Yves Le Blévec remporte la seconde étape et la course Vendée Saint Pétersbourg

Yves Le Blévec et son équipage ( composé de Ronan Deshayes et Jean-Baptiste Le Vaillant pour la 2ème étape) remportent l’étape retour de la course Vendée Saint Pétersbourg et mettent fin à l’hégémonie de Franck Yves Escoffier et de ses Crèpes Wahou !.

La première étape avait été remportée par Crèpes Wahou ! 3, Actual avait terminé à 75s de son concurrent après 1800 milles au contact, lors de cette seconde étape, la victoire s’est jouée en mer du Nord, l’équipage d’Actual tirant parti d’un petit décalage dans l’ouest par rapport au Crêpes Whaou ! 3. A l’entrée de la Manche, vingt-cinq milles séparaient les deux leaders,  Franck-Yves Escoffier n’avait plus qu’à tenter une option vers les côtes bretonnes quand Actual partait à la recherche du vent de nord-ouest annoncé, le skipper de Crêpes Whaou ! 3 reconnaissait avoir tenté l’option de la dernière chance, du fait d’un déficit de 50 milles à 24 heures de l’arrivée, sachant bien qu’en opérant de la sorte, il pouvait aggraver son déficit.

Crèpes Wahou ! 3 termine second de cette étape et du classement général, suivi par Crèpes Wahou ! 2.

Anne Caseneuve a dématé au large du Finistère, sans blessé à déplorer sur le trimaran rose.

Départ de la seconde étape de la Vendée Saint-Pétersbourd demain

L’étape retour de la 1ère course de la saison des Multi 50′ sera donné demain de Saint Pétersbourg.

Le retour devrait être disputé, notamment aux avant- postes entre Crèpes Wahou ! 3, vainqueur de la 1ère étape 75 secondes devant Actual, les équipages de Franck Yves Escoffier et d’Yves le Blévec devraient en toute logique naviguer à vue l’un de l’autre sur ces 1900 milles entre la Russie et la Vendée.

L’enjeu sera moins important pour Crèpes Wahou ! 2 arrivé 14 heures après les deux premiers.

Région Aquitaine Port Médoc (4ème), Fenêtre A Cardinal(5ème)  Naviguer Anne Caseneuve (6ème) et la Mer révèle nos sens (7ème) se tiennent en 3 heures, le combat entre les équipages de ce quatre bateaux devrait aussi être intense.

Arrivée de la Véndée Saint-Pétersbourg à l´aube

La bataille entre les deux favoris fait rage dans le Golfe de Finlande, l’écart n’aura jamais été de plus de 20 milles entre Actual mené par Yves Le Blévec etCrêpes Whaou 3 ! de Franck Yves Escoffier.

Le podium devrait être complété, sauf accident pour l’un des trois trimarans par Crêpes Whaou skippé par loick Féquet.

La lutte est nettement plus acharnée pour la quatrième place, que se disputee les multicoques d’ancienne génération. Alors que l’on pouvait imaginer un duel entre l’équipage de Pierre Hingant (La mer révèle nos sens) et celui de Anne Caseneuve (Croisières Anne Caseneuve), deux autres compères se sont invités à partager les restes du festin : Lalou Roucayrol (Région Aquitaine Port-Médoc)  et Erwan Le Roux (FenêtréA Cardinal) .
Les deux premiers bateaux devraient arriver entre 4 heures et 5 heures TU, soit 6 et 7 heures (heure française) selon les dernières estimations.

Ils ont dit :

Franck-Yves Escoffier (Crêpes Whaou 3 !)
« Ce qui devait arriver arrive. On pensait avoir creusé un écart la nuit dernière et voilà qu’Actual revient par derrière. Ça va être un nième départ de course. On commence à le distinguer, tout est encore à refaire. On prend notre bâton de pèlerin jusqu’au bout. Sans oublier que l’on profite de moments exceptionnels : on a eu une nuit fantastique à marcher à vingt noeuds par mer plate.»

Yves Le Blévec (Actual)
« Franck-Yves est charmant : il dit toujours tout le bien qu’il pense de toi, mais cela ne l’empêche pas d’aller toujours très vite ! Pour l’heure, il conserve l’avantage. On va essayer de jouer jusqu’au bout. On a dormi à tour de rôle pour être le plus lucide possible sur cette arrivée. On sait que la moindre erreur pourra se payer cash ; donc, on veut être en pleine forme pour ces derniers milles. »

Classement au pointage de 16 heures
– 1 Crêpes Whaou ! 3 (FY Escoffier) à 147,7 milles de l’arrivée
– 2 Actual (Y Le Blévec) à 6,1 milles du premier
– 3 Crêpes Whaou ! 2 (L Féquet) à 291,3 milles du premier
– 4 Naviguez Anne Caseneuve (A Caseneuve) à 403,8 milles du premier
– 5 La mer révèle nos sens (P Hingant) à 422,4 milles du premier

Départ de la Vendée Saint Petersbourg


Les Multis 50′ ont pris le large pour la 1ère course de la saison 2010 : la Vendée Saint Petersbourg, qui se déroulera en 2 étapes (aller et retour).

