred Guilmin. L’un et l’autre possèdent également un gros palmarès en voile olympique, en match-race, en Class America ou en Orma. Autant dire qu’ils maîtrisent leur sujet. Vincent Riou, que l’on ne présente plus, était très motivé pour changer  de support et ses connaissances techniques ne sont plus à démontrer. A cet équipage incroyable s’ajoute Guillaume Le Brec. Ce dernier est remplaçant au sein de l’écurie Absolute Dreamer. Son rôle : analyser les données récoltées à bord. Tous ensemble, nous avons déjà réalisé de belles choses sur les courses d’avant saison comme le Grand Prix Guyader ou l’ArMen Race. Nous espérons poursuivre sur cette voie.»

Oman Air – Musandam : Transfert de connaissances
L’équipage : Sidney Gavignet, Fahad Al Hasni, Thomas Le Breton, Mohsin Al Busaidi, Ahmed Al Hassani, Neal Mac Donald, Damian Foxall, Gilles Favennec.
L’avis du skipper : « Comme l’an passé, lors de notre première saison sur le circuit MOD70, les Omanais Fahad Al Hasni et Mohsin Al Busaidi, qui avaient montré leurs capacités à apprendre et leur habileté naturelle à la barre, seront à bord. Idem pour Thomas Le Breton. Gilles Favennec, qui a  notamment navigué en Figaro Bénéteau et sur le circuit Match-Race, sera le troisième français du bateau tandis que deux grosses pointures du large, le Britannique Neal McDonald, qui ne compte pas moins de six Volvo Ocean Race à son actif et avec qui j’ai navigué sur Assa Abloy en 2001, puis l’Irlandais Damian Foxall, vainqueur en titre de la Volvo sur Groupama IV avec lequel j’ai régaté en Figaro et sur l’Admiral’s Cup, compléteront le team lors de cette Route des Princes. Sur les courses d’avant saison, nous étions dans le coup. Sur ce tour de l’Europe, on espère le meilleur. »

Spindrift racing : Un team solide et expérimenté
L’équipage : Yann Guichard, Xavier Revil, Jacques Guichard, Erwan Tabarly, Pascal Bidegorry, Christophe Espagnon, Sébastien Marsset, Nicolas Chabonnier, Christophe André, Fred Brousse, Nicolas Texier, Jean-Baptiste Le Vaillant.
L’avis du skipper : « J’ai choisi des gens possédant une grosse expérience du multicoque et/ou de la course au large. Pascal Bidégorry, Erwan Tabarly et mon frère, Jacques, sont typiquement dans ce cas. De plus, ce sont des gens qui sont bien en mer. En ce qui les concerne, Christophe Espagnon et Xavier Revil ont une expérience très similaire à la mienne puisqu’ils sont, eux aussi, issus du Tornado Olympique. Ils savent parfaitement régler et faire avancer un bateau. Pour les régates In-shore, qui sont un exercice très différent, je me suis entouré de marins costauds tels que Seb Marsset, Christophe André, Fred Brousse et Nicolas Texier. Les trois derniers sont des habitués de la Coupe America. A la tactique sur ces petits parcours, c’est Nicolas Charbonnier, spécialiste de 470, qui officiera. Par ailleurs, sur les deux derniers In-Shore, Xavier Revil me remplacera à la barre puisque je serai sur le circuit D35 au même moment. J’attache énormément d’importance au côté humain et cet équipage est à mon image. Il correspond à ma philosophie. C’était déjà le cas l’an dernier et cela a plutôt bien fonctionné, alors… »

Edmond de Rothschild : Mix de compétences du large et de la régate
L’équipage : Sébastien Josse, Charles Caudrelier, Thomas Rouxel, Florent Chastel, Sébastien Col, Olivier Douillard, Antoine Koch, David Boileau, Cyril Dardashti, Jean-Christophe Mourniac.
L’avis du skipper : « Cette année, j’ai conservé une bonne partie de mon équipage de la saison passée. Ainsi, Thomas Rouxel, Florent Chastel seront de nouveau à bord. Même chose pour Olivier Douillard et Antoine Koch qui se relayeront à la mi-course pour les courses off-shore ou encore pour David Boileau et Cyril Dardashti qui, eux, se répartiront les régates in-shore. Pour ces dernières, Sébastien Col, grand spécialiste du match-race, viendra également compéter l’équipe. Lui et moi avons finalement peu navigué ensemble jusqu’ici mais nous nous sommes rencontrés il y a une dizaine d’années sur le Tour de France à la Voile et je sais que son expérience sera un vrai atout sur ces courses courtes entre trois bouées. Il ne sera pas le seul « nouveau » du bord puisque Jean-Christophe Mourniac est également dans ce cas. Là encore, j’ai peu couru avec lui,  mais c’est un spécialiste du multicoque, le Formule 18 en particulier et il a beaucoup à nous apporter. Bien sûr, il y aura aussi Charles Caudrelier avec qui je participerai en double à la Transat Jacques Vabre. J’ai voulu des gens issus à la fois de la course au large, du Figaro, du Match-Race et du multicoque pour avoir un maximum de compétences sur Edmond de Rothschild. »

