Après un peu plus de 48h de course, Franck Cammas sur son trimaran Groupama 3 a pris l’avantage dans la catégorie Ultime, son option sud semble pour l’instant porter ses fruits, en effet le contournement de l’anticyclone des Açores par le sud lui permet de poursuivre sa route au portant à plus de 20 noeuds alors que Thomas Coville (Sodeb’O) et Sidney Gavignet (Oman Air Majan) progressent désormais au près à moins de 15 noeuds, ces deux concurrents devraient rapidement perdre leurs 2nde et 3ème places au provisoire au profit de Francis Joyon( Idec) et Yann Guichard (Gitana 11), eux aussi sur la route sud à respectivement 160 et 200 milles du leader.
Si Franck Cammas réussi à accrocher les alizés, il pourrait accroitre son avance, son bateau étant stable dans ces conditions et peu volage (par rapport à des bateaux plus légers comme Gitana 11).
A noter dans cette catégorie l’hélitreuillage de Bertrand Quentin sur Côte d’Or II, le skipper qui avait souffert de lourds problèmes de santé quelques mois avant le départ de la course, il a été évacué en fin de matinée suite à des douleurs thoraciques et une fatigue grandissante, un remorqueur a été affrété afin de tenter le sauvetage de l’ancien bateau d’Eric Tabarly, abandonné sous voiles.
Côté 50′, la situation est sensiblement la même que dans la catégorie Ultime, Lionel Lemonchois sur Prince de Bretagne sur la route nord tente un recadrage afin de se recaler par rapport à la dorsale pour bénéficier ensuite d’un vent de travers, Franck Yves Escoffier (Crèpes Whaou 3!) et Yves le Blévec (Actual) sur la route sud progressent à plus haute vitesse en contournant l’anticyclone des Açores.
Lionel Lemonchois (Prince de Bretagne) : « Ca se passe plutôt pas mal. C’est une belle journée avec un grand soleil. Je suis au près, le vent monte et c’est humide. Ca tape mais on va vers du beau ! J’ai tiré un petit bord pour me recaler du bon côté de la dorsale. Et puis le vent avait pris un peu de gauche donc c’était l’occasion de le faire. »
Yves Le Blévec (Actual) : « J’étais avec Franck-Yves Escoffier au passage d’Ouessant, j’ai mal manœuvré mais j’ai fait quelques bêtises et maintenant, il a peu filé devant. Il creuse un peu l’écart. Pour l’heure, je ne peux rien dire sur mon choix. On verra ça dans quelques jours ou à l’arrivée. Je regarde évidemment les autres au nord mais je n’y peux pas grand-chose. Je reste concentré sur ma trajectoire. Le bateau va bien. Les conditions étaient dures avec du vent et de la houle, ce n’était pas confortable mais il fallait aller vite. On est en course quand même ! On est en train de traverser l’anticyclone, ça mollit et c’est assez pénard. Cela permet en tous les cas de se mettre dans l’ambiance du bord, de se reposer et de manger. On a beau être prêt et entraîné, c’est vraiment deux jours après le départ qu’on rentre véritablement dans la course. »
Bien qu’aujourd’hui l’avantage semble être au sud, rien ne permet d’affirmer qu’une des routes soit plus favorable que l’autre, les nordistes étant sur une route plus proche de l’orthodromie et pourraient si le passage de dorsale est rapide bénéficier de vent de travers, les sudistes ont pour l’instant une progression plus rapide mais ils rallongent la route en contournant l’anticyclone.
La liste des quinze hommes qui s’attaqueront au Trophée Jules Verne, détenu par Franck Cammas et son équipage sur Groupama 3, a été dévoilée par Pascal Bidégorry, le skipper du maxi trimaran de 40m Banque Populaire V.