Les grands favoris de la classe sont bien évidemment présents à savoir Actual avec Yves Le Blévec et Crèpes Wahou 3 skippé par Franck Yves Escoffier, Crèpes Wahou a également fait le choix de confier son autre trimaran (le 2) à LoÏc Féquet – Victorien Erussard, prometteurs co-skippers de l’ancien Laiterie de Saint Malo, actuellement à la recherche de sponsors pour lancer la construction d’un nouveau trimaran. Manque à ce trio le Prince de Bretagne, en chantier suite à la rupture du flotteur l’an dernier, et dont la barre a été confiée à Lionel Lemonchois.

Les autres trimarans engagés sont soit anciens soit orientés course croisière et  ne devraient pas inquiéter les favoris, le plateau est constitué de :

REGION AQUITAINE – PORT MEDOC, Lalou Roucayrol
GAMIN, Philippe Laperche
PI R ², Etienne Hochédé
CROISIÈRES ANNE CASENEUVE, Anne Caseneuve
FENÊTRÉA – CARDINAL, Erwan Leroux
CLM, Hervé Cléris

Le départ de cette première étape a été donnée à midi, un mille après la ligne Crêpes Whaou ! 2, Crêpes Whaou ! 3 et Actual, se regroupaient en tête de la flotte. La pointe bretonne devrait être atteinte au petit matin.

A lire, à voir

Quelques interviews post Jules Verne à découvrir :

  • Franck Cammas, interrogé par Axel Capron pour Sports.fr, qui revient sur ce tour du monde mais aussi sur l’engagement de Groupama sur la Volvo Ocean Race et sur la Route du Rhum qu’il disputera en solo sur Groupama 3.
  • Lionel Lemonchois, de nouveau sur Sports.fr, qui disputera lui aussi la Route du Rhum, dans la catégorie Multi 50′

Bruno Peyron , interrogé par Manon Borsi pour VoilesetVoiliers.com, à propos de The Race 2, le baulois dévoile ses projets pour l’ex Orange 2, les différentes « classes » susceptibles de participer à la course, la concurrence des MOD 70 et l’éventuel lancement d’une classe G100 (basée sur le modèle de la classe A100 développée par l’Oman Sail).

A voir, quelques projets :

  • l’Extreme 90, de Tornado Sport, catamaran de 90′ à foils, avec aile rigide, sorte d’hybride entre les deux multicoques ayant disputé la 33ème Coupe de l’America, imaginé suite à ce duel entre les 2 géants, et ayant donc peu de chances de voir le jour. A voir ici

  • Le M32, par Marstrom, catamaran à dérives courbes/foils, destiné au raid côtier, et transportable en container de 40′.

Lionel Lemonchois confirmé à la barre de Prince de Bretagne

Comme l’annonçait le Télégramme il y a 3 semaines, la confirmation du remplacement du skipper « historique » des multicoques Prince de Bretagne par Lionel Lemonchois, a été faite par VoilesetVoiliers.com, et par Hervé Cléris, ex skipper du Multi 50′ Prince de Bretagne, sur lequel il n’aura parcouru que quelques centaines de milles.

Le trimaran, en chantier chez Marsaudon Composites à Lorient, recevra de nouveaux bras de liaison construits dans les moules de l’ancien 60′ ORMA Fujifilm. La cause de la rupture du bras de liaison en octobre n’a pas pu être clairement identifiée, les architectes (Irens/Cabaret) ont donc opté pour des bras plus solides et un ancrage des filets différent.

Le bateau devrait sortir de chantier fin juin.

Lionel Lemonchois à la barre de Prince de Bretagne ?

C’est ce que laisse entendre Philippe Elies dans le Télégramme, plusieurs skippers se seraient manifestés en apprenant qu’Hervé Cléris était écarté du projet, mais le choix se serait porté vers le vainqueur de la Route du Rhum 2006.

Lionel Lemonchois étant à bord de Groupama 3 pour la tentative de Trophée Jules Verne, l’officialisation du changement de skipper devrait se faire au retour du tour du monde.

Le trimaran, construit sur plans Irens Cabaret, est en cours de chantier chez Marsaudon Composites suite à la désolidarisation du flotteur survenue avant la Transat Jacques Vabre.

