Sodeb’O ultim a été mis à l’eau

Le nouveau trimaran de Thomas Coville a touché l’eau en fin de matinée.
14 mois ont été nécessaires au chantier Multiplast pour transformer l’ancien Géronimo en Sodeb’O Ultim, le chantier a réalisé la nouvelle coque centrale, les tronçons avant des flotteurs qui ont été greffés sur ceux d’origine, l’intégration des appendices issus de Dogzilla-USA 17 (le trimaran à aile rigide d’Oracle Team USA, vainqueur de la 33ème Coupe de l’America), ce chantier a permis d’alléger le bateau de 7 tonnes par rapport au trimaran initial. Le cabinet VPLP, concepteur de Géronimo, était de nouveau de la partie avec la modification des plans pour arriver à ce trimaran solo, avec lequel le skipper débutera la compétition lors de la prochaine Route du Rhum.

Le bateau devrait rapidement être mâté (le mât a été construit  par Lorima dans les moules de Groupama 3 version solo, l’actuel Banque Populaire VII), les voiles ont été conçues par North Sails.

 

© Jimmy Bonnal/ www.jbonnal.fr/

© Jimmy Bonnal/ http://www.jbonnal.fr

Les réactions des acteurs de cette transformation
Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim’ : « C’est une journée symbolique. Cela fait 14 mois que l’on a ramené Geronimo de Brest. Il fallait avoir de l’imagination pour arriver à un bateau de cette forme et de cette modernité. Nous avons la fierté d’avoir osé quelque chose d’assez incroyable. ll y a 20 ans, je faisais mon premier tour du monde avec Olivier de Kersauson et il y a quelques jours, nous nous sommes fait plaisir tous les deux à rencontrer ce bateau. Olivier était comme un gamin, enthousiaste comme nous ! »

Patricia Brochard, co-présidente de Sodebo : « Notre engagement dans les plus grandes courses au large et dans des campagnes de records audacieux participe largement depuis 16 ans au développement de la marque et à la côte de sympathie des consommateurs qui voient en nous une marque audacieuse et exigeante qui sait s’engager, une marque fidèle et passionnée. »

Olivier de Kersauson, skipper de Geronimo : « Je reconnais les bras qui typent le bateau, les flotteurs aussi et j’aime la coque centrale, c’est vachement intelligent d’avoir changé ça. L’autre était faite pour naviguer à onze alors que là, c’est un programme solo. Ce que devient Geronimo, c’est une réflexion complètement logique et tu vois tout de suite que c’est bien. Les bateaux de ‘Sieur Coville’ ont toujours été cohérents et ça c’est dû au fait de naviguer, à l’intelligence maritime. On est là, 20 ans après, ce n’est pas un hasard. On a maintenant un bateau moins gras et plus rapide. J’ai hâte de le voir naviguer, de voir les progrès qui ont été faits. »

Vincent Lauriot-Prévost, architecte de Geronimo puis de Sodebo Ultim’ : « En 2001, en vue des records en équipage, Olivier souhaitait un bateau qui joue sur la longueur de la coque centrale de 34 mètres pour un meilleur passage dans la mer dans la longue houle du Sud et sur le fait de naviguer sur deux coques tout en glisse avec un seul safran sur la coque centrale. La démarche de Thomas est différente et découle de ses précédentes navigations en solitaire : plus focalisée sur la navigation sous foils que sur la coque centrale, réduire la taille du mat et la surface de voiles, et adapter trois safrans pour pouvoir naviguer sur un flotteur tout en conservant la garde à la mer des bras de liaisons de la version précédente. »

LA TRANSFORMATION EN QUELQUES CHIFFRES
14 mois de chantier
200 fournisseurs dans 12 pays
40 000 heures de travail
7 tonnes gagnées sur la plateforme depuis Geronimo
70m2 de voilure de plus que le précédent maxi-trimaran Sodebo

SODEBO ULTIM’
Numéro : 73 (En référence à la création de Sodebo par Simone et Joseph Bougro en 1973)
Architectes : cabinet Van Peteghem-Lauriot-Prévost
Structures : Hervé Devaux Structures
Réalisation plateforme : chantier Multiplast et Team Sodebo
Longueur : 31m
Largeur : 21,20m
Constructeur mât : Lorima
Hauteur mât : 35m
Corde mât : 1,20m
Tirant d’air : 37m
Conception et fabrication voiles : North Sails
Surface Grand Voile : 283m2
Surface voiles max au près : 444m2
Surface voiles max au portant : 663m2
3m2 d’espace de vie de plain-pied
Cockpit avec 1 colonne et 6 winchs
400m2 de filets de dyneema
Pilotes automatiques : électrique et hydraulique
Décoration : Désigne.fr

Oman Air mis à l’eau

Le trimaran de l’écurie Oman Sail, construit dans les moules de Sodeb’O et qui sera skippé par Sidney Gavignet sur la Route du Rhum 2010 a été remis à l’eau sous ses nouvelles couleurs, celles d’Oman air, hier à la BSM de Lorient, le bateau devrait naviguer en début de semaine avant de rejoindre Cowes où les deux Etremes 40 Oman Sail Masirah et The Wave, Muscat participeront à la seconde étape des Extreme Sailing Series le week end prochain.

Sidney Gavignet reprendra la route de Lorient à l’issue de ce déplacement dans les eaux anglaises, afin de réceptionner le nouveau jeu de voiles sorti des ateliers de North France à Vannes, et de poursuivre leurs séries de tests et d’entraînement intensifs.

La mise à l’eau vue par Jimmy Bonnal, photographe spécialisé dans photo maritime, avec son aimable autorisation, le reste de la mise à l’eau à découvrir ici. L’intégralité des photos de Jimmy Bonnal est disponible en tirage d’arts.

Sidney Gavignet :
« A quelques petites interruptions près, dont celle-ci pour la mise aux couleurs d’Oman Air, le bateau n’a jamais arrêté d’engranger des milles et j’ai eu la chance de participer à plus de la moitié de ces navigations. En fait, je navigue sur ce bateau depuis le 7 mars 2010, date à laquelle j’ai rejoint l’équipage à Cape Town pour continuer avec eux le parcours de reconnaissance de la 5 Capes Race, vaste tour de l’Océan Indien qui nous a mené à Fremantle, Singapour, puis Mascate. Un mois plus tard, j’ai rejoint l’équipe à Malte pendant son convoyage vers la France et ai fait ma qualification en solo, sur la fin du parcours, entre Cadix et Lorient où nous sommes arrivés le 9 juillet dernier. Je connais désormais parfaitement le comportement d’Oman Air, car nous avons essuyé ensemble, en solo ou en équipage, toutes les configurations météo, notamment une tempête dans le sud de l’Océan Indien pendant la 5 Capes, avec des vents à plus de 75 nœuds. Majan Oman Air s’est très bien comporté.
C’est un multi parfaitement sûr, malgré ses mensurations impressionnantes. Je suis complètement en confiance avec lui. Ce n’est pas un bateau vicieux, au contraire. C’est l’un des plus marins que j’ai eu entre les mains. Nous n’avons ni foils, ni mât basculant, ce qui est certes un handicap au point de vue vitesse pour le Rhum, mais Oman Sail qui gère le projet voile global du Sultanat d’Oman a pris le parti de la fiabilité, et aussi celui de la maîtrise des coûts, une démarche avec laquelle je suis parfaitement en phase. Majan Oman Air est le bateau amiral d’une flotte destinée à la formation d’une élite omanaise de course et il devra à nouveau remplir son office en toute sécurité, une fois rentré au pays, juste après le Rhum. »