Quelques changements notables au sein de cet équipage avec l’arrivée de Juan Vila, ancien membre du team Alinghi, qui officiera en tant que navigateur, Brian Thompson, barreur régleur, qui a deux tours du monde en multicoques à son actif (Cheyenne en 2004, Doha en 2006) et un Vendée Globe en 2008, Fred Le Peutrec, grand spécialiste du multicoque (Tornado, ORMA, maxi trimaran) passe du team Groupama à celui de Banque Populaire où il sera chef de quart.
A lire, une interview de Pascal Bidégorry expliquant le chois de ces nouvelles recrues sur le Télégramme.
Le trimaran sera en stand by pour le Trophée Jules Verne à partir du 1er novembre.
Paul Campbell Jones décroche son premier succès sur le circuit Extreme Sailing Series. L’équipage de The Wave Muscat a su résister au retour d’Ecover et de Groupe Edmond de Rothschild qui gagne la dernière manche mais ne parvient pas à refaire son retard sur les hommes de Mike Golding.
La bonne opération de cette 6ème journée des Extreme Sailing Series Cowes revient à l’équipage de Loick Peyron sur Masirah qui gagne deux places pour finir au pied du podium devant Red Bull et Groupama 40.
Une hiérarchie semble se mettre en place cette saison, avec Groupe Edmond de Rothschild, Ecover, et les deux bateaux du team Oman Sail : Masirah et The Wave Muscat aux quatre premières marches lors des deux événements (Sète et Cowes). Un deuxième groupe constitué de Groupama, Red Bull, The Ocean Racing et Team GAC Pindar lutte en 2nde partie de tableau.
Les réactions des skippers :
Yann Guichard :« Ce Grand Prix de Cowes est l’épreuve que j’appréhendais le plus dans le championnat 2010. On sait le plan d’eau difficile et cela s’est révélé exact une nouvelle fois. Je pense que les régates disputées durant cette semaine de Cowes seront parmi les plus ventées cette année ! Terminer troisième ici est très positif. Le niveau est clairement monté d’un cran et c’est une très bonne chose car plus la compétition est intense et mieux cela est. Trois à quatre bateaux sont aujourd’hui capables de jouer la victoire du championnat, ce qui rendra les trois prochaines épreuves passionnantes.»
Franck Cammas : « Nous avons eu beaucoup de péripéties cette semaine ! C’était plutôt sympa. Il y avait du vent. Depuis deux ans, c’est la première fois, qu’il y en avait autant. Des choses bien et d’autres moins bien ont été réalisées à bord de Groupama 40. Ce matin, la 4ème place était décrochable mais nous la perdons sur la dernière manche. Comme à Sète, nous sommes passés à côté de la manche qui compte double. Conclusion, nous ne sommes pas bons sur les moments importants. Nos départs sont rarement bien pris ; or, ils sont primordiaux sur des parcours aussi courts. Nous perdons donc pas mal de places sur des histoires de positionnement. Ajoutons à cela, notre accrochage avec Groupe Edmond de Rothschild qui nous a peu déconcentrés.
Clairement, nous sommes en arrière du podium. Il nous manque des réflexes dans les transitions qui s’acquièrent durant les régates. Or, entre les épreuves, on ne s’entraîne pas, ce qui fait qu’à chaque fois, on met du temps à se remettre dans le bain. » Franck Cammas laissera la barre de son catamaran à Tanguy Cariou pour la prochaine étape, pour se concentrer sur la préparation de la Volvo Ocean Race avec une course à bord de Grouapama 70.
Mike Golding « si j’ai laissé ma place à la barre, ce n’était pas pour gagner une ou deux places, mais pour viser bien plus haut. Leigh est excellent, il assure la barre et la tactique, nous garantissons des réglages et des manœuvres propres – la formule marche parfaitement. »
Paul Campbell-James : « Les conditions étaient difficiles et risquées aujourd’hui. On a joué la prudence pour ne pas mettre notre première place en danger, mais le chavirage n’était jamais loin. Je crois que cette victoire est due à la très bonne entente qui règne au sein de l’équipage, c’est une de nos forces et cela fait une grande différence, notamment dans les situations tendues. »
Classement provisoire de l’Extrême Sailing Series (après deux Grands Prix)
Groupe Edmond de Rothschild (Yann Guichard) – 14 points
The Wave, Muscat (Paul Campbell-James) – 14 points
Oman Sail Masirah (Loïck Peyron) – 12 points
Ecover Sailing Team (Mike Golding) – 12 points
Groupama 40 (Franck Cammas) – 7 points
Red Bull Extrême Sailing (Roman Hagara) – 6 points
Les deux barreurs anglais de la flotte des Extreme 40 pointent en tête du classement général après deux jours de compétition à Cowes.