Le cavalier seul de Crèpes Wahou

Alors que la transat s’annonçait alléchante pour la classe Multi 50′, elle s’avère finalement assez insipide, après la casse de flotteur de Prince de Bretagne qui a obligé Hervé Cléris a s’aligner sur un bateau vieux de 20 ans, et après le chavirage d’Actual.

Après ces deux coups du sort on pouvait s’attendre au cavalier seul de l’unique 50′ de nouvelle génération restant en course, ce qui est le cas malgré quelques soucis techniques à bord. Crèpes Wahou est donc solide leader avec 600 milles d’avance sur ses poursuivants : Région Aquitaine-Port Médoc et Guyader pour Urgence Climatique, Prince de Bretagne, après deux arrêts techniques pointe à 1000 milles, Fenêtre A-Cardinal a stoppé à Port la Forêt suite à une fissure sur un bras de liaison. Sauf avarie, Franck Yves Escoffier devrait donc remporter cette Transat Jacques Vabre 2009 dans la catégorie Multi 50′.

Le récit du chavirage d’Actual

Le Multi50 ACTUAL skippé par Yves le Blevec et Jean le Cam, qui a pris le départ de la Transat Jacques Vabre dimanche 8 novembre, a chaviré quelques heures plus tard au large de Cherbourg. Les deux hommes sont sains et saufs. Le bateau a été remorqué au port de Cherbourg et son mât est intact grâce au professionnalisme de son équipage, de la SNSM de Goury et d’Halvard Mabire, navigateur émérite. Récit des deux skippers.

Les conditions :

Yves le Blevec : « Le bateau naviguait au portant, très abattus, sous gennaker à une vitesse de 20 noeuds dans 20 à 25 noeuds de vent dans une mer un peu formée.”

Le chavirage :

A 18h45 heure française, le Multi50 Actual se retourne très brusquement par l’avant. Jean le Cam est alors dans le cockpit, Yves le Blevec est à la barre. Yves le Blevec : « Il y a eu un bruit puis un coup sec, un coup de frein phénoménal. Le bateau s’est redressé puis s’est retourné brutalement par l’avant. Je me suis dit « Ce n’est pas possible, on ne va pas y aller !!! » C’était d’une brutalité extrême, ça s’est passé en une à deux secondes. Jean n’a pas pu choquer l’écoute, il s’est fait emmener sur l’avant du bateau comme dans un accident de voiture. A ce moment là il n’y a plus rien à faire car moi j’étais en train de tomber. Je ne savais pas où j’allais tomber. Jean pendant ce temps était en train de plonger à l’intérieur. Et je me suis retrouvé dans l’eau. Je me suis senti rassuré de me retrouver dans l’eau. Et j’ai eu un nouveau un moment de frayeur en voyant le bateau me tomber dessus. Je me suis dit que la situation commençait à être critique. Le contact avec le bateau est revenu rapidement, pas de façon amicale car c’était tout le filet qui me tombait dessus. Par miracle le bateau s’est décalé et en une brassée ou deux j’ai pu attraper le filet et remonter sur le bateau sans me faire emprisonner. Je n’ai pas été très longtemps dans l’eau. A ce moment il y a eu un petit moment de flottement, Jean était à l’intérieur mais il ne savait pas où j’étais. Je suis remonté sur le bateau, j’ai appelé Jean, il m’a répondu. On s’appelait et on était inquiet pour l’autre. Rapidement nous avons ouvert la trappe qui nous a permis de communiquer et là on s’est dit « C’est dingue, qu’est ce qui s’est passé ? ! » On s’est dit tout va bien, on est tous les deux sains et saufs. Il fallait éviter l’accident car nous n’étions pas loin de la zone des cargos et nous étions pile sur la trajectoire des autres concurrents. Très vite Jean a enfilé sa combinaison de survie TPS et il est sorti sur la coque avec les flashlights et une VHF. Nous avons prévenu la course que tout allait bien. Nous n’étions pas en détresse, nous ne voulions pas déclencher tous les secours du monde mais simplement éviter d’être un danger pour les bateaux en navigation. »

Très rapidement, Jean le Cam sort à l’extérieur en combinaison TPS pour baliser le bateau à l’aide de flash lights. Aucune balise de détresse n’est déclenchée. Le Cross Jobourg lance immédiatement un avis à tous les navires sur zone pour éviter la collision.