ULTIMES

Maxi 80 Prince de Bretagne : Des « anciens » et des « nouveaux »
L’équipage : Lionel Lemonchois, François Denis, Matthieu Souben, Jean-Luc Nélias, Alex Pella.
L’avis du skipper : « Grand bateau, petit équipage. En tous les cas, l’idée, c’est vraiment de développer le bateau et de valider les petits changements récemment effectués, sur la grand voile par exemple. J’ai donc fait appel à des gens que je connais bien et qui connaissent bien le projet Prince de Bretagne. Dans ce sens, Matthieu Souben, avec qui j’avais pris le départ de la Transat Jacques Vabre 2011 et avec lequel je travaille depuis, fait logiquement partie de l’équipage. Idem pour Bambino (François Denis). Il est le gréeur du team technique et officiera à un poste qu’il maîtrise parfaitement : numéro un. Mais j’ai aussi choisi de faire appel à deux nouvelles recrues : Alex Pella et Jean-Luc Nélias. Le premier est  grand spécialiste du circuit Mini 6.50 qui peut aussi se targuer d’avoir déjà fait le tour du monde lors de la Barcelona World Race 2010. De plus, comme il est Espagnol, son expérience sera précieuse le long des côtes de la péninsule ibérique. Le second affiche une expérience plus grande encore et il a déjà largement fait ses preuves au poste de navigateur. Il a notamment remporté la Volvo Ocean Race aux côtés de Franck Cammas sur Groupama IV. Son expertise sera, sans conteste, un atout. »

 

Gilles Lamiré prend possession du Multi 50′ Prince de Bretagne

Gilles Lamiré, qui a effectué de nombreuses courses sur son 60′ ORMA (ex Elf Aquitaine III), change de classe et passe en Multi 50′.

Le skipper va prendre possession de l’ex Prince de Bretagne, sur lequel Lionel Lemonchois a gagné la Route du Rhum 2010 dans sa classe, il sera soutenu par Rennes Métropole et Saint-Malo Agglomération qui seront co-partenaires.

Le programme du trimaran comprend la Route des Princes et la Transat Jacques Vabre pour cette année 2013 et la Route du Rhum l’année prochaine.

Route du Rhum

Yann Guichard sur Gitana 11 a pris la 4ème place de la Route du Rhum-La Banque Postale 2010 en catégorie Ultime en arrivant à Pointe à Pitre jeudi après 11 jours, 11heures 56 minutes de course.

L’interview du skipper à son arrivée :

Quel premier bilan tires-tu de ta première transatlantique en solitaire ?
« J’ai pris beaucoup de plaisir, même si c’était particulièrement rude sur l’eau. Et s’il fallait repartir aujourd’hui, je le ferais avec grand bonheur. Certes j’ai un petit goût d’inachevé car je n’ai pas l’impression d’avoir fait de grosses erreurs. Surtout de terminer aussi loin derrière les trois premiers, alors que j’ai toujours été dans le match jusqu’à la mi-parcours… En fait, plus tu étais derrière, plus tu perdais des milles, ce qui semble aussi le cas pour les autres catégories. Les calmes qui se sont installés durablement sur les Antilles ont radicalement changé le visage de la course. À un moment, Francis était même en passe de devancer Franck Cammas. J’ai appris beaucoup de choses sur moi durant cette transat et notamment à repousser mes limites, à mieux me connaitre en fait ! »

Peux-tu revenir sur les conditions météorologiques qui ont caractérisé cette neuvième édition de la Route du Rhum-La Banque Postale ?
« Les conditions au moment du départ étaient assez classiques derrière un front, avec un flux de Nord-Ouest fort dans le golfe de Gascogne, qui s’est transformé en alizé portugais après le passage du cap Finisterre. En revanche au niveau des Açores, la situation est devenu atypique puisqu’il n’y avait plus du tout d’alizés sur la route du Sud mais des zones de grains et de calmes à traverser. Ce n’est pas très commun surtout que les orages étaient très actifs pendant quatre jours ! Il était vraiment difficile voire impossible de prévoir les choses avec certitude après les Açores.»