Paul Campbell-James, barreur de The Wave Muscat, un des deux catamarans du team Oman Sail, s’est montré le plus régulier aujourd’hui en terminant toutes les manches sur le podium, l’autre barreur anglais Leigh McMillan sur Ecover s’est aussi montré particulièrement à l’aise sur les eaux britanniques en maintenant l’Extreme 40 Ecover en seconde place du général provisoire depuis hier en gagnant notamment les deux parcours côtiers.
Côté français, Loick Peyron sur le second bateau de l’Oman Sail Masirah était premier hier, mais a rétrogradé de deux places au classement provisoire aujourd’hui avec trois places de 7ème.
Le spectacle était assurément assuré en ce dimanche du fait d’un vent d’un vingtaine de noeuds et d’un clapot, et de concurrents survoltés, notamment entre Groupe Edmond de Rothschild et Groupama 40 qui pointaient hier en 3ème et 5ème position ; lors de l’avant-dernière manche du jour, Groupama a été percuté par Groupe Edmond de Rothschild le privant du système de barre, le catamaran se dirigeant vers la côte a donc été rapidement déserté avant de terminer sur la digue.
La réaction des deux skippers :
Franck Cammas :“A une bouée au vent, lors d’une abattée, Groupe Edmond de Rothshilch qui part derrière et qui a du mal à abattre nous touche les safrans, pas si violement que ça. Les deux safrans et leurs casques sont partis. Du coup Groupama 40 était incontrôlable et indirigeable. Il se dirigeait droit vers la digue. Impossible de le faire changer de direction sans les safrans. L’équipage a été contraint de sauter à l’eau et Groupama 40 est rentré dans le mur, un peu freiné par les dérives qui ont frotté sur les cailloux. Les dégâts auraient pu être pire !Le système de safran et les casques qui les tiennent sont à remplacer. Une dérive a été coupée en deux au moment de l’impact. Le tangon est à réparer. Les étraves qui ont touché le mur de plein fouet sont abîmées elles aussi. »”
Yann Guichard : “ Nous sommes sur la layline tribord et nous virons sous Groupama, ce qui sous-entend que nous sommes engagés. A la bouée au vent, Groupama abat devant nous ce qui ne nous laisse aucune solution : nous ne pouvons pas éviter le choc ! Notre étrave tribord vient alors taper et casser la tête de leur safran bâbord, ce qui arrache l’ensemble de leur système et entraîne la suite. C’est un petit contact mais avec de lourdes conséquences et nous en sommes en profondément désolésNous avons abandonné la manche car les arbitres nous ont attribué un black flag. Le jury doit se réunir demain pour prendre une décision.”
Cette collision ne devrait pas remettre en cause la participation de Groupama 40 à la suite de la compétition, le litige entre les deux concurrents devrait être jugé d’ici demain.
En sixième place, Red Bull effectue une journée similaire à celle d’hier, avec une victoire de manche mais aussi des résultats nettement plus mitigés. Roman Hagara pointe donc derrière The Ocean Racing Club (5ème) tandis que Veolia Environnement, qui n’a pas pris deux départs, ferme la marche derrière Team GAC Pindar.
Roland Jourdain, qui faisait ses débuts sur l’Extreme Sailing Series, a connu des débuts difficiles, hier déjà, ils avaient joué de malchance en touchant une bouée lors du premier départ de l’après-midi, ce qui entrainait la casse de leur safran tribord. L’équipage de Véolia Environnement avait du faire l’impasse sur les cinq régates disputées. Aujourd’hui, des problèmes techniques les ont empêchés de prendre le départ de deux des six manches courues.
