Premier vol pour l’AC45 Test de Groupama Team France

Le communiqué de presse de Groupama Team France :

35000 heures de construction et quasi autant en terme de réflexion au sein du design team, et voilà le catamaran prototype qui vole avec 10 nœuds de vent. Au portant d’abord, puis au près, les coques se sont surélevées, portées simplement par les appendices : 2 foils en L et 2 safrans en T. Majestueux !

C’est avec de grands sourires que l’ensemble de l’équipe Groupama Team France est rentré au ponton en cette fin d’après-midi après cinq heures sur l’eau au large de Lorient.

Lors d’une première journée de navigation, il n’est pas question de contraindre massivement et immédiatement la structure. Aussi l’équipage a progressivement augmenté le rythme à bord du Class AC Test.

Le semi-rigide remorquant le bateau dans un premier temps, a fini par larguer le bout pour laisser le prototype « designé » par le bureau d’étude de Groupama Team France s’exprimer. Les premiers bords timides ont vite cédé la place à une navigation plus assurée ; une heure plus tard, les coques décollaient au-dessus de l’eau. Seule ombre au tableau, la confirmation de la mauvaise santé du foil bâbord qui s’est abîmé durant cette première sortie. Mais l’équipe menée par Franck Cammas avait anticipé et mis en construction un autre appendice.

©Eloi Stichelbaut/Groupama Team France

Franck Cammas : « C’était extra ! Groupama Team France est un bateau sain. Il y a beaucoup de systèmes à gérer à bord, notamment autour de la barre ; mais c’est assez simple. Aujourd’hui il y avait 10 nœuds de vent et on a volé. Seul le foil qu’on savait d’ores et déjà endommagé suite aux tests de rupture, a comme prévu eu une durée de vie très brève. Mais on a anticipé la construction d’un nouvel appendice.
La journée est très positive, étourdissante ! »

Martin Fischer, responsable Design Team : « Le Class AC Test a bien volé. Il est très stable au portant et au près l’angle est correct ! Quant au fonctionnement des systèmes, c’est encore mieux que ce qu’on espérait ! A part le foil, mais nous n’avons pas été surpris, cette première sortie s’est très bien passée. »

Le Class AC Test Groupama Team France va poursuivre les entrainements pendant encore cinq mois avant de se transformer en Class AC avec des coques plus longues de 1,5 mètres et prendre le chemin des Bermudes.

Le point sur la 35ème Coupe de l’America

La prochaine Coupe de l’America devrait avoir lieu en 2017, Larry Ellisson, patron d’Oracle et defender, devrait dévoiler le protocole à la fin du mois. Une interview de celui-ci et une autre du CEO du team américain, Russell Coutts, laissent craindre un changement radical du mode de sélection des challengers.

Jusqu’ici les équipes inscrites intégraient la Louis Vuitton Cup, et le vainqueur de cette compétition accédait à la finale de la Coupe de l’America face au defender. Il semblerait que ce mode de sélection change totalement, les équipes souhaitant participer aux régates de sélection devraient disputer un championnat en AC45 en 2015 et 2016, il y aurait deux divisions, une atlantique et une pacifique, avec une régate par pays participant. Seuls les deux premiers de chaque « divison » auraient accès à l’équivalent de la Louis Vuitton Cup (il est quasiment acquis que le géant du luxe français ne sponsorisera plus l’épreuve). Les équipes s’engageant sur le circuit AC45 ne seraient donc pas sûres de disputer les régates en AC60… Dans ce contexte, comment envisager qu’un sponsor puisse engager de grosses sommes, débuter des études sur le gros catamaran à aile (AC60), sans avoir l’assurance de construire ce bateau et de disputer les régates de sélection en 2017…

Trois défis de la zone « Europe/Atlantique » semble disposer d’un budget : Luna Rossa qui bénéficie du soutien de Prada à hauteur de 50 millions d’euros jusqu’en 2017, Artemis qui conserve ses marins (Outtridge, Peyron) et étoffe son équipe architecturale (Michel Kermarec, Thiha Win, Adam May, Nico Rousselon) et le Ben Ainslie Challenge qui semble disposer d’un budget de 90 millions d’euros. Avec le protocole « actuel », au moins une de ces équipes serait éliminée à l’issue des deux prochaines saisons, sans pourvoir disputer les phases finales de sélection. Côté Pacifique, les organisateurs espèrent des défis coréen, chinois ou japonais, en plus des actuels défis néozélandais, australiens et du defender américain.

Le lieu de cette 35 ème Coupe de l’America pourrait être Hawai, alors que San Francisco avait été un vrai succès côté météo et oragnisation.

L’union sacrée pour une équipe française pour la 35ème America’s Cup ?

La France était la grande absente de la 34ème Coupe de l’America et de la dernière Louis Vuitton Cup, plusieurs marins ont décidé de se regrouper pour maximiser les chances d’un futur défi hexagonal pour la prochaine édition.