Tu as parcouru plus de 800 milles en sus par rapport à la route directe, mais surtout, les conditions météorologiques ont été radicalement différentes à quelques milles près…
« Il y a eu beaucoup de phénomènes locaux, mais il y a toujours des passages à niveau dans les courses océaniques. Cette fois, c’était après les Açores où je suis resté planté dans des calmes : il n’y avait ensuite plus moyen de revenir… Je l’ai encore en travers de la gorge cet arrêt, parce que sur les fichiers météo, ce n’était pas prévu du tout comme cela ! Surtout que j’étais alors positionné devant Francis Joyon.»

La faute à pas de chance ?
« Non, mais il certain que la victoire se joue toujours avec une part de chance. J’avais le trimaran le plus extrême de la flotte par sa réactivité, mais il manquait de longueur par rapport aux conditions de mer que nous avons connues.»

Comment gère-t-on des zones de grains aussi longues ?
« On ne dort presque pas ! De jour, tu arrives à les appréhender, mais la nuit, parce qu’il n’y avait pas de lune, c’est impossible. Quand le vent passe de cinq nœuds à 35 nœuds en quelques minutes, cela demande d’être toujours présent sur le pont, d’être hyper réactif. Surtout avec Gitana 11 qui a conservé son comportement de 60 pieds Orma, a contrario des autres grands trimarans qui étaient plus stables et donc qui pouvaient encaisser ces variations de brise avec plus de sécurité. Je devais naviguer sous-toilé entre les grains la nuit pour ne pas risquer de chavirer. »

Comment gère-t-on quand un concurrent s’échappe dès le premier jour ?
« J’étais confiant sur la suite puisque logiquement, il devait y avoir moins de vent pour le final. Mais je savais dès le départ et surtout après la première nuit, qu’il serait quasiment impossible de revenir sur Franck Cammas. Son bateau allait vraiment très vite et s’il ne rencontrait pas de problème, il avait victoire assurée. Mais il restait la deuxième place… »

Et ces trois derniers jours où tu n’as pas été épargné par la météo ?
« Ce sont les pires de ma carrière sportive à ce jour ! Même quand j’ai terminé quatrième aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, j’ai vite digéré. Là, je crois que ce sera un peu plus long. Tu termines ta course quasiment en convoyage car il n’y a plus d’enjeux sportifs: tu subis sans rien pouvoir faire.»

Gitana 11 était un bateau bien adapté à ces conditions météorologiques atypiques ?
« Bien sûr ! Si le passage du front s’était passé aussi bien que pour Francis, nous jouions la deuxième place. Il fallait être dessus, mais il était tout à fait dans le match même si tu ne vis pas la même course que tes concurrents. Je n’ai quasiment pas dormi quatre nuits sur les six premiers jours. Et tout le temps en combinaison sèche… Je ne pouvais de toute façon pas me reposer par tranche de plus d’un quart d’heure.»

De bons souvenirs tout de même ?
« Pleins ! Avant le front au milieu de l’Atlantique par exemple, j’étais bien revenu en prenant même la deuxième place. Cette course m’a beaucoup plu parce que le défi était intéressant. Se battre face à de grands marins sur des bateaux au potentiel différent. Chacun avait ses arguments, ce qui rendait le challenge très ouvert et nous a proposé une course à rebondissements. Et c’était super avec Sylvain Mondon de Météo France et Billy Besson à terre. Il n’y a pas une édition de la Route du Rhum qui soit pareille et c’est ce qui fait la beauté de cette grande couse! Je suis très content d’avoir amené de l’autre côté de l’Atlantique ce beau bateau qu’est Gitana 11. Le bateau était parfaitement préparé et il arrive à Pointe-à-Pitre en super état. Après cette course, je sais ce qu’est une transat en solitaire, j’ai vraiment envie d’y retourner. Et si ce soir on me proposait de signer pour la prochaine édition, je dirais oui tout de suite ! »

© AFP

Sont toujours en course dans cette catégorie : Philippe Monnet qui devrait arriver demain et Servane Escoffier et Gilles Lamiré qui se livrent un duel pour la 6 et 7ème place au sud des  Caraibes.

En catégorie Multi 50′ Lionel Lemonchois a prise l’avantage sur Lalou Roucayrol, les deux skippers évoluent à moins de 200 milles de la Guadeloupe à petite vitesse dans des vents de moins de 10 noeuds.