Quelques interviews des favoris de la classe G-Class à 3 mois et demi de la Route du Rhum :
Franck Cammas, qui vient de terminer sa qualification de 1500 milles en solitaire sur Groupama 3, il revient sur les changements apportés au trimaran détenteur du Trophée Jules Verne(changement de mât, adaptation de la plate forme au solitaire avec par exemple l’installation d’un vélo afin d’alterner les efforts entre membres supérieurs et membres inférieurs lors des manoeuvres des voiles). A découvrir dans VoilesetVoiliers.com et sur Le Télégramme.
Yann Guichard interrogé par Manon Borsi pour VoilesetVoiliers.com, aborde le chantier du trimaran vainqueur de la dernière édition (allongement de la coque centrale, changement des flotteurs pour des formes proches de celles de Banque Populaire V), ses navigations en solo sur Gitana 11, les aménagements apportés au bateau etc.
Un peu plus de 2 mois après son arrivée victorieuse à Brest à l’issue du Trophée Jules Verne, le trimaran Groupama 3 a été remis à l’eau à Vannes au chantier Multiplast.Le bateau a été remis en état après ce tour du monde et adapté aux navigations en solitaire, en vue de la Route du Rhum 2010, à laquelle participera le skipper Franck Cammas.
Le plan de pont a été modifié de manière à ce que l’ensemble des manoeuvres de voiles et appendices soit à portée de chacun des postes de barre.La descente en carbone a disparu. L’intérieur de la coque centrale a été vidé et ne dispose plus que d’une couchette, et d’une table à cartes.
Les premiers essais en mer prévus sont prévus à partir du 10 juin prochain,d’ici là le trimaran sera doté d’un nouvel espar carbone construit au chantier Lorima et d’une taille inférieure à la version équipage.
Les Extreme Sailing Series débuteront dans une semaine dans le sud de la France, à Sète.
Cette compétition qui succède à l’iShares Cup réunira 8 catamarans monotypes Extreme 40. Parmi les engagés, on retrouve Groupama 40, skippé par Franck Cammas, Groupe Edmond de Rothschild, le bateau du Gitana Team, barré par Yann Guichard, 2nd l’an dernier, Loick Peyron sera également présent sur Masirah, le catamaran vainqueur de l’iShares Cup 2009, il rejoint Pete Cumming.
Oman Sail engage également un autre monotype sous les couleurs de The Wave Muscat, barré par Paul Campbell-James. Seront également présent Roman Hagara, skipper de Red bull Extreme Sailing, qui avait débuté la compétition sur ce support à l’occasion des Extreme Sailing Series Asia.
Nick Moloney, skipper de BT l’année dernière retrouve sa place de skipper sur Team GAC Pindar, Mike Golding renouvelle son partenariat avec Ecover pour la seconde année consécutive sur le circuit, il cède son poste de barreur à Leigh McMillan.
Une huitième équipe sera annoncée en début de semaine prochaine.
Après deux tentatives avortées sur casse (en 2008 et 2009), Franck Cammas et ses hommes : Fred Le Peutrec, Stève Ravussin, Lionel Lemonchois, Thomas Coville, Loïc Le Mignon, Ronan Le Goff, Bruno Jeanjean, Jacques Caraës et Stan Honey ont décroché le Trophée Jules Verne hier à 22h40 en franchissant la ligne d’arrivée de leur tour du monde.
L’équipage de Groupama 3 a effectué le tour du monde à la voile en 48 jours 07 heures 44 minutes, améliorant l’ancien record d’Orange II de 2 jours, 8 heures 35 minutes.
Cette tentative n’aura pas été de tout repos pour ces 10 hommes, puisqu’ils ont rencontré à plusieurs reprises des conditions météo difficiles notamment entre le Cap Horn et l’Equateur avec un gros retard à combler, l’expérience de cet équipage, la fiabilité et les capacités du bateau ont permis aux 10 marins de décrocher le record le plus prestigieux et le plus difficile : 22 tentatives en 17 ans et seulement 7 succès.