Franck Cammas, Michel Desjoyeaux et Olivier de Kersauson ont donc lancé aujourd’hui le Team France. Stéphane Kandler, l’ancien patron du Défi Areva prend le poste de directeur de projet, plusieurs dirigeants de grandes entreprises soutiennent également le projet dont Bruno Bich, Bertrand Méheut, patron de canal plus, Bruno Luisetti ex pdg de Kraft, ou encore le banquier d’affaire Erik Maris.

L’objectif est de réunir 20 millions d’euros par an jusqu’à la prochaine édition, probablement en 2017, de s’aligner sur des circuits internationaux, comme les America’s Cup World Series et les Extreme Sailing Series.

Franck Cammas devrait s’occuper de la partie sportive et de la navigation, Michel Desjoyaux de la partie technique, et Olivier de Kersauson aura un rôle fédérateur d’ambassadeur.

Reste maintenant à réunir le budget et espérer également un ralliement de l’Energy Team mené par Bruno Peyron afin de maximiser les chances de ce projet.

Oracle Team USA remporte la 34ème America’s Cup

Emirates Team New Zealand n’aura pas démérité sur cette ultime régate, Dean Barker remportait le départ sous le vent d’Oracle et passait la bouée 1 en tête, le skipper kiwi parvenait à contrôler son adversaire sur le bord de portant.

James Spithill choisissait la bouée de droit à la porte 2, ETNZ s’engageait à gauche, sur la remontée au vent, Oracle revient de nouveau sur le catamaran kiwi et finit par passer son adversaire, grâce à une meilleure vitesse de fond et de meilleures relances, ETNZ perdant une à deux longueurs sur chaque virement, le delta est sans appel à la porte 3 avec 30 secondes d’avance pour Oracle Team USA, le delta se creuse encore un peu sur le portant.

© ACEA / RICARDO PINTO

James Spithill, Ben Ainslie, Tom Slingsby et l’équipage d’ORACLE Team USA remportent cette manche avec 44 secondes d’avance et par conséquent conserve la Coupe de l’America.

© ACEA / RICARDO PINTO

Les américains auront fait des progrès fulgurants tout au long de cette America’s Cup, avec 11 victoires, contre 8 pour les néo-zéds, suite à la pénalité de 2 points consécutives à la tricherie sur les America’s Cup World Series. Le score final avec pénalités est donc de 9-8 en faveur des américains.

ETNZ et Oracle Team USA au pied du mur

Le challenger Emirates Team New Zealand et le defender Oracle Team USA disputeront dans quelques minutes la dernière manche de la 34ème America’s Cup. Les deux équipes sont désormais à égalité de points : 8-8, l’équipe qui gagnera la manche de ce soir remportera la coupe.

Le rapport de force s’est inversé au cours de ce mois de compétition, si Emirates Team New Zealand semblait affuté dès le départ avec de manoeuvres fluides et une bonne vitesse, le team américain a nettement haussé son niveau que ce soit en vitesse, en cohésion de l’équipage ou en tactique, l’arrivée de Ben Ainslie n’y étant à priori pas étrangère avec des décisions parfois radicales mais payantes.

© ACEA / RICARDO PINTO

Oracle Team USA a enfoncé le clou sur la seconde manche d’hier ;sur la première ETNZ avait écopé de deux pénalités avant le départ, rendant toute chance de victoire illusoire ; les américains ont passé les deux premières marques en seconde position, puis ils ont réduit le delta sur le bord de près avant de recoller à leur adversaire. Les néo zélandais choisissent de virer sous le vent des américains pour garder la droite alors qu’ils sont prioritaires, l’AC72 d’Oracle est lancé alors que celui des néd-zéd sort de son virement, les deux bateaux vont jusqu’au bord du parcours, et virent de concert, les américains sont plus rapides et remontent mieux au vent, ils prennent la tête de la course et choisissent le bon côté du plan d’eau, les kiwis subissent et perdent petit à petit du terrain pour échouer à 1km de leur adversaire.

L’équipage de Dean Barker n’a plus qu’une chance d’inverser la tendance ce soir, à suivre dans les minutes qui viennent.

Les néo-zélandais à un point de la victoire

Emirates Team New Zealand a remporté hier l’unique manche du huitième jour de finale de la 34ème America’s Cup face à ORACLE TEAM USA portant le score à 8-1. Pour gagner l’America’s Cup, une des deux équipes doit glaner 9 points, les kiwis sont donc désormais à un point de la victoire de cette 34ème Coupe de l’America.

Emirates Team New Zealand a dominé Oracle Team USA sur une bonne partie de la manche et finissait par s’imposer avec  15 secondes d’avance. Dean Barker réussissait un superbe départ en dominant largement Jimmy Spithill, en le lofant, prenant un avantage de 3 secondes à la bouée n°1. L’écart augmentait au fur et à mesure de la régate avec des écarts de 6, 17 et 18 secondes aux bouées suivantes.