© Marcel Mochet /AFP

Le témoignage de Jean le Cam :

“On était tranquille puis d’un coup poum paf en 3 secondes je n’ai jamais vu quelque-chose d’aussi brutal ! Hallucinant ! L’état de la mer était habituel au large de Cherbourg dans 25 noeuds de vent. Nous nous sommes retrouvés les fesses en l’air rapidement et après, le cul par terre, trois quatre secondes plus tard, l’étrave cassée. C’est le facteur classique quand cela freine en bas et accélère en haut, comme freiner avec une roue avant de vélo. C’était impressionnant, tu n’as pas le temps de respirer. Pour moi c’était facile car j’étais en train de sortir du poste de veille. Je n’ai pas eu le temps de tendre le bras que nous étions déjà à l’envers. Par-contre l’inquiétude était pour Yves qui pouvait rester sous le filet en mauvaise posture. Yves ne savait pas où j’étais et moi je ne savais pas où il était. Il fallait réagir très vite et s’il était sous le filet il fallait vite dégainer. Ce sont des moments qui ne durent pas très longtemps mais qui sont très intenses. Tu te dis qu’il est arrivé quelque chose à l’autre. Le reste c’est rien. On sait réagir et on sait ce que l’on a à faire. L’équipage de la SNSM a été extraordinaire. Avec une mer formée, ils ont réussi à beacher le semi-rigide sur le filet et le moteur a à peine touché le bras arrière. Deux hommes d’équipage sont montés à bord pour passer la patte d’oie et nous remorquer. Ce n’est pas facile à faire et ils sont très professionnels. Ce sont vraiment des personnes d’expérience. Nous sommes restés à bord jusqu’à ce que le bateau soit en remorque. Puis nous sommes montés à bord de la vedette. Nous avons mouillé le bateau à l’extérieur de la rade car nous avions 23 mètres de tirant d’eau (avec le mât à l’envers ndlr). Nous avons enlevé le mât puis nous l’avons remorqué dans la rade avant de retourner chercher le bateau. Le mât est entier, c’est complètement incroyable.”

 

© Marcel Mochet /AFP

Le remorquage : Le Cross Jobourg, à la demande de l’organisation de course, dépêche la SNSM de Goury afin d’intervenir et de tenter un remorquage. Arrivés avant 22h sur zone, les plongeurs de la SNSM interviennent immédiatement pour dégager la coque et le mât. En parallèle, l’équipe Actual demande à Halvard Mabire, skipper cherbourgeois, de renforcer son équipe technique. Le Multi50 Actual est pris en remorque. A la faveur de la renverse de courant, le convoi fait route dans la nuit vers le port de Cherbourg à la vitesse de 2,5 noeuds. Il fait route très lentement afin de ne pas casser le bateau et ne pas rompre ses amarres. Le bateau est mouillé à 1,5 mille du port à l’aube. Incroyable, l’équipe SNSM et les skippers constatent que le mât est entier et toujours solidaire du bateau. Alors qu’Yves le Blevec est blessé à la main droite, Jean le Cam, sur le trampoline du trimaran, poursuit les opérations de démâtage et de remorquage. Plusieurs heures sont nécessaires pour désolidariser le mât avec l’aide des plongeurs de la SNSM. En début d’après-midi, le Multi50 Actual et son mât sont à l’abri dans le port de Cherbourg. Yves le Blevec légèrement blessé. Jean le Cam prenait en main les opérations de démâtage sous-marines alors qu’Yves le Blevec était rapatrié à terre à 10h30. Le SMUR de Cherbourg ne déplorait qu’une luxation du pouce de la main droite qui nécessitait toutefois un plâtrage.

L’assistance :

Yves le Blevec : « La SNSM de Goury a été géniale, super pro. Halvard Mabire était aussi l’homme de la situation, je lui fais confiance les yeux fermés. Il a remarquablement bien géré la situation avec Jacky Huteau du port, afin de trouver les hommes et les moyens nécessaires pour mettre à l’abri le bateau et le mât. »

Un partenaire mobilisé :  Si cette avarie est forcément une déception pour le partenaire d’Yves le Blevec depuis 2001, le groupe Actual, elle ne constitue aucunement le bien fondé du projet. Au contraire, le groupe Actual poursuit la mobilisation de ses équipes autour de ce projet. Samuel Tual, Directeur général du Groupe ACTUAL, arrivé sur place dans la matinée déclarait : « Après le moment magique du départ, puis l’émotion, vient la raison. Nous sommes soulagés que les deux skippers aillent bien. Nous devons maintenant analyser très vite ce qui s’est passé. Notre objectif est d’être tous ensemble pour la Route du Rhum 2010. Nous avons la chance d’avoir deux skippers formidables et exceptionnels par leurs qualités et leurs compétences.»

Des causes à identifier : Impossible de déterminer la cause de ce chavirage. Yves le Blevec et Jean le Cam, devant la violence du choc, n’excluent aucune hypothèse. Yves le Blevec : “Nous avons peut-être heurté un objet non identifié. Nous n’avons aucune idée de ce qui a pu se passer. Nous allons prendre le recul nécessaire pour mesurer la casse et l’analyser. Nous le ferons bien évidemment en concertation avec l’architecte Guillaume Verdier, et le constructeur, Nicolas Groleau.”