Groupama 3 a donc parcouru les 21760 mn (route orthodromique soit la distance « officielle ») à la vitesse moyenne de 18.76 noeuds. Sur le fond, Groupama 3 a parcouru 26830 milles nautiques à la moyenne de 23.13 noeuds.
Les réactions d’anciens détenteurs du Trophée Jules Verne :
Olivier de Kesauson : « Bravo pour cette performance extraordinaire… Bravo pour n’avoir jamais baissé les bras ! Bravo pour avoir construit à leur tour, dans l’esprit de la plus belle et de la plus audacieuse des épreuves au Monde, une histoire magnifique. Bienvenue à Franck Cammas et à son exceptionnel équipage dans le Club des détenteurs du Trophée Jules Verne. »
Message de Bruno Peyron : « Bravo à toute l’équipe de Groupama pour ce parcours exemplaire autour du monde. Je sais la somme de compétences, d’efforts et d’engagement nécessaire à un tel résultat : le design team, l’équipe technique, l’équipe météo, l’équipage et aussi le sponsor dont il faut saluer la détermination et qui a su faire confiance à son équipe y compris dans les moments difficiles. Tous méritent ce succès construit avec méthode. Ils écrivent ainsi, ensemble, une nouvelle belle page de l’histoire du « Trophée Jules Verne ». Je suis fier d’avoir été battu par la meilleure équipe de multicoque océanique actuelle et j’ai hâte de relancer notre équipe pour la « reconquête ».
Je leur souhaite de devenir la meilleure équipe en monocoque dans la VOR et j’espère qu’ils viendront nous rejoindre sur la ligne de départ de The Race II. En tout cas c’est un défi que je leur lance, non plus par chronomètre interposé mais … bord a bord ! »
Franck Cammas : «Une joie immense ! Je crois qu’avoir mis tant d’énergie et de temps sur ce projet et arriver au bout, c’est super. C’est le travail acharné d’une équipe et de notre partenaire Groupama qui n’a jamais lâché le morceau. C’est super que ça se termine de cette façon. La clé, c’est que quand il y a des échecs, il faut les utiliser, car c’est l’expérience, la connaissance et la fiabilisation du bateau. C’est ce qu’on a prouvé aujourd’hui. C’était beaucoup plus intense que je l’imaginais, mais on aime ça et évidemment c’était 50 jours d’émotions extrêmement fortes. On avait confiance dans notre bateau et dans le concept de trimaran. C’était une « dream team » et c’est une somme d’expériences et de talents. Parfois il fallait que je tranche avec mon feeling parmi les idées de tout le monde. J’ai appris énormément : c’était super. L’image qui restera, c’est le passage du cap Horn. On était comme des gamins…»
Fred Le Peutrec : « Ce Trophée, c’est un mélange de choses, une sorte de fondu enchaîné entre ce que j’ai eu envie de vivre quand j’étais gamin et la réalité ! J’ai toujours l’impression que ce sont d’autres qui l’ont fait, d’être désincarné, que ce n’est pas moi qui y était… Une émotion débordante, un moment hors du temps. Je l’ai rêvé en voyant les autres équipages partir et revenir. C’est concret et en même temps fuyant. Le parcours de Groupama 3 depuis trois ans a tout de même été semé d’embûches : décrocher le Trophée de cette manière, sur le fil du rasoir, dans les derniers jours de mer, alors que nous avions failli ne pas partir, c’est magique ! »
Lionel Lemonchois : « Arriver à Brest, c’est toujours génial ! On a fait du mieux qu’on a pu et c’est passé sur la fin. Super ! On a eu des conditions très variées et pas toujours favorables, et celui qui arrivera à enchaîner les bons systèmes météo d’un bout à l’autre, fera un carton… Mais je ne sais pas si cela est possible. Ce qu’il faut, c’est être constant, naviguer bien en permanence, et avoir un bon bateau : c’était vraiment le cas avec Groupama 3. L’équipage était super et cela rend les choses faciles : chacun était à sa place comme ce fut le cas avec Bruno Peyron. Ce qui est essentiel et motivant, c’est de monter une belle équipe et Franck Cammas a parfaitement réussi son casting ! 48 jours de mer, à dix enfermés dans un huis clos, ce n’est pas anodin : ce n’est pas que de la technologie, c’est d’abord du rapport humain. Le bateau était vraiment facile : c’est un petit voilier de 32 mètres ! À trois sur le pont, on pouvait presque tout faire. Avec des moments inoubliables comme lorsque nous avons piqué sur le cap Horn à plus de 40 noeuds, sous un ciel de traîne et huit mètres de creux… 48h extraordinaires. »