Oracle n’a pris la tête que furtivement sur le près, mais les kiwis ont rapidement repris le dessus et ont de nouveau fait un joli coup tactique au  passage de la bouée 4 en obligeant les américains à s’écarter de la layline et les contraignant à passer la bouée à faible vitesse, perdant ainsi quelques secondes, ce qui leur permettait de gagner de cette régate.

L’analyse de Christian Karcher

Dean Barker, skipper d’Emirates Team New Zealand : « Nous restons sur nos gardes car nous ne savons jamais quelle tournure peuvent prendre les choses, même si près du but. Aujourd’hui les éléments ont joué en notre faveur. Nous étions en tête au départ et sur le premier bord puis de nouveau au coude-à-coude car les deux catamarans sont similaires en termes de performances ».

« Chaque point est si difficile à engranger. Nous y allons pas à pas et nous essayons de garder la tête froide après chaque victoire ».

La seconde manche du jour était annulée pour cause de vent forcissant avec un courant sortant s’accentuant également.

Les équipages se sont retrouvés ce soir pour une nouvelle régate, la deuxième étant de nouveau annulée alors que la procédure avait été lancée. Cette fois-ci, James Spithill dominait son adversaire, l’obligeant à une manoeuvre à quelques secondes du départ, permettant au team américain de prendre l’avantage à la bouée n°1. Les kiwis ne parviendront pas à revenir, Oracle Team USA ramenant le score à 8-2.

La prochaine régate aura lieu demain soir à 22h15.

Emirates Team New Zealand à 2 points de la Coupe

ETNZ a engrangé un point de plus hier à San Francisco, les kiwis avaient pourtant mal débuté la journée avec une défaite contre le defender Oracle Team USA.

Les américains avaient contrôlé le départ, et ont petit à petit creusé l’écart sur les kiwis, Oracle qui a légèrement modifié son équipage avec l’arrivée de Ben Ainslie en remplacement de John Kostecky, ils ont également modifié leur bout dehors et semblent avoir trouvé les clés d’une bonne vitesse au près. Ils remportaient cette première régate du jour avec 47 secondes d’avance, et marquaient leur 1er point affiché au compteur.

L’analyse de Christian Karcher

La 10ème manche de cette Coupe était à l’avantage des néo-zéds, l’équipage s’était fait une belle frayeur la veille. Sur un virement, l’hydraulique de l’aile n’a pas fonctionné, celle-ci se retrouvant à contre, l’AC72 était dangereusement monté sur un flotteur avec un angle de gite de 50°, les kiwis étaient passé très près du chavirage, heureusement pour eux, le catamaran retombait du bon côté mais la course était perdue, puis la seconde manche du jour était annulée alors qu’ils étaient en tête, malgré l’incident arrivé moins d’une heure auparavant, et ce pour cause de vent trop fort.

Sur cette manche, Dean Barker maitrisait Spithill sur le départ, et passaient la porte n°2 avec quelques secondes d’avance, mais les américains rataient ce passage et perdaient du temps, sur le près Oracle remonte petit à petit avec une seconde d’avance à la porte 3, les kiwis choisissaient le bon côté du plan d’eau et creusaient l’écart avec 16 secondes d’avance sur Oracle Team USA.

Les américains ont clairement augmenté leur niveau depuis la fin de semaine dernière, malgré toute, les kiwis sont désormais à 9 points contre 1 pour les américains (3 victoires, mais seulement 1 point suite à la pénalité pour tricherie), les deux prochaines régates auront demain, et pourraient donc sacrer Emirates Team New Zealand en cas de victoires sur les 2 manches prévues.

 

L’analyse de Chrisitian Karcher pour cette régate n°10

Dean Barker hier : « Si vous n’avez pas apprécié les courses aujourd’hui, vous devriez suivre un autre sport »,

Ben Ainslie, tactien d’Oracle « Je vous confirme que ces régates sont les plus intenses de toute ma carrière »

Jimmy Spithill, le skipper d’ORACLE TEAM USA  : « Je salue l’incroyable travail des gars à bord. Ils ont vraiment tout donné. Ce fut très physique. Hier soir, nous avons mis au point un plan pour prendre les commandes dès le départ. Je dédie cette victoire à notre coach Philippe Presti . L’AC72 est un bateau évolutif. Comme dans tous les autres sports automobiles, que ce soit en F1 ou en MotoGP, vous êtes en apprentissage constant à bord. Nous entrons enfin dans le vif du sujet en nous confrontant à un adversaire de taille. Nous découvrons de nouveaux aspects lors de chaque sortie. L’important est de s’adapter et de savoir aller de l’avant. Ce soir encore nous avons une longue liste de points à optimiser à bord ».