Thomas Coville : « On avait fait une première tentative, on avait cassé, on s’était arrêté à Cape Town. On sentait qu’on avait un groupe très fort, capable de se remettre en place dans des conditions pas forcément évidentes et faciles. Il y avait une véritable audace et une vraie envie d’en découdre. Un tour du monde, c’est quelque chose de global, c’est un raisonnement de terrien de vouloir le découper en morceaux ! On s’est fait un reaching vraiment poussé avec Stève Ravussin. On était rentrés dans l’euphorie… Le bateau volait littéralement et les gars sont sortis sur le pont pour nous demander si on n’était pas sur une autre planète ! Il avait la banane… Moi j’étais ailleurs… C’était fabuleux ! »
Loïc Le Mignon : « Sur la fin, c’était assez long car on n’a pas eu des conditions faciles depuis les Açores. On a eu des coups de mou, mais on avait un bateau polyvalent et formidable, en gagnant du terrain, on repartait de l’avant et le moral avec ! On n’a pas eu peur jusqu’au bout, mais ce n’était pas acquis ! Ce n’était pas facile, mais on a grappillé du temps sur la remontée. On a eu pas mal de plaisir ! »
Bruno Jeanjean : «La plus belle image, c’est celle de l’arrivée, avec le record à la clé, le public brestois et le beau temps de Bretagne. Surtout que moi, c’est mon premier tour du monde, je n’ai pas l’habitude d’avoir tout ça autour, c’est très agréable ! »
Steve Ravussin : «Cela fait toujours plaisir d’arriver, d’autant plus au bout de 50 jours. On est content, avec un public et un beau temps, c’est vraiment super sympa. On était une super équipe, soudée, on est content d’être sur ce bateau qui va toujours très, très vite. »
Groupama 3 a franchi l’Équateur à 9h 2′ 40″ TU soit après 5j 19h 6′ 47″ de mer le départ du Trophée Jules Verne, 2ème meilleur temps sur ce tronçon du tour du monde. Le passage du Pot au Noir s’est déroulé sans encombre comme l’explique les skipper du maxi trimaran :
Franck Cammas : « C’est très bien et au delà de ce qu’on espérait au départ pour cette partie là. On peut être très content même si on aurait pu espérer presque mieux juste en regardant les dernières heures : le Pot au Noir s’est un peu réveillé au moment où on le franchissait, avec des vents très aléatoires qui tournaient de tous les cotés pendant 7-8 heures. Il a été court mais plus violent que ce qu’on imaginait. En ce moment il n’y a pas énormément de vent : 12-13 nœuds. Il nous manque quelques nœuds pour pouvoir accélérer et glisser. On aimerait que ça vienne. Là la route est assez traditionnelle, la dorsale est très proche des côtes et il va falloir la contourner. Le routage nous fait passer dans la bande côtière, à quelques milles des plages du Brésil. Cela nous fait faire un gros détour. C’est toujours un passage délicat mais il l’est encore plus que d’habitude. On va faire de notre mieux dans le sud même si cela ne va pas être évident. Orange II risque de nous repasser devant. »
Malgré une fenêtre météo peu encourageante au départ, les hommes de Groupama 3 ont réussi à tirer parti des performances du bateau dans les vents médiums, ils possèdent désormais 1 journée et 7 heures d’avance sur le temps de référence (Orange 2). Cependant la descente vers les 40 ème rugissants et le Cap de Bonne Espérance devrait être plus complexe : « Les prévisions météo dont on dispose ne sont pas très favorables pour rejoindre les mers du Sud. Pour éviter les calmes, nous allons devoir nous rapprocher fortement des côtes brésiliennes et descendre très bas avant de pouvoir tourner à gauche vers le Cap de Bonne Espérance. On va perdre pas mal de milles sur Orange mais la route est encore longue. Il va falloir rester très concentré et être prêt à saisir les opportunités ».
A lire également à ce sujet, l’interview de Franck Cammas par Axel Capron sur Sports.fr
Pascal Bidégorry, le skipper du maxi trimaran Banque Populaire V a annoncé le passage en code orange de son équipage (à savoir un départ possible dans les 48à 72 heures) hier. Une fenêtre météo se profile vendredi, les explications de Marcel Van Triest, navigateur et météorologiste à bord du maxi multicoque de Pascal Bidégorry : » Aujourd’hui nous avons décidé de passer en code orange car il y a certes une fenêtre météo, mais que nous ne sommes pas sûrs de saisir tant elle est incertaine. Si elle évolue, elle peut être une bonne opportunité pour tenter ce record du Trophée Jules Verne. Ce qui peut être compliqué avec l’analyse météo, c’est que ce n’est qu’une question de probabilité et que les visibilités sont parfois très limitées. Aujourd’hui, j’ai plus de visibilité sur l’Atlantique Sud dans une semaine que sur Brest ce vendredi. Donc nous attendons pour voir si cela se précise. Nous aurons, je l’espère une meilleure idée d’ici ce soir ou demain. »
Franck Cammas, le skipper de Groupama 3,seul concurrent en activité de Banque Populaire V dans la classe des maxis multicoques menés par un équipage a aussi annoncé un départ possible ce week end, mais sans passage par le code orange, qui a été abandonne par l’équipage,qui passera directement en code vert (départ dans les 24 heures), si la fenêtre se confirme.Le trimaran quittera Lorient demain pour rejoindre Brest afin de se rapprocher de la ligne de départ du Trophée Jules Verne (entre Ouessant et le CapLizard).
La réaction de Fred Le Peutrec,chef de quart sur Grouapama 3 : « Nous avons hâte de prendre la mer, de nous retrouver tous ensemble, de vivre la même passion de la mer et de la vitesse. On a parfois tendance à l’oublier, mais les expériences passées nous ont rendu plus fort. Nous-nous connaissons bien et nous aimons naviguer sur Groupama 3. C’est un très bon bateau. A nous de le préserver pour qu’ils nous fasse faire le tour complet, sans problèmes majeurs »
Tout porte donc à croire à un départ groupé des deux trimarans qui arrivent en fin de stand by, en effet Banque Populaire V patiente depuis 2 mois à Brest, alors que l’équipage de Groupama a été contraint à un retour en France après une tentative avortée au large de l’Afrique du Sud sur avarie, qui plus est Groupama devra rentrer en chantier afin d’optimiser la plateforme pour le solitaire en vue de la Route du Rhum2010, comme l’explique Franck Cammas, qui confirme aussi les dangers d’un départ tardif : « Nous-nous donnons jusqu’au 5 février pour partir. Au delà de cette date, nous devrons renoncer pour deux raisons : la première c’est qu’il deviendra très aléatoire de naviguer dans les mers du Sud alors que l’été austral sera passé avec pour conséquences des vents violents, des nuits plus longues et des icebergs nombreux. La seconde raison tient au fait que nous devons équiper Groupama 3 en mode « Solo » en vue de la Route du Rhum. Il devra être prêt dès le mois de juin afin que je puisse m’entraîner dans de bonnes conditions »